L'invitée d'Apolline Matin : Sébastien Lecornu dénonce l’instrumentalisation politique de la colère des lycéens - 08/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:38OuverteRéponse directe
Je vous trouve assez apaisée aujourd'hui, Clémence Guettet... Est-ce que vous regrettez [les phrases sur la violence] ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Aucune annonce pour les lycéens hier, mais une annonce sur les carburants... Est-ce que ça, c'est une bonne nouvelle ?
- 8:18OuverteRéponse directe
Patrick Martin a laissé entendre que si la France Insoumise gagnait en 2027, il quitterait la France. Comment vous réagissez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« La seule chose qui a été faite par le gouvernement, c'est cette plateforme de consultation. »
- 0:57Invité politiqueFait
« Ils demandent la fin de parcours sub, ils demandent la réforme des rythmes scolaires qui est liée à la réforme de M. Blanquer. »
- 1:05Invité politiqueChiffre
« Ils demandent 10 milliards. »
- 1:12Invité politiqueChiffre
« C'est 2,5 milliards pour plus de places dans les universités, 2 milliards pour l'augmentation des bourses. »
- 1:33Invité politiqueChiffre
« Dans le budget de l'éducation nationale, c'est moins 1 588 postes à nouveau. »
- 1:49Invité politiqueFait
« Ça comprend déjà des coupes, en réalité, et une baisse à euros réels. C'est-à-dire qu'il ne tient pas compte de l'inflation. »
- 1:53Invité politiqueChiffre
« Ça fait moins 840 millions d'euros si on tient compte de l'inflation. »
- 2:18Invité politiqueChiffre
« Mardi, c'était très massif. C'était 1800 lycées mobilisés, 90% des universités. »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« On voit que maintenant, c'est quasiment trois quarts des Français qui sont en soutien. »
- 2:38Invité politiqueChiffre
« 72% des Français soutiennent, comprennent les revendications. 65% d'entre eux trouvent que le gouvernement n'y répond pas. »
- 4:21Invité politiqueFait
« À 14 ans, 15 ans, on est un enfant qui ont, pour une mobilisation, perdu un oeil, perdu une main. »
- 4:26Invité politiqueFait
« L'enfant qui s'est pris une grenade dans la main a été amputé hier. »
- 5:39AuditeurChiffre
« Libération de 10 millions de barils de gazole, issus de nos stocks stratégiques, avec l'espoir d'une baisse de 12 à 18 centimes d'ici début novembre. »
- 6:54Invité politiqueChiffre
« 6 milliards de surprofits liés à la crise estimée. »
- 8:20AuditeurFait
« Patrick Martin, le patron du MEDEF, a laissé entendre que si la France Insoumise gagnait en 2027, il quitterait la France. »
Temps de parole
- Sébastien Lecornu72 %
- Auditeur11 %
- ?8 %
- Présentateur5 %
- Invité5 %
≈ 22,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez RMC.
C'est une opération d'enfumage où il gagne du temps. Il a essayé de gagner du temps.
Il dit
qu
'il
y
aura
des réponses en octobre.
Pour l'instant,
il faut qu'il s'exprime. Fin octobre, alors un mois et demi. La seule chose qui a été faite par le gouvernement, c'est cette plateforme de consultation. Bon, soit c'est une bonne chose, mais si c'est pour en faire la même chose que les cahiers de doléances des Gilets jaunes, c'est-à-dire absolument rien, c'est quand même pas satisfaisant. Et par ailleurs, il y a des plateformes de revendications. C'est ce qu'ils demandent, les lycéens. Ils demandent la fin de parcours sub, ils demandent la réforme des rythmes scolaires qui est liée à la réforme de M. Blanquer. Ils demandent plus de places dans les universités,
ils
demandent des profs dans les classes. Ils
demandent
10 milliards. Un peu comme les Gilets jaunes, les fameux 10 milliards. Les 10 milliards, c'est ce que je viens de détailler. C'est 2,5 milliards pour plus de places dans les universités, 2 milliards
pour l'augmentation des bourses. Mais certains disent que c'est 10 milliards ou
rien. Est-ce que ce n
'est
pas excessif ? Alors en l'occurrence,
c
'est rien. Donc déjà, on pourrait peut-être commencer... Parce que le Premier ministre nous a renvoyé vers le budget. Vous et moi, on est dans la vie politique. On sait très bien ce qui va se passer dans l'examen du budget. D'abord, la première chose,
c
'est qu'à ce stade, dans le budget de l'éducation nationale, c'est moins 1 588 postes à nouveau, alors qu'il dénonce déjà des classes
surchargées. Alors il a
promis une hausse du budget de l'éducation nationale, plus 1,2 milliard. Ça, c'est ce qui est déjà prévu.
Il a menti.
Oui, il a menti. Parce que ça, ça comprend déjà des coupes, en réalité, et une baisse à euros réels. C'est-à-dire qu'il ne tient pas compte de l'inflation. Ça fait moins 840 millions d'euros si on tient compte de l'inflation. Donc en fait, c'est une baisse. Donc c'est un mensonge. La seule chose qu'il est venu dire à la télévision, c'est un mensonge. Comment on sort de cette crise ? Alors, en écoutant les lycéens, il me semble que là, à ce stade, leurs revendications sont extrêmement claires. Ils vont continuer de se mobiliser aujourd'hui. Nous, on y sera.
C
'est à 15h à Bastille pour le rendez-vous parisien. Je rappelle quand même que mardi, c'était très massif. C'était 1800 lycées mobilisés, 90% des universités. Et beaucoup, beaucoup de monde dans les rues. Et beaucoup de monde dans les rues. Des Français très en soutien. On voit que maintenant, c'est quasiment trois quarts des Français qui sont en soutien.
Ils ont gagné 10 points de soutien depuis la semaine dernière.
Mais évidemment, ils condamnent les violences. Oui, évidemment. Mais ça, c'est deux choses tout à fait différentes. 72% des Français soutiennent, comprennent les revendications. 65% d'entre eux trouvent que le gouvernement n'y répond pas. Je pense que l'exercice auquel s'est prêté M. Lecornu hier soir était une opération d
'enfumage et de quasi
-provocation. On va y revenir parce qu'on
va parler aussi de carburant. Mais
sur
la question des lycéens, effectivement. Alors ça,
en effet, je pense
que le seul message... On ne
lâchera pas un euro.
Le seul message politique clair qui a été envoyé, il a été envoyé en direction des marchés financiers.
Mais de l'autre côté,
madame la députée, je suis très heureux de vous entendre aussi conséquente sur la question des lycéens ce matin. Parce qu'hier, on a quand même vu une image ridicule de plus de députés de la France Insoumise qui étaient devant Sciences Po et qu'on balançait des paquets de chips, des baguettes et des bouteilles d'eau à des étudiants de Sciences Po dans le quartier le plus cher de Paris. Moi, je pensais que la France
Insoumise... Vous pensez que tous les
étudiants
de
Sciences Po sont riches
? Ils
n'avaient pas l'air de moilleurs de faim, en tout cas.
Mais
j'ai l'impression
que... Ils étaient nassés depuis
des heures
par la police, monsieur. Ils n'avaient pas
nassés depuis deux heures.
Il
y avait deux rangées de policiers qui
juste encadrent le boulevard. Oui, ils ne pouvaient pas sortir. Ils
s'appellent une nasse policière. Mais
c'est vraiment l'idée que la France Insoumise se fait de la politique ? Moi, je pensais que vous aviez plus de noblesse dans votre façon de concevoir la
France.
L'idée qu'on se fait de la politique, c'est d'être en appui des mobilisations populaires, quelles qu'elles soient, quand elles émergent. Et d'essayer de les comprendre. Et ce gouvernement, lui, a décidé que la seule réponse, ce serait une réponse répressive. Et on pensait hier soir, peut-être, qu'il y
aurait
enfin une réponse politique, un dialogue qui serait ouvert avec les lycéens, et forcé de constater que ce n'est pas le cas. Donc oui, nous, quand il y a des blocus, quand il y a des gamins qui sont nassés, on y va. Et on essaye de faire en sorte que ça se passe bien, d'ailleurs, et les images l'ont montré. Avec, d'ailleurs, il faut le préciser hier, un soutien
à la police, de la part de Sébastien Lecornu.
Oui, un soutien à la police. Je trouve qu'il est dans le déni total, quand même, des cas qu'on a pu voir, qui sont quand même des cas extrêmes. C'est-à-dire, on parle d'enfants, parce qu'à 14 ans, 15 ans,
on
est un enfant qui ont, pour une mobilisation, perdu un oeil, perdu une main. L'enfant qui s'est pris une grenade dans la main a été amputé hier. Des jeunes filles étranglées, on a toutes et tous vu ces images. Voilà, il y a une répression policière qui est sans aucune retouille. Mais
je vous trouve assez apaisée aujourd'hui, Clémence Guettet, au début de la mobilisation, les phrases prononcées, notamment par exemple par Bali Bagayoko, disant qu'à certains moments, la violence pouvait être légitime. Est-ce que vous les regrettez ?
Non, je ne regrette pas. D'abord,
je
n
'ai
pas à regretter les propos de Bali Bagayoko, qui a été un maire présent sur chacun des blocus de lycée de sa ville. Je pense que c'est son rôle comme élu. Il a essayé d'expliquer à quel point, quand vous aviez une répression aussi disproportionnée, il pouvait y avoir de la légitime défense. Et vous avez vu les images encore en fin de manif, où ça s'est tendu tout d'un coup, alors que la manifestation se passait très bien, parce qu'il y
a
eu une charge des CRS. Vous avez
vu ces images
où
Bali Bagayoko s'interpose, où il s'est fait gazer très allègrement en première ligne. Bon voilà, il a toute sa place dans la mobilisation. Et je pense réellement que c'est notre rôle de responsable politique. Clémence Guettin le disait, aucune annonce pour les lycéens
hier, mais une annonce sur les carburants, la libération de 10 millions de barils de gazole, issus de nos stocks stratégiques, avec l'espoir d'une baisse de 12 à 18 centimes d'ici début novembre. Est-ce que ça, c'est une bonne nouvelle pour tous ceux qui nous écoutent ce
matin et qui se parlent en
voiture ? Non,
ce
n
'est
pas une bonne nouvelle, ce n
'est
pas une bonne nouvelle et ce n
'est
pas une bonne solution. En fait, d'abord, vous l'avez dit, un espoir de baisse de 12 à 18 centimes. Il n'y a aucune assurance pour la baisse du prix. Par ailleurs, 12 à 18 centimes, c'est bien en deçà de l'augmentation qu'on a connue ces derniers temps. Donc, ça ne
va
sauver personne de la difficulté à pouvoir continuer à se déplacer avec des pleins qui s'envolent. On sait que tout le monde se prive de déplacement désormais pour le boulot, pour les soins, pour les loisirs, etc. Pas une bonne nouvelle. Pourquoi ? Parce que, en fait, c
'est
un fusil à un coup, la libération de stocks stratégiques.
Après, il en
restera, là, c'est 10% du stock. On l'a déjà fait il y a quelques mois. C'était 400 millions de barils. Cette fois-ci, c'est 100 millions de barils au niveau du G7, 10 millions pour la France, avec l'espoir que ça puisse baisser les prix, mais aucune assurance que ça le fasse réellement. Donc, on se prive de nos stocks stratégiques et le gouvernement se prive de la seule solution et de la seule véritable endroit où il y aurait une solution,
c
'est-à-dire les marges des raffineurs et des distributeurs. Mais moi, je le dis en boucle
depuis... Ça
n'existe
pas, vous savez bien.
Les marges des raffineurs et des distributeurs ? C'est une conséquence, c
'est pas...
2026,
6 milliards
de surprofits liés à la crise estimée. Vous donnez l'impression
que les distributeurs s'en mettent plein les poches en profitant d
'imposer... J'ai dit raffineur.
Raffineur.
En
profitant d'imposer des marges. Mais en fait, les marges, c'est juste qu'eux, ils achètent du pétrole à un prix et qu'on a tellement besoin de leurs produits raffinés que les prix s'envolent. Et ils font des marges passives, j'ai envie de dire.
En fait,
c'est-à-dire qu'il leur fait la demande.
Est-ce qu'il faut stopper ce mécanisme
même
de fixation des prix ? Et le raffinage, vous savez très bien qu'en France, ça n'est pas rentable.
Sinon, on n'aurait pas perdu les deux tiers des raffineries depuis 25 ans. On devrait faire, vous et moi,
M. Lechypre, une cagnotte pour Total
tellement ils
sont à l'agonie.
Il ne s'agit pas de ça non plus. Ils vont
juste faire 6 milliards de surprofits, les raffineurs-distributeurs, sur cette année 2026. Moi, j'estime que ce n'est pas aux Français de payer cette crise et que oui, on doit pouvoir bloquer ces marges, les empêcher de profiter de la crise et de la guerre et du contexte géopolitique que nous subissons et faire en sorte que les Français aient un prix à la pompe qui soit relativement accessible. Le gouvernement se prive de cette solution. Je ne sais pas pourquoi. C'est possible dans les Outre-mer. On l'a fait dans les années 90. D'autres pays le font. Il faut arrêter les
surprofits. Parce que c'est
l'État qui paye si vous bloquez les prix.
Non, en l'occurrence, ce seraient les grands distributeurs. Non, non, non. Ça, ce serait s'en prendre aux taxes.
Et eux
ne
font pas de
marge.
C'est
ce
que propose l'extrême droite. On ne demande pas de s'en prendre spécialement aux taxes. On demande de s'en prendre justement à ces marges. Vous ne pouvez pas nier qu'elles existent. Elles sont documentées y compris sur les sites des ministères.
Patrick Martin,
le patron
du MEDEF, a laissé entendre que si la France Insoumise gagnait en 2027, il quitterait la France. Comment vous réagissez
? Je
trouve que c'est indigne. Très peu surprenant, mais indigne. Je rappelle que
c
'est le patron des patrons. Il est censé accepter le jeu démocratique. On est en campagne présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon. Et on propose, oui, des mesures qui sont peut-être un peu contrariantes pour M. Martin. En tout cas, plus contrariantes que la politique macroniste.
Au-delà de son attitude, est-ce que ça ne vous inquiète pas pour la
France ? Est-ce que vous ne
vous
dites pas attention, si on fait fuir tous les patrons, effectivement, il y
aura
du
mal derrière à faire fonctionner l'économie ?
On trouvera d'autres patrons, petits et grands. Il y a des gens qui ont envie qu'on propose un projet pour leurs entreprises, notamment vis-à-vis de la bifurcation écologique et de tout ce qui est à faire. Les centaines de milliers d'emplois que ça pourrait créer, il y en a dans ce pays.
Donc, si c'est sans lui, on fera sans lui. Pas en augmentant
le coût du travail ou en taxant leurs profits.
D'accord, mais ça,
c
'est une logique politique. Vous avez quand même vu que la logique politique économique de la Macronie, c'est un désastre. Ça fait plus de dettes, ça baisse la consommation populaire, les gens n'en peuvent plus, on a 10 millions de pauvres dans ce pays. Donc, nous, on propose autre chose et en effet, la relance par la consommation populaire.
Merci Clémence Guettet d'avoir répondu à nos questions ce matin. Merci. Députée de la France Insoumise du Val-de-Marne et vice-présidente de l'Assemblée nationale.
Sébastien Lecornu