L'invité de Bourdin Direct : Rachida Dati - 12/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC, Jourdain Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Rachida Dati, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Maire du 7e arrondissement, la crise sanitaire, la situation en Ile-de-France et à Paris, votre avenir politique, la présidentielle, l'islamo-gauchisme, nous parlerons de tout cela. Mais je voudrais commencer avec la violence des mineurs, parce que je sais que ça vous tient à cœur. La violence des mineurs, face à face parfois mortelle entre bandes, règlements de comptes entre ados. Une ado de 14 ans, battue. Une ado de 14 ans jetée dans la scène. Noyée donc, au-delà de l'émotion et de la colère. Est-ce que nous ne devons pas faire attention, ne pas nous habituer à cette violence ?
Est-ce que nous aurions tendance à nous habituer à cette violence ? Que faire ?
Monsieur Bourdin, d'abord, cette violence, le niveau de violence est un niveau inédit. C'est un niveau inédit de violence. Les rics entrebandes, les assassinats entre ados, parce qu'il faut mettre aussi des mots sur les actes.
Oui, on se bat avec des armes blanches, avec des couteaux maintenant. Avant c'était à coup de poing, maintenant c'est avec des couteaux.
C'est un niveau inédit. Toutes les statistiques le démontrent. Les causes de tout ça, d'abord, le sentiment d'impunité. On sait qu'on ne risque rien, qu'on ne craint rien. Une absence de politique pénale. Vous avez eu tous les ministres qui sont en charge de la sécurité ou de la justice sur votre plateau. Est-ce qu'à un moment donné, vous avez entendu une politique pénale très claire, très ferme ? L'absence de sanctions. Un affaissement moral généralisé. Un effacement de toute règle de civilité. Donc on en arrive à quoi ? On en arrive à ce que deux ados, j'allais dire, convoquent tant d'inquiétapants à une autre ado pour la battre à mort et la jeter dans la scène vivante.
Sans que cela leur pose une difficulté d'aucune sorte et qu'ils rentrent tranquillement chez eux. Et des ados qui n'avaient pas de passé ni judiciaire, ni de passé de délinquant. Donc, ça s'est banalisé. Rappelez-vous quand je viens sur votre plateau au moment de la décapitation de Samuel Paty. Je vous ai dit, M. Bourdin, nous avons basculé dans une autre ère avec ces actes-là. La décapitation de Samuel Paty, pour certains, c'est un fait divers. On l'a commenté comme un fait divers. Nous avons basculé dans une autre ère. Nous sommes passés de la guerre des boutons à la barbarie.
Et donc aujourd'hui, l'urgence, l'urgence, elle n'est pas de faire une réforme de la justice à coups de mesures techniques. L'urgence, c'est le rétablissement de l'autorité et une politique pénale ferme. Qu'est-ce qu'on peut mettre ? C'est plusieurs leviers. Voilà.
Vous dites affaiblissement. Je vais vous poser la question sur ce qu'il faut faire. Affaiblissement de l'autorité morale. On est bien d'accord. Le bien, le mal. Certains ados ne savent plus faire la différence entre le bien et le mal.
Regardez hier encore, dans un centre éducatif fermé dans la loi, les gamins, ils ont mis le feu au centre éducatif fermé. Ils ont agressé les éducateurs sans vergogne. Et ils savent qu'ils seront dans une impunité totale.
Alors, impunité totale, dites-vous, donc réformer la politique pénale, notamment envers les ados.
Déjà d'en avoir une.
Déjà d'en avoir une. Est-ce qu'il faut, par exemple, abaisser la majorité pénale à 16 ans ?
D'abord, franchement, alors, moi je vais entendre, je sais très bien qu'à l'issue de votre émission, on va dire, vous étiez aux affaires, pourquoi vous ne l'avez pas fait ? Mais M. Bourdin, j'ai été ministre et je suis venu sur votre plateau. Rappelez-vous, peine planchée pour les mineurs, très efficace. Parce qu'en cas de récidive, c'est une peine de prison ferme. Instaurer une responsabilité pénale des mineurs, comme la majorité des pays européens. J'avais souhaité que ce soit 13 ans. Je vous donne un exemple. Rappelez-vous, à l'époque, je l'ai mis, nous allions en débattre, on n'a pas voulu que je le fasse. D'ailleurs, j'ai été stigmatisée.
Toute la gauche, mais ça, on en parlera de l'islamo-gauchisme tout à l'heure. C'est aussi une partie de ma famille politique, qui n'a pas souhaité que nous instaurions cette responsabilité pénale des mineurs à 13 ans. Les gens ont dit, ah, mais elle veut mettre tous les mineurs de 13 ans en prison. Non. Aujourd'hui, ce qui permet un jugement, une sanction ou pas, c'est la notion de discernement. J'entendais hier l'adolescent qui a assassiné la jeune Alisha, qui est, encore une fois, suspect, parce qu'il n'a pas été condamné, mais en tous les cas, qui a reconnu... Présumé. Le procureur, vous avez vu ces déclarations, dit qu'il n'a pas exprimé spécialement de regrets.
Donc, il peut très bien dire, je ne me suis pas rendu compte de ce que j'ai fait. Et donc, on va dire, son discernement était aboli. Et donc, comme il n'a pas compris ce qu'il faisait, pas de condamnation.
Et donc, simple rappel à la loi, non.
Je ne peux pas croire ça. Même pas. On va dire, ce n'est pas bien. Donc, ça, peine planchée pour les mineurs. Instauration d'une responsabilité mineure pour en finir avec la notion de discernement. 13 ans. 13 ans, c'est-à-dire, à partir de 13 ans, on est responsable de ces actes. Et ensuite, ça peut être une mesure éducative ou une sanction pénale. Ensuite, il faut construire des centres éducatifs fermés. Oui.
Il faut fermer les quartiers réservés aux mineurs dans l'esprit français.
Je vais vous dire, c'est ce que j'ai fait, moi, quand j'étais garde des Sceaux. J'avais commencé, nous avions créé des établissements pour mineurs. Et pour fermer les quartiers mineurs dans les prisons. Pour éviter le mélange majeur mineur, d'une part. Et d'autre part, dans les quartiers mineurs, il n'y a pas tant que ça d'obligation de scolarité, de formation ou d'accès à la culture. Les établissements pour mineurs, c'est quoi ? Alors, après, ça a été critiqué. Mais pourquoi ça a été critiqué ?
Ça coûte cher aussi. Ça coûte cher.
Ça ne coûte pas cher, là, les RICS ? Ça ne coûte pas cher, là, les assassinats d'ados ? Il y en a combien ? Moi, j'en avais créé, 6, quand je suis partie. Et ensuite, la gauche de François Hollande, de Mme Taubira, ils ont arrêté d'investir dans ces établissements pour mineurs. En disant, ces pauvres mineurs qu'on veut enfermer. Mais les établissements pour mineurs, c'est quoi ? Obligation de formation, obligation d'aller à l'école, obligation d'éducation physique, obligation de culture. Il y a des évaluations, obligation de soins. Tout ça est pris en charge. C'est-à-dire que ces détenus et ces mineurs se lèvent tous les matins à 8h pour aller en cours.
Ils se lèvent tous les matins pour nettoyer leurs chambres ou les locaux d'usage. Voilà ce que c'est un établissement pour mineurs. Il y a le centre éducatif fermé parce que c'est une graduation. C'est une graduation des mesures. Il ne faut pas se priver de ces outils. Alors, c'est critiqué quand on n'y met pas les moyens. C'est critiqué quand on n'a pas de volonté politique. C'est critiqué quand on n'a pas d'autorité. Moi, j'ai été magistrat. Je n'ai jamais été contesté dans mon magistère. Pourquoi ? Parce qu'à un moment donné, il faut rappeler les règles. Voilà. C'est comme ça et pas autrement.
Est-ce qu'il faut suspendre les aides sociales et familiales aux parents d'enfants délinquants ?
Moi, je vais vous dire, je ne suis pas favorable. Parce que, pourquoi ? D'abord, moi j'entends M. Darmanin, quand il ne sait plus quoi dire, il dit... C'est Bruno Retailleau qui le demande aussi. Non, non. Il dit, c'est la faute des parents, c'est la faute des parents. C'est quand même... Ce n'est pas que la faute des parents. Ce n'est pas si facile que ça. Ce n'est pas si facile que ça. Et moi, je trouve que punir toute une famille pour un enfant délinquant, s'il y a une responsabilité des parents, et je l'ai déjà fait, et c'est dans le code pénal, on poursuit les parents. Sauf que personne n'a que le courage d'y aller en disant, non, ça ne se fait pas. Ben si, ça se fait.
Quand vous avez poursuivi les parents, je peux vous dire que les choses rentrent dans l'ordre. Parce que souvent, il y a certains parents qui découvrent l'éducation des enfants quand ils ont 14 ou 15 ans. Mais l'éducation des parents, des enfants, c'est depuis bébé, si je puis dire. Et donc, il faut remettre de l'autorité partout. De l'autorité partout, dans toutes les fonctions, y compris parentales. Donc, peine planchée, responsabilité pénale des mineurs, construire des établissements pour mineurs, centre éducatif fermé. Et évidemment, tout ça, ça nécessite une volonté politique. Et avoir une politique pénale.
Alors, il y a une réforme présentée actuellement par le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, qui sera mon invité lundi matin d'ailleurs, destinée à rétablir la confiance entre les Français et la justice. C'est l'objectif. Et il propose la suppression des réductions de peine. Et vous y êtes opposé.
Alors, d'abord, il veut supprimer la réduction automatique de peine. Automatique de peine. Il n'y a pas de réduction automatique de peine. Il faut arrêter. C'est-à-dire que, comme on a reproché sans doute à M. Dupond-Moretti d'être laxiste, certains considéraient que... À tort ou à raison ? Peu importe, oui. Peu importe, ce n'est pas la question. Mais en tous les cas, sur le fond, dans le code de procédure pénale, il y a deux types de réduction de peine. Il y a la réduction de peine pour bon comportement, et la réduction de peine supplémentaire en contrepartie de gages de réinsertion. Je vous explique. Donc, il n'y a pas de réduction automatique.
Je me comporte bien, j'ai une réduction de peine. Je me comporte mal, je n'ai pas de réduction de peine. Ça, c'est à la main de la pénitentiaire. D'abord, ça permet de savoir quand on va sortir. Et c'est très important de savoir quand on va sortir. Parce qu'on prépare la sortie. Si vous ne savez pas quand vous allez sortir, vous ne préparez pas la sortie. Et donc, il y a un risque de récidive. Et donc, il veut enlever la réduction de peine pour bon comportement. En disant, s'il ne travaille pas, s'il ne se soigne pas, finalement, il n'aura pas de réduction de peine automatique. Ce n'est pas si simple. Vous savez que les prisons, et j'en ai construit.
Moi, j'aimerais qu'on demande à ce gouvernement, où a-t-il construit des places de prison ? Il dit, on en a fait. Où ? Dites-nous où ? Moi, j'avais construit 6500 places de places de prison. Il faut, dans tous les établissements pénitentiaires...
Il faut 10 ans pour construire des places de prison.
Il faut des ateliers. Oui. Des ateliers de travail, favoriser l'activité. Aujourd'hui, ça n'est pas possible pour tous les détenus. Donc, si un détenu dit, moi, je voudrais aller faire le ménage, servir à la cuisine, je veux donner des gages de bon comportement. Mais s'il n'y a pas de place, vous le punissez ? Donc, vous lui dites, ah ben non, comme il n'y a pas de place, tu n'auras pas de réduction de peine. Donc, ça, ça ne favorise pas la réinsertion. Ça ne lutte pas contre la récidive. Donc, il faut faire attention avec les mesures qui, simplement, on a l'impression qu'on va faire plaisir à une opinion médiatique. Donc, il faut aussi rappeler la réalité. Ce qui est important...
Rétablir la confiance. Moi, ce qui m'intéresse. Alors, Rachida Dati, rétablir la confiance...
Non, mais ce qui est important, vous êtes d'accord avec moi, c'est de pouvoir favoriser la réinsertion.
Oui, on est totalement d'accord.
Parce que les réductions de peine, ça ne marche pas pour les criminels en série ou les terroristes.
L'objectif d'Éric Dupond-Moriti, c'est de rétablir la confiance entre les Français et la justice. Je regardais les sondages, 62% des Français pensent que les politiques sont moins punis que les Français, que la justice est plus laxiste avec le monde politique.
Ça peut donner ce sentiment-là.
Ça peut donner ce sentiment-là. Ça peut donner ce sentiment-là. Mais la condamnation de Nicolas Sarkozy, il a fait appel, bon, la condamnation est suspendue, on est totalement d'accord, mais est-ce que vous demandez la suppression du parquet national financier ? Certains l'ont demandé à droite.
D'abord, ce parquet national financier, y compris chez les magistrats, je vous renvoie à des déclarations de la présidente de l'USM, qui est un syndicat modéré chez les magistrats, qui avait contesté la création de ce parquet national financier en doutant de son indépendance vis-à-vis du politique. Ça, c'est le premier point. François Mollins n'avait pas souhaité sa création. Il a été effectivement mis en cause. Très bien, mais aujourd'hui, est-ce qu'il faut le supprimer ? Je vous explique, parce que sinon, on va dire, oui, vous voulez le supprimer pour ne pas y avoir affaire au PNF. Pour ne pas risquer. Pas du tout.
Regardez, le garde des Sceaux, le Premier ministre, ont saisi l'inspection des services judiciaires contre trois magistrats du PNF pour des comportements, pour des dysfonctionnements qui sont appérus dans des procédures. C'est grave quand même. Donc, on ne peut pas dire, circuler et rien avoir, ce PNF, il est parfait. Attendons les conclusions de cette inspection. Quelles vont être les mesures prises à l'encontre de ces trois magistrats ?
Et ensuite, vous vous exprimerez.
Après, le garde des Sceaux peut s'exprimer sur le maintien, la réforme ou la réorganisation de ce parquet national financier. Sinon, il y aura toujours un doute et une suspicion sur le fonctionnement de ce parquet.
Bien. L'affaire Big Malion, dans laquelle Nicolas Sarkozy est mis en examen pour financement illégal de campagne électorale, c'était celle de 2012. Vous avez participé à cette campagne de près. Hier soir, sur France 2, enquête de Tristan Valex, Fabrice Lomme et Gérard Davé, témoignage exclusif de Guillaume Lambert, qui était le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, le supérieur de Jérôme Lavrieux. Système de fausses factures mises en place ou pas, le procès ouvrira la semaine prochaine, nous verrons bien. Que dit Guillaume Lambert ?
Il dit, j'ai indiqué à Nicolas Sarkozy la nécessité de faire des économies, j'ai envoyé une note interdisant d'engager des dépenses supplémentaires pour ne pas dépasser le plafond autorisé par la loi.
Alors, est-ce que Nicolas Sarkozy a menti ? Non mais d'abord, moi je ne vais pas commenter le commentaire dans le cadre d'un média. Ce n'est pas un commentaire, ce sont des affirmations de M. Lambert. D'accord, mais d'abord, vous le savez très bien, l'interview, est-ce qu'elle a été coupée ? J'en sais rien, moi je ne sais pas ce qu'il a dit. Je vous dis simplement, Nicolas Sarkozy, ce n'est pas un amateur. C'est-à-dire qu'il a mené quand même plusieurs campagnes présidentielles, pour lui ou pour d'autres. Est-ce qu'une seule fois il a été mis en cause ? Moi j'ai fait la campagne de 2007 comme porte-parole.
Je peux vous dire qu'en fait une campagne présidentielle, ce n'est pas vous qui commandez les prestataires, qui payez les factures pour les meetings. Il y a des gens pour cela. Et quand on vous apporte, moi j'ai été candidate pour Paris ou pour le 7e arrondissement, il y a des frais de campagne, ensuite vous avez un mandataire, vous avez un directeur de campagne. Quand on vous apporte les frais de campagne ou le dossier, les comptes de campagne assignés, vous voyez les factures.
Si on vous envoie une note en vous disant attention, on est en train de dépasser la loi,
d'aller au-delà du plafond autorisé. D'accord, je n'ai pas de connaissance de cette note. On ne va pas faire le procès ici. Et puis encore moins M. Lambert.
Vous le connaissez M. Lambert ?
Je l'ai vu pendant la campagne de 2012. Mais bon, est-ce que ces commentaires pour sauver sa peau ou autre ? Je n'en sais rien. Mais je vous dis, je ne vais pas commenter cette affaire.
Bien, la crise sanitaire, l'épidémie de Covid, situation critique en Ile-de-France. Alors, là aussi, il y a un grand débat. Certains disent qu'il faut absolument reconfiner, il faut prendre des mesures plus strictes. D'autres disent non, surtout pas. Moi, je ne sais plus où on en est. Et vous, vous, élus de Paris, que dites-vous ce matin ?
D'abord, cette crise sanitaire, elle doit nous rendre humbles. Parce qu'avec tous les revirements, toutes les affirmations... De tous bords et de tous côtés. Exactement.
D'ailleurs, les Français jugent, pardon, je vous coupe, la gestion de la crise sanitaire depuis un an. Que disent les Français ? C'est une enquête du Figaro. 63% des Français estiment qu'Emmanuel Macron n'a pas été à la hauteur de la situation. 66% pour Jean Castex et 84% pour toute l'opposition.
D'abord, l'opposition, elle n'est pas au pouvoir.
Oui.
Mais j'aurais bien voulu avoir un sondage dans les commentaires. sur la gestion par les élus locaux. Parce qu'ils ont été en première ligne.
Oui. Alors, oui, mais là, en ce moment, les élus locaux aussi disent tout et n'importe quoi. Pardon.
Oui, vous avez raison. Anne Hidalgo, la première. Voilà. C'est-à-dire qu'il ne faut pas instrumentaliser la détresse des gens. Parce que quand Mme Hidalgo dit « Je veux le confinement de Paris, mais Paris est une île », elle pense à ces gens, à ces Parisiens, qui ont quand même payé très cher cette crise sanitaire. Elle pense à tous ces artisans, ces commerçants, les acteurs de la culture, aux étudiants, qui ne sont plus en cours depuis un moment. Elle dit « Il faut tout confiner ». Puis trois semaines après, trois jours après, elle dit « Non, puis finalement, il ne faut pas confiner, ça serait inhumain ». Mais à quoi elle joue ? Uniquement pour s'opposer à Emmanuel Macron ?
C'est dangereux et irresponsable que des restos politiques, la maire de Paris, se comportent ainsi. Donc le sujet, aujourd'hui, moi je ne suis pas favorable au confinement. Je dis simplement que la priorité aujourd'hui, c'est d'accélérer la vaccination. Il faut accélérer, accélérer, accélérer la vaccination. Ça, c'est un point dans l'horizon pour les Français. Et le deuxième aspect, on dit « Le monde d'après ». Où vivre sans le virus, non, il faudra apprendre à vivre avec. Et vivre avec, c'est commencer déjà, moi je travaille ça avec des commerçants, des restaurateurs, des lieux de culture qui sont dans mon arrondissement.
Ils soumettent, par exemple, des protocoles sanitaires pour pouvoir peut-être réouvrir des restaurants, tenter la réouverture d'un musée, tenter la réouverture d'un club sportif. Donc, il faut...
Vous ne dites pas qu'il faut reconfiner ou qu'il ne faut pas reconfiner. Non, parce que...
Non, je vous dis, il faut... Moi, je n'instrumentaliserai pas la détresse et la souffrance des Français. Je dis simplement, accélérons la vaccination. Moi, je voudrais rendre hommage, par exemple, moi, dans le 7e arrondissement, j'ai un centre de vaccination. Vous savez, la mairie de Paris ne soutient sur rien, nous aide sur rien, ne s'occupe de rien. C'est-à-dire qu'elle instrumentalise cette crise sanitaire. C'est vrai qu'Aurélien Rousseau, qui est le patron de l'ARS, nous a donné plus de doses, nous facilite, effectivement, l'accélération de la vaccination. Mais on va y arriver. Je pense qu'on va y arriver.
Moi, une fois cette crise sanitaire terminée, il faut s'occuper du pays qui est totalement disloqué, M. Bourdin. Alors, justement,
il y en a une qui veut s'occuper du pays, c'est Marine Le Pen, qui était hier sur BFM TV, face à BFM TV. Alors, elle a dit... Elle a dit vouloir incarner le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche. C'est possible, ça, d'incarner le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche ?
Moi, je trouve qu'en France, le débat politique, moi, j'aime le débat politique, il y a une droite, il y a une gauche. On a des confrontations d'idées. Moi, je pense que quand on est à droite, on n'est pas à gauche. Quand on est à gauche, on n'est pas à droite. Et je trouve ça très sain.
Mais est-ce que Marine Le Pen n'est pas devenue un peu un étalon en politique ? Je veux dire, par là, les responsables politiques de droite, mais aussi de gauche, se disant c'est moi le meilleur pour l'abattre. Est-ce qu'il n'y a pas cette tendance-là ?
L'expression est tout à fait opportune. Pourquoi ? C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la vie politique, c'est de venir qui va être le meilleur pour aller débattre face à Marine Le Pen. Mais débattre face à Marine Le Pen, on l'a vu avec M. Darmanin, c'est de pouvoir l'affaiblir personnellement, la critiquer, la diaboliser. Mais moi, ce que je cherche, ce n'est pas d'affaiblir Mme Le Pen, c'est d'affaiblir ses idées. C'est de répondre aux Français qui ont envie de voter pour elle, d'expliquer que ses propositions ne sont pas des propositions viables dans l'intérêt de la France et des Français. Mon combat, il est là.
Mon combat, ce n'est pas de dire « Oh là là, qui va être le meilleur pour dire Mme Le Pen, oh là là, elle est méchante, elle n'est pas républicaine. » Moi, j'entendais encore un membre de la majorité présidentielle en disant « Oui, plus personne ne combat Marine Le Pen. » Mais moi, mon objectif politique, et je vous le dis, au-delà même de mon appartenance aux républicains, mon objectif comme citoyenne, ce n'est pas de combattre Mme Le Pen, c'est de combattre ses propositions, ses idées, de comprendre pourquoi une grande partie de plus en plus importante de Français vote pour elle. Vous savez, encore une fois, on essaye de priver les Français d'élection. Pourquoi ?
Parce que l'installation médiatique et sondagière du duel Macron-Le Pen, ça a un seul objectif, un seul objectif, priver les Français de cette élection. Ça veut dire quoi, priver les Français de cette élection ? D'abord, ils vont dire c'est fait, c'est fait, ce n'est pas la peine qu'on s'est fait. Et puis la deuxième chose, c'est qu'on écoeure aussi les Français de cela. Et je veux dire, le Front Républicain, ce n'est pas un choix politique. Le Front Républicain, ce n'est pas un choix de société.
Personne n'ose le dire, je vous le dis, le Front Républicain qui s'effrite au fil de l'eau depuis 2002, à un moment donné, on va bien avoir le contre-coup de ce non-choix et cette privation d'élection vis-à-vis des Français. Et donc, il faut faire très attention à ce que cette installation médiatique ne se retourne pas contre les Français, mais aussi contre la classe politique et y compris contre les journalistes vis-à-vis desquels les Français ont une très grande défiance. Et vous le savez.
Et a raison parfois. Rachida Dati, l'islamophobie, est-ce que l'islamophobie existe ? Ou effet débat sur l'islamo-gauchisme ? Je voulais vous poser la question. Vous avez raison
parce que je ne me suis jamais exprimé sur le sujet. Jamais. L'islamo-gauchisme, tous ceux qui se gargarissent est devenu de cet islamo-gauchisme en sont à l'origine. Je veux vous dire, ceux qui dénonçaient le droit à la différence, et j'en étais, j'ai toujours contesté le droit à la différence. Le droit à la différence, il est rentré partout, dans toutes les institutions. Il a affaibli l'autorité. Le droit à la différence, c'est devenu quoi ? Du clientélisme. C'est devenu quoi ? Du séparatisme. Et on le paye très cher. Donc ceux qui disent « Oh là là, on est contre l'islamo-gauchisme », ce sont ceux qui l'ont introduit partout. C'est sur cela que je dénonce.
Cette gauche, le trappe, trappe c'est quoi ? On découvre trappe. Mais nous, on n'a jamais découvert trappe. On l'a dénoncé depuis longtemps. C'est le résultat d'une gestion socialiste depuis des années. D'ailleurs, le parti socialiste a explosé. Là-dessus, il a explosé sur l'islamo-gauchisme. Il en est responsable. Il le dénonce. Aujourd'hui, c'est un peu facile.
Et l'islamophobie, ça existe ou pas ?
Alors, il faut donner une définition à l'islamophobie. Qu'il y ait des gens qui n'aiment pas l'islam, qui n'aiment pas les musulmans, bien sûr que ça existe. Bien sûr que ça existe. Il faut lutter contre l'islamisme politique radical qui, effectivement, gangrène la société. Mais il faut faire attention à mettre... C'est comme l'islamo-gauchisme. Tout le monde en parle. Mais ceux qui en parlent, le mieux, c'est ceux qui l'ont mis dans les universités, les écoles, les services publics et un peu partout. C'est la fameuse cancel culture.
Rachida Dati, merci. Vous êtes venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV. On se retrouvera lundi avec le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, à lundi.
Rachida Dati