Piratage des impôts et de l’Education nationale, voici les risques
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« Ce sont les données de près de 678 000 particuliers et professionnels qui sont concernés. »
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« les hackers ont pu accéder pendant longtemps à un grand nombre de données, sans éveiller les soupçons des services de sécurité. »
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Entre le piratage du site des impôts et le piratage de l'éducation nationale, au total, les données de millions de personnes et d'entreprises ont été volées, une ampleur si importante que le gouvernement a même tenu à s'excuser. Mais alors, que s'est-il vraiment passé ? Quelles informations ont fûté ? Et êtes-vous concerné ? On va faire le point sur tout ça. Salut, c'est Samy, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la lune de ce format d'actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio sur toutes les plateformes. Un acteur malveillant a revendiqué des accès illégitimes au système d'information.
C'est avec ces mots que la DGFIP, la Direction Générale des Finances Publiques, qui est directement rattachée au ministère de l'économie et des finances, a dénoncé ce piratage d'ampleur qui a eu lieu en juin et juillet. Si on n'en parle que maintenant, c'est tout simplement parce que le piratage du site des impôts n'a été rendu public que mercredi dernier, quand un message de revendication est apparu sur un forum. Ce message de Zero Bytes, un groupe de cybercriminels qui affirme être derrière toutes ces attaques, précisait justement que la base de données volées lors du piratage était mise en vente.
Et le gouvernement a d'ailleurs reconnu lui-même n'avoir été informé du vol qu'à ce moment-là, c'est-à-dire au moment où les hackers l'ont revendiqué, mais alors quelles données sont concernées. Très concrètement, pour le piratage du site des impôts, ce sont les données de près de 678 000 particuliers et professionnels qui sont concernés. On retrouve donc comme bien souvent les noms, dates de naissance, numéros de téléphone, adresse postale et email de très nombreux usagers. Mais ce n'est pas tout, des données considérées comme encore plus sensibles ont aussi pu être consultées.
On parle cette fois-ci des revenus fiscaux de référence, des quotients familiaux ou encore des taux de prélèvement à la source. Alors on va pas rentrer ici dans le détail de chaque point, mais pour faire au plus simple, ces informations pourraient notamment permettre aux hackers de savoir combien vous gagnez et ça peut avoir un gros impact pour la suite, on en parle juste après.
En tout cas, le groupe de cybercriminels a aussi revendiqué plusieurs autres piratages, l'un visant les données cadastrales, donc les informations reliant les parcelles et les adresses à leurs propriétaires, l'autre sur les données liées aux successions, donc en lien notamment avec les héritages, et un dernier concernant l'éducation nationale. Concernant ce dernier piratage, les pirates affirment avoir volé près de 43Go de fichiers qui contiennent l'identité de millions d'élèves, parents, professeurs et autres personnels sur ces 20 dernières années. De son côté, le ministère de l'éducation nationale a affirmé enquêter pour connaître la véritable étendue de tous ces piratages.
Mais alors quels sont les risques pour les personnes concernées ? Et bien comme je le disais, grâce à ces informations, les pirates qui achèteront ces données auront accès à beaucoup d'infos sur les individus, notamment leur niveau de richesse. L'objectif sera ensuite de mettre en place des fraudes ciblées en fonction des profils. En achetant ces données, différents hackers pourraient par exemple mettre en place des systèmes dits de phishing ou de hameçonnage. Les hackers se font alors passer pour des banques, des opérateurs téléphoniques ou autres pour récupérer des mots de passe ou des codes bancaires, puis ensuite de l'argent.
Et plus les hackers ont des données précises sur les usagers, plus le subterfuge parait réaliste. En donnant nom, prénom, adresse, numéro fiscal, etc. Toute l'arnaque parait plus crédible et on a donc plus de chances de tomber dans le panneau. Là-dessus à noter cependant que le gouvernement précise bien que les identifiants et les mots de passe des particuliers et des professionnels ne seraient pas concernés par ces hacks. Donc ça signifie qu'ils n'ont pas directement eu accès à votre compte impôts.gouv par exemple.
Et pour faire au plus simple, les données volées ne permettent donc pas actuellement de se faire passer pour vous auprès des impôts, ce qui aurait pu être encore plus préoccupant. En tout cas, l'administration fiscale a affirmé la semaine dernière qu'elle comptait prendre directement contact avec chacun des particuliers et professionnels pour les informer des données volées, avec notamment les mesures de vigilance à adopter. On parle notamment du fait de faire très attention à qui l'on donne ses identifiants, aux mails ou appels et messages reçus, ou encore à surveiller régulièrement ses relevés bancaires. Mais alors comment tout cela a-t-il pu arriver ?
Eh bien vous vous en doutez, il s'agit là essentiellement de failles de sécurité. Sur ce point, il faut par exemple noter que la France est l'un des pays les plus touchés par les cyberattaques dans le monde. Maintenant, est-ce que la France est vraiment un coffre à ciel ouvert, comme l'affirment certains experts ? Eh bien là-dessus, il est globalement difficile de statuer précisément, puisque le risque zéro n'existe jamais. Mais force est de constater que sur ces piratages précis, les hackers ont pu accéder pendant longtemps à un grand nombre de données, sans éveiller les soupçons des services de sécurité.
Alors pour expliquer ça, il existe énormément de raisons sur lesquelles on va pas pouvoir entrer précisément aujourd'hui. Mais beaucoup d'experts pointent notamment du doigt ce qu'on appelle la dette technique de la France sur le sujet. Aujourd'hui, une grande partie des systèmes publics tournent par exemple encore sur des vieux outils, qui sont plus aux normes de sécurité actuelles. Et une telle accumulation fait que les remplacer coûterait énormément à l'État.
Et au-delà de ces financements, beaucoup de médias ont aussi souligné que les ministères n'avaient pas encore généralisé les systèmes d'authentification multifacteurs qui permettent plus de sécurité, et qui sont d'ailleurs largement recommandés par la CNIL, l'organisme qui est justement chargé de protéger nos données. En tout cas concernant les piratages, le gouvernement affirme que plusieurs actions de sécurisation ont déjà été lancées, et plusieurs enquêtes ont aussi été ouvertes pour savoir exactement comment tout cela a pu arriver.
A noter que certains parlementaires réclament aussi l'ouverture d'une commission d'enquête pour avoir une vue globale sur cette vague de piratage, et ainsi mieux pouvoir y faire face à l'avenir. Si vous voulez en savoir plus, des liens sont dans la description, et je vous laisse avec Laurie pour le reste de l'actualité importante du jour.
Merci Samy, et bonjour à tous et à tous. On commence avec cette actu. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé qu'Israël avait bombardé ce mardi un aéroport militaire dans le nord-ouest de la Syrie. Alors pour le contexte, il faut savoir qu'Israël et la Turquie sont devenus d'importants rivaux sur le territoire syrien depuis la chute de l'ancien dictateur syrien Bachar el-Assad en décembre 2024. Beaucoup d'analystes soulignent par exemple qu'Israël a déjà de nombreuses fois bombardé des installations militaires en Syrie pour éviter que le nouveau pouvoir ne puisse reconstituer ses capacités militaires.
Certains responsables israéliens considèrent d'ailleurs un tel réarmement comme une menace pour Israël, là où à l'inverse la Turquie cherche, elle, à gagner en influence dans la région en soutenant justement le nouveau gouvernement syrien. Alors concernant ces nouveaux bombardements, Israël affirme donc officiellement qu'ils avaient pour but d'empêcher la Syrie d'autoriser le déploiement de troupes turques dans la région. Selon Israël, un statut co-sécuritaire, qui compte différentes lignes rouges fixées par Israël, avait été convenu avec la Syrie, mais que le gouvernement était donc sur le point de le rompre en autorisant un déploiement turc sur cette base.
En tout cas, le ministère des Affaires étrangères syrien a dénoncé un acte d'agression injustifié et a appelé la Communauté internationale et le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter une position ferme contre les violations répétées d'Israël de la souveraineté syrienne. De leur côté, les États-Unis ont aussi condamné l'attaque, dénonçant une escalade inutile qui ne favorise en rien la stabilité régionale. On suivra ça dans les actus du jour. Deuxième actu, l'ancien ministre de la Défense ukrainien Mikhailo Fedorov a réclamé ce mardi, dans une vidéo diffusée sur YouTube, la tenue de nouvelles élections, et ce, malgré la guerre avec la Russie.
Pour rappel, la loi Martial est en vigueur en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, à grande échelle dans le pays il y a maintenant 4 ans et demi. Et légalement, il est donc impossible d'organiser des élections pendant que la loi Martial est en vigueur, l'objectif étant notamment d'éviter que des élections soient inéquitables. Pour autant, dans sa vidéo, Mikhailo Fedorov affirme, je cite, que la démocratie ne peut pas être retenue en otage par la Russie, mais il reconnaît que l'organisation d'un scrutin serait très difficile à mettre en place en temps de guerre. En tout cas, cette prise de position est assez marquante pour deux raisons.
La première, c'est que cet enjeu d'organiser de nouvelles élections, et notamment présidentielles, revient souvent au cœur des débats concernant l'Ukraine. Et la deuxième, c'est que Mikhailo Fedorov est assez populaire en Ukraine. Il avait été nommé ministre de la Défense en janvier, avant d'être évincé six mois plus tard par Volodymyr Zelensky, ce qui avait provoqué pas mal de manifestations. C'était d'ailleurs un sujet à la une de ce format, si vous voulez en savoir plus, le lien est en description. Troisième actu qui concerne cette fois-ci la France. La loi sur l'aide à mourir a officiellement été promulguée par Emmanuel Macron ce mercredi.
Cette loi permet à des patients, dans certaines conditions très strictes, de s'administrer un produit létal en présence d'un soignant, qui mettrait donc fin à leur jour. Pour y avoir accès, il faut notamment être majeur, français ou résident de longue date en France, souffrir d'une maladie grave et incurable, à un stade avancé ou terminale, avec des souffrances physiques insupportables, et être aussi capable d'exprimer un choix libre et éclairé. Mais cette loi fait beaucoup débat. Pour ses soutiens, il s'agit d'une avancée majeure.
Mais ses détracteurs estiment quant à eux que des personnes vulnérables pourraient par exemple subir des pressions pour mettre fin à leur jour, et que les conditions pour l'autoriser ne sont pas assez précises. En tout cas, des décrets d'application précis doivent encore être promulgués avant que la loi soit officiellement appliquée. On suivra donc ça dans ses actus. Quatrième actu aux Etats-Unis, l'administration Trump veut abroger une loi qui protège depuis 2001 des millions d'hectares de forêts. Et la raison invoquée serait, je cite, « réduire les risques d'incendie ».
Ça concerne précisément les forêts publiques non exploitées, c'est-à-dire des forêts qui appartiennent à l'État, mais qui sont restées à l'État sauvage, sans route, urbanisation ni projet d'exploitation du bois par exemple. Ça représente au total 18 millions d'hectares sur le sol des Etats-Unis, et c'est à peu près l'équivalent d'un tiers de la France hexagonale. La ministre de l'Agriculture des Etats-Unis, Brooke Rollins, estime que les règles actuelles empêchent les services forestiers de réaliser certains travaux nécessaires, notamment, selon elle, les traitements qui améliorent la santé des forêts et réduisent le risque d'incendie.
Les défenseurs de l'environnement dénoncent vivement cette idée. Selon eux, si cette loi est abrogée, rien n'empêcherait l'État de mener des projets d'exploitation ou d'urbanisation. Selon le Center for Biological Diversity, ces projets pourraient avoir de lourdes conséquences sur les écosystèmes comme les grizzlies et les lynx dans les rocheuses, ou les épicéas centenaires et les cours d'eau peuplées de saumon dans le Tongass, la plus grande forêt du pays située en Alaska. A noter que la plupart des feux de forêt se déclarent à proximité des routes à cause des humains et du changement climatique.
Cinquième actu, Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, est accusée aux Etats-Unis d'avoir appâté les enfants et trompé le public. Un nouveau procès contre Meta s'est ouvert ce mardi à Auckland en Californie. Concrètement, cette fois-ci, ce sont 29 Etats américains qui accusent Meta d'avoir menti au public sur la nocivité de ses applications pour les adolescents. Selon ces Etats, il aurait conçu certaines fonctionnalités pour les retenir, notamment les filtres d'apparence, et aurait rendu les outils de limitation du temps facilement contournables. Toujours selon ces Etats, l'entreprise de Mark Zuckerberg aurait violé la loi sur la protection des enfants aux Etats-Unis.
Cette loi interdit notamment aux moins de 13 ans d'ouvrir un compte sur les réseaux sociaux, chose qui n'a pas été réellement respectée par Facebook et Instagram selon l'accusation, ce que nie Meta. Les Etats reprochent aussi à Meta d'avoir collecté les données sur ses enfants de moins de 13 ans sans le consentement de leurs parents. Ils réclament donc des centaines de milliards de dollars d'amende et une refonte de Facebook et d'Instagram. A noter que Meta rejette ces accusations et parle, je cite, d'un engagement de longue date en faveur des jeunes. On suivra ça évidemment ensemble.
Avant de terminer avec la bonne nouvelle, on vous en parlait hier, l'astronaute française Sophie Adnaud a fait sa première sortie dans l'espace ce mardi de 18 août. Elle a passé plus de 6 heures dans le vide spatial avec l'américain Anil Menon avant que sa mission soit écourtée. Il y aurait eu des difficultés techniques lors du remplacement d'une antenne de communication de la Station Spatiale Internationale, ce qui a retardé les travaux. Une mission en dehors de l'ISS devrait donc à nouveau être reprogrammée. On suivra évidemment ça dans ses actus du jour.
Merci beaucoup Laurie, on termine avec cette note plutôt positive. La chanteuse colombienne Shakira s'est engagée pour reconstruire une dizaine d'écoles et une université après le séisme survenu en Colombie le 10 août dernier. C'est par l'intermédiaire de sa fondation Pieds Nus ainsi que celle du fils du milliardaire américain Warren Buffett qu'elle compte agir et récolter des dons. Là-dessus, elle a annoncé plusieurs dons qui atteignent déjà au total plus d'un million de dollars. On retrouve notamment des dons de la part d'un fonds de la FIFA et de l'entreprise organisatrice de nombreux concerts dans le monde, Live Nation. Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
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