Pascal Coste : « L’agriculture a besoin qu’on lui foute la paix »
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Pascal Coste, vous êtes tout nouveau sénateur LR de Corrèze. Comment concilier vie publique et vie professionnelle d'agriculteur ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Êtes-vous touché par les aléas climatiques dans votre exploitation ?
- 1:28OuverteRéponse directe
L'agriculture est-elle la première victime du réchauffement climatique ?
- 2:09OuverteRéponse partielle
Les ministres de l'Agriculture successifs connaissent-ils le métier d'agriculteur ?
- 2:44FerméeRéponse directe
Visez-vous le RN et les écologistes dans vos critiques ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Le stockage de l'eau est-il une solution pour l'agriculture ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Pascal CosteChiffre
« entre 1988 et 2018, sur 30 ans aujourd'hui, on a 40 % de pousses d'herbe de moins que sur les 30 années-là. »
- 2:44Pascal CosteFait
« Il faut arrêter d'emmerder les agriculteurs et surtout, il faut arrêter d'emmerder les entrepreneurs. »
- 3:24Pascal CosteFait
« on finance la modernisation des exploitations agricoles et des entreprises dans des pays qui en ont besoin pour faire une Europe solidaire et une Europe forte, mais dans le même temps en France on se met des barrières »
- 4:05Pascal CosteFait
« il y aura des assèques beaucoup plus long. Et donc, gardons de l'eau dans du multi-usage, à la fois pour l'eau potable, à la fois pour les milieux »
- 10:05Pascal CosteFait
« on a besoin de recréer des élevages, y compris des élevages hors sol qui permettraient dans des zones céréalières de les nourrir facilement »
- 10:47Pascal CosteFait
« il nous faut retrouver du revenu, redonner de la lisibilité, arrêter les normes. Et sur un bassin d'élevage comme le Massif Central »
- 12:51Pascal CosteChiffre
« 20 % des agriculteurs vivent avec un revenu négatif et que plus de la moitié ne sont pas au SMIC. »
- 17:07Sébastien LecornuChiffre
« une part de la CSG, cet impôt payé par les salariés, doit être fléchée à hauteur de 300 millions d'euros de la contribution générale sociale généralisée pour financer l'aide personnalisée d'autonomie. »
- 17:49Chiffre
« les départements seront donc ponctionnés de 1 ,2 milliard d'euros. »
- 19:10Pascal CosteChiffre
« on va avoir 50 % de dépendance de plus dans les 10 ans qui viennent »
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Pascal Cotes, vous êtes tout nouveau sénateur LR de Corrèze. Vous étiez, vous en êtes encore d'ailleurs pour quelques jours le président du département et vous êtes également agriculteur, sécheresse, aléa climatique, crise des revenus, empilement des normes, les motifs de colère des agriculteurs sont nombreux. Vont-ils ressortir les tracteurs et venir grossir les rangs des mobilisations ? On va en parler avec vous pendant cette demi-heure. D – D'abord, un petit mot personnel, Pascal Coss sur votre récit, votre expérience que vous vivez. Vous êtes agriculteur. Comment on concilie les deux ? – C'est un équilibre entre sa famille, entre la vie publique, dans lequel je suis engagé dès les jeunes agriculteurs il y a presque 40 ans maintenant.
Et puis la vie publique et puis la vie professionnelle. Je pense que j'ai fait le choix de garder une vie professionnel pour permettre justement de rester les pieds ancrés sur terre et de connaître toujours les réalités parce que je pense qu'on a besoin plus que jamais de gens de terrain et de bon sens. On voit l'actualité tous les jours comment juste dans votre exploitation vous vous vivez au quotidien ces aléas est ce que vous êtes touchés déjà vous sur par les aléas climatiques et bien sûr l L'agriculture est une des premières victimes du réchauffement climatique. Et quand on oppose agriculture et environnement, on fait une erreur parce que c'est justement
celles et ceux qui connaissent peut-être le mieux l'impact du réchauffement climatique. Et donc, on voit par exemple qu'entre 1988 et 2018, sur 30 ans aujourd'hui, on a 40 % de pousses d'herbe de moins que sur les 30 années-là. Donc, on voit une décapitalisation du cheptel, on voit une production de maïs, de céréales qui est en très, très forte baisse. Et donc, c c'est la souveraineté alimentaire qui est mise en cause. Et donc, c'est nourrir chacun de nos Français. Et donc, est-ce que la solution, c'est importer ou est-ce que c'est de
s'adapter localement pour permettre, justement, de de continuer à produire, d'arrêter d'assommer les agriculteurs, d'avoir autant de procureurs que de gens qui parlent de l'agriculture. Je pense qu'il faut connaître ce métier pour en comprendre ses – Mais vous avez l'impression que les ministres de l'Agriculture successifs ne connaissent pas ces métiers ? – Je pense que ce n'est pas qu'un problème de ministre de l'Agriculture. – Parce qu'Annie Gennevard, elle est issue de vos rangs. – Oui mais… – Elle ne connaît pas et ne comprend pas les agriculteurs Ce n'est pas un problème de ne pas comprendre des agriculteurs. Je pense qu'il y a autant de procureurs que de gens qui parlent et qui mangent au quotidien.
Et donc, il n'y a pas un autre métier qui est à la vindicte populaire de cette manière Et je pense que l'agriculture, comme beaucoup d'autres secteurs de l'économie, a besoin qu'on leur foute la paix. Pompidou le disait, mais c'est vrai aussi pour l'ensemble. Il faut arrêter d'emmerder les agriculteurs et surtout, il faut arrêter d'emmerder les entrepreneurs. Je pense qu'on veut laver plus blanc que blanc en France. On est dans un schéma où tout le monde nous explique aujourd'hui qu'on veut baisser les budgets à l'Union européenne. Dans le même temps, ces budgets profitent massivement aux pays de l'Union européenne qui émergent et qui sont en train de reprendre de la compétitivité. – Mais vous visez qui ? À la fois le RN et les écologistes, c'est ça ?
– Oui, mais c'est-à-dire qu'à la fois on finance la modernisation des exploitations agricoles et des entreprises dans des pays qui en ont besoin pour faire une Europe solidaire et une Europe forte, mais dans le même temps en France on se met des barrières et on importe y compris des produits européens qu'on n'a pas le droit de produire chez nous. Donc à un moment c'est valable pour les un ou pour les autres et donc on ne peut pas être dans une ambivalence de ce type là. Et après si on laisse faire le bon sens paysan qui n'est pas qu'une légende eh bien on va vite trouver un certain nombre de solutions, et notamment le stockage de l'eau est un vrai sujet. C'est quand même incompréhensible que dans ce pays on ne puisse pas comprendre
qu'on ne puisse pas stocker de l'eau quand il y en a trop l l'hiver et avec les inondations que ça peut faire. C'est parce qu'il règlera toutes les inondations, mais il y a de l'eau en quantité suffisante et les experts du GIEC nous disent que ça continuera au moins pour les 30 à 50 prochaines années. Par contre, il y aura des assèques beaucoup plus long. Et donc, gardons de l'eau dans du multi-usage, à la fois pour l'eau potable, à la fois pour les milieux parce qu'il y a beaucoup de rivières ou de ruisseaux qui restent en assec, et à la fois pour les usages anthropiques, dont l'agriculture et le Les agriculteurs vont-ils rejoindre les mouvements de contestation, les mouvements lycéens ? On va écouter le porte-parole de la Confédération Paysanne, Stéphane Gallet.
C'était hier au Salon de l élevage. Nous, on a appelé à rejoindre les mouvements parce qu'on pense que c'est important. Déjà, ça nous fait chaud au cœur de voir qu'il y a une jeunesse qui souffle et qui comprend les enjeux qu'ils vivent et qui ont envie d'avoir une rupture réelle, qui ne se soumet pas mais qui a envie d'avoir une rupture réelle. Nous, en tant que syndicalistes, on comprend la façon dont ils abordent leurs problèmes. Mais c'est aussi les mêmes problématiques. C'est l'abandon de l État sur l'intérêt général, que ce soit sur l'éducation, que ce soit sur l'agriculture, que ce soit sur tous les sujets de société. Ce qu'on remarque, c'est un abandon de l'État au profit d'intérêts privés. Vous êtes d'accord avec lui, Pascal Coste ?
Les agriculteurs doivent rejoindre les mouvements de revendication. Je crois qu'il faut faire attention à ne pas aborder les LPI dans un moment où on est très très fragile et qu'il y aura aussi une élection présidentielle pour que chacun nous explique ce qu'il veut faire. Et je pense qu'on devrait plutôt prendre du temps, l'ensemble des corps intermédiaires et des syndicats, à échanger avec l'ensemble des candidats à la présidence de la République pour voir justement quelles sont leurs solutions, comment concrètement elles peuvent le faire, qu'ils apportent leur contribution et surtout qu'ils dénoncent toute la démagogie qu'il peut y avoir sur certaines propositions, en fait. Pour qu'on ait un vrai débat démocratique, pour qu'on ait un vrai choix à cette élection présidentielle.
– Ça veut dire qu'il ne faut pas manifester, il ne faut pas contester avant la présidentielle ? Il faut attendre la présidentielle, c'est ça ? – Je ne dis pas qu'il ne faut pas manifester. manifester. Je dis qu'on passe des gilets jaunes qui n'ont rien réglé aux gilets jaunes et que derrière, même s'il y a véritablement besoin de refonder le sujet de l'éducation, même la place de la Je ne laisserai pas mon gamin aller rattraper des grenades et les rebalancer à des policiers. On a besoin de l'ordre dans ce pays, mais on a besoin aussi de remettre l'éducation à sa place, de remettre la souveraineté alimentaire pour revenir sur le sujet. Et la question de la souveraineté, elle est un peu à tous les niveaux.
Et donc, bordéliser le pays, ne sera pas la solution. Ça veut pas dire que les organisations professionnelles ne doivent pas revendiquer, ne doivent pas avoir des actions. Mais de là à massifier un ensemble de revendications des agriculteurs, des des taxis, des transporteurs, parce que le gasoil est un vrai sujet, du travail public, j'en passe et des meilleurs. Ce n'est pas ce qui va régler le problème. Parce qu'au final, on n'a pas de corpus commun. Et on voit bien qu'avec cette révolte des jeunes, on n'est pas sur la suppression d'une réforme posée par un gouvernement. On est sur aussi quelque chose de plus profond, mais aussi une instrumentalisation politicienne, notamment de l'extrême-gauche, des jeunes et je dis aux jeunes, attention,
l'ordre fait partie aussi de vos valeurs, des fondements de notre République. Manifester est un droit et très nécessaire. Et je pense que l'exemple d hier est un bon exemple. On peut manifester et rester dans le calme et je pense que c'est comme ça qu'on arrivera à trouver des solutions. – On parlera de la colonne sienne, mais pour rester sur les agriculteurs, cette semaine se tient le grand salon de l élevage à Cournon d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme où on va aller retrouver Gilles Lalos. Bonjour Gilles, merci beaucoup d'être avec nous et Gilles Lalos de la rédaction du journal La Montagne. Gilles, ce salon d'élevage, c'est le plus gros de l'Europe, c'est le plus gros d'Europe, quels sont les enjeux cette année ? Les enjeux sont notamment sur le pastoralisme qui est la grande
thématique de l'année et c'est un gros sommet de l élevage, un grand salon. Je peux vous donner un ordre d'idée, c'est 1800 exposants venus de 35 pays. C'est un nouveau record qui est battu en termes d'exposants alors que plus de 120 000 visiteurs sont attendus d'ici vendredi soir à Cournon d'Auvergne et même si la ministre de l'agriculture a dû reporter à jeudi sa venue sur le site, le sommet a connu hier une très belle première journée avec plus de 20 % de hausse de fréquentation. Pourtant, avec une séchage catastrophique, une absence de repos de l'herbe cet automne, la remise en cause de la fiabilité de l'indice satélitaire qui doit permettre d'évaluer les taux de perte sur les prairies. Sans oublier les arbitrages attendus sur la nouvelle PAC 2028-2034,
les sujets de La préoccupation ne manque pas pour les agriculteurs dans les allées de ce sommet. Monsieur Coste, une question. Vous connaissez bien ce rendez-vous pour y être venu en voisin, pour y promouvoir la châtaigne de Corrèze, mais pas seulement. Comment ressentez-vous cette morosité qui s'abat aujourd'hui sur ce monde agricole.
D'abord, dire que c'est une chance exceptionnelle d'avoir eu des responsables agricoles qui ont su créer un rendez-vous aussi fort autour de l'élevage. On a l'espace à Rennes sur les productions spécialisées, on a ce sommet mondial de l'élevage et Gilles Laleuze le disait avec le pastoralisme qui est posé, je pense qu'on a défendre une spécificité de l'élevage français, on a besoin de recréer des élevages, y compris des élevages hors sol qui permettraient dans des zones céréalières de les nourrir facilement et puis de redonner aussi des entrants, c'est-à-dire de mettre de l'engrais, de mettre de la matière organique dans les sols et donc de recréer de la vie des sols.
Donc je pense qu'on a besoin de réexpliquer que l'élevage il est très important que dans le massif central, l'élevage c'est une politique d'aménagement du territoire. Si on n'a pas de prairie, eh bien on n'a pas de stockage de carbone. Donc c'est bon pour les gaz à effet de serre et donc il faut qu'on soit en capacité pour redonner de l'espoir comme on me le demande à la fois de faire en sorte qu'on soit rémunéré par le prix et non pas par les aides. Les agriculteurs ne demandent pas des chèques comme on l'a là sur le plan quasi ou sur les autres, ils veulent vivre du juste prix de leurs produits. Ça veut dire qu'il faut qu'on soit capable d'identifier cette viande qui est produite bas carbone et donc qui est différenciée de
celle qui vient de tous les pays, importés, avec les hormones, avec tout un tas de produits qui ne sont pas autorisés chez nous, et heureusement. Et donc c'est aussi ça. Il nous faut retrouver du revenu, redonner de la lisibilité, arrêter les normes. Et sur un bassin d'élevage comme le Massif Central et partout, je pense à Normandie, il y a un certain nombre de pays d'élevage, c'est aussi maintenir les zones humides. Si on ne maintient pas une pression de pâturage dans les zones humides, c'est aussi ça le pastoralisme, eh bien on ne maintiendra pas le château d'eau de la France. Et donc, je le dis aux Français, mangez de la race, de la viande salaire, de la viande limousine, des belles races du massif central
et bien d'autres, des races à viande, notamment, c'est aussi avoir de l'eau au robinet. – Pascal Coste, Gilles Laloz a une seconde question pour vous. – Tout à fait, vous parlez des citoyens pour qu'ils choisissent les bons produits. La question est aussi fortement politique et lors des trois prochaines journées, il va y avoir de nombreux candidats à la présidentielle qui vont passer ici au sommet de l'élevage, à la rencontre des agriculteurs. On aura Marine Le Pen, Édouard Philippe, Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, qui vont venir dans le Puy-de-Dôme. Ce public agricole majoritairement à droite est-il devenu très sensible aux arguments de l'extrême droite ? Je pense que si on est sensible aux agruments de l'extrême droite,
c'est parce qu'à un moment, nos grandes familles politiques plus républicaines n'ont pas eu le travail et l'expression nécessaire. Je pense qu'aujourd'hui, personne n'a envie de faire de l'eau tiède. Et à un moment, il faut appeler un chat, un chat. Ce qui a été fait… – Mais qu'est-ce que vos collègues agriculteurs ? Est-ce que vous aviez des collègues agriculteurs qui votaient à droite et qui aujourd'hui disent « nous maintenant on va voter RN » ? – Alors entre le dire et le faire, il y a une nuance. On voit bien que sur les territoires, on l'entend, bien entendu, mais on voit aussi la pression monter auprès de nous. Je rappelle que quand même 20 % des agriculteurs vivent avec un revenu négatif et que plus de la moitié ne sont pas au SMIC.
Donc forcément, c 'est une classe ouvrière qui se lève tôt et qui a de grandes difficultés. Et donc, il peut être tenté par l'extrême. Mais l de l'extrême dit qu'on va réduire le budget à l'Europe et dans le même temps, on va donner les aides aux agriculteurs. Donc à un moment, les agriculteurs sont des gens de bon sens. Il faut revenir à des sujets de bon sens. Je pense qu'il faut être en capacité d'enlever d'abord l'ensemble des surtranspositions européennes. Et ça, c'est qui permettrait justement aux agriculteurs de foutre la paix aussi aux agriculteurs pour qu'ils puissent produire. On a l'agriculture la plus durable au monde. Il faut leur faire confiance et faire en sorte de retravailler parce qu'on a une industrie agroalimentaire exceptionnelle aussi avec
des marques exceptionnelles pour avoir une chaîne de répartition de la valeur ajoutée qui permette une juste rémunération du producteur. Un mot rapidement parce que le temps fit de vous soutenir Xavier Bertrand. Il se prépare à être candidat lui ? Lui pourrait être un rempart ORN pour vous ? Xavier Bertrand fait partie des rares personnalités qui a battu deux fois le RN. Et je pense qu'il a, lui et autour de lui, des gens qui sont en capacité d'avoir des solutions pour être en rempart ORN. Xavier Bertrand, bien – Bien sûr, il est celui qui a une expérience à la matière et qui se prépare au sujet. On verra dans les semaines et dans les mois qui viennent comment aussi on peut avoir une voix singulière.
Il n'a jamais été macroniste, Il n'a jamais été comptable du bilan catastrophique de ces dix années au pays. À côté de ça, c'est quelqu'un qui est capable de discuter aussi avec tout le monde et surtout qui ne fait pas d'eau tiède. Xavier Bertrand, c'est tout, sauf de l'eau tiède. C'est une force tranquille qui permet, et une sérénité qui peut permettre de rassembler le pays au moment venu. Mais est-ce qu'il va déclarer sa candidature ? Ça, ça lui appartient et on verra tous ensemble cela, mais Xavier Bertrand est prêt pour assumer les responsabilités si le pays en a besoin. Merci Gilles Laloz, merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis ce sommet de l élevage à Cournon d'Auvergne, la une de la montagne Clermont, c'est l'année des agricultrices.
Merci à vous Gilles et à très vite. Pascal Coste, pourquoi vous avez choisi de quitter le département de la Corrèze que vous présidiez pour devenir sénateur ? Quand on est sénateur, on a la même circonscription que le président de département. C'est le seul d'ailleurs. Le sénateur couvre toute la Corrèze. Donc je resterai auprès des Corréziens en tant que sénateur. C'est une équipe qui a choisi Laurent Dartout à l'unanimité pour pouvoir demain être notre candidat et me remplacer. C'est quelqu'un avec qui je travaille depuis les 12 années de présidence au département, tel que j'ai confiance. Et nous avons souhaité en 2020 avoir un couple département-région. Je suis aujourd'hui aussi concier régional, président de la commission des finances avec toutes les difficultés du moment.
Et donc il faut continuer cette complémentarité entre le département de la Corrèze, qui représente 4 % de la population et de l'économie de la Nouvelle-Aquitaine, et cette grande région Nouvelle-Aquitaine. Et justement on va parler des finances, des collectivités, des départements plus particulièrement puisque le Premier ministre a écrit au département avant la présentation du budget pour les assurer et bien que leur budget allait augmenter. Oui, le courrier a été envoyé le 28 septembre. Sébastien Lecornu semble rassurant dans sa lettre au président des départements. Tout est dans le « semble ». Le Premier ministre annonce qu'ils bénéficieront d'une exception. Vos recettes progresseront ainsi au-delà de l'inflation.
L'ensemble des départements disposera de 1 ,5 milliard d'euros supplémentaires, écrit alors Sébastien Lecornu au président du département. Il faut dire que les départements assurent les missions sociales, inversement du RSA, la prise en charge de l'autonomie, du handicap, de l'aide sociale à l'enfance. Autant de dépenses sociales, Auriane, qui continuent d'augmenter avec des ressources, elles, qui sont contraintes. Toutes ces missions d'action sociale, justement, qui pèsent de plus en plus sur les départements alors que le RSA stagne. Oui, c'est l'autre annonce du courrier du Premier ministre. Une part de la CSG, cet impôt payé par les salariés, doit être fléchée à hauteur de 300 millions d'euros de la contribution
générale sociale généralisée pour financer l'aide personnalisée d'autonomie. La CSG financerait ainsi l'autonomie, c'est ce qu'annonce Sébastien Lecornu dans son courrier. C'est une douche froide quelques jours plus tard pour les départements. Voilà, mercredi dernier, le gouvernement présente alors sa copie budgétaire, notamment sur le volet collectivités locales. Voyez se communiquer de l'association des départements de France à la sortie du comité des finances locales. Ils se disent en état de choc. Les mots sont forts. Le gouvernement va puiser finalement dans leurs recettes pour boucler le budget. Au total, les départements seront donc ponctionnés de 1 ,2 milliard d'euros.
On est bien loin de l l'opération de communication du Premier ministre annonçant en début de semaine à l'ensemble des présidents de région que les départements disposeront de 1 ,5 milliard supplémentaires. 'est ce qu'écrit l'Association département de France. Seul point qui trouve grâce aux yeux des départements, la part de la CSG fléchée vers l'autonomie, financement que les départements appellent de leurs vœux depuis plusieurs années. Alors Pascal Coste, ça a été un peu un ascenseur émotionnel la semaine dernière pour les présidents des départements. Ils n'ont pensé être épargnés en début de semaine par la copie budgétaire. Finalement, ce n'est pas ce qui va se passer. Ils vont devoir contribuer à l'effort national. Comment est-ce que vous avez vécu, vous, toute cette période ?
– Nous, on l'a vécue avec une certaine constance parce que ça fait longtemps qu'on matraque les départements. – La raison est tendue avec l'exécutif depuis plusieurs années. – Oui, et puis je pense que tout le monde est de sa commune et de son département. Et donc le département, c'est quelque chose de très important, c'est la qualité des solidarités. Dans un moment où le pays ne va pas bien, on en a de plus en plus besoin. Et la solidarité pour un département, c'est aussi le maintien à domicile, c'est toutes les personnes âgées notamment et les personnes en situation de handicap. Aujourd'hui, on est sur des réductions budgétaires de la part de l'État alors qu'on est dans un défi démographique qui est C'est impressionnant.
On va avoir 50 % de dépendance de plus dans les 10 ans qui viennent, on va doubler le nombre de dépendants et donc le coût nécessaire à ça. Dans le même temps, on aura moins de main-d'oeuvre, donc ce sera très compliqué et donc aujourd'hui, le sujet c'est comment on peut avoir une ressource pérenne pour les départements. Parce que les départements comme les régions sont deux strates de collectivités territoriales très importantes pour le pays, qui n'ont aucun levier fiscal et aucune recette propre. Donc comment expliquer dans ce contexte ce que veut faire le Premier ministre ? On a l'impression qu'il vous donne des recettes d'un côté avec cette part de CSG et de l'autre côté qui puise dans vos recettes existantes. Il allume un écran de fumée comme ça ?
Comment expliquer ce jeu de passe-passe ? C'est de l'affichage parce que si on devait avoir un pourcentage de CSG, ils devraient nous donner de la CSG. En fait, l'idée c'est que la CSG va alimenter la Caisse nationale de solidarité à l'autonomie et la Caisse de solidarité à l'autonomie va nous réfléchir 300 millions. Sauf qu'aujourd'hui, il ne nous en faut plus du double pour pour que l'engagement de l'État qui était de faire au moins 50 % de compensation de l'État sur des dépenses liées à l'autonomie, eh bien il faudrait le double. Et Et donc, aujourd'hui, on a besoin d'avoir une vraie fiscalité. C'est vrai aussi pour les centres départementales des centres de
secours où on est dans une situation qui est inexplicable de plus en plus de carences parce qu'on n'a plus les ambulanciers dans le pays pour faire le travail, parce que la Sécurité sociale et l'État les a massacrés. Et de l'autre côté, les pompiers qui viennent faire ce qu'ils ne devraient pas faire, qui devraient se cantonner à l'urgence. Merci Pascal Coste et je précise qu'on sera présent la semaine prochaine à Reims au congrès des départements émission spéciale, bien sûr à suivre sur notre antenne toute la matinée du vendredi 16 octobre, jour de clôture de ce congrès. Merci Pascal Coste d'avoir été avec nous Quentin, nous on se retrouve dans 20 minutes
Pascal Coste