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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 28 novembre 2024 64 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesRetraitesSécurité

La Censure s’approche…le scénario grec aussi ? - C dans l’air - 28.11.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse partielle

    Les craintes sur les conséquences économiques suffiront-elles à dissuader les oppositions ?

  • 2:04FerméeRéponse directe

    C'était une demande du RN. Le Premier ministre a accordé cela à M.Le Pen ?

  • 2:46FerméeRéponse directe

    Qui consistait à augmenter les tarifs de l'électricité ?

  • 3:29RelanceRéponse partielle

    Parce qu'il en a besoin.

  • 4:13FerméeRéponse directe

    Le déficit public sera supérieur à 5 %. C'est acté par le Premier ministre ?

  • 4:58OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il reste des efforts, des économies ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:04M.BarnierFait
    « J'ai décidé de ne pas augmenter les taxes sur l'électricité... Dans le projet de loi de finances 2025, il n'y aura donc pas d'augmentation de cette taxe. Ca permettra une baisse des prix de l'électricité le 1er février de 14 %. »
  • 3:29D.SeuxFait
    « Le gouvernement avait beaucoup baissé les taxes pendant la crise inflationniste de l'Ukraine. C'était avec le bouclier tarifaire. »
  • 4:13C.RouxChiffre
    « Le déficit public, à l'heure où nous parlons, sera supérieur à 5 %. »
  • 6:26J.JaffréFait
    « C'est de recul en recul. Qu'est-ce qu'il reste des efforts, des économies ? »
  • 7:10C.Michel-AguirreFait
    « Il y avait les taxes sur l'électricité très haut, mais aussi revenir en arrière sur le projet de déremboursement des médicaments, sur la baisse des exonérations de charges patronales. Il y a aussi la question de l'indexation des retraites. »
  • 9:18C.RouxFait
    « M.Barnier veut sensiblement baisser les soins pris en charge de l'AME. »
  • 10:46C.RouxFait
    « Le taux d'emprunt du pays a même brièvement dépassé celui de la Grèce hier sur les marchés. »
  • 11:30A.ArmandFait
    « On risque de décrocher comme un avion en haute altitude et de perdre le contrôle. »
  • 12:49D.SeuxFait
    « Pour les petites retraites, il n'y a plus aucune désindexation. Il y en a pour le reste de la population. Il y a la moitié d'une désindexation. »
  • 18:32A.ArmandFait
    « On ne s'écroule pas. On risque de décrocher, comme un avion en altitude et qui risque de perdre le contrôle. »
  • 19:41M.PanotFait
    « Votre défaite morale et politique s'incarne dans une réforme violemment imposée qui a mis le feu au pays. »
  • 21:08D.SeuxChiffre
    « Les taux d'intérêt sur la dette à 10 ans de la France et de la Grèce sont au même niveau. C'est supérieur aux taux espagnol, portugais, allemand, autrichien, etc. »
  • 22:34C.Michel-AguirreFait
    « Quand on dit la Grèce, dans l'imaginaire collectif, c'est la Grèce de 2012, en pleine crise, avec des taux à 20 %. On ne risque pas des taux à 20 %. Ce n'est pas la question. »
  • 23:18C.Michel-AguirreFait
    « On est aujourd'hui comparables, dans notre dette et nos déficits, à l'Espagne. »
  • 23:51C.Michel-AguirreFait
    « Le risque fondamental, c'est le noeud coulant. Nous perdons de la marge de manoeuvre parce que nous dépensons une partie importante de nos recettes publiques pour payer les intérêts de la dette publique. »
  • 25:18C.Michel-AguirreFait
    « On a déjà été rattrapés par l'Espagne, l'Italie, mais pendant ce temps, aux Etats-Unis, Trump a prévenu qu'il allait remettre en place des négociations commerciales. »
  • 25:57J.JaffréFait
    « Il n'y a pas de solution politique possible. »
  • 27:21S.QuemenerFait
    « Il dit qu'il y a une alternative possible, mais elle n'existe pas. »
  • 28:44S.QuemenerFait
    « Si on avait un Premier ministre du Nouveau Front populaire, on sait qu'il serait immédiatement renversé. »
  • 30:12S.QuemenerFait
    « Pour l'instant, non. »
  • 30:57D.SeuxFait
    « C'est que les gens de bonne volonté se mettent au travail pendant un mois pour trouver un budget qui n'ait pas d'aspérités de droite, de gauche, d'extrême droite ou d'extrême gauche. »
  • 33:52C.de CoursonFait
    « Qui est à l'origine du chaos politique ? Le président de la République, lorsqu'il a fait cette dissolution que même ses propres amis n'ont pas comprise. »
  • 34:36J.-F.CopéFait
    « Il n'y a plus qu'une solution pour résoudre le problème : une nouvelle élection présidentielle anticipée. »
  • 35:19F.RuffinFait
    « Il faut Y réfléchir sérieusement. Il faut voir dans quelle situation il a placé le pays depuis des années. »
  • 36:44F.HollandeFait
    « Je ne suis pas favorable à une procédure de destitution du président de la République. Je ne suis pas favorable à une élection présidentielle anticipée dans ce contexte d'instabilité et de péril sur les marchés. »
  • 38:06A.-C.BezzinaFait
    « Un président de la République n'est pas grand-chose sans une majorité à l'Assemblée. »
  • 38:47A.-C.BezzinaFait
    « La démission est une décision morale et personnelle. »
  • 39:29A.-C.BezzinaFait
    « La seule hypothèse où il serait obligé de démissionner, ce serait en cas de destitution par une haute cour de tout notre Parlement. »
  • 40:10A.-C.BezzinaFait
    « On n'a pas de précédent de ce que sont des lois spéciales. »
  • 41:07A.-C.BezzinaFait
    « Toutes ces incertitudes pèsent sur la décision qui sera prise par des groupes d'opposition, qui n'ont rien à proposer d'alternatif. »
  • 41:49D.SeuxFait
    « La Constitution nous protège d'un blocage financier. S'il y a une motion de censure, il y aura quand même le prélèvement des impôts. »
  • 59:09D.SeuxChiffre
    « Ce n'est pas 60 milliards d'économies. C'est 40 milliards d'économies et 20 milliards de hausses d'impôts. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00

... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. Le Premier ministre attend une opération de la dernière chance pour éviter le couperet de la censure. Il a annoncé qu'il renonçait à augmenter les tarifs de l'électricité. C'est une des nombreuses lignes rouges imposées par le RN. Mais ce geste en direction de M.Le Pen suffira-t-il à éviter le rejet du budget et la chute du gouvernement Barnier? Rien n'est acquis pour le moment. Les craintes sur les conséquences économiques et financières exprimées ces derniers jours suffiront-elles à dissuader les oppositions? Les mouvements sur les taux d'emprunt français, passés hier quelques heures au-dessus de ceux de la Grèce, ont sonné comme une alerte. Dans ce brouillard politique où tout le monde craint les tempêtes, certaines voix s'expriment pour demander la démission du président. La censure s'approche. Le scénario grec aussi? C'est la question que nous posons ce soir. J.Jaffré, vous êtes politologue, chercheur associé au Cevipof.

1:19

D.Seux, vous êtes éditorialiste aux "Echos" et sur France Inter. C.Michel-Aguirre, vous êtes grand reporter au service politique du magazine "Le Nouvel Observateur". S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche". Bonsoir. Merci de participer à cette émission en direct. Nous serons tout à l'heure en direct avec une constitutionnaliste. Je voulais vous faire écouter M.Barnier, au salon des PME. - M.Barnier: J'ai décidé de ne pas augmenter

2:04

les taxes sur l'électricité... Dans le projet de loi de finances 2025, il n'y aura donc pas d'augmentation de cette taxe. Ca permettra une baisse des prix de l'électricité le 1er février de 14 %. - C.Roux: C'était une demande du RN. Le Premier ministre A accordé cela à M.Le Pen? - D.Seux: Non. C'est une demande de la quasi-totalité des partis politiques, mais c'est le RN qui en avait brandi le plus fort l'étendard. A l'Assemblée, le dispositif initial du gouvernement avait été rejeté par tous les députés.

2:46

Le Sénat avait rejeté le dispositif du gouvernement. - C.Roux: Qui consistait à augmenter les tarifs de l'électricité? - D.Seux: Pour les consommateurs, les choses sont claires. Avec le projet du gouvernement, l'électricité devait baisser de 9 % au 1er février. Ca baissera de 14-15 %. La mécanique, en 2 phrases, c'est que l'essentiel des prix de l'électricité est déterminé par l'évolution des prix sur les marchés de gros. Le gouvernement avait beaucoup baissé les taxes pendant la crise inflationniste de l'Ukraine. C'était avec le bouclier tarifaire.

3:29

Il a décidé de les remonter. Soit le gouvernement les remontait au niveau d'avant la crise, c'est-à-dire comme avant... Le gouvernement avait décidé d'une petite manip, c'est-à-dire enlever un peu plus loin... - C.Roux: Parce qu'il en a besoin. - D.Seux: Oui, pour grappiller 3 milliards d'euros. C'est ce à quoi il renonce aujourd'hui. Le niveau des taxes revient au même niveau qu'avant la crise. - C.Roux: Bonne nouvelle pour les consommateurs. - D.Seux: Mauvaise nouvelle pour le budget. On ne connaît pas le gage, c'est-à-dire comment ce sera financé. On ne sait pas si M.Barnier a trouvé une économie dans sa soute.

4:13

Le Sénat avait trouvé une petite recette: augmenter les taxes sur le gaz. J'imagine que M.Barnier ne va pas s'engager dans cette voie. Le déficit public, à l'heure où nous parlons, sera supérieur à 5 %. - C.Roux: C'est acté par le Premier ministre ou on attend des détails sur d'autres recettes qu'il pourrait trouver? - D.Seux: On attend des détails. Il a encore quelques jours pour trouver des recettes. - C.Roux: J.Bardella a dit que c'était une victoire du RN. - J.Jaffré: Bien sûr. La question, c'est de savoir qui empoche le succès dans cette affaire. D'où le jeu de M.Barnier...

4:58

D'abord, plus personne ne comprend le travail politique de M.Barnier. C'est de recul en recul. Qu'est-ce qu'il reste des efforts, des économies? Puisque chacun peut obtenir quelque chose, c'est un encouragement à demander davantage en permanence. C'est un détricotage en règle de tout le travail budgétaire et politique du gouvernement. C'est donc un affaiblissement. En même temps que M.Barnier se fait applaudir au salon des PME, on applaudit son affaiblissement. C'est le charme de la politique quand elle devient cruelle. Le problème de M.Barnier, c'est de ne pas offrir un trophée au RN.

5:42

A aucun moment, il ne dit que les partis ne lui ont demandé, en particulier le RN, de faire cela. "Je le fais pour permettre que les Français paient moins cher leur électricité et je tiens compte de la nécessité de la stabilité politique." Il ne le fait pas. Le RN crie victoire, mais tout seul dans son coin. Ce n'est pas la situation de L.Wauquiez, quand M.Barnier annonçait triomphalement à la télévision qu'il avait obtenu un recul sur les retraites.

6:26

Le RN maintient la pression fortement, dans les semaines à venir, parce que le RN voulait un trophée. M.Barnier n'a pas eu le mot pour dire qu'il tenait compte de ce que demandait le groupe du RN. Il ne l'a pas fait parce que ça déstabiliserait... Il a dit: "J'ai entendu ma majorité et les groupes d'opposition." D'abord, il croit qu'il a une majorité. Ensuite, il croit que c'est la sienne. - C.Roux: Il s'y prend mal, à votre avis? - J.Jaffré: En tout cas, le problème demeure. - C.Roux: Avec ce recul, est-ce que c'est réglé? C'était une ligne rouge. Du coup, le RN va se dire qu'il a obtenu une victoire

7:10

qu'il pourra défendre auprès de son électorat... Il ne votera pas la censure... Est-ce qu'on en est là ou est-ce que le RN a encore une liste de lignes rouges qu'il peut encore faire valoir? - C.Michel-Aguirre: J.Bardella l'a dit tout de suite sur X: il y a encore d'autres lignes rouges. Depuis le début de la semaine, M.Le Pen, J.Bardella et tous les cadres du RN font la liste de leurs exigences. Il y avait les taxes sur l'électricité très haut, mais aussi revenir en arrière sur le projet de déremboursement des médicaments, sur la baisse des exonérations de charges patronales. Il y a aussi la question de l'indexation des retraites. Ce n'est pas terminé.

7:54

Pour donner un cadre chronologique... Je ne sais pas si vos téléspectateurs l'ont en tête. Pourquoi tout se précipite? Lundi arrive à l'Assemblée nationale le vote du budget de la Sécurité sociale. L'après-midi, le Nouveau Front populaire a prévu de déposer une motion de censure. Si le RN s'allie, le gouvernement Barnier tombe. Le calendrier continue de tourner. Même si M.Barnier sauve sa peau à ce moment-là, 2 jours plus tard arrive un nouveau texte à voter, le quitus

8:39

sur le budget de l'an dernier. C'est le projet de loi de fin de gestion. Là, même mécanisme possible: motion de censure... Dans 15 jours nous revient le budget dans son ensemble. Là, il a essayé de donner un gage sans vraiment le donner, pour éviter la censure lundi. Mais ça va durer comme ça pendant 15 jours, alors que chaque parti est parti pour essayer d'avoir son trophée. - C.Roux: Ca va être un week-end de négociations. On apprend à l'instant que M.Barnier veut

9:18

sensiblement baisser les soins pris en charge de l'AME. L'aide médicale d'Etat est un sujet pour le RN. - S.Quemener: C'était une des lignes rouges du RN. Ils se sont réunis, les députés RN, cet après-midi. En est sorti un communiqué. Ils font une liste. On comprend la tension, qui est encore très présente. Il y a cette victoire que ne reconnaît pas M.Barnier, mais ça reste un moment particulier. Tous les curseurs étaient au maximum. On était sur une censure à 100 %. La tension va redescendre un peu sur la censure, mais sur les mesures, ça va continuer tout le week-end. Il va y avoir discussion. Où le RN va-t-il s'arrêter dans ses exigences?

10:02

C'est le RN qui donne la cadence. Derrière, il y a la compréhension par les Français que M.Barnier ne bluffait pas. Il ne s'agit pas seulement de sa survie personnelle, politique. Il a 73 ans. Il est à la fin de son parcours politique. Mais il s'agissait de la crainte d'une crise financière importante, "une tempête" a dit A.Armand. C'est A.Armand qui a commencé à inverser la vapeur ce matin. Il a dit: "Nous sommes prêts à des concessions." C'est ce même ministre qui n'avait pas voulu recevoir M.Le Pen dans un premier temps.

10:46

Il s'était fait rappeler à l'ordre par M.Barnier. Ce matin, il dit ça parce qu'ils ont compris que la censure allait être votée de toute façon. C'est "sauve-qui-peut, il faut sauver la situation". Il y a la note de Standard and Poor's demain. Il y a la façon dont les marchés vont réagir. Même E.Macron voit bien qu'après la censure, à part la discussion de sa démission, on ne discutera plus de grand-chose en France. - C.Roux: Le ministre de l'Economie dit que si le gouvernement tombe sans budget, c'est comme un avion à haute altitude

11:30

qui perd le contrôle. Tous les compromis sont possibles. Le seul qui n'a pas de ligne rouge, c'est M.Barnier? - D.Seux: Les choses sont un peu moins écrites qu'il y a quelques heures. C'est aussi un rapport de force médiatique. M.Barnier a bougé sur un certain nombre de choses depuis quelques semaines. Il a donné satisfaction à L.Wauquiez et aux LR sur les petites retraites. Il a donné satisfaction au groupe Ensemble de G.Attal sur les cotisations sociales payées par les entreprises. Là, l'électricité. On peut être pessimiste pour lui, mais en même temps, il peut

12:10

se retourner vers les Français en disant: "Est-ce que M.Le Pen va faire courir au pays le risque d'un chaos financier, alors que je donne un certain nombre de choses et qu'elle continue à me demander des choses?" - C.Roux: Elle dit qu'il n'y aura pas de chaos financier, de shutdown à l'américaine. - D.Seux: Il se passe quand même un certain nombre de choses sur les marchés. On n'est pas obligés de la croire à 100 %. A ce stade, le RN a compris que sa liste de courses ne serait pas intégralement remplie. Après l'électricité, il a un point qui l'intéresse encore:

12:49

les retraites. Elle aimerait aller plus loin que L.Wauquiez. Ca permettrait à L.Wauquiez de l'enfoncer sur la désindexation des retraites... Pour les petites retraites, il n'y a plus aucune désindexation. Il y en a pour le reste de la population. Il y a la moitié d'une désindexation... C'est compliqué. Ce qui reste à faire dans la corbeille de la négociation, c'est possible, mais M.Barnier a un argument béton: "Si vous provoquez le chaos pour la revalorisation

13:34

des retraites, vous en prenez la responsabilité." Il y a un équilibre en train de se modifier. - C.Roux: Tout le monde a une liste de courses pour le week-end? Tout le monde va arriver avec ses lignes rouges, ou les seuls audibles sont les responsables du RN? - J.Jaffré: C'est devenu un bras de fer entre M.Barnier et le RN. Essayons de prendre une seconde la défense de M.Barnier compte tenu des premiers propos tenus. D'abord, son jeu... Les marchés et tout le monde lui sont reconnaissants de céder. Il vaut mieux que la France ait un budget, qu'on oublie les 5 %. C'est mieux que le "pas de budget et le chaos". Ce n'est pas un hasard si Bruxelles a décidé que le cheminement budgétaire du gouvernement était bon, alors qu'on pouvait s'attendre à un discours contraire... - D.Seux: On a découvert les relais de M.Barnier à Bruxelles à cette occasion. - J.Jaffré: C'est la crainte aussi que la France chute dans cette affaire, à travers ce qui se passe. Il peut se dire: "Je peux céder, car c'est la meilleure façon d'y arriver."

14:59

Deuxièmement, il y a un procès potentiel vers le RN, qui est la dénonciation du maximalisme du RN. "Il y a un moment où il faut arrêter." Il y a un 2e sujet sur les retraites. C'est éventuellement sur le remboursement des médicaments. Pour les Français, c'est encore plus important que les retraites. Des sondages sont apparus dans lesquels la non-indexation complète est acceptée par les Français, mais la baisse des remboursements des médicaments leur reste en travers de la gorge. Il pourrait y avoir un mouvement.

15:42

Le maximalisme du RN et l'intérêt du pays... Est-ce que M.Le Pen se soucie de l'intérêt supérieur du pays ou est-ce qu'elle est dans le petit jeu politique... - C.Roux: Que veulent ses électeurs? - J.Jaffré: A un moment, madame Le Pen peut dire que c'est l'intérêt du pays qui lui importe et qui l'emporte, même si ses électeurs voudraient qu'elle tape le plus possible. Mais madame Le Pen pourrait dire que le rôle d'un leader politique, c'est de ne pas suivre forcément ce que veulent ses électeurs pour dire "le pays d'abord". - C.Roux: Vous mettez de côté les problèmes judiciaires. - J.Jaffré: Je ne les ai jamais mis de côté. Là, ça a atteint des proportions très importantes.

16:25

- C.Roux: Le gouvernement continue de jouer sur la même note. Les risques de conséquences économiques désastreuses en cas de rejet du budget... Le ministre de l'Economie ose cette métaphore: "On risque de décrocher comme un avion en haute altitude et de perdre le contrôle." Pour éviter ce crash, M.Barnier a fait un geste en direction du RN. - C'est un geste assumé qui témoigne de sa fébrilité. Sous la menace d'une motion de censure, M.Barnier accède cet après-midi à une demande du RN sur le budget.

17:03

... Du concret, après des pistes déjà évoquées en début de semaine pour obtenir les faveurs du RN. Sur le quotidien des ménages... - M.Barnier: On va voir si on peut faire plus pour préserver le pouvoir d'achat. - Ou encore le scrutin proportionnel. - M.Barnier: Je vais demander à P.Perrineau de faire un travail sur le scrutin proportionnel pour peut-être élire d'une autre manière les députés. - Un allié de circonstance pour M.Barnier à défaut d'en convaincre un autre, le PS, reçu hier à Matignon. Alors que le gouvernement appelle les socialistes

17:48

à prendre leurs responsabilités, ils dénoncent un chantage auquel ils ne céderont pas. Comme un goût de revanche pour F.Hollande. - F.Hollande: Il y a encore eu hier une rencontre entre M.Barnier et le président du groupe socialiste. Aucune solution n'a été retenue. S'il y a 49-3, il y aura une motion de censure. - Vous la voterez? - F.Hollande: Oui. - Une instabilité politique dont l'effet se fait de plus en plus sentir sur le plan économique. Fragilisée, la France emprunte à des taux d'intérêt bien plus hauts que ses voisins. Le taux d'emprunt du pays a même brièvement dépassé celui de la Grèce hier sur les marchés. Le ministre de l'Economie veut y voir une leçon à tirer

18:32

sur la nécessité d'adopter le budget. - A.Armand: On ne s'écroule pas. On risque de décrocher, comme un avion en altitude et qui risque de perdre le contrôle. Or, il y a un chemin. C'est ce budget, retrouver les 5 % en 2025, montrer qu'on ne sera pas le seul pays d'Europe à être sous les 3 % dans quelques années. - Cet optimisme résiste aux faits alors que, dans le même temps, les annonces de suppressions d'emplois se multiplient en France. Après Auchan et Michelin, Valeo a annoncé la suppression de 868 postes. - On s'est beaucoup investis dans cette usine. - Un contexte tendu pour le gouvernement, auquel s'ajoute un autre dossier, celui de la réforme des retraites, que LFI propose d'abroger. - M.Panot: Votre défaite morale et politique s'incarne

19:41

dans une réforme violemment imposée qui a mis le feu au pays. Une réforme qui a réduit votre mandat en cendres. Cette réforme des retraites, c'est la vôtre. Aujourd'hui, c'est cette réforme que nous allons abroger et c'est par elle que vous tomberez. - Un débat freiné par une pluie d'amendements déposés par la droite et les macronistes pour empêcher un vote avant l'heure limite, fixée à minuit. Le gouvernement Barnier est bel et bien acculé. - C.Roux: Un mot sur cette affaire de retraites et l'abrogation. C'est quoi, le processus? Il faut jouer la montre jusqu'à minuit? - S.Quemener: Il y a un millier d'amendements. C'est une niche parlementaire. C'est une journée pour La France insoumise, qui dénonce l'attitude des députés du socle commun, mais c'est un retour à l'envoyeur.

20:26

C'était l'inverse pendant la réforme des retraites. Les insoumis avaient joué les amendements pour éviter que le texte soit voté. - D.Seux: C'est ce qu'on appelle la niche Cendrillon. LFI a proposé de revenir sur la réforme d'E.Borne, mais aussi sur les réformes de F.Hollande, en 2014. Le PS est piégé dans cette affaire. - C.Roux: Question. On a beaucoup parlé de la fébrilité sur les marchés, de ces taux d'emprunt français qui ont dépassé ceux de la Grèce.

21:08

- D.Seux: Il y a le factuel. Les taux d'intérêt sur la dette à 10 ans de la France et de la Grèce sont au même niveau. C'est supérieur aux taux espagnol, portugais, allemand, autrichien, etc. Les taux français ont dépassé les taux portugais le 15 juin, les taux espagnols le 26 juillet, les taux grecs le 27 novembre. La prochaine cible, est-ce que ce sont les taux italiens? C'est une question. Ce que disaient les investisseurs, c'est: "Nous avons compris que la France ne réussira pas vraiment,

21:52

sérieusement, à réduire ses déficits et à maîtriser ses dépenses. Nous devons l'intégrer." - C.Roux: Comment ils l'intègrent? - D.Seux: En faisant en sorte que les taux d'intérêt soient très décalés par rapport aux taux allemands. La chance immense de la France, c'est que les taux d'intérêt sont plutôt sur une pente baissière. Pour nous, c'est une moindre chance, que les taux baissent. Les taux ne sont pas à 20 %. Pour la Grèce, en 2012, ils étaient montés à 20 %. On est à 3. Mais nous n'allons pas gagner de l'argent comme nous aurions dû en gagner.

22:34

- C.Michel-Aguirre: Quand on dit la Grèce, dans l'imaginaire collectif, c'est la Grèce de 2012, en pleine crise, avec des taux à 20 %. On ne risque pas des taux à 20 %. Ce n'est pas la question. On ne risque pas la faillite ou la banqueroute. En revanche, ça exprime le déclassement français. Dans l'imaginaire collectif, c'est presque autant qu'une banqueroute. Mais dans les faits, c'est plutôt le fait qu'on s'est fait rattraper par l'Espagne, l'Italie... La Grèce, c'est un peu plus compliqué. On n'a pas fait les réformes nécessaires.

23:18

On est aujourd'hui comparables, dans notre dette et nos déficits, à l'Espagne. - C.Roux: Un jour, c'est la part de la réalité de ce que risque la France. On entend d'anciens chefs d'Etat, M.Barnier, qui a été en situation, dire que c'était un risque de tempête financière. Il y a des risques économiques lourds, forts, pour la France en cas d'instabilité politique. Est-ce qu'ils ne surjouent pas ce scénario catastrophe? La censure plongera-t-elle la France dans un chaos économique? est improbable mais devenu possible. Il peut se passer quelque chose. Improbable, mais possible. Le risque fondamental, c'est le noeud coulant. Nous perdons de la marge de manoeuvre Parce que nous dépensons une partie importante de nos recettes publiques pour payer les intérêts de la dette publique et moins pour payer les investissements dans la recherche ou l'éducation. Le risque, c'est le noeud coulant.

24:35

- C.Michel-Aguirre: Le plus inquiétant, c'est la perte de temps par rapport aux défis devant nous et par rapport aux changements très rapides de l'environnement géopolitique et économique. On a déjà été rattrapés par l'Espagne, l'Italie, mais pendant ce temps, aux Etats-Unis, Trump a prévenu qu'il allait remettre en place des négociations commerciales, qu'il allait augmenter les droits de douane. Les investisseurs en France, tout est paralysé. Ils attendent de savoir ce qui va se passer.

25:18

On est dans une situation où, à court terme, peut-être pas les dépenses publiques ou privées, un environnement géopolitique à l'étranger qui se métamorphose... Je ne vous parle pas du changement climatique, des enjeux technologiques. Ce qui est terrible, c'est qu'on perd du temps alors que les contraintes se resserrent autour de nous. - J.Jaffré: Pour ajouter un mot sur le plan politique... L'originalité et la gravité de cette crise, c'est qu'il n'y a aucune solution politique.

25:57

- C.Roux: Question. - J.Jaffré: Alain le dit mieux que moi. - C.Roux: Nous, il vous interroge. - J.Jaffré: Il n'y a pas de solution politique possible. M.Barnier essaye, dans son intervention de mardi sur TF1, de lier son propre sort... Que M.Barnier cesse d'être chef du gouvernement n'est pas, pour les Français, un événement majeur, même si pour M.Barnier, ce serait un grand regret. Ce n'est pas décisif. D'une part, on n'a voté une motion de censure qu'une fois sous la Ve République, en 1962, il y a 62 ans. C'est dire l'ampleur de l'événement. Deuxièmement, vous n'avez aucune possibilité de rechange politique au sein de cette Assemblée. Troisièmement, vous ne pouvez pas convoquer des élections législatives avant septembre 2025, pratiquement, pour essayer de faire une Assemblée qui fonctionne mieux. A mon avis, c'est plutôt au profit du RN que ça jouerait si cette Assemblée devait trouver une majorité lors des législatives.

27:21

Le noeud coulant fonctionne aussi pour la politique. A partir du moment où vous n'avez aucune solution de rechange qui puisse fonctionner dans l'après-Barnier, le blocage va continuer. Le budget de 2024 refonctionnerait dans ses réponses. Cette Assemblée devrait voter avec un nouveau gouvernement un budget 2025. Ce serait aussi difficile. La situation est incroyablement compliquée. Les risques économiques sont énormes. Investissements qui ne fonctionnent plus, embauches qui ne se font plus, l'excès d'épargne chez les Français par peur de l'avenir, remonter les taux d'intérêt, étranglement... Le tableau est terrible et politiquement difficile. - C.Roux: F.Hollande a dit qu'ils allaient voter la motion de censure. Il y a une alternative possible. - S.Quemener: Il dit qu'il y a une alternative possible, mais elle n'existe pas. On a vu le temps qu'il a fallu, tout un été, pour trouver un Premier ministre. C'était le reflet de l'impasse politique dans laquelle on se trouve aujourd'hui. Si on avait un Premier ministre du Nouveau Front populaire, on sait

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qu'il serait immédiatement renversé. M.Barnier a pu tenir 70 jours uniquement parce que M.Le Pen l'a laissé travailler, tout en maintenant une pression importante. Elle n'avait pas voulu de X.Bertrand. Quand on interroge les responsables du RN en leur demandant ce qui peut arriver ensuite, ils répondent que ça pourrait être F.Bayrou. Ils n'ont aucune réponse à apporter. - C.Roux: Le RN censurerait immédiatement un gouvernement issu des rangs de la gauche? - S.Quemener: Oui. Ils l'ont dit. A partir du moment où il y a un ministre insoumis, ils censurent

29:28

dans la seconde. Le PS, 66 députés... Ils allaient compter beaucoup dans la probable motion de censure. B.Vallaud avait essayé de tracer un horizon. La question, c'est de ne pas être des irresponsables. Il a expliqué: "On pourra réunir des gens du socle commun et des gens de gauche pour travailler ensemble." - C.Roux: En coupant le lien avec LFI et en se mettant d'accord sur quelques textes. - S.Quemener: Mais pour l'instant, ça n'existe pas. C'est ce que proposait B.Cazeneuve. Il n'y a qu'à voir l'accueil qui lui a été fait par ses anciens

30:12

amis socialistes. - C.Roux: Il n'y a pas de plan B? - S.Quemener: Pour l'instant, non. - C.Roux: Après Barnier, c'est un saut dans l'inconnu? - S.Quemener: Oui. C'est pour ça qu'on en est venu à parler rapidement de la démission d'E.Macron. Il y aura toujours le même blocage et la même réaction du RN, qui peut être immédiate. Ils ont laissé 2 mois, mais ils peuvent censurer tout de suite et ils n'ont pas besoin d'un 49-3. - C.Roux: Sur l'après-Barnier, on entend dire que ce sera Barnier. On re-nomme un gouvernement Barnier. Ca a du sens? - D.Seux: Il y a quand même un plan B que les Français

30:57

apprécieraient. C'est que les gens de bonne volonté se mettent au travail pendant un mois pour trouver un budget qui n'ait pas d'aspérités de droite, de gauche, d'extrême droite ou d'extrême gauche. Est-ce que c'est la perspective de l'élection présidentielle de 2027 qui les rend fous? Oui. Est-ce qu'ils sont incapables de surmonter leurs divergences? C'est très inquiétant. Nos téléspectateurs se demandent peut-être ce que c'est que ce cirque. Je me souviens des JO.

31:41

Des gens en désaccord se sont mis d'accord. A.Hidalgo, V.Pécresse, le comité olympique, des entreprises privées... Ca a marché. - C.Roux: Vous nous dites que ces risques économiques et financiers qui pèsent sur le pays ne pèsent pas suffisamment? - D.Seux: Vous posez une excellente question. Est-ce qu'une bonne crise financière mettrait tout le monde au carré? Est-ce que tout le monde se mettrait au pied du mur? On parlait de la crise politique et économique. Pendant ce temps, il y a des plans sociaux. Le secteur immobilier est complètement à la ramasse. La distribution est à la ramasse aussi. Il y a du boulot à faire.

32:24

Les gens de bonne volonté peuvent se dire: "On se moque de nous." - J.Jaffré: Je fais la jonction avec le point de la démission de Macron. E.Macron est dans une telle position de faiblesse qu'il ne peut pas jouer ce rôle d'arbitre et de garant du pays si la crise financière monte, pour dire: "Assez plaisanté. Maintenant, c'est l'avenir du pays qui est en jeu, les acquis sociaux pour les Français, l'emploi. Vous vous réunissez, vous trouvez un accord." C'est ça qui manque aussi. Sous la Ve République, c'est au président de la République de trouver les moyens de résoudre les crises.

33:08

Le problème, c'est l'affaiblissement d'E.Macron dans le système, qui est un facteur d'affaiblissement de l'ensemble... - D.Seux: En 1983, F.Mitterrand était un peu affaibli, mais il a imposé un virage dans la politique économique. - J.Jaffré: Il avait une majorité. Ce n'est pas un détail. - C.Roux: Ca fait des mois que La France insoumise demande la destitution du président de la République. La différence, cette fois, c'est que cet appel est porté par des élus du bloc central, persuadés que, face à une telle impasse politique, la seule solution serait de revoter et de précipiter la fin du mandat d'E.Macron.

33:52

- Et si E.Macron devait démissionner? Jusqu'ici, la suggestion se bornait aux élus de La France insoumise. La sortie du centriste C.de Courson hier a fait grand bruit. - C.de Courson: Qui est à l'origine du chaos politique? Le président de la République, lorsqu'il a fait cette dissolution que même ses propres amis n'ont pas comprise. - Vous dites que le seul moyen de sortir de cette crise est de démissionner? - C.de Courson: Bien sûr. Qu'il respecte le vote des Français. - Tout aussi inattendu, l'appel à la démission du président par J.-F.Copé. Il est pourtant l'une des figures les plus Macron-compatibles

34:36

des Républicains depuis plusieurs années. - J.-F.Copé: Il n'y a plus qu'une solution pour résoudre le problème: une nouvelle élection présidentielle anticipée. Il n'y a qu'E.Macron qui ne s'est pas rendu compte, et il va falloir que ses amis ou ceux qui l'aiment bien le lui disent... Il ne s'est pas rendu compte qu'il ne peut pas tenir jusqu'en 2027. - Une petite musique qui monte, chantonnée depuis plusieurs semaines déjà sur les bancs du RN et de La France insoumise. - F.Ruffin: Il faut Y réfléchir sérieusement. Il faut voir dans quelle situation il a placé le pays depuis des années.

35:19

Il a rapetissé la France sur le terrain national et international. Même en Europe, notre voix pèse peu. Le bilan Macron, j'aimerais qu'il le tire avec lucidité. - S.Chenu: Si la situation et le pays se bloquent, le départ du président s'imposera à lui. Il n'aura pas trouvé d'autres solutions pour faire tourner la maison France. - Pendant ce temps, E.Macron gère les affaires courantes. Réceptions à l'Elysée, voyage en Amérique latine ou encore cérémonie de remise de prix à des talents issus des quartiers défavorisés. - E.Macron: Qu'est-ce que vous portez comme modèle? Le fait que c'est possible. Il y a une volonté et, derrière, un engagement de l'Etat.

36:01

- Dans tout ce brouhaha politique, une voix fait résonner une autre musique, la voix d'un ancien président, au secours de son ancien ministre de l'Economie. - F.Hollande: Je ne suis pas favorable à une procédure de destitution du président de la République. Je ne suis pas favorable à une élection présidentielle anticipée dans ce contexte d'instabilité et de péril sur les marchés. Je suis responsable. Si M.Barnier, parce qu'il n'a pas le soutien du RN, tombe, il faudra chercher un Premier ministre qui puisse avoir l'assentiment d'une majorité à l'Assemblée nationale. - Quel avenir pour le couple exécutif? E.Macron ne peut s'empêcher de se mêler, l'air de rien, de la politique intérieure.

36:44

Réception hier à l'Elysée d'une trentaine de députés, avec quelques messages à faire passer. ... Et si, vraiment, E.Macron venait à quitter son palais, le potentiel nouveau président devrait attendre 7 mois pour réclamer une nouvelle dissolution. Sans majorité, à quoi bon? La maison France, quel que soit le patron, ne semble pas tirée d'affaire. - C.Roux: Nous sommes en direct avec A.-C.Bezzina. Question. Que dit la constitutionnaliste? - A.-C.Bezzina: Non. Je ne le crois pas, notamment parce qu'un président de la République n'est pas grand-chose sans une majorité à l'Assemblée. Vu les circonstances de dissolution de juin 2024, il ne pourra y avoir de nouvelle dissolution qu'au 9 juin 2025. De ce fait, un Premier ministre ne suivrait pas le président de la République puisqu'il n'y aurait pas de majorité à l'Assemblée.

38:06

Il n'y aurait pas cette ferveur qu'on a à chaque élection présidentielle, avec un programme qui s'applique. Je crains qu'en réalité, on ajoute au blocage, sans forcément trouver de meilleure solution. - C.Roux: Ca veut dire que la destitution, la démission, c'est une décision qui ne peut pas être guidée par des appels lancés dans les médias? C'est une décision qui incombe au seul président de la République? - A.-C.Bezzina: Exactement. Que ce soit en droit de la fonction publique ou pénal, la démission est une décision morale et personnelle.

38:47

La Constitution ne dit rien sur cette démission. La seule fois où ça nous est arrivé dans la Ve République, c'est le général de Gaulle qui l'a décidé personnellement, à minuit, après les résultats d'un scrutin qui ne lui convenaient pas. C'est à lui de décider de son avenir. La seule hypothèse où il serait obligé de démissionner, ce serait en cas de destitution par une haute cour de tout notre Parlement. C'est très difficile à faire aboutir. On ne peut s'en remettre qu'à la moralité, à sa décision de conscience. - C.Roux: Sur cette censure, qui se rapproche, quel est votre sentiment? Chaque jour qui passe nous rapproche d'une forme d'impasse politique. Quelle est votre lecture? - A.-C.Bezzina: J'ai le sentiment qu'on ne maîtrise pas forcément à quel point la période qui s'ouvrirait en cas de motion de censure, de renversement du gouvernement Barnier, serait incertaine pour la France. Notre Constitution évite des procédures comme le shutdown américain. Il n'y aura pas de lutte sans merci entre le Congrès et le président, comme on a pu le voir là-bas. On n'a pas de précédent. On n'a jamais eu une situation financière et économique qui nous amène dans cette ornière.

40:10

On n'a pas de précédent de ce que sont des lois spéciales. On ne sait pas si un Premier ministre démissionnaire peut présenter ce budget. J'ai l'impression qu'on rentre dans une zone très forte d'incertitudes, avec peut-être une solution politique qui n'est pas forcément présente. Dans les régimes parlementaires, dans la Constitution de la Ve République, on va rentrer dans un jeu de concertations... Qui est pour quelle majorité? Toutes ces incertitudes pèsent sur la décision qui sera prise par des groupes d'opposition, qui n'ont rien à proposer d'alternatif. - C.Roux: Je reprends le titre de votre livre: "Cette Constitution qui nous protège". Dans ce moment d'incertitude, en quoi la Constitution nous protège? - A.-C.Bezzina: La Constitution nous protège d'un blocage financier. S'il y a une motion de censure, il y aura quand même le prélèvement des impôts. On aura de l'argent pour fonctionner au minimum. La continuité de nos services publics sera assurée.

41:49

C'est à l'article 47 de la Constitution qu'on le doit. La Constitution ne peut pas tout. Nos cours s'intitulaient avant "droit constitutionnel et institutions politiques". Ce sont les institutions politiques qui font aussi le quotidien de ce qu'est la Constitution. Si les oppositions choisissent de renverser, à part dans un système autoritaire, on ne peut pas les empêcher de renverser un gouvernement, même dans les moments les plus inopportuns pour la France. - C.Roux: Merci. - D.Seux: Les Français sont rassurés ce soir.

42:22

- C.Roux: Les retraites seront versés. - D.Seux: L'idée que la carte Vitale serait débranchée le 1er janvier, c'est une idée inepte. - C.Roux: Revenons à la question posée par ce reportage, les appels à la démission... J.-F.Copé dit: "Il ne peut pas tenir jusqu'en 2027." - S.Quemener: Les appels à la démission, depuis le début, ça vient soit des LFI, soit du RN. Ce qui est frappant dans la période récente... On a entendu C.de Courson, un des plus anciens députés de l'Assemblée, qui a beaucoup bataillé contre E.Macron et la réforme des retraites, et J.-F.Copé...

43:07

Il était pourtant fervent partisan d'un rapprochement entre LR et les macronistes. Ce qui arrive, c'est ce que voulait J.-F.Copé depuis des mois et des mois. Il était à l'unisson là-dessus avec N.Sarkozy. Quand j'ai entendu dire ça hier soir, j'ai pris ça comme une forme d'électrochoc. J.-F.Copé disait à M.Barnier: "Il est urgent de bouger." Les 2 hommes se connaissent bien. J.-F.Copé sentait que c'était le moment où les concessions allaient arriver. C'était le temps pour le gouvernement de dire: "On est allés au bout de cette période où on laissait l'idée de la motion de censure prospérer.

43:52

On laissait les micros au RN." Ca va encore être le cas dans les jours qui viennent. Ca devait être un jeudi noir, aujourd'hui, pour M.Barnier. C'est lui qui reprend le récit. Les prochains jours vont être très durs. On n'est plus à 100 % sur une motion de censure. Il a peut-être perdu 10 % aujourd'hui. Il cherche des marges de manoeuvre. - C.Roux: Tout le monde n'est pas aligné sur cette phrase de J.-F.Copé. R.Muselier, président de la région PACA, a dit: "La seule chose qui tient dans nos institutions, c'est le président de la République." - J.Jaffré: Le président de la République est protégé. Il y a une grande partie des acteurs qui ne souhaitent absolument pas qu'il démissionne. Vous avez passé un extrait de F.Hollande.

44:35

Ce n'est pas qu'il aime E.Macron, mais l'objectif de F.Hollande, c'est que la force socialiste, social-démocrate, devienne assez puissante pour aller dans un 1er tour d'élection présidentielle devancer J.-L.Mélenchon et se qualifier pour un 2d tour. S'il y avait une présidentielle, les socialistes ne sont pas au niveau d'y parvenir. Les Républicains ne souhaitent pas... J'ai apprécié votre analyse psychologique très profonde. Ca ne m'était pas venu à l'esprit. Les Républicains, c'est L.Wauquiez, le candidat potentiel. C'est une catastrophe, s'il y a une présidentielle tout de suite.

45:19

Il est à 5 % dans les enquêtes d'opinion. Il n'a chance. ...aucune chance. Quant au magma macroniste, je ne peux parler du parti macroniste... Pensez-vous une seconde que G.Attal a envie d'aller à une présidentielle tout de suite, comme dernier Premier ministre nommé par E.Macron, pour se présenter? Tout ce monde, LR, le magma macroniste et les socialistes, ça fait presque la majorité des députés. Ce n'est pas négligeable. - C.Roux: Vous pensez qu'en cas de censure,

45:59

dans les jours qui viennent, ce débat va se poser avec force? - C.Michel-Aguirre: Celle de la démission? - C.Roux: Tout le monde est conscient que c'est le scénario... - C.Michel-Aguirre: Quand on fait l'analyse, le péché originel, c'est l'élection d'E.Macron en 2022. Ce n'est pas une élection pour lui, mais contre M.Le Pen, sans majorité. Quand on refait le fil de l'histoire, tout ce qu'on vit depuis 2022 est totalement inédit. On n'a jamais vu... C'était écrit, qu'on arriverait dans un bazar pareil. Pour l'instant, on ne sait pas fonctionner en l'état.

46:42

Les partis, la vie politique ne savent pas fonctionner, avec un président de la République qui n'a pas une majorité à l'Assemblée dont le Premier ministre serait issu. On est bien obligés de se dire: "Maintenant qu'on fait ça, que se passe-t-il?" Quand on écoute les chefs de parti, tout le monde se renvoie la balle. A la fin des fins, quand on dit aux chefs de parti "pourquoi vous ne discutez pas avec lui pour faire un truc", ils disent que ce n'est pas leur stratégie et que c'est à E.Macron de réfléchir. Tout le monde renvoie la balle à E.Macron.

47:47

C'est le coeur du truc. Si, demain, il y avait une élection présidentielle, non seulement la moitié des partis ne sont pas prêts, mais en plus, on n'aurait pas d'élections législatives derrière. - C.Roux: On ne peut pas faire une entorse? J'essaye... - C.Michel-Aguirre: La question, ce n'est pas l'entorse, c'est quelle majorité vous avez derrière. Soit les chefs de parti, du centre, du PS ou LR, ou du socle commun à M.Le Pen, dans une espèce d'union des droites totalement élargie, arrivent à s'entendre... Sur le gouvernement technique évoqué, je n'y crois pas. On est dans une telle panade qu'il y aura des choix à faire, et donc des gens mécontents. Soit les gens arrivent à se mettre d'accord, soit ça va durer et durer, et à un moment, il faudra

48:31

qu'il y ait une nouvelle élection présidentielle. La question, c'est quand? On ne peut pas le dire. - C.Roux: C'est le scénario noir pour les acteurs économiques, de se projeter dans une élection présidentielle en ce moment? - D.Seux: La France a toujours eu des problèmes de politique économique, mais elle avait un atout depuis 1958: la stabilité politique, la force du président et du tandem avec un Premier ministre. C'est ça qui a basculé, depuis 2 ans. Sans être aussi expert que mes camarades, je me demande si nous avons l'oeil sur le budget, qui est le moment obligatoire.

49:13

Une fois que le budget sera passé, on peut imaginer qu'un gouvernement présente très peu de textes, gère les crises à la petite semaine, et la pression se relâche. Il présente très peu de projets de loi, il fait un peu de communication, des plans par-ci, par-là... Il attend la prochaine dissolution ou la présidentielle. La présidentielle, ça paraît assez loin. - J.Jaffré: Dans la perspective que vient de dresser notre 4e expert politique, c'est que le PS s'est engagé dans une stratégie de détachement par rapport à LFI. LFI le pousse pour l'accuser de trahison. C'est l'histoire de la gauche française

49:55

qui va de façon accélérée. Une censure, le PS est obligé de la voter sur le budget. Il ne serait pas forcé de la voter dans d'autres textes au 1er trimestre. Le vrai risque, pour E.Macron, c'est une dissolution prononcée à l'été 2025, quand il pourra le faire, avec à nouveau un chaos à l'Assemblée alors qu'il aura dissout une 2e fois. La pression pour qu'il démissionne deviendra gigantesque. - C.Roux: Il y a une pression, une marée montante, comme le dit "Le Monde", concernant les défaillances d'entreprises, qu'on voit, avec 160 000 emplois menacés fin octobre. C'est une pression qui viendra impacter cette crise politique? - D.Seux: La déconnexion entre ce qui se passe au niveau politique, dans l'économie et le social, saute aux yeux. Sur le plan social, toute la période électorale au 1er semestre, plus les JO, beaucoup de choses ont été mises sous le tapis. Arrivent un certain nombre de choses prévues. - C.Roux: On parlait de M.Le Pen.

51:22

Elle tente de faire oublier ses ennuis judiciaires en se plaçant au centre du jeu politique. Mais c'est son numéro 2, J.Bardella, qui suscite la curiosité depuis la publication d'une autobiographie. Le député européen de 29 ans enchaîne les séances de signatures. Une façon pour lui de mettre en scène une popularité naissante. - Hier soir, à Strasbourg, il y avait 2 événements: l'ouverture du traditionnel marché de Noël et la venue de J.Bardella. - JORDAN! JORDAN! - Arrivée mouvementée pour le président du RN sous des slogans hostiles. - Et le regard ébahi de certains.

52:00

- Je suis surprise. On sait que la montée du vote RN est ce qu'elle est, mais qu'il y ait autant de jeunes dans la rue, c'est hallucinant. - Et puis, il y a l'euphorie des militants. Acclamations. Certains attendent depuis plus de 4 heures pour faire dédicacer l'autobiographie du leader d'extrême droite. Une publicité pour le parti dont les élus se félicitent. - J'ai discuté avec le libraire. Il disait que ce n'était pas quelqu'un du RN. Il m'a dit: "Ce qui est frappant, c'est le nombre de jeunes qui viennent acheter un livre. C'est totalement rare de voir des jeunes acheter un livre..." - 85 000 exemplaires vendus en 3 semaines,

52:45

selon J.Bardella, dans une période propice. - J.Bardella: Je peux mettre "joyeux Noël". Beaucoup de gens votent pour le RN, qui peut-être, il y a quelques années, n'auraient jamais glissé un bulletin RN. Je pense que l'image est prête à évoluer, qu'on a un électorat plus large, plus divers. Quand on fait 11 millions de voix, on convainc les Français qui ont peut-être eu des craintes pour le RN. - J.Bardella, la caution jeune et populaire du RN, qui dépasse désormais M.Le Pen dans le coeur des sympathisants.

53:26

37 % pour elle, 59 % pour lui. - J'ai mis mon numéro, si vous voulez prendre un apéro. Jordan apporte de la jeunesse, de la fraîcheur, des nouvelles choses. Il a la tchatche, tout ce qu'il faut. -5 heures de dédicaces. L'image du soir tranche avec la journée de l'autre patronne Du parti. Hier, M.Le Pen se rendait au tribunal pour la dernière fois. L'eurodéputée risque 5 ans de prison, mais aussi une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. De lourdes réquisitions après 2 mois de procès. - M.Le Pen: Etre écartée pendant 3 après-midis par semaine de cet objectif, qui a conduit ma vie et qui continue à la conduire, ça a été peut-être, pour moi, une forme de souffrance. Me voilà totalement et à 100 % de retour dans un combat politique qui est en train d'atteindre son paroxysme.

54:48

- Tension maximale, annonce M.Le Pen, alors que son parti menace de censurer le gouvernement, et ce malgré les risques économiques évoqués par M.Barnier. ... Depuis la rentrée, les députés du RN avertissent le Premier ministre: "Attention à ne pas franchir..." - Des lignes rouges. - Des lignes rouges sur l'immigration et le pouvoir d'achat. Après la revalorisation des retraites, M.Barnier annonce cet après-midi renoncer à la hausse de la taxe sur l'électricité. Alors, suffisant? - Evidemment, ça va dans le bon sens. M.Le Pen le demande depuis des semaines. Les Français l'obtiennent parce que M.Le Pen a été inflexible là-dessus.

55:32

C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français. - Ca veut dire que vous ne censurerez pas le gouvernement la semaine prochaine? - Non. Evidemment. - Malgré les concessions, M.Le Pen maintient ses positions, avec un dilemme: faut-il prendre la responsabilité de faire tomber le gouvernement? - C.Roux: L'opposition de ces 2 images, la file pour les signatures de J.Bardella et les ennuis judiciaires de M.Le Pen, ça pèse. - S.Quemener: Ils ont commencé par dire, les gens proches de M.Le Pen, que c'est bien que J.Bardella sorte son livre à ce moment-là, que ça va attirer l'attention ailleurs. C'est vrai qu'il y avait des gens, dans la file d'attente. Il y a un plan B. Il est prêt, il joue le petit N.Sarkozy. - C.Roux: La mise en scène est assez proche. - S.Quemener: La couverture du livre, c'est J.Chirac. La mise en scène, c'est N.Sarkozy. Il y a une volonté de parler aux électeurs de la droite. J.Bardella espère cela.

57:00

En même temps, énormément de jeunes sont devant J.Bardella. C'est un candidat TikTok. Les jeunes ont appris à le connaître pendant la campagne des européennes sur les réseaux sociaux, en particulier TikTok, où il faisait des vidéos totalement apolitiques. C'est assez frappant, quand on connaît son positionnement. Il y a ces 2 images, qui sont à la fois une chance, comme le pense M.Le Pen, car c'est la 1re fois qu'elle a un dauphin et qu'elle sort de sa solitude des Le Pen. Quel politique vend 85 000 ouvrages aujourd'hui? C'est selon J.Bardella, mais il est indéniable que son livre part. - C.Roux: Dans cette opération censure, le RN joue gros? Ce peut être une forme de piège qui peut lui être reproché

57:42

si on entre dans une grosse instabilité politique? Est-ce que la ligne du RN est absolument calée sur ce dossier? - C.Michel-Aguirre: Les électeurs du RN sont très fidèles. Le noyau est très fidèle depuis très longtemps. On a un attachement à la ligne. Ca vient fissurer quelque chose, tout ce processus de cravate, de dédiabolisation, de notabilisation, face aux insoumis. Sur l'image, je pense que c'est plutôt sur la capacité à attirer plus les électeurs conservateurs,

58:26

libéraux, que J.Bardella lorgne à droite, que sur le fait de fissurer le bloc existant. - C.Roux: Avant de passer aux questions, je voudrais vous remercier. Hier, "C dans l'air" a été élu par un magazine télé... Vous me faites les gros yeux... - D.Seux: Les yeux doux. - C.Roux: Nous avons été élus le talk-show et l'émission d'actu préférée des Français. On vous remercie. Je vous remercie pour vos questions vidéo et pour les questions que vous nous posez tous les soirs. On y va pour vos questions. Question.

59:09

- D.Seux: Ce n'est pas 60 milliards d'économies. C'est 40 milliards d'économies et 20 milliards de hausses d'impôts. Il reste les hausses d'impôts pour les grandes entreprises et les plus aisés. Pour le reste, les économies, est-ce qu'on peut citer 3 économies? C'est assez difficile. Une qu'on a en tête, ce sont les 3 jours de carence pour les fonctionnaires en cas d'arrêt-maladie. L'essentiel des économies, ce sont des moindres hausses de dépenses. Ce ne sont pas des objets extrêmement identifiés. Sur les allégements de charges des entreprises, il y a un peu moins d'économies. Sur la revalorisation des retraites,

59:53

il y a un peu moins d'économies. On a du mal à identifier les objets lourds qui nous avaient été annoncés. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: C'est une fine remarque. Le gouvernement essaie de faire pression sur le PS pour dire que le parti de gouvernement ne peut pas avoir une situation où la France n'ait pas de budget. En réalité, on se tourne vers le RN car c'est le 1er groupe à l'Assemblée, qu'aucune concession majeure n'a été accordée à la gauche par M.Barnier, alors que les concessions majeures sont portées sur sa droite, et aujourd'hui, avec l'électricité, sur le RN. - C.Roux: Question. - S.Quemener: Il faut les voix des 66 députés du PS. C'est bien pour ça que le gouvernement essaye de mettre la pression au maximum sur les socialistes.

1:01:08

M.Bregeon, porte-parole du gouvernement, quand elle sort du Conseil des ministres, elle parle des socialistes. Les socialistes, c'est chez eux qu'E.Macron a grandi, que ce soit à l'Elysée ou comme ministre de l'Economie. Le groupe socialiste a beaucoup changé, à l'Assemblée. Celui qui symbolise ça, c'est F.Hollande, qui a répété ce matin qu'il voterait la censure. - C.Roux: Question. - D.Seux: Si on prend 3 minutes, on peut trouver des dépenses publiques qui nous distinguent des voisins. On dit toujours: "Citez des exemples..." Vous croyez qu'il y a beaucoup de pays dans lesquels

1:01:52

on donne un bonus réparation pour les semelles? Je ne crois pas. - J.Jaffré: C'est ça qui grève notre budget! - D.Seux: On a un âge de départ à la retraite plus précoce. Sur le régime de l'intermittence spectacle, on est plus généreux. On peut citer 10 sujets sur lesquels nous sommes atypiques, assez facilement. - C.Roux: Si on commence à s'y atteler, en général, ça se crispe. - D.Seux: Nous avons compris que les Français ne veulent pas faire même 1 milliard d'économies. Ca déclenche une tempête, un drame politique. Il faudrait faire beaucoup plus.

1:02:32

- C.Roux: Question. - C.Michel-Aguirre: Ce ne serait pas suffisant. Il y a quelque chose d'exemplarité. Cette année, dans le budget de l'Assemblée et du Sénat, qui est versé par l'Etat, les sénateurs et les députés avaient demandé une forte hausse. Ils ont réduit leurs exigences. - S.Quemener: M.Barnier, interrogé à ce sujet dans "Le Figaro", explique qu'il va falloir donner un peu moins d'argent aux anciens Premiers ministres. - C.Roux: Question. - D.Seux: Oui. En revanche, il n'y aura pas automatiquement la revalorisation prévue dans ce budget. - C.Roux: Merci. C'est la fin de cette émission. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine. Au programme? - A.-E.Lemoine: On va parler de la main tendue de M.Barnier vers le RN pour éviter la censure. On demandera à S.Rousseau, députée écologiste, de réagir. On interrogera aussi le regard du gynécologue I.Nisand sur le programme d'éducation à la sexualité retoqué par le gouvernement. On parlera des alertes des associations de consommateurs

1:03:57

avant le Black Friday. Après 20h, la queen A.Nakamura, star de la cérémonie d'ouverture