Quand l'Algérie nous espionne ? - C dans l’air l’invité - 13.03.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Vous êtes politologue, spécialiste du Maghreb et des questions méditerranéennes. Vous êtes membre du comité de rédaction orientée. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" nous apprend qu'il y avait une taupe à Bercy, une taupe franco-algérienne, qui avait été en charge du numérique et des informations sur les opposants algériens pour les transmettre à Alger. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" nous dit que cet informaticien franco-algérien aurait été intimidé par les services secrets algériens. Ca veut dire quoi, être intimidé?
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Pourquoi le pouvoir à Alger a-t-il besoin d'aller traquer jusqu'en France ses opposants pour savoir qui ils sont, ce qu'ils font?
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Les Français d'origine algérienne doivent se tenir à carreaux. Sinon, ils sont rattrapés par le gouvernement algérien?
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En ce moment, tout se passe à la lumière des médias. Il y a eu un OQTF vendredi dernier. La France refoule un Algérien avec un passeport algérien dont elle ne veut plus. L'Algérie refuse de le prendre. On en est à la 20e depuis le début de l'année, de ces OQTF refoulées par l'Algérie. Quels sont les arguments d'Alger pour ne pas accepter ses propres ressortissants?
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Est-ce que ces OQTF non acceptées par l'Algérie, ça a toujours existé ou est-ce qu'autrefois, on ne le savait pas?
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Est-ce que vous avez l'impression que cette question est instrumentalisée pour des raisons diverses, politiciennes en France...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je n'en sais rien, pas plus que vous. »
- 3:00K.Mohsen-FinanFait
« Il y a des régimes qui veulent contrôler leurs concitoyens où qu'ils soient. Ca existe. »
- 5:00K.Mohsen-FinanFait
« Je ne peux pas répondre à la place d'Alger. »
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« L'Algérie n'est pas le seul pays à ne pas récupérer ses ressortissants. »
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« Il y a un nationalisme et beaucoup de nationalistes. Il y a un nationalisme très fort en Algérie, comme en France. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Dispositif médical. Dès 6 ans. ... - A.de Tarlé: Bonsoir.
Vous êtes politologue, spécialiste du Maghreb et des questions méditerranéennes. Vous êtes membre du comité de rédaction orientée. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" nous apprend qu'il y avait une taupe à Bercy, une taupe franco-algérienne, qui avait été en charge du numérique et des informations sur les opposants algériens pour les transmettre à Alger. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" nous dit que cet informaticien franco-algérien aurait été intimidé par les services secrets algériens.
Ca veut dire quoi, être intimidé? Quelles sont les pratiques des services secrets algériens? - K.Mohsen-Finan: Je n'en sais rien, pas plus que vous. - A.de Tarlé: Parce que c'est secret? - K.Mohsen-Finan: Je ne saurais pas le dire non plus.
C'est un épisode de plus dans ce conflit. Ca vient se rajouter et durcir ce conflit. C'est dommage.
Il se peut que ce soit tout à fait vrai. Il faut traiter cette question comme quand il y a un espion dans une entreprise ou un ministère. - A.de Tarlé: Pourquoi le pouvoir à Alger a-t-il besoin d'aller traquer jusqu'en France ses opposants pour savoir qui ils sont, ce qu'ils font?
Qu'est-ce que c'est que ce gouvernement algérien qui embastille ses écrivains les plus célèbres et qui va traquer jusqu'en France ses opposants? Il est paranoïaque? - K.Mohsen-Finan: Non.
Je ne vais pas aller sur ce chemin. Il y a des régimes qui veulent contrôler leurs concitoyens où qu'ils soient. Ca existe.
Dans le cas de l'Algérie, je ne connais pas exactement les pratiques. Je me dis que ce régime était le même en 2022, quand la France avait d'excellentes relations avec l'Algérie, quand elle a passé beaucoup de contrats, quand le président Macron y est allé en août 2022, quand l'ensemble du gouvernement y est allé en octobre 2022 avec la Premier ministre. - A.de Tarlé: Les Français d'origine algérienne doivent se tenir à carreaux.
Sinon, ils sont rattrapés par le gouvernement algérien? - K.Mohsen-Finan: C'était déjà le cas il y a très longtemps, quand il y avait l'Amicale des Algériens.
Il y avait un contrôle sur une partie des citoyens. Reste à savoir, dans le contexte de cette crise, si on veut aplanir les choses et passer la crise ou en rajouter en trouvant un jour un espion, le lendemain, un influenceur, le surlendemain, un autre...
Si c'est le cas, est-ce que c'est bien de traiter ce genre de questions à la lumière des médias ou est-ce qu'il faut les traiter différemment? - A.de Tarlé: En ce moment, tout se passe à la lumière des médias.
Il y a eu un OQTF vendredi dernier. La France refoule un Algérien avec un passeport algérien dont elle ne veut plus. L'Algérie refuse de le prendre.
On en est à la 20e depuis le début de l'année, de ces OQTF refoulées par l'Algérie. Quels sont les arguments d'Alger pour ne pas accepter ses propres ressortissants? - K.Mohsen-Finan: Je ne peux pas répondre à la place d'Alger.
Je pense qu'Alger est en conflit avec la France. Elle a compris que la France mettait l'accent sur la mobilité, sur les OQTF. Si on reprend depuis l'indépendance de l'Algérie, en 1962, ça vient se greffer sur 2 thématiques très importantes: la mobilité des personnes et la question mémorielle.
Les Algériens l'ont compris. Ils essaient de répondre à l'ultimatum qui leur a été donné par le chef du gouvernement Bayrou en leur disant qu'ils ont 4 à 6 semaines. Ce n'est pas comme ça qu'on opère dans le monde diplomatique. - A.de Tarlé: Est-ce que ces OQTF non acceptées par l'Algérie, ça a toujours existé ou est-ce qu'autrefois, on ne le savait pas?
Il y a eu un événement dramatique, ce Franco-Algérien...
Je ne sais pas s'il dit Franco-Algérien ou Algérien. A Mulhouse, il a assassiné...
On avait appris que, plus de 10 fois, l'Algérie avait refusé de le prendre. - K.Mohsen-Finan: D'abord, la question de cet Algérien...
Est-ce qu'il faut faire un lien entre ce monsieur, qu'il faut juger, et faire de l'Algérie quelqu'un qui est assimilé à la violence en France au refus des OQTF? L'Algérie n'est pas le seul pays à ne pas récupérer ses ressortissants. Aujourd'hui, toute l'attention est portée sur l'Algérie et sur la question de ces OQTF, comme s'il y avait réellement quelque chose d'identique entre l'Algérie, le malaise français, l'immigration, la violence et l'insécurité.
C'est peut-être ça qui vient nourrir ce conflit entre les 2 Etats. - A.de Tarlé: Est-ce que vous avez l'impression que cette question est instrumentalisée pour des raisons diverses, politiciennes en France... - K.Mohsen-Finan: Evidemment.
A l'origine, la question de la reconnaissance par E.Macron de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en juillet 2022...
Ca s'est accompagné, un mois avant, d'un changement au niveau de l'espace politique français, avec l'arrivée de la droite et de l'extrême droite. N'ayant pas de majorité, le président Macron a dû écouter un peu le ministre de l'Intérieur, B.Retailleau. - A.de Tarlé: Comment les Algériens vivent-ils tout ça, cette dégradation des relations?
Est-ce qu'ils prennent fait et cause? Il y a un effet drapeau? Est-ce qu'ils se lamentent de voir qu'on leur ressorte... - K.Mohsen-Finan: Il y a les deux.
Il y a un nationalisme et beaucoup de nationalistes. Il y a un nationalisme très fort en Algérie, comme en France. D'un autre côté, vous avez une communauté très importante d'Algériens en France qui se demandent ce qu'il se passe, pourquoi cette stigmatisation, pourquoi on parle d'eux pour parler de violences, des OQTF, de choses extrêmement négatives.
Ca vient nourrir ce nationalisme en Algérie, dont le pouvoir a besoin parce qu'il est en situation de faiblesse, en interne...
Le mouvement de contestation 2019...
Le chef de l'Etat a besoin de consolider son pouvoir. Il a besoin de légitimité, aussi au niveau régional. L'Algérie n'a plus d'influence sur les pays du Sahel.
Elle perd beaucoup d'influence en Afrique. Au niveau du Sahara occidental, on voit que le Maroc marque des points. L'axe stratégique entre Tel-Aviv et Rabat lui fait peur.
L'Algérie a le sentiment d'être encerclée et d'être en mauvais termes avec l'ensemble de ses voisins. - A.de Tarlé: Ressentiment à l'égard de la France, rivalité avec le Maroc...
Quand est-ce que les Algériens pourront avoir un projet positif et se projeter vers l'avenir dans le XXIe siècle? 46 millions d'habitants... - K.Mohsen-Finan: De part et d'autre, ce projet est nécessaire.
La France a besoin de ne pas être dans la réaction. Elle a besoin de construire une diplomatie à l'égard de ces pays du Maghreb. On voit qu'on est dans la réponse, au cas par cas, aux faits qui arrivent tous les jours.
On n'a pas l'impression qu'on a besoin de dépasser tout ça. La France a besoin de réviser sa diplomatie, de se dire qu'elle a besoin d'avoir des relations avec le Maroc et avec l'Algérie et qu'il y a des questions qu'il faut absolument aborder aujourd'hui. Ce qu'on appelle "la nuit coloniale", il ne faut plus mettre tout ça sous le tapis.
Il faut rouvrir ces questions mémorielles. Il faut revenir sur la question des mobilités en posant les vraies questions. Réviser les accords de 1968, on sait que ça ne mènera à rien.
Du côté algérien, on a besoin de plus ouverture. C'est évident. - A.de Tarlé: Merci beaucoup.
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