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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 4 décembre 2023 30 minAutoproduitActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileJusticeInstitutions & élections

Terrorisme, islamisme : à quand la riposte ? - Conférence de presse de Jordan Bardella.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 55 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:52RelanceRéponse directe

    Comment contourner la censure du Conseil constitutionnel sur les mesures de sûreté ?

  • 13:42OuverteRéponse partielle

    Le ministre évoque un ratage psychiatrique : est-ce un ratage antiterroriste ou psychiatrique ?

  • 16:50OuverteRéponse directe

    Comment éviter que des terroristes se fassent passer pour déradicalisés malgré la rétention de sûreté ?

  • 22:15OuverteRéponse directe

    Que proposez-vous pour mieux surveiller les fichiers S non condamnés ?

  • 23:16OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de l'injonction de soins proposée par Darmanin ?

  • 24:19FerméeRéponse directe

    Le RN votera-t-il le projet de loi immigration ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:07Invité politiqueFait
    « Il est fiché S, inscrit au fichier des auteurs d'infractions terroristes. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Incarcéré en 2016, il avait été condamné en 2018 à cinq années de prison, dont quatre fermes, pour ses liens avec des individus islamistes au parcours terroriste. »
  • 3:18Invité politiqueFait
    « Nous savons qu'il s'est converti et radicalisé au contact et sous l'influence du djihadiste Maximilien Thibault, proche du groupe islamiste Forza Annalisa d'Issou en 2012. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Nous assistons à la faillite du traitement de la récidive terroriste et islamiste, pétrie de naïveté et bercée d'illusions. »
  • 3:36Invité politiqueChiffre
    « 97 détenus, TIS pour terrorisme islamiste, ont été libérés en 2022, et un nombre probablement similaire en 2023, portant à plus de 400 le nombre de tels individus désormais en liberté. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « Cet arsenal inclut notamment l'extension du dispositif de rétention de sûreté prévu dans la réforme du code de procédure pénale de 2008. »
  • 7:11Invité politiquePromesse
    « Expulsons-les du territoire français. »
  • 7:53Invité politiquePromesse
    « La déchéance de la nationalité doit être prononcée pour les binationaux qui adhèrent à l'idéologie islamiste, formant des attentats contre notre pays. »
  • 8:49Invité politiquePromesse
    « Nous réitérons donc notre proposition de suppression du droit du sol en généralisant à la métropole, ce qui est tenté en ce moment même à Mayotte. »
  • 9:22Invité politiqueFait
    « Le lien entre immigration massive et islamisme ne fait aucun doute l'islamisme prospérant dans le terreau du communautarisme. »
  • 10:25Invité politiqueFait
    « Le ministre de l'Intérieur, qui accuse le pire bilan sécuritaire de la décennie, doit prendre conscience que la politique de la main qui tremble et de l'agitation verbale nuit à la sécurité de nos concitoyens. »
  • 13:14Invité politiqueFait
    « La réalité, c'est que si cette rétention de sûreté avait été appliquée dans l'affaire de Paris le samedi soir, ce type ne serait pas sorti de prison. »
  • 19:21Invité politiqueFait
    « À partir du moment où vous fomentez un attentat contre la France, que vous dormiez le reste de votre vie en prison, je trouve ça parfaitement sain et parfaitement normal. »

Temps de parole

  • Jordan Bardella88 %
  • Invité2 %
  • Invité 22 %
  • Invité 32 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Jordan Bardella

Bien, mesdames, messieurs, bonjour à tous. Je vous remercie de votre présence à cette conférence de presse consacrée à la situation sécuritaire de la France. Ce samedi 2 décembre, l'islam radical a de nouveau frappé notre pays, tuant au hasard un homme et faisant deux victimes blessées. Muni d'un couteau, un individu a attaqué un touriste allemand en vacances à Paris, accompagné de sa femme. Toutes nos pensées accompagnent la famille de la victime et je tiens à adresser et à exprimer toute ma gratitude aux forces de l'ordre et aux policiers dont l'action rapide a permis d'éviter que le bilan soit plus lourd encore.

Il ressort en premier lieu et hélas comme d'habitude un parcours accablant de l'assaillant. Motivé explicitement par l'idéologie islamiste, il s'agit ici d'un très probable binational franco-iranien, connu pour des services de renseignement et de police pour son appartenance à la mouvance islamiste. Il est fiché S, inscrit au fichier des auteurs d'infractions terroristes. Incarcéré en 2016, il avait été condamné en 2018 à cinq années de prison, dont quatre fermes, pour ses liens avec des individus islamistes au parcours terroriste, pour sa volonté de rejoindre les rangs de Daesh en Syrie, pour un projet d'attentat au couteau à la défense.

Ses relations avec l'ensemble de la djihadosphère, ses accointances avec l'idéologie islamiste, étaient donc parfaitement connues et renseignées. Nous savons qu'il s'est converti et radicalisé au contact et sous l'influence du djihadiste Maximilien Thibault, proche du groupe islamiste Forza Annalisa d'Issou en 2012. Il était en contact avec Adèle Kermiche, qui a assassiné le père Hamel en 2016, avec Larossi Abala, l'auteur de l'attentat de Magnanville, qui a coûté la vie à deux policiers. Cet individu a pu sortir de prison en mars 2020, à l'issue de sa peine. C'est ensuite quelques mois plus tard qu'il est entré en contact avec M.

Anza Andzorov, avant que celui-ci ne décapite Samuel Paty à Conflans-Saint-Honorin. Depuis sa sortie de prison, tous les signaux alarmants, à commencer par ces troubles psychiatriques graves et par ceux émis par son cercle proche, et notamment par sa mère, ont été à minima sous-estimés. Ces déclarations visant à faire croire à sa prétendue déradicalisation ont été crues sur parole.

Au lendemain de cet énième périple meurtrier, les Français se réveillent en se demandant comment un homme ainsi fiché, déjà condamné avec de telles fréquentations, a pu se promener librement dans le contexte actuel que nous connaissons, au cœur de la capitale, un samedi soir, dans un accoutrement qui laisse planer peu de doutes sur ses sympathies islamistes et commettre l'irréparable. Leurs interrogations sont parfaitement légitimes.

En 2020, Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste, déclarait dans un avertissement d'une tragique actualité « Nous n'avons plus qu'une inquiétude, une vraie peur s'agissant des dizaines de personnes qui vont sortir de prison, qui sont très dangereuses et les convictions sont absolues ». Il faisait référence à 150 détenus condamnés pour terrorisme, dont la sortie de prison était proche, l'assaillant de Paris était de cela. Nous assistons à la faillite du traitement de la récidive terroriste et islamiste, pétrie de naïveté et bercée d'illusions.

Particulièrement inquiétant lorsque l'on sait que 97 détenus, TIS pour terrorisme islamiste, ont été libérés en 2022, et un nombre probablement similaire en 2023, portant à plus de 400 le nombre de tels individus désormais en liberté. Les serviteurs de la République ont donc alerté. Par conséquent, l'État savait, le ministre de l'Intérieur a accès à ces données, ce qui rend d'autant plus insupportable la répétition des mêmes attaques, des mêmes faits, des mêmes attentats perpétrés par les mêmes profils, dans les mêmes circonstances. Le ministre de l'Intérieur, qui est en capacité d'agir, se borne à tenir la chronique de sa propre inefficacité.

Dans une démocratie fonctionnelle, il aurait déjà rendu des comptes au peuple français ou démissionné, mais en Macronie, le mot responsabilité semble avoir disparu de la pratique du pouvoir. Cette inaction porte en elle un effet pernicieux. Au danger de ces attentats meurtriers qui font mal à notre pays s'ajoute le risque de s'habituer à la banalité de ce mal. Je le dis aux Français, ne vous habituez jamais à cette violence. Ne vous accommodez jamais de cette barbarie d'atmosphère. Les Français ne sont pas condamnés à côtoyer des barbares, ou à vivre dans la peur qu'une bombe humaine explose à côté d'eux.

Il nous faut briser le cycle de cette impuissance politique, de cette impuissance à agir, qui désespère des millions de nos compatriotes et les laisse démunis face à la menace. Tout n'est pas fait pour mettre la communauté nationale hors de portée de ses ennemis. Tout n'est pas mis en œuvre face à un péril existentiel, face à une idéologie qui ne cherche rien d'autre que notre soumission, notre disparition et notre destruction. A la virulence de l'islam radical doit répondre une sévérité impitoyable de l'État.

A une menace globale doit répondre une riposte globale, qui prenne en compte les caractéristiques idéologiques de l'islamisme, ses militants, ses relais comme les mosquées radicales et les prêcheurs de haine, ses réseaux et ses financements. Notre objectif est clair. Infliger le plus de dégâts possibles à la mouvance islamiste et limiter au maximum sa capacité de nuisance. Nous n'avons qu'une obsession, celle de protéger les Français, quels qu'ils soient, quelles que soient leurs origines ou leurs religions, de garantir à chacun le droit à vivre en sécurité dans son propre pays. Nous ne mentons pas aux Français.

Personne ne peut avoir la prétention, sinon l'arrogance, d'affirmer que le risque zéro existe. Il n'existe pas. Mais nous avons la lucidité de dire aux Français que tout n'est pas fait et nous avons le courage d'aller au-delà du constat et de la condamnation en proposant des solutions qui permettront d'agir en amont, en aval, en ciblant tous les échelons de la menace. Pour mener à bien cette mission, nous avons depuis longtemps proposé des mesures qui constituent un bouclier juridique complet.

Cet arsenal qui a été, vous le savez, exposé dans la proposition de loi de Marine Le Pen de février 2021 visant à combattre les idéologies islamistes et conçu avec le magistrat Jean-Paul Garraud relève là encore parfaitement et pleinement de l'état de droit. Cet arsenal inclut notamment l'extension du dispositif de rétention de sûreté prévu dans la réforme du code de procédure pénale de 2008 mais exceptionnellement appliqué en raison de ses conditions rarement réunies et de son enserrement dans de nombreuses contraintes pénales. Procédurales, pardonnez-moi.

Cette réforme de la loi aurait permis de ne pas libérer l'assaillant de Paris à l'issue de sa peine après avoir constaté son évidente dangerosité. La moitié des individus suivis pour leur proximité avec l'islamisme sont étrangers. Expulsons-les du territoire français. Non seulement cette mesure éloignera de nous des terroristes potentiels dont le nombre croissant a rendu la surveillance difficile mais elle leur permettra à nos services de concentrer leurs efforts sur un nombre plus restreint d'individus portant atteinte à la sûreté de l'État.

Le terroriste de Paris était français, nous répètent certains à l'envie depuis 24 heures, pensant que leur parla tout débat sur le lien entre le terrorisme islamiste et l'immigration. S'il est avéré, comme en font mention plusieurs articles de presse, que cet individu bénéficie d'une nationalité double française et iranienne, comme c'est le cas de nombreux terroristes depuis 2012, il apparaît ici un autre levier d'action. La déchéance de la nationalité doit être prononcée pour les binationaux qui adhèrent à l'idéologie islamiste, formant des attentats contre notre pays, nos valeurs, nos concitoyens, se comportent en ennemis de la nation généreuse dont ils possèdent le passeport.

Quand on s'en prend à la France, on n'en mérite pas sa nationalité. C'est aussi ce combat culturel et exigeant qu'il convient de mener en rappelant que la nationalité française se mérite ou s'érite et qu'elle doit s'accompagner d'une véritable conception de ce qu'est l'honneur d'être français. On ne peut désormais plus faire l'impasse sur les conditions d'accès à la nationalité française qui sont parmi les plus souples d'Europe. Comme l'a dit Hélène Carrère d'Encosse dans une formule limpide, on ne peut devenir français par inadvertance.

Nous réitérons donc notre proposition de suppression du droit du sol en généralisant à la métropole, ce qui est tenté en ce moment même à Mayotte, et le durcissement des conditions d'accès à la nationalité française, si vous le savez par référendum que nous enterrinons cette mesure largement plébiscitée par les Français lorsque nous serons au pouvoir.

Enfin, dans ce contexte inflammable, on ne veut pas tolérer que le gouvernement ouvre une nouvelle filière d'immigration via la régularisation des travailleurs clandestins, qui figure dans un projet de loi immigration qu'il s'appelle article 3 ou 4 bis, tout comme le lien entre l'immigration massive et l'insécurité relève de l'évidence statistique, le lien entre immigration massive et islamisme ne fait aucun doute l'islamisme prospérant dans le terreau du communautarisme. Véritable prime à l'illégalité, ce dispositif, devenu 4 bis, constituerait l'un des plus grands appels d'air migratoires de la Vème République depuis le regroupement familial.

La France a besoin d'un sursaut sécuritaire et d'un tournant migratoire, au risque d'entrer dans une période de troubles plus graves encore, générateur de souffrances profondes et de colères plus sourdes. Le simple impératif de protéger les Français devrait suffire à créer immédiatement les conditions de ce sursaut. Mais à l'approche des Jeux Olympiques, il en va aussi de la prospérité économique de notre nation, de son image internationale, déjà considérablement ternie par ses actes barbares à répétition qu'il subit et par une délinquance de rue exponentielle visant les touristes venus en France. Autorité, fermeté, dissuasion, ce gouvernement doit maintenant passer aux actes.

Le ministre de l'Intérieur, qui accuse le pire bilan sécuritaire de la décennie, doit prendre conscience que la politique de la main qui tremble et de l'agitation verbale nuit à la sécurité de nos concitoyens. Les Français aimeraient voir le ministre de la Justice, M. Dupond-Moretti, qui avait déclaré que la France n'était pas un coupe-gorge, dans un pays qui compte 120 attaques au couteau par jour, tout aussi virulent et agressif à l'égard des ennemis de la nation plutôt qu'à l'égard de ses opposants politiques.

Comme nous l'avons vu avec le meurtre de Thomas Acrépole et encore aujourd'hui avec la question de la psychiatrie, secondaire dans ce fait précis, le réflexe d'un pouvoir déliquescent qui dilue sa propre responsabilité est de mettre en place des diversions. Le gouvernement a pour priorité le traitement de l'opinion publique, délaissant le traitement des problèmes. Il commente, il minimise, il détourne l'attention au lieu d'affronter les maux MAUX et de combattre l'ennemi. Le Rassemblement national a de longue date eu le courage de nommer, conscient de la situation délicate du pays, il aura demain le courage d'agir avec responsabilité, sens du devoir et souci de l'unité nationale.

Je vous remercie et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos éventuelles questions si vous en avez.

11:52
Invité

Bonjour, Elodie Fauré-France Inter. Dans le passé, il y a déjà eu des tentatives législatives d'imposer des mesures de sûreté justement pour des gens qui sortiraient de prison pour des faits de terrorisme et ça a été censuré par le Conseil constitutionnel. Comment vous faites pour passer au-dessus de cet obstacle-là ?

12:12
Jordan Bardella

Aujourd'hui, les conditions dans lesquelles s'applique la rétention de sûreté qui avait été mise en place dans le droit français par Jean-Paul Garrault sont extrêmement restreintes. On parle de condamnation qui dépasse les 15 années de prison et qui réunissent un certain nombre de critères qui la rendent quasiment inapplicable aujourd'hui. La condition de son application aujourd'hui est qu'elle soit en fait indiquée et prononcée lors du jugement initial et lors de la décision de justice initiale. Nous proposons par ce texte de loi d'en assouplir les règles.

Il est faux de dire que cette mesure serait anticonstitutionnelle et donc nous la mettrons en œuvre par l'intermédiaire de ce texte de loi à l'Assemblée. La mesure n'est pas anticonstitutionnelle, elle existe, elle a été validée par le Conseil constitutionnel, c'est juste les conditions qui doivent être assouplies. La réalité, c'est que si cette rétention de sûreté avait été appliquée dans l'affaire de Paris le samedi soir, ce type ne serait pas sorti de prison. Et donc je pense que la place des islamistes est en prison et qu'à partir du moment où vous êtes condamné pour des faits de terrorisme, pour des projets d'attentats, la peine initiale doit s'appliquer.

Je pense que les peines initiales doivent être renforcées. Lorsqu'on envisage votre sortie de prison, on étudie votre dangerosité. Si vous représentez encore une menace pour la sécurité nationale, alors vous continuez à dormir en prison.

13:42
Invité

Bonjour M. Bardella, Sophie Dupont pour BFM TV. Bonjour. Le ministre de l'Intérieur a réagi ce matin. Il a dit qu'il y avait eu manifestement un ratage psychiatrique. Est-ce que vous diriez la même chose ? Est-ce que pour vous c'est un ratage psychiatrique ou de l'antiterrorisme ? Je complète ma question. Il a fait une proposition hier à laquelle vous n'avez pas du tout fait référence pendant votre propos de liminaire. Il propose de mettre en place une injonction de soins par les autorités pour les personnes radicalisées. Est-ce que c'est une bonne chose ?

14:05
Jordan Bardella

Je pense qu'il n'y a pas une défaillance psychiatrique. Il y a une défaillance politique de Gérald Darmanin et de l'intégralité du gouvernement qui accuse le pire bilan sécuritaire en la matière. Je veux dire, ce n'est pas le premier. On ne parle pas là d'un cas isolé. On est amené à commenter des attaques terroristes ou des attaques au couteau à peu près tous les trois jours. Me semble-t-il, il y a eu une cinquantaine de projets qui ont été déjoués depuis le début de l'année.

Des failles se multiplient avec à chaque fois des individus qui sont suivis pour leur proximité avec la mouvance islamiste, qui sont étrangers, parfois en situation irrégulière ou parfois sous le coup d'une OQTF, qui n'est pas mise en œuvre. Donc le ministre de l'Intérieur a une responsabilité morale et politique dans l'insécurité aujourd'hui qui touche nos concitoyens, qu'elle soit de nature délinquante, criminelle ou terroriste. La réalité, c'est comment peut-on rester en poste avec un tel bilan. Ils ont érigé l'irresponsabilité en méthode de gouvernement normale. C'est-à-dire que jamais personne n'est responsable de rien. Et je pense que ça commence un peu à exaspérer les Français.

Moi, je me souviens, il y a quelques jours, en Belgique, lorsque le peuple belge a été visé par un attentat, dans la demi-heure, le ministre de l'Intérieur belge, considérant qu'il y avait eu une faille de ses services, a démissionné et a rendu son tablier. Je pense que ces débats sont des débats de diversion. Le sujet, ce n'est pas la psychiatrie. Le sujet, c'est l'islam radical. Et je pense qu'il est extrêmement dangereux de détourner le débat et de créer une polémique dans la polémique. Parce qu'à la question, ce type était-il déséquilibré ? Je pense que pour prendre un couteau, une kalachnikov, et abattre des gens dans la rue, il faut par principe être déséquilibré.

Donc de ce point de vue-là, tous les terroristes sont déséquilibrés. Mais encore une fois, il y a une motivation politique, une motivation idéologique, qui pour le coup ne vient pas de l'environnement familial, puisque ça a été rappelé, et ça a été rappelé ce matin sur votre antenne, la maman du terroriste avait signalé à plusieurs reprises les dérives de son fils. Mais le ministre de l'Intérieur ne peut pas en permanence se défausser de ses responsabilités, en essayant d'allumer des contre-feux. Parce que la petite manip qui consiste à dire « Ceux qui ne voteront pas le texte de loi sur l'immigration à l'Assemblée nationale seront coupables, en gros, des drames.

» Non seulement c'est indigne, c'est indécent, c'est diluer sa propre responsabilité. Et je note qu'en la matière, les accusations de récupération politique, c'est un peu quand ça les arrange.

16:49
Invité

Bonjour, Léonard Attal, TF1-NCI. Pour revenir sur les rétentions de sûreté, on a vu que dans le cas de l'Assemblée de Paris, il a plusieurs fois affirmé qu'il s'était déradicalisé. Malgré les rétentions de sûreté, malgré le suivi, il y a souvent des gens qui affirment qu'ils ont été déradicalisés. Ce n'est pas forcément le cas, c'est ce qu'on appelle la taquilla. Comment, malgré la rétention de sûreté, est-ce que ça peut empêcher ces gens-là de se faire passer pour des personnes déradicalisées, pour les libérer ?

17:16
Jordan Bardella

Non mais, hormis être naïf, personne ne croit qu'en 3 ou 4 ans, vous êtes déradicalisés. Moi, je ne crois pas à la déradicalisation. Je pense que les islamistes d'hier et d'aujourd'hui seront les terroristes de demain. Je ne crois pas à la déradicalisation, je crois en une chose, c'est la taquilla. Et l'art de la dissimulation, qui fait partie des modes de pratique des fondamentalistes islamistes, et ce qu'on enseigne dans les écoles de formation de Daesh ou d'Al-Qaïda. Donc, je ne crois pas à cela. Je pense que les tentatives de déradicalisation qui consistaient, il y a quelques années, sous le gouvernement de M.

Hollande, à faire caresser des hamsters pour tenter de déradicaliser des gens à un peu vécu. Et donc, vous discutez avec n'importe quel surveillant de prison pour vous rendre compte que les islamistes sont très contents en prison lorsqu'il y a des attentats. Et d'ailleurs, l'autre sujet qui est à mon avis assez peu abordé, le fait que la prison est devenue aujourd'hui un incubateur de la radicalisation. Et je crois qu'il faut remettre sur la table la nécessité de mieux isoler les détenus radicalisés qui aujourd'hui sont au milieu des détenus de droit commun.

Vous êtes en prison, vous êtes identifié comme ayant un lien avec la mouvance islamiste ou islamiste vous-même, vous êtes mélangé aux autres détenus de droit commun. Ce qui, évidemment, crée les conditions d'une prolifération idéologique est d'une contamination à l'ensemble de la prison. Donc je pense que les détenus islamistes doivent, dans les prisons françaises, être à l'isolement le plus total. Parfaitement. Rétention de sûreté systématique pour les affaires liées au terrorisme islamiste. Parfaitement.

18:55
Invité

Si vous ne croyez pas, on a des radicalisations, c'est-à-dire que ça ne peut jamais arriver, c'est-à-dire qu'ils sortent...

19:04
Locuteur non identifié

Et pourquoi pas ? Non mais, enfin, je ne vais pas vous... Pardon ? C'est la prison à vie. À partir du moment

19:13
Jordan Bardella

où vous fomentez un attentat contre la France, que vous dormiez le reste de votre vie en prison, je trouve ça parfaitement sain et parfaitement normal.

19:24
Invité

Et vous proposez la même chose pour les délinquants sexuels ? Parce que souvent, ceux qui sont considérés par cette... Enfin, ceux qui sont concernés par cette thème sont des délinquants sexuels. Pour eux aussi, c'est la prison à vie ?

19:33
Jordan Bardella

Je pense qu'il y a des cas personnels inexpiables. Et je pense qu'il y a des profils qui resteront des dangers pour la société. Donc moi, je souhaite que les criminels... Vous avez raison de citer les auteurs de crimes, de viols ou s'agissant de la pédophilie, d'individus qui sont des dangers, qui resteront des dangers. Donc moi, je suis favorable à ce qu'il y ait dans le droit français. Je suis opposé à la peine de mort à titre personnel. Mais je suis favorable à la perpétuité réelle. Je pense qu'il y a des cas où, pour le bien de la société, vous devez passer le reste de votre vie derrière les barreaux sans possibilité d'en sortir.

Aujourd'hui, la perpétuité réelle existe dans des cas infimes. Je crois que le nombre de détenus condamnés en France à des perpétuités réelles sans possibilité d'en sortir se compte sur les doigts d'une main. Le minimum, aujourd'hui, en tout cas, la moyenne, c'est généralement 30 ans. Ce qui fait qu'avec remise de peine, vous sortez beaucoup plus tôt. Je suis en désaccord avec cette échelle de peine. Et je suis pour le retour de la perpétuité réelle dans notre droit qu'elle vise les criminels et les délinquants sexuels ou les terroristes islamistes.

20:53
Invité

Et qui décide de ça, du coup ? Les juges.

20:55
Jordan Bardella

Non, c'est le métier.

20:58
Invité

D'accord. Et les médecins ? Vous associez les juges, les médecins, les préfets ? Oui, bien sûr.

21:03
Jordan Bardella

La réévaluation de tout. Celui qui décide, c'est le juge. On est dans un état de droit, heureusement. Mais cette évaluation, elle se fait avec beaucoup de gens. Elle se fait avec les juges. Elle se fait avec les gens qui travaillent au quotidien dans la prison, soit les associations, soit évidemment la pénitentiaire. Et évidemment, avec des médecins, bien sûr.

21:22
Invité

Hier, le ministre de l'Intérieur a réagi à votre proposition de remettre sur la table le débat de la rétention de sûreté en disant, lorsque j'ai proposé une loi antiterroriste en 2021 qui prévoit la poursuite pendant longtemps du suivi des sortants de prison, Mme Le Pen ne l'a pas votée.

21:35
Jordan Bardella

Elle a l'air très efficace, cette loi.

21:38
Invité

C'est ça que vous lui répondez aujourd'hui ?

21:40
Jordan Bardella

C'est-à-dire que les lois de M. Darmanin, si elles étaient efficaces, si c'est ça qu'il appelle des lois efficaces, alors c'est très inquiétant. Le suivi, ça n'est pas la rétention de sûreté. C'est-à-dire que le fait pour le terroriste de Paris d'aller faire une consultation médicale une fois par mois ou de pointer à la gendarmerie une fois toutes les 15 jours ou de voir son juge, je ne suis pas certain que ça soit très dissuasif. Parce qu'encore une fois, la taquilla est assez efficace s'agissant de ce type de profil. Enfin, il a toutes les audaces, M. Darmanin.

22:10
Invité

Bonjour, Sabri Soltani pour France 2. Pour les fichiers S qui n'ont pas commis d'accès terroriste avant qu'ils soient, par exemple, emprisonnés, qu'est-ce que vous proposez dans le suivi pour qu'ils soient vraiment surveillés et peut-être une augmentation de moyens, etc.

22:26
Jordan Bardella

D'abord, si vous... La question, c'est qu'il y a trop... Oui, peut-être qu'est-ce qu'on pourrait avoir en moins, en fait. Et ce qu'on pourrait avoir en moins, c'est que 50% aujourd'hui des gens qui sont suivis pour leur proximité avec l'islamisme et qui sont fichés au FSPRT sont étrangers. Nous proposons l'expulsion des fichiers S étrangers, ce qui permettra au service d'enseignement d'avoir beaucoup plus de latitude, d'énergie et de disponibilité pour surveiller les autres. Sur les 4 500, il y en a qui sont binationaux. On peut envisager une déchéance de la nationalité française et une expulsion dans les pays d'origine.

Je ne dis pas que, encore une fois, que cette mesure, elle règle tout, mais elle permet au service de police d'avoir beaucoup moins d'individus, de bombes humaines à surveiller sur le sol français.

23:15
Invité

Une question sur la proposition de Gérald Darmanin d'injonction de soins à destination de personnes qui ont été suivies pour des troubles psychiatriques. Qu'est-ce que vous en avez pensé de cette proposition ?

23:25
Jordan Bardella

Je ne comprends pas bien ce qu'on va... C'est-à-dire que le type là, on va lui filer des boîtes de Doliprane, des antibios, des... Non, mais je ne comprends pas bien. C'est-à-dire qu'on a une bombe humaine qui se balade au couteau dans Paris. Je ne suis pas certain que l'injonction de voir un médecin une fois par mois soit de nature à régler le problème. Je vous dis, c'est peut-être naïf de ma part. Peut-être que je n'ai plus de croyance dans ce type de méthode, mais je pense qu'on n'en est plus là. Et je vous disais tout à l'heure que la déradicalisation a consisté à prendre des types, à les enfermer avec des éducateurs spécialisés pour leur faire caresser des hamsters.

Ça a existé en France, en fait. Je ne crois pas à tout ça. Je pense que ce catéchisme est un peu trop souple pour que ça fonctionne. Moi, je crois à la fermeté et à l'autorité.

24:16
Invité

Bonjour Thomas Despré pour RTL. Le projet de loi immigration est en ce moment en examen à l'Assemblée nationale. Est-ce que, si on comprend bien ce que vous dites, ça veut dire que le RN et aucun des 88 députés RN ne votera ce texte, ni aucun de ses articles, ni le texte final ?

24:31
Jordan Bardella

Nous ne voterons pas ce texte. Ce qui ne veut pas dire, d'ailleurs, parce que vous savez qu'il y a un vote par article et un vote dans son ensemble, qu'on ne vote pas certaines dispositives qui pourraient faciliter du traitement, notamment administratif. Ce que je dis, c'est que ce texte n'est pas un texte contre l'immigration, mais pour l'immigration. Et qu'à partir du moment où vous intégrez dedans la possibilité de distribuer des primes à l'illégalité, c'est-à-dire de dire à des gens que vous venez sur le sol français, peu importe ce que vous y faites, en violant les lois de la République française, vous pouvez obtenir des droits, je suis en désaccord avec cette logique.

Et je pense qu'elle va constituer un appel d'air. La jurisprudence de la CEDH qui s'applique fait que ça va, contrairement à ce que dit le ministre, permettre à ces gens-là de bénéficier du regroupement familial. Et donc c'est sans fin, premièrement. Deuxièmement, je pense que cette loi ne changera rien. Je pense que cette loi ne permettra pas de contrôler la politique d'immigration en France pour une raison très simple, c'est que l'État a en fait la main sur un tiers de la politique d'immigration. Le reste des décisions liées à la politique d'immigration sont entre les mains des juges et entre les mains de jurisprudence européenne et internationale.

Par conséquent, nous en prenons acte et nous disons qu'à un contexte migratoire extraordinaire, parce que les vagues migratoires n'en sont qu'au début du commencement, il faut des dispositifs extraordinaires.

Et ce dispositif extraordinaire, c'est précisément d'inscrire, de graver dans le marbre de la Constitution française l'ensemble de ces mesures dont on a parlé, le droit du sol, le traitement de l'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ, l'expulsion systématique des délinquants des crimes aux étrangers, la priorité nationale, etc., de les mettre dans la Constitution, ce qui les rendra évidemment intouchables par des jurisprudences européennes ou internationales qui nous empêchent aujourd'hui de contrôler notre politique d'immigration. Je pense que toute autre loi votée à l'Assemblée ne changera strictement rien.

Et enfin, je pense qu'il faut couper les pompes aspirantes de l'immigration, parce que tant que vous pourrez venir sur le sol français, bénéficier de l'école gratuite, des soins gratuits, y compris aux gens qui sont présents de manière clandestine sur le sol français, c'est un appel d'air qui n'a aucune limite ni aucune fin.

26:30
Invité

Bonjour, Alexandre Sulzer pour Le Parisien. Bonjour, monsieur Sulzer. Question sur la position également du RN au Parlement sur la proposition de loi constitutionnelle de LR. Comme elle prévoit également une modification de la Constitution, est-ce que le RN la votera ? Et petite autre précision par rapport aux expulsions que vous évoquez d'étrangers ou de binationaux, est-ce que ça concerne, parce que vous avez parlé de deux fichés différents, est-ce que vous expulsez les fichés S ou uniquement les personnes qui sont dans le FSPRT ? Merci.

27:07
Jordan Bardella

On a dit S, FSPRT. Sur la première question, d'abord, c'est dans la niche, c'est ça ? La révision, bon, d'ici à ce que le texte soit abordé, débattu, voté, on est quand même un peu loin. Moi, je suis en désaccord avec ce texte pour une raison très simple, c'est qu'il sous-entend que le référendum à valeur constitutionnelle ne pourrait pas être engagé sur la question de l'immigration par l'article 11. Je conteste cette analyse. Nous souhaitons engager ce référendum sur l'immigration, en tout cas son processus, précisément par la voie de l'article 11.

Alors, il y a un débat sur le fait que, et c'était l'argument à la fois de DLA et du gouvernement, que l'article 11 ne permettrait pas un référendum sur l'immigration au motif que l'article 11 se concentrerait sur le champ économique et le champ social. L'immigration, c'est précisément le champ économique et le champ social. Et d'ailleurs, lorsque le mot social est inscrit dans l'article 11 de la Constitution, le mot sociétal n'existe pas. Donc, quand on dit social, on ne parle pas de la politique sociale, on ne parle pas du RSA. On parle de l'organisation de la société, premièrement. Deuxièmement, s'il est impossible, comme le suggère M. Ciotti, de recourir à l'article 11, alors M.

Sarkozy n'aurait pas pu être élu président de la République. Parce que le général de Gaulle a précisément instauré le suffrage universel direct par l'intermédiaire de l'article 11. Je ne crois pas que le Conseil constitutionnel censurera, non pas le fond, mais le décret de convocation d'un référendum sur l'immigration par l'article 11. Donc, je suis en désaccord avec cette logique et partant de ce principe-là, nous ne soutenons pas cette demande des Républicains. Je ne sais pas si on votera compte, on s'abstiendra, mais en tout cas, on ne le votera pas. Deuxièmement, votre question portait sur les fichiers S, FSPRT. Nous expulsons les fichiers S étrangers et les individus fichés au FSPRT.

29:10
Invité

Dernière question.

29:11
Locuteur non identifié

Non, mais après, je peux broder, mais vous me posez une question claire, je vous pose une question claire. Je peux broder pendant 5 minutes, mais c'est ce que nous souhaitons faire. Je veux gagner du temps.

29:23
Invité

Bonjour, Sarah Payot, Politico.

29:25
Locuteur non identifié

Je reviens sur ce que vous disiez.

Terrorisme, islamisme : à quand la riposte ? - Conférence de presse de Jordan Bardella. — Jordan Bardella · Pourquijevote