Macron et l'écologie : virage ou mirage ? #cdanslair 12.02.2020
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Questions et réponses
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- 1:33OuverteRéponse partielle
Macron et l'écologie, mirage ou virage ?
- 4:59OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une arrière-pensée électorale derrière ce virage ?
- 7:24OuverteRéponse directe
Ces thèmes s'imposent-ils maintenant dans la politique et vous les mesurez au fur et à mesure des sondages ?
- 14:48OuverteRéponse directe
Les annonces pro-écologie à la veille d'un scrutin font-elles encore recette auprès des électeurs ?
- 17:16OuverteRéponse directe
Où sont les électeurs de gauche qui ont voté Macron en 2017 ?
- 19:25OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce que l'écologie en France est très marquée à gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56InvitéFait
« on ne fera plus de recherche d'hydrocarbures à partir de 2040 dans ce pays »
- 2:01InvitéFait
« on ferme Fessenheim »
- 2:49InvitéFait
« Il y aura des gourdes à l'Elysée »
- 2:59InvitéChiffre
« 30% d'espace en zone protégée »
- 11:09InvitéChiffre
« d'ici 2022, 30% de notre territoire sera sous le statut d'air protégé, sur terre comme en mer »
- 11:19InvitéChiffre
« 10% sera placé sous protection forte »
- 11:33InvitéChiffre
« 2,4 millions d'agents de l'État pourront par exemple profiter d'un forfait mobilité de 200 euros par an pour leur déplacement au travail à vélo ou en covoiturage »
- 12:12InvitéChiffre
« le président fait plancher des Français tirés au sort sur la meilleure manière de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici à 2030 »
- 19:51InvitéChiffre
« 47% des électeurs de François Hollande de 2012 ont voté pour Emmanuel Macron en 2017 »
- 34:06PrésentateurFait
« Emmanuel Macron entend engager la deuxième phase de son quinquennat sur des sujets régaliens comme la sécurité ou l'immigration. »
- 35:23PrésentateurFait
« Un amendement rejeté par Muriel Pénicaud et les députés En Marche. »
- 35:38PrésentateurFait
« La majorité reconnaît vite une erreur collective. »
- 36:47PrésentateurFait
« Le président ne veut pas de frondeurs. »
- 37:06PrésentateurFait
« Pour cet ancien membre de la République en marche, ils ne peuvent de toute façon pas exister. »
- 38:33InvitéFait
« Depuis le quinquennat, les députés y sont élus parce que leur président a été élu. Ils doivent tout au président. »
- 41:54InvitéChiffre
« Sur 100 sympathisants de la REM aujourd'hui, depuis les européennes, 13% se classent à gauche, 20% au centre et 61% à droite. »
- 43:36InvitéFait
« On a l'impression parfois qu'il y a 4 personnes et demie qui décident, c'est-à-dire Ribadot Dumont, le directeur de cabinet d'Édouard Philippe, le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Collère, Emmanuel Macron, Édouard Philippe. »
- 49:24PrésentateurFait
« Sa cote de popularité dans le camp de la majorité présidentielle est descendue en flèche à cause des européennes. »
- 56:07PrésentateurFait
« Emmanuel Macron devrait-il rappeler Nicolas Hulot ? »
- 57:37InvitéFait
« on a fait le quinquennat les députés sont élus juste après le président pour servir le président »
- 59:05InvitéFait
« le Rassemblement National développe des thèses écolos au nom du souverainisme »
Temps de parole
- Présentateur35 %
- Invité21 %
- Invité 219 %
- Invité 316 %
- ?3 %
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Bonsoir
à toutes et à tous. Cap sur l'écologie. Emmanuel Macron a tenu cet après-midi un conseil de défense écologique. Au menu, une vingtaine de mesures sur la biodiversité, la prévention des inondations, la protection du littoral ou encore la préservation du Mont-Blanc. D'ailleurs, dès ce soir, le chef de l'État s'envolera vers les Alpes où il visitera demain la mer de glace, symbole des ravages du réchauffement climatique. Alors pourquoi Emmanuel Macron fait-il aujourd'hui ce virage vers l'écologie ? Que penser des mesures ? L'écologie est-elle en train de chambouler la politique française ? Le président a-t-il des visées politiques avec cette série d'annonces ?
Et puis Emmanuel Macron a-t-il réussi hier soir à recoller les morceaux avec sa majorité et ses députés qui ne cachent plus parfois leur désarroi ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air intitulé ce soir « Macron et l'écologie, mirage ou virage ? » Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste politique à L'Express. Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste à France Télévisions. Astrid De Vilaine, chef du service politique au HuffPost. Le HuffPost qui s'interroge dans un article « L'écologie, spectacle de Macron arrive-t-elle à son terme ?
» Et enfin Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Vous venez de réaliser une étude pour l'Obs sur ces électeurs de gauche qui ont voté Macron avec cette question « Où sont-ils deux ans après ? » Alors Christophe Barbier, Macron et l'écologie, mirage ou virage ?
On aurait presque pu ajouter « cirage
»
parce qu'il s'agit de plaire aux électeurs écolo, à tous ces courants, ces jeunes. Mais sérieusement, c'est quand même un peu un virage. C'est un virage dans le macronisme puisqu'on va passer d'une écologie ou d'un engagement écologique où le président décidait ce qu
'on
ne ferait plus. Alors on ne fera pas Notre-Dame-des-Landes, on ne fera pas la mine d'or en Guyane, on ne fera plus de recherche d'hydrocarbures à partir de 2040 dans ce pays. Tout ce qu
'on
ne faisait plus, on ferme Fessenheim
pour
essayer de passer à ce qu'on va faire. Et si possible, des choses très concrètes et très immédiates. Parce qu'on a l'impression que pour ce qui était des choses à faire, les horizons étaient sans cesse repoussés. La polémique sur les pesticides et le glyphosate. On pouvait le faire immédiatement, on envisageait 5 ans, on fait 3 ans. On donnait l'impression toujours du côté du pouvoir de couper la poire en deux et de faire la part des choses. La part de l'économie productiviste et la part de l'impératif écologique. On vise des horizons très ambitieux pour arrêter de produire des gaz à effet de serre.
Et puis quand on regarde dans la réalité, la France n'est pas un très mauvais élève, mais ce n
'est
pas non plus un excellent élève. Elle n'est pas dans la ligne qu'il faudrait tenir pour atteindre ses objectifs. Là désormais, le président veut prendre le virage du concret. Et du concret si possible immédiatement mesurable. Alors ça va du retrait de certains produits plastiques de la consommation courante. Ce n
'est
pas si simple de le faire vite. Il y aura des
gourdes
à l'Elysée. Il y aura des gourdes à l'Elysée, c'est un symbole. Ce n
'est
pas ça qui va sauver la planète. Il n
'y
aura plus de coton-tige en plastique à court terme, certes. Mais il faut aussi des choses plus structurelles. Par exemple, 30% d'espace en zone protégée. C'est quelque chose de concret. Ça peut se décréter finalement assez vite. Et ça a des conséquences sur l'urbanisme ou sur l'activité sans coûter trop d'emplois. Nathalie Saint-Cricq, l'écologie, ça n'est pas la marque de fabrique d'Emmanuel Macron ? Franchement, parce qu'il était plutôt dans une logique un peu productiviste.
Et
puis très libérale. C
'est
-à
-dire
qu
'il
considérait que la société s'organisait très bien. Après, comme le disait Christophe, il a compris d'abord qu'il y
a
une poussée écolo. Deuxièmement, dans les sondages, dans les élections. On peut le créditer aussi d'avoir changé. C'est-à-dire que nous tous, il y a deux ou trois ans, on n'était peut-être pas non plus obsédés. Maintenant, on a tous des enfants, des proches, même des personnes âgées, qui se sont, depuis qu'il y a eu une vague de chaleur, tout d'un coup, qui se sont dit, il se passe quelque chose. Donc probablement, il a changé. La seule chose, pour compléter un tout petit peu ce que disait Christophe, c'est qu'il y
a
un problème d'incarnation dans son gouvernement. C'est-à
-dire
que depuis qu'il a perdu Nicolas Hulot, enfin il l'a perdu, l'a-t-il perdu, comment se sont-ils perdus tous deux, on ne peut pas dire qu'Emmanuel Macron incarne lui tout seul dans son discours l'écologie. Orde ou Brune Poirson, sans vouloir être du tout désagréable, que cette espèce de côté flambant écologique menant les combats, Didier Guillaume, il est du côté des agriculteurs, donc il manque une incarnation. Donc il essaie de faire ce qu'il peut. Alors il y
a
des choses toutes petites, comme les voitures qui vont être remplacées dans le parc à l'Elysée. Demain, il sera sur la mer de glace pour essayer de faire une bien belle image, pour qu'on imagine, on le voit en train de descendre et d'être absolument, prendre un air totalement... Il paraît que ça provoque un choc quand même, quand on voit
cette mer de
glace.
Ça provoque un
choc, mais de toute façon, on est à une époque de communication, donc qu'il fasse des opérations de communication, on ne
peut
pas lui en vouloir. Simplement, on peut se dire qu'à terme, il faudrait probablement que dans le personnel politique qui l'entoure, il y ait quelqu'un qui symbolise plus, qui incarne plus, une espèce d'écologie intransigeante. Bon, il ne
va
pas prendre Greta Thunberg, rien dans le gouvernement. Mais entre... Donc
il manque
Nicolas Hulot.
Il manque, oui, absolument. Et puis il n'y
en
a pas 25, de toute façon, en France. Donc ils essaient, je crois, de trouver quelqu'un qui incarne un peu plus ça.
Astrid De Villene, sans être cynique, on est à un mois des municipales. Est-ce qu'il y
a
aussi une arrière-pensée électorale derrière ce virage ? Oui, on peut le penser. Surtout que La République En Marche n'est pas du tout en bonne posture pour ces élections municipales. Elle a peu de candidats uniques avec une étiquette. Même ceux qui ont l'étiquette En Marche, souvent, ils préfèrent la cacher ou la mettre un petit peu très très loin sur l'affiche pour ne
pas
qu'on voit que c'est les candidats d'Emmanuel Macron. Ah oui ? Et les écologistes...
On ne le montre
plus
qu'on est Macroniste.
Si vous prenez à Lille, à Reims, dans plusieurs villes. Et quand ils veulent bien le montrer, il y
a
des dissidences, comme à Paris, où on a deux candidats de La République En Marche, entre Cédric Villani et Benjamin Griveaux. Donc ça va être une élection très difficile pour Emmanuel Macron et son parti. Les écologistes, eux, de leur côté, par rapport aux dernières élections municipales, sont en très bonne posture. Ils sont parfois à plus de 20% dans les sondages, dans des villes qui n'étaient pas forcément vues comme écolo-compatibles. Et ça, dans beaucoup d'endroits en France. Alors qu'il
y
a 6 ans, il faisait 1% au niveau national et il n'avait gagné qu'une seule grande ville, Grenoble. Donc il y a peut-être cette visée électoraliste, même si à l'Élysée, évidemment, on s'en défend. Et puis Emmanuel Macron, lors de sa réunion hier devant les députés, il a dit qu'il voulait faire de l'écologie un pilier de sa deuxième partie du quinquennat. Il va sans doute s'appuyer sur la Convention citoyenne qu'il a mise en place. Et c'est vrai que pendant deux ans, ça a beaucoup manqué. La
Convention
citoyenne, on rappelle, ce sont ces citoyens tirés au sort qui font des propositions qui sont étudiées en avril prochain. Exactement, ça fait depuis le mois de septembre qu'ils ont travaillé pendant 6 ou 7 week-ends environ pour faire des propositions. Et Emmanuel Macron a promis de les transmettre sans filtre au Parlement ou par référendum. Il y
a
même des députés de la majorité qui s'emparent de ces questions-là, qui veulent peser sur l'exécutif pour avancer sur les questions écologiques, notamment par exemple en mettant dans la Constitution, dans le premier article de la Constitution, que la République doit prendre en compte la dimension environnementale. Il
y a
déjà des fuites. Est-ce qu'il y
a
une idée révolutionnaire qui pourrait nous être, par exemple, soumise à référendum et qui émanerait de cette Convention citoyenne dont on aura les résultats, vous l'avez dit, en avril prochain ? Pour l'instant, ils sont très discrets justement avec la presse. Ils ne veulent absolument pas que leur proposition soit dévoilée parce que c'est vraiment leur travail et ils se l'accaparent véritablement. Mais cette histoire de Constitution, ça fait depuis le début partie de leurs ambitions. Alors c'est assez symbolique, mais ça mériterait un référendum. Peut-être qu
'il
pourrait être plus large sur les questions écologiques. Et Emmanuel Macron, il y aurait peut-être intérêt parce que pour l'instant, son bilan aux yeux des Français n'est pas assez vert. Ristin Turier, Nathalie Saint-Clic disait tout à l'heure, il y a 3-4 ans, on n'était peut-être pas tous écologistes comme on l'est aujourd'hui. Est-ce que c'est vrai, ces thèmes s'imposent maintenant dans la politique et vous les mesurez au fur et à mesure des sondages ?
Oui, ça c'est incontestable. Dès le mois de septembre, dans l'enquête Fractures françaises pour le monde, on avait vu que l'environnement était devenu la première des préoccupations et que même s'il y a des différences de niveau chez les CSP, plus des grandes agglomérations par rapport au milieu populaire, ce que j'expliquais à l'époque, c'est que ça fait tâche d'huile. Il faut arrêter de penser l'environnement comme étant une préoccupation uniquement de bobos habitant dans des grands centres urbains. C'est réellement un phénomène d'ampleur et qui fait tâche d'huile dans toute la population. Donc il ne
faut pas s'étonner.
Qui
reste
plus marqué à gauche, qui reste plus marqué chez les catégories socioprofessionnelles aisées et dans les grandes villes. Mais ça, on le sait depuis 20 ans. Donc le phénomène nouveau, ce n
'est
pas celui-là. Le phénomène nouveau, c'est qu'y compris dans les milieux populaires, par exemple, y compris dans des petites villes, il y a une progression extrêmement forte de la préoccupation environnementale qui fait parfois quasi jeu égal avec le pouvoir d'achat, par exemple. Donc c'est le premier élément qui fait qu'Emmanuel Macron ne peut pas ignorer cette topique. Le deuxième, c'est que vous avez la reconstruction possible d'une alternative de gauche écologiste qui pourrait venir concurrencer Emmanuel Macron.
Et ces électeurs de gauche qui ont voté Macron, qui reviennent pour partie dans cette famille écolo-socialiste, on va dire, et aux municipales, ce sont des listes, certes souvent écologistes ou tirées par un écologiste, mais alliées à des forces de gauche. Ça, c'est un vrai danger pour Emmanuel Macron par rapport à ce que tout le monde annonce comme étant le face-à-face Macron.
Il y a
beaucoup
d'inconnus encore, dont le déficit d'incarnation. Il n'y a pas un leader à gauche ou chez les écologistes qui pourrait aujourd'hui se dire j'incarne de manière incontestable cette offre potentiellement disponible pour de nombreux électeurs. Mais moi, je ne
suis
pas très inquiet sur les phénomènes d'incarnation. Il peut y avoir en réalité plusieurs candidats qui pourraient prendre le flambeau. Puis le troisième point, je crois, très important, très rapidement, c'est qu'Emmanuel Macron l
'a
emporté en 2017 sur une promesse de faire turbuler le système.
Et
de gauche et de droite, on casse tout cela. C'est ça, sa promesse aussi. C'est ce qui a séduit une partie des Français. Aujourd'hui, il a deux scénarios possibles. Soit il continue à siphonner la droite pour essayer d'être au second tour face à Marine Le Pen. Soit il reste fidèle à cette idée qu'il incarne autre chose, que les Français vont vouloir autre chose, j'ai envie de dire, comme d'habitude. Et l'autre chose actuelle, c'est tout simplement la thématique environnementale. Donc c'est un moyen aussi pour lui, s'il arrive à l'accaparer, de rester dans le jeu de quelqu'un qui n'est pas dans les clivages traditionnels et qui colle aux demandes de la société.
– Le
président passe donc à l'offensive sur l'écologie. Avant un déplacement très symbolique sur la mer de glace dans les Alpes demain et avec la tenue d'un conseil de défense écologique ce matin à l'Elysée, Emmanuel Macron tente de verdir son image et sa politique. Et cela à quelques semaines d'un enjeu crucial, celui des élections municipales. Sujet de Barbara Steck et Christophe Roquet.
L
'écologie, au cœur de l'acte 2 du quinquennat, c'est la promesse du président.
Ce
matin, dans le Dauphiné libéré, Emmanuel Macron revient sur ses ambitions vertes.
– Nous
devons remettre l'écologie au centre du modèle. C'est la transition que je suis en train de faire en ce moment précis du quinquennat.
–
À la veille d'un déplacement dans la vallée de Chamonix pour constater de ses yeux l'impact du dérèglement climatique sur le plus grand glacier des Alpes, Emmanuel Macron vient de présider le quatrième conseil de défense écologique.
Pas
de mesures chocs, mais des annonces qui visent à lutter contre l'érosion
des côtes françaises et protéger la biodiversité. –
Le
président a été clair, d'ici 2022, 30% de notre territoire sera sous le statut d'air protégé, sur terre comme en mer. 10% sera placé sous protection forte.
– C
'est une nouvelle place laissée à la nature au quotidien.
–
Emmanuel Macron veut également accélérer la transition écologique des services publics. 2,4 millions d'agents de l'État pourront par exemple profiter d'un forfait mobilité de 200 euros par an pour leur déplacement au travail à vélo ou en covoiturage.
– L
'exécutif et les ministres devront eux aussi participer à l'effort collectif et montrer l'exemple en limitant les déplacements en avion.
–
Ce qui est important c'est de donner des alternatives performantes et effectivement on considère que quand un trajet prend moins de 4 heures ou de 6 heures aller et retour, on peut prendre le train, c'est ce que je ferai pour aller dans la Manche vendredi.
– Et
d'autres mesures sont à venir.
Depuis
le mois d'octobre, le président fait plancher des Français tirés au sort sur la meilleure manière de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici à 2030.
– J
'ai décidé de lancer cette première convention citoyenne sur le climat, c'est parce qu
'il
y a urgence à agir
et
qu
'on
voit que l'une des difficultés sur ce sujet,
c
'est qu'il faut parfois concilier les contraires. –
Ces
citoyens devraient rendre leur copie en avril.
Pour
le moment, le bilan du président reste maigre et l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
ou
encore la fermeture annoncée de la centrale nucléaire de Fessenheim
ne
suffisent pas à convaincre de l'engagement écologique du président. Pour les verts, Emmanuel Macron
ne prend
pas la
mesure
de l'urgence.
– On
a un président de la République qui au bout de 3 ans
a
plutôt reculé sur le climat, sur la transition énergétique, sur les pesticides comme sur le droit environnemental. –
À
un moment donné, si ce président voit la lumière verte et que c'est des citoyens qui lui font voir une lumière verte, tant mieux s'il prend n'importe quelle décision positive.
– L
'exécutif n'en fait pas assez, un diagnostic partagé par deux tiers des Français selon un récent sondage.
La
République En Marche semble encore chercher sa doctrine à l'heure où l'écologie s'impose comme un thème incontournable de la campagne municipale.
–
Christophe Barbier, est-ce qu'on sait si Emmanuel Macron va se rendre dans les Alpes en train
ou
en avion ? Apparemment, il ira en train.
– Il prendra le train en tout cas pour accéder à la mer de glace, et redescendre vers Chamonix, le petit train du montant vert, parce que s'il le fait à pied en cette saison, bon courage quand même. Donc ça, il aura un petit morceau de train. S'il fait tout le trajet en train, outre le fait que c'est très long, notamment parce que maintenant avec les TER, les TGV qui arrivent plus loin, ça c'est compliqué le transport régional. On a vu avec la colère des Gilets jaunes que c'était un sujet de désenclavement pour beaucoup de régions. Et puis enfin, ça serait un peu de la communication facile.
Les services de sécurité détestent qu'un président circule en train, il faut sécuriser tous les points de passage, ça complique la surveillance des autres passagers, parce que dans l'avion présidentiel, vous savez qui monte. Dans un TGV, vous ne savez pas trop qui est là, il faut contrôler tout le monde. Et puis enfin, rappelez-vous, François Hollande, au tout début de son quinquennat, était allé à des sommets européens en train, ça compliquait la chose. Et en plus, l'avion présidentiel suivait, parce qu'en cas de pépin médical, il fallait l'évacuer rapidement. Donc tout ça était quand même très ridicule. Espérons que le président, plutôt qu'un symbole un peu ridicule, choisisse la raison.
Donc il y
a
des limites à vouloir montrer l'exemple.
Oui, il y a... Ce serait la
démagogie. Un président, ça doit être un président efficace. Une heure d'avion, plutôt que quatre heures de train, c'est un président qui est plus efficace, qui préside mieux que s'il fait de la démagogie par ce genre d'attitude symbolique.
Nathalie Saint-Cricq, question téléspectateurs. Les annonces pro-écologie à la veille d'un scrutin font-elles encore recette auprès des électeurs ? Même s'il n'y
a
pas d'effet « waouh » dans ces annonces,
on est
incapable d'en citer une comme ça. Non,
parce que comme
le disait Christophe tout à l'heure, toutes les annonces, tous les renoncements,
ou
toutes les choses qu'on a décidées, ont été déjà préalables. C'est-à
-dire
qu
'il
va y avoir fait salaire la semaine prochaine, mais on le savait déjà. Là, effectivement, c'est un peu cosmétique. Ce qu'on peut se dire, c'est qu'une fois qu'on a dit que la gourde, c'est ridicule, que les
gobelets... Il y a la
protection
du littoral. Il
y
a
la protection du littoral.
Il
y a quand même les bouteilles en plastique, je ne sais plus combien ils en consommaient, 6 000 par jour. On peut se dire que tout ça, c'est effectivement juste vertueux pour montrer l'exemple. Mais on peut également se dire qu'il peut y avoir un effet d'entraînement dans toutes les entreprises. Et comme on dit en général, c'est aux ministères, aux ministres, aux chefs de l'État et aux administrations éventuellement de donner l'exemple. Bon, c'est forcément quelque chose de bien. Alors, que ça soit décrypté par les électeurs comme une espèce de virage écologique majeur, je ne s
'en
suis pas sûre. Je pense simplement que les vrais problèmes ne sont pas encore posés auprès de la classe politique. D'abord, effectivement, tout le monde est forcément d'accord sur cette écologie-là. Je ne
vois
pas la droite, l'extrême droite, tout le monde est totalement d'accord. La vraie chose qui serait intéressante, et peut-être on va en parler au moment de Fessenheim, c'est le nucléaire. Parce que faire un véritable tournant écologique, en considérant qu'on arrête tout, qu'il n'y
a
plus de centrale thermique, qu'il n'y a plus de centrale nucléaire, qu'on va tout faire avec le renouvelable, je ne suis pas sûre qu'à court terme, ce soit quelque chose de tenable. Et là, on est plutôt dans la symbolique que dans une façon de vraiment poser les problèmes.
D'autant que vous avez vu les dernières déclarations de l'Agence internationale pour l'énergie,
qui a dit ce matin que le
nucléaire est une partie de la solution pour lutter contre le réchauffement
climatique.
On
sait d'où ils
parlent, comme ils disent, mais il y a quand même ce problème qui se pose. Parce que si on arrête tout en même temps, sans avoir des produits de substitution immédiatement, ça peut être quelque chose de problématique. Brice
Tafurier.
Un petit point par rapport à la question de votre auditeur. Non, ça ne créera pas d'effet sur les municipales parce qu'il est trop tard et parce que ce n
'est
pas le même type d'écologie. En revanche, si Emmanuel Macron le fait avant les municipales, c'est pour préparer l'après. Et surtout, s'il y a une poussée écologiste municipale, pour qu
'on
ne dise pas dans l'après et dans les mesures, il le fait uniquement parce qu'on a vu qu
'au
municipal, il y avait une poussée écologiste. Il anticipe. Il anticipe et il est important pour lui, dans la perspective de la présidentielle, encore une fois, de se positionner sur ce sujet-là et de ne pas en laisser le cœur uniquement à des écologistes. Mais à court terme, sur les municipales, les électeurs ne vont pas modifier leur vote uniquement parce qu'il y
a
eu ces annonces.
Astrid De Vilaine, sur ces annonces où il n
'y a
pas d'effet « waouh » comme on l'a dit, Emmanuel Macron a cette phrase « il faut être dans la radicalité, mais pas dans la brutalité ». Et il illustre, il dit « la brutalité, c'était la taxe carbone ». On a l'impression que ça a traumatisé quand même le pouvoir, cette idée écologiste, lumineuse, que d'instaurer une taxe carbone.
–
Oui, évidemment, il y
a
eu la crise des gilets jaunes qui s'en est suivie et en plus, le président Macron
avait
été alerté par beaucoup de députés qui disaient « je le sens venir, ça ne
va
pas du tout passer cette histoire, les citoyens me le disent ». Et cette crise entre la majorité et l'exécutif, elle est née aussi de cette crise des gilets jaunes et de la taxe carbone. Et ce qui était reproché à ce moment-là au gouvernement, c'était de « taxer » les plus pauvres ou les classes moyennes, pas les plus riches, pas les grandes entreprises, pas les billets d'avion, etc. Donc Emmanuel Macron est toujours un petit peu dans ce paradoxe de dire « il ne faut pas de radicalité et en même temps pas de brutalité ». Enfin, c'est presque contradictoire, c'est exactement comme quand Elisabeth Borne dit « on va faire une des mesures révolutionnaires en 2050 ».
Je pense que les citoyens, les Français et notamment les plus jeunes d'ailleurs qui se sentent, et les scientifiques qui sentent l'urgence, c'est difficile de comprendre quelle est la politique à cet horizon-là qui paraît tellement lointain. Au moment de la loi anti-gaspillage, pour une poisson,
elle
avait subi ces critiques-là en disant
«
on ne
va
pas arrêter le plastique en 2040 ». C'est beaucoup trop
lointain.
Et d'un autre côté, le gouvernement, les ministres vous disent, et ils sont très agacés de ces critiques, ils sentent la pression sociétale. Mais ils vous disent « moi je ne peux pas, je vais fermer des usines, il y a des emplois qui vont être perdus ». Enfin, eux, ils ont une forme d'écologie très pragmatique, mais qui peut paraître un petit peu à l'ancienne, au vu des mesures qui sont sorties tout à l'heure, qui sont arrêter les chaudières au fioul dans les services publics. Une prime pour les vélos ?
Une prime pour les vélos, ça semble
un petit peu ancien monde pour le coup comme mesure. En fait, moi je me suis même dit, je pensais que c'était déjà fait. Je pense que la population attend des mesures bien plus ambitieuses et peut-être un plan gouvernemental global. Le fait qu
'il
y ait un ministère de la transition écologique, ça dit encore que ce
n'est pas encore… C'est pas partout,
c'est encore une matière.
Et
du coup, c'est moins visible aussi, parce qu'il y a des choses quand même qui sont faites au cas par cas dans quelques lois, mais personne ne les voit. Et ça, les députés en souffrent beaucoup sur le terrain, ils disent « si on a fait passer ça, personne ne l'a vu
». –
Brice Tinturier, vous disiez tout à l'heure qu'il y avait évidemment une visée électoraliste en vue de la prochaine présidentielle. Pour reprendre votre étude que vous avez faite pour l'Obs, ces électeurs qui ont voté Macron en 2017, où sont-ils aujourd'hui ? Et la question est, est-ce qu
'ils
sont partis chez les écolos ? Et pour qui seraient-ils susceptibles de voter en 2022
?
Pour revenir sur cette question de l'incarnation de l'écologie de gauche.
– D
'abord, Emmanuel Macron leur doit largement sa victoire. 47% des électeurs de François Hollande de 2012 ont voté pour Emmanuel Macron en 2017. C'est énorme. C'est beaucoup plus que les électeurs de droite. On a eu seulement 18% des électeurs de Nicolas Sarkozy qui ont voté pour Macron. Donc c
'est
un réservoir important. Aux européennes, déjà, beaucoup de reclassements. Sur ceux qui ont voté aux européennes,
vous
avez 27% des électeurs qui avaient voté Macron, donc de gauche qui avaient voté Macron en 2017. Eh bien, vous en avez 27% qui repartent sur la liste socialiste ou sur la liste écologiste. Donc une grosse perte. 22% qui restent fidèles, qui ont été fidélisés et qui votent la REM, et le reste dans l'abstention. – Il n
'y
en a que un quart des gens de gauche qui
ont
voté Macron qui réitèrent leur vote. – Oui, parce que vous avez aussi une grosse abstention au moment des européennes. Mais ce qui est important,
c
'est qu'il y
en
a une petite partie qui est fidélisée, 22%, et une partie un peu plus importante qui repart à gauche. Donc on voit bien qu'on a des reclassements avec cet électorat qui était central pour Emmanuel Macron. Il est en train de le perdre, ou d'en perdre en tous les cas une partie importante. C'est pour ça que par rapport à un certain nombre de mesures qui ont déçu, de sentiments de tromperie, de désabusement, voire de détestation de la personne d'Emmanuel Macron, il a absolument besoin de proposer une alternative ou quelque chose qui, en termes d'écologie, parce que ça intéresse cet électorat-là, peut les retenir. Il a aussi son volet sécurité pour continuer à siphonner la droite.
Donc il essaye de rééquilibrer ses deux jambes.
– On va dire un mot
sur la sécurité, mais juste sur l'écologie.
Christophe Barbier, on dit souvent qu'en politique, on préfère l'original à la copie. Donc dès lors qu'il va sur l'écologie, on va dire, je préfère carrément Yannick Jadot. –
Oui, d'autant qu'il reste fidèle, il le montrait encore dans l'interview de Finé Libéré, au mot de transition. Et c'est ce mot qui avait fini par gêner Nicolas Hulot, qui voudrait, lui, une révolution écologique. C'est quoi la transition écologique ?
C
'est qu
'on
garde le modèle d'économie capitaliste basée, fondée sur la croissance et la production. Simplement, on l'adapte pour que ça fasse moins de dégâts, que ça crée des emplois verts. On verdit une économie classique. Ce que réclament beaucoup d'écologistes, c'est une rupture complète. C'est un changement de paradigme où on ne soit plus dans la recherche de croissance. Certains prônent même la décroissance. Donc ce conflit idéologique, à un moment donné, on va voir qu'Emmanuel Macron a quand même les pieds dans l'ancienne économie, même s'il a la tête maintenant dans une économie verte.
Et puis, la chance qu'il a dans cette compétition entre l'original et la copie, c'est que l'original écolo, non seulement n'est pas complètement incarné, même si la figure de Yannick Jadot a surgi, mais c'est aussi qu'ils se disputent entre eux, beaucoup. Ils se sont souvent
divisés
au sein des verts. Et après, le reste de la gauche, la fameuse union de la gauche rouge-rose-verte, ça apparaît comme maintenant une utopie. Accessoirement, ils sont d'accord sur peu de choses. Et sont-ils à droite ou à gauche ? Même si, officiellement, ça ne veut plus rien dire. Quand on voit la ligne de Yannick Jadot ou la ligne de Julien Bayou, ce n
'est
pas du tout la même chose. Et puis, il
y a
quelqu'un dont on peut parler aussi, c'est Anne Hidalgo. Alors, Anne Hidalgo, si elle est élue à Paris, alors elle est certes socialiste, mais finalement, c'est elle qui réussira peut-être, si ça marche, à faire une espèce d'énorme alliance avec les écologistes. Et là, ça fait encore une autre incarnation possible.
C
'est-à
-dire
quelqu'un
qui est... Et Ségolène Royal.
Ségolène Royal, mais ce qu'il va falloir, la chance, pour rebondir sur ce que vous disiez tout à
l
'heure, la chance d'Emmanuel Macron, c'est qu'idéologiquement, il y a 25 lignes chez les Verts et qu'on ne sait pas si on propose une ligne plutôt Macron-compatible, qui était celle un peu de Jadot au début, ou à gauche toute, comme c'est un peu l'électorat de base d'Europe Écologie Les Verts. Là, vis-à-vis des Français, vis-à-vis des retraités, vis-à
-vis
des gens qui votent, ça risque d
'être
un peu plus compliqué. Brice Tinturier. Non, mais pour une présidentielle, il faut avoir une crédibilité globale. Pour des municipales, vous pouvez... On
peut se
lâcher sur le vote écolo,
mais... Il est
plus facile de voter pour une liste écologiste au niveau local quand il s'agit de végétaliser la ville ou de favoriser des mobilités douces type le VO. Quand on va revenir à la présidentielle, on va demander à chaque candidat d'être crédible, maintenant sur la question de l'environnement, ça j'en suis persuadé, mais toujours aussi sur les questions économiques, sociales, régaliennes, etc. Donc pour un Yannick Jadot, c'est quand même plus compliqué. Il va falloir qu'il se muscle sur ces éléments-là.
Et du coup, pour un Emmanuel Macron, s'il lui arrive à incorporer l'écologie, il a une crédibilité contestée comme d'autres, mais il a quand même une crédibilité sur l'ensemble des sujets régaliens et économiques.
Sur
cette poussée écologiste qui se manifeste dans les urnes, est-ce qu'elle est très manifeste chez les jeunes ? Est-ce que les jeunes reviennent à la politique et reviennent par l
'écologie, de façon massive ? Oui, elle est réelle chez les jeunes. Ensuite,
il
y a deux bémols. Premier bémol, c'est que les jeunes votent quand même beaucoup moins, et on l'a vu aussi aux Européennes, que le reste de la population. Donc encore faut-il qu'ils aillent voter pour transformer cette aspiration dans les urnes. Et puis le deuxième bémol, c'est que quand vous regardez les comportements, par exemple sur des éléments de recyclage, etc., ce ne sont pas les jeunes qui sont les plus actifs. Ce sont plutôt les, pour beaucoup de raisons, pour plein de raisons, mais ce sont plutôt les plus âgés. Donc il y a un hiatus entre ce que les jeunes disent, ils sont dans une écologie de la contestation ou de l'interpellation des gouvernements, mais pas tant que ça.
Une fois que vous avez évoqué effectivement les gourdes pour éviter d'avoir des verres en plastique, il n'y a pas tant de ça, d'éléments comportementaux des jeunes qui viennent bouleverser la donne.
Cité, on
dit que les seniors trient bien mieux leurs déchets que les jeunes
urbains qui
balancent tout.
Absolument.
On a fait une très grande enquête dans 30 pays pour EDF sur les questions climatiques, et vous voyez aussi sur ce type d'indicateur qui est le plus climato-sceptique, mais au-delà de cela, qui ensuite est capable de modifier ses comportements dans un sens plus favorable à l'environnement. Et ce n
'est
pas toujours les jeunes qui ont le drapeau le plus valorisant là-dessus.
Christophe Barbier, pourquoi est-ce que l'écologie en France est très marquée, et c'est encore le cas, vous le confirmez, à gauche ? On est frappé de voir qu'en Allemagne, et même récemment en Autriche, maintenant les écologistes
font
alliance avec la droite, avec la CDU en Allemagne, et en Autriche avec Sébastien Kour.
La culture allemande chez les Verts,
ça
a toujours été une fracture entre ce qu'on appelait les réallos et les fundis. Les fundis étaient pour une écologie dure, très militante, sans concession, et les réallos plutôt pour aller vers des alliances de gouvernement, régionales ou nationales, pour changer les choses du mieux qu'on pouvait. C'est les réallos qui ont gagné, largement. La première incarnation, ça avait été Joschka Fischer, de ce leadership-là. En France, on n
'a
pas du tout le même parcours. On a une écologie qui au contraire, au début, avec René Dumont, puis avec Antoine Wechter, disait « droite-gauche, ce n
'est
pas notre problème, nous, on veut faire des choses concrètes ». Et Wechter n'avait pas cette image. À gauche, qui a été donnée par ses successeurs, Yves Cochet, Dominique Voinet, étaient pour une alliance quasi systématique avec le Parti Socialiste, ça a donné le rouge-rose-vert. Donc il y
a
eu un peu cette schizophrénie. Et en ce moment, ce qui est en train de se passer, ça avait commencé avec Europe Écologie, les Verts, avec Cohn-Bendit, ça continue avec Jadot, c'est comment faire vivre ensemble cette fracture entre des Verts, en effet, très à gauche, des lignes très à gauche, et puis Europe Écologie, qui l'étaient un peu moins. Ça brinque-balle. Et on voit bien que cet appareil partisan où le parti est plus à gauche que son leader, Yannick Jadot, ça ne tiendra pas longtemps. En tout cas, dans la perspective d'une présidentielle, il faut qu'à un moment donné, les écologistes clarifient leurs lignes.
Et en fait, leur bonne stratégie, c'est d'essayer de faire en 2022 ce que Macron a fait en 2017. C'est-à-dire, ni droite ni gauche, tous ceux qui veulent, de bonne volonté, changer les choses en matière d'écologie sont les bienvenus. Ça ne
va
pas être simple à vivre pour les militants les plus à gauche des Verts, mais c'est comme ça qu'ils peuvent espérer un jour avoir les manettes au niveau national.
Donc Yannick Jadot est freiné dans cette volonté, dans cet élan de se recentrer politiquement par ses militants. Bien sûr, et il se freine
lui-même. La gauche,
l'écologie,
passe
-tête.
Oui, vert dehors,
rouge dedans. Mais il se freine lui-même parce qu'il sait que s'il va trop loin dans le sens de ce qu'il pense, il risque d'être le lendemain déjugé par une petite phrase d'un membre du parti. Et donc, il est assez habile de ce côté-là. Il veut assurer lui aussi une transition idéologique de son écologie. Alors, oui, Brice Tarturier ? Moi, je rajouterais juste simplement que si la droite n'est pas écologiste historiquement ou l'est peu, c'est parce qu'elle est libérale économiquement qu'elle a soutenu la mondialisation et que la gauche est pour de la régulation.
Et le problème de l'écologie s'est posé en termes de régulation et notamment régulation des excès du capitalisme ou des excès de la mondialisation. Donc là, il y avait un hiatus, même s'il y aurait pour la droite une possibilité de pousser la question environnementale, parce qu'il s'agit de préserver, de conserver. Et ça, c'est un thème
éminemment de droite. L'aspect conservateur de l'écologie
colle mieux avec
l'ADN de droite. Mais la question
du libéralisme est venue percuter cela et a empêché la droite d'aller sur ce terrain-là et a favorisé, du coup, une gauche de la régulation. Alors, par les territoires, les terroirs, la droite essaie de reconquérir ce terrain-là.
Alors, si on parle de stratégie, donc on voit bien qu'avec le thème de l'écologie, Emmanuel Macron va pêcher à gauche, est-ce qu'en parlant de la sécurité, parce que ça, c'est le nouveau thème dont il souhaite parler ? Est
-ce
que là, il veut aller pêcher à droite et faire ce grand écart ? D'abord, je ne
sais
pas si on peut le faire, si c'est possible, mais pourquoi pas ? C'est la révolution permanente avec Emmanuel Macron,
la suite de
Villaine. Oui, mais très clairement, c'est ce qu'il a dit hier soir et on pouvait le pressentir déjà depuis le mois de septembre, c'est-à-dire que ces deux piliers pour la suite du quinquennat, c'est l'environnement, l'écologie et les questions régaliennes. Donc, clairement, il vise ses deux adversaires principaux, le Rassemblement national et Europe Écologie Les Verts, où la gauche réunit derrière quelqu'un d'écologiste qui, pour l'instant, n'existe pas, mais pourquoi pas dans deux ans.
Et donc, Emmanuel Macron, il va essayer d'incarner ces deux questions-là et dès le mois de septembre, il l'avait dit, souvenez-vous, devant les parlementaires de sa majorité, il avait fait un discours assez transgressif en disant les bourgeois ne côtoient pas l'immigration, votre seul ennemi, c'est le Rassemblement national, c'est ça qu'il faut combattre au quotidien. Donc, clairement, il avait fait de Marine Le Pen ou du candidat ou de la candidate du Rassemblement national son ennemi numéro un. Aujourd'hui, c
'est
l'écologie pour les municipales. Il va essayer de tenir ces deux jambes-là jusqu'à la fin du quinquennat, mais est-ce que ça suffira ? Ça, c'est la grande inconnue. Sauf que Nathalie Saint-Cricq, de même que l'écologie n'est pas la marque de fabrique, n'est pas l'ADN d'Emmanuel Macron, la sécurité ne l'est pas plus.
Non, le problème, après, ça fait de voir s'il se passe des choses concrètement parce que j
'ai
bien entendu hier, je ne
l
'ai pas entendu directement vu que je n'y étais pas, le pays légal et le pays réel.
Mais alors pourquoi il a dit
ça ?
Ça fait polémique, mais parce qu'une
fois, Benjamin Grévaud déjà l'avait utilisé. C'était une référence à Charles Maurras. Mais par-delà le fait, Charles Maurras a dû dire un jour, il fait beau et ce n
'est
pas non plus quelque chose d'absolument épouvantable. Il a voulu dire toujours la même chose,
c
'est-à-dire, il n'y a pas le pays légal,
c
'est-à-dire nous, les gens d'en haut, ceux qui sommes absolument coupés de tout et le pays
réel, c'est-à-dire les gens
qui souffrent véritablement dans leur chair et qui vivent au quotidien les problèmes de sécurité. Après, si c'est juste un discours, c'est quand même un petit peu ce qu'on attend sur le séparatisme, il ne
faut
plus dire communautarisme. S'il dit environnement en sautant comme un cabri et qu'in fine, il ne
se
passe pas grand-chose, bon, ça fera peut-être plaire à deux ou trois personnes qui, au municipal sûrement, mais comme le disait Brice, au moment de voter vraiment pour la présidentielle, on verra. Et s'il dit sécurité, sécurité en pensant qu'il n
'y
a pas des choses, enfin, en ne décidant pas des choses concrètes, en ne donnant pas l'impression qu'il
y a
des choses qui se passent sur le terrain, pour le coup, ça se reviendra à une espèce de petit clin d'œil à l'électorat de droite, mais les électeurs, ils ne sont pas idiots. Enfin, on peut leur raconter des choses, à partir du moment où il ne se passe pas des choses concrètes et que c'est que du discours, je ne
suis
pas certaine que ça marche.
Mais Christophe Barbier, est
-ce
qu
'il
vous donne l'impression de vraiment vouloir faire des propositions choc sur ce thème de la sécurité, sachant qu'il a dit l'insécurité, virgule, c'est le sentiment d'insécurité ? Comme le vent,
comme le froid. On a l'impression qu
'il a l'air de nier
un petit peu le... Ça, typiquement, c'était une phrase de la gauche
aveugle
des années 80-90, de Jospin, sur le thème « il n'y a pas d'insécurité, il y a une impression, un sentiment d'insécurité ». Les élections et la réalité des chiffres ont prouvé que cette gauche-là avait tort et la gauche a engagé sa mue, qui a abouti à Jean-Pierre Chevènement et à Manuel Valls. Et de ce côté-là, Macron, par des petites phrases comme ça, essaye de s'acheter une bonne conscience parce qu'il sait qu'il va devoir faire une politique un peu dure. Et il essaye d'être sur les deux tableaux. C'est le même sujet avec les problèmes d'identité. Quand il dit « il ne
faut
plus dire communautarisme, il faut dire séparatisme », il essaye à la fois de plaire aux électeurs de droite qui ont peur de la montée de l'islam et de ne pas se fâcher avec la communauté musulmane dont on a l'impression qu'il la désigne comme étant un problème dans la République. À force de faire ce type de grand écart ou de « et en même temps » sur ces sujets délicats, il risque de perdre des deux côtés. Après, Emmanuel Macron, sur la sécurité, plus encore que sur l'écologie, il aura besoin de résultats rapides parce que l'écologie, on sait bien que le réchauffement climatique, ça ne
va
pas s'enrayer en 15 jours. En revanche, déployer des policiers, être plus dur, gérer la nouvelle politique carcérale qui fait qu'on mettra moins en prison des gens à partir du printemps prochain, ça, c'est des choses qui vont se mesurer jour après jour, mois après mois et il aura des comptes à rendre. Et on peut perdre une élection sur ces questions.
Emmanuel
Jospin ne le sait que trop.
Bien sûr, dès 2001, Jacques Chirac avait senti par les maires qui lui remontaient l'information que ce sujet devenait majeur. Il en a fait le cœur de son 14 juillet 2001. Après, la présidentielle se perdait à gauche sur ce terrain-là. Pour l'instant, ce n
'est
quand même pas un sujet de préoccupation
majeure des Français.
Parce qu'il y a des statistiques qui sont sorties récemment et qui montrent qu'il peut y avoir une hausse justement des violences sur un certain type de crimes notamment. Mais dans nos indicateurs de préoccupation des Français, il n'y a pas de hausse ni de cette préoccupation ni du sentiment d'être en insécurité souvent ou de temps en temps.
Autant l'écologie est un vrai thème qui monte, autant l'insécurité...
Pour l'instant, c'est plutôt
stable et ça ne fait pas partie des cinq grandes priorités ou sujets de préoccupation des Français.
Alors, une séance de calinothérapie. Hier, le président a invité à l'Elysée environ 300 parlementaires de la majorité. Le but, retisser un lien distendu avec ses troupes. Le chef de l'État veut remobiliser les députés. Actuellement, en pleine bataille avec l'opposition sur la réforme des retraites et juste après la polémique sur le congé de deuil parental. Sujet de Myriam Zéard et Dominique Lemarchand.
Ils
sont arrivés par la grande porte, loin des caméras.
Plus
de 300 parlementaires de la majorité venus officiellement échanger avec Emmanuel Macron.
Des
élus avec lesquels le dialogue s'était quelque peu brouillé ces dernières semaines.
Une
opération reconquête pour le président faite sur le modèle du grand débat. Micro à la main
au
milieu des députés. On a un édite à acter le changement de méthode après la réforme. Ça veut dire que on doit sur tous ces sujets réussir à retrouver ce qui a été je crois notre force cette marque de faire. c'est de rendre la méthode transparente. Changer de méthode et remobiliser les troupes. Pour cela, Emmanuel Macron entend engager la deuxième phase de son quinquennat sur des sujets régaliens comme la sécurité ou l'immigration. Pas de calinothérapie donc selon certains invités qui ressortent requinqués.
Sincèrement, quand ça me plaît pas je le dis, là sur le constat la méthode et le fond j'ai vraiment rien à dire. C'est normal aussi qu'une majorité présidentielle
à
la moitié du quinquennat se remette en cause et s'interroge sur la façon de changer la politique. Au fond, Emmanuel Macron il a été élu sur cette promesse-là de changer la politique.
Parmi les élus conviés, des parlementaires LREM mais aussi des membres du MoDem, de l'UDI ou encore d'Agir. Ce matin, certains députés émettent quelques réserves quant aux sujets abordés hier soir.
On
a parlé des difficultés à fonctionner avec les cabinets ministériels. Peut-être qu'il conviendrait de parler une fois pour toutes des difficultés à fonctionner dans ce groupe politique.
Il
vous a répondu à cette question, le président ? Mais nous n'étions pas entre nous, là encore. Nous
n'étions
pas entre nous donc on ne pouvait pas laver notre linge sale en famille. Une
famille
qui a enchaîné les couacs ces dernières semaines. dernières en date, la polémique née lors du vote qui devait permettre l'allongement du congé pour les parents endeuillés de 5 à 12 jours.
Un amendement rejeté par Muriel Pénicaud et les députés En Marche.
Est-ce que c'est normal que ce soit la petite entreprise qui paye 100% ça et pas la solidarité nationale ?
Un
refus qui va provoquer la
colère
de l'opposition et l'incompréhension de l'opinion. La majorité reconnaît vite une erreur collective. Depuis la Pologne, Emmanuel Macron fait un rappel à l'ordre.
Le
gouvernement va corriger les choses pour que
l
'humanité retrouve l'efficacité.
Je
n
'ai
pas d'autre chose à dire et je crois qu'il faut en la matière savoir aussi raison garder.
Une mise au point qui a vexé certains élus. Alors ce matin, la première dame elle aussi rectifie le tir. Non mais c'était une erreur. L'erreur est très humaine. Donc ça montre qu'ils sont très humains. Vous avez vu maintenant 3 fois 5 jours, ils sont très sensibles à cette cause. Mais parfois, vous savez, quand on compile des dossiers, quand on les... Parfois, ça m'arrive aussi. Je fais mes courriers le soir, je les regarde et parfois je relis en disant mais qu
'est
-ce que t'as écrit ? Je ne cesse de demander du silence. Des députés en marche qui seraient sous pression.
D
'autant que le débat en commission sur la réforme des retraites se fait selon eux dans un climat délétère.
Il n'y a pas deux
poids deux mesures dans cette commission. Hier soir, Emmanuel Macron les a donc également appelés à tenir bon et à ne pas se diviser. Je vous demande de l'unité, pas de l'uniformité. Mon parcours personnel ne plaide pas pour le caporalisme mais de l'unité et de la responsabilité. Le quinquennat précédent s'est disloqué sur des aventures personnelles.
Ça ne sert à rien que des individualités se détachent du collectif pour faire entendre une autre petite musique. Ça ne sert à rien et ça nous tire tous vers le bas.
Le président ne veut pas de frondeurs. Pour cet ancien membre de la République en marche, ils ne peuvent de toute façon pas exister.
En vérité, c'est remettez-vous en rang, appliquez les instructions qu'on vous donne et cessez d'exprimer ce que vous êtes. Pourtant, chaque député arrive avec son parcours personnel, arrive avec son territoire qui est différent, arrive avec ses ambitions dans une volonté de partager et qu
'est
-ce qu'ils ont entendu hier. Effacez-moi tout ça. On va vous donner les instructions. Appliquez-les.
Au
total, 14 députés ont quitté le groupe LREM depuis le début du mandat.
Un
groupe qui dispose désormais de 300 sièges.
Alors,
question de téléspectateurs en forme de remarque. Les amateurs, puisque c'est ainsi qu'Emmanuel Macron qualifie les siens et lui-même, les amateurs sont donc priés d'obéir à leur président et d'encaisser les critiques à l'égard du gouvernement. Christophe Barbier.
Amateur, c'est celui qui aime, donc c'est assez positif. Par ailleurs, ce qu'on appelle amateurisme aujourd'hui et qui est si négatif, on appelait ça fraîcheur, renouvellement quand ils sont arrivés en 2017 avec leur profil si particulier. Ce n
'est
pas surprenant que parmi ces 300 et quelques élus de 2017, certains y montraient des aptitudes et d'autres au contraire des inaptitudes parce que ce n'était pas leur truc la politique et maintenant ils le savent. À partir de là, dans Ve République, il y a toujours eu un rapport vertical entre l'exécutif et le Parlement. Sauf que jusqu'au quinquennat, le chef de la majorité c'était le Premier ministre. C'est lui qui faisait le boulot de discipline auprès des godillots. Et c'était comme ça. Il y
avait
toujours quelques frondeurs, quelques frontireurs, mais ça marchait comme ça. Depuis le quinquennat, les députés y sont élus parce que leur président a été élu. Ils doivent tout au président. Et si le président est réélu, ils seront réélus. Si le président est battu, ils seront balayés. Donc le contact, il est directement avec l'Elysée. Quand ça se passe bien, ils applaudissent le chef de l'Elysée. Quand ça se passe mal, ça remonte directement à l'Elysée. D'où la séance d'hier. Après, quand Macron dit il faut de l'unité mais pas de l'uniformité, ça peut laisser espérer aux députés une fin de quinquennat plus imaginative. Le train des grandes lois est passé.
Le temps des grandes réformes macroniennes issues directement de son programme de 2017 est un peu passé. Il peut peut-être redonner une marge de manœuvre au Parlement pour faire des propositions de loi, pour réinventer certains textes de loi, pour exister un petit peu plus. Ça serait en tout cas un peu moderne pour terminer son quinquennat et ça ferait revivre aussi les députés élus plutôt sur une ligne de gauche qui se sentent frustrés au sein d'En Marche depuis deux ans. Il a fait une erreur ne pas leur parler au Congrès en juillet dernier. Il avait fait le Congrès en juillet 2017, en juillet 2018. Ça créait une sorte de consensus.
C'était à la fois une feuille de route et néanmoins un contact. Il aurait dû leur parler en 2019. Il ne l'a pas fait. Ce message, il lui manque aujourd'hui.
Oui, Astrid de Vilaine, Christophe Barbiel disait que ce sont quand même des députés qui ont été élus en 2017 sur un Emmanuel Macron qui venait de la gauche. Donc on peut imaginer qu'ils sont des députés. Est-ce que ces députés ont suivi le recentrage politique d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'ils en sont satisfaits
? Oui,
on dit souvent que le groupe En Marche à l'Assemblée est plus à gauche que l'exécutif et en l'occurrence le gouvernement qui est marqué par notamment un Premier ministre issu de la droite, un Gérald Darmanin à Bercy qui compte dans le gouvernement. Donc il y
a
ce décalage en effet. Après, le groupe En Marche, il s'est aussi construit beaucoup sur de la nouveauté et des novices en politique. Il y a cette vraie division à l'intérieur entre les députés qui viennent du privé, qui viennent d'ailleurs, pour qui c'est le premier mandat et qui sont très sensibles à ce qu'ils vivent dans la presse, aux violences qu'ils vivent sur le terrain et donc à Emmanuel Macron un peu distant qui, quand il fait une phrase comme l'humanité en leur demandant d'être plus humains, c'est comme ça qu'ils l'ont interprété, sont très vexés et le prennent très mal. Et de
l
'autre côté, vous avez des députés qui viennent plutôt des conseillers, qui étaient avant des conseillers ministériels de gauche sous le quinquennat de François Hollande et eux qui ont plus d'expérience politique, qui sont plus rodés et qui en effet essaient de peser tant bien que mal sur la ligne mais pour l'instant, ils ne sont pas forcément écoutés. Et cette cohabitation d'un groupe pléthorique n'aide pas à la fluidité des débats et des échanges au Parlement et n'aide pas non plus à faire entendre une voix de la République en marche solide face à des oppositions plus expérimentées et elles, très très offensives, on le voit sur la réforme des retraites.
Richard Thurier ? Je crois qu'il
y a
un double décalage. Il y
a
une partie des députés de la République en marche qui vient de la gauche et il y a réellement ces deux sensibilités chez les députés de la REM. Ça tranche maintenant.
Il y a
un club d'ailleurs, la REM de gauche ne parle pas ou la REM de droite ? Non,
ce n'est pas qu'ils ne parlent pas mais il y a bien ces deux sensibilités et parfois, on les voit très clairement s'exprimer sur certains sujets et penser à ce qu'il y avait eu sur l'immigration par exemple où on avait réactivé ce clivage. Et ça contraste furieusement cet équilibre, en tous les cas,
l
'existence de ces deux sensibilités au sein du groupe la REM avec la structure aujourd'hui des sympathisants de la REM dans le pays. Sur 100 sympathisants de la REM aujourd'hui, depuis les européennes, 13% se classent à gauche, 20% au centre et 61% à droite. Donc les sympathisants de la REM aujourd'hui ne sont plus des sympathisants de gauche en raison des reclassements. Mais une partie non négligeable des députés de la REM, eux, ont cette sensibilité de gauche. Donc là, il y
a
un hiatus compliqué et puis un hiatus aussi qui peut s'exercer avec l'Elysée et le gouvernement. Et puis dernière chose, aussi bien Emmanuel Macron que les Français gardent quand même un souvenir de l'épisode des fondeurs absolument épouvantable.
–
François Hollande. – Sous François Hollande. Non seulement, objectivement, ça a bien coulé aussi le quinquennat de François Hollande, mais pour les Français, il y avait cette idée de « on lave son linge sale en famille, pas devant tout le monde ». Donc quand Emmanuel Macron appelle à l'unité, même s'il dit qu
'il
peut y avoir un peu plus de diversité et de débats, c'est, je crois, parce qu'il a en tête l'épisode qui a laissé des traces extrêmement négatives des fondeurs et d'une majorité qui implose ou qui n'est pas simplement dans la diversité des sensibilités, qui est véritablement dans des actes lourds contre le gouvernement en place.
– Nathalie Saint-Cricq, hier,
il
y a eu la députée de la Nièvre qui a interpellé le président en lui disant « je suis fatigué de me battre contre les cabinets de nos ministères ». Est-ce que ces gens qui étaient novices en politique, ils sont déçus par la politique ? En plus, ils se font alpaguer
au
mieux sur les réseaux sociaux.
– Ils
sont forcément déçus parce qu'effectivement, d'abord, ils ont eu un accès de rêve, si je puis dire, au président de la République et cet accès de rêve, il est terminé maintenant. Il y
a
eu une grande ferveur, une période où ils pouvaient lui parler. Maintenant,
il
y a effectivement une espèce de centralisation, d'hypercentralisation des cabinets. Alors, pour le bon, c'est-à-dire pour que les choses marchent bien et que ce ne soit pas le cirque pour parler vulgairement, pour le moins bon, c'est qu'en gros, on a l'impression parfois qu'il y
a
4 personnes et demie qui décident, c'est-à-dire, Ribadot Dumont, le directeur de cabinet d'Edouard Philippe, le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Collère, Emmanuel Macron, Edouard Philippe, et qu'il y
a
4 personnes et qu'en gros, les autres, ils peuvent toujours tirer la sonnette, on ne les prend pas au téléphone. Bon, qu'ils soient fatigués, bah oui, mais fin d'un autre côté, ce n'était pas une promenade de santé d'être député. Donc, ça a un côté, je peux comprendre ce qu'elle veut dire, mais ça a été fatigant au moment du mouvement Poujade, ça a toujours été fatigant d'être député, il y a eu des trucs beaucoup plus violents en politique, donc aller se plaindre de sa fatigue, ça me semble être un peu à côté de la plaque.
À côté de ça, c'est vrai qu'ils n'ont peut-être pas les outils, mais c'est ce que disait Astrid tout à l'heure, des gens qui n'ont jamais fait de politique, ils pensent que les choses, ça va être très sympathique. Là, ils se sont tapés les gilets jaunes, il y
a
eu les autres qui sont les retraites, c'est vrai qu'ils osent à peine sortir, en plus avec une espèce de violence, alors qui n'est pas non plus l'abomination de la désolation. On a connu des époques où les choses étaient violentes également aux politiques, mais c'est vrai qu'entre les agressions physiques, les permanences qui se font taguer, les menaces qui sont faites sur
les
enfants, et les réseaux sociaux qui sont quand même
une
sorte de dépotoir terrible où les gens se font traiter de tous les noms, ils se font injuriés et menacés, on peut comprendre leurs difficultés. Donc on peut comprendre aussi qu'Emmanuel Macron doit régulièrement leur parler. La seule chose, pour compléter ce que disait Christophe, qui semble très très bizarre, quand même, parce que quand l'humanité entre en question le samedi après-midi est demandée par l'Elysée, enfin par Emmanuel Macron, elle est demandée au gouvernement. Et hier soir, il
y a
des gens qui ne sont pas là, c'est-à-dire qu'on a normalement un chef de la majorité dans la cinquième qui est Edouard Philippe, bien qu'il n
'ait
pas sa carte à la REM et qu
'il
soit en rupture de bois avec LR, mais il y a juste quelqu'un qui n'est pas là. Il n
'y
a pas un membre du gouvernement en dehors de Marc Fénaud parce qu'il est chargé des relations avec le Parlement. Mais c'est quand même bizarre cette espèce de fonctionnement où il y a le président face aux
députés. Les députés sont
négligés, c'est
ça
que vous voulez dire ? Je ne
dis
pas qu
'ils sont négligés, je dis
que dans la logique, si on voulait que tout le monde marche ensemble et que les choses se passent bien, on ne peut pas avoir le président et les députés dès que le président ne les voit pas, ils sont en panique, ils ont l'impression qu
'on
les abandonne comme s'ils étaient en manque d'une espèce de figure tutélaire et que le papa n'est plus là et que là, hier soir, il y avait un papa du milieu qui est Édouard Philippe qui aurait pu être là et éventuellement mettre du lien.
Christophe Barbier, dernière question. On a vu dans le reportage Brigitte Macron, qu'est-ce qu'elle apporte au président ? Est-ce qu'on peut dire que c'est un duo qui apporte
quelque
chose à l'image et à l'action du président, à l'image qu
'on
s'en fait en tous les
cas ? Elle a apporté beaucoup pendant la campagne présidentielle et les mois qui ont précédé, c'est évident, en conseil, en sagesse, en construction du personnage Macron. Elle a eu beaucoup de mal à trouver sa place ensuite. Il y
a
eu beaucoup de polémiques en plus sur faut-il un statut pour une première dame ? Est-ce qu'elle ne
va
pas nous coûter de l'argent ? Et depuis, elle n'arrive qu'à occuper le côté cœur. C'est-à-dire que quand on parle en effet du deuil parental ou quand on parle des handicapés, là, oui, elle a une place, elle a une communication, elle a une existence. Dès qu'on rentre dans le dur, qu'il s'agisse de la réforme des retraites ou bien entendu du régalien ou de
l
'international, il n
'y a
plus de place. Elle ne peut rien dire.
Elle
n'est ni légitime ni efficace. Alors peut-être arrive-t-elle à garder une certaine efficacité dans le fonctionnement domestique de l'Elysée où il y a les jeux de cabinet, les jeux de couloirs, les jeux d'influence. Mais même ça, je pense qu'elle a eu beaucoup de mal. On l'a vu avec l'implosion
du premier cabinet.
Christophe, excuse-moi, quand on regarde les exemples d'avant, elle est
plutôt...
Je
ne vais
pas citer des noms. Mais on peut
considérer qu'elle
occupe une place quand même un petit
peu plus structurelle.
Bernadette Chirac, qui elle, était une vraie politique, elle était élue. Elle avait pris une place, surtout au moment de la cohabitation, qui lui a permis lors des élections municipales de 2001 de faire un tour de France et de participer à la reconstruction de Jacques Chirac. Elle a vu venir le coup
du second
tour face à Le Pen. Elle a fait preuve d'une sagacité et d'un conseil politique, d'une influence supérieure à mon avis à ce que Brigitte Macron peut avoir dans une période électorale comme celle qui sous.
Emmanuel Macron cherche donc un nouveau souffle à quelques mois des municipales, des élections qui se présentent mal pour La République En Marche selon les derniers sondages. Exemple à Reims où le maire sortant Arnaud Robinet, un temps pressenti pour une alliance, devrait finalement affronter un candidat du parti macroniste, sujet de Julien Lenné et Ariane Morrison.
Bon,
à bientôt. À bientôt. Bonjour. Bonjour.
Bonjour. C'est pourquoi les élections municipales ? Les élections municipales sont au mois de mars. le 15 mars et le 22 mars.
Sur un marché à Reims, Arnaud Robinet peut difficilement passer inaperçu. Face aux sollicitations de ses administrés, le maire se veut à l'écoute.
À
bientôt.
Bonjour. Bonjour. On arrive à la ligne. Bonjour. Qu'est-ce que vous faites pour les SDF ? Alors, je vais vous dire, franchement, je ne
dis
pas ça parce que j'ai un micro et qu'il
y a
une caméra, mais je dis ce que je pense, c'est que je ne comprends pas comment on n'arrive pas aujourd'hui des personnes qui travaillent, que ce soit les CDI ou intérimaires.
Enfin,
vous n
'êtes
pas quelqu'un qui se tourne les poutres,
vous
travaillez, et qu
'on
n'arrive pas à vous trouver une réponse à
votre logement.
La proximité, un atout pour Arnaud Robinet dans la perspective d'un second mandat. Officiellement candidat depuis décembre, l'élu de 44 ans semble en terrain conquis. C
'est
l
'homme
de la situation.
Très bien, c'est un très bon maire.
C
'est
du bon boulot. Merci
beaucoup.
Merci
beaucoup. En septembre, un sondage pour le compte des Républicains sont partis, le donnait vainqueur dès le premier tour des municipales. Pour ce scrutin, Arnaud Robinet a fait le choix de mettre en avant son image locale plutôt qu'une appartenance politique. Ni LR, ni LREM, la République en marche ayant songé un temps à faire alliance avec un homme considéré comme Macron-compatible.
Cette
photo avec le président Macron dans mon bureau.
Ça
vous rappelle un bon souvenir
? Oui,
c'est toujours un bon souvenir de rencontrer un président de la République, quel qu'il soit d'ailleurs. J'ai beaucoup dressé pour la fonction.
Sa cote de popularité dans le camp de la majorité présidentielle est descendue en flèche à cause des européennes. Après avoir affiché son soutien à la liste menée par François-Xavier Bellamy, il s'est même retrouvé pris pour cible.
Il
est vrai que ça a
été
mal pris par la République en marche et notamment par M. Guérini que d'ailleurs je ne connais pas du tout qui quelques temps, quelques jours après est venu à Reims sur le marché et puis qui a annoncé que le maire de Reims allait être puni, qu'on allait planter des grenades à Reims, qu'il fallait lui couper la tête et symboliquement la République en marche a investi son candidat. Le premier candidat investi au municipal a été le candidat rémois.
Et le candidat de LREM à Reims c'est lui, Gérard Schemla connu en tant qu'avocat il plaide désormais sa cause pour faire pencher le verdict des urnes en sa faveur et c'est seulement à l'intérieur de son QG de campagne qu'il arbore les couleurs de la République en marche comme si cette étiquette n'était pas si simple à porter.
Voilà,
ça doit être
me
semble-t-il le jour de l'investiture. J'assume ce que je suis je suis Gérard Schemla
j
'ai créé un parti qui s'appelle Ozon Reims qui est indépendant et ce parti Ozon Reims il m'a amené à être aujourd'hui investi par La République en marche je l'assumerai
et
je porterai l'étiquette mais je ne porterai pas que ça c
'est
-à
-dire
que je ne suis pas que La République en marche mon but n'est pas d'être un politicien mon but c'est d'être le maire d'une ville et de changer les choses dans la ville. Une étiquette au municipal serait
-elle trop encombrante ? Pour ce socialiste lui aussi candidat à Reims la question ne se pose pas.
Cette
élection municipale ne sera pas une élection d'étiquette et d'appareil politique c'est d'abord une élection locale avec des enjeux locaux. Les besoins de nos concitoyens ils sont avant tout ciblés sur le territoire la propreté la sécurité l'emploi les questions d'écologie on aménage aujourd'hui des places qui sont bétonnées où il n
'y
a pas d'arbres où il n
'y a
pas de verdure et donc il y
a
un enjeu pour que tous ces sujets soient au cœur de la campagne municipale.
Arnaud Robinet Gérard Schemla et Eric Quénard ne sont pas les seuls à vouloir occuper le fauteuil de maire de Reims. Face à eux il y a actuellement sept autres listes.
Brice
Tinturier on voit des candidats aux municipales qui cachent leurs étiquettes politiques mais est-ce que ça a du sens d'ailleurs d'avoir une étiquette politique quand on parle d'élections locales un maire de droite un maire de gauche ça veut dire quelque chose
?
Ça avait beaucoup de sens il y a 30 ou 40 ans parce que les politiques municipales étaient très largement la déclinaison territoriale de politiques nationales vous étiez dans une mairie de gauche ou un candidat de gauche vous mettiez l'accent sur les services sociaux l'accès au logement les politiques éducatives etc.
Vous étiez un candidat de droite vous mettiez plutôt l'accent sur l'attractivité de la commune l'emploi la fiscalité donc ça permettait aussi aux électeurs d'identifier très vite très facilement les différentes politiques municipales qui pouvaient être mises en place ce schéma il a considérablement régressé parce que la défiance à l'égard des partis politiques est phénoménale 10% seulement de français qui font confiance aux partis politiques donc on a plutôt intérêt quand on est un maire sortant à jouer comme on l'a vu dans votre reportage à jouer la carte locale de rassemblement d'expérience personnelle donc on met l'accent sur les qualités de la personne son ancrage local et beaucoup moins sur l'étiquette idéologique puis il
y a
un petit paradoxe aussi
c
'est que c'est pas nouveau que les candidats du parti au pouvoir quand il est impopulaire planque soit la rose ça c'était en 2014 soit même tout ce qui rappelait c'était en 2008 au moment des municipales sous Nicolas Sarkozy tout ce qui rappelait l'appartenance au gouvernement
et là on planque Emmanuel Macron alors
là on planque Emmanuel Macron mais ce qui est plus nouveau c'est que les partis d'opposition LR et PS également ne mettent pas trop en avant leur étiquette partisane ça témoigne
du
discrédit du discrédit global c'est parce que défiance à l'égard des partis parce que système d'identification moins pertinent et puis parce qu'on essaye ce qui à mon avis a beaucoup d'implications en réalité très graves et négatives de jouer la carte du pragmatisme de
l
'enracinement local mais derrière le pragmatisme vous avez quand même des systèmes de valeurs donc on n'ose plus véritablement les dire mais ils sont toujours là ça peut créer plus de confusion et quand il
y
a de la confusion dans un système électoral je pense que c'est une très mauvaise nouvelle Astrid de Vilaine il y a quand même le bon
vieux clivage à Paris on a le bon vieux clivage gauche droite qui est en train de revenir au galop on va les retrouver les électeurs
selon
leurs étiquettes ça
va être
Dati ou Hidalgo
oui
mais on a aussi des écolos Hidalgo elle met vraiment son bilan écologiste en premier et d'ailleurs j'ajouterais qu'en fait il n'y
a
plus d'étiquette politique au municipal mais en revanche tout le monde met son affiche en vert ça c'est le grand enjeu que vous soyez de droite ou de gauche d'ailleurs Arnaud Robinet à Reims il a fait son annonce de campagne sur une péniche écolo il a parlé de la ville propre enfin c'est intéressant pour quelqu'un de
droite c'est très nouveau on voit toujours une
petite feuille même dans tous
les partis oui faire
respirer Lille pour la candidate en marche à Lille c'est très ça va être à mon avis l'élection municipale va se jouer sur cet aspect là évidemment dont on a beaucoup parlé l'écologie mais également sur la prime au sortant pour les maires qui ont bien mené des politiques municipales qui ont fait un tramway à Nice qui ont fait des pistes cyclables à Paris peut-être pour Anne Hidalgo je crois que c'est surtout ça que les électeurs attendent dans cette élection et la question environnementale va être évidemment présente nous par exemple au Huffington Post on a fait une série pour les villes qui ont eu un impact cette année dont on a parlé on est allé à Rouen pour voir les conséquences de Lubrizol sur le scrutin des municipales on va à Bure pour voir par exemple vous savez ce projet
là où on enfouit le nucléaire
exactement et en fait on s'aperçoit que les enjeux écologiques sont partout en France et finalement il n
'y a
presque plus que ça qui compte il y a eu évidemment
les
incendies en Corse les inondations dans le sud de la France donc c'est à mon avis ça qu'on verra et si j'ajoute une dernière chose c'est que la République En Marche va avoir des difficultés dans ce scrutin parce qu'elle n'a pas présenté de candidats en fait quasiment
donc
à Rouen Lubrizol va faire pencher la balance ? c'est possible même si la plupart défendent quand même les mers il y a plusieurs communes autour le petit Queville etc. qui sont touchées mais les habitants disent souvent que les mers eux-mêmes ont été dépassés et que c'est plus au niveau de l'État que ça s'est joué en revanche ça leur a fait encore plus prendre conscience des enjeux écologiques
allez
tout de suite on revient à vos questions
alors
une colle pour commencer quand est prévue l'interdiction du glyphosate
?
c'était 3 ans après le
2021
l'adoption oui mais dans le texte il était prévu quand même qu'on regarderait la situation au cas par cas et que certaines zones ou certaines professions certains pans de l'agriculture s'il n
'y
avait pas de substitution possible avec un produit inoffensif mais efficace pourrait avoir des dérogations donc le débat est loin d'être terminé Emmanuel Macron devrait-il
rappeler Nicolas Hulot ?
est
-ce que c'est envisageable ?
alors
Nathalie Sacré vous disiez qu'il manquait alors
si il nous manque
revient il manque mais les mêmes causes produisent les mêmes effets si vous voulez d'abord Nicolas Hulot est un ministre qui est difficile à tenir et Emmanuel Macron aime bien un peu tenir ses ministres il aime bien qu'ils aient une forme de liberté d'expression mais jusqu'à un certain point et il est hors de question que à mon avis Nicolas Hulot qui peut-être se voit toujours un avenir ailleurs ou autrement se replie enfin se plie de nouveau à cette discipline qui est effectivement ce que disait Christophe c'est-à-dire le glyphosate si on arrête du jour au lendemain on a des problèmes avec les agriculteurs si on arrête dans 10 ans donc je pense que Nicolas Hulot ça a été quelque chose d'un bon moment mais il va falloir trouver un autre Hulot Elisabeth Borne incarne bien l'écologie où elle
ne
elle n
'imprime pas comme on dit elle n'a pas auprès des français l'impact qu'avait Nicolas Hulot mais pour répondre à la question de votre auditeur quand vous avez divorcé si vous voulez vous remarier il faut que les
deux le souhaitent et là
je pense que ni l'un ni l'autre en réalité ne le souhaitent
un peu surprenante la réception réunion de coaching des membres d'un parti politique au palais de l'Elysée au frais du contribuable non ? Christophe Barbier
si
ça se passait à l'Assemblée c'était aussi au frais du contribuable tout ça c'est la République il n
'est
pas le premier à les recevoir Nicolas Sarkozy recevait des députés ce qui nous paraît surprenant c'est que ce n
'est
pas la tradition de la Ve République gaullienne où pour De Gaulle tout ça c'était les affaires du gouvernement mais encore une fois on avait des députés qui étaient élus pour 5 ans avec un président élu pour 7 ans donc les députés disaient au premier ministre si tu travailles mal on est battu dans 5 ans donc travaille bien et ça se passait entre Matignon et le Parlement et puis on a fait le quinquennat les députés sont élus juste après le président pour servir le président quand ils sont dans la majorité et ils ne seront réélus que si le président a bien travaillé donc Matignon n'existe plus dans ce lien là D
'où l'idée de François Hollande
de faire sauter Matignon même
Oui ce qui serait plus simple c'est de ramener à 4 ans le mandat des députés d'autant que la dernière année on sait on ne fait pas grand chose dans un quinquennat parce que c'est la campagne présidentielle ça ramènerait les députés vers un soin envers le premier ministre envers le gouvernement si le bilan gouvernemental est bon on sera réélu et on facilitera la réélection du président si on est battu vous serez en cohabitation pour un an et ça sera une présidentielle une campagne entre le président et le premier ministre de l'opposition C'est le quinquennat mais c'est aussi Nicolas Sarkozy rappelons-le qui a initié cette idée que le président de la république au-dessus des partis c'était une fiction ou une hypocrisie et que du coup il était normal logique que le président s'occupe de ses députés Avec ses collaborateurs Sans collaborateurs Exactement Question
pour vous là Bristin Turier J'ai du mal à croire que l'électorat Rassemblement National soit perméable aux injonctions écologistes que révèlent les sondages sur le
sujet
C'est vrai votre auditeur a tout à fait raison c'est un des électorats les moins perméables à l'écologie parce que pour le coup la thématique fondamentale pour cet électorat c'est l'immigration et puis le pouvoir d'achat dans cet électorat qui est très populaire reste aussi un élément extrêmement important Donc quand on regarde par électorat l'environnement pour les électeurs du Rassemblement National est beaucoup plus bas que ce qu'on a dans les autres formations Même
le Rassemblement National
développe des thèses écolos au nom du souverainisme empêcher les camions de venir polluer chez nous
préserver les terroirs Mais il essaye de
le raccorder à son thème central qui est le thème de la souveraineté Et
manger
proche de chez vous C'est
à dire localisme
Alors on veut nous vendre des voitures électriques et on ferme les centrales nucléaires Nathalie Saint-Cricq C'est vrai que il faut produire de l'électricité si on veut rouler électrique
C'est un
débat on ne réussira pas à en faire l'économie Pour le coup là pour l'instant il y a effectivement des engagements de campagne et tout le monde s'était à peu près aligné C'est ce qui se passera la semaine prochaine avec le premier réacteur de Fussenheim Mais
je
pense qui va fermer Je pense quand même que cette véritable question sachant que la France est spécialement en tête c'est à
dire
ça doit être 70% de l'énergie de
l
'électricité
qui est produite
par le nucléaire Je pense que l'avenir c'est à dire les années 2030-2040 si on veut vraiment on sera obligé de se poser cette question et chacun sera mis devant ses responsabilités au lieu de faire ce que cette espèce de populisme vert qu'a dénoncé Brune Poirson c'est de dire il n'y a qu'à fermer les centrales Elle a dénoncé ça parce qu
'il
y
a
dans certains candidats futurs à la présidentielle dans certains politiques une espèce de côté on arrête le glit Et
l'intendance suivra
Et l'intendance suivra Et ce n
'est
pas comme ça que ça se passe Donc du côté du pragmatisme je pense qu'effectivement le choix d'une énergie propre imposera ce qu'on discute véritablement au Parlement ou ailleurs Du mix énergétique
responsable et durable Macron était clair dans
son interview ce matin quand même pas question d'arrêter très vite le nucléaire
Très vite mais tout est dans le
après est-ce que très vite pas très vite un peu vite
Suis
-je un extraterrestre en étant un écologiste de droite
?
Ça
n
'existe pas ça ?
Si moi
je
pense encore une fois que ça existe c'est qu'il peut y avoir une écologie fondamentalement de droite autour du thème de la conservation de la préservation et de la conservation et Christophe Barbier l'a rappelé historiquement l'écologie politique en France n'était pas marquée à gauche c'est venu plus tard à travers la critique du libéralisme et je pense qu'on a déjà un peu mais qu'on aura davantage demain des lecteurs de droite sensibles à cette thématique de l'environnement donc ce monsieur n'est pas un extraterrestre même si aujourd'hui il y a plus d'écologistes marqués à gauche que d'écologistes marqués à droite
N'est-ce qu'une opération de com' à la mer de glace du massif du Mont-Blanc ? Est-ce que c'est important Astrid de Vilaine les symboles d'aller
à
la mer de glace
en
politique les symboles les images surtout dans la société dans laquelle on est c'est majeur mais après il faut que ce soit suivi d'actes et là on arrive à un moment du quinquennat où après make our planet great again après tous ces effets de manche ces slogans sur l'écologie maintenant on arrive au moment des actes à mon avis Christophe Barbier Emmanuel Macron vous a entendu et écouté puisqu'apparemment on me dit dans l'oreillette qu'il irait bien en avion
qu'il n'irait pas en TGV
à la mer de glace enfin jusqu'à Annecy
c'est le bon sens mais après il peut finir avec le petit train du Mont-en-Vert
et même le tramway du Mont-Blanc s'il veut aller vers Saint-Gervais et poursuivre dans l'autre vallée
les
français sont-ils prêts à radicalement changer leurs habitudes Nathalie Saint-Cricq alors moi je vais vous dire c'est toujours l'histoire de Nicolas Hulot qui avait une collection de voitures on est
en
train de dire par où on commence si on ne commence pas par soi-même l
'écologie
je pense qu
'il
y
a
effectivement une prise de conscience même si c'est plutôt le discours anti-jeune de Brice Tinturier tout à l'heure c'est-à-dire les jeunes disent qu'ils sont écolos mais ils ne pratiquent pas je pense qu'il
y a
une véritable mutation dans la tête des gens que moi je veux faire monter à 4 ou 5 ans c'est-à-dire une conscience que ce soit le tri sélectif que ce soit d'avoir tout le monde a des gours je ne veux pas revenir aux gourdes c'est un peu bêta après je ne sais pas s'il y a une forme de radicalité chez certains écologistes qui peut faire peur il y a effectivement un grand danger c'est de remettre une forme de lutte des classes en piste c'est-à-dire qu'en gros il y ait du alors je sais que ce ne sont pas que les bobos mais qu'il y
ait
des gens qui ont le temps de trier qui ont le temps de faire attention qui ont le temps de vivre de façon écologique des gens qui ont dit qu'ils supprimeront un week-end au Maroc parce que ce n
'est
pas bien pour leur bilan carbone très bien et puis d'autres qui c'est un petit peu on n'a pas de leçon quelquefois entre les gens qui sont
plus
pauvres chacun fait ce qu'il peut ce qu'il peut et il ne faut surtout pas qu'il
y ait
un nouveau fossé entre les gentils français qui sont écolos et les mauvais français parce qu'ils n
'ont
pas forcé les moyens les moyens ont le temps le seraient moins il y
a
toujours une tension bien évidemment avec le pouvoir d'achat et puis sur comment je fais
concrètement
est
-ce que je peux le faire et
comment je fais sur les achats de nourriture par exemple la question du pouvoir d'achat la question du prix reste extrêmement importante malgré tout ce qu
'on
raconte sur le bio etc donc évidemment qu'il est difficile de traduire en acte cette volonté de soucis environnementaux si vous n
'en
avez pas la possibilité en termes de temps en termes d'argent en termes de pouvoir d'achat
voilà écoutez c'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé C'est dans l'air sera rediffusé ce soir à 22h25 je rappelle que les C'est dans l'air sont disponibles en podcast sur toutes les plateformes merci de votre fidélité vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous
merci d'avoir regardé cette vidéo