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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 4 novembre 2019 26 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieInstitutions & électionsImmigration & asile

Daniel Cohn-Bendit : "Quand les murs tombent, les dictatures tombent"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:16OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon a-t-il tort de qualifier la réunification allemande d'annexion ?

  • 3:21RelanceRéponse directe

    Les conséquences de la réunification ne sont-elles pas perceptibles 30 ans après avec l'AFD ?

  • 6:14OuverteRéponse directe

    Que diriez-vous sur l'Europe aujourd'hui ?

  • 6:32OuverteRéponse directe

    Où en est-on sur les listes transnationales, le budget de la zone euro ?

  • 7:33OuverteRéponse partielle

    Sur les commissaires, après le fiasco de Sylvie Goulard, qu'en pensez-vous ?

  • 8:02OuverteRéponse directe

    Qu'en pensez-vous de la nomination de Thierry Breton ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:25Invité politiqueFait
    « Ce que fut il y a 30 ans la réunification, c'est un mouvement extraordinaire en Allemagne de l'Est pour abattre une dictature. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Ce n'était pas une annexion, c'est une bêtise incroyable. »
  • 5:00Invité politiqueChiffre
    « Il y a le double de racistes et d'antisémites dans l'ex-Allemagne de l'Est, en Hongrie ou en Pologne. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « Sur les listes transnationales, il les a proposées, c'est la CDU, c'est Weber, qui au Parlement européen contre la voix des libéraux, des verts et des sociodémocrates a fait échouer ce projet. »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « Sur le budget de la zone euro, il a introduit le système, mais il est trop faible. »
  • 9:27Invité politiqueFait
    « Macron vient de dire eh bien maintenant, on le fait. On change les règles de l'unanimité sur la politique étrangère et sur la fiscalité et la Macédoine et l'Albanie pourront rentrer. »
  • 10:15Invité politiqueFait
    « Tant que vous avez l'unanimité, la fiscalité, la réglementation, la régulation fiscale nécessaire, vous n'y arriverez pas. »
  • 12:54Invité politiqueFait
    « Quand il s'attaque au droit de l'homiste, c'est idiot et inutile. »
  • 14:05Invité politiqueFait
    « Je crois qu'une triangulation, s'il veut l'organiser comme ça, c'est lui ou Marine Le Pen, c'est faux. »
  • 19:32Invité politiquePromesse
    « On a besoin d'un mouvement écologiste très fort et que si Yannick Jadot arrive à faire 10, 11, il arrive à dépasser à prendre ce qui reste de gauche chez Mélenchon et d'écologiste de le prendre à l'écologie politique. »
  • 24:40Invité politiqueFait
    « Malala qui a eu le prix Sakharov qui a fait un des plus beaux discours sur l'émancipation des filles avec un foulard sur la tête au parlement européen. »

Temps de parole

  • Daniel Cohn-Bendit64 %
  • Présentateur13 %
  • Invité11 %
  • Locuteur non identifié6 %
  • Présentateur 25 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons dans le grand entretien ce matin une figure de l'écologie politique en France et en Allemagne, longtemps eurodéputé vert. Vos questions 01, 45, 24, 7000, les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Daniel Cohn-Bendit.

0:24
Daniel Cohn-Bendit

Bonjour M. Demorand, je suis très bien, radio, nostalgie, socialisme, j'adore ce sujet. C'est comme ça que vous nous appelez maintenant, radio, nostalgie, socialisme. C'est le bon vieux temps ici, je suis toujours très sympa. Vous préférez quoi alors, comme autre radio ? Non, non, je préfère radio.

0:38
Présentateur

Oui, radio courtoisie, écologiste, qu'est-ce que vous aimez maintenant ?

0:41
Daniel Cohn-Bendit

Non, je trouve, je préfère radio, nostalgie, socialisme, je préfère, moi je suis très bien ici.

0:47
Présentateur

Et c'est pour ça qu'on vous invite, c'est ça, pour que vous puissiez parler de ce que vous étiez et n'êtes plus.

0:51
Daniel Cohn-Bendit

Voilà, exactement, exactement.

0:53
Présentateur

Bon, en tout cas, c'est cette semaine que l'Allemagne s'apprête à célébrer les 30 ans de la chute du mur de Berlin. Jean-Luc Mélenchon a commenté sur Twitter la une du monde diplomatique. Allemagne de l'Est, c'était ça la manchette. Allemagne de l'Est, histoire d'une annexion. En disant du mot annexion, enfin le mot juste pour qualifier ce qui s'est passé il y a 30 ans, une violence qui n'en finit plus de se payer. Jean-Luc Mélenchon a-t-il, selon vous, Daniel Cohn-Bendit, est forcément tort de pointer cet aspect ou cette lecture-là de ce que fut il y a 30 ans la réunification allemande ?

1:25
Daniel Cohn-Bendit

Ce que fut il y a 30 ans la réunification, c'est un mouvement extraordinaire en Allemagne de l'Est pour abattre une dictature. C'est ça ce qui s'est passé. C'est-à-dire la chute du mur. Et moi j'ai pleuré. J'ai pleuré. C'est quand même, quand les murs tombent, que ce soit les murs de la dictature au Portugal, que ce soit les murs de la dictature en Espagne, que ce soit les murs au Chili, quand les murs tombent, les dictatures tombent, et bien c'est quelque chose d'extraordinaire. Et ce mouvement non-violent, extraordinaire, de millions de citoyens d'Allemagne de l'Est qui ont fait tomber le mur, ce n'était pas une annexion, c'est une bêtise incroyable. C'est encore une fois une bêtise.

On peut discuter après.

2:09
Invité

Mais c'est ça, il y a eu des débats. Il y a eu des débats passionnants et vifs sur comment faire la réunification. Fallait-il le faire par le haut ou par le bas ? Les vers allemands, par exemple,

2:19
Daniel Cohn-Bendit

qui est le seul pays parti politique qui s'est réunifié en prenant une partie de ceux qui ont fait la révolution à l'Est. Et l'Ouest demandait, par exemple, une nouvelle constitution. Oui, il y a eu un débat. Oui, il a été tranché. Le débat, il a été tranché par le vote des gens en Allemagne de l'Est. Ils ont voté à majorité, c'est des où ? J'y peux rien, la démocratie. On ne va pas quand même dire qu'une annexion, c'est-à-dire qu'on leur a implanté, je ne sais pas, du botox capitalisme dans la tête pour qu'ils votent aux premières et aux deuxièmes élections en Allemagne de l'Est pour la CDU. Ce n'était pas mon choix. Moi, j'aurais voulu qu'ils votent pour les verts.

Mais enfin, qu'on arrête ces bêtises. Et après, que le capitalisme allemand, que les Allemands ont fait des erreurs en Allemagne de l'Est, comme ils ont fait des erreurs en Allemagne de l'Ouest, c'est évident. Mais de dire annexion, c'est, aujourd'hui encore, c'est reprendre Radio Nostalgie Allemagne de l'Est. C'est reprendre ce que dit l'AFD en Allemagne de l'Est, c'est-à-dire l'extrême droite.

3:21
Invité

Justement, sur l'AFD, si le terme d'annexion vous semble impropre, les conséquences...

3:25
Daniel Cohn-Bendit

Ce n'est pas pro, il est con.

3:27
Invité

Bon, c'est votre position, ce n'est pas celle de Jean-Luc Mélenchon. Les conséquences de la réunification ne sont-elles pas perceptibles 30 ans après avec les scores que fait l'AFD aujourd'hui ?

3:38
Daniel Cohn-Bendit

Ce qu'il y a en l'AFD.

3:40
Invité

L'AFD, c'est-à-dire le parti d'extrême droite.

3:41
Daniel Cohn-Bendit

L'AFD, c'est-à-dire le parti d'extrême droite, où vous prenez la Hongrie, où vous prenez la Pologne, où vous prenez tous ces pays. Il y avait un système totalitaire qui était un frigidaire. La glace a fondu, il y a des mouvances qui sont ressuscitées en Allemagne sur une nostalgie autoritaire. Oui, il y a une nostalgie autoritaire en Allemagne de l'Est. Cette nostalgie autoritaire qui parle du bon vieux temps où l'État, justement, interdisait. Des tas de choses. L'AFD fait son beurre sur l'émigration. Sur l'émigration en Allemagne. Il n'y a pas d'émigrés en Allemagne de l'Est. Il y en a 3%. Et c'est là où elle est le plus fort.

Donc je veux dire qu'il y a une nostalgie d'un État autoritaire qui visiblement plaît à Mélenchon.

4:32
Invité

Donc il y a des ratés aussi dans la démocratie libérale qui a instauré, qui a impulsé l'Allemagne. C'est un scoop. Non, mais bon. C'est un scoop. Ce que je veux dire, c'est que c'est pas... Mais oui, évidemment qu'il y a des ratés. Essayez d'expliquer aussi pourquoi est-ce qu'il y a cette nostalgie de... Pourquoi est-ce qu'ils ont voté longtemps communistes Parce qu'il y a des racistes.

4:47
Daniel Cohn-Bendit

Parce qu'il y a des racistes. Parce qu'il y a des racistes. Parce qu'il y a des antisémites.

4:52
Invité

Oui, mais c'est un peu court de dire ça.

4:54
Daniel Cohn-Bendit

Non, mais c'est pas court. C'est d'abord une réalité. C'est une réalité. Et le fait qu'il y a le double de racistes et d'antisémites dans l'ex-Allemagne de l'Est, en Hongrie ou en Pologne, ça a à voir aussi avec l'histoire du communisme. Ça a à voir aussi avec ce que le communiste a perpétué et donc ce qui est resté dans certaines familles. Oui, il y a eu des destructions de familles. Oui, il y a eu d'énormes problèmes dans la reconstruction et des ratés. Évidemment qu'il y a eu des ratés. Mais ces ratés-là, si vous voulez, ce qui est intéressant en Allemagne de l'Est, c'est que vous avez par exemple Die Linke, qui est la gauche qui était le parti frère de Mélenchon.

Eh bien, en Thuringe, aux dernières élections, celui qui a été élu, c'est un type qui est aujourd'hui un social-démocrate. Et justement, il y a ceci, une évolution de la gauche allemande qui est très rationnelle, qui fait une coalition avec les Verts, qui fait une coalition avec les sociodémocrates, qui est prêt à faire une coalition avec la démocratie chrétienne, c'est elle qui ne veut pas. Donc il y a une évolution positive et il y a un reste, un noyau dur, totalitaire, autoritaire, en Allemagne de l'Est.

6:05
Présentateur

Alors on en vient maintenant à une autre date. On arrive à mi-mandat de la présidence d'Emmanuel Macron, élu il y a donc tout juste deux ans et demi. Si on devait faire des bilans sur les thèmes qui vous sont chers, à vous Daniel Cohn-Bendit, comme l'écologie ou l'Europe, pour commencer, prenons l'Europe, que diriez-vous sur l'Europe, au-delà du discours de la Sorbonne en 2018, où en est-on aujourd'hui du budget de la zone euro, des listes transnationales, de la taxe sur les transactions financières ? Où en est-on ? Qu'a-t-il fait ? Alors dites-nous, dites-nous, puisque vous devez célébrer cet anniversaire.

6:38
Daniel Cohn-Bendit

Sur les listes transnationales, il les a proposées, c'est la CDU, c'est Weber, qui, au Parlement européen, contre la voix des libéraux, des verts et des sociodémocrates, a fait échouer ce projet. Donc c'est un projet qui a été échoué politiquement. Sur le budget de la zone euro, il a introduit le système, mais il est trop faible, il est trop faible, donc on doit mieux faire. C'est effectivement, et ça va être pour, si on veut un Green New Deal, si on veut une relance de l'écologie, il faut aller beaucoup plus loin, donc doit mieux faire. Donc il a été empêché par les autres, c'est ça ce que vous dites ?

Non, peut-être par son incapacité politique, il faut arrêter, je ne dis pas par les autres, mais le fait est que, si vous avez un vote au Parlement européen contre les listes transnationales, et que c'est le Parti populaire européen, emmené par Manfred Weber, qui vote contre, c'est lui qui l'a empêché, ce n'est pas Macron. Si tu n'as pas la majorité dans un Parlement, ce n'est pas la faute de ceux qui ont la minorité. Enfin, il faut arrêter de dire des conneries.

7:33
Invité

Sur les commissaires, bon, allez, en forme ce matin, c'est parce que

7:37
Daniel Cohn-Bendit

c'est la faute des autres, je dis simplement, c'est la réalité du vote dans un Parlement.

7:42
Invité

Duncan Bendit, après le fiasco de la nomination de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen, retoqué par le Parlement européen, merci de m'aider. La France présente donc Thierry Breton, venu de l'industrie, il dit avoir coupé tous ses liens avec sa précédente vie professionnelle, Thierry Breton, mais Yannick Jadot, d'autres, dénoncent déjà un possible conflit d'intérêts. Qu'en pensez-vous ?

8:03
Daniel Cohn-Bendit

Moi, je ne sais pas. Il a coupé, comme il l'avait fait quand il est rentré au gouvernement en France, sur France Télécom, il avait coupé, il avait dit c'est le Premier ministre qui décide. Donc, il va devoir dire, il va dire, tout ce qui est, par exemple, lié à son entreprise précédente, eh bien, ça sera la présidente de la Commission qui décidera, et pour cela. Moi, je crois que Thierry Breton a la formation pour le portefeuille qu'on lui propose, et puis maintenant, on verra, moi, si vous voulez, j'étais pour Sylvie Goulard, et en même temps, je trouve très bien que le Parlement européen joue son rôle.

Et que, quand on voit toutes les élections européennes, que les Mélenchon et Nenoporto disent, mais ce Parlement n'a aucun pouvoir, eh bien, il a du pouvoir, le Parlement européen, au contraire du Parlement français, au contraire du Parlement allemand, qui, quand vous avez un nouveau gouvernement, vous voyez des nouveaux ministres qui ont une audition devant les parlementaires, des commissions parlementaires, et qui peuvent les retoquer. Vous voyez ça ? Non. Eh bien, moi, même si le Parlement, pour moi, s'est trompé, c'est bien pour le parlementarisme, c'est bien pour la démocratie. Alors, autre question. Moi, je ne suis pas noir ou blanc, je suis noir et blanc.

9:11
Invité

Alors, sur l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne pour la Macédoine du Nord et l'Albanie, Emmanuel Macron a dit non. Ça a suscité un tollé au Parlement européen. Angela Merkel a dit sa déception. Certains ont reproché à Emmanuel Macron une erreur historique. Qu'est-ce que vous pensez ? Il a bien fait...

9:27
Daniel Cohn-Bendit

Je pense, je pense, que moi, j'étais 20 ans au Parlement européen. J'ai défendu l'élargissement parce qu'on ne pouvait pas autrement. Et à chaque fois qu'on élargissait, on disait mais il faut approfondir, il faut changer les règles, il faut changer les règles de l'unanimité sur la politique étrangère, il faut changer les règles de l'unanimité sur la fiscalité. Sinon, on n'y arrivera pas. Et Macron vient de dire eh bien maintenant, on le fait. On change les règles de l'unanimité sur la politique étrangère et sur la fiscalité et la Macédoine et l'Albanie pourront rentrer.

Il est temps aujourd'hui que le Parlement européen, que la Commission européenne, que les institutions européennes fassent leur devoir de réforme de l'Union européenne. Sinon, on en arrive à ce qui est arrivé que la Hongrie a empêché une décision sur l'intervention turque en Syrie par une voie parce que c'est l'unanimité. Tant que vous avez l'unanimité, la fiscalité, la réglementation, la régulation fiscale nécessaire, vous n'y arriverez pas. N'engueulez pas les gens,

10:24
Invité

ne nous engueulez pas trop.

10:25
Daniel Cohn-Bendit

J'engueule qu'à chaque fois qu'on parle de cela, on ne dit pas que la raison de Macron c'était ça. Il n'a pas dit simplement non à la Macédoine. Il a dit la Macédoine, l'Albanie, évidemment qu'ils ont une perspective pour l'Union européenne. La Bosnie, évidemment qu'elle doit avoir une perspective dans pas seulement la Serbie, etc. mais si vous ne changez pas les règles de fonctionnement de l'Union européenne, on n'y arrivera plus parce que l'unanimité tue l'Union européenne.

10:55
Présentateur

L'intervention du président de la République sur la laïcité, l'islam, le communautarisme était attendue ou réclamée, Daniel Cohn-Bendit, depuis des jours et des semaines. Elle a finalement eu lieu dans les colonnes de l'hebdomadaire Valeurs actuelles. Sur l'informe, est-ce que ça vous a surpris ? Si j'aurais su,

11:12
Daniel Cohn-Bendit

je n'aurais pas fait. Mais il l'a fait. Bon. Il savait. Il savait. Non, mais je ne dis pas qu'il est innocent. Je dis simplement si vous me demandez, moi, je n'aurais pas lancé ce débat dans les frases actuelles. Mais en même temps, si j'avais lancé ce débat à Radio Nostalgie Socialisme, tout le monde aurait dit bon, d'accord, ils parlent pour les bien-pensants, etc., qui sont toujours du bon côté.

11:35
Invité

Vous faites de la caricature comme ça. Il y a quand même entre 4 et 5 millions d'auditeurs tous les matins. Vous pensez vraiment que c'est Radio Nostalgie Socialisme ? Tous sont bien-pensants. C'est marrant

11:45
Daniel Cohn-Bendit

que vous êtes comme les politiques. On ne peut pas penser contre nous-mêmes. Dès qu'on est un peu un tout petit peu un tout petit peu taquin, mais évidemment que France Inter c'est beaucoup plus que ça. Mais c'est vrai que...

11:57
Présentateur

Non, mais vous avez le droit de préférer le Nouveau Monde. Vous avez fait vos choix.

12:00
Daniel Cohn-Bendit

Non, je préfère Radio Nostalgie Socialisme. C'est ça qui était... Je suis un nostalgique. Moi aussi, j'aimais bien le bon et le bien-temps où les bons et les mauvais, on savait de temps en temps où ils étaient.

12:12
Présentateur

Où vous le classez, Laurent Berger ? Dans les bons, les mauvais, les bien-pensants. Les très bons. Il a estimé que l'interview du président à Valeurs Actuelles était, je le cite, « désastreuse ». Dans le bazar dans lequel on est, il n'y a qu'une chose qui fait repère, c'est le socle des valeurs. Il faut être intransigeant, dit Laurent Berger. Quand on parle à Valeurs Actuelles, journal d'extrême droite, on entame cette intransigeance. Je suis abasourdi, dit-il. Mais vous partagez son effarement par-delà la pirouette que vous avez... Non, je ne le dis pas comme ça,

12:40
Daniel Cohn-Bendit

mais je respecte. Moi, je trouve que Laurent Berger est un très bon. Je trouve que Laurent Berger, par exemple... Sur le fond, là. Sur le fond. Je ne suis pas abasourdi. Je trouve que dans cette interview, il y a des bêtises incroyables. Par exemple, quand il s'attaque au droit de l'homiste, c'est idiot et inutile. Et dans Valeurs Actuelles, c'est même, justement, contre-productif et néfaste. Donc, d'un autre côté, quand dans Valeurs Actuelles, il défend l'idée d'une immigration économique, quand dans Valeurs Actuelles, il dit « je ne ferai pas une loi contre l'islam », etc. C'est nécessaire. C'est un débat qu'il faut mener aussi dans Valeurs Actuelles.

Donc, je dis « il y a des choses qu'il dit qui m'ont choqué, il y a des choses qu'il dit qui m'ont plu. » Voilà comment j'évois lu son interview dans Valeurs Actuelles.

13:29
Invité

C'est qu'un sondage et les sondages valent ce qu'ils valent et on est à deux ans et demi de l'élection présidentielle. Donc, ça ne vaut que ce que ça vaut. Mais le sondage d'hier du journal du dimanche qui montre que si l'élection présidentielle avait lieu demain, Emmanuel Macron et Marine Le Pen serait à touche-touche au premier tour et qu'Emmanuel Macron ne l'emporterait qu'à 55% contre 45% pour Marine Le Pen au second tour. On rappelle qu'en 2017, il avait gagné avec 66%, donc c'est 12 points de moins. Est-ce que ça ne vous pose pas la question ? Emmanuel Macron répète souvent qu'il est le barrage, le dernier barrage contre l'extrême droite, contre Marine Le Pen.

Est-ce qu'il est vraiment le barrage contre le Rassemblement National ou est-ce qu'il en est le carburant

14:04
Daniel Cohn-Bendit

quand on voit les scores ? Je crois qu'une triangulation, s'il veut l'organiser comme ça, c'est lui ou Marine Le Pen, c'est faux. Ce n'est pas juste et il se trompe. Je trouve que c'est nous ou Marine Le Pen. Nous, c'est vous, c'est nous. Nous, c'est les socialistes, nous, c'est les écologistes, nous, c'est les républicains, c'est-à-dire tous ceux qui ont des différences énormes en politique mais qui ensemble sont de toute façon contre le projet de Marine Le Pen. La seule personne où je ne sais pas où elle est, c'est Jean-Luc Mélenchon. Et d'ailleurs, ses électeurs le disent franchement.

Et moi, je crois que ce qui est intéressant, c'est de ne pas faire Macron ou Marine Le Pen, c'est nous ou Marine Le Pen. Parce que si Marine Le Pen gagne, c'est nous qui allons payer. Ce n'est pas tellement lui, c'est nous. Et donc, moi, je suis absolument contre, on verra qui est le meilleur après, dans deux ans et demi, pour affronter Marine Le Pen. Mais je veux que face à Marine Le Pen, on ne regarde pas le match Macron-Marine Le Pen. Je veux que Yannick Jadot, je veux que Ford, je veux que tous ceux qui veulent s'engager en politique ou commenter la politique ne disent pas ça m'est complètement égal que ça soit Marine Le Pen ou un autre. Non.

Moi, je suis contre Marine Le Pen avec tous les autres.

15:28
Présentateur

Denis est en ligne. Donnons la parole aux auditeurs de France Inter qui ont dû être bien réveillés par les premières minutes de cet entretien. Denis, bonjour, bienvenue.

15:37
Locuteur non identifié

Oui, bonjour, messieurs. Il est vrai que M. Calvendi est toujours dans l'évectif depuis maintenant de nombreuses années. Mais ça, c'est une observation. En matière de DRH, c'est une observation à nouveau. M. Macron n'est pas très bon. Nommé Goulard comme commissaire européen et Nathalie Loiseau, franchement, il gouverne peut-être la France, mais en matière de DRH, il est vraiment nul. Mais bon, ça, c'est pas ma question. Allez-y, c'est ce que disent les commentateurs et vous avez raison. M. Macron, c'est un fervent supporter de M. Macron. J'aimerais, en fait, connaître le positionnement de M.

Konemedi, sur la politique écologique de notre président, sachant que celui-ci, finalement, fait le contraire de ce qu'il fait, c'est-à-dire, je vais prendre quelques exemples, Europa City est soutenu par l'État, la montagne d'or dont le projet n'est pas tout à fait enterré, la France est régulièrement épinglée sur la qualité de l'air, et enfin, il signe des traités internationaux à tour de bras. En matière écologique, je pense qu'on peut faire beaucoup mieux, et je ne comprends pas que M. Konemedi aussi, je comprends fort bien, finalement, parce que M.

Konemedi est un opportuniste depuis maintenant 60 ans, il écume les ondes aussi bien de nostalgie que de France Inter, je pense qu'il devrait commencer à cultiver son jardin et qu'il prenne définitivement sa retraite. Merci Denis,

17:06
Présentateur

je mets un point final à votre question Denis, et je transmets l'ensemble à Daniel Cohn-Bendit qui va vous répondre.

17:12
Daniel Cohn-Bendit

Salut camarades, ça fait 60 ans qu'on me traite de tous les noms, donc ça ne me dérange pas, salut camarades Marchais, comment vas-tu ? Sur l'écologie, Macron peut mieux faire et doit mieux faire.

17:25
Présentateur

Mais il a été visité par l'importance du sujet écologiste,

17:30
Daniel Cohn-Bendit

il a viré,

17:32
Présentateur

il a changé de nature.

17:33
Daniel Cohn-Bendit

Je crois qu'il a compris et que maintenant si on veut discuter réellement, et quand je vois par exemple les écologistes allemands qui sont quand même dans le même groupe où tous les écologistes en France disent voilà notre modèle c'est l'influence des écologistes allemands. Quand je vois les coalitions des écologistes allemands avec la CDU et que l'on va avoir dans un an et demi un gouvernement fédéral avec les écologistes et la CDU et la droite, et bien on verra que la mise en place d'une écologie politique sera extrêmement difficile et contradictoire parce que nos sociétés sont contradictoires. Donc oui, Macron ne va pas assez loin.

Oui, je crois que relancer les EPR comme ils veulent faire c'est une erreur fondamentale. Je suis pour Macron mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec des tas de choses. Je dis il faut se battre pour l'instant à part Macron. Vous voulez quoi ? Yannick Jadot ne sera pas président de la République mais moi je suis pour qu'il y ait un mouvement

18:34
Invité

écologiste. Il le souhaite Yannick Jadot puisque vous parlez de lui.

18:37
Daniel Cohn-Bendit

Mais il a le droit de le souhaiter. C'est ce qui l'anime aujourd'hui. Les présidentielles l'animent. C'est son droit le plus.

18:44
Invité

Comment vous expliquez Dany Cohen-Mendit ? Vous aviez gagné triomphé aux Européennes en 2009 et ça n'a pas été confirmé ensuite dans les élections nationales. Là ce qui se passe pour Yannick Jadot il a fait un très bon score aux Européennes et déjà les sondages sont en baisse etc. Est-ce qu'il y a une malédiction d'Europe Écologie Les Verts qui n'arrive pas

19:02
Daniel Cohn-Bendit

à transformer l'essai ? Ce n'est pas une malédiction. C'est Europe Écologie a eu ceux qui ont inventé je ne dirais pas qui le terme Europe Écologie c'était génial.

19:12
Invité

Parlez de vous.

19:13
Daniel Cohn-Bendit

C'était génial parce que c'était l'écologie et l'Europe ensemble. Et donc aux élections européennes ça fonctionne toujours. Et Yannick est un très bon porte-parole il a fait une très bonne campagne. Moi qui l'avais critiqué quand on parlait personnellement sur la campagne il a eu raison. Il a eu raison de la manière dont il s'est positionné. Mais vous dites

19:30
Invité

qu'il ne sera pas président.

19:31
Daniel Cohn-Bendit

Mais je dis qu'aujourd'hui on a besoin d'un mouvement écologiste très fort et que si Yannick Jadot arrive à faire 10, 11 il arrive à dépasser à prendre ce qui reste de gauche chez Mélenchon et d'écologiste de le prendre à l'écologie politique et bien c'est un bien formidable pour la France et après on verra au présidentiel on verra au deuxième tour. Mais je suis donc pour que Yannick réussisse. On a besoin d'un mouvement écologiste très fort pas seulement aux européennes en France.

20:01
Présentateur

Une question sur l'application de France Inter. Solène vous demande la chose suivante. François Ruffin réclame un front populaire écologique. Ne serait-ce pas la bonne solution pour une vraie transition bien plus que la politique d'Emmanuel Macron ? Point d'interrogation. Daniel Cohn-Benny.

20:17
Daniel Cohn-Bendit

C'est ce que je viens de le dire. Un front écologiste plus sort allant très bien allant très loin très bien. Mais franchement entre nous là dans deux ans il y a les élections présidentielles. Est-ce que vous croyez que Ruffin fera campagne derrière Yannick Jadot comme candidat et que vous croyez que Yannick Jadot va se mettre derrière Ruffin ou que Yannick Jadot va se mettre derrière Mélenchon ?

20:40
Invité

On lui posera la question il est notre invité dans deux jours François Ruffin.

20:44
Daniel Cohn-Bendit

Vous verrez, il vous dira c'est pas le moment. Yannick Jadot dit aussi oui il faut faire un front on va faire un front populaire on va travailler ensemble et quand on lui demande oui mais pour les présidentielles il dit c'est pas le moment on verra après. Mais si on pense un peu évidemment qu'il ne peut pas donner la réponse aujourd'hui on verra après c'est évident c'est évident que Yannick Jadot sera candidat à des écologistes et que si les autres ne se mettent pas derrière lui et bien ils feront une autre candidature.

21:09
Présentateur

On retourne au standard bonjour Guillaume.

21:11
Auditeur

Bonjour. Bienvenue. Bonjour à l'adulte France Inter ma question est la suivante depuis quand M. Kohn-Bendit est devenu le porte-parole du gouvernement Macron au niveau européen parce que quand on l'entend par rapport à son propre parti et qu'il est catégorique sur le fait que M. Jadot ne sera jamais président et son positionnement sur Macron je pense que est-ce qu'il brigue un poste en 2021 M. Kohn-Bendit ? Merci Guillaume.

21:37
Présentateur

Merci pour cette question. Daniel Kohn-Bendit vous répond.

21:40
Daniel Cohn-Bendit

Enfin il ne faut pas quand même être trop béni oui oui moi briguer un poste enfin il y a je ne sais pas combien de temps j'étais ici on m'a demandé pourquoi tu n'as pas accepté d'être ministre pourquoi enfin de me demander à moi de briguer un poste c'est vraiment pas de problème je ne suis pas le porte-parole de M.

Kohn-Bendit vous avez vu un porte-parole de quelqu'un qui fait autant de critiques comme j'en ai fait aujourd'hui vous avez vu ça non mais il faut arrêter moi je défends d'un côté Emmanuel Macron d'un autre côté je le critique je ne vois pas dans le paysage politique français quelqu'un quel quel quel rassemblement qui pourra éviter la catastrophe si demain l'évolution ce mouvement écologiste extraordinaire prend la place d'en marche ben évidemment que je le dirais et que je pourrais le rejoindre ce n'est pas du tout la question je pour l'instant je n'y crois pas mais je ne suis pas le pape moi je peux me tromper je peux me tromper mais simplement aujourd'hui arrêter quand on défend quelqu'un de croire que je suis un compagnon de route je n'ai jamais été communiste un porte-parole c'est un compagnon de route c'est quelqu'un qui oui mais non je ne porte pas la parole parce que si vous portez la parole vous ne faites pas de critique vous avez déjà vu une porte-parole qui fasse des critiques des nuances des nuances

22:53
Locuteur non identifié

qui ? non non non le porte-parole il a raison

22:55
Daniel Cohn-Bendit

on retourne au standard

22:57
Présentateur

on retourne au montateur de Radio Noceau on parle de quoi à ce moment là qui est au standard c'est Catherine bienvenue Catherine bonjour oui bonjour je voulais poser à monsieur Cohn-Bendit une question à propos du voile lorsque cette femme a été interpellée par un député je ne sais plus ce qu'il était j'ai été fort surprise d'apprendre que cette femme voilée avait fait l'objet d'une altercation portée plainte pour violences raciales raciales et je ne vois pas en quoi cette altercation était raciale en tant que femme moi en tant que femme elle porte surtout atteinte à ma féminité j'ai toujours l'impression que dans la rue ces femmes me considèrent moi qui n'en porte pas comme impure impudique et cela me gêne énormément dans ma féminité je suis contre ce communautarisme très insidieux et je refuse cette provocation à nos valeurs républicaines et j'ajouterai que ce débat est trop souvent porté par des hommes qui là franchement ne comprennent bien à la sensibilité féminine merci Catherine pour cette question je la transmets à Daniel Cohn-Bendit

24:12
Daniel Cohn-Bendit

le problème c'est est-ce qu'en tant d'hommes j'ai le droit de répondre oui allez-y c'est tout parce qu'il ne fallait pas me demander alors si c'est trop les hommes moi je suis contre l'interdiction du foulard je suis absolument contre je crois que c'est stigmatiser l'islam il y a des tas de femmes qui pensent autrement qui sont des femmes il y a des féministes musulmanes par exemple Malala qui a eu le prix Sakharov qui a fait un des plus beaux discours sur l'émancipation des filles avec un foulard sur la tête au parlement européen on en avait tous les larmes aux yeux donc je dis il faut faire attention qu'il y ait un communautarisme agressif qu'il y ait une partie d'une religion agressive oui il faut se battre contre mais ce n'est pas en stigmatisant généralement toutes les femmes qui ont un foulard sur la tête maintenant la femme là elle avait plus qu'un foulard à Besançon etc c'est un vrai débat mais je vous dis faites attention il y a des tas de gens qui n'ont rien à voir avec la religion des musulmans qui se sentent agressés par la manière dont vous menez ce débat en France faites attention ce n'est pas en agressant des tas de gens qui n'ont rien à voir avec la radicalité salafiste que vous allez gagner cette bataille nécessaire pour la laïcité

25:27
Présentateur

Daniel Cohn-Bendit merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin

25:31
Invité

en forme parce que Franckfort a gagné il faut qu'on est avec les auditeurs parce que Franckfort a battu 5-1 Munich c'est ça qui justifie les cris de ce matin voilà

25:40
Daniel Cohn-Bendit

ça va beaucoup mieux pour moi depuis samedi dernier et ça s'entendait

25:44
Présentateur

merci merci

25:46
Locuteur

merci merci