Patrick Kanner assure qu'il n'y a pas eu de "vol d'étourneaux" de socialistes vers Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:59OuverteRéponse partielle
On a affaire à quoi, M. Cannaire ? À des policiers cow-boys ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression qu'en maintenant sa candidature, il ternit l'image de toute la classe politique ?
- 3:26RelanceÉludée
Donc, vous dites quoi ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Vous auriez M. Fillon en face de vous ce matin, vous lui diriez quoi ?
- 3:57RelanceÉludée
Et vous ?
- 4:36ComplaisanteRéponse partielle
En tout cas, pour la qualité de notre campagne présidentielle, je pense qu'il faut clarifier les choses.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:36InvitéFait
« Ça casse la confiance entre la police et les citoyens d'Aulnay ? »
- 1:43InvitéFait
« Vous savez, j'ai fait passer récemment une loi sur la citoyenneté et les relations police-citoyens, en l'occurrence, avec notamment la généralisation des caméras piétons pour les contrôles de sécurité. »
- 2:32InvitéFait
« J'ai envie de dire oui. »
- 2:53InvitéFait
« Moi, il ne me viendrait jamais à l'esprit d'embaucher quelqu'un de ma famille. Parce que c'est de l'argent public. »
- 3:17InvitéFait
« Ce sera à la justice d'en décider. »
- 3:30InvitéFait
« Je lui dirais, M. Fillon, vous avez été élu largement dans une primaire, mais peut-être en nous mettant d'évoquer une situation personnelle qui peut-être aurait mis en cause le résultat. »
- 4:05InvitéFait
« J'aurais une position différente. »
- 4:11InvitéChiffre
« Une position intenable, mais qu'il tient manifestement, puisque 4 millions de tracts ont été distribués ce week-end par ses sympathisants et ses supporters. »
- 4:40PrésentateurFait
« Vous avez parlé d'éthique à l'instant même. Il y a une pétition qui circule, lancée par un élu modem, qui demande le remboursement des sommes perçues. »
- 4:50InvitéFait
« Oui. Oui, à condition naturellement que les faits soient avérés. »
- 7:52PrésentateurFait
« Est-ce que vous allez faire campagne, mouiller la chemise, soutenir clairement Benoît Hamon qui a gagné la primaire pour le premier tour de la présidentielle ? »
- 8:07InvitéChiffre
« Benoît Hamon a été élu largement dans une primaire qui a quand même réuni plus de 2 millions de participants le second tour le 29 janvier. »
- 8:55InvitéFait
« C'est lui qui l'a dit, pour pouvoir mieux se propulser, il faut qu'il le qualifie parce que ce bilan, c'est le bilan de la gauche, il a été frondeur. »
- 10:05InvitéFait
« Le revenu minimum universel m'interroge toujours. »
- 10:15InvitéFait
« Le 49-3 citoyen m'interroge toujours. »
- 10:16InvitéFait
« Le cannabis ? Le cannabis, je suis contre. »
- 11:41InvitéFait
« Moi, j'ai 40 ans de maison socialiste, permettez-moi l'expression. »
- 12:29InvitéPromesse
« moi, je vous le dis, je serai de ceux qui souhaitent la création d'un pôle social-démocrate, réformateur, au sein du Parti Socialiste. »
- 14:26InvitéFait
« Marine Le Pen, aujourd'hui, est aux portes du pouvoir. »
- 16:09InvitéFait
« Je me suis trompé. »
- 19:34InvitéFait
« Je suis d'accord avec le slogan « venez partager ». »
- 20:01InvitéFait
« Le français et l'anglais sont les langues officielles olympiques pour l'événement, mais pas pour la campagne. »
- 20:31InvitéChiffre
« Mais il n'y a que 400, 500 millions de personnes dans le monde qui parlent le français. »
- 20:48InvitéFait
« il nous manque deux ou trois voix, comme ça s'est passé la dernière fois. »
Temps de parole
- Invité61 %
- Présentateur12 %
- Invité 29 %
- Présentateur 29 %
- Invité 35 %
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Bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info avec Yael Gauze ce matin. Bonjour Yael. Bonjour Fabienne. Gilles Bornstein est là aussi, et Guy Birenbaum est notre invité ce matin, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Bonjour M. Cannaire. Bonjour. On va évidemment beaucoup parler de politique ce matin, de tout ce qui se termine en on, Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon, mais aussi en EN, Marine Le Pen. Mais d'abord, c'est au ministre de la Jeunesse que l'on s'adresse, Jeunesse et Ville, la cité des 3000, encore sous le choc, à Aulnay-sous-Bois.
Quatre policiers mis en examen, dont l'un pour viol après l'interpellation plus que musclé d'un jeune homme de 22 ans, Théo, c'était jeudi soir. Le maire d'Aulnay, Bruno Béchisa, a immédiatement lancé un appel au calme.
La gravité des faits exige pour moi une enquête rapide et précise. On ne peut pas laisser traîner, on ne peut pas laisser le doute planer.
Cette affaire est grave. On a affaire à quoi, M. Cannaire ? À des policiers cow-boys ?
On a affaire, peut-être, à des représentants de la force publique qui n'ont pas respecté les règles qui doivent être appliquées quand on porte l'uniforme de la police nationale. Donc, aujourd'hui, l'enquête est lancée. Des mesures très fortes ont été prises. D'abord, par Bruno Le Roux, que je tiens à saluer, la suspension de ces quatre agents de police, premièrement. Deuxièmement, une mise en examen. L'enquête est en cours. Si les faits sont avérés, c'est une situation qui est naturellement, qui aboutira à des sanctions très lourdes pour ces fonctionnaires de police. Ça casse la confiance entre la police et les citoyens d'Aulnay ?
C'est toute la question du rapport entre la police et la population. Vous savez, j'ai fait passer récemment une loi sur la citoyenneté et les relations police-citoyens, en l'occurrence, avec notamment la généralisation des caméras piétons pour les contrôles de sécurité. Donc, ça signifie qu'il y a des moyens aujourd'hui pour éviter ce type de débordement, si bien sûr les faits sont avérés. Mais malheureusement, j'ai l'impression que plus on avance depuis trois jours, plus on s'aperçoit qu'il y a eu, manifestement, des choses inacceptables dans cette interpellation. Pardon, Gilles, allez-y. Pendant ce temps-là, François Fillon, jusqu'à présent, continue sa campagne.
On annonce une déclaration pour ce soir. Est-ce que vous avez l'impression qu'en maintenant sa candidature, il ternit l'image de toute la classe politique ? C'est difficile à répondre. Pourquoi c'est difficile ? J'ai envie de dire oui. J'ai envie de dire oui. J'ai envie de dire oui. Parce que, quelque part, on se bat aujourd'hui pour des questions de probité, des questions d'honnêteté. Et quel que soit le caractère légal qui sera toujours mis en avant, M. Fillon, il y a un problème d'éthique qui se pose. Moi, il ne me viendrait jamais à l'esprit d'embaucher quelqu'un de ma famille. Parce que c'est de l'argent public.
Et je n'imagine pas un seul instant, quand on a une responsabilité telle qu'être ministre ou être parlementaire, de dire mais j'utilise les moyens publics qui sont les miens. Ça existe aussi au Parti Socialiste. Mais je ne vous dis pas le contraire. Là, la question qui est posée, c'est est-ce que sa femme a travaillé ou pas ? Ce sera à la justice d'en décider. Donc, ce n'est pas la question de l'emploi familial, c'est la question de la réalité du travail. Oui, mais c'est un tout. C'est un tout. Et pour éviter qu'il y ait des débordements, autant être sévère.
Donc, vous dites quoi ?
Vous auriez M. Fillon en face de vous ce matin, vous lui diriez quoi ? Je lui dirais, M. Fillon, vous avez été élu largement dans une primaire, mais peut-être en nous mettant d'évoquer une situation personnelle qui peut-être aurait mis en cause le résultat. Donc, vous devez peut-être en tirer les conséquences. Oui, bien que je dis peut-être, parce que je ne suis pas membre du Parti des Républicains. C'est aux Républicains de faire ce travail.
Oui, mais François Bayrou dit clairement qu'il faut arrêter. Yannick Jadot, chez les écologistes, dit carrément qu'il faut le débrancher.
Et vous ? Non, je n'ai pas de commentaire à faire sur une décision qui appartient à un parti qui n'est pas le mien. J'aurais une position différente. Mais globalement, quand même, je considère que sa position devient de plus en plus intenable. Une position intenable, mais qu'il tient manifestement, puisque 4 millions de tracts ont été distribués ce week-end par ses sympathisants et ses supporters, qu'il compte venir faire une émission de télévision ce soir même pour expliquer la problématique. Donc, il y a un phénomène de résilience réelle chez M. Fillon. C'est combien de temps, M. Lebeau ?
En tout cas, pour la qualité de notre campagne présidentielle, je pense qu'il faut clarifier les choses. Et si c'est lui qui doit aller jusqu'au bout, il ira jusqu'au bout. Et nous verrons la sanction populaire. Vous avez parlé d'éthique à l'instant même. Il y a une pétition qui circule, lancée par un élu modem, qui demande le remboursement des sommes perçues. Puisque, comme vous l'avez dit, c'est de l'argent public. Est-ce que vous pourriez signer cette pétition ? Oui. Oui, à condition naturellement que les faits soient avérés. Pour l'instant, le parquet financier est en train de travailler sur la réalité ou pas du travail de Pénélope Fillon.
Était-elle même au courant du contrat qu'il engageait ? C'est aussi une des questions qui est posée. Donc, il y a trop de flou dans cette affaire.
Mais est-ce que vous dites qu'il faut concrètement arrêter de faire travailler la famille, le conjoint, faire comme au Parlement européen ? Comme ça, au moins, les choses sont claires.
Oui, c'est clair. Ça évite tous les débordements. Il n'y a pas de tentation dans ces cas-là.
Parce que ce qui est impressionnant, c'est que les lois changent au fur et à mesure qu'on découvre de nouvelles turpitudes. C'est quand même ça qui est terrible dans la classe politique, qu'elles soient de droite ou de gauche. Après l'affaire Cahuzac, qui est à la Cour de justice de la République, il y aura autre chose, probablement, après cette affaire Fillon.
Au fond, on change quand vous avez été pris les mains dans la confiture. Après l'affaire Cahuzac, ce n'est pas la Cour de justice de la République qui existait déjà avant. C'est la création de la haute autorité de la transparence. C'est important de souligner parce que, en matière de financement des campagnes électorales, sur l'affaire que vous évoquez, etc., c'est toujours la gauche qui a fait avancer la transparence. Et donc, il faut en tenir compte aussi.
Vous voulez affronter qui maintenant ? Alain Juppé ?
Au niveau de la commande présidentielle, j'ai bien compris. Encore une fois, ce sont les républicains qui décideront du candidat qui doit être le leur. Simplement, il faut que ce grand parti politique, qui fait partie de l'histoire de la vie politique française, ait un candidat qui puisse le représenter dans les bonnes conditions. Et ça, pour l'instant, ce n'est pas encore le cas. Est-ce qu'il y a du Cahuzac dans la psychologie de François Fillon en ce moment ? Je ne suis pas psychiatre, ni psychologue, ni ce que vous voulez. Je ne vais pas sonder les reins et le cœur de M. Fillon.
Simplement, quand je le vois, les larmes aux yeux, bien souvent, à cette période, je me dis que l'homme est ébranlé et que ce n'est pas facile d'être en campagne électorale dans ces conditions-là.
C'est le moins qu'on puisse dire. Allez, on se retrouve très très vite sur France Info dans une minute. Tout pile après l'essentiel à 8h40 avec vous, Victor Maté.
Le ministère de l'Intérieur suspend à titre provisoire les quatre policiers mis en examen hier soir en Seine-Saint-Denis. Un pour viol, les trois autres pour violences volontaires. Décision du parquet après l'arrestation très musclée d'un jeune homme de 22 ans. C'était jeudi à Aulnay-sous-Bois. L'homme qui a agressé des militaires au carousel du Louvre vendredi à Paris refuse toujours de parler. Malgré une nouvelle audition hier, blessé au ventre par des tirs de riposte, il est toujours en garde à vue à l'hôpital. François Fillon lance une semaine de reconquête de ses troupes et de l'opinion face à l'enquête sur les soupçons d'emploi fictif de son épouse.
Le candidat de la droite devrait s'exprimer ce soir à la télévision. Ce matin sur France Info, le député LR, Georges Fenech, demande à nouveau à François Fillon de se retirer au plus vite. La loi Macron sur la mobilité bancaire, elle entre en vigueur aujourd'hui. En clair, changer de banque devient beaucoup plus simple pour toutes nos démarches. Et puis en football, Saint-Etienne de Lyon 0. Les Verts remportent un derby très tendu avec deux cartons rouges pour les Lyonnais en toute fin de match.
France Info. Et c'est Patrick Caner qui est avec nous dans l'émission politique de France Info ce matin. Question Yael Gauze. Question directe, question simple. On est à 77 jours du premier tour. Est-ce que vous allez faire campagne, mouiller la chemise, soutenir clairement Benoît Hamon qui a gagné la primaire pour le premier tour de la présidentielle ?
Oui, bien sûr. Ce n'était pas évident il y a encore 15 jours. Bien sûr, puisque nous étions en campagne des primaires. Donc je ne tenais pas Benoît Hamon. Vous savez, moi je suis un homme qui sait regarder les chiffres. Benoît Hamon a été élu largement dans une primaire qui a quand même réuni plus de 2 millions de participants le second tour le 29 janvier. Il est élu, il est légitime et il aura mon soutien. J'espère simplement qu'il saura aussi entendre, il a commencé à le faire hier et les jours précédents, à entendre cette voix de ceux qui ont apporté leur soutien à Manuel Valls ou à d'autres candidats pendant la primaire.
C'est un peu ce que dit Bernard Cazeneuve ce matin dans la presse de la Manche. Il dit qu'il souhaite à nouveau que Benoît Hamon trouve les mots, les gestes pour rassembler les siens. Ce n'était pas suffisant ce qu'il a fait à la mutualité hier ?
Il est en début de la campagne. Il devra mieux reconnaître, je crois, le bilan, s'appuyer sur un bilan. C'est lui qui l'a dit, pour pouvoir mieux se propulser, il faut qu'il le qualifie parce que ce bilan, c'est le bilan de la gauche, il a été frondeur. Aujourd'hui il n'est plus dans cette position. Il est le candidat de la gauche de gouvernement. Et la gauche du gouvernement a gouverné pendant 5 ans. Donc il doit s'approprier ce bilan. Il a cité quelques éléments du bilan hier en évoquant la présence des ministres.
Oui, il a cité la politique internationale.
Il a cité la loi de la fondation de l'école, le refus du traité transatlantique sur le plan économique. Donc tout ça ce sont des points positifs. Il faut qu'il aille plus loin. Et puis chacun ira soutenir Benoît Hamon avec, je l'espère...
Vous avez des semelles de plomb à vous écouter, on a l'impression.
Non, non, non, pas du tout avec cette idée de rassemblement et d'unité. Il n'y aura pas de déloyauté par rapport à Benoît Hamon. Vous savez, on m'avait prédit un vol détourneau le lendemain vers l'objet politique non identifié. Qui devra d'ailleurs présenter son propre programme, qui n'est pas encore dans le détail. Aujourd'hui les meetings ne suffisent pas manifestement. Benoît Hamon a un programme. Il s'y tient. Fera-t-il des avancées sur des choses sur lesquelles moi-même, je suis sinon en désaccord, en tout cas en interrogation forte. Le revenu minimum universel m'interroge toujours. Le 49-3 citoyen m'interroge toujours. Le cannabis ? Le cannabis, je suis contre.
C'est la colonne vertébrale. Mais vous savez, être contre une proposition d'un candidat ne veut pas dire pour autant qu'on ne le soutient pas.
Oui, mais M. Kanner, pardon, c'est la colonne vertébrale du programme de Benoît Hamon que vous citez. Le revenu universel, le 49-3 citoyen, le cannabis dans une moindre mesure. Mais ça, c'est la colonne vertébrale de son programme.
C'est une colonne vertébrale et en même temps, il va devoir mettre de la chair sur ce programme. Je vais lui donner une scoliose. Non, non, de la chair, de la chair. Donc il va devoir s'appuyer sur ce qui a été réalisé. Vous avez remarqué qu'hier, il n'a pas évoqué la loi El Khomri.
Oui, parce qu'il y a un sujet, effectivement.
Il y a un sujet, donc moi j'interprète ça comme un élément positif. Et j'en suis très heureux parce que, très honnêtement, il y a un mouvement autour de Benoît Hamon. Et je m'en félicite aujourd'hui. Ce mouvement, il peut l'amener au second tour. Et ça, c'est un élément majeur par rapport à ce qui nous intéresse, à savoir éviter un second tour droite et droite extrême.
Patrick Kanner, on n'est pas complètement amnésique ici. On a retrouvé quand même des citations vous concernant dans Paris Match, il y a dix jours, dans l'entre-deux-tours. L'affaiblissement de François Hollande, c'est Hamon ainsi que l'effrondeur. Je ne peux donc pas suivre. Et ce matin, vous suivez.
Mais attendez, il y a dix jours, c'était pour rappeler à voter Emmanuel Valls. Vous êtes d'accord avec moi ? Oui, vous disiez aussi que c'était en danger de mort si Benoît Hamon gagnait la primaire. Je considère, je considère aujourd'hui qu'il y a eu un choix démocratique qui doit être respecté. Moi, j'ai 40 ans de maison socialiste, permettez-moi l'expression. Et cette notion de respect de la règle est pour moi très importante. J'ai envie de dire, peut-être que Benoît Hamon aurait été bien inspiré aussi de respecter toutes les règles. Mais nous sommes avec lui aujourd'hui. Et le gouvernement, vous avez remarqué, n'a pas évoqué une autre formule que celle de soutenir Benoît Hamon.
Il nous est arrivé de croiser des ministres qui avaient autant d'années de maison que vous, je pense par exemple à Jean-Marie Le Gouen, et qui n'avaient pas l'air du tout partis pour soutenir Benoît Hamon. Est-ce que Jean-Marie Le Gouen, aujourd'hui, soutient Emmanuel Macron, par exemple ? La réponse est non. Après que l'investissement de M. Le Gouen soit peut-être moindre que celui d'Axel Lemaire, je veux bien l'entendre. Mais ce qui est important, c'est qu'une fois les élections présidentielles passées, et quels que soient leurs résultats, moi, je vous le dis, je serai de ceux qui souhaitent la création d'un pôle social-démocrate, réformateur, au sein du Parti Socialiste.
Et nous ne sommes pas là dans une période de congrès. La période de congrès viendra à l'automne, et nous aurons l'occasion d'y revenir largement. Alors on parlera peut-être de cette éventuelle recomposition. Vous venez de dire, Benoît Hamon peut accéder au second tour. Vous, Patrick Cannaire, en votre âme et conscience, observateur de la vie politique, êtes-vous certain que Benoît Hamon battrait Marine Le Pen au second tour ? Est-il le meilleur candidat pour éviter à la France le Front National ? Moi, je souhaite que Benoît Hamon soit au second tour.
Sinon, ça ne sert à rien que je sois devant vous pour lui dire que je le soutiens, même si j'ai eu des différences, et j'ai encore des différences avec lui. Mais c'est notre candidat. Très bien. À partir de là, est-ce que la droite, toute la droite, appellera à voter pour le candidat républicain que serait Benoît Hamon au second tour ? Je suis encore en interrogation. Je pense que si c'est M. Juppé, puisque vous l'évoquiez tout à l'heure, il le ferait. Il le fera. C'est-à-dire que vous doutez, en fait, si je comprends bien, vous vous doutez du fait que Benoît Hamon soit certain de battre Marine Le Pen au second tour ?
Je doute du fait que toute la droite républicaine appelle à soutien de Benoît Hamon pour battre Marine Le Pen. Parce que malheureusement, je l'ai vécu dans d'autres circonstances, y compris dans les élections départementales. Et si aux élections régionales, nous avons pris cette terrible décision, et importante décision de nous retirer en région PACA et en région Hauts-de-France, aujourd'hui Hauts-de-France, c'est parce que nous savions qu'il y avait des risques.
Mais est-ce que vous êtes en train de dire en creux, M. Caner, que si c'était Emmanuel Macron, en revanche, là, la droite pourrait voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen ?
Je ne vous ai pas dit cela. Je vous dis simplement que Benoît Hamon, s'il est au second tour, et nous ferons tout pour qu'il soit au second tour, mérite d'être soutenu par toute la classe politique républicaine. J'espère que ce sera le cas, mais j'ai parfois des doutes quand j'entends certains leaders politiques. Marine Le Pen, aujourd'hui, est aux portes du pouvoir. Elle est aux portes du pouvoir. Il faut que chacun le comprenne et en est conscients. Quel échec de la gauche ? Ce n'est pas l'échec de la gauche, c'est simplement le fait qu'aujourd'hui, il y a ce dégagisme, sortir les sortants, et puis...
Ah, dégagisme, voilà que c'est un terme de Jean-Luc Mélenchon.
Oui, qu'on utilise maintenant. Et puis, je vais vous dire, Marine Le Pen, j'aimerais qu'à un moment donné, y compris vous-même, et vous le faites ici même sur ce plateau, mais qu'on dénonce son programme politique, qu'on dénonce les abus... Enfin, nous, on n'est pas là pour dénoncer, M. Caner, on est là pour faire notre métier. Vous êtes là pour dénoncer. Pas de dénoncer. Vous avez raison. Vous avez des questions. Allez, Yael, justement, le mot. Mais simplement de poser des questions qui montrent que son programme est totalement inapplicable. C'est un programme dangereux pour la France.
Justement, Patrick Caner, hier, au meeting d'investiture de Benoît Hamon, auquel vous n'assistiez pas, il y avait Christiane Taubira, il y avait aussi Benoît Hamon, Benoît Hamon qui a eu des mots extrêmement durs à l'égard d'Emmanuel Macron, justement.
On les voit, les jeunes guépards, les créatures du système qu'une habile manipulation transforme soudain, par la grâce peut-être, en grand transformateur. Moi, je n'y crois pas et j'y reviendrai peut-être un tout petit peu aussi tout à l'heure.
Bon, je m'y perds un peu dans les « on ». Benoît Hamon était bien à sa France investiture. À sa France investiture pour parler d'Emmanuel Macron. C'est mieux. Un guépard, Emmanuel Macron ? Fausse valeur ?
En tout cas, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, un objet politique non identifié, pour l'instant. Et il faudra bien qu'il ait une identification s'il va aller le plus loin possible et être, pour lui, bien sûr, être au second tour.
Mais vous prédisiez à l'époque une hémorragie vers Macron des socialistes. Oui, je me suis trompé. D'accord.
Je me suis trompé. Je le dis simplement. À quoi c'est dû ? C'est vrai que je craignais ce vol des tourneaux, entre guillemets, vers... Il y a très peu de députés qui ont décidé de porter leur soutien directement à Emmanuel Macron. Et moi, dans mon département, je peux vous dire qu'après de nombreux contacts, je vois bien que la vieille maison tient encore. Et c'est tant mieux. Ce qui veut dire que rien n'est gagné pour Emmanuel Macron. Le caractère moderniste de sa campagne ne suffit pas à engranger des soutiens. Mais cela passe aussi par la capacité de l'Ohamo à rassembler autour de lui.
Mais c'est peut-être ça le problème, justement. Vous venez de le dire. Vieille maison, en fait. Les électeurs d'Emmanuel Macron, décidément, ne sont pas les mêmes. Et de votre côté, c'est la vieille maison.
C'est une vieille maison. C'est un mot affectif. Parce que j'y appartiens. Et les maisons qui ont de belles fondations peuvent durer bien plus longtemps que des maisons qu'on va démolir plus tard.
Allez, on refera des travaux tout à l'heure. Dans une minute, exactement. Victor Maté, il est 8h50.
Et ce matin, 37 000 maisons, 37 000 foyers, toujours sans électricité, principalement en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie après le passage des tempêtes du week-end. Ce matin, les Pyrénées-Orientales et l'Aude restent d'ailleurs placés en vigilance orange au vent violent. Quatre policiers suspendus à titre provisoire après leur mise en examen. C'est l'enquête sur ce jeune homme de 22 ans gravement blessé à la matraque. Lors de son interpellation jeudi à Aulnay-sous-Bois, l'un des policiers est mis en examen pour viol, les autres pour violences volontaires. Arthur Mas risque 10 ans d'inéligibilité.
L'ex-président de la Catalogne est jugé ce matin à Barcelone pour avoir organisé en 2014 un référendum illégal sur l'indépendance de cette région d'Espagne. En Roumanie, la plus importante vague de manifestations depuis la chute du communisme en 1989. 500 000 personnes réunies hier soir, notamment dans la capitale Bucarest, et ce, valgré le recul du gouvernement sur la loi anticorruption. En football, Saint-Etienne gagne le derby contre Lyon 2-0. Le Cameroun lui remporte la Coupe d'Afrique des Nations, 2-1 contre l'Egypte. Et puis incroyable remontée aux Etats-Unis, c'est du football américain, la finale du Super Bowl, remportée par New England 34-28 contre Atlanta.
New England pourtant menée à 28-3.
France Info, des patriotes de New England, Victor Maté. On est avec Patrick Caner pour Jusqu'à 9h sur France Info. Question Yael Goz. L'autre campagne, c'est 2024, Patrick Caner. Les Jeux Olympiques, Paris les décrochera-t-il face à Los Angeles et face à Budapest ? Vous avez même mis le pin ce matin, Paris 2024. Je vous ai d'ailleurs donné un, vous ne le mettez pas, ce n'est pas bien. Sauf qu'il y a un slogan qui n'apparaît pas sur ce pin, ce qui est un slogan en anglais, « made for sharing », ça veut dire en gros « venez partager à Paris les Jeux ». Même Marine Le Pen s'interroge sur cette notion de slogan en anglais. Elle en a fait un argument de campagne hier lors de son meeting à Lyon.
Nos enfants, vivront-ils selon nos références culturelles, nos valeurs de civilisation, notre art de vivre et même parleront-ils encore notre langue, le français ? Qui se désintègrent sous les coups de boutoir de dirigeants politiques qui dilapident ce trésor national qu'à choisir un slogan en anglais pour promouvoir la candidature de Paris au JO 2024 ?
Vous êtes d'accord avec ce slogan en anglais pour faire la promotion de Paris ?
Je suis d'accord avec le slogan « venez partager ». C'est-à-dire que c'est le slogan, la traduction française de « made for sharing » en tout cas. C'était bien comme ça « venez partager ». Non, parce que, si vous voulez, dans quelle phase ce slogan « made for sharing » a été utilisé ? C'est que nous déposons le troisième dossier de candidature, c'est-à-dire le dossier le plus important, celui de la soutenabilité financière, la sécurité, l'héritage des jeux au CIO. Le CIO, qu'on le veuille ou non, c'est bien triste, peut-être, diront certains, mais c'est une réalité, c'est 80% d'anglophones.
Mais donc le français, c'est plus la langue olympique ? Moi, je croyais que le français était la langue olympique, en fait. La langue de Pierre de Coubertin, quand même.
Le français et l'anglais sont les langues officielles olympiques pour l'événement, mais pas pour la campagne. Donc, en fait, quand vous regardez le dossier, le dossier est en anglais et en français. Et le slogan qui a été utilisé est un slogan visant, finalement, à dire que nous sommes dans une forme d'universalité. Le français aussi fait partie de l'universalité. Mais il n'y a que 400, 500 millions de personnes dans le monde qui parlent le français. C'est triste, c'est dommage, c'est un combat, c'est le combat de la francophonie. Mais aujourd'hui, il faut être réaliste. Et moi, je n'ai pas envie.
Je n'ai pas envie que pour des raisons de forme, eh bien, il nous manque, sur un corps électoral de 90 personnes, le 13 septembre prochain à Lima, il nous manque deux ou trois voix, comme ça s'est passé la dernière fois. Donc, c'est du réalisme. C'est du réalisme. Et l'attaque, entre guillemets, de Mme Le Pen ne fait que corroborer, en fait, ce qu'elle est, à savoir un repli sur soi terrible. Gilbert Chal ? On entend beaucoup dire que le récent décret très contesté de Donald Trump favoriserait la candidature française, puisque les pays à majorité musulmane voteraient plus volontiers pour notre candidature. Est-ce que, à chaque chose, malheur est bon.
Est-ce que ce décret est, pour les Jeux, une bonne nouvelle ? Moi, je crois qu'on ne gagne pas une compétition uniquement sur les faiblesses de l'autre et sur les erreurs de l'autre concurrent, pas de l'adversaire de l'autre concurrent, en l'occurrence. M. Trump, naturellement, se trompe sur le fond. Et il peut y avoir des conséquences psychologiques sur des membres du CIO. Donc, ça peut aider. C'est évident, ça peut aider. Mais n'oubliez pas que le maire de Los Angeles a dénoncé les mesures de Trump. Et, finalement, peut transformer sa candidature dans une sorte de dîlot de résistance face aux Trumpies. Et donc, attirer des voix du CIO. Donc, moralité. Restons sur notre aile.
Notre aile, c'est la défense de la candidature française, qui est excellente, qui est bien pesée sur le plan financier, qui est formidable sur le plan technique, sur le plan de l'environnement national, qui est très favorable, malgré ce que dit Mme Le Pen. Et donc, très simplement, on y va. On se défend d'abord sur notre candidature. Et espérons que nous serons gagnants le 13 septembre prochain.
Mais si Los Angeles joue sur son côté ville-sanctuaire, effectivement, ce qu'ils appellent ça comme ça, maintenant, aux Etats-Unis, il faut aussi qu'on joue sur un tableau équivalent, non ? Il faut aussi qu'on fasse de la politique, finalement, dans cette candidature, non ?
Ah, mais une candidature au CIO, c'est toujours de la politique. C'est ce qu'on appelle les spécialistes du soft power, en anglais. Donc, le pouvoir de persuasion par le biais du sport. Donc, oui, et Paris, c'est la résistance au terrorisme. C'est la résistance à l'obscurantisme. C'est ça aussi, la candidature de Paris. C'est l'ouverture. Et puis, c'est la valorisation de Paris en tant que telle, avec ces monuments qui vont servir de lieu de compétition. Donc, non, nous avons là vraiment une très, très belle candidature. Encore une fois, Trump peut être considéré à court terme comme étant un plus pour nous au regard de ses plus de position. mais on ne se bat pas là-dessus.
On se bat sur ce qui est notre force. Et pour 2024, puisque vous savez que le CIO envisage d'avoir deux choix, un pour 2024, un pour 2028, le même jour. Nous, c'est 2024, les 100 ans après les premiers olympiques à Paris.
Il nous reste un peu moins de deux minutes, Thierry. Vous aviez publié un livre avant Noël qui s'appelle « La relève », avec une série de propositions pour la jeunesse. Parmi vos idées sur la table, la majorité à 16 ans, un minimum social unique fixé à 800 euros, on revient au revenu universel presque. C'était avant la primaire. La transmission des patrimoines plus tôt entre les générations. Toutes ces idées-là, vous les mettez au service de Benoît Hamon maintenant ?
Oui, je vais même lui envoyer dédicacer mon ouvrage en lui disant « Mon cher Benoît, je suis à ta disposition, on peut en discuter. » J'évoquais aussi la transformation de la journée défense citoyenne, la JDC, en quinzaine citoyenne, pour mieux agrémenter la jeunesse française autour de valeurs de la République. Donc, il a agrégé autour de ses valeurs.
Vous avez des contacts déjà ?
Non, pas encore.
Mais ça peut enrichir son socle, comme il dit ?
En tout cas, si Benoît Hamon souhaite voir quelqu'un qui lui apporte des idées, comme je l'avais fait pour Manuel Valls, naturellement, historiquement, eh bien, je suis le premier. Vous avez des nouvelles, justement, de Manuel Valls ? Il prend quelques jours de congé. Et il va revenir dans la campagne plus fort que jamais. Et il va revenir... Enfin, je pense que ceux qui pensent que Manuel Valls, aujourd'hui, a fermé la parenthèse, sûrement pas.
Absent hier de la mutualité, c'était pas très classe, quand même. Ça s'est rarement vu dans des discours d'investiture dans les partis politiques.
Manuel Valls se repose. Je crois qu'après deux ans et demi de Matignon et une campagne extrêmement forte, même s'il a été courte, il méritait cela. Il a été clair, je crois. Il a été clair dans son discours exceptionnel le 29 janvier, un discours de clarté et de dignité. Donc, Manuel Valls prendra sa part dans la campagne.
Tiens, je vous le donne. Tiens, puisqu'il est tout chaud, c'est un tweet d'Alain Juppé qui a quelques minutes seulement aux auteurs de rumeurs infondées. Une confirmation pour moi, non, c'est non. Et je dirais pourquoi. Aujourd'hui, nous écoutons François Fillon, notre candidat. Voilà, tout chaud, sortie de Twitter. Merci beaucoup Patrick Caner. Merci à tous et à demain.