Réponse à la primaire pour la France de Nicolas Dupont-Aignan
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56Invité politiqueFait
« Il me semble qu'il aurait été plus habile et plus prudent pour M. Dupont-Aignan de prendre contact avec les personnalités citées pour s'assurer qu'elles sont bien d'accord sur cette idée de primaire, plutôt que de les mettre devant le fait accompli. »
- 2:36Invité politiqueFait
« Pourquoi seraient-ils moins républicains et patriotes que les personnalités qu'il a citées ? Ce sont des personnalités de gauche. »
- 3:56Invité politiqueFait
« L'UPR n'est pas un mouvement classé à droite, et encore moins à l'extrême-droite. L'UPR est classée par le ministère de l'Intérieur, depuis des années, comme un mouvement classé divers. »
- 6:00Invité politiqueFait
« Le sujet le plus fondamental qui se pose à la France, c'est la question de la souveraineté et de l'indépendance nationales, et que tout le reste en découle. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mes chers compatriotes. En ce lundi 20 janvier 2020, M. Dupont-Aignan a lancé publiquement – et ça a été beaucoup relayé par la presse – l'idée d'organiser une primaire en vue de l'élection présidentielle de 2022, et prétendument dans le but de rassembler les « patriotes » et les « républicains », entre guillemets, pour avoir un candidat unique face à Macron en 2022 dès le premier tour.
À cet effet, il a présenté une liste de candidats comprenant, outre lui-même, Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, Julien Aubert, Guillaume Larrivé, Bruno Retailleau, Florian Philippot, le général Pierre de Villiers, et de façon plus étonnante deux journalistes : Éric Zemmour, Natacha Polony, et enfin votre serviteur : François Asselineau. J'ai été appelé par un certain nombre d'organes de presse : Le Parisien, Le Figaro, L'Opinion, pour avoir mon opinion sur ce sujet. Je tiens à informer nos adhérents, nos sympathisants et toutes les personnes qui m'écoutent sur UPR TV de ma réaction sur cette initiative.
D'abord, j'en ai pris connaissance avec un certain étonnement, compte tenu de l'importance politique énorme du sujet. Il me semble qu'il aurait été plus habile et plus prudent pour M. Dupont-Aignan de prendre contact avec les personnalités citées pour s'assurer qu'elles sont bien d'accord sur cette idée de primaire, plutôt que de les mettre devant le fait accompli, parce que cette primaire, ça a un sens très précis. C'est que si primaire il y a, dont il faudrait d'ailleurs définir qui voterait, selon quelles modalités... Tout ça est d'une très grande complexité. Et M. Dupont-Aignan n'en parle pas.
Mais le principe même de cette primaire, c'est que celui qui n'arrive pas premier prend l'engagement de se désister pour celui qui arrive en premier. Il faudrait vérifier si tout le monde est bien d'accord sur cette question. J'y reviendrai tout à l'heure. Le deuxième point qui m'étonne, c'est qu'il me paraît quand même bien audacieux que M. Dupont-Aignan décide de lui-même qui serait républicain et patriote et qui ne le serait pas. Je ne vois en particulier pas de personnalité située à gauche ou à l'extrême-gauche qui fasse partie de ce panel. Or, pour moi, même si je suis en désaccord avec bien des choses, il me semble quand même que M.
Fabien Roussel, par exemple, secrétaire national du PCF, M. Mélenchon, M. Kuzmanovic, qui a quitté la FI pour créer son propre mouvement, entre autres... On pourrait en citer bien des autres. Pourquoi seraient-ils moins républicains et patriotes que les personnalités qu'il a citées ? Ce sont des personnalités de gauche. Et c'est là aussi où je m'étonne. C'est que je note avec beaucoup de surprise que toutes les personnalités sont des personnalités qui sont situées à droite voire très à droite, à l'exception – me semble-t-il – de deux : Natacha Polony et moi-même.
Je vois que l'on mélange d'ailleurs dans ce panel des personnes qui appellent au Frexit et d'autres qui le refusent catégoriquement, qui refusent catégoriquement de sortir de l'UE et de l'euro, notamment Mme Le Pen, notamment M. Dupont-Aignan lui-même, mais aussi les membres des Républicains qu'il évoque. Alors ceci m'amène quand même à faire quelques rappels. Je rappelle que l'UPR n'est pas... Que cela plaise ou ne plaise pas, que l'UPR n'est pas un mouvement classé à droite, et encore moins à l'extrême-droite. L'UPR est classée par le ministère de l'Intérieur, depuis des années, comme un mouvement classé divers.
Ce qui correspond d'ailleurs bien à la composition de ses adhérents et de ses électeurs, compte tenu de son programme. Je mets ici au défi quiconque de trouver dans le programme de l'UPR quelque élément que ce soit qui permettrait de le classer résolument à droite ou à l'extrême-droite. Je mets tout le monde au défi. Ça n'existe pas. Notre programme s'inspire étroitement du programme du CNR. Et toutes les personnes qui ont eu l'honnêteté intellectuelle de se renseigner sur notre programme, et non pas de reprendre à leur compte des mots d'ordre lancés par telle ou telle officine...
Toutes les personnes qui ont eu l'honnêteté d'aller examiner depuis bientôt 13 ans qu'existe ce mouvement toutes mes déclarations, toutes mes analyses, toutes mes conférences, toutes les analyses, les conférences, les écrits de M. Vincent Brousseau, de Charles-Henri Gallois, de toutes les personnes qui sont intervenues à l'UPR, d'Anne Limoge pour les questions d'éducation, je les mets au défi de leur trouver quelque chose qui nous classerait à l'évidence à droite ou à l'extrême-droite. Notre mouvement est un mouvement de large rassemblement, qui va au-delà du clivage droite-gauche. Tel n'est pas le cas de M.
Dupont-Aignan, qui a été classé très récemment, pour les élections municipales, à l'extrême-droite par le ministère de l'Intérieur, comme d'ailleurs Les Patriotes. D'ailleurs, M. Dupont-Aignan n'en est pas satisfait. Je crois qu'il a introduit un recours. Mais force est de constater qu'il a en effet un positionnement qui est du moins bien à droite, puisqu'il a – tout le monde le sait – fait alliance avec Mme Le Pen avant le deuxième tour de l'élection présidentielle. Alors tout ceci m'amène à résumer un petit peu la situation. Premièrement, moi, je suis d'accord toujours pour parler et pour discuter avec tout le monde, mais à la condition qu'on ne verse pas dans la confusion.
Je n'aime pas la confusion intellectuelle. Je n'aime pas le mélange des genres. J'estime, et les 38 650 adhérents de l'UPR avec moi, et les 330 et quelques mille électeurs qui ont voté pour ma candidature à l'élection présidentielle estiment que le sujet le plus fondamental qui se pose à la France, c'est la question de la souveraineté et de l'indépendance nationales, et que tout le reste en découle, et que la question n°1 à trancher, c'est donc de savoir si l'on reste ou si l'on sort de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Et je voudrais dire à ce propos à M. Dupont-Aignan que sortir de l'UE et y rester, eh bien ce sont des choses différentes. Ce sont des choses totalement – même – opposées.
Et c'est la raison pour laquelle je suis extrêmement surpris de cet appel à une primaire : parce qu'il est bien évident que s'il y avait une primaire et que Mme Le Pen, M. Dupont-Aignan arrivaient avant moi, je n'accepterais jamais de me désister pour eux avant le premier tour alors même qu'ils proposent de rester dans l'UE et dans l'euro. Ça reviendrait à dire que le mouvement politique que j'incarne n'a en fait aucune colonne vertébrale. Donc s'il doit y avoir un jour une primaire... Et je suis favorable bien entendu à battre Macron. Ça, ça ne fait pas un pli.
Mais s'il doit y avoir une primaire, ça doit être une primaire entre des gens qui partagent le même objectif absolument fondamental qui est de récupérer notre souveraineté et notre indépendance nationales en sortant de l'UE et de l'euro. Donc moi, je suis ouvert à des primaires, mais sur cet objectif précis, clair et net. En fait, je propose à M. Dupont-Aignan un débat devant les Français. Ça fait d'ailleurs des années que je le propose. Je le propose aussi à Mme Le Pen. Je le propose aussi à M. Mélenchon, à M. Fabien Roussel, etc., etc. Toutes ces personnalités qui sont des opposants à Macron. Ça, je n'en disconviens pas.
Mais je leur propose un débat fondamental devant les Français : « Pour ou contre le Frexit ? ». C'est ça, le sujet du jour. Et c'est sur cette base-là que l'on pourra ensuite éventuellement réfléchir à une primaire entre gens qui sont d'accord sur l'essentiel, l'essentiel étant : « Oui ou non, est-ce que l'on reste dans l'UE ? ». Dans l'immédiat, je réponds à M. Dupont-Aignan, que... Je l'ai invité, d'ailleurs, il y a quelques jours. Il n'a pas encore eu le temps de me répondre. Je l'ai invité à participer... Alors quelque chose qui est beaucoup beaucoup plus modeste, hein : à une soirée qui n'est même pas une soirée UPR. C'est une soirée Brexit, une soirée pour se féliciter du Brexit.
J'ai proposé ça de Mme Le Pen à M. Mélenchon. J'ai proposé ça pour que, si effectivement ces personnalités considèrent que le Brexit est une bonne chose, eh bien qu'on le fête avec des journalistes. Voilà. Puis ceux qui ne sont pas d'accord avec le Brexit, eh bien ils viendront pas. Voilà. Mais c'est pas une primaire. Ça n'est pas quoi que ce soit. C'est simplement pour essayer de rassembler les Français sur, quelques heures, sans nier nos différences, simplement une fête en faveur du Brexit. J'espère maintenant que les choses sont claires. Nous, à l'UPR, nous aimons la clarté. Vive la République et vive la France.
François Asselineau