2027 : un seul candidat pour la droite et le centre ? - C à Vous l’intégrale - 04/06/2025
Aurélien Rousseau Au micro : Anne-Élisabeth Lemoine, Patrick Cohen, Mohamed Bouhafsi, Elyas Tran NguyenSource d'origineTranscription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00RelanceRéponse partielle
On tourne autour du pot, oui.
- 25:00OuverteRéponse directe
Vous dites "nous" en parlant de B.Retailleau et des LR. Il est le nouveau président des Républicains et vous a nommé secrétaire général. Vous le trouvez pro et sympa?
- 30:00RelanceRéponse partielle
Vous ne pensez pas que le pays attend des responsables politiques qu'ils pèsent leurs mots?
- 35:00OuverteRéponse directe
Et la proportionnelle, sur laquelle le Premier ministre consulte actuellement, sur sa possible introduction aux élections? Vous y êtes très opposé?
- 40:00OuverteRéponse directe
Votre successeur à Matignon, F.Bayrou, va devoir faire passer un budget pour 2026. Ca va être compliqué. Il envisage la TVA sociale. C'est une bonne solution?
- 45:00OuverteRéponse directe
Dans votre livre, vous révélez qu'en 1995, quand vous étiez membre du gouvernement d'E.Balladur, F.Mitterrand, très malade d'un cancer, fait un malaise en plein Conseil des ministres. Vous n'en avez jamais parlé, pas plus qu'aucun des ministres qui étaient à la table du Conseil. Vous écrivez que "c'est sans doute cela, le sens de l'Etat". Vous ajoutez une question: "En serait-il ainsi aujourd'hui?" On voit bien que vous en doutez.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 25:00M.BarnierFait
« Oui. En tout cas, ceux qui le connaissent bien... C'est difficile de sourire tout le temps quand on est ministre de l'Intérieur. »
- 30:00M.BarnierFait
« Quand des personnes sortent délibérément et mettent en cause l'intégrité physique des agents de l'Etat, jettent des choses sur l'autoroute pour provoquer la mort... Ce sont des actes barbares. »
- 35:00M.BarnierFait
« Je pense que la proportionnelle éloigne les élus des citoyens. Ce ne sont pas les citoyens qui choisissent les élus, ce sont les partis. »
- 40:00M.BarnierFait
« Les Français en ont ras-le-bol des impôts. Il y en a trop. Nous sommes le pays qui prélève le plus d'argent sur le travail, la vie, les retraités... »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h. Emilie? - E.Tran Nguyen: Il a inspiré un certain P.Lescure quand il était étudiant.
Il a tendu la main au jeune journaliste P.Cohen. - A.-E.Lemoine: Il a fait oeuvre de charité... - E.Tran Nguyen: Je parle bien sûr de P.Labro, dont on a appris la disparition à 88 ans ce matin et auquel on va rendre hommage. - A.-E.Lemoine: Grande émotion ce matin sur RTL, dont il a été un immense patron.
P.Labro, touche-à-tout de génie qui savait tout bien faire: écrire, réaliser et, évidemment, diriger des rédactions. On lui rend hommage avec le directeur de l'information du groupe M6-RTL, H.Beroud.
Mohamed? - M.Bouhafsi: On l'a tant attendue et on l'a: la nouvelle chouchoute du tennis français.
Elle s'appelle L.Boisson. Elle est qualifiée pour les demi-finales de Roland-Garros.
Elle a battu la numéro 6 mondiale. - A.-E.Lemoine: Elle a démarré le tournoi avec une invitation et partait de la 361e place au classement mondial.
J'imagine que son classement est bien plus élevé. Elle jouera la demi-finale demain. Patrick? - P.Cohen: J'ai lu l'autobiographie de M.Barnier, "Ce que j'ai appris de vous".
J'y ai vu beaucoup de présidents. - A.-E.Lemoine: Peut-être même un futur président. - P.Cohen: Même tous les présidents y sont. - A.-E.Lemoine: Même un candidat à la présidentielle, peut-être. "Chronique pour demain" est le sous-titre.
Bonsoir, M.Barnier. Merci d'avoir accepté notre invitation. - M.Barnier: Ce n'est pas une autobiographie. - A.-E.Lemoine: C'est une galerie de portraits qui fait le résumé de votre carrière politique? - M.Barnier: Des portraits et des rencontres avec des Français en métropole, en outre-mer, et des personnalités étrangères.
C'est le moyen de dire ce que j'ai appris des rencontres avec les Français. - A.-E.Lemoine: On apprend aussi beaucoup de vous dans ce livre.
Lorrain? - L.Sénéchal: Les orages de grêle dopés au réchauffement climatique se succèdent dans la Loire.
Il y en avait jusqu'en Savoie, monsieur le Premier ministre. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: N.Croisille est partie aujourd'hui.
Ses "chaba-bada" ont accompagné nos vies depuis 1966 et "Un homme et une femme". On lui rend hommage. - A.-E.Lemoine: Après 20h, on célèbre les 35 ans de carrière de L.Gerra.
Une émission lui sera consacrée samedi sur France 2 avec S.Bern. On lui réserve quelques surprises.
Le dîner est préparé par Anthony Gerbeau, directeur des cuisines de l'Artimon, à Palavas-les-Flots. - B.Chameroy: Il est aux côtés d'un représentant en cartouche Toner.
Il manque du magenta, paraît-il. - A.Gerbeau: On va travailler du thon rouge de la Méditerranée. - A.-E.Lemoine: L'Edito de Patrick...
Qu'avez-vous appris de "Ce que j'ai appris de vous"? - P.Cohen: Tout ce que M.Barnier a appris de ses rencontres, tous les présidents de la République qu'il a côtoyés.
Ca donne une histoire politique illustrée d'une galerie de portraits aussi vaste que son engagement politique et d'une longueur inégalée. Ca a commencé il y a 60 ans avec le soutien apporté au général de Gaulle pour sa candidature à la présidentielle. Vous êtes en 3e, et en collant les affiches du général, vous rencontrez votre professeur d'histoire qui colle pour Mitterrand.
Ca continue avec Pompidou, à qui vous écrivez en juillet 68 à son départ de Matignon et qui vous répond "merci, mon cher ami". C'est auprès de Pompidou que vous avez appris à répondre personnellement à toutes les lettres que vous recevez. Pompidou a été censuré, comme vous, en 62.
Vous copiez à la lettre sa lettre de démission en décembre dernier. On croise aussi Jacques Chirac, qui n'aime pas les arbres. Sarkozy, vous étiez prêt de lui lors du "casse-toi, pauvre con" du Salon de l'agriculture, même si vous ne l'avez pas entendu sur le coup.
Mitterrand, vous racontez un dialogue que je ne connaissais pas et qui m'a stupéfié à propos de De Gaulle. - A.-E.Lemoine: A Chambéry, lors d'une séance extraordinaire du conseil de Savoie...
Les équipes de la documentation ont retrouvé les archives. - P.Cohen: Cette apostrophe de 1984 m'a interpellé.
Vous êtes président du département et vous invitez le président de la République, F.Mitterrand, à une séance extraordinaire. Il s'agit d'abord de présenter la candidature d'Albertville et de la Savoie pour les JO d'hiver.
Vous rappelez dans votre discours que vous avez commencé votre engagement derrière de Gaulle. Mitterrand, sans doute piqué au vif, vous répond ceci. - F.Mitterrand: Moi aussi.
Je ne dirais pas "derrière le général de Gaulle", mais "avec". La différence, c'est que moi, c'était en 1941, ce qu'explique parfaitement notre différence d'âge. Mais être avec le général de Gaulle en 1941 n'avait pas la même valeur qu'être derrière le général de Gaulle en 1960.
Nous sommes donc à égalité. - P.Cohen: F.Mitterrand se dit engagé avec de Gaulle en 1941.
La photo qui le montre avec Pétain en octobre 42 ne sera publiée pour la 1re fois que 10 ans après la séquence que l'on vient de voir, en 1994. Si on est gentil, c'est un arrangement avec la vérité que je ne connaissais pas. Je ne dirais pas qu'il avait prétendu cela. - A.-E.Lemoine: On a vu votre visage sur les images lors de la réponse de F.Mitterrand... - M.Barnier: Il y a 2 leçons dans l'histoire que vous racontez.
D'abord, c'est la 1re fois depuis 58 que le président de la République vient dans une assemblée d'opposition. J'ai voulu faire ce geste...
Le secrétaire général de mon parti m'a traité de collaborateur, les socialistes étaient furieux, mais nous avons fait un geste politique important pour montrer qu'il fallait travailler ensemble pour des projets d'intérêt national, comme une candidature aux JO. Le 2e chose que je n'avais pas imaginée, c'est ce mensonge, cet arrangement avec la vérité. J'en tire la leçon suivante: qu'on soit président de la République ou non, on n'est pas obligé de dire toute la vérité, mais il ne faut pas la travestir. - A.-E.Lemoine: Un autre président dans cette galerie? - P.Cohen: D.Trump, qui vous encourage à ne pas dire adieu à la politique après la cérémonie de réouverture de Notre-Dame. "Vous êtes grand, vous êtes solide, vous vous tenez droit, il faut continuer." Une scène stupéfiante dans la conclusion de votre livre.
Je me suis demandé s'il ne servait pas d'abord à ça: montrer que vous avez fréquenté tellement de présidents pour démontrer que vous êtes le mieux placé pour les éviter à l'avenir. - A.-E.Lemoine: A-t-on bien compris le sous-texte du livre? - M.Barnier: Pas tout bien compris.
D'abord, dans ce livre, il y a plein de rencontres avec des gens qui ne sont pas présidents et qui comptent autant pour moi. Des paysans en Savoie, ma famille et ma mère, dont je parle quelquefois, notamment sur les enjeux de santé mentale, qui ont compté pour elle...
Des pêcheurs...
Plein de gens que j'ai rencontrés en métropole, en outre-mer, à l'étranger. Les gens les plus humbles et les plus simples sont parfois ceux qui vous apprennent le plus. Aussi longtemps que je garde la même capacité de m'enthousiasmer et de m'indigner que lorsque j'ai été élu la 1re fois, à 22 ans, en Haute-Tarentaise, je resterai utile à mon pays. - A.-E.Lemoine: Etre utile comment? - M.Barnier: On verra bien.
Participer aux débats d'idées, ce n'est pas forcément être un candidat. Le pays ne va pas bien. Il y a tellement de fractures, d'angoisses, de sentiment d'injustice partout...
Et en même temps, j'ai appris qu'il y a partout des énergies positives qui sont contraintes, bloquées, freinées par la bureaucratie, l'ambiance, le blocage politique...
Il faut libérer ces énergies. Il y en a partout. Notre pays mérite mieux que la situation actuelle. - A.-E.Lemoine: Pas forcément candidat, pas s'il y en a déjà trop, ceux déclarés et ceux qui y pensent... "Le Parisien" a dressé une liste sans fin de ceux qui pensent: G.Attal, G.Darmanin, B.Retailleau, L.Wauquiez, E.Borne, A.Bergé...
Et peut-être vous. Vous êtes dans la liste. - M.Barnier: Une chose ne manque pas en France: les candidats aux présidentielles.
Je me suis posé une question tout au long de cette route que j'ai décrit: suis-je capable, dans le mandat que l'on me confie, de faire que la situation soit meilleure à la fin qu'au début? Je me suis toujours posé cette question. Ai-je amélioré les choses?
Y a-t-il eu un progrès? - A.-E.Lemoine: Vous avez eu le temps, à Matignon? - M.Barnier: Non, mais j'ai peut-être créé une marque de dignité, de sérieux, de vérité.
A Matignon, quand je suis arrivé, j'étais prêt. J'étais bien dans ma peau. Peut-être parce que j'ai appris tout ça.
Mais j'ai essayé d'utiliser mon expérience...
Il y a beaucoup de problèmes, à Matignon. Vous en avez toutes les 5 minutes. J'ai voulu donner une chance et mettre le pied à l'étrier à des gens jeunes à mon cabinet et au gouvernement. - A.-E.Lemoine: "Pro et sympa, voilà ce qui résume le mieux ce qu'on est en droit d'attendre d'un décideur public", écrivez-vous. "Pro et sympa", c'est aussi la définition, le portrait-robot d'un président de la République en général?
Pas forcément le vôtre... - M.Barnier: Je vois bien où vous voulez m'amener. - A.-E.Lemoine: On tourne autour du pot, oui. - M.Barnier: Pompidou a écrit: "L'exigence d'une morale de l'action, une morale collective." C'est ça, des gens pros et sympas.
Des gens qui ne viennent pas du même endroit et qui ne vont pas au même endroit, mais qui sont capables de se mettre ensemble pour réussir quelque chose collectivement en étant professionnels et sympas. Professionnel, c'est la moindre des choses quand vous dirigez un Etat. Sympathique, c'est faire attention aux gens. - P.Cohen: Il écrit cette formule dans un livre qui parle aussi de la difficulté à gouverner des gens qui ne s'entendent pas...
Ca ne s'est pas arrangé. - M.Barnier: Il faut retrouver de la stabilité.
On a besoin de temps pour diriger l'Etat, faire des réformes...
L'effet d'annonce est important. J'ai toujours eu la méthode ancienne de dire qu'il faut respecter les gens, faire ce qu'on a dit, ne pas annoncer trop de choses...
A Matignon, j'ai dit qu'on allait passer plus de temps à agir qu'à parler. J'ai essayé de le faire pendant les 3 mois où j'ai été Premier ministre. - A.-E.Lemoine: E.Philippe, candidat déclaré, promet "du sang et des larmes, la fin des mensonges, la vérité"...
Il publie un livre, comme vous, aujourd'hui, intitulé "Le Prix de nos mensonges". - E.Philippe: Ce titre parle des mensonges que l'on se raconte à nous-mêmes.
J'assume ma part de responsabilité. Je ne supporte pas le discours décliniste. La France peut rebondir.
Mais je suis convaincu que pour rebondir, il faut regarder la vérité en face. Nous avons des problèmes. Beaucoup de choses ne vont pas.
Prenons les décisions qui s'imposent sans nous raconter d'histoires, sans dire que la France est écrasée par une politique d'austérité alors qu'elle a le plus haut niveau de dépenses publiques de l'OCDE. - A.-E.Lemoine: La France s'est trop longtemps raconté des blagues?
Est-elle prête à entendre un tel programme d'austérité? - M.Barnier: Je me retrouve dans ce que dit E.Philippe.
Nous aurons à travailler ensemble. J'ai dit que je préférais être un Premier ministre impopulaire qu'irresponsable. On ne peut pas continuer à avoir cette bombe à retardement du déficit.
Ce n'est pas un mot abstrait, le déficit. Ce sont près de 60 milliards d'intérêts d'emprunts que l'on va devoir payer. Il va falloir faire un effort collectif qui soit juste.
Prenons le risque d'être impopulaires plutôt qu'irresponsables vis-à-vis des générations futures. - A.-E.Lemoine: Travailler ensemble, ça veut dire que les LR devront s'allier avec un représentant du bloc central? - M.Barnier: Evidemment.
D'abord, les LR sont un mouvement auquel j'ai toujours été fidèle. J'ai parfois été minoritaire. Avec B.Retailleau, Nous avons l'intention de repartir et profiter de l'élan que nous avons créé avec les ministres qui ont bien voulu prendre le risque de la responsabilité avec moi en septembre.
On a vu les adhérents et les élus revenir. C'est important que le parti de la droite républicaine soit là, fort. On a besoin de la recomposition du paysage politique.
On aura notre candidat aux élections présidentielles. On a besoin de rassembler et d'élargir. Les gens qui, par dépit et par ras-le-bol, ont voté à l'extrême droite, doivent revenir vers nous, comme les électeurs qui se réfugient dans l'abstention.
Il faut faire attention à faire se retrouver l'unité du pays. - E.Tran Nguyen: Vous dites "nous" en parlant de B.Retailleau et des LR.
Il est le nouveau président des Républicains et vous a nommé secrétaire général. Vous le trouvez pro et sympa? - M.Barnier: Oui.
En tout cas, ceux qui le connaissent bien...
C'est difficile de sourire tout le temps quand on est ministre de l'Intérieur. On l'a vu lors de la belle victoire du PSG. On voit tous les jours des drames de sécurité.
C'est quelqu'un de loyal, de sympathique, qui fait ce qu'il dit. C'est pour ça que je l'ai nommé ministre et je ne l'ai pas regretté. - E.Tran Nguyen: Il a évoqué ce matin sur RTL les violences en marge de la finale du PSG.
Pour lui, elles disent quelque chose de notre société. - B.Retailleau: On est dans une société qui inverse les valeurs.
La responsabilité n'est pas celle du ministre de l'Intérieur. C'est celle des barbares. La barbarie, c'est quand tout devient prétexte à une extrême violence, à la destruction.
Les barbares, ça peut être n'importe qui, mais on voit bien qu'on a affaire à des gens qui ne sont plus civilisés, qui ont la haine antiflics, qui vont piller des magasins, qui y prennent un plaisir. - E.Tran Nguyen: "Les barbares", ce n'est pas un mot anodin.
Vous pourriez le reprendre à votre compte? - M.Barnier: Peu importe le mot qu'on utilise. - E.Tran Nguyen: Vraiment, quand on est un homme politique? - M.Barnier: Quand des personnes sortent délibérément et mettent en cause l'intégrité physique des agents de l'Etat, jettent des choses sur l'autoroute pour provoquer la mort...
Ce sont des actes barbares. Il faut que ces gens soient en prison tout de suite. - A.-E.Lemoine: Les actes sont barbares, pas les individus? - M.Barnier: La place de ces gens est en prison avec des comparutions immédiates, de vraies peines, courtes s'il le faut.
Quand ils sont mineurs, il faut aller chercher leurs parents et leur demander des comptes. Le pays attend ça, il faut être clair. - E.Tran Nguyen: Vous ne pensez pas que le pays attend des responsables politiques qu'ils pèsent leurs mots?
Vous dites "peu importe le mot employé", mais les mots peuvent diviser, cibler et stigmatiser certains. - M.Barnier: Le pays attend que l'on règle les problèmes, que l'on traite les questions de sécurité qui angoissent ou inquiètent, pas seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les campagnes et dans les villages. - E.Tran Nguyen: B.Retailleau est en accord avec le ministre de la Justice, G.Darmanin, qui propose de faire évoluer la loi en supprimant les aménagements de peine, le sursis, et en mettant en place une condamnation minimum systématique une fois la culpabilité reconnue.
Faut-il changer le Code pénal? Faut-il une révolution pénale, comme le disait ce matin le ministre de l'Intérieur? - M.Barnier: Il faut se méfier des mots.
Il faut faire des progrès... - A.-E.Lemoine: On ne s'en méfiait pas il y a une minute. - M.Barnier: Non, mais... - A.-E.Lemoine: J'ai mal compris? - M.Barnier: Regardons la réalité derrière les problèmes qui inquiètent les Français et les solutions à apporter concrètement.
Il faut aménager les peines, réduire et encadrer les aménagements de peine. Quand quelqu'un sort de prison, la préfecture ne sait pas quand. Il faut des peines courtes, y compris pour les mineurs de 16 à 18 ans.
Il faut des établissements spécialisés. Il faut que les peines soient exécutées. Toutes ces mesures doivent être prises pour que la peur change de camp. - A.-E.Lemoine: Votre successeur à Matignon, F.Bayrou, va devoir faire passer un budget pour 2026.
Ca va être compliqué. Il envisage la TVA sociale. C'est une bonne solution?
Vous évoquiez les difficultés de la France... - M.Barnier: Les Français en ont ras-le-bol des impôts.
Il y en a trop. Nous sommes le pays qui prélève le plus d'argent sur le travail, la vie, les retraités...
Il faut faire très attention à cette mesure de TVA sociale. On ne sait pas toujours très bien ce que ça veut dire. S'il s'agit de taxer certains produits importés de l'étranger pour affecter cet argent à protéger les retraites ou à diminuer les charges qui pèsent sur les entreprises pour augmenter les bas salaires, ça peut se discuter.
Mais il faut faire attention. - A.-E.Lemoine: Et la proportionnelle, sur laquelle le Premier ministre consulte actuellement, sur sa possible introduction aux élections?
Vous y êtes très opposé? - M.Barnier: Oui.
Je pense que la proportionnelle éloigne les élus des citoyens. Ce ne sont pas les citoyens qui choisissent les élus, ce sont les partis. Selon votre place sur la liste de la proportionnelle, vous êtes élu ou battu.
Et puis, ça consolide, ça institutionnalise presque l'instabilité de notre pays. J'ai été victime de cette instabilité. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
Ca s'est produit une fois et ça peut se produire de manière permanente avec la proportionnelle. Notre pays a besoin, par-dessus tout, de stabilité. Quand il n'y en a pas, les gens n'ont pas confiance.
Les entreprises n'investissent pas. Notre influence à l'étranger diminue. Je pense à faire autre chose. aux frontières et dans la rue, plutôt que de perdre du temps avec cette réforme. - P.Lescure: Dans votre livre, vous révélez qu'en 1995, quand vous étiez membre du gouvernement d'E.Balladur, F.Mitterrand, très malade d'un cancer, fait un malaise en plein Conseil des ministres.
Il reprend ses esprits après quelques minutes. Vous n'en avez jamais parlé, pas plus qu'aucun des ministres qui étaient à la table du Conseil. Vous écrivez que "c'est sans doute cela, le sens de l'Etat".
Vous ajoutez une question: "En serait-il ainsi aujourd'hui?" On voit bien que vous en doutez. - M.Barnier: Oui.
D'abord, la classe politique en général n'a pas forcément la même qualité. Je ne parle pas de moi, mais en général. J'ai cité de grands ministres sous la Ve République, de gauche et de droite.
Et puis, il n'y avait pas Twitter, chacun n'avait pas son portable...
C'était un événement grave et émouvant. On avait tous du respect et de l'estime pour le chef de l'Etat, et parfois plus que ça. Tout le monde s'est bien comporté.
On n'en a pas parlé parce que ce n'était pas conforme à l'intérêt national. - A.-E.Lemoine: "Ce que j'ai appris de vous" est disponible depuis aujourd'hui en librairie.
Vous avez expliqué l'avoir envoyé et dédicacé à E.Macron et à F.Bayrou.
Aussi à D.Trump? - M.Barnier: Pas encore, c'est une bonne idée.
Je vais le faire. - A.-E.Lemoine: Parce que vous avez été flatté? - M.Barnier: J'ai été amusé par sa réflexion.
C'est un homme assez chaleureux. Quand je vois son comportement erratique actuellement, cette agressivité commerciale contre la Chine...
J'étais en Chine la semaine dernière. On voit le conflit qui se prépare sur le plan commercial. Il y a l'agression russe contre l'Ukraine et contre la paix en Europe.
Il y a l'agressivité américaine. Tout au long de ce livre, on voit aussi mon engagement européen. Je l'ai écrit patriote et européen.
Pas européen à la place de patriote, mais en plus. Quand on voit ce monde dangereux, instable et fragile, il y a des raisons d'être ensemble. Sinon, on est foutus. - P.Cohen: Ca fera peut-être plaisir à Trump, mais il ne lit pas de livres. - A.-E.Lemoine: Il lit peut-être les dédicaces, à défaut. "Ce que j'ai appris de vous: chroniques pour demain", c'est signé M.Barnier. - M.Barnier: "Chroniques pour demain", ça veut dire quelque chose.
Ce sont des chroniques anciennes, parfois très anciennes, mais ce sont des leçons que je veux transmettre et partager, et qui sont toujours valables pour aujourd'hui et pour demain. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup.
La Story de M.Bouhafsi. ... - C'est fait! - Mais oui! - Elle est en demi-finale de Roland-Garros!
Qui pourra arrêter le nouveau phénomène du tennis français? du temple des Mousquetaires. La France a découvert sa nouvelle star du tennis: L.Boisson.
Avant le tournoi, la joueuse de 22 ans était 361e mondiale. Elle a battu la numéro 3. Aujourd'hui, en quarts, elle a dégoûté la Russe... - La Russe est au bord du précipice. - Avertissement... - Elle est sur le point de pleurer.
Ca fend le coeur, de la voir comme ça. Ca me fait trop de peine. - M.Bouhafsi: L'histoire d'amour entre Roland-Garros et L.Boisson n'était pas écrite.
L'an dernier, la Dijonnaise doit participer à son premier Roland. Tout va bien pour elle, 23 victoires en 24 matchs. La porte d'Auteuil lui offre une invitation, mais quelques jours avant le tournoi, elle est dévastée par une rupture des ligaments croisés.
Qualifiée en demi-finale, son émotion illuminait le ciel de Roland aujourd'hui. - L.Boisson: Merci...
De jouer avec tout ce monde, se sentir soutenue comme ça, c'est indescriptible. On va récupérer au max, aller voir les kinés...
Je crois qu'il y en a 6 dans ma box. Je serai prête demain. Après-demain?
C'est demain? - M.Bouhafsi: Oui, c'est demain.
Elle ne pensait qu'à ce Roland 2025 pendant sa rééducation de 9 mois. Elle respecte chaque étape et surprend ses kinés et ses médecins. Elle ne manque aucune séance.
Sa rémission rapide surprend tout le monde. - M.Lartot: Elle est forte.
Elle s'adapte pendant les matchs. Même dans la stratégie, elle pose des difficultés à toutes ses adversaires. Elle trouve des solutions à chaque fois.
Ce sont les adversaires qui craquent. C'est la seule Boisson à consommer sans modération sur les antennes de France Télévisions. - M.Bouhafsi: L.Boisson est désormais 65e joueuse mondiale.
En début d'année, elle lançait une cagnotte pour l'aider à disputer les 4 Grands Chelems. Elle a récolté 130 000 euros en 4 ans. Grâce à ce Roland, elle a déjà empoché presque 700 000 euros.
La timide et réservée Lois doit faire face à la notoriété. - Elle a la chance d'avoir son équipe, son entraîneur, son préparateur physique, sa famille...
Elle ne s'emballe pas. Elle reste sereine. Je lui fais confiance pour rester les pieds bien sur terre.
Parfois, il y a des journalistes étrangers qui ne sont pas du tout familiers avec Lois et qui la découvrent complètement. On est très contents. Il -M.Bouhafsi: Il y a une personne particulièrement heureuse: Aujourd'hui, c'est un autre visage qui arrive.
C'est une révélation pour beaucoup de monde. Elle fait partie des meilleures. Je n'ai pas souvenir qu'une joueuse, au-delà de la 300e place, ait pu se hisser en demies, que ce soit sur Roland-Garros ou un autre Grand Chelem. - M.Bouhafsi: Elle n'est que la 5e Française à disputer une demi-finale à Roland.
Les 15 000 fans du court n'avaient qu'un nom à la bouche: L.Boisson. - C'est incroyable.
C'est la magie de Roland-Garros, du tennis. C'est top. - C'est un cadeau.
Quelle femme puissante! - On ne s'y attendait pas du tout. C'est très beau de sa part.
Elle n'a rien lâché. - C'était vibrant. Tout le public était derrière elle. - Une Française en demi-finale, personne n'y pensait. - Lundi, elle a dit qu'elle irait en finale.
Je le sens bien. Elle va y aller! On y croit! - C.Gauff en demies? - On va la manger.
Un "Blanc-Manger Coco". - M.Bouhafsi: Demain, c'est C.Gauff que va devoir faire tomber Boisson.
Boisson rêve d'être la première Française à remporter Roland-Garros depuis une certaine M.Pierce. - A.-E.Lemoine: Vous êtes fan de tennis? - M.Barnier: Je regarde.
Je vais essayer d'aller en finale. C'est une leçon de ténacité. C'est une leçon pour les jeunes, pour leur donner envie de faire du sport.
Je pense qu'un pays sportif est un pays qui a le moral, qu'il dépense moins pour sa santé. J'étais très fier de passer 10 ans de ma vie à organiser des JO. Comme d'autres, comme Gasquet...
Boisson, c'est une formidable leçon. Les horaires des matchs des femmes sont moins exposés. - A.-E.Lemoine: Les matchs féminins plus courts ne peuvent pas tenir toute une soirée lorsqu'ils sont diffusés en night session.
C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal. On a appris la disparition de P.Labro. - L.Sénéchal: Ecrivain, cinéaste, parolier, journaliste et patron de presse.
Il a été pendant 15 ans un dirigeant de RTL. RTL évoquait ce matin la disparition de N.Croisille quand la mort de P.Labro est venue interrompre le cours de la matinale. - N.Croisille est décédé cette nuit des suites d'une longue maladie.
Elle avait 88 ans. - On apprend une autre disparition. C'est l'un des piliers de notre maison, un pilier de RTL: l'écrivain, journaliste, romancier, cinéaste, P.Labro.
Il s'est éteint à 88 ans. - L.Sénéchal: T.Sotto évoque quelques dizaines de minutes plus tard le souvenir omniprésent de l'ancien dirigeant de RTL. - T.Sotto: On a l'impression qu'il est partout, dans les couloirs, dans les murs, en régie.
On a appris ça ce matin à l'antenne. Ca lui ressemble. Il aurait dit: "Allez, Coco, il faut y aller!
Il faut partir en spéciale." - L.Sénéchal: P.Labro était partout, toute la journée.
J.Courbet, arrivé il y a 25 ans dans les locaux historiques de la station, a été marqué par la classe de P.Labro. *-J.Courbet: La porte s'ouvre.
Arrive un homme avec sa chevalière, avec son bracelet et son charisme de Premier ministre. C'était P.Labro.
Je me suis dit: "Je suis mal barré." Il nous a regardés et nous a dit: "Je crois que vous tenez quelque chose." Et il est reparti. 25 ans après, nous sommes là. - L.Sénéchal: P.Labro, "c'était moment mentor", a souligné J.-J.Bourdin.
D'autres grands noms ont été lancés par P.Labro, comme Nagui, ému ce matin. *-Nagui: Il m'a tout apporté.
Il m'a apporté 20 ans de radio. Il m'a apporté son amitié, sa fidélité. J'ai eu la chance de travailler à côté de lui, pour lui, avec lui.
Je suis très triste. Je regardais le dernier texte qu'il m'avait envoyé. - L.Sénéchal: P.Labro est arrivé en 76 avant de gravir les échelons.
Il a été rédacteur en chef, directeur des programmes, vice-président jusqu'en 2000. - P.Labro est à l'écoute. - Vous écoutez un walkman? - P.Labro: Non.
C'est la radio. Je l'écoute en permanence. J'écoute dans la voiture.
J'arrive au moment où il y a les chroniques les plus importantes, pratiquement. Enfin, tout est important, le matin. Je me branche sur le petit transistor dans ma poche.
Comme ça, je ne lâche jamais l'antenne. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, H.Beroud, directeur du groupe M6-RTL.
Vous avez commencé en 1986. P.Labro vous a confié la matinale de RTL.
Vous aviez 29 ans à peine. Vous étiez un inconnu. - H.Beroud: Total! - A.-E.Lemoine: Issu du service des sports.
Ce choix de vous confier la première matinale de France, ça dit beaucoup du patron de presse qu'il a été? - H.Beroud: Oui, de son oeil.
Il était attentif à tous les jeunes talents de la rédaction. P.Cohen, notamment.
Bonsoir, Patrick. Et bien d'autres. C'était un patron extrêmement bienveillant, impressionnant, qui rassemblait toutes ses troupes chaque jour à midi, dans son bureau, au premier étage.
Tout le monde pouvait venir, du directeur de la rédaction aux stagiaires, pour l'écouter parler de l'air du temps, de l'actualité du jour. C'est en échangeant avec lui qu'il nous identifiait. - A.-E.Lemoine: C'est P.Labro qui vous a fait entrer à RTL en 94, Patrick? - P.Cohen: C'est l'entretien d'embauche le plus impressionnant que j'ai subi de ma vie.
Il était impressionnant, derrière son grand bureau parfaitement rangé, où tout était à sa place. Comme dans sa tête. Ses crayons à papier soigneusement taillés...
Le souvenir qu'il m'a laissé, c'est quelqu'un dont on était fiers, à RTL. Il imposait du respect auprès de ses troupes. Il incarnait la radio au point d'avoir créé un rendez-vous mensuel, "Je veux parler au directeur".
C'était "Engueulez-moi. Dites-moi ce qui ne va pas à l'antenne." On était tous derrière la vitre en train de regarder ça car c'était un spectacle étonnant. - A.-E.Lemoine: Ca existe aussi maintenant.
Ca s'appelle "Le Médiateur". Ce n'est pas le patron qui va se faire engueuler. - P.Cohen: Un dernier souvenir...
Je ne suis resté qu'une saison. Quelques semaines, pendant une intervention que subissait A.Duhamel, j'ai fait mes débuts à l'édito politique.
Ca a duré quelques semaines. Là aussi, j'étais impressionné. J'avais toutes libertés pour le faire.
Le lendemain, j'ai retrouvé dans mon casier le script de mes éditos annoté de la main de P.Labro: "Pas très clair." Avec des petites flèches... "Tu aurais pu le dire comme ça..." - P.Lescure: Il était un grand journaliste de presse écrite à "France-Soir" et au "Journal du dimanche" de l'époque.
En 65, il sortait à 17h. On le vendait à la criée. J'étais étudiant au Centre de formation des journalistes.
Tous les dimanches, à 17h, on achetait "Le Journal du dimanche". Il commentait l'actualité sur la page 2. Le lundi matin, tout le CFJ analysait ce qu'avait dit la veille P.Labro.
C'était très formateur. - A.-E.Lemoine: M.Barnier, vous voulez dire un mot? - M.Barnier: Je ne l'ai pas connu comme vous, journalistes, mais je l'ai souvent croisé, lui et son épouse.
C'était un grand monsieur, pas seulement un journaliste. C'était un écrivain. J'ai considéré que son bouquin était un chef-d'oeuvre, dans les années 80.
L'exemple de résilience sur la dépression... - P.Cohen: Et sur son expérience de coma profond... - M.Barnier: C'était un grand écrivain. - P.Cohen: Citons aussi "Des feux mal éteints", sur la guerre d'Algérie. - A.-E.Lemoine: Il a vécu une dépression en 99, début 2000.
Vous en parlez avec beaucoup d'émotion. - H.Beroud: Sa dépression est impressionnante car tout réussissait à P.Labro. - P.Cohen: Il devenait président. - H.Beroud: La chanson, la télé, la radio, la littérature...
J'en passe. Il allait devenir président de RTL. C'était, pour lui, la consécration.
Il a raconté ensuite qu'à la première réunion à laquelle il s'est retrouvé, en tant que président, il s'est demandé: "Qu'est-ce que je fais là? Je ne suis pas à ma place. Je suis un saltimbanque.
Je suis un artiste, un journaliste, mais pas un président." Paradoxalement, ça l'a fait sombrer dans une profonde dépression. A l'époque, je présentais la matinale.
Je l'ai vu devenir, subitement, l'ombre de lui-même. - P.Cohen: Et il a disparu pendant un an. - H.Beroud: Je l'ai vu s'accrocher.
Je me souviens d'un petit-déjeuner avec L.Jospin, Premier ministre à l'époque, où Philippe était présent, toujours élégant, costume noir, cravate, mais mutique. L.Jospin ne comprenait pas bien ce qui se passait.
Philippe se tenait au mur pour partir. Il était resté et il a sombré à ce moment-là. - A.-E.Lemoine: Et il l'a raconté. - H.Beroud: C'est sa force, de raconter...
On parlait de la guerre d'Algérie, de son expérience du coma, de son expérience aux Etats-Unis en tant qu'étudiant...
A chaque fois, Philippe a utilisé ses expériences personnelles pour les raconter et pour les partager avec le public. In fine, sa passion était de partager les choses avec le public. - A.-E.Lemoine: L'un de ses faits d'armes, il en a fait un livre: "On a tiré sur le Président". 50 ans après les faits, le récit de ce qu'il a vécu aux Etats-Unis...
Il apprend l'assassinat du président Kennedy. Il n'est pas loin de New York. - P.Cohen: Il arrive à trouver un avion pour Dallas. - A.-E.Lemoine: Où il rejoue les derniers instants de l'assassin de Kennedy, L.H.Oswald. - C'est ici que L.H.Oswald a été abattu dans son garage un dimanche matin.
Il sort de cette porte encadré par 2 policiers. Il a en face de lui les caméras de la télévision. Il est aveuglé par les projecteurs.
Les caméras sont là. Il se retourne vers le fourgon. A ce moment-là, Ruby le tue. - A.-E.Lemoine: Il avait croisé Oswald et il a rencontré Ruby juste avant... - P.Cohen: Il est l'un des rares journalistes présents au moment de l'assassinat de Ruby.
Par ailleurs, c'est quelqu'un qui s'est passionné pour cette histoire. C'est l'un des livres référence sur l'assassinat de Kennedy. Il était absolument convaincu qu'il n'y avait pas de complot et que c'est bien L.H.Oswald qui a tué Kennedy. - E.Tran Nguyen: Vous avez eu raison de dire qu'il était grand journaliste et grand écrivain.
On peut l'écouter parler de l'écriture qui était pour lui une épreuve solitaire, une source de bonheur et de liberté. - P.Labro: C'est un bonheur indicible.
Vous êtes tout seul face au vide, la feuille blanche. Vous trouvez la possibilité de créer des parfums, des couleurs, des personnages, des sentiments, des moments. Il y a bien plus qu'un plaisir.
Il y a une création. - E.Orsenna: Pour moi, c'était un immense personnage.
C'était un écrivain, mais il avait fait des tas de choses avant. C'était un grand reporter. On nous dit des touche-à-tout, mais on est juste des fous de vivre.
C'est un grand vivant qui nous quitte. - E.Tran Nguyen: Tout lui réussissait.
Il pouvait tout accomplir, tout réussir. Touche-à-tout, fou de vivre...
Il ne pouvait pas seulement se contenter du journalisme. - H.Beroud: On mesure la richesse du personnage quand on voit ces séquences.
Le journaliste qui incarne cette séquence forte aux Etats-Unis, l'écrivain, l'homme qui a écrit les paroles des chansons de J.Hallyday, le patron de radio...
Le présentateur du 13h d'Antenne 2, de RTL...
Qui peut en dire autant? - A.-E.Lemoine: Et cinéaste. - P.Lescure: Avec 7 longs métrages réalisés et conçus par lui, et de très belle qualité.
Il a fait tourner J.-L.Trintignant, J.-P.Belmondo, mais il est aussi celui qui a repéré et offert son premier rôle au cinéma à F.Luchini dans "Tout peut arriver".
Ils s'étaient rencontrés un peu par hasard à Angoulême, au comptoir du drugstore de la ville qui venait d'être inauguré. - P.Labro: C'est le premier drugstore de province.
Il me montre mes mocassins. Ca m'intéressait. Je lui ai dit: "Tu viens dans mon film." - F.Luchini: Si je suis comédien, c'est en grande partie grâce à cette rencontre.
Je ne voulais pas du tout faire comédien. J'aurais peut-être un salon de coiffure, et encore, je n'étais pas très bon... - C'est une immense tristesse, pour vous? - F.Luchini: Ce n'est pas réel. - P.Lescure: Au cinéma, il repérait ceux qui allaient être les grands de demain. - P.Cohen: Il avait aussi gagné la confiance et l'amitié de quelqu'un de pas commode, J.-P.Melville.
P.Labro a assisté à la mort de Melville, car ils dînaient en tête-à-tête au PLM Saint-Jacques quand Melville s'est effondré. "Sans mobile apparent", son 2e film avec Trintignant, P.Labro racontait que tous les soirs, il avait Melville au téléphone, qui lui disait comment il pensait qu'il fallait placer la caméra et diriger la mise en scène.
Mais P.Labro rendait à Melville ce qui appartenait à Melville, c'est-à-dire cette mise en scène brillante de "Sans mobile apparent". - A.-E.Lemoine: Merci d'être venu nous parler ce soir de P.Labro.
On continue d'évoquer l'actualité de ce mercredi avec le témoignage de l'ancien ministre de la Santé, A.Rousseau, qui annonce souffrir d'un cancer. - L.Sénéchal: Lui qui est aujourd'hui député écologiste.
Déclaration forte d'A.Rousseau hier à l'Assemblée. - A.Rousseau: De très nombreux d'entre nous vivent ou ont vécu avec le cancer en le disant parfois publiquement, comme vous l'avez fait, madame la présidente, avec beaucoup de force.
Je peux le dire aujourd'hui, pas seulement pour excuser de longues semaines d'absence sur ces bancs, mais pour dire que ces sujets intimes sont aussi des sujets de politique publique. - L.Sénéchal: Il a ému dans sa prise de parole.
Il a évoqué la présidente de l'Assemblée nationale, Y.Braun-Pivet, qui elle-même a caché son cancer du sein. Elle a fini par révéler sa maladie une fois en rémission. - Y.Braun-Pivet: J'ai mis longtemps à le révéler.
La phase directe de la maladie, vous voulez la garder pour vous. Vous menez votre combat en privé. Après, je me suis dit que ça pouvait servir à quelque chose, à alerter sur la prévention.
Un cancer du sein pris tôt, c'est 90 % de chances de guérison. Un cancer du sein pris tard, c'est 25 % de chances de guérison. - L.Sénéchal: 1 Français sur 2 sera ou est confronté au cancer.
O.Faure a annoncé souffrir d'un cancer de la vessie depuis 2022. Les temps ont changé, monsieur le Premier ministre, surtout depuis le temps où F.Mitterrand faisait 2 mandats sans jamais reconnaître qu'il souffrait d'un cancer. - M.Barnier: La parole d'A.Rousseau est très importante, comme celle de Y.Braun-Pivet.
Au-delà de la politique de N.Demorand...
Ces hommes et ces femmes ont une parole. Il faut lutter contre la stigmatisation, pour la prévention. Il faut que les gens se disent qu'ils ne sont pas seuls.
Cette parole est très importante. J'ai fait de la maladie mentale une cause nationale en tant que Premier ministre. C'est un problème que j'ai eu à gérer dans ma famille.
J'ai vu, à cette époque, très jeune, les ravages de la stigmatisation, l'isolement, la panique, l'angoisse des familles. 1 famille sur 5... 1 famille sur 2 peut être touchée par le cancer. 1 famille sur 5 est touchée par la maladie mentale.
J'espère que ça ne restera pas seulement un sujet de communication. - A.-E.Lemoine: M.Amra sera-t-il extrait pour la 1re fois depuis son évasion mortelle? - L.Sénéchal: 2 agents pénitentiaires ont été tués et 3 autres blessés lors de son évasion en 2024.
M.Amra est resté en cavale pendant 9 mois avant d'être interpellé en Roumanie et ramené en prison, à Condé-sur-Sarthe. C'est dans le cadre de l'enquête de son évasion qu'il sera extrait de sa cellule.
Ca donne lieu à une passe d'armes au gouvernement. G.Darmanin se prononce pour l'extraction de M.Amra. - G.Darmanin: Je sais que le ministre de l'Intérieur le fait dans de magnifiques conditions.
Ce sont des hommes et des femmes d'un très grand courage. Je sais qu'il ne se passera rien. - L.Sénéchal: Mais B.Retailleau dénonce une extraction coûteuse et dangereuse. - B.Retailleau: Chaque extraction consomme des moyens de gendarmerie...
Ca coûte cher aux contribuables. Surtout, à chaque fois, ce sont des risques. Nos policiers et nos gendarmes, les agents de la pénitentiaires peuvent risquer leur vie.
Il faut s'y adapter. Il faut qu'il y ait une visioconférence ou que le juge se déplace. - L.Sénéchal: Le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur la loi contre le narcotrafic, qui prévoit de décider d'une extraction. - A.-E.Lemoine: Un commentaire? - M.Barnier: La loi dont vous parlez, je l'ai initiée et elle a été votée depuis.
Le narcotrafic est un fléau total. Je recommande qu'on fasse très attention pour ne pas subir l'évolution qu'on connaît dans des pays voisins. Cette loi prévoit de déplacer les juges. - L.Sénéchal: Encore faut-il qu'ils aient le temps. - M.Barnier: Cette loi le permet.
J'espère que ce sera possible. - A.-E.Lemoine: La Loire à nouveau traversée par de violents orages. - L.Sénéchal: C'est le 3e jour de suite.
Vigilance orange dans 8 départements levée ce soir. La Loire a déjà été durement touchée hier et avant-hier. ... - L.Sénéchal: Cette fois-ci encore, les grêlons sont d'une taille impressionnante, à cause de ce qu'on appelle des orages supercellulaires, des orages gigantesques possiblement dopés par le réchauffement climatique, alors qu'il fait anormalement chaud.
On vient de vivre le 3e printemps le plus chaud depuis le début des mesures en 1900 en France. Des piscines ont été transformées en bouillon. Très inquiétant pour les habitants et les témoins. - On a un grêlon monstrueux.
On est en train de se faire déchirer! Il va y avoir des dégâts. - L.Sénéchal: Les dégâts sont arrivés.
Cette grêle est mortifère pour les plantes. Des horticulteurs et des agriculteurs...
Regardez l'état du terrain après le passage de l'orage, qui ne dure que quelques minutes, généralement. Du blanc tapissé partout, dehors et dans les serres. - Elles sont trouées.
Il y en a d'autres par là. Ce sont les grêlons les plus secs qui ont percé, à la fin, les bâches. - L.Sénéchal: Egalement très touchés, les carrosseries des voitures, les pare-brise, les vitres.
Sur BFMTV, cet automobiliste est dépité. - Le parebrise a été impacté par des gros grêlons à plusieurs endroits. Le capot... - L.Sénéchal: La grêle a rendu la conduite dangereuse, voire impossible sur l'A72 entre Saint-Etienne et Clermont-Ferrand.
La circulation a été en partie coupée en attendant que l'orage passe. - A.-E.Lemoine: Des millions d'abeilles s'échappent d'un camion accidenté. - L.Sénéchal: Ca se passe aux Etats-Unis, au nord-ouest du pays.
Le camion s'est renversé après un accident. Il transportait 32 t de ruches. Ce serait 14 millions d'abeilles qui ont piqué les agents de police.
Il a fallu appeler les spécialistes pour sauver les abeilles en reconstituant les ruches. La route a été fermée pour que les abeilles regagnent leur ruche naturellement. - A.-E.Lemoine: Merci, monsieur le Premier ministre, d'avoir accepté notre invitation. "Ce que j'ai appris de vous" est disponible aujourd'hui en librairie.
Merci, H.Beroud. Dans un instant, on célèbre les 35 ans de carrière de L.Gerra, qui arrive très bien accompagné.
Ce sont des jeunes filles qui se produisent pour reprendre