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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 2 juillet 2026 24 min

Agnès Evren : "La protection de l'enfance dépasse les clivages partisans"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Agnès Elouane, vous êtes sénatrice à l'Ère de Paris et vous êtes donc rapporteur de cette mission d'information sur les violences dans le périscolaire. Vous en êtes à l'origine, c'est vous qui avez poussé pour qu'elles soient créées. Le scandale qui a éclaté pendant les municipales à Paris depuis le parquet a ouvert des enquêtes sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches depuis le début de l'année. 132 animateurs ont été suspendus. Mais les signalements ne se limitent pas à Paris et on l'a vu hier lors de vos premières auditions.

Et c'est pourquoi vous souhaitez plus largement faire la lumière sur le périscolaire. D'abord, Agnès Évrenne, pour qu'on comprenne bien, pourquoi vous avez souhaité vous pencher sur ce scandale du périscolaire ?

0:49
Agnès Evren

D'abord parce qu'on a tous été sidérés quand il y a un an, au mois d'avril 2025, on a entendu ce qui s'est passé via la presse d'ailleurs à l'école Alphonse Baudin. On a vu qu'il y avait des pédocriminels qui avaient agi sur des enfants. On parle d'enfants de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans. Et donc, il me semblait essentiel qu'en tant que responsable politique, on puisse prendre nos responsabilités. Et aujourd'hui, c'est pour ça qu'il faut contextualiser ce sujet. Moi, je considère en France que la protection de l'enfance est un sujet qui a été trop longtemps sous-traité et que la parole de l'enfant est beaucoup trop minimisée, mise en doute, voire ignorée.

Et donc, j'ai demandé cette commission d'enquête. D'ailleurs, Gérard Larcher m'a apporté un soutien absolument constant. Et on se rend bien compte, en fait, qu'aujourd'hui, le scandale du périscolaire à Paris concerne aussi plusieurs villes en France. Ça a été dit hier, 70 départements, 16 régions.

Donc, aujourd'hui, on doit faire la lumière pour les parents parce que les familles, aujourd'hui, n'ont plus confiance non seulement dans les communes, puisque ce sont les communes, en fait, qui ont la responsabilité du périscolaire, mais non plus dans le service public de l'éducation nationale parce que des parents ne peuvent pas comprendre que, dans un lieu sacré comme l'école, on puisse craindre pour la sécurité de son enfant.

2:10
Présentateur

Ça veut dire, pour qu'on comprenne bien, que votre mission d'information, qui est allé pouvoir d'une commission d'enquête, elle ne cible pas particulièrement la mairie de Paris ?

2:18
Agnès Evren

Non. Et vous savez, la protection de l'enfance, elle dépasse les clévages partisans. L'enjeu, là encore, c'est de se dire qu'aujourd'hui, à l'heure actuelle, on a chaque année 160 000 enfants qui sont victimes d'actes pédo-criminels. C'est un enfant toutes les trois minutes. Et pourtant, il y a seulement, il y a les classements sans suite, c'est 90%. Ces chiffres sont vertigineux. Donc, l'enjeu, ce n'est pas de savoir si c'est Paris, si c'est de rejouer un match politique des municipales. Absolument pas. Cette commission, elle est évidemment transpartisane.

Et donc, je le redis, l'enjeu, c'est de mettre fin à cette omerta, à ce déni qui, pour ma part, à mes yeux en tout cas, est totalement systémique en France, y compris dans les communautés scolaires, où chacun se renvoie la balle. Et on l'a vu hier à l'audition, parce qu'il y a en fait une forme de zone grise. Le périscolaire est en France un angle mort. Pourquoi ? Parce qu'il y a, il faut le savoir, et ça, c'est illisible pour les familles, une direction bicéphale, où on a d'un côté, en fait, le scolaire, qui dépend évidemment de l'éducation nationale, et le périscolaire, qui dépend des collectivités. Sauf que pour toutes les familles, il n'y a pas de frontière entre les deux, théoriquement.

Et chacun se renvoie la balle. Quand il y a des actes, des délits qui sont commis, on va voir la directrice d'école qui dit « Ah, mais ça, ce n'est pas de ma responsabilité, c'est de la responsabilité de la collectivité. » Quand ils vont voir les maires, les maires ne sont pas informées, ils disent « Attention, il y a une enquête judiciaire, je ne peux rien dire. » Et c'est ce silence, en fait, qui fait que l'omerta est, j'allais dire, entretenue. Et donc, c'est non-assistance à personne en danger aujourd'hui.

3:55
Présentateur

Qui vous allez auditionner ? On va parler dans quelques instants avec Audrey de ce que vous avez fait hier, les premières auditions des associations. Mais est-ce que vous allez auditionner, par exemple, Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, l'actuelle maire de Paris ?

4:06
Agnès Evren

Oui, bien évidemment, je vais auditionner. Vous savez, l'enjeu de cette commission, dans un premier temps, c'est d'abord d'établir une cartographie. L'État a failli de ce point de vue. L'État est en incapacité d'avoir une vision nationale et globale. Pourquoi ? Parce qu'en fait, le périscolaire est géré par secteur dans chaque commune. Et donc, SOS Périscolaire a fait un travail remarquable, d'ailleurs, pour commencer, en fait, à faire une cartographie. On va en parler. Et ça, c'est le premier objectif. Le second, c'est de pointer les responsabilités et les failles au plan national, recrutement, formation, organisation du périscolaire, et dans un troisième temps, faire des recommandations.

Mais, écoutez, évidemment, tous les responsables politiques, parce qu'à la différence de toutes ces villes, Paris, en 2015, avait été alertée via un rapport de l'inspection générale qui disait, attention, les process ne sont pas clairs. Les process sont très permissifs. Et donc, on le sait, les pédocriminels sont attirés par les maternelles, les élémentaires, où ils peuvent vivre leur déviance. Attention, attention. Et malgré ça, aucune initiative n'a été prise.

5:07
Présentateur

Paris, c'est un cas particulier. Vous dites, la mairie, les élus, savaient, ils n'ont rien fait ? Absolument.

5:12
Agnès Evren

Ce qui n'est pas le cas dans les autres villes ? Eh bien, on va enquêter, justement. En tout cas, vous savez, la non-dénonciation d'un crime est un délit. Et c'est ce qui s'est produit à Paris.

5:21
Présentateur

Alors, on va justement regarder ce qui s'est passé hier. Puisqu'on le disait, vous avez donc lancé vos travaux, une mission d'information qui a les pouvoirs d'une commission d'enquête. Ça veut dire qu'elle peut, si besoin, mener des auditions sous serment. Et hier, pour commencer, Audrey, ce sont les associations de victimes, SES Périscolaire, Innocence en danger et MeToo École, qui étaient entendues. Et on le disait, on constate que le périscolaire, finalement, c'est une zone grave.

5:44
Invité

Oui, Auriane, parce qu'il n'existe aujourd'hui aucune donnée nationale sur cet accueil qui concerne pourtant entre 3 et 4 millions d'enfants chaque jour. Quand on parle du périscolaire, on parle de l'accueil le matin et le soir, en dehors des horaires de l'école, de la cantine, mais aussi des activités du mercredi, des vacances scolaires, des temps qui sont organisées par les communes, communes par communes, sous la responsabilité des mairies, vous l'avez dit. Ce n'est pas l'éducation nationale qui s'en charge.

Résultat, personne n'est capable de dire précisément combien de structures existent dans le public, dans le privé, combien d'enfants elles accueillent et surtout, combien de faits et quels sont les faits et violences recensées. C'est d'ailleurs l'un des premiers objectifs de votre mission, établir un état des lieux. Alors, une information peut-être, même si elle est très parcellaire, SOS périscolaire hier dit avoir été contactée par 530 familles dans 70 départements et donc 16 régions, en métropole et en Outre-mer. Et tout ça depuis 2021, preuve que le phénomène dépasse largement le périscolaire parisien.

Alors, il y a quelque chose, moi, qui a retenu mon attention hier dans les auditions, c'est qu'il existe deux formes de périscolaire et notamment une forme de périscolaire dit de garderie où il n'y a aucun contrôle.

6:58
Agnès Evren

Oui, en fait, il faut bien comprendre que les communes, parfois, ne déclarent pas ce qu'on appelle les accueils collectifs de mineurs, ACM, et donc n'ont pas les mêmes obligations que dans les villes qui, elles, ont déclarées. Et donc, quand on a déclaré aux autorités accueil collectif mineur, on a des obligations, BAFA, taux d'encadrement, formation, qualification. Or là, aucune obligation. Et donc, les communes peuvent recruter, par exemple, le jardinier municipal qui va faire de la garderie. Et c'est là où, en fait, il y a une zone grise, c'est qu'en fait, il y a une telle hétérogénéité.

Moi, je pense qu'il faudra d'ailleurs harmoniser pour qu'on puisse vérifier la vocation, en fait, des animateurs qu'on emploie, leur qualification, parce que c'est une vocation, prendre un jardinier municipal, ça s'est produit dans certaines communes, il n'a pas l'empathie, il n'a pas la considération, il n'a pas tout simplement l'habitude d'être au contact des enfants. Et c'est ça qui crée un vrai problème.

7:55
Invité

Et les associations, Audrey, elles parlent même d'un problème systémique. Oui, elles insistent sur un point, il ne faut plus considérer ces affaires comme des cas isolés. Selon elles, il existe des dysfonctionnements profonds dans l'organisation du périscolaire qui créent les conditions de ces violences. On les écoute. C'est une même mécanique qui est un peu réglée comme une horloge. C'est la famille qui alerte quand il y a un cas. C'est l'institution qui bien souvent minimise ou alors se tait, ne donne plus de nouvelles. Et l'agent qui reste en poste bien souvent ou alors qui change d'école pour continuer ailleurs, soit dans une autre ville, soit même juste dans l'école privée d'à côté.

Ce n'est pas un problème aujourd'hui. Et la famille qui insiste et qui subit des pressions soit par l'institution, soit par la mairie, soit par l'école. Et c'est l'enfant, bien sûr, toujours qui trinque. Cette répétition d'un bout à l'autre du pays, ce n'est pas une marque d'accident isolé, c'est bien la signature de ce système-là. Alors vous commencez les auditions, mais vous l'avez un peu évoqué.

8:55
Agnès Evren

Pour vous, c'est systémique ? C'est systémique, les chiffres sont glaçants. 110 écoles, vous l'avez dit, à Paris, 84 écoles maternelles, 20 élémentaires, 10 crèches. À Montreuil, par exemple, 52 écoles, 11 sont concernées. Dans le département du Rhône, 55 animateurs suspendus. Donc le sujet, et c'est là où il faudra regarder toute la chaîne de protection de l'enfant.

À Paris, par exemple, le vrai sujet pour moi, il est dans l'application de la réforme des rythmes scolaires de 2013, où il a fallu, parce que ça a été un passage en force, recruté massivement des animateurs, même des milliers, et que donc, entre le recrutement très peu regardant, parce qu'il fallait boucher des trous, en fait, on a pris des vacataires, la formation n'était pas suffisante. Vous savez qu'aujourd'hui, le BAFA, en fait, tout le monde l'a, c'est deux jours de formation. Comment est-ce qu'en deux jours, on peut apprendre un métier, encore une fois, qui est très sensible, puisque c'est la protection de l'enfance ? Voilà, donc le sujet est systémique.

Et l'enjeu, c'est de voir comment est-ce qu'on peut, justement, dans toute cette chaîne de protection, depuis le recrutement, jusqu'aux évolutions législatives et pénales, faire en sorte qu'aujourd'hui, la circulation de l'information soit plus importante. On a passé beaucoup de temps hier là-dessus, parce qu'il y a une omerta systémique au sein des écoles. C'est-à-dire que, dès qu'un parent apprend qu'il y a un délit ou un crime, il va voir la directrice d'école, et elle dit, attention, il ne faut pas affoler les autres parents. Mais ne pas affoler les autres parents, ça augmente l'angoisse, parce que désormais, tout se passe dans des boucles WhatsApp.

On va nous dire, tiens, aujourd'hui, tel animateur a été suspendu, sans dire les raisons pour lesquelles. Vous savez, j'ai été très touchée. J'ai un parent qui m'a dit, moi, j'ai la chance, dans mon malheur, de savoir que mon enfant a le statut de victime. Il est victime. Mais d'autres parents ne savent pas encore s'ils sont victimes. Il y a aussi tout le problème de la brigade de protection des mineurs, où on sait qu'en fait, la parole de l'enfant s'efface au bout de deux, trois mois. Et il y a, aujourd'hui, par manque de moyens... Des délais trop longs. Des délais qui sont beaucoup trop longs. Et donc, des enfants qui, pendant des mois, n'ont pas été entendus.

Donc, moi, cette circulation de l'information, je reviens sur le fait que ce soit systémique. C'est qu'en fait, à tous les niveaux, il y a des obstacles sur la libération de la parole, parce que certains parents ne veulent surtout pas savoir, parce que certains directeurs d'école pensent que ce n'est pas de leurs compétences. Vous voyez, à chaque fois, chacun se renvoie la balle. Moi, je pense qu'il faut que tous les parents qui ont été témoins ou qui savent des choses devraient s'exprimer aujourd'hui.

11:19
Présentateur

Et ce sujet de l'information des familles, il en a été question hier, Audrey.

11:23
Invité

Oui, parce que, vous l'avez dit, certaines familles ne savent même pas si leur enfant a été victime, concerné. Résultat, justement, les victimes ne peuvent pas être prises en charge correctement ni même entendues et alors, c'est ce qui a révélé l'audition d'hier, ces situations, elles perdurent, même après la déflagration du périscolaire parisien, dans une école à Annières, commune Limitroff de Paris.

Hier, j'ai été informé de ce qu'une procédure de suspension avait eu lieu dans l'une des écoles, l'école Concorde, à Annières-sur-Seine, et de la même manière que dans plein d'autres situations et malgré tous les retours qu'on a pu avoir de ce que la réponse n'était pas suffisante, eh bien, la mairie fait le blackout. On n'a aucune information donnée ni aux parents ni évidemment aux personnes concernées, ce qui est absolument dramatique. Il n'y a pas de réunion publique, il n'y a aucune information sur la nature des faits qui ont été reprochés à la personne mise en cause, aucune information sur la période non plus des faits qui sont reprochés à cette personne.

Ça vous surprend, ça vous interpelle que même à la lumière des scandales qui ont été révélés, il n'y a encore aucune information.

12:30
Agnès Evren

Mais parce que, je vous le disais, l'OMERTA est encore très puissant et l'OMERTA l'est puissant pas seulement au niveau des écoles mais au niveau de l'État aussi. Il faut savoir qu'aujourd'hui, les parents sont complètement paniqués parce qu'on voit encore de ce type d'informations et qu'il y a un chiffre qui est très inquiétant et qui démontre désormais la défiance qu'il y a vis-à-vis des communes et vis-à-vis de l'Éducation nationale, on a 13% à Paris d'inscriptions en moins dans les centres de loisirs pour cet été. C'est-à-dire que désormais, ça va être le système D. Les parents vont s'arranger. L'un ne va pas aller travailler pour garder son enfant. L'autre va faire du télétravail.

Cette défiance, elle est anormale. Et moi, encore une fois, le sujet de la confiance est aussi important que celui de la sécurité. Comment se fait-il aujourd'hui que dans nos écoles, encore une fois, dans un lieu qui est censé être sacré, on puisse craindre pour l'intégrité physique de son enfant ? Ça, c'est inadmissible et moi, je ne l'admets pas. Et je pense, encore une fois, à tous ces parents que j'ai au téléphone et qui sont encore aujourd'hui traumatisés. Vous savez, dans certaines familles, ça fait remonter aussi des faits qui sont très anciens, qui ont été tus depuis très longtemps. C'est un véritable séisme dans les familles qui sont concernées.

13:41
Présentateur

Et on le disait, cette question des violences dans le périscolaire ne se limite pas à Paris. On va aller à Marseille. Justement, on retrouve Pascaline Lécorché. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes adjointe au maire de Marseille en charge de l'éducation et du périscolaire. Chez vous, un seul cas de violence a été recensé. De quelle manière la municipalité a réagi ?

Alors, je tiens déjà à préciser que c'est un seul cas qui a été recensé gravissime ces derniers mois sur les violences sexistes et sexuelles, mais qu'en réalité, évidemment, qu'il y a des cas qui peuvent être remontés également par ailleurs, notamment des cas qui peuvent être remontés pour les violences intrafamiliales, mais également des violences ordinaires ou tout type de violences, quelles qu'elles soient. Ce cas-là qui nous a été remonté, évidemment, il a été pris à bras-le-corps, comme toutes ces situations.

C'était il y a quelques mois maintenant dans une école du centre-ville où un intervenant qui se rendait dans cette école pour des raisons techniques a commis une agression sexuelle sur un enfant et évidemment, tout de suite, une cellule a été mise en place en lien avec l'éducation nationale, un lien a été fait avec les familles de manière à ce qu'il y ait une information qui puisse être donnée. Il y a eu un rétexte, un retour d'expérience aussi de cette situation pour comprendre ce qui s'était passé et évidemment pouvoir réagir.

Mais je tiens aussi à vous dire que nous, depuis 2023, nous avions mis en place à la ville de Marseille une mission droit des enfants qui a été enrichie en 2024 pour devenir une mission de lutte contre les violences faites aux enfants et qu'en 2026, c'est une adjointe qui a été nommée au droit des enfants en plus de mon adjointure à l'éducation et au périscolaire de manière à ce que ce sujet soit traité de manière massive et à la hauteur des enjeux. Adia, c'est vrai.

15:31
Agnès Evren

Écoutez, je me dis que ce serait intéressant de vous auditionner justement parce que voilà, il y a des lieux où ça se passe bien. On a vu hier d'ailleurs un témoignage d'un animateur qui avait embrassé sur la bouche un élève et qui a été condamné. Et c'est comme ça qu'il faut agir. En fait, le sujet, c'est aussi d'ailleurs le traitement des signalements. Et à Paris, on a vu qu'il y avait une chaîne de défaillance, c'est-à-dire que parfois il n'y a même pas de signalement. Et une des auditionnés, d'ailleurs, le disait, je crois que c'est la SOS Périscolaire, les maires, parfois, ne savent même pas qu'ils peuvent faire un article 40. Ils ne savent même pas que l'article 40 existe.

Or, n'importe quel citoyen aujourd'hui, s'il a pris connaissance d'un délit ou d'un crime, peut immédiatement saisir le procureur. Et donc, moi, je suis rassurée parce qu'il faut aussi le dire. Vous savez, il y a 90% des animateurs qui font parfaitement bien leur travail. Mais aujourd'hui, encore une fois, je le redis, il n'y a pas suffisamment de contrôle et de recrutement en amont qui vérifient, en fait, la vocation et les profils. Et ça, ça me semble vraiment essentiel. Mais ça m'intéresserait d'avoir le cas de Marseille pendant nos auditions. Merci, madame.

16:37
Présentateur

Pascaline Lécorché, qu'est-ce que vous attendez, vous, de cette mission d'information au regard de votre expérience d'élu et de ce que vous vivez à Marseille ? Alors, déjà, je voudrais aussi rajouter par rapport à ce qui vient d'être dit en disant que tout va bien à Marseille. Je pense que, comme nous, ce qu'on a décidé de prendre en main, c'est cette question fondamentale et de se dire qu'encore une fois, on n'a pas le droit de ne plus regarder les choses en face. On se doit d'être à la hauteur et on a la responsabilité des enfants qui nous sont confiés sur le temps scolaire et périscolaire. Le maire de Marseille a utilisé vendredi dans l'hémicycle le mot intraitable.

Moi, je voudrais parler aussi d'intransigeance et c'est vraiment la manière avec laquelle on veut travailler. Ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui, tout est encore bien fait. Il y a une marge de manœuvre et donc nous sommes justement dans la disposition de nous améliorer, de mettre en place cette stratégie de lutte contre les violences faites aux enfants de manière transversale à la ville de Marseille et en particulier en ce qui me concerne dans le milieu scolaire et périscolaire. Ce que nous, on attend, je dirais, d'une mission parlementaire comme celle-ci, c'est justement qu'elle objective un certain nombre de chiffres.

Je crois qu'aujourd'hui, il y a vraiment un tabou encore très présent sur ces questions des violences faites aux enfants et qu'il faut lever absolument ce tabou et pour le lever, on a besoin d'avoir des chiffres, de connaître la réalité des faits pour pouvoir également la prendre en charge de manière adéquate.

18:00
Agnès Evren

Oui, d'ailleurs, c'est le commencement justement de cette commission d'enquête d'avoir un état des lieux, c'est ce que vous disiez, exhaustif parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de recensement national parce qu'encore une fois, c'est cette zone grise, c'est cet angle mort qui est le périscolaire où en fait, c'est chaque commune gère son périscolaire et c'est ça la difficulté, c'est qu'en l'occurrence, comme parfois, il y a des affaires qui ne sont pas judiciarisées, il est très, très difficile en fait de savoir à peu près précisément le nombre de traitements de signalement donc c'est notre premier objectif, c'est pour ça que je proposais éventuellement de voir, de vous rencontrer lors d'une audition mais est-ce qu'il y a eu tout de même des signalements qui ont été faits dans d'autres villes de Marseille parce que là, vous donnez un exemple mais j'ai entendu dire qu'à Marseille, il y avait quand même aussi quelques délits qui avaient été signalés.

18:55
Présentateur

Alors, je vous parle là du fait le plus grave avéré chez nous. Nous avons mis en place à la ville de Marseille il y a quelques mois une adresse signalement pour être en mesure de centraliser l'ensemble des doutes qui sont remontés à la ville de Marseille d'où qu'ils viennent par ailleurs, d'où qu'ils viennent et tous ces doutes sont traités selon ce qui ressort. Tout est transmis au département, c'est partagé le cas échéant avec l'éducation nationale et évidemment avec les acteurs du périscolaire pour que la décision puisse être en adéquation avec le signalement qui est fait.

Donc évidemment, et nous avons un nombre de signalements qui est effectivement de quelques dizaines depuis le début de l'année et qui ont été traités de manière à ce que ces signalements ne se transforment pas en faits et lorsqu'il y a des faits il peut y avoir il y a eu il y a quelques semaines un fait de violence qui n'est pas caractérisable par de la violence sexiste ou sexuelle mais un fait de violence et l'animateur a immédiatement été suspendu.

Donc des signalements il y en a ils sont traités dans les 48 heures pour que en effet ces signalements ne donnent pas lieu à des faits si ça n'a pas encore été fait ou ne s'étendent pas et que la personne qui est mise en doute puisse être retirée du contact des enfants immédiatement. Mais qui a fait le signalement ? Est-ce que vous-même

20:13
Agnès Evren

vous avez été amené à en faire ou non ?

20:15
Présentateur

A la demande d'un animateur ? En tant qu'élu non puisque en fait c'est au niveau des écoles c'est du terrain que doivent partir ces signalements.

20:21
Agnès Evren

Les élus peuvent le faire aussi

20:22
Présentateur

c'est bien ce qu'on reproche

20:24
Agnès Evren

à la ville de Paris

20:25
Présentateur

les élus peuvent le faire. Oui si j'en avais connaissance évidemment mais nous les signalements quand ils m'arrivent ils ont déjà été pris en compte et moi je suis les ensembles des signalements qui sont faits au niveau de la ville de Marseille par les personnes qui sont sur le terrain. Évidemment que moi aussi je peux en faire si jamais j'ai une connaissance et je le ferai évidemment et toute personne qui aura connaissance d'un fait de cette nature à la ville de Marseille qu'il soit élu ou non a le devoir de faire ce signalement et nous avons le devoir de traiter ce signalement.

Merci beaucoup merci Pascaline Lécorché d'avoir été avec nous adjointe au maire de Marseille en charge de l'éducation et du périscolaire. On entend ce que demandent les élus. Audrey, pour terminer que demandent les associations ?

21:08
Invité

Eh bien d'abord une meilleure prévention meilleure formation des animateurs aussi elle souhaite aussi que les contrôles ne se limitent pas au moment du recrutement car certains fichiers mettent du temps à être mis à jour donc ils veulent que les contrôles soient réalisés tout au long de la période d'embauche.

Autre sujet soulevé les outils de vérification des antécédents les associations estiment que les fichiers actuels présentent des limites notamment parce que certaines mises en examen n'y figurent pas et c'est là que le gros du sujet arrive elle demande que le principe de précaution soit davantage appliqué lorsqu'un professionnel fait l'objet de soupçons graves même sans condamnation définitive d'après vous est-ce qu'il faut un principe de précaution dès la mise en examen même sans condamnation ?

21:49
Agnès Evren

Oui alors il faut faire attention à ne pas tomber dans les excès désormais le principe de précaution égale suspension fait qu'on a des animateurs qui sont chez eux parce qu'ils ont tiré par la manche un enfant et qui sont je le dis au bord du suicide parce qu'en fait ils sont chez eux depuis six mois sans aucune information sans aucune perspective en fait sur le fait de retourner ou non devant l'école donc il faut avoir du discernement et c'est le cas de le dire du bon sens attention encore une fois ne pas jeter l'opprobre sur tous les animateurs mais moi je suis pour le principe de précaution par principe c'est-à-dire que dès lors qu'il y a une suspicion évidemment qu'il faut retirer l'animateur mais attention encore une fois aujourd'hui il y a des situations où les animateurs sont chez eux et sont assez traumatisés aussi alors que pour le coup pour certains pour certains ils n'ont rien à se reprocher

22:35
Présentateur

Merci Agnès Evren de nous parler du début de cette mission d'information commission d'enquête le rapport il est attendu pour l'automne et on suivra évidemment avec attention vos travaux un petit mot politique avant de terminer on l'a vu dans le journal ce matin dans le Figaro Laurent Wauquiez qui dit en parlant de Bruno Retailleau sans le citer toutefois il faut savoir se retirer si nécessaire et ce pour éviter un duel entre le RN et la France insoumise à la présidentielle est-ce que c'est un peu le coup de poignard fatal pour Bruno Retailleau est-ce qu'on peut rassembler le pays quand on n'arrive pas

23:05
Agnès Evren

à rassembler son parti écoutez franchement cette désignation elle panique nos électeurs parce que l'enjeu c'est la qualification en second tour et moi ce que j'ai envie de dire à Laurent Wauquiez je comprends son idée de vouloir rassembler toute la droite mais pourquoi est-ce que en fait Gabriel Attal et Edouard Philippe se mettrait se déciderait eux au mois de février 2027 puisqu'ils ont décidé d'un accord d'une clause de revoyure et ils se décideraient quand nous on est en juillet 2026 et on doit d'ores et déjà se retirer ça n'a pas de sens c'est-à-dire qu'il n'y a pas de raison qu'il y ait aujourd'hui 50 nuances de gauche entre des candidats gauche sociale-démocrate gauche radicale gauche républicaine et qu'on dise à des millions d'électeurs qui veulent une offre politique de droite vous avez le choix entre ou le centre ou le rassemblement national et bien moi je dis au milieu entre le centre et le rassemblement national il y a la droite nous n'allons pas mettre notre drapeau dans la poche et Bruno Retailleau aujourd'hui il porte tout simplement le drapeau des républicains parce qu'il y a des électeurs de droite qui par définition veulent voter à droite

24:05
Présentateur

Merci Agnès Évren merci beaucoup d'avoir été avec nous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada

24:20
Locuteur

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