Sous nos pieds, la pollution
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
et ça bien bonjour merci beaucoup d'être avec nous c'est votre documentaire sous nos pieds la pollution qui va donc être diffusé ce soir sur notre antenne et vous revenez sur le travail de cette commission d'enquêté sénatoriale sur la pollution des sols a rendu son rapport en septembre qu'est ce qu'on apprend dans ce rapport alors on apprend beaucoup de choses qui ne sont pas tout réjouissantes pour être honnête mais intéressante est la première c'est que sous nos pieds il y a par endroits des produits toxiques dangereux voire cancérigènes eh bien on sent qu'on le sache un peu comme on l'a vu dans cet extrait c'est ce qu'on appelle des pollutions historiques celles qui sont issues de notre âge d'or industriel dont l'héritage lui n'est pas du tout de rien il est plutôt empoisonné puis en plus comme il est enfoui sous nos pieds on en a même pas conscience et parfois ça arrive pas seulement dans des friches oui à personne ça peut arriver dans des collèges c'est ce qui s'est passé au collège saint-exupéry de vincennes où on a découvert par hasard à l'occasion de travaux de rénovation du trichloréthylène c'est un solvant qui est cancérigène c'est un collège que vous connaissez bien laurent lafon avant d'en parler avec vous je vous propose de regarder un autre extrait du documentaire qui était tourné dans ce collège qui est aujourd'hui fermé le trichloréthylène a contaminé les eaux puis par évaporation les gaz du sol ce solvant peut s'avérer cancérigène plus l'exposition est forte et prolongée plus le risque augmente le danger ici c'est qu'il stagne dans les bâtiments notamment au rez-de-chaussée c'est là où on peut avoir les plus grandes expositions avec des taux d'une centaine de microgrammes par mètre cube à plusieurs milliers de microgrammes par mètre cube c'est équivalent à plus de 10 cents fois où mille fois ce qu'on peut observer en cas d'absence de pollution de ce type là d'après les autorités sanitaires le niveau d'exposition des élèves qui ont étudié ici ne présente pas de danger pour leur santé mais le personnel qui a exercé pendant des années dans l'établissement est inquiet à l'origine de cette pollution une simple usine de fabrication d'objets métalliques disparu dans les années 70 avant la construction du collège discrètement c'était surprenant parce que c'était pas un site répertorié comme pouvant avoir une dimension polluantes quoi donc voilà on s'est trouvé un petit peu surpris voilà surprenant à celle terne laurent lafon puisque personne n'avait connaissance de cette position pourtant ce qui a découvert votre commission d' enquête c'est que ça pouvait arriver dans plein d'autres endroits parce qu'il ya pas vraiment de cartographier aujourd'hui des sols pollués en france dont effectivement on ne connaît pas la situation je serais incapable de vous dire quelle est l'ampleur du problème et où se situe le problème on a des bribes d'informations parce que quand même quelques sites ont été identifiés quelques sites ont été analysés mais les sites que nous connaissons sont sans doute très petit nombre par rapport à la réalité du problème est effectivement quand on ne connaît pas un problème dans son dans sa globalité ça suscite de nombreuses questions oui questions qui sont ils sont très bien poser un danger dans le documentaire de samia et dans votre rapport aussi on va parler dans quelques instants du coup notamment du coût de la dépollution mais samia on va peut-être rester justement sur cette cartographie des établissements scolaires parce que c'est vrai que c'est assez édifiant dans votre reportage est ce qu'on sait s'il ya beaucoup d'autres établissements scolaires qui sont construits sur des sites pollués alors il y en a d'autres c'est sûr mais combien personne ne peut vraiment le dire aujourd'hui malheureusement en fait en 2010 il ya quand même une tentative pour pour le savoir ce que le ministère de la transition écologique avait lancé une grande campagne qui s'appelait la campagne établissements sensibles et qui visait elle est recensé tous ces établissements qui ont été construits sur un site industriel de la crèche au lycée et dans chaque établissement vais réaliser un diagnostic pour vérifier si les sols étaient pollués parce que c'est pas parce qu'on a construit sur un site industriel qui a forcément pollution le problème c'est que tout ce travail il a été arrêté en 2016 on va regarder ensemble un nouvel extrait pour comprendre pourquoi on a mis fin à cette campagne de recensement alors qu'elle a permis de recenser plus de 2000 établissements situés sur un site potentiellement pollués seul 1359 ont fait l'objet d'un diagnostic dans un tiers des établissements à risques aucune étude des sols n'a donc été réalisée à ce jour motif la poursuite des diagnostics coûterait 40 millions d'euros trop pour ségolène royal qui est alors ministre de l'environnement plusieurs voix s'élèvent pour lui demander de revenir sur sa décision en vain dans cet email que s'est procuré la commission d'enquêté sénatoriale elle s'adresse au préfet de police de paris par votre courrier du 24 octobre 2016 vous avez appelé mon attention sur l'intérêt de poursuivre les diagnostics des sols des établissements accueillant des populations sensibles compte tenu des contraintes budgétaires pesant sur le ministère dans un contexte de réduction des déficits publics j'ai décidé de ne pas renouveler la démarche dans le fond est ce que vous considérez que ségolène royal fait une faute à l'époque on décide d'arrêter cette campagne de d'identification et de diagnostic des établissements construit sur un ancien site industriel manifestement oui état s était engagée sur un processus d'identification qui avait été commencé réaliser un certain nombre de régions et brutalement pour un motif budgétaire franchement quand on voit la somme avancée par rapport à l'ampleur du problème et les risques sanitaires occasionnés on peut parler ou utiliser le terme de deux fautes moi je ça fait plusieurs années que je demande que ce processus soit soit repris puisque à des sites comme paris lyon qui n'ont pas été investiguées et dont les habitants et les parents ont le droit de savoir si effectivement l'établissement dans lequel est scolarisée leur enfant a été réalisé sur un site pollué et s'il ya danger ou pas comme vous le disiez tout à l'heure c'est pas parce qu'on est sûrs ainsi polluer qui a forcément danger mais c'est un droit à l'information qu'on demande et quand comme ça pour une raison purement budgétaire on interrompt un processus qui avait été décidée qui était un processus de transparence et d'information je trouve que dans les temps que nous vivons c'est quelque chose qui n'est pas responsable au regard de la sensibilité environnementale qui est celle des français aujourd'hui et du droit à l'information sur ces questions là et vous dites ça fait des années que vous le demander et votre commission denquête un d'ailleurs le demande aussi est-ce que vous avez une réponse de barbara pompe il est la nouvelle miss de l'écologie toujours pas toujours pas vous savez c'est allah lui votre rapport je ne sais pas nous n'avons eu aucune nouvelle nous ne l'avons pas vu alors il il est vrai que le rapport a été finalisé au moment où il ya eu un changement ministériel il ya eu un changement aussi au sénat avec les élections dont il ya une petite interruption de le reprendre contact avec son cabinet pour la pour la rencontre et je ne peux pas préjuger de ce qu'elle va nous dire de temps pour finir sur cet état des lieux un c'est qu'on voit aussi dans le reportage de samia qui a des villes qui ont les moyens de faire cet état des lieux c'est notamment le cas à paris et puis il ya des communes qui n'ont pas assez de moyens pour le faire est ce que du coup ça va créer des inégalités territoriales entre les communes riches et les communes plus modestes c'était pour ça que c'était important que c'est important que ce soit l'état qui prennent en charge ce diagnostic après s'il ya des travaux à faire s'il ya des aménagements ce sera aux collectivités de faire mais dans un premier temps par un souci d'équité sur l'ensemble du territoire national c'est à l'état c'est d'ailleurs lui qui a engagé cette procédure c'est à l'état de finir cette procédure parce que pour la précision il ya des villes qui vend des départements entiers qui n'ont pas du tout pu être concernés par ce diagnostic c'est le cas de toute l'ancienne région rhône alpes donc il ya eu huit départements où c'est pas qu'on n'a pas fait un diagnostic c'est qu'on a même pas fait le recensement ne sait pas lesquels sont sont concernés et il y à des villes on en parle dans le documentaire notamment grenoble qu'on a contacté et qui n'était même pas au courant de la démarche de l'existence de la démarche quand on sait que dans l'ancienne région rhône alpes il ya la vallée de la chimie il ya tout un nombre d'établissements qui pourraient être concernés et où rien n'a été fait c'est un réflexe qu'on voit beaucoup sur ces questions là sur la question de la pollution de l'air il vaut mieux fermer les yeux que de voir la réalité or je pense sur ces sujets là même si évidemment un moment c'est angoissant ça soulève des questions dont on n'a pas les réponses mais il vaut mieux avoir la lucidité la responsabilité de voir la situation et ensuite de l'analyse et intelligemment et il ya beaucoup d'autres questions qui sont posées et dans votre commission d'enquêté dans votre reportage samia alors notamment évidemment sur le coût de la dépollution puisque l'état ne met pas la main à la poche pour le coup vous vous demandez évidemment que l'état mette la main à la poche sur la dépollution de tous ces sites pollués et il ya quelque chose d'autre qui interpelle en tout cas qui moi m'a interpellé dans le reportage de samia c'est que les autorités bien elles sont impuissantes à contrôler un site pollué une entreprise polluante est ce qu'il ya des failles dans notre droit alors il ya sur la question de la pollution des sols ya de nombreuses failles il ya des trous dans la raquette comme on dit il y en a beaucoup moins sur la pollution de l'air et un peu moins sur la pollution de l'eau mais les terres il ya vraiment on est sur un terrain législatif si on peut dire ça comme ça qui est vraiment complètement à construire et il ya un problème de financement vous avez raison il ya un problème de financement notamment pour tous les sites les sites qui ont pas à une capacité à accueillir une opération d'aménagement quand vous avez la possibilité de réaliser une peau d'une opération d'aménagement avec les les marges de manoeuvre financières que ça peut générer on peut réhabiliter ces sols en revanche sur des sites isolés ou sur des sites comme le cas de vincennes ou en équipements publics dessus on n'a pas les financements c'est là où on demande effectivement à l'état de passer à la vitesse supérieure jusqu'à présent il y avait environ 32 millions d'euros de crédits au niveau de l'ademe on demande à l'état de passer à 75 millions d'euros alors fort heureusement il ya un fonds de dépollution qui a été mise en oeuvre dans le cadre des plans de relance tant mieux il faut bien sûr s'en réjouir mais le plan de relance il a une durée de vie limitée or c'est par deux ans que nous allons régler les questions de pollution ça va prendre de nombreuses années et donc il faut un système beaucoup plus pérenne [Musique]
Laurent Lafon