Nicolas DUPONT-AIGNAN sur LCI le 28/03/23
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous saluez cette mobilisation du ministre et des forces de l'ordre ?
- 0:41RelanceRéponse directe
Donc vous soutenez les policiers mais pas le ministre de l'Intérieur ?
- 1:13RelanceRéponse directe
Ça veut dire quoi, comme par hasard ?
- 1:35RelanceRéponse directe
Donc, vous accusez le ministre de l'Intérieur d'organiser cette pagaille.
- 1:59OuverteRéponse directe
Parce que ce qui se passe depuis deux manifestations est en train de dresser les Français les uns contre les autres.
- 2:30OuverteRéponse directe
Mais on a l'impression qu'Emmanuel Macron n'a toujours pas compris que les Français ne croyaient plus à ces grosses ficelles.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurFait
« Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a pointé hier des risques très importants, je cite, de violences. »
- 0:51?Fait
« Parce que, soyons clairs, 99,9% des manifestants sont des Français calmes, qui sont hostiles à cette réforme des retraites et qui soutiennent des syndicats modérés comme la CFDT et qui ne peuvent pas en un instant être assimilés à 1 000 casseurs qui, comme par hasard, sont rentrés en tête du cortège. »
- 1:28PrésentateurFait
« qui, comme par hasard aussi, quand il s'agit d'une coupe du monde de football, sont arrêtés préventivement. »
- 2:05PrésentateurFait
« Des images de violences terribles et des policiers et gendarmes qui vivent un enfer »
- 3:34PrésentateurFait
« on a un président déséquilibré au pouvoir qui ne veut pas reconnaître... »
- 3:52PrésentateurFait
« Il n'a pas obtenu de majorité à l'Assemblée sur sa réforme. »
- 4:02PrésentateurChiffre
« Avec une hausse des prix, je vous le rappelle, de 15% pour les produits alimentaires »
- 5:18PrésentateurFait
« Elle a publié une série de tweets vers 23h30, après une série de consultations. »
- 6:36PrésentateurFait
« il n'y a que deux solutions, le suffrage universel ou la violence de la rue. »
- 7:18PrésentateurPromesse
« j'étais le premier à proposer le référendum initiative partagée pour apaiser la société française. »
- 10:32PrésentateurFait
« Vous allez être reçu. »
- 10:54PrésentateurPromesse
« si cette réforme avait été votée par l'Assemblée nationale, je me serais complètement incliné. »
- 12:11PrésentateurFait
« Il est dans une impasse. »
- 15:39PrésentateurFait
« l'Institut de sondage IFOP pour le journal du dimanche a fait un sondage. »
- 15:57PrésentateurFait
« 97, il y a le même type de sondage. Au moment de la dissolution, Jacques Chirac... »
- 17:51PrésentateurFait
« Je le vois bien, parce que je suis encore élu local et je circule beaucoup en France à la rencontre des Français. »
Temps de parole
- Présentateur91 %
- ?9 %
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Bonjour Nicolas Dupont-Aignan.
Bonjour
Adrien Jeanne. Merci beaucoup d'être là ce matin. Dixième journée d'action contre cette réforme des retraites à l'appel du syndicat. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a pointé hier des risques très importants, je cite, de violences. Il a décidé de déployer 13 000 policiers et gendarmes dans tout le pays. Est-ce que vous saluez cette mobilisation du ministre et des forces de l'ordre
?
Mais d'abord, je soutiens les forces de l'ordre
face
aux violences dont ils sont l'objet. Et je condamne d'ailleurs aussi la manière dont ont été dirigées les forces de l'ordre lors de la dernière manifestation.
Tout
s'est bien passé pendant huit manifestations. Donc vous soutenez les policiers mais pas le ministre de l'Intérieur ? Oui, parce que j'ai beaucoup de policiers qui en ont assez des instructions données, de la pagaille qui règne. Parce que, soyons clairs, 99,9% des manifestants sont des Français calmes, qui sont hostiles à cette réforme des retraites et qui soutiennent des syndicats modérés comme la CFDT et qui ne peuvent pas en un instant être assimilés à 1 000 casseurs qui, comme par hasard, sont rentrés en tête du cortège. Ça veut dire quoi, comme par hasard ? Comme par hasard,
c
'est que ça fait à plusieurs reprises, depuis les Gilets jaunes, depuis la loi El Khomri, que l'État
n
'est pas capable de prévenir l'arrivée sur une manifestation de casseurs bien identifiés qui, comme par hasard aussi, quand il s'agit d'une coupe du monde de football, sont arrêtés préventivement. Donc, il y a un
mystère.
Donc, vous accusez le ministre de l'Intérieur
d'organiser cette pagaille.
Je pose une
question,
je pose une question, il y a des syndicalistes policiers qui se la posent aussi, qui ne comprennent pas. Donc, j'espère que M. Darmanin
a
compris, j'espère, qu'il faut bien séparer les casseurs et essayer de les arrêter préventivement, comme le permet la loi,
des
manifestants. Parce que ce qui se passe depuis deux manifestations est en train de dresser les Français les uns contre les autres.
Des images
de violences terribles et des policiers et gendarmes qui vivent un enfer, et de l'autre, des casseurs qui sont les meilleurs alliés d'Emmanuel Macron. Quand le ministre mobilise 13 000 policiers
et gendarmes, il fait ce qu'il
faut. J'espère. Vous savez, j'attends de voir. Mais je vais vous dire,
le
débat a dérapé, a dérivé.
Il
y
a
eu des violences inacceptables, on les condamne tous.
Mais on
a l'impression qu'Emmanuel Macron n'a toujours pas compris
que
les Français ne croyaient plus à ces grosses ficelles.
C
'est-à-dire de faire croire qu'il est le rempart et qu'il défend l'ordre. Non, il est le responsable premier du désordre. Alors, lui, il prend des responsables, Nicolas.
Quand on dit
que la France insoumise tente de délégitimer l'ordre raisonnable.
Il n'est
pas suspect d'être favorable à la France insoumise. Non,
mais
donc est
-ce
que
tu
es d'accord avec Emmanuel Macron ? Complètement désaccord. Emmanuel Macron refuse de reconnaître sa responsabilité. Emmanuel Macron n'a aucune hauteur de chef d'État.
Il
rentre dans des basses polémiques avec M. Mélenchon. Ça n'intéresse pas les Français. On attend d'un président de la République
qu
'il soit le garant de l'unité nationale. On attend d'un président de la République qu'il ne mette pas de l'huile sur le feu à des fins politiciennes minables. Mais est-ce qu'on n'attend pas les élus qu'ils condamnent
les violences lorsqu
'elles interviennent
? Tout le monde
condamne les violences. Arrêtez sous ce cinéma. Tout le monde condamne les violences. Le problème de fond,
c
'est qu'on a un président déséquilibré au pouvoir qui ne veut pas reconnaître... Déséquilibré. Dans quel sens déséquilibré ? Déséquilibré, politiquement. Pour passer
une
réforme des retraites qui suscite l'opposition de 70% des Français, de gauche comme de droite,
qui
n'a pas eu de vote à la majorité à l'Assemblée. Il n'a pas obtenu de majorité à l'Assemblée sur sa réforme. Avec une crispation de l'opinion aussi intense, avec une hausse des prix, je vous le rappelle, de 15%
pour
les produits alimentaires, les Français modestes n'arrivent plus à boucler les fins de mois. Comment
un
homme peut être chef de l'État et se livrer à des manœuvres politiciennes minables, jeter l'huile sur le feu la veille d'une manifestation, refuser de prendre
la main
tendue, la main tendue
n'apaise rien du
tout, rien j'aime. Enfin, il faut quand même, à un moment, les Français ont compris, on a un syndicaliste,
je
n'y suis pas favorable, M. Berger, qui est d'ailleurs un soutien de M. Macron, un homme d'une modération...
Alors,
pas sur ce dossier de la réforme des retraites,
pour le coup, il y a une opposition... M.
Berger est un syndicat modéré, qui tend la main, qui tend la main, qui propose même une pause, une pause, c'est
-à
-dire un compromis. M.
Berger est-ce
que vous vous dites, Laurent Berger, pour le coup, à raison, à défaut de retirer la réforme, faisons une suspension.
M.
Berger,
il
faut la retirer. Mais déjà, moi, je ne souhaite qu'une chose, c'est que la France se réconcilie. La France a des défis considérables à
relever. M. Berger,
je suis
effaré de
voir un président de la République incapable de le faire.
M. Berger, c'est
exactement ce que disait la Première Ministre hier soir, il y
a
quelques heures. Elle a publié une série de tweets vers 23h30, après une série de consultations. M.
Berger, elle
dit, je veux apaiser le pays, rassembler les bonnes volontés, accélérer les réformes en proposant des mesures aux effets rapides et concrets pour les Français. Tout ça, vous le saluez. M.
Berger, mais
qui peut croire des fadesses pareilles ? M. Berger,
mais
qui peut croire des
fadesses pareilles ? M. Berger, quand
vous
vous dites qu'il faut apaiser le pays, c'est souhaitable, et quand elle le dit, c'est pas souhaitable ? M. Berger, parce qu'elle est
passée en force, elle a refusé d'entendre le Parlement, elle a imposé une réforme, et maintenant elle dit, tout va bien, on va apaiser. Et Isabelle Borne doit partir, bien évidemment, elle est incapable de rester un mètre. M.
Berger, pourquoi
bien évidemment ? M. Berger,
mais
parce que quand vous avez échoué, lamentablement, que vous avez méprisé le Parlement, que vous êtes passé en force sur un projet essentiel pour la vie des Français,
mais
vous savez, dans la vie,
la
Vème République, le général de Gaulle, je suis gaulliste, le général de Gaulle, j'ai lu tous les textes de Michel Debré, de De Gaulle sur la Constitution, le général de Gaulle a donné de grands pouvoirs à l'exécutif, énorme pouvoir,
mais
il y avait une contrepartie,
énorme, le
référendum. Cinq référendums en dix ans, cinq référendums en dix ans, et le général de Gaulle est parti sur un référendum perdu. M. Berger, mais
en
démocratie, M. Gindre, il
n'y a
que deux solutions,
le
suffrage universel ou la violence de la rue.
C
'est comme ça que ça marche. Si vous n'avez pas le suffrage universel pour débloquer un conflit, il y a de très beaux textes que je vous renvoie, c
'est
de Michel Debré.
Quand
il y
a
un conflit, il explique, vous retrouverez la vidéo, il explique quand il y a un conflit qui est normal en démocratie, il y a des conflits, il y a l'arbitrage du peuple. Cet arbitrage du peuple se fait de deux façons sous la Vème République. Deux façons. La dissolution,
les
Français choisissent une nouvelle majorité. S'ils veulent plus de députés Renaissance, ils votent pour plus de députés Renaissance, et ils donnent une majorité à Mme Borne. S'ils n'en veulent pas, ils votent pour d'autres forces politiques. Et puis l'autre solution qui est plus adaptée, je l'avais réclamée dès le début, souvenez-vous, j'étais le premier à proposer le référendum initiative partagée pour apaiser la société française.
Mais donc
vous dites,
s'il
n'y a pas de retour aux urnes de l
'Ontario... Mais il n'y aura que la violence,
mais c'est évident. Mais comment voulez-vous gouverner un pays avec un chef d'État
qui
en fait... Vous savez, je réfléchissais à ça avant de venir. Dans les membres du gouvernement, si vous regardez leurs réactions, ils ont toujours raison.
Ils
n'acceptent jamais la moindre erreur. Mais est-ce que vous,
vous
reconnaissez des torts ? C'est le problème
des hommes politiques, Nicolas
Dupourgnan.
Non,
excusez-moi. Quand on a été élu, comme moi, 22 ans maire, et s'il y avait au gouvernement des gens qui avaient été élus sur le terrain pendant des années, si Emmanuel Macron avait eu un mandat local un jour dans sa vie, il aurait compris que la démocratie, ce n
'est
pas une décision
imposée.
Et vous avez tous
des convictions et vous défendez
vos convictions.
Chacun défend ses
convictions. Mais Adrien Jeanne, nous ne sommes pas dans une situation normale. Nous sommes au bord d'une insurrection populaire. Le pays prend des risques... Vous
voulez un bain de sang ?
On veut un bain de sang en France ?
Vous imaginez l'image
de la France... Non, mais vous plaisantez. Vous imaginez l'image de la France aujourd'hui à l'international ? Notre pays a des défis à relever.
Il
est dirigé par un homme contesté de plus en plus... Et je vais vous dire ce qui va se passer.
Mais vous n'avez pas, vous, l'impression, de plus en plus de Français ? Nicolas Dupourgnan,
en disant « bain de sang », est-ce que vous...
Mais je
le crains. On est en train de parler
d'un désaccord
sur un texte de loi. Mais vous ne connaissez pas l'histoire de France, Adrien Jeanne. Je le crains. Je crois que je la connais un peu. Eh
bien,
je suis inquiet. Et si vous voulez, moi, je souhaite... On avait des chefs d'État. Jacques Chirac, François Mitterrand, qui n'étaient pas... J'étais très hostile. On avait des chefs d'État
qui
connaissaient le peuple français,
qui ne le méprisaient pas. Qu'ils ne le faisaient pas. Le
49-3 fait passer
des textes de loi. Non, non, quand
il y a eu des protestations populaires très vives, ils n'ont pas mis en danger le pays.
Ils
ont su écouter. Même après 68, il y a eu une dissolution. Il y a eu Georges Pompidou qui a fait les grenelles pour comprendre la colère sociale. Si vous ne comprenez pas ce qui se passe dans le pays depuis des mois, des années, eh bien, vous risquez d'enflammer le pays. Moi, je ne souhaite qu'une chose. C'est qu'Emmanuel Macron, qui a la solution en ses mains, la prenne la plus vite possible. Retrait, référendum ou dissolution.
Et ensuite,
s'il ne le fait
pas... Moi,
j'entends dans ma ville, ce week-end, j'ai entendu quoi dans ma ville
? Les
gens venaient me voir, ils me disaient quoi ? Macron démission, c'est lui le problème. Et s'il ne fait rien, c'est lui qui va devenir la cible.
Et je ne souhaite
pas,
parce que je suis respectueux des institutions.
Vous ne pouvez pas demander le départ du président
de la République, qui est
légitimement élu. Mais il n'est plus légitime aujourd'hui. Il est légal.
Il a
gagné l'élection présidentielle en 2022. Oui, mais il n'est plus légitime. Il devient illégitime. Il se met en danger. Et comme je suis respectueux des institutions,
ce
qu'il veut...
Non, il est
légitime, Nicolas Dupoignant, que je comprenne bien, c'est quoi ? C'est les sondages d'opinion qui disent non ?
Non, c'est de ne pas respecter la
démocratie. Mais en quoi
il ne respecte pas la démocratie
? Écoutez, il n
'y a
pas eu de vote de l'Assemblée nationale. Il n
'y a
pas un pays
démocratique. Et nous, c'est sûr qu'il a été
rejeté. Il n
'y a
pas un pays démocratique. Regardez ce qui se passe en Allemagne. C'est très intéressant. Il y a une grève très dure en Allemagne en ce moment. Qu'est-ce qu'a dit la ministre ? On va négocier. On va écouter. On va comprendre. On va trouver un compromis. Là, la première ministre dit... Elle propose d'ailleurs de recevoir les chefs de parti. Vous allez être reçu. Mais je n'irai pas voir Madame Borne. Pourquoi vous n'irai pas voir Madame
Borne
? Mais parce que je n'irai voir Madame Borne que quand elle retirera le projet ou qu'elle mettra sur pause. Mais la démocratie, est-ce que c'est possible ?
Mais discutez
avec des gens qui vous tapent dessus, qui vous tapent, ils ont fait adopter une réforme dangereuse
qui
est contestée sans vote du Parlement. Vous savez, Adrien Jeanne, si cette réforme avait été votée par l'Assemblée nationale, je me serais complètement incliné.
Mais
comme tous les Français... Il y
a
eu un vote sur la motion de censure ? Il n'y
a
pas eu de vote sur... Il n
'y a
pas eu de vote.
Il
y a eu un vote. C'est un passage en force qui n'a aucun sens. Vous le savez très bien. Et encore une fois,
qu
'est-ce qui compte ? C'est que le pays avance. C'est que les institutions soient légitimes. Mais Nicolas Dempogne, ce
qui compte, c'est que moi je veux que le pays avance.
Le président et la première ministre disent on va travailler sur le plein emploi, l'ordre
républicain,
l'école, la santé, l'écologie. Est-ce que tout ça, ce n
'est
pas des sujets sur lesquels le pays doit
avancer ? Mais bien évidemment, mais le
préalable, c'est de retirer cette réforme ou de la faire adopter par le suffrage. Qu'il refasse un vote à l'Assemblée, si c'est possible. Ils suspendent ce projet, ils redéposent un projet, ils le font voter. Vous savez, un pays ne tient. La Ve République donne d'immenses pouvoirs au président à condition qu'il y
ait
le respect du suffrage universel. Et aujourd'hui, le président se met en danger. Je lui donne le conseil. Je lui donne le conseil. S'il ne veut pas voir tout son quinquennat fichu.
Et
vous savez, moi je souhaite que la France avance. Je ne veux pas qu'on perde 4 ans encore. Vous ne souhaitez pas l'immobilisme ? Non, je souhaite que mon pays avance. Et je ne peux pas accepter qu'il
y ait 4
ans de perdu. Et bien il doit retirer cette réforme ou la faire voter par le suffrage. Il n
'y a
pas 5 ans de solution. Il est dans une impasse. Et plus il s'entêtera, plus le pays sera en danger. Il met en danger la France. Mais ça veut dire que ça peut durer indéfiniment. Non,
parce que j'imagine que... Non, parce que j'imagine
que... Il maintient sa réforme, les protestations continuent et on continue
comme ça. Il sera la cible
et nos institutions seront en danger et il sera obligé de démissionner à terme. On ne gardera pas 4 ans un président qui, à ce point, méprise les Français. Ce n'est pas possible. Donc je lui demande... Mais vous savez, même dans la majorité, je voyais hier à
l
'Assemblée des députés de la majorité qui sont inquiets. Ils se disent, mais cet homme... Que se passe-t-il à l'Élysée
?
Quand va-t-il comprendre ? Il y a urgence. Le pays ne peut pas continuer comme ça. Nicolas Dupognant, ça veut dire, d'une certaine manière, pour reprendre une formule assez classique, que c'est la rue qui gouverne.
Non, pas
du tout. Demain, une autre majorité était au Parlement et qu
'il
y avait des manifestations. Il faut écouter
les manifestations. Vous confondez
quelque chose. Je vous pose une question. Pas du tout. Je vous le dis, une réforme de cette importance qui concerne la vie de millions de Français qui est rejetée à ce point doit être adoptée par un vote au Parlement ou par un référendum. C'est la loi de toutes les démocraties.
Mais ce n'est
pas
ce que la
Constitution prévoit puisqu'elle prend plein
de
possibilités d'adoption. La Constitution, je vous le rappelle, c'est un dialogue de souhait. Vous voulez qu'on l'applique à géométrie variable ? Non, pas du tout. La Constitution est faite, justement, avec le référendum. Je vous rappelle que le général de Gaulle l'a utilisé cinq fois en dix ans. Le général de Gaulle et ses successeurs considéraient
que
face au peuple, il y a le référendum qui est un moyen d'enlever le couvercle de la marmite. Et quand on connaît la situation sociale du pays, l'extrême difficulté des Français à se nourrir, à se nourrir, puisque les salaires n'ont pas suivi l'inflation. Quand on connaît ce qui se passe dans notre pays, l'insécurité, parce qu'il y a des problèmes d'insécurité majeurs, de justice. On a un garde des SAU mis en examen qui fait des bras d'honneur à l'Assemblée. Il y a une déliquescence des institutions qui est grave. Donc moi, je souhaite qu'on reprenne les choses à la base, à la fois fermeté et justice, vote. Voilà, c'est ça. Hier,
à
votre place, Jean-Pierre Raffarin, l'ancien Premier ministre, disait qu'Emmanuel Macron doit se
mettre
dans une logique de cohabitation, accepter de gouverner aussi avec des gens qui sont en désaccord avec lui. Dans son esprit, à Jean-Pierre Raffarin, ce sont des gens qui seraient venus du parti LR, des Républicains. Est-ce que l'idée
vous
séduit ? Est-ce que vous dites, au moins, que
ça
permettrait de faire avancer le pays ? De composer un gouvernement, peut-être plus large, avec des sensibilités différentes ?
Mais faut-il encore
que les sensibilités en vie
et
qu'Emmanuel Macron nous donne un projet ? Donne un projet, pas à moi, je n'irai pas dans cette cohabitation, bien sûr. Mais je veux dire, quel est le projet aujourd'hui ? On ne le connaît pas. Encore une
fois... On l'a
dit, plein emploi, ordre républicain, école, santé, collégie, ça,
ça
passe par des réformes précises, un calendrier. Je prends l'exemple sur l'immigration. Même les Républicains ont dit que ce projet n'était pas valable puisque c'est une régularisation massive sous prétexte de permis de travail. De fait, le texte va être découpé en morceaux et il va...
Vous le voyez bien. Vous pourrez le voter bout par bout. Ce qui est
terrible dans la situation, si on prend un peu de recul, c'est qu'on ne peut pas gouverner une grande nation comme la France, comme ça,
par
des petites manœuvres. Ce n
'est
pas comme ça que ça marche. Donc il faut, un,
apaiser,
deux, avoir un projet. Quel est le projet d'Emmanuel Macron ? Et puis, s'il n'a pas de majorité, soit il débauche des individus, comme il a toujours fait, soit il fait une dissolution et les Français choisissent entre des projets différents. C'est le principe de la démocratie. Mais vous avez vu, par exemple, ce dimanche, l'Institut de sondage IFOP pour le journal du dimanche a fait un sondage. Si les élections législatives avaient lieu maintenant, il en ressort qu'il n'y
a
aucune majorité claire qui se dégage. On risque d'avoir la même situation avec une assemblée divisée. Je ne suis pas sûr. Vous savez, ce sondage me rappelle, vous n'étiez pas né peut-être, 97. 97, il
y a le même type de
sondage. Au moment
de la dissolution, Jacques Chirac, il se matisse.
Moi,
je
suis convaincu que s'il y
avait
une dissolution, un rassemblement patriote allant du Rassemblement National, Debout la France, des Républicains qui ne veulent pas servir la soupe à Macron et puis des patriotes même venant de la gauche, je suis convaincu qu'on pourrait gagner. Mais vous y croyez toujours ? Tout le monde a fermé la porte. Les LR ne veulent pas bosser avec Marine
Le Pen, Marine Le Pen pas
avec les LR. Vous savez, moi, je suis convaincu qu'il y a une alternative pour la France. Je suis convaincu que les Français commencent à comprendre. et je suis certain qu'il faut redresser le pays et qu'on sait ce qu'il faut faire. Rétablir l'ordre, fermer les frontières, favoriser le Made in France, aller léger les charges des entreprises, reconstruire nos services publics, aménagement du territoire. On sait ce qu'il faut faire. Le pays est paralysé, oui, mais il faut trancher. Donc, encore une fois, soit Emmanuel Macron est raisonnable, fait un référendum ou retire son contre, soit il fait une dissolution. Le pays ne peut pas perdre 4 ans. C'est tout ce que je veux dire aux Français. On
ne peut
pas perdre 4 ans. Vous avez
dit La situation est prograve
sur le terrain. Nicolas Dupagnan, que vous êtes gaulliste. Oui. Il se trouve que le général de Gaulle avec Michel Debré, entre autres, a contribué à mettre sur pied les institutions qu
'on
a aujourd'hui. Oui. Vous dites, là, ça ne me convient pas. Est-ce que vous dites qu'il faut changer les institutions ? Emmanuel Macron n'a fait que les utiliser, pas de la manière que vous souhaitez, il n'a fait que les utiliser. Est-ce que ça veut dire qu'elles sont mauvaises ou dénayantes
?
Les institutions, quand on utilise toute la palette et qu
'on
respecte le peuple français, elles peuvent fonctionner très bien, puisque justement, la Ve République a été faite pour les crises.
Mais vous
prenez n'importe quelle institution, si vous mettez à la tête de l'État quelqu'un
qui
estime que le vote ne sert à rien, qui n'a jamais été élu à l'exception d
'être
président de la République, et qui
considère... Il y en a d'autres qui ont tenté de croire. C'est très bien,
mais tout à fait. Mais en revanche, qui ne sait pas ce que c'est qu'un pays, qu'un peuple, et qui le méprise.
Et
vous savez, il y
a
un aspect très psychologique aujourd'hui. Je le vois bien, parce que je suis encore élu local et je circule beaucoup en France à la rencontre des Français. Ce qui m'inquiète, c'est cette haine qu'il y a. Et cette haine, il faut la dégonfler d'urgence. Parce que la France est un pays qui est très calme et qui peut devenir très violent. Et je souhaite de tout mon cœur que l'on dégonfle tout ça et qu'on remette les Français autour d'une table. Avant qu
'il
y
ait
de la violence. aussi de la pondération de tout le monde, y compris des oppositions, Nicolas Dupont-Aignan ?
Bien sûr. Est-ce
que les clés de l'apaisement ne sont pas aussi en vote entre vos mains ? Mais ce n
'est
pas moi qui suis au pouvoir, cher Adrien Jean. Non, mais ce sont les
oppositions aussi qui contribuent à hystériser le débat.
Qui est-ce qui a hystérisé le débat ? Il
n'y a pas de responsabilité collective.
Mais non,
il
y a une responsabilité. Qui a proposé le projet de loi qui est très
injuste
? Qui a menti sur les 1 200 euros ? Qui a menti autant
? Vous parliez
de l'Allemagne tout à l'heure. En Allemagne, on peut avoir des désaccords sans pour autant que ça
devienne
une
crise
d'hystérie. Mais ce n
'est
pas de l'hystérie que de dire qu'on ne peut pas mentir quand on est au pouvoir.
Il
y
a
une éthique de gouvernement. Comment peut-on mentir sur les 1 200 euros ? Vous savez, si les Français, malgré les violences, malgré le désordre qui pèse sur les Français, si les Français sont aussi nombreux, regardez les derniers sondages, à être hostiles, c'est bien parce qu'ils en ont assez d'être gouvernés ainsi. Ce ne
sont
pas des enfants.
Ils
n'ont pas à être traités comme ça. Et il est très important de reprendre à zéro les choses. Il est encore temps, mais c'est moins une. Donc, vraiment, je souhaite qu'on le fasse avant qu'il y
ait
un bain de
sang.
Nicolas Dupoignan, on aurait dû, en ce moment, être en pleine visite d'État du roi Charles, qui
est annulé. Le président doit
aller en Chine la semaine prochaine. Est-ce qu'il doit reporter ce voyage de votre point de vue ?
C
'est à lui de choisir. Il doit surtout prendre les décisions qui incombent un chef d'État qui est au-dessus de la mêlée et qui ne rentre pas dans la lutte politicienne. Le chef de l'État, il est l'arbitre. Il est le garant de la cohésion nationale. Il n'est pas un petit agitateur.
Non.
C'est ce qu'il est aujourd'hui. Oui, malheureusement. Et ça me fait de la peine. Pour le pays. Merci beaucoup, Nicolas Dupoignan, d'avoir été l'invité de LCI ce matin. Dans un instant,
c
'était Elisabeth Martichoux pour le temps de l'info. Mais d'abord, c'est l'heure de votre météo, Ange.