BATEAU POUR GAZA : MACRON ET LE GOUVERNEMENT SE DÉSHONORENT
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- 2:30narrateurFait
« Emmanuel Macron a piqué une grosse colère dont la presse et les médias mainstream se sont comme toujours empressés d'assurer le service après-vente. »
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Bonjour, je m'appelle Yanis Mamdi et je suis journaliste à Blast. Et si vous voyez cette vidéo, c'est que j'ai probablement été arrêté par l'armée israélienne alors que j'exercé mon métier de journaliste. Yanis Mamdi, notre collègue, a été arrêté par les autorités israéliennes dans l'exercice de son métier.
Nous avons à la fois alerté très en amont les les participants à cette flotti des risques auxquels ils s'exposaient. C'est dans ce cadre de documenter, d'informer ce qui se passe réellement en Palestine que Yanis a pris part à la flottille. Nous avons tenu un discours très clair aux autorités israéliennes pour éviter tout incident et leur annoncer par avant ce que nous avons fait depuis, c'est-à-dire exprimer notre volonté d'exercer notre protection consulaire.
Notre confrère Yanis est journaliste, il fait son travail, il va chercher la vérité pour délivrer l'information. Appelle les autorités françaises à intervenir fermement pour sa libération. les instances internationales, les ONG, les médias, les journalistes et les citoyens à se mobiliser avec nous. [Musique] Le weekend dernier, à la veille de l'inauguration de la conférence des Nations- Unies pour l'océan qui s'est tenu cette semaine à Nice dans les Alpes Maritimes, Emmanuel Macron a piqué une grosse colère dont la presse et les médias mainstream se sont comme toujours empressés d'assurer le service après-vente en s'abstenant la plupart du temps de relever que sa démonstration était quelque peu funambulesque.
Le chef de l'État français a notamment accusé le gouvernement et le parlement de détricoter plusieurs mesures écologiques importantes. Puis il a fustigé les gens qui disent, je cite, que l'écologie c'est forcément des contraintes. Puis il a déclaré avec son arrogance habituelle qu'il n'avait, je cite toujours, pas de leçon d'écologie à recevoir de qui que ce soit dans le champ politique. coup de sang, un coup de colère du président de la République notamment dans les colonnes de la Provence mais plus généralement de la presse quotidienne régionale sur deux sujets qui font un lien avec la politique écologiste du chef de l'État.
Et tout cela est typiquement macroniste, c'est-à-dire que c'est un mélange savamment dosé de mépris et d'incohérence. D'abord, lorsqu'il accuse à très juste titre le gouvernement de se désintéresser des questions climatiques et environnementales, Emmanuel Macron oublie de préciser que c'est lui et lui seul qui a provoqué ce blocage en confisquant le résultat des dernières élections législatives qui avaient été remportées par une gauche très attentive aux problématiques écologiques pour nommer des ministres de droite et d'extrême droite qui s'en désintéressent presque totalement. J'attends du gouvernement qu'il maintiennent cette politique et je ne suis pas content de ce que j'ai vu euh ces derniers jours.
Il faut insister un peu lourdement sur ce point qui n'est pas exactement anodin. Si le chef de l'État avait respecté le vote des Français et nommé la première ministre désignée par le Nouveau Front populaire qui avait promis de répondre au défis climatique par une série de mesures d'urgence, il ne serait pas en train de se plaindre que les enjeux environnementaux aient été jetés aux oubliettes par le gouvernement qui l'a imposé par un coup de force antidémocratique. Ensuite, lorsqu'il s'en prend aux gens qui prétendent que l'écologie c'est forcément des contraintes, Macron néglige le minuscule détail qu'il fait lui-même partie de ses experts autoproclamés.
En 2020, par exemple, plusieurs dizaines d'élutes gauche et écologistes ont demandé un moratoire sur la 5G parce qu'il s'inquiétait à fort bon droit qu'aucune étude relative à l'impact climatique et environnemental de cette nouvelle norme de téléphonie mobile n'est été effectuée. Mais le chef de l'État les a pris très haut et les a accablé de son ironie méprisante. La France va prendre le tournant de la 5G parce que c'est le tournant de l'innovation.
Et j'entends beaucoup de voix qui s'élèvent pour nous expliquer qu'il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle Amiche et je ne crois pas que le modèle Amiche permette de régler les défis de l'écologie contemporaine. Lui-même appartient donc bien à la catégorie des démagogues qui présentent l'écologie comme une punition.
Et lorsqu'il soutient qu'il n'a pas de leçon d'écologie à recevoir de qui que ce soit dans le champ politique, c'est encore une fois très audacieux puisqu'en matière d'environnement, ces convictions peuvent grandement varier en fonction des contextes. Le 13 mai dernier, quelques semaines avant de se présenter en champion de l'écologie à la veille de la conférence des Nations- Unies pour l'océan, Emmanuel Macron a ainsi été interviewé pendant plus de 3 heures sur TF1. Mais comme l'a relevé quelques jours plus tard le journaliste Stéphane Fouard dans une singlante chronique publiée dans le monde le 18 mai, la question environnementale qui arrive pourtant au 2e rang des préoccupations des Français et dont le chef de l'État lui-même avait promis qu'elle serait l'une des priorités de son mandat a occupé exactement 5 des 190 minutes de cette intervention.
Stéphane Fouard en a tiré cette conclusion sévère mais juste. L'environnement, observait-il dans sa chronique est demeuré pour monsieur Macron ce qu'il n'a jamais cessé d'être depuis 2017. Un matériau de communication qui permet de lancer des slogans, de convoquer des sommets internationaux scandés par de vibrantes déclarations ou de prendre des engagements suffisamment vagues pour que leur oubli ou leur révocation ne prête jamais trop à conséquence.
Fin de citation. Pour le vérifier, il est intéressant de surplonger 6x ans plus tard dans un très long discours prononcé par le chef de l'État au mois de décembre 2019 dans le cadre des assises de l'économie maritime et qui portait sur ce qu'il appelait sa politique de la mer. De passage en particulier de cette longue péroraison pleine de magnifiques formules sur l'océan poumon de l'humanité mérite d'être relevé.
D'abord celui où Emmanuel Macron promettait de développer une pêche durable, plus respectueuse des écosystèmes, ferm les guillemets. C'était une excellente idée, mais il s'est écoulé un peu de temps entre son énoncé et son éventuelle mise en œuvre puisque ce n'est que le weekend dernier que le chef de l'État, qui aura donc attendu 6 ans, s'est finalement décidé à la veille de l'ouverture de la conférence de Nice pour l'océan, a considéré qu'il y avait des endroits où il faudrait limiter le chalutage de fond, une technique de pêche qui en raclant le fond des mers vient perturber la biodiversité et les écosystèmes qu'il faut apprendre à protéger. C'était essentiel car l'océan nous relie tous au sein d'un seul et même écosystème qui lieversité.
Malheureusement pour lui, cette annonce a aussitôt été dénoncée comme une imposture par plusieurs organisations de défense de l'environnement qui ont très justement relevé que le chef de l'État s'était soigneusement abstenu de réclamer un cadre contraignant qui permettrait de protéger véritablement les aires maritimes soi-disant préservées dans une catégorie un peu différente. Un autre passage du discours sur la politique de la mer prononcé en 2019 par Emmanuel Macron mérite d'être relu de près aujourd'hui. celui où il dénonçait les attaques menées par des pirates qui contestent ou contournent le droit international et expliquai que pour protéger l'océan, la France mobilisait sa marine nationale pour veiller à garantir la sécurité et la sûreté maritime.
Fin de citation. 6 ans plus tard et par l'effet d'un hasard de calendrier, on sait assez précisément ce que sont les limites de cet engagement puisque dans la nuit de dimanche à lundi dernier, l'équipage de la Madeline, un voilier humanitaire à destination de Gaza à bord duquel se trouvait notamment la militante écologiste Greta Tonberg, l'urodéputée insoumise Rima Hassan et l'ami Yanis Mamdi journaliste à Blast, a été assailli par des commandau de marine de l'armée israélienne dans les eaux internationales. La presse et les médias mainstream qui refusent depuis 2 ans de nommer pour ce qu'il est le génocide en cours dans la bande de Gaza ont une nouvelle fois fait preuve dans cette circonstance d'une excise pondération et ont très gentiment présenté cet assaut comme un arraisonnement alors qu'il s'agissait bien sûr de l'un de ces actes de piraterie perpétré en complète violation du droit international que Macron dénonçait en 2019.
Mais très curieusement, au lieu de déployer les moyens militaires permettant de garantir la sécurité et la sûreté de la Madeline et de son équipage, le chef de l'État français, oubliant manifestement ses admirables promesses d'il y a 6 ans, a très poliment demandé aux autorités israéliennes de permettre dans les plus brefs délis le retour en France des six ressortissants français qui se trouvaient à bord du voilier. Le très macroniste ministre des affaires étrangères, Jean-Noel Barreau, n'a pas non plus condamné l'assaut lancé contre la Madeline. Vous la qualifiez d'illégal cette interception ?
Nous avons à la fois alerté très en amont les les participants à cette flottie des risques auxquels ils s'exposaient. Comme pour suggérer que si ces membres ont été victimes d'un acte de piraterie, c'est un peu de leur faute quand même. Mais il est vrai qu'après la délivrance d'un mandat d'arrêt international pour crime contre l'humanité, contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanahu au mois de novembre dernier, ce même Jean-Noel Barreau s'était empressé d'évoquer ce qu'il avait appelé des questions d'immunité pour certains dirigeants.
Et il est vrai que la France depuis a effectivement laissé Netaniau survoler plusieurs fois son territoire. Pour les macronistes, au fond, la sécurité et la sûreté maritime, c'est un peu comme l'environnement, une priorité à Éclipse. Merci d'avoir suivi cette chronique.
À la semaine prochaine. Nous demandons la libération immédiate de notre cher collègue Yanis Mohamdi et de Omar Fayad et de tout le Madeline pour Yanis, pour pour les confrères, pour tous ceux qui étaient sur cette flottille, pour la liberté d'informer et pour tous les journalistes palestiniens morts depuis des années dans l'indifférence totale à Blast, on se terra pas, on continuera de faire notre travail, on continuera d'informer sur génocide. C'est très important de se rappeler que le droit et l'information sont des armes sont des armes pour ceux qui n'en ont pas.
Et donc on continuera d'informer, on continuera de travailler et on a besoin de vous pour nous soutenir. Et voilà, la mobilisation doit continuer. On compte sur vous.
Merci beaucoup. [Musique]