Olivier Faure, premier secrétaire du PS, s'exprimait aux universités d'été du Parti socialiste
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- 3:30Olivier FaureChiffre
« Ils ont asséché les crédits aux collectivités, divisé par quatre le fond vert, reporté l'achat de Canadair. Toutes ces restrictions qui se voulaient économie ont au final conduit à des pertes qu'ils estiment eux-mêmes à 15 milliards. »
- 4:00Olivier FaureFait
« Il faut désormais mettre un mot sur notre responsabilité, l'habitabilité. Rendre habitable, c'est garantir les conditions d'une vie digne, de l'eau disponibles, d'un air respirable, des écoles où l'on puisse apprendre, des forêts vivantes, une agriculture capable de produire. »
- 5:00Olivier FaurePromesse
« Je propose de créer un grand fonds national et européen, doté de ressources permanentes permettant d'investir sur 20 ou 30 ans, dans la diversification des forêts, les sols, la circulation de l'eau, la restauration des zones humides, la prévention des incendies et des inondations. »
- 6:00Olivier FaureChiffre
« La richesse par habitant se positionnait 15 13 % au-dessus de la moyenne des pays de l'Union européenne. Aujourd'hui, nous sommes en dessous de la moyenne. »
- 8:00Olivier FaurePromesse
« Je propose de que suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s'engage pas résolument dans sa propre transformation écologique. Pas écolo, pas de cadeau, assez perdu de temps. »
- 9:00Olivier FaureChiffre
« Un lycéen sur cinq confie, hélas avoir eu des pensées suicidaires. Cette dégradation amplifiée depuis la Covid tient à l'angoisse climatique. 70 % des jeunes se déclarent éco-anxieux. »
- 10:00Olivier FaurePromesse
« Je veux un petit déjeuner gratuit dans les écoles. Nous le ferons en concertation avec les maires. »
- 11:00Olivier FaureFait
« La France ne produisait plus le paracétamol qu'elle consommaient. Ce n'est pas un accident de l'histoire, c'est le résultat de 40 années de délocalisation au nom du profit et au détriment de notre système de santé. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci à Rémi et à l'ensemble des SIS pour l'enthousiasme que vous mettez dans nos réunions. Merci aux secrétaires nationaux, merci aux bénévoles, merci aux permanents, merci à toutes celles et ceux qui, avec le service d'ordre, font que notre réunion se tienne dans de si bonnes conditions. Vous avez toute notre gratitude.
Je remercie également évidemment nos partenaires écologistes, communistes de Debout, de L'Après, de Place Publique, de la GRS d'avoir répondu présent. Vous êtes ici, chez vous, au cœur de la gauche, sur notre campus. Chers amis, chers camarades.
Cet été, la France a brûlé sous nos yeux. Ce n'était plus une métaphore. Les centenaires sont partis en fumée en quelques heures.
Des villages évacués en pleine nuit et à chaque nouveau feu, la même sidération, celle de voir se consumer en quelques heures ce que des générations avaient mis des siècles à faire pousser. La même stupeur de voir périr piégés par les flammes des millions d'animaux, chevreuils, écureuils, lapins, c'est C'est tout le vivant qui meurt, à quelques kilomètres de chez moi, la forêt de Fontainebleau, vieille de 40 000 ans, inspiration des impressionnistes. Forêt dont Victor Hugo fut membre du comité de protection a été, elle aussi, dévorée par les flammes.
Sur ces bois calcinés repose la suie de nos lâchetés et le charbon de nos aveuglements. Nous avons vécu un été dans l'enfer d'une canicule dont nous savons qu'elle sera désormais non plus l'exception, mais la norme. Et si nous ne changeons rien ?
Une étape vers pire encore. Enfer des incendies. Je ne crois pas qu'on devrait applaudir là, parce que cet enfer, enfer des incendies, enfer des inondations, enfer des tornades, enfer des vies détruites.
Je veux saluer ici nos maires, nos présidents de départements, de régions qui ont lutté et protéger nos concitoyens. Je veux évidemment avoir une pensée toute particulière pour notre camarade Martial Zanninetti, maire du Porges et les habitants de sa commune dont 183 habitations ont été détruites. Et évidemment, saluer le courage absolu des des pompiers, des militaires, des agriculteurs, de tous ces bénévoles qui sont venus combattre les flammes à plus de 1000 degrés.
Oui, vous pouvez les applaudir. Oui, ils méritent. Ils méritent ces Bien sûr, je pense aussi au drame absolu que subit le Népal.
Le monde entier est en proie aux conséquences de la crise climatique et la solidarité internationale se mobilisent. Mais il ne suffira plus de dire notre peine ou de louer le courage, il faut maintenant agir. En 2022, 2, après les incendies historiques de Gironde, les ministres se sont déjà déplacés.
Ils ont déjà promis de tirer les leçons, déjà annoncées des moyens nouveaux. Quatre ans plus tard. La catastrophe est encore supérieure et les visites d'État ont surtout visé à masquer une improvisation coupable.
Ils ont asséché les crédits aux collectivités, divisé par quatre le fond vert, reporté l'achat de Canadair. Toutes ces restrictions qui se voulaient économie ont au final conduit à des pertes qu'ils estiment eux-mêmes à 15 milliards. Alors, qu'est-ce que c'est que ce plan d'urgence annoncé par le gouvernement ? 12 millions d'euros pour les collectivités quand l'achat d'un seul Canadair en vaut 47.
Il faut reconstruire le Porge, accompagner les enfants traumatisés, les habitants qui ne savent plus où dormir et qui doivent faire face aux assurances, aider les entreprises, sinistrées, leurs employés et toutes les communes touchées. Mais pourquoi reconstruire à l'identique si c'est demain pour connaître les mêmes conséquences ? Il faut désormais mettre un mot sur notre responsabilité, l'habitabilité.
Rendre habitable, c'est garantir les conditions d'une vie digne, de l'eau disponibles, d'un air respirable, des écoles où l'on puisse apprendre, des forêts vivantes, une agriculture capable de produire, des villes où l'on puisse encore marcher et vivre dehors. Le climat n'est plus une politique parmi d'autres, la transformation écologique doit imprégner toute notre action. Je le dis, l'heure du socialisme écologique a sonné.
La bifurcation écologique doit d'urgence devenir un investissement national. Je propose de créer un grand fonds national et européen, doté de ressources permanentes permettant d'investir sur 20 ou 30 ans, dans la diversification des forêts, les sols, la circulation de l'eau, la restauration des zones humides, la prévention des incendies et des inondations, l adaptation des villes et la protection des populations. Il faut programmer, planifier car rien ne se fera en trois mois.
Les annonces marketing sans l'endemain, ça Ça suffit. L'environnement n'est vu par la droite et l'extrême-droite que comme une dépense. C'est tout le contraire.
La transformation écologique est un gisement d'emploi et une nouvelle odyssée industrielle à construire. Alors il faut mettre le paquet. Sur les énergies renouvelables qui sont les seules à garantir un approvisionnement à la fois décarboné et vraiment souverain.
Il faut faire ce que la France a su faire dans les années 70 avec la filière nucléaire. Elle doit maintenant le faire de la même manière avec les renouvelables. Nous devons changer notre manière de définir nos fondations.
Nous savons très bien à valoriser une route ou un réseau électrique, mais pas ces infrastructures sur lesquelles repose pourtant notre vie. Un sol capable de retenir l'eau, une forêt résistante au feu, une zone humide qui amortit une crue, une canopée, qui protège une ville pendant une canicule. Nous appelons encore environnement ce qui est en réalité au cœur de notre sécurité collective.
Notre système est devenu absurde. Seule la destruction est rentable. Nous donnons un prix à l'arbre lorsqu'il était coupé, mais pas lorsqu'il retient l'eau, stocke du carbone, protège un sol ou rafraîchit un territoire.
Il faut inverser cette logique qui privatise le bénéfice de la destruction et fait Et payer à la collectivité le coût de la réparation. Le toxin doit sonner. Tout le monde doit s'y mettre.
Il faut cumuler investissement public et privé. Je propose de que suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s'engage pas résolument dans sa propre transformation écologique. Pas écolo, pas de cadeau, assez perdu de temps.
On nous dira écologie punitive. Mais la punition, elle est déjà là. Et cette dette-là, la dette écologique, personne ne pourra jamais l'effacer ni la rembourser.
Voilà ce que devraient dire les agences de notation. Alors soyons clairs, malgré tout l'écologie ne convaincra jamais si elle consiste à demander au plus modeste, d'abandonner un mode de vie qu'ils n'ont pas les moyens de quitter. On ne pénalise pas celui qui utilise sa voiture quand aucune alternative crédible n'existe.
La justice sociale est la condition de la réussite de la transformation écologique. Notre projet ne peut pas être celui du moins pour tous, il doit être celui d'une autre abondance, plus de transport public, plus de logements confortables, plus d'arbres, plus de services publics, plus de temps, plus de santé, plus de nature accessible, moins de gaspillage matériel et davantage de vie. Les libéraux veulent, paraît-il, une règle d'or.
Nous leur en proposons une, simple. Vous Vous avez déifié l'or noir. Eh bien, nous voulons maintenant sanctuariser l'or vert.
Plus aucun budget de l'Etat ne devra être présenté s'il demande plus à notre terre que ce qu'elle peut nous donner. J'entends déjà le chœur des planicheurs. Parfois réunis au même endroit à Roland-Garros.
Tous ceux...
Tous ceux...
Tous ceux qui vous diront qu'ils vont maintenant quitter le pays. Parce que décidément, nous soyons une gauche réfractaire au business. On nous promettra le FMI, la ruine, la désolation.
Mais rassurez-vous, rien de tout cela n'arrivera. En revanche, si vous ne faisons rien, vous vivrez, vous, vos enfants, vos petits-enfants et leurs enfants après eux. Les pénuries et l'inflation sur les produits alimentaires, les conflits d'usages autour de l'eau, les passoires thermiques, le travail est rendu impossible dans tous les métiers où la climatisation est absente, la dépendance énergétique.
Nous devons devenir une nation résolument verte, et parce que la France adoptera cette attitude implacable avec les pollueurs. Vous verrez, vous verrez. Le monde l'adoptera.
François Mitterrand avait cette si belle formule « quand la France rencontre une grande idée elles font le tour du monde ensemble. Je le crois toujours. Applaudissements Chers amis, je suis aussi venu vous parler d'un autre feu qui avance à la même vitesse avec la même logique de dévastation et que nous regardons parfois avec la même sidération impuissante qui précède trop souvent, le moment où il est déjà trop tard.
Ce feu-là ne brûle pas les arbres. Il brûle ce que nous avons mis, nous, socialistes et toute la gauche à un siècle à construire. La sécurité sociale, l'école de la République, le droit d'asile, l'égalité devant la loi, le refus des discriminations, l'état de droit, ce feu qui vient de l'extrême droite n n'a pas besoin de vent pour se propager.
Il se nourrit de la peur, du ressentiment, des frustrations. Et il faut bien le reconnaître, son meilleur combustible, c'est la politique menée depuis dix ans par Emmanuel Macron. Dans les années 2000, la richesse par habitant se positionnait 15 13 % au-dessus de la moyenne des pays de l'Union européenne.
Aujourd'hui, nous sommes en dessous de la moyenne. La fable du ruissellement que l'on nous a tellement servi. Plus les riches seraient riches et plus les gouttes vineraient par nourrir celles et ceux qui, au bas de l'échelle, n'attendent que leur ruissellement.
Cette fable ne tient plus, le chômage est reparti à la hausse, la dette se creuse et tout indique notre affaiblissement. Le macronisme a tourné le dos à notre passés de grande puissance, industrielle, scientifique, sanitaire, diplomatique. On est là !
On est là Alors, aujourd'hui on est là « Chers amis, vous avez raison de dire que nous sommes là. Mais regardons tout de même les choses en face. À huit mois de la présidentielle, l'extrême droite n'a jamais été à un niveau aussi élevé.
Elle n'est plus simplement à la porte du pouvoir. Elle a déjà mis un pied dans notre baillement. Elle prospère sur le terreau que nous connaissons si bien, la désindustrialisation qui a vidé nos villes moyennes, le constat d'un État qui a désarté certains territoires avant que l'extrême droite vienne elle-même y installer ses propres La peur permanence, la peur du déclassement chez ceux à qui on avait promis que leurs enfants vivraient mieux qu'eux.
Et comme les feux cet été, l'incendie politique avance vite parce que les conditions sont réunies, une défiance sèche comme l'herbe en août. Un débat public qui s'embrase à la moindre étincelle des digues républicaines qu'on croyait des pare-feux et qui cèdent une à une. Ce n'est plus un risque lointain, c'est déjà une trajectoire.
La question n'est plus de savoir si le feu peut arriver jusqu'à nous, il est déjà là. Et je le dis avec une colère qui n'est pas feinte, cette progression de l'extrême droite, la droite dite républicaine n'y est pas pour rien. Elle y participe jour après jour, qu'elle l'assume ou non.
Elle a commencé par emprunter son vocabulaire, puis ses obsessions, puis de plus en plus souvent ses voix à l'Assemblée et au Sénat. Chaque fois qu'elle choisit de débattre sur le terrain de l'extrême droite plutôt que de le refuser, elle légitime un peu plus cette idée que le terrain de l'extrême droite est le seul terrain possible. Chaque texte sur l'immigration, chaque convergence, qu'elle soit murmurée ou plus assumé est un pas de plus dans la même mauvaise direction.
Et je leur dis, on ne se rapproche jamais du feu sans s'y brûler. Et ceux qui pensent pouvoir emprunter les mots et les propositions de l'extrême droite, sans en payer un jour le prix, se trompent devant l Voilà pourquoi nous devons dresser la digue. Ne rien lâcher de ce qui fonde l'identité profonde de notre pays depuis la révolution française.
Nous sommes là, vous et moi, comme au premier jour, humbles mais fiers d'une histoire qui se confond avec celle de toutes les grandes conquêtes sociales. Nous sommes, c'est vrai, entrés dans le temps des ogres. Le pouvoir brut est de retour et ne se cache même plus.
L'extrême argent s'est cyniquement choisi l'extrême droite comme alliée et réciproquement. C'est notre mission de les arrêter avant qu'ils ne nous dévorent. Nous assistons à une nouvelle mutation du capitalisme.
Entendons-nous bien, je ne parle pas ici des entreprises intermédiaires, des PME ou des petits entrepreneurs qui défendent leur métier avec passion. Je parle du système capitaliste incarné par les grands groupes de la tech, de l'énergie, de l'agroalimentaire, souvent détenus par des fonds de pension sans âme. Le capitalisme des premières révolutions n'était pas le paradis, loin de là.
Mais les combats du mouvement ouvrier. Nos conquêtes politiques avaient permis d'arracher des droits nouveaux et de mettre le partage de la valeur à l'agenda. Désormais, la planète brûle. par l'avidité sans fin d'un néo-capitalisme forcené qui ne voit dans la nature qu'un immense champ de profits financiers.
Les nouveaux cannibales ne ressemblent pas aux industriels du 19e siècle ni même aux conglomérats du 20e. Il porte le capitalisme dans sa forme prédatrice ultime. Ils mangent la planète comme on dévore un capital, joyeusement, méthodiquement, en se distribuant des dividendes jusqu'à l'os.
Le capitalisme numérique et énergétique a besoin de métaux critiques, de terres rares, de capacités de calcul, d'accès à une énergie abondante et stable. Il ne peut pas fonctionner sans lithium, sans cobalt, nickel, cuivre, graphite, gallium, silicium et pour assurer sa domination. Ce capitalisme n'est plus seulement un système de production et d'échange.
Il ne produit plus, il capte, il capte l'eau, l l'énergie, les sols, les ressources rares. Les urgences collectives n'entrent plus dans ces préoccupations. Ce qui les enrichit en réalité nous affaiblit.
L Licencier des salariés dont on ne connaît ni le visage, ni le nom. Barrer la route des baleines pour installer une plateforme de forage. Exploiter la forêt d'Amazonie jusqu'à sa destruction totale, tout cela relève de la même mécanique.
Leur profit avant nos vies. Et ce qui est nouveau, chers camarades, c'est ce qui est nouveau, chers Ce qui est nouveau, c'est que les Etats-Unis d'Amérique, qui sont à la fois la plus grande démocratie du monde et la plus importante force militaire, s s'affranchit désormais du droit international et menace l'ordre mondial pour imposer un nouvel ordre géopolitique. La liberté que promeuvent Trump et ses amis, c'est la A la liberté des nouveaux colons, à la recherche de nouveaux esclaves pour servir de nouveaux empires.
C'est le retour de la loi du plus fort. Eh bien moi je veux porter avec vous la loi du plus juste. Il y a une différence fondamentale entre la droite, l'extrême droite et nous.
Il nous répète à tue-tête que la liberté serait l'absence d'entrave, l'absence de règles, de lois qu'il suffirait de retirer l'Etat, qu'il faut limiter la redistribution pour libérer les énergies. La liberté consisterait simplement à ne pas être empêchée. Ce qu'il nous vendre, en réalité, c'est la liberté du renard dans le poulailler.
Pourtant, c'est la règle qui protège et donne à chacun les conditions de sa liberté. Et c'est précisément ce pare-feu. L'Etat social, que la droite et l'extrême droite, sous couvert de rendre aux Français leur liberté, s'apprêtent à démanteler.
Elles agitent bruyamment la tronçonneuse de Milley et de Trump. Moins d'impôts, moins de protection, moins de services publics. Mais pour nous autres, qu'est-ce qu'il est liberté ?
La liberté, c'est disposer réellement des moyens de devenir ce qu'on est capable d'être. En théorie, bien sûr, en théorie, bien sûr, la misère ne supprime pas la liberté, mais en pratique, elle la rend inaccessible. Le socialisme est d'abord une politique des capacités réelles.
Il ne promet pas seulement l'égalité devant la loi, il donne à chacun les moyens de sa liberté. Cette liberté ne tombe pas du ciel, elle se construit et se protège. C'est tout le sens de ce que, face à la loi du plus fort, j'appelle la loi du plus juste.
Non pas une loi qui contraint la liberté, mais la condition qui la rend possible. La sécurité sociale n'a jamais été une entrave à la liberté des Français. Elle est au contraire ce qui a permis à des millions d'entre eux de ne pas être esclaves de la maladie ou de la vieillesse.
L'école gratuite n'a jamais confisqué la liberté des enfants. Elle leur a donné chaque digue, chaque digue que la gauche a bâtie au XXe siècle n'était pas une prison. Elle était un pare-feu.
Et nous devons maintenant retrouver le fil historique du socialisme français. A chaque époque, la gauche, nous avons identifié une nouvelle frontière de l à la peur de ne pas pouvoir se soigner, le vieillard à la misère. Sur tous ses conquis, il ne faut pas reculer, mais consolider.
Mais aujourd'hui, oui, il faut qu'on consolider. Mais aujourd'hui, de nouvelles vulnérabilités apparaissent. L'accès à une alimentation de qualité, le logement, la dépendance, l'isolement, la précarité du travail, l'enfance mal protégée, les fractures territoriales.
Notre devoir n'est pas simplement de conserver pieusement l'état social du XXe siècle. C'est déjà pas Pas mal, mais il est d'en prolonger la promesse au XXIe siècle. Applaudissements Applaudissements Ça ne marche On fera des pupitres un jour avec un truc pour mettre le verre d'eau.
Aujourd'hui, un Français sur cinq renonce à bien manger faute de moyens, pendant que l'agro-industrie dicte ce qui finit dans nos assiettes. Est-ce que la qualité de l l'alimentation, est-ce que c'est juste que cette qualité dépende de vos revenus ? Est-ce juste qu'il y ait une malbouffe pour les plus pauvres et un accès à une nourriture de qualité pour les plus aisés.
Je le dis avec vous, la liberté de bien manger ne peut dépendre du seul compte en banque. Une sécurité sociale, de l'alimentation est déjà expérimentée à l'état embryonnaire dans plusieurs villes. Demain, elle peut prendre la forme d'un fonds national qui permette aux familles les plus modestes de faire leur course à des tarifs réduits pour une nourriture de qualité en quantité suffisante.
Et c'est cela que nous devons maintenant chercher à à conquérir. Le socialisme, le socialisme ne peut pas être une tiédeur, une mollesse. Le socialisme est dans son essence même révolutionnaire.
Alors notre radicalité, notre radicalité, notre radicalité n'est pas tonitruance, mais elle consiste à aller à la racine des choses. Quand le logement absorbe la moitié des salaires, quand l'école n'a plus les moyens d'empêcher la reproduction des inégalités, quand le travail ne permet plus de vivre décemment, quand l'héritage décide davantage d'un destin que le mérite ou le talent. Nous ne pouvons pas nous contenter de poser des rustines sur l'injustice.
Nous voulons, nous devons en supprimer les causes. Alors, tous Tous ensemble, nous porterons dans cette campagne qui s'annonce, cette radicalité tranquille mais tranchée, celle de François Mitterrand et de la gauche unie en 81. Cette radicalité souriante, celle de Léon Blum et du Front populaire en En 1936, cette radicalité méthodique, celle de Lionel Jospin et de la gauche plurielle en En 1997, qui oserait dire que les socialistes n'ont pas changé la vie ?
Toutes les grandes lois sociales l'ont été sous nos Les cinq semaines de congés payés, la retraite, les 35 heures, la couverture maladie universelle, le revenu minimum, les droits dans l Et de l'abolition de la peine de mort avec Robert Badinter, au mariage pour tous, avec François Hollande. Nous avons donné à l l'humanisme son accomplissement. Et c'est nous, c'est nous qui porterons dès les prochains jours la loi intégrale contre les portons le combat des 160 000 mineurs qui sont aujourd'hui confiés à l'être chale à l'enfance avec Isabelle Santiago et Aïda à 10 années.
Oui, oui, il nous reste tant à faire et avant d'aller plus loin, je veux justement m'adresser à la jeunesse, trésor d'une nation. Je suis le repère de quatre enfants, d'une tribu de six avec ma compagne. Ma maison, je dois bien le confesser, est une auberge espagnole.
Je dis ça pour nos amis du PSE qui sont parmi et un salut fraternel à notre camarade, ami et modèle, Pedro Sanchez. pays, nous vous devons des excuses sans ironie ni démagogie, pour n'avoir pas su vous protéger du chaos écologique, pour n'avoir pas enrayé une pauvreté qui broie aujourd'hui 10 millions de personnes et singulièrement plus de 4 millions parmi les moins de 30 ans. Pour vous avoir trop souvent négligé, plutôt que de répondre aux angoisses de votre génération.
Alors je vous le dis et je le dis en notre nom à tous, parce que je sais que nous partageons ce point de vue. Je ne peux, nous n'accepterons pas l'effondrement psychique de notre jeunesse. Un lycéen sur cinq confie, hélas avoir eu des pensées suicidaires.
Cette dégradation amplifiée depuis la Covid tient à l'angoisse climatique. 70 % des jeunes se déclarent éco-anxieux, au harcèlement numérique, aux inégalités et aux discriminations. Alors nous proposerons un retour massif des psychologues scolaires et de tous les encadrants capables d'alerter, d'apaiser et de soigner.
Je ne peux pas, nous ne pouvons pas accepter que des enfants soient battus, violés dans le silence des familles, écrasés par la honte et l'inertie des services sociaux exsangues. Alors à ses enfants, je le dis, je vous crois par principe contre vents et marées. Je vous crois.
Au pays des hussards de la République, nous Nous voulons des classes à 19 élèves, pour donner à chacun sa chance et mener le grand combat pour l'éducation. Celui que la militante, l'activiste, Margariste pakistanaise Malala Yousa Tsai. Je ne sais pas si je prononce bien et je m'excuse déjà auprès d'elle si elle nous Un professeur, un livre et un stylo peuvent changer le monde.
Applaudissements Pour les enfants qui arrivent le ventre vide à l'école. Pour les enfants qui arrivent le ventre vide à l l'école. Je veux un petit déjeuner gratuit dans les écoles.
Nous le ferons en concertation avec les maires. La période appelle des mesures tranchées et concrètes. Nous sommes le pays de racines.
Hugo, Zola, Dumas, Baudelaire, Duras, Chauconard, Vuillard, Mathieu M. Slimani, j'en oublie tant. Et je veux avec vous que nous redonnions le goût et le plaisir de lire « Qui est le meilleur antidote aux écrans » Pardon de convoquer un souvenir personnel, mais enfant, mon père nous lisait à voix haute les pièces de théâtre et les livres qu'il aimait.
Un souvenir qui m'a armé pour la vie. Et c'est un grand service public de la lecture que je vous invite aujourd'hui à créer, en y associant les auteurs, les Les créateurs, les poètes, les comédiens au service des plus beaux textes. Ouvrir la culture à tous, c'est offrir à chacun sa liberté.
Je veux que chaque enfant dispose d'un capital républicain qui permettent notamment à ceux qui ont quitté le système scolaire prématurément de disposer d'une seconde chance pour se former, se reconvertir ou créer son activité professionnelle. Économiser sur nos enfants, c'est faire tourner le monde à l'envers. Il faut assumer la bataille de la fiscalité.
L'impôt n'est pas une punition, il est la cotisation que nous versons à la civilisation commune. L'impôt, l'impôt n'est pas un gros mot, l'impôt finance ce que personne ne peut financer seul. Enfin, je parle pour le commun des mortels, mais pour tous les autres.
L'école, la santé, la justice, la sécurité, toutes ces infrastructures qui créent la solidarité entre toutes et tous sont financées par l'impôt. Et nous devons donc maintenant veiller aussi à ce bien commun, remettre de la progressivité là où elle a reculé, évaluer systématiquement les centaines de milliards d'aides et de niches fiscales, conditionner les aides publics à des obligations précises en matière d'emploi, de salaire, d'investissement et de localisation de l activité. Il n'y a pas de hasard, il y a des choix.
Chaque réduction fiscale non évaluée est une école qui n'ouvre pas. Un service d'urgence qui ferme. La fiscalité, c'est le miroir qui nous est tendu, qui nous dit qui nous avons décidé de protéger en priorité.
Tout est question de choix. Nous avons découvert, pendant la crise sanitaire, que la France ne produisait plus le paracétamol qu'elle consommaient. Ce n'est pas un accident de l'histoire, c'est le résultat de 40 années de délocalisation au nom du profit et au détriment de notre système de santé.
La même vulnérabilité traverse notre défense, la loi de programmation militaire, le pilier européen de défense, ce ne sont pas des défis réservés aux experts. Un continent qui ne peut pas assurer sa propre sécurité n'est pas un continent libre, il est un continent qui négocie sa La liberté avec ceux qui ont gardé les moyens de la leur. Alors nous ne voulons pas d'une Europe qui dépende des humeurs erratiques du locataire de la Maison-Blanche.
Nous sommes, nous serons aux côtés de la résistance ukrainienne pour défendre leur et notre liberté. C'est ça la France. C'est ça la France.
Et j'en viens précisément à ce que l'extrême droite essaie sans cesse de nous voler, notre Notre identité. L'extrême droite a fait de ce mot son arme favorite, en le rétrécissant jusqu'à l'étouffement. Une identité fermée, rabougrie, figée, qui y exclut plus qu'elle ne rassemble.
Alors relisons Patrick Veil, Amine Malouf, Édouard Glissant. L'identité française ne s'est jamais construite dans la pureté, elle s'est construite dans la relation. Nous sommes une France qui n'est ni éternelle, ni Ni nouvelle, mais vivante.
Un pays dont l'identité a évolué au fil des siècles, qui s'est métissé. Un pays qui s'est enrichi de ses apports extérieur. Aucune couleur de peau, aucune religion, aucune généalogie ne définit l'appartenance à la nation.
Nous sommes, nous sommes tous Toutes et tous, les héritiers des soldats de Valmy, des résistants du Vercors, des combattants de Bir Hakeim, dès lors que nous épousons les valeurs de la République, Je le sais, et vous aussi, plus que jamais. Parce que le racisme, l'islamophobie, l'antisémitisme explose dans notre société. Nous devons nous battre contre les préjugés.
Il n'est pas acceptable qu'une partie de la population ait moins de chances de réussite, moins d'accès à l'emploi. Il est indigne qu'une partie de nos compatriotes se voient daigner le droit de se sentir pleinement français, génération après génération. Alors, personne, je dis bien personne, ne nous reprendra le mot de « nation La nation n'est pas l'addition de ceux qui se ressemblent, elle est l'organisation politique de nos différences autour d'un destin commun Notre patriotisme n'a rien à voir avec le nationalisme, le Le nationalisme a besoin d'ennemis pour fabriquer de l'unité.
Le patriotisme républicain, lui, construit de l'unité en donnant à chacun une place dans le récit communs. Et ces racines communes, c'est notre état social qui les tisse. La sécurité sociale, l'école, les services publics, ce ne sont pas des dépenses.
Ce sont les seuls lieux qui restent où un enfant de cadre, un enfant d'ouvrier partage encore quelque chose. Voilà pourquoi nous tenons à l'amidité scolaire. Quand l'école se ferme sur elle-même, c'est la nation entière qui perd son C'est un ciment.
Défendre l'état social, c'est défendre le seul endroit où l'on continue de faire nation ensemble. Voilà pourquoi les services publics sont aussi des institutions démocratiques, une maternité, une école, une gare, un bureau de poste, un tribunal, un commissariat ne sont pas seulement des lignes budgétaires. Ils disent à chaque citoyen « Où que tu habites, tu comptes Oui pour la République ».
Et quand ils disparaissent, ce n'est pas seulement un service qui s'éloigne, c'est la République elle-même qui devient plus lointaine. Et c'est dans ce vide que s'installe alors le ressentiment, l'abandon et tous ceux qui ne croient plus que la démocratie peut encore les protéger. Car ce qui se joue, d'ailleurs chaque incendie que j'ai décrit, c'est une bataille pour l'imaginaire.
Regardez bien Poutine, Xi Jinping, Trump, ce sont des hommes qui ont compris l'intérêt de confisquer l'imaginaire d'un peuple, pour décider de ce qui est racontable, de ce qui est pensable, de ce qui est désirable. L'autoritarisme du XXIe siècle ne commence pas forcément par des chars et des canons. Ils commencent d'abord par des récits qu'on nous impose, par une histoire qu'on nous vole.
Et défendre la liberté aujourd'hui c'est aussi défendre notre droit collectif, à raconter notre propre histoire, c'est défendre la culture et la liberté de l'information. Les forces autoritaires, prospères, lorsqu'elles réussissent à convaincre qu'il n'existe plus d'avenir commun, seulement des menaces, des ennemis et des déclins. Alors affirmons-le, un autre futur est possible.
La doit se comporter en stratège, protecteur et organisateur du temps long. Un Etat qui ne se contente pas ou plus de compenser les dégâts après coups. Un Etat qui fixe des priorités nationales, investit dans de nouvelles odyssées industrielles, anticipe, organise les conditions sociales, garantit l l'égalité entre les territoires et protège les biens essentiels.
Il nous faut retrouver la capacité à penser à 10 ans, à 20 ans, à 30 ans. L'un des drames de nos démocraties et qu'elles savent ce qui les menace, mais qu'elles continuent à gouverner à l'horizon du prochain trimestre budgétaire. Gouverner, c'est aussi représenter les générations futures qui, par définition, ne votent pas encore.
Gouverner ne devrait jamais consister à sacrifier l'avenir au présent. Cela passe par le budget qui vient. J'assume d'avoir cherché avec Boris et tous nos camarades du groupe socialiste à l'Assemblée, avec nos camarades du groupe socialiste au Sénat.
J'assume et nous assumons d'avoir cherché à obtenir un compromis sur le budget précédent. Nous avons tenu des avancées, la suspension de la réforme des retraites, le repas à 1 euro si cher La hausse de la prime d'activité pour les salariés modestes. Nous avons obtenu que l'on ne touche pas aux franchises médicales, que les pensions de retraite ne soient pas sous-indexées, que les prestations sociales, RSA, allocations pour les adultes handicapés, ni même vieillesse, allocations pour le logement ne soient pas gelé, que plusieurs centaines de milliers de salariés non imposables ne rentrent pas dans l'impôt sur le revenu.
Sur tous ces sujets, nous avons obtenu qu'en 2026, le musée des horreurs demeure une fiction.
Olivier Faure