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interviewCNEWS· 19 mars 2026 6 min

L'édito de Mathieu Bock-Côté : «L'appel au populisme de Marine Le Pen» (Partie 2)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Revenons sur le terme utilisé par le Rassemblement national populiste. Il s'agit donc des armées d'un mot positif pour le RN. Ça ça pas été pensé comme tel.

À l'origine populaire, c'est fait pour dire vous sentez mauvais, vous êtes probablementé, vous sentez mauvais même à l'écran, il vous manque probablement des dents, je l'ai dit et vous êtes une personne toxique là parce que le RL en fait se fait toujours coller des étiquettes qu'il ne revendique pas. penser par exemple le mot extrême droite. Le mot extrême droite personne ne le revendique en fait.

J'ai deux souvenirs de personnes qui se faisaient traiter l'extrême droite et qui ont cherché à le retourner à leur avantage. Il y avait le père Le Pen Jean-Marie Le Pen qui disait "Je ne suis pas d'extrême droite mais d'extrême droiture." Bon ça c'était tentative 1 mais ça a pas fonctionné.

Euh Alain Griot, figure un peu oublié aujourd'hui, maire de Charenton autrefois, gauliste de l'admirable, homme de la résistance. Donc tout ça qui disait quand à lui des premiers résistants, les premiers résistants qui étaient d'extrême droite, dit-on ils disent étaient d'extrême droite parce qu'ils aimaient extrêmement la France mais encore une fois ça n'a pas fonctionné. Extrême droite n'est pas une étiquette revendiquée en ce monde.

Alors populiste, c'est autre chose. Le mot populiste a une charge protestataire. Il a une charge, c'est presque une jaquerie.

C'est presque un appel au soulèvement. Le mot populiste à se dire aujourd'hui, je prends le parti du peuple. C'est un terme qu'on peut revendiquer pour soi en lui donnant une charge positive en disant "On vous traite de populiste." Oui, nous sommes populistes.

Et dès lors, en tant que populiste, nous attaquerons ce système corrompu à l'os. Par ailleurs, par ailleurs, faut noter que la droite nationale, telle qu'elle prend forme en Occident aujourd'hui, ce n'est pas une droite d'abord populiste. Le moment populiste est un moment dépassé à bien des égards.

La droite nationale en Occident aujourd'hui est surtout un national conservatisme. C'est une droite qui est devenue de gouvernement. Regardez en Italie, regardez aux États-Unis. regarder à certains égards même ce que devient le reform en Grande-Bretagne.

Donc la droite nationale est devenue une droite conservatrice. En France, la droite nationale est encore dans son moment populiste. Je l'évoquais.

Jordan Bardella a tendu la main à la droite à la droite sincère. J'aurais été curieux de savoir qui est classé dans quelle catégorie en sincère insincère. Mais ce qui est certain que cette main tendue on ne l'a pas pris, on ne l'a pas saisi.

La main tendue a été refusée. La main tendue de Jordan Bardelan dit non merci. Et moi ce que je note, c'est une séquence importante de ces élections municipales, franchement passionnante.

Bien malgré elle. Ça nous rappelle que le cordon sanitaire contre le RN existe encore. Ça nous rappelle que les LR sont encore soumis au cordon sanitaire contre le RN.

Ça nous rappelle que les LR en dernière instance sont solidaires du bloc central et de la vaste la vaste constellation des partis qui en appelle à la stigmatisation au ballissement civique du Rassemblement national. On peut être pour on peut être contre. Mais je note que tous ceux qui nous disaient en rappelez-vous, c'était l'histoire des dernières semaines.

Maintenant les filles, c'est pour eux le cordon sanitaire, c'est plus pour le RN. Non, le résultat du municipal c'est que le les LR sont les gardiens du cordon sanitaire contre le RN. Ce qui est encore plus drôle là-dedans évidemment, c'est qu'on sait très bien que quand on parle au LR en privé, ils disent pense tout le contraire.

Mais si en politique c'est un domaine de la sincérité, on le saurait. Cela dit, qu'est-ce qu'on voit pour 2027 ? fait les quatre camps commencent déjà à se préparer.

L'extrême centre va continuer, l'extrême centre qui a raté son implantation municipale, c'est le bilan des 10 dernières années, va continuer à verrouiller l'état profond en se disant que même si on perd les élections, on va garder le pouvoir. La gauche veut consolider ses forteresses municipales. La droite va continuer à jouer de l'hésitation à grande échelle, c'est-à-dire va continuer à nous dire qu'est-ce qu'on fait ?

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Puis à la fin, normalement, elle fera la politique du tapis. ce envoyé Excel euh et la droite nationale doit se demander dans les circonstances ce qu'elle souhaite.

Ce n'est pas certain. Quelle est sa stratégie ? Une stratégie d'acceptation par ce qu'elle combat ou une stratégie de durcissement de son combat contre le régime, contre les élites, contre le système ?

Reste à voir. Ce n'est pas certain pour l'instant. On a bien compris Mathieu.

Mais est-ce que cette course à la nationalisation de la campagne ne risque pas, comme le disait d'ailleurs Charlotte Dornelas cette semaine, hier ou avant-hier, je me souviens plus, de laisser de côté les enjeux politiques proprement municipaux, locaux ? Alors, comme toujours, Charlotte a raison et elle a tout à fait raison. [rires] C'est c'est elle a vraiment toujours raison.

Euh mais mais cela dit, je pense qu'on est dans un moment particulier. Les enjeux municipaux sont oubliés parce que finalement, on est dans un une société suridéologisée. Qu'est-ce que c'est une société suridéologisée ?

C'est une société où on oublie le contexte concret, on oublie les enjeux concrets. On ne parle plus des enjeux réels de sécurité, de propreté, d'insalubrité, de logement. Ces enjeuxlà n'existent plus.

L'essentiel c'est l'étiquetage des uns et des autres. Donc et par [rires] ailleurs, partout, queles que soient les villes, vous avez toujours à peu près les mêmes solutions. Si vous êtes à gauche, logement social, militantisme associatif, immigration massive, vertitude généralisée, véganisme militant.

Si vous êtes plutôt à droite, vous voulez mettre la vidéo surveillance partout, probablement même un jour dans les salaires des chambres à coucher, reconnaissance faciale, vous prétendez vouloir réduire les taxes mais vous ne le ferez jamais. Donc partout finalement la politique c'est je vais inventer un mot, c'est déconcrétisé. La politique s'est désincarnée.

La politique municipale ne touche plus les réalités municipales des uns des autres. Elle est prise dans un grand filet d'abstraction qui s'appelle le combat idéologique. Et de ce point de vue, je pense que la politique, on peut le voir et ça c'est mon presque une forme de référence un sursaut libéral.

Euh la politique est une machine à détruire le pays aujourd'hui et pas que la France. partout en Occident, la classe politique aujourd'hui incapable de résoudre les problèmes qui sont devant elle est une machine à s'entretenir elle-même. Une forme de vampire qui ne vit quand on en plant ses cros dans le pays et en le vidant de son sang.

Autrement dit, de ses ressources, de ses énergies, de ses impôts, du travail des uns des autres, mais une machine à détruire le pays et à l'empêcher de ne en fait de prendre les les réformes qui seraient nécessaires pour véritablement mener une politique de salut public si on en souhaitait une. Donc de ce point de vue, je pense que la politique aujourd'hui devient presque antidémocratique par vocation, ce qui me semble inquiétant.

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