Le 6 octobre, pour les revendications et la protection de la jeunesse !
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« notre pays voit se déployer le plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante qu'il est connu depuis euh mai 1968 »
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« La matière grise est notre seule matière première amplement disponible »
- 2:12Invité politiqueFait
« mouvements à quoi il n'est répondu que par la répression la plus aveugle, la plus brutale et souvent la plus sauvage »
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« On a vu des gilets jaunes éborniers euh des gilets jaunes perdre leurs mains, des personnes être jugées en cadence par vagon entiers toute la nuit et condamné à des peines de prison ferme »
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« Monsieur Laurent Nunz a dit concernant la répression policière qu'il avait mis en œuvre face aux jeunes, il a dit "Il n'y a aucune consigne retenu et aucune consigne de ne pas utiliser tout l'armement à disposition des forces de sécurité intérieure" »
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« Nous avons vu un jeune recevoir quasiment à bout portant un tir qu'il a totalement édenté. On a vu un autre jeune être tiré à 20 m en pleine face et perdre un œil »
- 9:32Invité politiqueChiffre
« C'est un établissement sur deux où il manque au moins un professeur »
- 10:14Invité politiqueChiffre
« 80 % des salles de classe pour parler du bâti où il a fait plus de 30°gr pendant que l'on enseignait dans les canicules »
- 10:57Invité politiqueChiffre
« Savez-vous qu'à cette heure, il y a plus de 100000 jeunes qui n'ont pas d'affectation dans l'enseignement supérieur ? »
- 13:06Invité politiqueFait
« Il faut bien sûr stigmatiser, montrer du doigt le système de la violence policière, de son organisation méthodique, de ses dérapages »
Temps de parole
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Bonjour mesdames, messieurs. Comme vous le savez, notre pays voit se déployer le plus puissant mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante qu'il est connu depuis euh mai 1968. S'il en est ainsi, c'est parce que dans le domaine de l'éducation, comme dans tous les autres services publics, des politique d'économie, de bout de chandelle, de réduction des crédits accordés ont conduit à une quasi dislocation du système. Nous l'avou déjà observé dans le domaine de la santé publique et maintenant hélas, il nous faut l'observer aussi dans le domaine de l'éducation. C'est un domaine crucial pour notre pays tout comme la santé.
Nous n'avons pas d'autres ressources que l'intelligence de chaque génération. La matière grise est notre seule matière première amplement disponible. C'est pourquoi les événements qui se passent en ce moment nous parlent de bien des façons. Il nous parle pour cette raison que je viens d'évoquer. Il nous parle aussi parce que suivant la vieille loi de l'humanité, chaque enfant est comme notre enfant. chaque jeune et comme notre jeune. Dès lors, il faut repousser l'argumentation selon laquelle tout cela serait combiné, organisé par le mouvement politique que j'ai souvent l'honneur de représenter, la France insoumise. C'est absurde. Notre mouvement ne vise pas ce genre de résultat.
Mais par contre, il est vrai que nous sommes fiers et que nous n'avons pas l'intention de renoncer à notre pratique qui est quand il y a un problème, d'aller au devant du problème, de parler avec ceux qui vivent ce problème pour comprendre, pour aider chaque fois qu'on le peut à trouver la solution et bien souvent depuis quelques temps pour protéger, pour faire de la médiation dans un monde où on ne parle plus beaucoup, où des gens peuvent être abon abandonné à leur misères, à leurs problèmes, à leurs difficultés de toutes sortes qui justifient ensuite des mouvements à quoi il n'est répondu que par la répression la plus aveugle, la plus brutale et souvent la plus sauvage.
C'est dans cette situation que nous nous sommes trouvés. Et comme nous connaissons bien l'histoire longue de notre pays, comme nous connaissons bien notre jeunesse avec qui nous avons d'ample profond et fréquents échanges, et bien nous avons su dès les premiers mouvements qu'il fallait aller à la rencontre parler parce que ça n'est pas toujours facile pour le proviseur ou pour les enseignants d'un établissement lorsqu'il se trouve en face d'un mouvement qui a un caractère revendicatif, parasyndical, avec souvent une forte coloration politique. Pourquoi dans les idées politiques ? Pourquoi ? Parce que nos jeunes s'intéressent au monde dans lequel ils vivent. Ils ont des opinions sur le sujet.
Ce ne sont pas des têtes vides ni des têtes brûlées. Et donc les enseignants souvent sont dans un devoir de réserve à l'égard de ce genre de démarche des jeunes. C'est normal qu'il en soit ainsi. C'est pourquoi nous jouons nous un rôle essentiel de médiation, de discussion avec eux et surtout maintenant de protection. Car voyez-vous, souvent déjà dans le passé, nous vous avons dit, nous les insoumis, ça va trop loin. Ce qui est en train de se passer en matière de répression est inadmissible dans un pays civilisé, dans une vieille démocratie. Et nous avons été rejoints dans cette appréciation par ms organes aussi bien européens.
que de l'ONU elle-même pour demander qu'en France on cesse d'appliquer des doctrines de prétendu maintien de l'ordre qui sont en fait l'organisation du désordre et de la violence comme elle s'applique chez nous. On a vu des gilets jaunes éborniers euh des gilets jaunes perdre leurs mains, des personnes être jugées en cadence par vagon entiers toute la nuit et condamné à des peines de prison ferme comme ce fut le cas dans l'épisode des gil des jaunes. Et donc nous nous doutions que tout allait recommencer de la même manière dans les quartiers populaires. Et c'est bien ce qui s'est passé, c'est-à-dire que l'on a envoyé avant toute chose des policiers et pas les policiers les plus entraînés.
pas les plus connaisseurs, c'est-à-dire ceux dont c'est le métier, le maintien de l'ordre. Car voyez-vous, le maintien de l'ordre, en réalité, l'ordre est un mot très suspect. Quel ordre maintient-on s'il vous plaît ? On veut dire le maintien de la tranquillité publique, le maintien de la sûreté publique. Mais l'ordre, quel mot ? Pour dire quoi ? Pour dire quoi ? qu'on marche dans les passages piétons, que l'on circule sur les trottoirs, que l'on respecte le code de la route. Non, qu'on respecte l'ordre qui veut que celui qui revendique, celle qui proteste doit d'abord fermer sa bouche. C'est inadmissible. Nous sommes la vieille République française. Nous sommes le peuple français.
Ça n'est pas notre tradition ni notre manière d'être. Dès lors, la doctrine de maintien de l'ordre est devenue de plus en plus brutale puisque son objet est toujours plus confus, toujours moins facile à discerner, toujours plus difficile à qualifier précisément pour savoir que faire et quand. Si bien que ce pays, le nôtre, qui avait réussi à vivre les événements de mai 1968, c'est-à-dire une grève générale de 10 millions de travailleurs et une organisation de la révolte des jeunes absolument généralisé, des centaines de véhicules qui avaient été brûlés, des milliers d'heures de manifestation, des rues entières des pavés sans qu'il y ait un seul mort.
parce que la police alors était dirigée par un préfet de police, le préfet Grimau, qui avait compris que le maintien de la tranquillité n'était pas ce que l'on voulait en faire, c'est-à-dire une opération de rapport de force et de brutalité. Et puis parce que les syndicats de police de l'époque avaient déclaré fermement que quiconque frappait un homme à terre, une personne à terre, se déshonorer dans cette attitude, comme on en est loin aujourd'hui.
Et à l'inverse et nous avons un ministre de l'intérieur qui a été pourtant préfet de police, chef du renseignement et combien d'autres activités de cette nature qui a déclaré il y a quelques jours de cela, je vous demande de m'écouter avec attention car je vais le citer. Monsieur Laurent Nunz a dit concernant la répression policière qu'il avait mis en œuvre face aux jeunes, il a dit "Il n'y a aucune consigne retenu et aucune consigne de ne pas utiliser tout l'armement à disposition des forces de sécurité intérieure.
ce déploiement d'armement, cette violence que l'on voit, c'est ce qu'il appelle non pas l'ordre mais la sécurité antérieur quant à l'évidence, la sécurité qui est mise en cause, c'est d'abord celle de nos jeunes. Et vous avez vu leur résultat. C'est un déchaînement sans retenu de l'usage de toutes les armes alors même que la France est déjà montré du doigt, dénoncé pour utiliser ces armes contre des manifestations et à plus forte raison contre les jeunes. Au bout de ces 15 jours pendant lesquels plus de 10 jours ont été abandonnés sans dialogue, nous voyons qu'il y a eu des provocateurs policiers dont on nous avait d'abord dit non, ce ne sont pas des policiers.
Le procureur avait dit ça avant de dire si si ils étaient en mission, il n'y a donc pas de problème sur leur comportement. Que faisit-il ? Ils jetaient des pierres sur leurs propres collègues. Nous avons vu un jeune recevoir quasiment à bout portant un tir qu'il a totalement édenté. On a vu un autre jeune être tiré à 20 m en pleine face et perdre un œil. On a vu un policier occupé à tenir la tête d'un jeune dans l'eau et le procureur pour une raison inconnue trouvait ce comportement normal en disant qu'il n'y avait pas de risque comme si c'était une attitude normale de se comporter de cette manière-là.
Et puis enfin aujourd'hui, à l'heure à laquelle je vous parle, on apprend qu'un jeune a été atteint par une grenade de désencerclement et que sa main et son bras sont brouillés. Voilà les abus qui seront bientôt dénoncés sur la scène internationale qui ont provoqué partout des sursauts, des hallcors, des curements de voir comment on se comporte. La première tâche à accomplir face à des jeunes en révolte, c'est la médiation. parler tout enfant et comme notre enfant, tout jeune et comme notre jeune.
Avec eux, nous devons avoir des relations normales, des relations qui leur enseignent ce qu'est le statut d'un adulte pour ceux qui sont encore bien jeunes et pour les autres qui leur apprend ce qu'est la relation entre citoyens quand ils sont majeurs dans une démocratie et une République. La dévastation du système d'éducation de notre pays, vous l'avez sous les yeux. C'est un établissement sur deux où il manque au moins un professeur. Quand il manque un professeur, ce sont des dizaines d'heures de cours qui ne sont pas donnés pendant la semaine, pendant la quinzaine, pendant le mois.
C'est 80 % des salles de classe pour parler du bâti où il a fait plus de 30°gr pendant que l'on enseignait dans les canicules. Ce sont des programmes à la carte. Ce sont des emplois du temps totalement désorganisés par cette pratique qui font que je connais des établissements où 3 semaines après la rentrée, il n'y a toujours pas d'emploi du temps. Non parce que le proviseur serait défaillant mais parce que la situation est tout simplement impossible à organiser tant il y a des absents des variétés diverses multiples de parcours qui sont proposés.
Et bien tout cela à la fin ne se déroule pas comment dire dans le ciel d'une sorte de rencontre entre des gens qui viendraient à l'école pour y recevoir des prestations. On ne parle pas de ça. Chaque jeune sait que parcours supend au coin du chemin, qu'il y a des contrôles continus, que c'est sur cette base qu'ils devront ensuite réaliser leur vœux d'affectation dans l'enseignement supérieur et qu'il faudra que il soit d'autant plus brillant, d'autant plus performant, qu'ils aient reçu d'autant plus d'heures de cours assuré réellement que c'est là-dessus qu'ils vont être jugés et que leurs vœux vont pouvoir être pris en considération.
Savez-vous qu'à cette heure, il y a plus de 100000 jeunes qui n'ont pas d'affectation dans l'enseignement supérieur ? Savez-vous que le nombre d'établissements de du secondaire dans lequel il n'y a aucun conseiller d'orientation, en plus d'aucun personnel de santé, en plus d'aucun psychologue, en plus d'aucune personne avec qui pouvoir parler se retrouve sans perspective d'aucune sorte, voilà où nous en sommes. Le moment est venu de traiter ces jeunes gens comme ils le méritent, c'est-à-dire avec respect et repousser les prétextes d'après lesquels des forces politiques manipuleraient cette situation. Vous méprisez nos jeunes quand vous croyez qu'ils sont incapables de savoir ce qu'ils font.
Ils savent ce qu'ils font. Il faut repousser aussi l'argument d'après lequel ces jeunes genres n'auraient d'autre objectif que de mettre le feu à tout ce qui les entoure. Nous avons pour notre part donné à de nombreuses reprises la consigne de n'utiliser que des méthodes non violentes pour retirer le prétexte du spectacle qui a servi à illustrer toutes les unes de la presse écrite, sauf bien sûr la presse proche des jeunes gens comme je pense au journal l'humanité en particulier et pour empêcher l'exploitation honteuse qui en était faite à la télévision où on ne vous a montré que cela Pourquoi ? Pour que vous ne parliez pas du reste. Et le reste c'est quoi ?
vos impôts dilapidés ailleurs et qui ont laissé se ruiner l'éducation nationale. Et il faut bien sûr stigmatiser, montrer du doigt le système de la violence policière, de son organisation méthodique, de ses dérapages et bien sûr des provocateurs qui se glissent là au milieu, jettent des pierres ou mettent le feu alors qu'ils n'ont rien à voir avec la vie lycéenne ou la vie étudiante. Il faut repousser tout cela et observer ce qu'il y a à voir pour la première fois.
Depuis sans doute 40 ou peut-être même 50 ans, il y a eu une convergence complète des lycéen et des étudiants, une convergence complète des confédérations syndicales qui sont venues à la rescousse des jeunes de leurs enfants et toutes les confédérations, crois-je, et puis toutes les organisations syndicales d'enseignants condamnant les violences et appelant au dialogue partout. Si bien que une date a été convoquée le 6 octobre pour une manifestation générale dans tout le pays, dans toutes les villes du pays autour des revendications des lycéens et des étudiants. Aujourd'hui, j'ai reçu ce programme de 10 mesures d'urgence, la plateforme revendication lycéen et étudiant.
Elle existe, vous pouvez la consulter, il existe une plateforme où vous pouvez la soutenir. Mais à nous qui ne sommes ni directement concernés par l'appel syndical parce que nous sommes à la retraite ou parce que nous sommes sans emploi, ni par celui des lycéens et des étudiants, notre rôle est néanmoins engagé. Notre responsabilité est appelée, je vous appelle le 6 à vous déplacer pour aller encadrer les manifestations des jeunes, pour les protéger contre les borgnements, les tentatives d'asphyxie par les gaz lacrymogènes qui pleuvent parfois tent et si fort que les policiers eux-mêmes sont conduits à s'asphyxier.
Et pour cela, vous vous mettrez soit un casque blanc comme celui-ci, soit un brassard blanc sur votre bras pour que l'on vous reconnaisse comme une force d'interposition. Interposition entre la violence policière et la manifestation. Ce système n'a pas été inventé par moi, ni par les insoumis cette fois-ci. Il a été mis en place pour la première fois après la mort du jeune Malikusekin qui avait été tué après avoir reçu des coups alors qu'il était malade des pelotons motocyclistes. Il y a aujourd'hui aussi des pelotons motocyclistes.
Cette technique des casques blancs et des brassards blancs avait été utilisée ensuite dans plusieurs séries de manifestations de la jeunesse par tous ceux qui voulaient assurer cette mission de sécurisation, de tranquillisation. J'en appelle à la jeunesse pour qu'elle sache dans cette circonstance savoir ce qui convient à ses intérêts de combat et se protéger des débordements qui pourraient lui nuire. J'appelle ceux de ma génération et les précédentes qui dans leur jeunesse ont connu cette situation, qui ont bénéficié du soutien des parents et des syndicalistes qui les ont protégé cette fois-ci à leur tour à protéger les jeunes.
Quel que soit votre âge, quelle que soit votre condition, le 6 octobre, votre devoir est de vous trouver en protection de nos jeunes, car les prétendus forces de sécurité intérieure ne sont pas là pour ça. Il n'y a que vous pour les protéger. C'est pourquoi j'ai bon espoir que nous soyons très nombreux, calmes, pacifiques à la rencontre de nos jeunes pour les protéger et pour qu'ils puissent préparer leur avenir en le défendant eux-mêmes comme nos générations l'ont fait. Yeah.
Jean-Luc Mélenchon