Bruno Retailleau : discussion sans filtre avec François Lenglet (Présidentielle 2027)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 14 %Défensif 12 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Quelle est la première mesure que vous prenez pour marquer votre différence si vous êtes à l'Élysée ?
- 5:12OuverteRéponse directe
Pourquoi est-ce que vous êtes aussi obsédé par l'immigration ?
- 15:26OuverteRéponse directe
Cette décision de candidature, vous l'avez prise quand ?
- 24:12OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un sujet auquel vous avez réfléchi, la capacité d'exécution ?
- 33:32OuverteRéponse directe
Comment vous expliquez la demande d'ordre et d'autorité en politique ?
- 49:19OuverteRéponse directe
Vous pensez que la campagne de 2027 va se jouer sur les réseaux sociaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48SPEAKER_XXPromesse
« Je prendrai la mesure de réviser la constitution de la 5e République parce que aujourd'hui le pouvoir n'a plus le pouvoir. »
- 3:00SPEAKER_XXFait
« Partout dans l'Europe, les peuples ressentent la même chose d'une dépossession démocratique. »
- 5:55SPEAKER_XXFait
« L'immigration, c'est devenu un problème majeur pour plusieurs raisons. Pas en tant que tel, mais c'est une question de nombre. »
- 55:50Chiffre
« il constate une corrélation incroyable entre l'arrivée du smartphone et la chute de la démographie. - 20 % 5 ans après l'arrivée du téléphone, - 30 % 10 ans après »
- 55:50Fait
« Les jeunes consacrent deux fois moins de temps à la rencontre physique que il ne le faisaient auparavant. »
- 58:34Chiffre
« la France est une patrie littéraire. Camu parlait de la langue française comme de sa patrie littéraire et en est Vous ne trouverez pas de pays au monde qui est autant de prix Nobel de littérature par rapport au poids démographique. On en a 16 ou 17. »
- 59:17Fait
« il y a pas un candidat à la présidentielle qui n'a pas écrit deux ou trois bouquins comme si l'encre noire avait remplacé l'huile sainte »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Bruno bonjour. Bonjour François Langlais. Merci d'avoir accepté d'être le premier invité de cette nouvelle série de podcast pourquoi président. Pourquoi président ? Bien sûr vous êtes candidat. Vous êtes l'un des nombreux candidats qui se profileent et qui se sont déclarés même pour ce qui vous concerne à l'orée de cette année présidentielle. Alors, on va parler bien sûr de vos idées pour le pays, de votre diagnostic de l'État de la France, mais aussi de vous, vos influences, celle que vous avez reçu, j'entends votre vision du monde. Mais avant ça, première question, vous êtes à l'Élysée. Quelle est la première mesure que vous prenez pour marquer votre différence ? Je prendrai la mesure de réviser la
constitution de la 5e République parce que aujourd'hui le pouvoir n'a plus le pouvoir. Ça sert à quoi d'accéder à l'Élysée quand on est ligoté, quand on l'impossibilisme ? Je l'ai vu quand j'étais ministre de l'intérieur et je pense qu'il faut rééquilibrer aujourd'hui. Alors, c'est compliqué à expliquer ce qu'on appelle l'état de droit et en même temps la démocratie. On est dans une démocratie libérale et dans une démocratie libérale, les deux termes doivent être à équivalence. Le mot libéral, ça veut dire que la majorité ne peut pas écraser le droit, que la majorité ne peut pas tyranniser les minorités. Mais la démocratie, ça veut dire que la source du droit, c'est le peuple. Et aujourd'hui, on a une situation de déséquilibre. Les Français le sentent. Jamais ils ont eu le
sentiment que leur décision pèaient aussi peu sur leur destin collectif. Quand par exemple, on essaie de changer pour durcir la loi sur la justice des mineurs parce qu'il y a une catastrophe. a une envolée justement de de des violences pour commises par des jeunes mineurs et que le conseil, il y a une loi qui est votée, elle est censurée par le Conseil constitutionnel qui dit "Ah oui, mais en fait [raclement de gorge] le principe cardinal pour les mineurs en France, ça doit être le principe d'éducation et pas le principe de sanction." Mais quel parent a déjà dissocié le principe de sanction du principe de l'éducation ? C'est tout un. Donc je prendrai la décision évidemment de réviser la Constitution. pour prendre le pouvoir, redonner la parole au peuple
notamment sur la question d'une justice pénale, sur la question migratoire. Ça m'a même à une autre question un peu plus fondamentale, mais quelle est la conversation que la France n'a pas eu qu'elle a évité depuis 20 ans et qu'elle devrait absolument avoir à partir de 2027 ? Vous vous entendez quoi par conversation ? le sujet fondamental sur son état, son devenir, son projet qu'elle a éludé parce que par facilité, par conservatisme, par évitement du désagrément, il y en a deux. Il y a celui que je viens de citer qui est la notion d'un équilibre politique et et qui est au cœur des régimes démocratiques. Je pense
que partout dans l'Europe, les peuples ressentent la même chose d'une dépossession démocratique. D'ailleurs, c'était euh la comment dirais-je l'aspiration des gilets jaunes de première manière. Reprendre une forme de pouvoir, avoir une parole qui pèse dans le débat public. Ça c'est le premier point. L'autre point qui est un point qui a été totalement recouvert par beaucoup d'hommes et de femmes politiques, pas par tous, mais quand même, c'est de sortir de ce que j'appelle le socialtatisme. On a vendu au Français, notamment la gauche. Souvent la droite n'a pas eu le courage de revenir sur ces affirmations, mais la gauche a vendu deux choses au français. Première idée, travaillez moins et vous vivrez mieux. Et au total, il nous manque désormais 3 années de travail dans une vie. 3 semaines de
travail dans euh une année par rapport à la moyenne des pays européens. Donc c'est la richesse qu'on ne crée pas. Et l'autre mensonge, c'est que en réalité on peut venir, on peut trouver des solutions à n'importe quel problème quand on dépense de l'argent public et ça nous amène à un endettement un surendettement. Donc voyez les deux les deux grands problèmes français d'un côté le surendettement de l'État qui sont totalement liés surendettement de l'État d'un côté des déficits astronomiques qui obèrent la capacité la moindre marge de manœuvre dans quelques dans 2 ans, dans 3 ans, la totalité de l'impôt sur le revenu sera plus que cannibalisée par le seul paiement des intérêts de la dette. Donc endettement,
surendettement collectif et appauvrissement individuel si j'ose dire. euh le pouvoir d'achat et notamment le niveau de vie qu'on mesure en divisant le le PIB, la richesse nationale produite dans une année par le nombre d'habitants. J'étais en Pologne il y a quelques jours avant d'aller en Ukraine. Les Polonais il y a quelques années, leur pouvoir d'achat était moitié moins que le pouvoir d'achat, en tout cas que le niveau de vie des Français. dans quelques années, ils vont nous rejoindre et sans doute nous dépasser. Désormais, les Français l'ont appris il y a quelques semaines, le niveau de vie moyen d'un français est inférieur au niveau de vie moyen d'un européen. C'est concret, très concret. On a fait la publicité en quelque sorte
de ce podcast sur les réseaux en annonçant votre venue et en demandant aux spectateurs futurs de vous poser des questions. Alors, il y a plusieurs thèmes qui sont évoqués mais il y en a un qui domine, c'est l'immigration. Et beaucoup de spectateurs vous demandent "Mais pourquoi est-ce que vous êtes aussi obsédé par l'immigration ? Qu'est-ce qui fait que pour vous c'est un problème aussi important pour la France ? Je suis pas obsédé par ce problème-là plus que d'autres. La question économique de la prospérité, ce sera d'ailleurs le premier des piliers que je veux présenté dans mon projet. Simplement sans doute qu'ils m'ont vu commissre de l'intérieur. Et comme isre de l'intérieur, on fait moins d'économie et et on fait plus d'orre public. Et dans l'ordre République, bah il y a les
questions de sécurité. Dans les questions de sécurité, il y a l'immigration. L'immigration, c'est devenu un problème majeur pour plusieurs raisons. Pas en tant que tel, mais c'est une question de nombre. On n' plus la capacité d'accueil qu'on a pu jadis savoir quand euh on a 500000 personnes légaux, illégaux qui rentrent chaque année sur le territoire. Quand vous voyez on a un problème d'intégration, je me parle même plus d'assimilation des deux côtés. d'un côté des nouveaux venus qui refusent de s'intégrer à notre culture. Et ça, une société ne peut pas tenir, il peut pas y avoir de cohérence d'une société de cohésion sans un partage au minimum des valeurs. Et ma valeur à moi, c'est le modèle républicain. Le modèle républicain n'a rien à voir avec la couleur de la peau.
Il n'a rien à voir avec la religion et il n'a rien à voir avec la condition sociale. Et c'est ça qu'il faut que les nouveaux venus comprennent. Et quand je disais que il y a un problème des deux côtés, du côté de certains nouveaux venus qui ne veulent pas s'intégrer, qui veulent à tout prix garder des mœurs, le leur propre loi auquelle ils obéissaient dans leur propre pays, mais qui sont différentes des nôtres parce que c'était pas ni des démocraties ni des Républiques. Bien souvent, là où la religion domine la vie civique si j'ose dire. Mais on a un problème qui vient de nous-même, c'est que désormais on ne croit pas suffisamment en nous. pour que on puisse se poser comme un modèle, comme un exemple. Quand vous vous dénigrez, quand vous
cultivez la culpabilité, la repentance perpétuelle, vous dites à tous celles et ceux qui pourraient vouloir s'intégrer au destin collectif, la France n'est pas aimable. La France est forcément coupable. Si vous dites la France n'est pas aimable, pourquoi est-ce qu'il aimerait la France ? Et je pense que on a une manie très occidentale euh de l'accueil de l'autre à tel point qu'on s'est vidé notre propre substance, voyez. Mais du coup, c'est beaucoup plus difficile d'intégrer, d'assimiler lorsqu'on ne croit pas en soi et lorsqu'on n'est pas capable de se poser comme modèle. Jadis, on a eu, alors c'était beaucoup plus facile parce que c'était des pays qui partageaient notre culture, notre civilisation, les Polonais, les Italiens, les Portugais,
les et cetera, des Européens en réalité. Euh mais il y avait vraiment cet effort de leur part. Ils voulaient parler français et même y compris d'ailleurs des gens qui venaient du Maghreb. La première génération, il fallait vraiment pratiquer le français, il fallait vraiment épouser nos nos mœurs et puis ben petit à petit les choses se sont délitées. Et aujourd'hui, on a une immigration qui est à la fois trop concentrée géographiquement, elle est pas assez diversifiée et trop peu qualifiée d'un point de vue du travail, si j'ose dire. J'entends tout à fait votre raisonnement, mais sans aller jusqu'à la repentance, est-ce que il y a pas un gigantesque problème d'intégration ? Je vais vous raconter une anecdote personnelle. Enfin, je prends le métro régulièrement pour aller
à RTL le matin à 6h30. Bon, sur la ligne 1, la ligne une de Paris, vous la prenez à 8 ou 9h, vous avez des cadres, des gens qui se rendent à la défense et cetera. à 6h30, c'est une toute autre population pour l'essentiel étrangère. Des noirs, beaucoup hommes et femmes qui travaillent [grognement] sur les chantiers, qui travaillent dans le nettoyage et on se dit quand on voit ça, mais c'est un pays qui dé facto et entretient une forme d'appartid qui n'est pas souhaité, qui n'est pas voulu, qui n'a pas été décidé. Mais à l'époque où j'étais jeune, ça fait longtemps, on imaginait que ces différences allaient s'estomper et que petit à petit, justement euh à force de désir,
d'assimilation et d'ouverture, et bien les différences se nivelleraient comme elle l'avait été avec les Italiens, les Polonais, les Espagnols et même les premiers Maghrébains il y a 30, 40 ou 50 ans. Il n'en est rien. Au contraire, la ségrégation est de plus en plus forte. Est-ce qu'il y a pas pour l'homme politique que vous êtes aussi un sujet monumental ? Immense sujet, je je vous l'ai dit, cette capacité d'intégration elle est majeure, mais euh là encore, on a des pompes aspirantes notamment sociales, qu'il faut arrêter tout de suite. On est toujours dans les mieux disants au niveau de l'Europe et malheureusement, vous savez que c'est les migrants, ils viennent pas par hasard en France. Souvent, ils sont coachés par des trafiquants, par des criminels, des
organisations criminelles qui les dirigent et qui captent les signaux et qui parce qu'ils font du business, ils veulent faire du profit et qui savent parfaitement les pays qui sont euh faibles comme nous le sommes, très attractifs socialement, des pays qui sont beaucoup plus beaucoup plus fermes. Je discutais avec mon homologue ministre de l'intérieur danois social-démocrate donc de gauche et je lui disais mais comment se fait-il que certaines mesures notamment d'extériorisation avec le Rwanda des demandeurs d'asile vous vous les avez pas mis en pratique mais en disant vous avez quand même diminué de plus de 80 % la demande d'asile. m'a dit, tu sais Bruno, en fait en matière de migratoire la la force, la puissance des mesures vaut tout autant que l'application de ces mêmes mesures parce
que ça envoie aux filières de trafiquants des des messages et nous c'est l'inverse. On a par exemple une aide médicale d'État où on offre 100 % de remboursement aux migrants clandestins. Alors que dans le même temps, un cotisant français, un cotisant national, même un étranger d'ailleurs mais qui cotise, lui il va avoir un remboursement pour des frais dentaires de de 60 % un reste à charge. Donc il y a il y a ce problème là plus général et il y a un autre problème, faut pas se le nier, c'est que on a trop concentré l'immigration. On les a on l'a concentré notamment en France. C'est vraiment le pays européen, la France qui a le plus concentré l'immigration notamment sur le Maghreb. Mais on l'a concentré sur une ère, si j'ose dire, arabo-musulmane qui,
comment dirais-je, a connu une évolution sociétale très différente de nos sociétés. Nos sociétés se sécularisent, leurs sociétés se sont réislamisées, parfois même radicalisées. Le sondage de l'ipop de l'automne dernier est incroyable puisque parmi les plus jeunes, notamment de 14 à ou de 15 à 24 ans euh qui sont musulmans, ce sont les plus jeunes qui pour 57 % disent et affirment que la loi de Dieu doit être supérieure à la loi des hommes, à la loi civique, la loi religieuse. au-dessus de la loi civique, ça pose un problème. Est-ce qu'il faut faire la paix avec l'Algérie ? Bien sûr, mais moi je suis pas du tout pour me fâcher avec le régime algérien.
Euh vous avez entendu ce qu'a dit le procureur du parquet national antiterroriste, c'était le 13 avril dernier sur une station, une radio du service public. Il a parlé de terrorisme d'État. Il doit avoir une petite dizaine d'affaires. Il a cité trois pays. La Russie, on voit bien. Il a cité l'Iran, on voit bien. Et il a cité l'Algérie. Donc la question ça n'est pas de faire la paix ou la guerre. Nous, nous voulons la paix. Nous avons des accords avec l'Algérie que nous respectons à la lettre. Et l'Algérie ne respecte pas ses accords. Pire, elle enferme un écrivain Boem Sans sal. Elle enferme un
journaliste qui va pour faire un reportage de foot et qui se retrouve accusé de crime d'état. Christophe Glaz. Christophe Glaise et en ne respectant pas les accords, elle ne reprend pas les ressortissants qui sont dangereux. Total l'attentat de Mulouse. Ces services secrets tentent d'assiner des opposants algériens sur le territoire. Est-ce que vous voulez que je vous cite d'autres faits ? simplement ce que je dis c'est que nous n'avons pas de politique algérienne. Je veux moi qu'on ait une doctrine d'état. La seule politique algérienne qui était celle du président de la République, Emel Macron, c'est qu'il pensait que une relation amicale et personnelle avec monsieur Teboun suffirait à tenir lieu de diplomatie franco-lgérienne. Ça n'est pas possible
pour deux raisons. La première raison, c'est que monsieur Tbou ne détient pas la totalité du pouvoir. Il faudrait y ajouter le chef d'étatmajor, monsieur Chandria, les services secrets et il faudrait y ajouter même quelques oligarques. première raison. Donc une relation avec un seul homme ne peut pas englober la totalité du pouvoir algérien. Deuxième raison, c'est que connaître la nature du régime algérien, voyez, je sépare le régime algérien du peuple. Je pense que d'ailleurs, on l'a on l'a vu avec le fameux mouvement le HIRC qui a été réprimé d'ailleurs par ce par ce régime quasi dictatctorial. Mais le régime algérien a besoin d'entretenir la haine antifrançaise parce que il a échoué économiquement. il est isolé sur
le plan diplomatique et il a une jeunesse qu'il arrive de moins en moins à contrôler et donc il construit un récit et nous nous sommes le bouqu émissaire et du coup ça n'est pas en fait comment dirais-je une politique qui oscile. C'est une politique qui est très méthodique. Ils essaient d'obtenir en marchand dans à chaque fois crise après crise des concessions et chaque concession obtenue et en réalité l'ouverture d'une porte pour que il puisse obtenir d'autres concessions. et on n pas compris ça. Donc il faut refonder cela comme on le fait avec d'autres pays sur deux bases très simple normaliser notre relation. Première base c'est la réciprocité, c'est le droit international. J'applique les accords à condition que tu les appliques. Et
deuxième chose, une intransigence notamment vis-à-vis de la défense de nous ressortissants et de notre souveraineté nationale. Voilà, pas d'influence étrangère sur le sol national et encore moins des tentatives évidemment d'assassinat. Cette décision de candidature, vous l'avez prise quand ? À quel moment [raclement de gorge] vous êtes dit "J'y vais ?" Euh c'est pas comme je je ne suis pas comme ça. J'ai besoin de murissement. Moi, je suis un rural, voyez. Je suis très enraciné et ce qui fait peut-être ce tempérament rural, j'habite là où je suis né dans une commune de dans une ferme commune de 1600 habitants, c'est que on on connaît le poids des saisons. On sait que avant de moissonner, il faut semer et il faudra que justement la pluie, le froid, la pluie, le soleil
passe par là. Donc j'ai mûri, j'ai mûri progressivement. J'ai en tout cas à l'origine de cet engagement, il y a d'abord depuis tout le temps, mais ça je vais remonter un peu plus loin, j'ai toujours eu le sentiment d'un endettement personnel vis-à-vis de ce que la France, la communauté nationale m'avait donné. J'ai toujours eu à cœur de rendre un peu de ce que j'avais reçu. Très jeune, j'ai fondé une école de musique en milieu rural. Ça n'existait pas du tout. J'étais dingue de musique, de piano, trompettes et cetera. et je voulais que faire partager tout ça à avec ceux qui habitaient ma commune rurale. Mais ça pour moi ça me tient à cœur. Et cette idée que chaque génération a a un devoir à accomplir, c'est transmettre enfin tenter de transmettre une France
meilleure aux générations suivantes. Or l'histoire m'a placé un moment où mon pays est terriblement affaibli sur le bord du gouffre. Et quand on s'engage, moi je suis un patriote, j'aime mon pays et je veux le meilleur que mon pays peut donner. Et je pense que la France a tellement d'atout quand je vois les pays qu'on appelait que Bruxelles appelait les pays clubmed le sud et je rencontre régulièrement monsieur Misotakist, il y a aussi le le Portugal et cetera, l'Italie et cetera qui on on ont reverdi. Voilà et nous la France qui sommes en train de chuter, je me dis qu'on n'a pas le droit de rester inerte. Et ce qui change la donne en France, c'est l'élection présidentielle. Voilà la raison pour laquelle, avec les
convictions que j'ai, avec la certitude que on a tellement plus d'atout sud que je vous ai cité, des mauvaises décisions politiques ont affaibli la France, l'agriculture française, l'industrie française, l'automobile française et cetera, le logement en France, c'est des mauvaises décisions politiques. C'est pas parce que c'est une malédiction qui nous serait tombé du ciel. Et bien, des bonnes décisions politiques peuvent relancer à la France. J'en suis persuadé. Vous qui êtes un homme politique depuis plusieurs dizaines d'années, qu'est-ce que la politique a changé en vous ? Qu'est-ce que la politique a changé en moi ? Peut-être le sens du tragique. Je pense que quand d'abord quand on s'engage dans la vie politique, on s'appartient plus. Le temps ne vous appartient plus parce que
on est toujours sous la pression de l'actualité. Parce que quand on est ancré sur le terrain comme je le suis, bah le weekend, il y a des inaugurations. On en quand on inaugure, c'est pas pour couper un petit ruban bleu blancrouge, c'est pour être en situation en contact avec des élus, avec la population. C'est des moments d'échange, des moments conviviaux. C'est ce qui fait la vie, c'est le sal de la vie. Ça se fait le weekend. Donc on s'appartient plus. Et quand on a des convictions, on est tonaillé justement entre un idéal, l'idéal qu'on veut pour son pays, parce que des convictions, c'est un idéal français comme disait Clémentou, un grand Vandéen et et la situation actuelle. Donc euh cette espèce d'écart entre ce que nous sommes à un moment donné avec les risques pour
demain pour nos enfants, nos petits-enfants et l'idéal qu'on essaie de porter en soi, dans son cœur et dans son âme, euh c'est une tension permanente. C'est un sacerdoce. Euh en tout cas, c'est pas une sinécure. [rires] Je peux vous le confirmer. Quand on le fait sérieusement, il y a plusieurs façons de le faire comme n'importe quel métier d'ailleurs. Comme n'importe quel métier. Je suis pas d'ailleurs sûr que ce soit un métier. Pour moi, c'est plus de l'ordre de la mission que du métier. Mais en tout cas, ça obéit aussi comme un métier en revanche à à un savoir-faire, à des savoirs tout courts. Et il faut se former en par contre, il faut se former en permanence. Tout bouge et là le monde bouge. Là, ce qui est incroyable. J'étais en Ukraine il y a il y a
quelques jours. On arrive à un moment donné où malheureusement la France est terriblement affaiblie, là où le monde devient de plus en plus dangereux. On est à la clôture des grands cycles. Vous aviez écrit d'ailleurs sur 79, enfin sur un un livre les années en absolument les années en uf. Mais aujourd'hui, c'est pire que tout quoi. C'est c'est plus que les années en neuf quoi. C'est 5 siècles qui sont en train de se terminer pendant lesquels l'Occident a conduit les affaires du monde, a eu en main le destin du monde pendant des décennies où on a dépendu des Américains et d'un ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. Et tout ça est en train de s'effondrer. s'effondré parce queon voit la résurgence des vieux empires qui veulent se découper sur la planète des grandes
sphères d'influence qui n'en ont rien à faire du droit des lois. Pour eux la façon de traiter indifférent c'est la guerre. Ils nous font la guerre de façon plus ou moins douce la Chine sur le plan économique et industriel, la Russie de façon plus guerrière et militaire et cetera. Les États-Unis avec un autre moyen. Mais ce sont des empires et et nous nous ne sommes pas un empire. Nous sommes une nation d'ailleurs et l'histoire de France, c'est ce combat toujours renouvelé entre la nation et puis euh et les empires. Voilà, avec la force du droit plutôt que le droit de la force. Voilà, donc on en est là aujourd'hui. Vous êtes assez critique sur Emmanuel Macron, on le comprend en filigrane dans ce que vous dites. Est-ce qu'il y a quand même une chose que vous admirez en lui ?
Son intelligence. Son intelligence. Il est brillant mais malheureusement on juge l'arbre à ses fruits. Et en l'occurrence les fruits et en l'occurrence les Français ont déjà jugé plus de 80 % des Français considèrent que les deux mandats sont un échec. On est à la fin du second mandat. Mais où que vous tourniez comment dirais-je le regard, c'est pas brillant. Je parlais du surendettement, des déficits. Cette année, pour la première fois depuis longtemps, la sécurité sociale, toutes les branches sont dans le rouge. Toutes les branches. Euh donc, on peut être intelligent et ne pas agir comme il faut. Oui, parce que je pense qu'en France en plus, on accorde beaucoup de poids
justement à cette intelligence théorique, à une rhtorique, à comment dirais-je, une façon de s'exprimer. le discours, c'est-à-dire c'est le discours, c'est l'apparence et pourtant faut du courage, il faut de la détermination. Le problème du en même temps que j'ai critiqué depuis le premier jour, c'est le fait de ne pas avoir de ligne. Mais [raclement de gorge] quand vous n'avez pas de ligne, vous ne pouvez pas tenir un rang d'ailleurs au niveau international, vous en changez toujours, y compris sur le plan interne. Regardez sur l'école, on peut pas nommer d'abord Jean-Michel Blanquer et puis monsieur Papendai, ils ont des visions sur l'école qui sont totalement antagonistes. L'école, regardez l'école française, ce qui est terrible, c'est pas seulement qu'elle soit pas bonne sur
le plan de la performance par rapport au classement PISA et aux autres, c'est que ce soit devenu désormais une fabrique à reproduire les inégalités. C'est en France que le lien entre la réussite des enfants des élèves et la situation socioculturelle, le revenu de leurs parents est aussi resserré. Ça veut dire que en fonction de votre famille, vous avez des chances de réussir ou des handicaps. C'est intolérable. Donc où tourne le regard euh l'hôpital, la justice, la sécurité, l'école, le tableau est pas brillant. En revanche, moi je pense parce que je l'ai vu au ministère de l'intérieur, je pense qu'on a beaucoup de Français qui sont prêts pour des réformes. C'est ce que j'appelle, j'appelais la la France des honetens.
Général De Gaulle disait la majorité nationale. Christophe Guiloui appelle ça la majorité des gens ordinaires. Mais il y a des gens qui votent pas forcément toujours à droite et bien qui sont qui se disent maintenant il y a quand même quelques évidences. Il y a une politique de bon sens en matière d'autorité, d'ordre public, en matière de travail. Il en a marre de l'assistana. On veut que le travail soit mieux rémunéré. Donc je c'est à ces français euh que je veux m'adresser prioritairement. Gaspar Kenic faisait un article récemment dans les échos où il disait finalement euh au moment de la saison présidentielle, tous les candidats ont de beaux programmes, brillants et puis finalement euh il termine par baisser les charges, c'est-à-dire faire le minimum. Et c'est
vrai que moi [raclement de gorge] l'image, la représentation mentale que j'ai de cela, c'est dans le dessin animé, vous savez, où sur le bureau, il y a un bouton. Oui. Le type appui, on regarde en dessous et vous avez 10 cm de fil électrique dénudé. Ça mène à rien. Et c'est ça aussi la question qui s'adresse à vous qui est ambitionné d'être président. Qui de l'exécution, de la capacité d'exécution, est-ce que c'est un sujet auquel vous avez réfléchi, qui vous intéresse ? C'est mon sujet central. François l'anglais central. Je j'ai commencé d'ailleurs par cela tout à l'heure. Vous me posiez la question sur les priorités. Je vous ai dit il faut que le pouvoir reprenne le pouvoir. H le problème démocratique en France mais comme dans beaucoup de nations occidentales,
c'est simplement que les peuples euh élissent. Il y a des élections, il y a des urnes. Très bien. À intervalle régulier, on élit des gens à droite, à gauche, au centre et ailleurs. Et rien ne bouge parce qu'il y a une une impuissance. J'avais appelé ça au ministère de l'intérieur l'impossibilisme. Donc il faut reprendre le pouvoir. C'est pas au juge, si j'ose dire, de prendre décision ou de légiférer. C'est au représentant du peuple où le peuple lui-même est directement par le référendum. Ça, ça m'obsède. C'est la bureaucratie qui étouffe tout. Regardez la santé. Je parlais l'autre jour avec un directeur d'un grand laboratoire pharmaceutique. Il me disait "Écoutez,
bientôt nous-même ce que font d'autres grands laboratoires européens, on ne déposera plus de dossiers en France. Pourtant, c'est des molécules innovantes. C'est des médicaments qui permettraient de sauver des vies. Trop compliqué. Mais trop compliqué par rapport à l'Allemagne. Pourquoi est-ce qu'en Allemagne, il faut trois fois moins de temps pour une autorisation de mise sur la marché ? Pourquoi ? Mais bien sûr, mais bien sûr, mais faut le courage et il faut bousculer la bureaucratie. J'allais dire il y a une fonction publique qui est là. Alors, elle a ses mérite mais aussi son inertie, ses habitudes, le le et puis cette attitude qui consiste à considérer que les ministres passent et que finalement ils ne connaissent pas véritablement leur sujet et que il faut faire le gros dos et
continuer à faire comme avant, quoi. Et ben bien sûr, mais j'aurais plusieurs propositions à faire. Je pense d'abord que notamment sur les grands directeurs d'administration sociale euh il faudra une remise en cause. Ça veut pas dire que euh tout le monde sera du jour au lendemain remercié, mais il faudra une adhésion par rapport à la politique menée. Voilà. Sinon ça n'est pas possible. Deuxième chose, il faut pas simplifier. J'entends mais j'ai entendu mais des dizaines de ministres en disant euh il gonfle les muscles, il gonfle le torse en disant je vais faire un choc de simplification et c'est du jus de boudin. C'est rien du tout. C'est pas la simplification, c'est la déréglementation. Je vous donne un exemple. Je retirerai de la charte de l'environnement de la
Constitution le principe de précaution qui était peut-être au départ une intuition pour attirer l'attention bien sûr mais qui s'est transformé en principe de blocage. Pareil sur le code du travail. On a euh notamment Robert Banter d'ailleurs avec Joncan qui avait fait une proposition en disant écoutez s'il y a un accord et bien il y a 50 grands principes et s'il y a un accord d'entreprise ou de branche et ben on met le code du travail de côté par contre on applique les grands principes. Voilà. Donc de ce côté-là, moi je serai intraitable et là encore sur la fonction publique, pardon, on peut plus vivre avec 6 millions d'agents publics. En plus, on a choisi une fonction publique nombreuse et mal payée. Voilà. Regardez par exemple les professeurs des écoles. Moi, je veux,
comment dirais-je, qu'on mette une attention extrême à bien les former et certainement pas à travers la mastérisation à l'université et je les formerai, nous les formerons comme on forme des professionnels par l'alternance. Mais on va gagner pardon perdre même 1700 mises à cause de la chute de la démographie élève en 2035. On fera des économies mais il y a une partie des économies où on devra revaloriser juste il y aura sans doute moins de professeur mais il faudra qu'il soit mieux payé, mieux considérés. Donc euh je je j'assumerai d'ailleurs de ne pas remplacer tous les fonctionnaires qui partent à la retraite, notamment dans les fonctions de contrôle, dans ce qu'on appelle l'administration admin administrante. Il faut des infirmières. Mais pourquoi est-ce qu'à l'hôpital en
France par rapport à l'hôpital allemand, on a l'équivalent de 127 1300 cadres qui sont dans des fonctions d'administration ? Est-ce que les Allemands sont pas aussi bien soignés alors qu'il y a moins de fonction de d'encadrement administratif ? C'est tout ça qu'il faut réformer. Quelques petites questions pour mieux vous connaître. [raclement de gorge] C'est pas le questionnaire de prose. Je n'ose pas me prévaloir de ce de ce qualificatif. Quel métier vous auriez fait si vous n'aviez pas été politique ? J'ai plusieurs métiers. Je je me décidais à la préfectorale, figurez-vous. Ah donc quand même l'appareil d'État. Mais ouais, parce que voilà euh mais mon grand-père et mon père avent été maire de cette petite commune qui à l'époque faisait moins de 1000 habitants. Mais
j'ai fait plusieurs euh avant de de comment dirais-je de me consacrer à la vie parlementaire. J'ai dirigé une radio. Euh voilà, j'ai rédigé j'ai dirigé une un 3è cycle de communication. Voilà, j'ai je me suis beaucoup investi dans la vie associative. J'étais pendant 25 ans à totalement bénévole mais renseigne au plus du fou. Voilà. Donc euh voilà où je parcourais parfois le monde parce que ah le laser, il y avait des techniques qu'il fallait s'approprier. Euh donc ça ça m'a fait finalement voir euh des choses qui sont très très différentes. Vous savez quand vous dirigez une grande association avec 3000 bénévoles qui a pas la hiérarchie ni le salaire comme instrument d'autorité, ben ça veut dire qu'il faut que vous puissiez convaincre les gens.
Il faut la une adhésion qui découle d'une adhésion plus naturelle. Un film que vous pourriez voir 10 fois ou que vous avez vu 10 fois, c'est c'est lequel ? Non, j'ai jamais vu de film 10 fois parce que je Non non non, c'est pas le le film qui m'a le plus touché. C'est un film de Terence Malik qui raconte la vie d'un paysan autrichien qui refuse de se faire enrôler par l'armée du Reich. Nisi nazi, c'est un film absolument extraordinaire. Extraordinaire mais alors il est il est un peu grave. Oui, c'est ça. 10 fois ça serait beaucoup. Ça serait beaucoup. Mais j'adore les cinémas, j'adore le je recommande vraiment le film notamment sur le drame de Samuel Paty. Il faut il faut le voir. Si vous pouviez inviter trois personnes
à dîner, décédé, [raclement de gorge] qui choisiriez-vous ? Ou décédé ou pas ? D'ailleurs, vous savez, je n'ai pas de vie mondaine. J'ai une vie simple et pour moi, ces moments-là sont réservés à mes amis et à ma famille. Et mes amis, bah voilà, sont des gens avec lesquels j'étais à l'école qui sont des ruxaux, voilà, qui sont des tempérament très différents. Euh ils mènent leur bout de chemin, ils ont c'est pas des PDG nécessairement, mais ce sont des gens qui sont qui sont vrais. Voilà, ce qu'on appelle des gens ordinaires dans le bon sens du terme. Mais il y a pas un personnage historique que vous auriez aimé rencontrer ? Les personnages historiques, j'en ai plusieurs. Oui, j'en ai plusieurs.
Charles de Gaul, Clémenceau de la Dotacini et bien d'autres. Ouis. De Gaul, vous lui demanderiez quoi ? Qu'est-ce que vous pensez de la France aujourd'hui ? Qu'est-ce que vous feriez ? Quelle est la chose la plus chère que vous ayez acheté ? Un piano, un quart de queue parce que vous êtes musicien. Un quart de queue ? Ah, j'ai acheté ma maison. Bah, bien sûr, c'est peut-être ce que j'ai d'ailleurs. Bon, c'est ma maison, évidemment. [raclement de gorge] Mais je pense qu'à première vue à première vue entre plutôt le pas c'est pas la maison, c'est Oui, c'est c'est ce quart de queue ouis mais sur lequel malheureusement je pratique de moins en moins parce que j'ai plus le temps. C'est un reproche vivant quand je passe à côté.
À qui avez-vous envoyé le dernier SMS non professionnel là aujourd'hui ? Non professionnel. Oui, j'ai dû l'envoyer à mon épouse ce matin. On vous demandera pas ce que c'est. Si vous deviez vivre à une autre époque, c'est que quelle époque choisiriez-vous ? Non, moi je suis bien à mon époque. Je pense justement qu'un le rôle d'un homme, d'une femme politique, c'est d'habiter le présent et et de préparer l'avenir. Vraiment vraiment je suis, voyez, parce que parfois on m'a traité de conservateur et cetera. Je je pense que c'est c'est un mot qui vous choque. Non, pas du pas du tout. Bah si être patriote c'est être conservateur, moi je veux bien si vouloir une école qui soit
méritocratique républicaine c'estêtre conservateur. Je veux bien. Non simplement il y a deux choses qui sont stupides aussi bien l'une que l'autre. C'est de dire c'était mieux avant et c'est de dire ça sera mieux après. Voilà c'est tout. Il y a des choses j'aime beaucoup une phrase de d'Israéli qui a été un grand premier ministre anglais du 19e siècle. il disait euh réformer ce qu'il faut et conserver ce qu'il vaut. Voilà, on a toujours la bouge voyez. Donc il y a des choses qu'il faut conserver. Le patrimoine faut le conserver, il faut la nature, il faut y prendre garde, il faut y faire attention, mais il faut aussi réformer. Donc je me cite et dans une vie humaine en réalité bah on fait les deux. On essaie de se conserver, c'est l'instinct de survie mais en permanence il y a
quelque chose qui en nous change, les nous transformment. Les gens aussi nous transformment, les émotions, le travail, le travail qui est une chose noble, le le fait politique majeur ou au moins l'un des faits politiques majeurs de notre époque, pas seulement en France, c'est la demande d'ordre d'autorité. On voit que les parties des deux extrêmes y répondent. l'extrême droite en disant immigration, il faut être plus strict. L'extrême gauche en disant il faut répartir les richesses un nouvel ordre économique au milieu les partis traditionnelles, le vôtre notamment ont du mal à comprendre cette demande, à y répondre. Comment vous expliquez ça ?
Bon, moi je pense que euh il y a eu un problème spécifique de la droite française qui a longtemps pendant des décennies vécues sous l'hégémonie culturelle et idéologique et même économique d'ailleurs euh de la gauche. La gauche avait le beau rôle. C'est elle qui définissait dans le champ de la respectabilité les codes de la bienpensance. Voilà. Et et c'est 68 et cetera. C'est c'est toute cette évolution là. Mais les choses sont terminées. À tel point d'ailleurs que il y avait cette hégémonie, Maurice Druon avait eu cette phrase extraordinaire. Il avait dit un jour en France, il y a deux parties de gauche dont l'un par convention s'appelle la droite. Et sur l'économie, voilà, c'est-à-dire que on
taxait un peu moins, voilà, on dépensait un petit peu moins, mais c'est toujours de la sous-enchère, voyez, c'était pas différent. Donc je l'explique comme cela. Moi, je pense que le modèle gagnant aujourd'hui, c'est un modèle que moi je vais essayer d'ailleurs de de porter et que je vais défendre et je vais promouvoir pendant l'élection présidentielle, c'est un modèle avec plus de liberté sur le plan économique. Le socialtatisme, c'est terrible. Enfin, c'est ce que Rean avait dit un jour en pensant à la France, en disant "Tout ce qui bouge, on le taxe, ce qui bouge encore, on le réglemente. Et ce qui bouge plus du tout, on subventionne." Mais c'est tellement ça. C'est drôle d'ailleurs. Mais c'est ça la France et la fête est finie. Il y a plus de sous dans la caisse. C'est par le
travail mais mieux rémunéré qu'on va y arriver. Et en tapant l'assistana, voilà, et en remettant l'État à sa juste place. Et en même temps, il faut de l'ordre. Donc moi, j'assume de la liberté sur le plan économique pour que les énergies puissent se déployer, pour qu'on arrête d'étouffer les gens sous les normes, les contraintes, sous la fiscalité, les prélèvements obligatoires. Mais j'assume qu'il y ait une autorité et que quand on est en France, on respecte la loi d'ù que l'on vienne, qui que l'on soit. Voilà. Vous connaissez Jordan Bardella ? L'homme, j'entends ? Pas du tout, je l'ai jamais rencontré. Quel Qu'est-ce qui vous inspire au plan politique ? son son parcours, son projet, son parcours rien, il y a pas de parcours. Son projet, je ne le sais pas.
D'ailleurs, le rassemblement national a une spécificité, c'est que c'est un parti girouette. Citez-moi un exemple sur lequel il n'est pas verrié. Marine Le Pen 2011 fait une déclaration pour sortir du nucléaire. Ensuite sur l'immigration, elle prône migration zéro, ce qui est impossible euh sur euh par exemple les impôts par exemple de temps en temps, ça a été le cas cet hiver, donc en 24 heures, on vote, ils ont voté 34 milliards d'impôts supplémentaires et puis bah avec le MEDEF un déjeuner, on se dit plutôt libéral. Donc c'est un parti attrape tout. Je suis je ne sais pas répondre aujourd'hui sur l'Euro, l'Europe et cetera. Voilà, ils ont changé d'avis sur tout.
Est-ce que vous roulez à la voiture électrique ? Non non parce que non parce que dans milieu rural voilà, j'ai une diesel que j'ai conservé. Alors [raclement de gorge] j'aime pas changer de voiture. C'est peut-être je suis conservateur. conservateur ? Non mais je trouve que ça coûte cher et que dès qu'on change une voiture euh on on paye beaucoup pour l'acheter et du coup avec la décotte elle vaut plus rien du tout. Donc quand ça roule, ben ça roule, ça roule. Et je pense que c'est aussi une façon de de préserver finalement la nature que de pas user les ressources naturel. Mais pour l'instant euh si je devais acheter un nouveau modèle, ça serait plutôt une hybride pour avoir une autonomie. Mais je vois bien que progressivement les batteries font beaucoup de progrès. Mais je me
suis toujours astreint à une règle. J'ai toujours acheté français. J'ai toujours acheté français et malheureusement aujourd'hui les meilleures autonomies sont pas françaises. Donc vous seriez embêté ? Je serais embêté et j'ai toujours là j'ai une Citroën, ça me va bien. Avant j'ai eu des Peugeot, j'ai une C5 Air Cross, c'est très bien. Et est-ce que vous faites des dans votre comportement quotidien des gestes pour le climat ? Enfin, est-ce que vous vous êtes conscientisé, si je puis dire, sur ce sujet ou pas ? Ben figurez-vous que j'ai des poules et que les reliefs de repas, on les donne à mes aux poules. Figurez-vous, j'ai fait exactement, j'ai 30 m² sur ma toiture de panneau photovoltaïque.
Je me chauve à la fois avec une pompe à chaleur l'électricité, mais comme j'ai un abonnement EDF tempo, quand on a des jours rouges, on a une vingtaine dans l'année, l'électricité coûte très très cher et c'est pas du tout rentable de faire fonctionner la pompe à chaleur. Donc j'ai gardé ma chaudière à foule et comme j'ai 4 ou 5 hectares et que les tempêtes me brisent des branche, m'abattent des arbres, je fais le bois et j'ai un insert et j'ai un poil appelé. J'ai j'ai un système très complet en réalité et je j'aime bien parce que encore une fois rural on a appris ce genre de chos et plus largement la question du climat vous paraît-elle justifier une politique
publique substantielle ? Bien sûr mais vous savez moi j'ai toujours appris pour moi avoir les deux pieds dans la glace c'est fondamental. Quel est l'élu voter le principe du préjudice écologique dans le droit de la réparation dans le code civil ? C'est pas un élu écologique, c'est moi-même. Lorsque nous avions affronté en 1999 la marée noire de l'ECA et j'avais trouvé qu'il y avait une cascade d'irresponsabilité lamentable. Pour moi, la liberté, ce sont des règles. Et c'est comme ça que le préjuge écologique avait d'abord émergé euh c'est des magistrats d'ailleurs, faut rendre César à César, ce qui est lui appartient. Et euh je l'ai fait voter, mais j'ai vécu aussi
euh Xintia, 29 morts en vendé. Et on voit bien que le réchauffement climatique avec l'augmentation du niveau de la mer avec une conjonction qu'on peut avoir par exemple de de marée très très puissante de dépression et quand il y a une dépression la mer gonfle et cetera et vous vous pouvez avoir évidemment ce genre de choses. Regardez les années les plus chaudes depuis plus d'un siècle. Elles appartiennent toutes à ces dernières années. Au 20 dernières années. Oui. Et au 21e siècle. Donc pour moi, ça a toujours été une évidence. Il faut le prendre en compte et il faut une politique publique mais une politique publique qui soit un certainement pas infantilisante et qui soit intelligente. Je vais vous donner un exemple aujourd'hui. Par exemple, l'électricité si on veut développer puisque on a
l'électricité la plus décarbonée du monde grâce au nucléaires 95 %. Et bien au moment où je vous parle, on est en train d'handicaper notre modèle. Pourquoi ? parce que la fameuse la feuille de route notamment énergétique du gouvernement fait que on va dépenser beaucoup beaucoup d'argent pour produire une électricité dont on n pas besoin du tout du tout du tout. Voilà et ça pèse avec les renouvelables, je voulais dire avec les renouvelables du nuclé et ça pèse et ça pèse sur la facture des Français. Moi le projet que je vais promouvoir c'est justement un projet qui permettra notamment d'économiser. Je parle même pas en arrêtant la PPE, la fameuse le le la [raclement de gorge] programmation pluirénale de l'énergie.
Mais déjà moi ce que je ferai c'est je ferai économiser sur la facture 2 années pardon de 2 mois sur une année. Comment je fais en arrêtant de subventionner les énergies renouvelables ? Je ne les arrête pas mais elles sont matures et on ne peut plus les subventionner en prolongeant jusqu'à 80 années ce que font les Américains en toute sécurité les centrales nucléaires. Les centrales nucléaires en arrêtant de déployer des réseaux qui nous coûtent des dizaines et des dizaines de milliards parce que quand il faut relier des champs offshore euh parce que quand on fait un réacteur de plus notamment sur une centrale nucléaire, on a déjà euh les autoroutes de transport de l'électricité. Voilà, je ben [raclement de gorge] vous prendre un autre un autre exemple. On a
euh aujourd'hui, on avait une conversion dans le DPE, dans le diagnostic de performance écologique. On a un mode de calcul qui désavantage l'électricité et qui avantage le gaz, les énergies fossiles. Mais on est fou, on marche sur la tête. Donc faut d'urgence avoir un nouveau taux de conversion pour que on puisse encourager remettre les logements arrêtés d'ailleurs avec cette écologie punitive, mettre les logements qui étaient interdits à la location sur le marché et autant promouvoir une électricité peu chère qui permettra des équiper par exemple avec des pompes à chaleur. Vous l'évoquiez tout à l'heure, c'est vrai que le monde est redevenu dangereux. Reconstitution des empires. Puis une Amérique désorientante pour nous européens. Vous à l'Élysée, qu'est-ce que vous dites à Donald Trump
? Qu'est-ce que vous auriez envie de lui dire ? Je lui ai dit que euh on traverse un moment gaulien et que le général de Gaulle nous a appris, nous français, que on ne pouvait pas sous-traiter la sécurité impunément à d'autres que nous. [grognement] C'est comme ça qu'on a bâti une armée complète. C'est comme ça qu'on a bâti une dissuasion nucléaire. Et je dirais à Donald Trump, nous sommes toujours alliés mais nous ne sommes pas des alignés. Nous ne sommes pas des vassaux. Parce que Trump, mais pas que Trump, Trump l'exprime de façon brutale, mais dès 2011, Obama disait, nous avait averti en parlant de pivot vers le Pacifique. Vers le Pacifique. Donc l'Europe, il s'en fiche. Pour eux, c'est un marché à
conquérir et si demain on ne veut pas se réveiller et on l' déjà quasiment comme un protectorat numérique avec l'intelligence artificielle ou comme un protectorat industriel avec la Chine, il faut se bouger vraiment aussi bien sur le plan économique et industriel en se protégeant beaucoup plus en libérant un on a fait l'inverse de ce que nous aurions dû faire. On a ouvert toute grande les vanes européennes. On a fait rentrer ce qu'on interdisait d'ailleurs avec des pratiques et notamment sur l'agriculture. Les pratiques qu'on interdisait en France, on les faisait rentrer par les importations. Donc il faut mieux se protéger à l'extérieur et libérer à l'intérieur. Si on a écrasé l'industrie française, c'est parce que justement on a eu cette double politique contradictoire
ultralibérale à l'extérieur, ultradirigiste à l'intérieur, ultrafiscaliste, ultra normative à l'intérieur et ça écrabouillé notre industrie, c'est en train d'écrabouiller l'agriculture. Donc je dirais à Donald Trump, y compris sur le plan d'ailleurs de de la défense, et bien on a une industrie de défense et nous on veut rester indépendant. Vous utilisez l'intelligence artificielle tous les jours. J'en ai deux à ma disposition. J'ai Et vous la sollicitez pourquoi ? Pour dire j'ai j'ai clé et chat GPT. Ou je l'utilise très très régulièrement. par exemple, quand j'ai un fait à vérifier, je dis tiens, au fait euh redis-moi, redonne-moi euh les chiffres
euh des délinquants qui euh en 2025 avaient été arrêté lorsque il y avait eu la la première victoire du PSG, combien ont eu de la prison ferme ? Rappelle-moi. Ça c'est le ministre de l'intérieur, futur candidat. Exactement. [raclement de gorge] Non mais voyez, c'est c'est ça ne me sert pas à faire un raisonnement, mais ça me sert à euh comment dirais-je nourrir euh une connaissance, un rappel de mémoire et cetera. Non non mais c'est c'est incroyable. Vous faites partie des technophobes, si je puis dire, qui pensent qu'il y a un risque de vraie rupture, c'est-à-dire que la machine prenne le contrôle au fond de son créateur ou bien au contraire, vous êtes confiant quant aux
capacités de l'homme à garder les mains sur le volant de cette affaire. Je suis plutôt confiant. Voyez, ça ça m'écarte du conservatisme. Vous savez que pendant plus de 10 ans, j'ai été le spécialiste au Parlement du numérique. J'ai présidé la commission du dividend numérique et toutes les grandes lois qui depuis début des années 2000 ont forgé le cadre juridique français pour internet sont passés dans mes mains si j'ose dire. Donc j'ai j'ai toujours été très attiré par ces nouvelles technologies notamment numérique parce que dès le début j'ai senti que le digital allait transformer nos vies et l'a c'est encore plus l' c'est beaucoup plus parce que c'est une infrastructure de civilisation il faut y faire très attention je suis en train de lire j'ai quasiment terminé la nouvelle
encyclique du pape Léon X pour voir ce qu'il dit bah finalement ce qu'il dit c'est c'est c'est un rappel de la de la sagesse des hommes et des femmes depuis [grognement] des siècles et des millénaires. Sagesse que parfois on a oublié. Mais [raclement de gorge] il faut pas qu'il y ait une disproportion entre les moyens et les fins. Le problème aujourd'hui qui nous est posé, c'est que on a une puissance, une toute puissance technologique et il faudrait qu'on soit capable d'augmenter la sagesse à du proportion de ce que les moyens nous permettent de faire. Ça a toujours été au fond la question de l'humanité au moment du nucléaire, au moment de probablement d'invention qui l'ont précédé. Exement. Exactement. Et et dans l'homme, on a on a deux parts. On a une part
lumineuse et une part ténébreuse dans chaque homme. Dans chaque [raclement de gorge] homme, dans chaque homme. Ça c'est quelque chose qui est pour moi une conviction profonde en lisant l'archipel du goulag sur le génie de cine a une phrase qui est géniale et qui je pense pour un homme une femme politique devrait être lu et relu. Il dit finalement le partage entre le la ligne de partage entre le bien et le mal ne départage pas les pays, les classes, les parties, mais elle passe, elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l'humanité. On on est nous-même, si si j'ose dire, on a nous-même notre part de bien, notre part de mal et toute notre existence, on essaie de lutter contre la la part la plus ténébreuse au profit de la plus lumineuse. C'est ça.
Et donc bien sûr qu'il y a des risques, mais pour autant je pense qu'on n'arrêtera pas. On doit réguler pas trop. Je trouve que l'Europe a été vite en besogne. C'està dire que avant même que l'innovation se déploie, on a commencé par faire un cadre total. Ben beaucoup beaucoup de nos chercheurs partent aux États-Unis pour déployer leur créativité, leur intelligence, leur imagination. Alors, il y a aussi des chercheurs qui font le mouvement inverse mais dans d'autres domaines, dans celui du climat par exemple où les chercheurs américains viennent chez nous. C'est vrai, il faut les accueillir et là encore il faut garder un équilibre. Je pense que tout est une affaire d'équilibre dans la vie. Là encore nos vies individuelles, on témoigne, on est en train de rechercher chacun pour ce
qu'il concerne une forme d'équilibre et en matière climatique, il faut y faire attention. Je pense que justement le grand problème de de l'écologie en France, c'est qu'elle a été totalement prise en otage par des gauchistes qui en ont fait un agenda très à gauche. En réalité, je les entends très très peu parler d'écologie et beaucoup plus de sociétal et autres, voyez. Donc, ils ont un agenda qui est très anticapitaliste, qui est anti antioccidental, mais il faut faire une écologie qui soit une écologie du réel, une écologie humaine. La question n'est pas de savoir si la planète nous survivra. La planète, elle est là depuis des milliards d'années. La seule question qui vaille, c'est si la planète est encore habitale parce qu'on est la seule espèce qui permett euh en tout cas
à qui on est donné une intelligence pour que on puisse là encore prendre en compte les autres espèces. Voilà, c'est ça. C'est c'est la place de l'homme avec un grand H sur la planète qui est fondamental. Vous pensez que la campagne de 2027 va se jouer sur les réseaux sociaux ? Elle se jouera sur les réseaux sociaux. J'ai demandé à mon équipe d'ailleurs de voir notamment en matière d'intelligence artificielle. Je pense que justement l'intelligence artificielle c'est un saut quantique euh dans la mesure où ça doit nous permettre parce que nous on est moins les parties traditionnelles sont beaucoup moins avancées je trouve que les les partis radicaux que ce soit le RN que ce soit L etfi sur c instruments de l'âme. Mais justement dès qu'il y a une rupture technologique on
doit en profiter pour se refaire pour combler le retard et au contraire prendre de l'avance. Et donc on essaie de travailler beaucoup sur les apports que l'intelligence artificielle peut peut avoir dans une campagne. Dans votre programme, enfin ce qui en est publié aujourd'hui, il y a une partie assez importante consacrée à la natalité. Vous dites il faut sortir la France de l'hivers démographique. Et alors il y a un certain nombre de mesures qui sont fiscales ou de d'aide financière. question moi que je suis toujours avec beaucoup d'intérêt parce qu'elle est évidemment fondamentale. C'est c'est le socle de l'économie de la société puis ça dit beaucoup de choses d'une société finalement mais j'observe que tous les pays qui ont mis en place des politiques
natalistes, il y a jamais eu de résultat significatif même Orban, qui a été très loin dans l'incitation fiscale. On voit que finalement la question que je me pose et que je vous pose, c'est est-ce que nous ne sommes pas sur cette affaire dans une révolution anthropologique ? C'est-à-dire le fait que finalement il y a 30 ans 40 ans encore, on considérait que le destin accompli passait forcément par le fait de faire un enfant et c'était un prolongement de soi-même. Est-ce que les les les jeunes, la société actuelle a toujours cette cette nécessité là ou est-ce que ça n'a pas tout simplement disparu l'idée
d'achèvement personnel passant par d'autres choses que les enfants ? Bah le l'enfant c'est une sorte de prolongement biologique de soi-même. Et c'est vrai que dans une société individualiste, il se trouve que j'ai des petits enfants, mais leurs parents, ils en bavent. Ah oui, parce que il y a des nuits et des nuits, on ne dort pas. parce que le gamin il est malade, parce que il c'est ne plus penser à soi. Et on est dans une société du chacun pour soi. Elle est là la révolution anthropologique. Et elle est aussi elle individualisme de bien entendu. Ah c'est une forme d'hédonisme, d'individualisme. C'est aussi une autre forme qu'un philosophe que j'aime beaucoup, Atmou Rosa allemand a bien décrit en disant "En réalité on s'est enfermé dans le
prison dans le présent comme dans une prison. On s'est coupé de nos héritages. On récuse l'individu moderne, récuse toute filiation, tout lien en réalité et l'héritage est est vu quelque chose comme quelque chose de passéiste. Donc on s'est coupé du passé et on se coupe de l'avenir parce que l'avenir finalement ça serait le cataclysme, voyez. Et du coup, on est dans le passé et quand on est emprisonné dans le passé, on peut plus se projeter. Moi, la politique que je souhaite avoir, d'abord, on voit bien en France, vous êtes un fin observateur, que à partir du moment où François Hollande a cassé la politique familiale, là où jadis les allocations familiales étaient universelles et cetera, le caution familiale, là il y a eu une inflexion qui a été très très nette. Moi
ce que je souhaite, c'est pas à l'homme politique que je suis de dire aux françaises et aux français le nombre d'enfants qu'il souhaitent avoir. Ce que je souhaite simplement, c'est que c'est une ce soit une politique de liberté parce que je constate aujourd'hui que on a un taux de fécondité 16 17 et le désir d'enfant est à 2,3. Il y a donc un écart par des gens, les Français voudraient avoir plus d'enfants mais ils ne le peuvent pas. Pourquoi ? parce que le logement, parce que les gardes d'enfants en quelques années, ils ont perdu un jeune couple qui loue à loyer équivalent. Ils ont perdu dans les grandes métropoles quasiment une voire deux chambres d'enfant en équivalent de surface de mètres carrés pour le même prix. Vous vous rendez compte ? C'est devenu impossible.
Et et pareil pour ce qui concerne les crèches et cetera. J'ai inauguré dans une commune de rurale de 1000 habitants vendé. Le maire voulait voilà venir inurer une crèche. Il y en a très [rires] peu de crèches dans crèche publique hein. Il me dit "Regarde Bruno là hier un simple CAP petite enfance me suffisait pour l'ouvrir ma crèche. Aujourd'hui ça suffit pas. Euh la bibliothèque elle est de l'autre côté près de la mairie de l'autre elle est à 20 m 30 m. Et bien ne serait-ce que pour encadrer deux enfants, il faut au moins deux personnes. Il dit "Regarde cette poignée de porte", c'était tout juste construit. Bah cette poignée, elle est aux normes pour les personnes à mobilité réduite, donc pour le handicapé, mais euh elle ne pouvait pas être à la fois aux normes pour les personnes
handicapées et pour euh les enfants pour une maternelle. Donc, on a choisi la PMX. Non, mais on est on est complètement fou. Et là, vous lui coûtait 150000 €. Il y a 10 ans ça lui coûte 250000 €. Donc vous voyez que les normes et du coup on a moins de place pour euh donc c'est moi ce que je veux c'est à la fois un revenu familial de 240 € par enfant, je le double au 3è ce qui fait que une famille de trois enfants ça sera quasiment 1000 € mais surtout je mets le paquet pour donner des solutions en terme de garde d'enfants et des solutions en terme de logement. J'ai présenté la politique de logement, mais là la politique du logement, on l'a on l'a effondré en France euh par de mauvaises décision politique. Il y avait 400 30 ou 40000 logements mis sur le marché en 2017. Il
y en a plus que 270000. Vous rendez compte ? J'ai je suis tombé sur une étude tout récemment justement euh qui m'a intrigué sur cette question démographique. C'est deux chercheurs américains qui ont comparé l'évolution de la natalité avec la pénétration du smartphone dans les États américains d'abord et puis dans les États du monde ensuite. Et il constate une corrélation incroyable entre l'arrivée du smartphone et la chute de la démographie. - 20 % 5 ans après l'arrivée du téléphone, - 30 % 10 ans après et ça vaut pour les États-Unis, la France, le Ghana, le Sénégal, l'Égypte, enfin quel que soit le niveau de développement, leur [grognement] explication elle est double. Ils disent "Bah d'abord, en fait
le smartphone vous donne une forme de socialisation artificielle qui fait que vous avez moins besoin de rechercher un partenaire réel. Les jeunes consacrent deux fois moins de temps à la rencontre physique que il ne le faisaient auparavant. Et puis surtout les réseaux sociaux modèlent les représentations du partenaire idéal. Et du coup quand vous tombez sur le partenaire réel, vous dites euh ben non, il est pas il est pas conforme à mes attentes. Qu'est-ce que ça vous paraît vraisemblable, intéressant ? Bah complètement, mais souvenez-vous, il y a quelques dizaines [raclement de gorge] d'années, euh il y a une une histoire qui courait en France en disant voilà, il y a une panne d'électricité, il y a pas de télévision. Ça permis [rires] au disait quand j'étais petit
au français de faire des enfants. Vous verrez, on le verra dans les maternités dans 9 mois. C'est un peu la même chose mais c'est beaucoup plus insidieux. Vous avez raison. Je crois beaucoup moi, au système de représentation et on le voit bien d'ailleurs. L'image de la famille, l'image du couple est abîmée parce que on nous vend des images idéalisées du couple, du partenaire et cetera et parfois confronté à la réalité. Bah voilà, c'est il y a des choses qui sont comme on dit des tu l'amour. Alors ça valait semble-t-il déjà pour la télévision dans les années 60 70 au moment où elle est arrivé, il y a eu le même phénomène. Mais là le le l'encadrement des pratiques des réseaux du smartphone, ça vous paraît être une idée à poursuivre. Je parle pas spécifiquement pour l'impact sur la
démographie, mais autant je pense que oui, je je pense que autant on doit le poursuivre notamment vis-à-vis des jeunes parce qu'on on a des études désormais et et on voit bien que mais c'est très compliqué à réaliser. Autant pour les études non, je suis pas favorable d'ailleurs personne ne pourrait le faire ou alors à moins d'être en Chine ou d'être en Iran dans des pays qui sont très peu démocratiques, qui sont dictatoriaux bien sûr. Merci Monoto. C'est moi qui vous remercie. François l'anglais. J'ai encore une question. Quel est le dernier bon livre que vous avez lu ? Vous nous avez dit que vous avez vous êtes en train de lire l'encyclique, mais à côté de ça, est-ce qu'il y a une lecture qui a retenu votre intérêt qui vous a passionné ? Quel qu' soit le domaine ?
Je je suis un gros lecteur, donc j'avale beaucoup beaucoup de livres parce que je dors peu. Donc le le le un des derniers livres que j'ai que j'ai lu, c'est un livre, c'est la trilogie de François Taillandier sur qui est peu connu, très peu connu. C'est ces trois livres. Voilà, le premier c'est juste après le basculement de l'Empire romain. L'autre on va jusqu'à peu plus tard que Moyen-Âge. Donc fresque historique. Une Ouais. une sorte de roman historique exceptionnellement bien écrit. J'aime j'aime le style. J'aime le style. Jéroli Bernanos aussi il y a il y a très peu de temps. Euh voilà donc je suis j'aime
lire parce que vous savez euh la France est une patrie littéraire. Camu parlait de la langue française comme de sa patrie littéraire et en est Vous ne trouverez pas de pays au monde qui est autant de prix Nobel de littérature par rapport au poids démographique. On en a 16 ou 17. C'est incroyable. Et vous verrez la le poids de la littérature dans la vie politique. Tocville d'ailleurs écrit au 19e siècle il y a un de ses chapitres. Il écrit sur la révolution et il intitule le chapitre comment des hommes de lettrre ont été des grands comment dirais des intervenants politiques. Comment ils sont devenus ? On a parlé par exemple de la République des romanciers et cetera et aujourd'hui hier vous savez les rois
de France étaient oin du saint crem mais aujourd'hui il y a pas un candidat à la présidentielle qui n'a pas écrit deux ou trois bouquins comme si l'encre noire avait remplacé l'huile sainte voyez donc il y a un rapport parce que la littérature approche nos existants d'une façon peut-être plus complexe parce que la langue française a était la langue de l'olympisme elle était la langue de la diplomatie il y a la francophonie ça nous constitue et et j'estime que on devrait pouvoir voir et lire les les présidents de la République en fonction aussi de leur goût pour la littérature [rires] mais pas pour les discours qui ne sont pas suivis des faits. Vous l'avez dit au début de cet entretien parce que c'est le travers au fond c'est que on est tellement amoureux des mots que on finit
par les aimer au point d'oublier que ça ça doit en principe précéder la réalité. J'ai j'ai cité tout à l'heure cette génie deine pour cette nuance qu'on doit apporter entre le bien et le mal et se dire que on contient cette part de bien et cette part de mal. Mais je pense que la littérature, elle nous a elle nous aide à à comprendre la complexité des existences. Et quand on on aime la littérature, on ne peut pas avoir d'esprit de système. Voyez ? Je sais si j'ai des convictions et j'ai elles sont constantes, je les affirme parfois y compris lorsqu'elles ne sont pas populaire mais mais je je crois que je sais que les existences sont parfois
compliquées et je sais que voilà chaque existence ne se ressemble pas et que cette complexité finalement la littérature nous aide à mieux la comprendre et quand on on aime lire je pense qu'on ne peut pas voir le monde ou les existences de la même façon Beaucoup de gens l'ont dit d'ailleurs. Marc Fumaroli avait écrit un très beau livre aussi sur le sujet. Marc Fumaroli qui a été mon professeur, je me souviens. Oui. À la Sorbonne il y a quand même quelques paires d'années. Bah c'était Oui, c'était une belle plume et puis donc académicien et surtout quelqu'un qui a beaucoup travaillé sur la culture française. Merci encore Brodotaillot d'avoir partagé ces réflexions avec nous. On vous souhaite bonne
campagne. On vous remercie aussi tous de nous avoir suivi et on vous donne rendez-vous pour le prochain entretien avec un autre candidat. Ça sera bientôt. Merci. À bientôt.
Bruno Retailleau