Rachid Temal : « Il faut détruire le régime iranien pour que le peuple choisisse son destin »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On va parler avec vous de l'actualité internationale, du budget. Je le rappelle, vous êtes sénateur socialiste du Val d'Oise, vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense des forces armées du Sénat. On va revenir sur la situation en Iran, sur les menaces de Donald Trump sur le Groenland. Mais d'abord, on regarde la une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une de la dépêche Trump-Europe, le bras de fer. La tension autour du Groenland qui monte d'un cran face à la hausse des droits de douane décrétée par Donald Trump.
Emmanuel Macron menace d'activer des mesures commerciales contre les Etats-Unis. La deuxième une, c'est celle de Corse Matin sur les agriculteurs. Entre amertume et combativité, concurrence du Mercosur, gestion de la dermatose, baisse du budget de la PAC. Tout cela affecte les agriculteurs. Et puis la dernière une, c'est celle du Midi Libre Parcoursup. L'angoisse des lycéens, la phase d'inscription et de formulation des voeux démarre aujourd'hui. Témoignage dans le journal d'élèves et de parents perdus dans la jungle de l'Orientation. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Comme les deux premières, les sujets internationaux, où c'est en partie, donc on en reparlera, de celle du Midi Libre.
Vous comprenez cette angoisse de l'idée à Parcoursup ?
Oui, alors moi je trouve que de toute façon, Parcoursup est un scandale en soi. Alors il y a plusieurs choses. D'abord, la réforme du bac avec ce système d'options fait que déjà très tôt vous triez les élèves, parce que c'est comme ça que ça se passe dans la vraie vie. En fonction de là où vous êtes dans votre lycée, vous n'aurez pas toutes les options. Donc finalement, cette logique-là fait que dès le début, vous ne pouvez pas faire ce que vous souhaitez. Et puis on sait très bien qu'il y a des parents qui ont les capacités, ils vont inscrire leurs enfants en tel ou tel lycée, ceux qui n'ont pas la capacité. Donc c'est un tri social qui est géographique, qui est détestable.
Ça c'est le premier problème. Et le second sujet, c'est quand vous êtes sur la plateforme de Parcoursup, je mets de côté tout le business qui s'est créé, parce qu'il y a beaucoup de boîtes qui maintenant vous proposent aux parents de faire la bonne lettre, le bon système, etc. Bon, très bien. Mais en fait, quand vous êtes au lycée, en terminale, d'abord il faut imaginer ce que vous voulez faire, ce n'est pas toujours très simple. Et puis vous vous dites finalement, qui va choisir pour moi ? Qui va choisir pour moi ? Moi étudiant, enfin futur étudiant, non, mes parents, non, des professeurs, non, une algoritme dont personne ne connaît rien. C'est une boîte noire.
Et je trouve que quand vous êtes à quelques mois de votre bac, ce qui n'est déjà pas simple dans votre anxiété, vous dites finalement, mon destin, par rapport à mes envies, par rapport à ce que je souhaiterais faire, il n'est, je l'ai dit, de ma situation géographique ou sociale. Et par ailleurs, j'y ajoute une autre composante qui me rajoute de l'angoisse, qui est une boîte noire dans laquelle je vais mettre. Et moi, je vois, on me dit, ah mais si vous êtes 3 000ème là, l'année prochaine, vous pouvez, parce que l'année d'avant, ça a permis. Excusez-moi, quel salarié, quel adulte accepterait cela ?
C'est comme si demain, pour entrer dans le travail, vous vous inscrivez sur un système de, je ne sais pas, qui s'appellerait parcours pro, professionnel de votre vie, puis on vous dit, en fait, finalement, vous ferez tel métier ou tel métier, ou à tel endroit ou à tel endroit. Ce n'est pas acceptable. Donc, il faut qu'enfin, on se pose action. Moi, je souhaite que les lycéens puissent choisir leur avenir. Après, ça fonctionne, ça ne fonctionne pas, réorientation, etc. Ça s'appelle le monde, ça. Mais je pense qu'il faut sortir de cette logique infernale et totalement opaque pour les parents et pour les lycéens.
On va parler du budget. Déjà, Sébastien Lecornu a annoncé de nouvelles mesures, vendredi soir, sur le budget, des mesures qui concernent la prime d'activité, le non-gel de l'impôt sur le revenu, la taxe sur les grandes entreprises. Est-ce que vous soutenez ces mesures ? Est-ce qu'elles sont de nature à vous convaincre ?
Il y en a beaucoup d'autres. Je veux dire, parce que le budget, il va falloir en son ensemble. Il y a le PLFSS, il y avait aussi la retraite, il y avait l'action sur le logement, les APL. Enfin, comme ça, on peut multiplier beaucoup de choses. Nous sommes faits un exercice, je veux dire, qui est une première, puisque la situation est telle qu'elle est à l'Assemblée nationale. Et puis, on dirait un mot sur la radicalité de la droite sénatoriale. Donc, moi, ce que je dis, c'est qu'à ce stade, je pense que la bonne option, si on me demande mon avis, je ne suis pas député, je suis sénateur, c'est le 49.3. – Donc, vous l'appelez, utilisez le 49.3 ?
– Moi, je n'appelle rien du tout, je ne suis pas Premier ministre. Mais le simplement, c'est que j'ai toujours dit depuis le début, je l'ai dit depuis le mois de septembre, il y a deux 49.3 possibles. Il y a celui où, effectivement, on empêche le débat, on bloque le débat. Par exemple, Mme Borne, à l'occasion du débat sur les retraites. Et puis, vous avez le 49.3 qui est celui né d'un compromis qui permet, finalement, de rassembler le plus largement possible à l'Assemblée et puis au Sénat. Et donc, c'est pour moi ce que j'appelle un 49.3 de compromis. Aujourd'hui, nous y sommes quasiment.
Le Premier ministre a annoncé hier aussi aux entreprises qu'il maintenait la sur-IS de 8 milliards, ce qui permet de financer, parce qu'une fois qu'on a dit ça, il faut quand même financer. On verra la copie dans quelques heures. Notamment, nous, au Sénat, on regardera aussi la question des collectivités. Mais si cela va dans le bon sens, oui, il faudra dans ce cas-là un 49.3.
Sans censure des socialistes derrière.
Bien sûr. L'idée, c'est que les socialistes ne censurent pas puisque nous avons obtenu des choses. Est-ce que c'est notre budget ? Non. Est-ce qu'il est idéal ? Non. Est-ce que c'est soutenir la majorité macroniste ? Enfin, la majorité macroniste, ce qu'il en reste. Non plus. Ce n'est pas ça. C'est de dire, à un moment donné, quand vous êtes... L'idée, c'est de dire que demain, les collectivités vont pouvoir faire des choses parce qu'il y a un budget. Que demain, les grandes associations dans ce pays vont être financées également. Et comme ça, je pourrais prendre beaucoup d'exemples. Donc, la question qui nous est posée, c'est est-ce qu'il faut faire avancer le pays ? La réponse est oui.
Est-ce que dedans, on a des mesures conséquentes qui améliorent la vie des Français ? La réponse est oui. Alors, il faut maintenant trouver un budget. Parce que sinon, l'autre option...
Mais est-ce que vous n'avez pas le sentiment de vous reniez un peu après avoir appelé à ne pas utiliser le 49.3, vous les socialistes, maintenant de pousser quelque part Sébastien Lecornu à l'utiliser ?
Alors, moi, d'abord, on ne pousse à rien. Et moi, je prends ma position à moi, personnellement, parce que c'est moi que vous invitez aujourd'hui. Moi, je n'ai jamais été pour retirer la question du 49.3. Parce que dès le premier jour, je l'ai dit, un 49.3 qui empêchait le débat, comme on l'a connu les années précédentes, bien sûr que c'était une opposition ferme de ma part. Mais un 49.3 de compromis, c'est autre chose. Parce que la réalité, c'est que l'Assemblée, il n'y a pas de majorité. Donc, il faut faire des compromis. Et on sait très bien qu'avec un bloc, les deux blocs qui sont deux extrêmes, l'extrême droite et l'extrême gauche, c'est compliqué d'y arriver.
Donc, oui, il faut faire ça. Et puis, les ordonnances, puisqu'il y a ce débat-là. L'ordonnance, c'est quand même le fait que le Parlement dise finalement, je ne fais plus rien. Il serait une première. Et je crois que ce n'est pas une bonne chose. Donc, moi, je ne suis pas favorable aux ordonnances. Il nous reste l'option du 49.3. C'est au Premier ministre d'en décider. Il réunit son Conseil des ministres tout à l'heure. Donc, nous verrons à ce moment-là ce qu'il décidera. Mais moi, ce que je retiens, c'est les mesures favorables aux Français compte tenu les socialistes. Parce que depuis le début, depuis le mois d'août, nous avons, nous les socialistes, fait des propositions sur le budget.
Non, des résultats pour les Français, de la retraite jusqu'à un certain nombre de mesures que vous avez dit tout à l'heure.
Et vous entendez les critiques de la droite qui disent que c'est un budget socialiste, que Sébastien Lecormus, c'est trop socialiste. Qu'est-ce que vous en dites ?
Si on prend la droite sénatoriale, celle qui a souhaité sortir du débat, je rappelle, puisque la radicalisation de la droite sénatoriale qui fait qu'à la fin, le Sénat se trouve hors jeu, c'est de leur responsabilité. Après, les choses sont simples. Ça s'appelle de l'arithmétique politique. Il a fallu trouver des compromis. Je rappelle que la droite, elle est dans le socle commun. Donc, j'ai envie de dire, c'est leur sujet, c'est leur business, entre guillemets.
Elle est encore pour vous ?
Je crois savoir que quand il y a le socle commun qui se réunit, il y a dedans LLR. Moi, je ne participe pas aux réunions, je ne sais pas ce qu'il s'est dit. Je ne suis pas sûr que ce soit toujours très simple, mais je lis dans la presse, dans les gazettes comme tout le monde, qu'il y a des réunions, des échanges dans le socle commun. Nous, nous sommes dans l'opposition, que ce soit au Sénat ou à l'Assemblée, nous sommes dans l'opposition au président public, au Premier ministre. Nous faisons notre boulot d'opposants. Et un opposant, c'est-à-dire ceux qui attendent le grand soir depuis deux siècles, et puis nous, nous sommes pour les petits matins.
C'est-à-dire des mesures concrètes qui font avancer les choses pour les Français. Donc là, quand par exemple, vous allez avoir près de 3 millions de Français qui auront près de 600 euros jusqu'à 600 euros de primes d'activité en plus cette année, 600 euros pour des familles de revenus supplémentaires, je crois qu'on ne peut être que favorable à cela.
En cas de 49.3, il y aura une navette parlementaire. Est-ce que vous souhaitez que le Sénat ne réexamine pas ce texte et le renvoie à l'Assemblée ?
De toute façon, quoi qu'il arrive, il y aura ce débat-là à la fin. Ce sera l'Assemblée, parce que le Sénat a fait le choix de sortir du jeu. Enfin, la majorité de droite a fait le choix de sortir du jeu. Moi, je le regrette. Donc moi, je suis pour que vous...
Le Sénat peut réexaminer le texte, peut le remodifier, peut le retransformer, ce qui ralentirait les débats.
Bien sûr, mais en même temps, est-ce que je souhaite que le Sénat... Je ne peux pas reprocher la droite d'avoir amputé le Sénat de sa capacité à agir. Je pourrais même appeler la même chose. Donc moi, je suis pour que les deux chambres fassent leur travail. Mais dans la cohérence...
Vous vous doutez d'une pression de la droite sénatoriale ?
Je souhaite que le Sénat s'inscrit dans une logique à la fin d'aboutissement, et non pas de retardement. Parce que c'est les mêmes qui vous disent « ça coûtera cher au pays » qui ont retardé le processus jusque-là. Un peu de cohérence à mes amis de droite.
L'absence de budget affaiblit-elle la France dans un contexte de tension internationale ? On va en parler ce soir au Sénat. Il y a un débat sur la situation internationale. Venezuela, Iran, Groenlande, on va parler de tous ces sujets. Dans quelques instants, on sera avec le neveu du guide suprême iranien Ramenei. Mais d'abord, un point sur ce qui se passe en Iran. C'est votre éclairage, Alexandre. Point d'abord sur le bilan de la répression de ces manifestations en Iran.
Oui, selon le dernier bilan d'une ONG iranienne, au moins 3428 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement par les forces de sécurité iraniennes. Un chiffre qui pourrait n'être qu'une fraction du bilan réel. Et puis des milliers de personnes ont été arrêtées, selon un média iranien.
Quelles vont être les sanctions internationales contre le régime iranien ?
Eh bien d'abord, il y a une sanction américaine qui a été annoncée la semaine dernière par Donald Trump. La mise en place de droits de douane de 25% pour tous les pays qui poursuivront des transactions commerciales avec l'Iran. Les principaux partenaires de l'Iran étant la Chine et la Russie, on le rappelle. Ensuite, l'Union européenne travaille, elle, sur de nouvelles sanctions contre le régime de Téhéran. Des mesures qui doivent être annoncées d'ici la fin du mois. On écoute le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barraud.
La présidente de la Commission européenne a ouvert un chantier de désignation de ceux qui sont les responsables de cette répression et qui pourront être ciblés par des sanctions européennes, comme les auteurs des répressions en 2022 du mouvement Femmes, Vie, Liberté l'avait été à l'époque. Alors, les Européens pourraient sanctionner une vingtaine de membres du régime responsables de cette répression violente. Et ils pourraient s'attaquer également à une dizaine d'entreprises qui produisent des drones, des technologies impliquées dans le massacre des manifestants. Et pour le moment, les 27 États membres de l'Union européenne ne sont pas tombés d'accord sur une autre sanction.
Il s'agirait de placer sur la liste des organisations terroristes le corps des gardiens de la révolution, la milice du régime, qui est composée de 200 000 membres. Pour rappel, depuis 2019, les États-Unis, le Canada et l'Australie ont classé cette organisation comme terroristes. Mais au sein de l'Union européenne, pour l'instant, la France, l'Espagne et l'Italie ne seraient pas vraiment favorables à cette initiative considérée comme symbolique, contrairement à l'Allemagne, qui estime que cette sanction pourrait frapper notamment certaines banques qui sont liées au corps des gardiens de la révolution.
Et de nouvelles sanctions qui s'ajouteraient aux sanctions actuelles prises contre le régime iranien.
Eh bien oui, depuis des années, il y a des sanctions lourdes qui ont été prises au niveau international contre l'Iran pour plusieurs raisons. D'abord pour son programme nucléaire illégal ou alors son soutien à la Russie dans la guerre en Ukraine. Parmi ces sanctions internationales, il y a un embargo militaire interdisant toute livraison d'armes vers ce pays, des restrictions financières massives sur les responsables du régime et puis un embargo économique sur certains secteurs, notamment le secteur énergétique des sanctions que subit également le peuple iranien, il faut le rappeler.
Rachid Temal, la réaction de la France face à ce bain de sang depuis des semaines, est-ce qu'elle n'a pas été trop timorée ? – Moi j'ai posé une question la semaine dernière au ministre Barrault, c'est-à-dire c'était la réponse qu'il me faisait, et avec mon groupe nous avons fait trois propositions. D'augmenter les mesures, un nouveau train de sanctions contre le régime et attendre la fin du mois, c'est trop loin, c'est trop loin. Et je reviendrai après sur le corps des gardiens de la révolution.
On avait aussi proposé la demande de libération de tous les prisonniers et puis il y a aussi un élément qu'il faut activer, au niveau des Nations Unies il y a un système de protection pour protéger, R2P. Et donc je pense qu'il faut activer ce dispositif-là qui ferait que les Nations Unies prennent des mesures concrètes aussi. Si je reviens, et puis après il y a la mesure sur les dernières révolutions, pourquoi c'est essentiel ? – Elle n'est pas que symbolique cette mesure ? – Non, parce qu'en fait aujourd'hui il faut le bras armé du régime qui massacre à coup de Kalashnikov un grand peuple qui se bat à main nue, bon, c'est quand même ce corps-là, ce corps des gardiens de l'évolution.
Il faut faire casser, il faut casser, on va dire, l'outil répressif, l'outil de terreur et de mort que ce corps-là. Et donc il faut absolument prendre. Et donc aujourd'hui je vais proposer à tous les collègues parlementaires, j'ai envie de dire de l'arc républicain, de signer un appel au président de la République pour demander officiellement, comme je l'ai fait mercredi, on va redemander aujourd'hui, à ce que le corps des gardiens de l'évolution les passe d'Aran, soit officiellement sur les désorganisations terroristes et qu'il y ait des mesures concrètes, précises qui soient prises contre ces dirigeants, contre cette activité économique.
Parce que c'est le pili du régime qu'il faut faire tomber, qui fait de la répression, que dis-je, des massacres, des massacres aujourd'hui en Iran et depuis longtemps, mais des massacres qui tuent, qui violent, qui torturent, et qui en même temps fait du business. Donc il faut apprendre par les deux aspects, parce qu'il faut faire tomber le régime aujourd'hui, c'est une question… Nous sommes face à quoi ? Finalement, à une situation de non-assistance à peuples en danger. C'est ça dont il s'agit, c'est non-assistance à peuples en danger. Le monde regarde et on ne peut pas rester les bras ballants face à cela. Donc les Européens, maintenant, doivent prendre leurs responsabilités.
Ils nous seront gés aux autres histoires sur ce que nous avons fait pour ce peuple-là, qui est une grande culture, une grande civilisation, et qu'aujourd'hui, gérée par des bouchers, depuis maintenant la révolution iranienne, qui massacre un peuple et qui n'a rien fait de concret, à part faire des guerres et tuer son propre peuple.
On va voir, on est en duplex depuis Croix, dans le Nord, avec Marmoud Mourad Kani. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le neveu du grid suprême iranien, Ali Ramenei. Vous venez d'entendre, vous êtes médecin ORL, je le précise, à Croix. Dans le Nord, vous venez d'entendre ce que dit Rachid Temal. Est-ce que vous êtes d'accord ? Aujourd'hui, il faut faire tomber le régime.
Bonsoir, bonjour. Je suis ravi de vous avoir. Merci de votre invitation. En effet, je suis tout à fait d'accord. Ce régime réprime son peuple et déstabilise la région, la région du Moyen-Orient, est déstabilisée à cause de ce régime.
Est-ce que vous pensez que cette révolution est la bonne, que cette fois, le régime peut tomber ?
Le peuple iranien n'a jamais voulu réellement ce régime, a toujours protesté, a toujours résisté. Malheureusement, les mouvements sont relativement spontanés, sans programme et sans perspective politique. Ce qui affaiblit les forces des mouvements. Mais finalement, il faudrait aider et il faudrait assister le peuple iranien dans les mouvements qui sont en cours ou qui viendront à l'avenir pour renverser ce régime.
De quelle manière, selon vous ? La France n'en fait pas assez ?
Ça a été dit tout à l'heure. Déclarer les pastarans comme un groupe terroriste, notamment, et ont diminué au minimum vraiment les relations diplomatiques. Ce régime a été malheureusement aidé depuis longtemps. Il est maintenu grâce à la répression, bien entendu, grâce à notre faiblesse en opposition, je suis d'accord. Mais quand même, plusieurs pays dans la région et même en Europe ont aidé au maintien de ce régime.
Est-ce que vous avez encore des contacts, Maroun Mouradkani, avec vos proches en Iran, voire avec votre oncle ?
Non, je n'ai pas de contacts avec mon oncle. La dernière fois que je l'ai vu, il était président de la République. Il n'était pas encore devenu. Il n'avait pas encore succédé à Roménie. C'était en 1985 et je suis sorti en Iran suite à notre opposition. Mon père était devenu opposant six mois après la victoire de la révolution islamique et de même notre famille. Et on a rompu tous nos contacts, avec mon oncle en particulier. Mais personnellement, j'ai encore des contacts avec la famille. On partait de la famille de Khamnei, bien entendu ma mère et bien sûr mes soeurs sont encore en Iran.
– Que vous disent-elles ? Allô ? Oui, vous m'entendez ?
– Allô, je vous entends.
– Oui, que vous disent-elles ? Que vous dit votre mère ? Que vous disent vos soeurs ?
– Notre famille, dans son entier, est opposante à ce régime. Ma mère aussi, elle a rompu toutes ses relations avec son oncle, avec son frère, pardon, avec son frère, de même mes soeurs et mon frère. Nous n'avons pas de relation. Mon père était quelqu'un de très important à l'époque de la révolution. Il a participé à la révolution islamique, mais il était contre le principe de Velayi Tefari. Il n'a pas signé la constitution de la République islamique, malgré qu'il était membre de l'Assemblée, constituant la constitution.
Il est devenu opposant, notamment après avoir découvert que l'incentie du cinéma-rex d'Abadan, en 1978, était commandité par les Mullahs, et non pas par le régime de Mahmoud al-Zachar, par la vie.
– Un dernier mot, Mahmoud Mouradkani, est-ce que vous pensez que votre oncle ira jusqu'au bout, n'hésitera pas à sacrifier son peuple, à continuer les massacres, ou est-ce que vous pensez qu'il peut négocier avec un Donald Trump, par exemple ?
– Non, je pense qu'il ira jusqu'au bout, mais il conduit un homme politique en dents de scie, avec des durcissements, avec des relâchements, et il utilise tous les moyens pour rester au pouvoir, et je pense que parmi ces moyens, ça peut être des mensonges, des promesses qu'ils n'ont jamais retenues, si vous voulez, dans leur idéologie, dans leur pensée, mentir pour maintenir le régime est autorisé. Donc ils ne vont pas hésiter à mentir, ils ne vont pas hésiter à réprimer encore le peuple, et je ne pense pas qu'il cédera à la population.
Seule sa disparition permettra d'évoluer vers un changement profond dans le régime, et je pense qu'après Ali Rahmi, il y aura des différends à l'intérieur du régime, et il y a beaucoup de rivalités, il y a beaucoup de différends, et après Ali Rahmi, il n'y a personne qui puisse avoir le prestige, et si vous voulez, la force de maintenir le régime en état. Et je pense que sa mort et sa disparition est salvatrice. Par contre, j'aurais aimé qu'il soit jugé et qu'il soit emprisonné.
– Un mot de réaction, Rachid Temel ?
– Vous avez raison de dire qu'il y a des pays qui participent de tout cela, c'est pour ça que dans les demandes que nous avons faites, il faut aussi une réunion rapide du Conseil de sécurité des Nations Unies, que le monde voit qui soutient qui, parce qu'on sait bien que par exemple la Chine achète 90% du pétrole iranien. On sait bien qu'il y a aujourd'hui du matériel militaire iranien qui a été rejoint, bien sûr, la Russie contre l'Ukraine. Je pense qu'il faut qu'on le dise, et donc c'est pour ça qu'il faut effectivement détruire ce régime-là, et pour que le peuple iranien puisse choisir librement son destin, son régime et la suite.
Et donc c'est à cela qu'il faut abattre ce régime-là, qui est néfaste pour son peuple, et néfaste effectivement, comme vous l'avez dit, pour la région. Et c'est vrai qu'Ali Kamenai, le risque en plus, il ne faudrait pas tomber dans le piège, c'est qu'il y ait une ouverture du régime, une ouverture entre guillemets, sur le nucléaire, pour permettre de continuer à tuer librement son peuple. Donc c'est ça, il ne faut pas l'oublier. C'est-à-dire qu'il faut aller jusqu'au bout dorénavant, parce que chaque fois on dit encore, encore, encore, plus tard, plus tard, plus tard, et à la fin c'est le peuple iranien qui meurt par centaines, par centaines et par centaines. Et on a tous des témoignages.
Quand vous tirez la Kalashnikov sur votre propre peuple, qui lui manifeste à main nue, que vous reste-t-il ? Que peut-on vous noitant de ce régime-là ? Rien. Il faut l'abattre dorénavant.
– Merci beaucoup. Merci Mahmoud Mouradkhani d'avoir été avec nous depuis Croix dans le Nord. Merci infiniment d'avoir accepté notre invitation. Alexandre, dernière question là-dessus ?
– Oui, on parle de crimes contre l'humanité. En tout cas, certains observateurs parlent de crimes contre l'humanité et que ces manifestants massacrés. Pourquoi ne pas envisager des frappes militaires sur des lieux stratégiques du régime ? – Ça, j'ai envie de dire que c'est une autre question. C'est une autre question. Et là, il y a un certain nombre de choses qui doivent être regardées. et je pense que, je sais que sur les plateaux télé, plein de gens disent tout et n'importe quoi. Bon, moi je suis pour que dans ces questions-là, il faut un peu de sérieux de rigueur. Mais en tout cas, qu'est-ce qu'on peut faire nous en tant que politique ?
Bien sûr, le pouvoir, le Président public aura à discuter le moment venu potentiellement d'actions militaires. Mais je dis nous, en tout cas, c'est déjà faire en sorte que nous puissions nous agir concrètement sur les mesures. Et donc, déjà, je le redis, avoir une voix plus forte européenne, des mesures plus fortes, et abattre la colonne vertébrale du régime de ce qu'il en reste aujourd'hui, c'est aujourd'hui l'essentiel. Ensuite, moi, je veux dire, on pourra discuter de tout le reste sur les options éventuelles militaires, mais tout ça est un peu plus compliqué.
– Autre sujet qui met l'Union européenne sous tension, les menaces de Donald Trump sur le Groenland, menace que maintient le Président américain. On va écouter la réaction du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
– L'Europe a bien sûr intérêt à entretenir des relations transatlantiques constructives, mais pas dans un esprit de vassalité, mais plutôt sur un pied d'égalité. L'Europe a intérêt à ce que la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale des nations soient respectées.
– L'Europe est à la hauteur des menaces de Donald Trump, Rachid Temel.
– Voilà, ça va un peu mieux depuis une semaine. Bon, mais je pense qu'il faut être très, très ferme. On ne peut pas accepter qu'une partie du territoire européen soit attaquée, accaparée, voire même une proposition d'achat. Et donc, nous sommes, il y a un rapport d'alliance, mais pas de vassalité avec les États-Unis d'Amérique. Et donc, il faut leur dire très clairement la chose. Nous sommes dans une même alliance militaire, on ne peut pas accepter qu'un pays attaque un autre pays. Et nous leur disons très clairement que s'ils font un mouvement vers le Groenland, alors nous devons répondre.
Et donc, oui, il faut avoir des sanctions fortes, immédiates sur un certain nombre d'opérateurs et contre le pouvoir américain, bien aimant.
– Sauf que Donald Trump menace les pays qui ont envoyé des militaires au Groenland et qui ne soutiennent pas son plan de droit de douane. 10% en février, 25% en juin. Emmanuel Macron, il veut activer l'instrument anti-coercition de l'Union européenne. Avant de vous entendre là-dessus, Alexandre, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'est cet instrument ?
– Alors, rapidement, ce dispositif, il pourrait limiter les importations américaines en Europe, geler l'accès des groupes américains au marché européen et puis bloquer les investissements américains. Donc, à Bruxelles, on appelle ça le bazooka commercial.
– Racheter mal, c'est une bonne idée.
– Bien sûr, parce que la dernière fois, ce qui s'est passé, quand il y a eu le fameux des droits de douane, vous avez vu la présente de la Commission européenne qui avait dit « Non, mais M. Trump, on va vous acheter du matériel militaire, on peut trouver un accord. » – Non, en fait, nous sommes le premier marché au monde. Et donc, l'accès au marché européen, c'est recherché par tout le monde, dont les entreprises américaines, que ce soit le numérique ou d'autres. Donc, il faut maintenant leur dire, il faut que l'Europe s'assume comme…
– Elle ira jusqu'au bout, l'Europe ? Elle suivra l'ordre d'Emmanuel Macron ?
– Sinon, franchement, c'est la fin de l'idée européenne. Nous sommes dans un monde des empires contraillés qui sont sur le retour. Les Américains, les Chinois, les Russes et autres, les Turcs. Donc, si vous ne nous faites pas respecter, vous êtes bouffés, tout simplement. Donc, il faut se faire respecter. Et donc, nous avons des capacités. Il faut que l'Europe soit lucide sur ses avantages. Nous sommes le plus grand continent. Il faut maintenant passer aussi du rêve à la réalité. Et donc, un continent qui doit être économique et dire aux Américains, « Eh bien, c'est comme ça. Vous verrez, vous aurez des sanctions économiques.
Parce que vous verrez qu'à ce moment-là, le rapport de force ne sera plus le même. »
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Rachid Temal