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interviewPublic Sénat· 18 mai 2026 26 min

France-Algérie : la début du dégel ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci beaucoup Alexandre, place au débat. La France et l'Algérie peuvent-elles s'entendre ? C'est le Gérald Darmanin arrive ce matin en Algérie avec plusieurs dossiers sur la table.

La lutte contre la criminalité organisée, le narcotrafic et le terrorisme mais aussi la détention du journaliste Christophe Glez, emprisonné depuis deux ans. Gérald Darmanin qui pourrait rencontrer le président algérien Tebboune. Sa visite marque-t-elle une nouvelle étape dans le dégel des relations entre Paris et Alger ?

Pour en parler, nous sommes avec Mathieu Soukir. Bonjour Mathieu. Merci beaucoup d'être là.

Yves Tréhard, directeur de la rédaction du Figaro. Bonjour Yves. Yves, est-ce qu'on assiste ces derniers jours à un apaisement, à un dégel des relations entre France et Algérie ?

On verra. Si jamais simple avec Algérie, les relations entre la France et l'Algérie, c'est toujours de la politique intérieure. C'est de la politique intérieure en Algérie, c'est de la politique intérieure en France.

On l'a bien vu avec les polémiques entre est-ce qu'il faut être dur, est-ce qu'il faut être plus souple, est-ce qu'il faut être discret, est-ce qu'il faut être bruyant, pour bien connaître l'Algérie et M. Tebboune lui-même, puisque j'ai eu le privilège, je ne sais pas si c'est un privilège, mais enfin, je l'ai longuement interviewé, j'étais un des seuls journalistes occidentaux à l'interviewer. Ça ne peut pas être simple, de toute manière, il vous fera toujours danser.

Je vais vous donner la première réponse qu'il m'a donnée à la première question que je lui posais à l époque. Il s'agissait des visas que, d'ailleurs, M. Darmanin, qui était ministre de l'Intérieur, avait réduits.

Vous savez, c'était, je crois, à la fin de l'année 2021 ou 2022. 2021. Réponse.

Monsieur Théboune, du président Théboune, tout souriant. Mais chère Yves, nous avons un bail de 132 ans chez vous. 1830, 1962, 132 ans.

Donc ils sont chez eux. Il estime qu'il est chez lui, en France, en réciprocité, si vous voulez. Ça sera jamais simple.

Alors après, il y a plein de sujets qui sont sérieux, importants et tout ça est sérieux. Il y a notamment un sujet sur lequel on n'a pas suffisamment insisté, à mon avis. C'est que l'Algérie, pendant quelques mois, quelques années, a perdu pied dans le renseignement au Sahel.

Et l'Algérie s'est isolée en même temps qu'elle s'éloignait et qu qu'elle avait une politique extrêmement dure avec la France, elle s'est coupée de beaucoup de sources d'informations, notamment au Sahel, vis-à-vis du gouvernement malien. Notamment. Et là, elle est en train de reprendre Donc je pense que l'Algérie a besoin de revenir sur la scène internationale, a besoin de rompre un peu son isolement.

Isolement qui s'était accentué aussi par le fait que que de plus en plus de pays aujourd'hui reconnaissent la marocanité, si vous me permettez l'expression, du Sahara occidental. Ce qui est d'ailleurs à l'origine de la brouille. Non, non, c'est une des origines.

Il y en a – Enfin, ça a accentué les tensions ces derniers mois, on va dire. Mathieu, une question. Qu'est-ce qu'elle représente aujourd'hui la visite de Gérald Darmanin ?

Est-ce que c'est le signe tangible d'un réchauffement entre les deux pays ? Oui, c'est une étape de plus. On verra, comme le dit Yves, en fait sur quoi ça débouche.

Alors je ne peux pas me prévaloir comme Yves d'une aussi bonne connaissance et de l'Algérie et de son président. Mais quand même, on constate qu'il y a eu des périodes de chauds, il y a eu des périodes de froid. Et depuis quelques années, c'est une période de grand froid.

Ça tient quand même essentiellement à la question du Sahara occidental. Ça tient pour partie aussi aux postures qui ont pu être adoptées par les uns et par les autres et en particulier quand même par notre précédent ministre de l'Intérieur, Retailleau, qui était un partisan de la fermeté plus que de la fermeté. Une forme d'agressivité quand même.

Et la question est toujours de savoir dans ces affaires, un comme le disait Yves, s'il s'agit de politique internationale, de diplomatie et on voit bien qu'on a un certain nombre de sujets à traiter de façon très concrète. Il y a le fonds historique, bien sûr, et ça, ça rendra l'affaire toujours complexe. Et puis il y a quand même un certain nombre de dossiers très opérationnels, y compris en matière sécuritaire.

Là, pour le coup, on avance avec une coopération judiciaire du côté de Darmanin et une coopération sécuritaire du côté de Laurent Nunez. En fait, on ne peut que s'en réjouir. Et nous allons rentrer dans le détail de ces dossiers puisque la visite, selon Gérald Darmanin, selon la chancellerie, elle a pour but d ouvrir un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre les deux pays.

Alors d'abord, nous allons parler de la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic. Plusieurs dirigeants de la DZ Mafia, organisation criminelle française, se trouvent en Algérie, qui pourraient également abriter des avoirs financiers liés au trafic de drogue. Est-ce que ces narcotrafiquants, ces derniers mois, ils ont profité des mauvaises relations entre Paris et Alger ?

Moi, je pense qu'elles sont vieilles, ces relations, elles ont toujours existé. C'est un véritable fléau, vous ne pouvez pas vous imaginer. C'est toute l'Afrique du Nord qui est mêlée à ce fléau.

C'est le Maroc, la vallée du Riff, c'est terrible. Les Riffins, c'est-à-dire le nord du Maroc, ils ne vivent que de ça. Ils ne vivent que de ça.

Ça devrait être un sujet presque de brouille entre le Maroc et la France. On allait jusqu'au bout. C'est très compliqué, très compliqué.

Parce qu'évidemment, c'est des populations entières qui vivent de ce commerce. Alors après, il y a le trafic, effectivement. Là, c'est la culture dans la vallée du Riff.

Le commerce, effectivement, il y a des liens en Algérie. Et c'est très, très difficile. Je pense qu'effectivement...

Alors moi, je n'ai pas les preuves, mais que la DZ Mafia a des connexions, c'est très vraisemblable et donc je pense que c'est une des raisons du voyage, enfin c'est un des sujets du voyage de monsieur Darmanin. Parce qu'on a besoin de l'Algérie pour être plus efficace dans la lutte contre le narcotrafrique. Oui alors ce problème c'est toujours pareil avec l'Algérie.

Toujours un prêté pour un rendu. C'est-à-dire que les Algériens réclament aussi certains de leurs ressortissants qui sont en France, qui pour des raisons politiques beaucoup sont ici et disent pique-pendre du régime algérien. Et donc l'Algérie voudrait qu'il soit extradé de France.

Enfin, c'est vraiment...

C'est du marchandage. Et ça ne peut être que du marchandage avec l'Algérie, je vais vous dire. Et c'est ce qu'elle va faire aujourd aujourd'hui, M.

Darmanin ? Personne ne doute du fait que la lutte contre le narcotrafic, qui est un problème nouveau, majeur, complexe, que cette lutte passe nécessairement par une coopération internationale et en particulier avec un certain nombre de pays voisins. Et là, en l'occurrence, on le sait, en tout cas, je ne le sais que parce que je lis la presse, mais on a bien compris que si Darmanin, pour son voyage, était entouré de quasiment une dizaine de hauts fonctionnaires de son ministère, c'était pour discuter, effectivement très précisément de dossiers très précis, nominatifs, étant entendu que certaines têtes de réseau, en particulier de la DZ Mafia, pouvaient être installées en Algérie, pouvaient éventuellement avoir la double nationalité et donc ne pas risquer d'être extra Donc c'est effectivement un problème de savoir que ces individus-là, fort dangereux, peuvent piloter leurs activités depuis assez loin.

On parle d'enjeux sécuritaires, mais en réalité l'Algérie a vocation à être un partenaire de premier plan pour plein de choses. Si c'est compliqué avec l'Algérie, ça tient effectivement non seulement à l'histoire, aux fameuses 132 années de colonisation qu'évoquait Yves, mais pas seulement. La relation entre la France et l Algérie, elle est unique d'une certaine façon.

Le binôme France-Algérie dans la situation internationale aujourd'hui, relativement unique. Le seul point de comparaison, ce seraient les Etats-Unis et le Mexique. L'imbrication entre deux histoires, entre deux peuples, entre deux pays, entre deux démographies et même deux économies, c'est à l'échelle de la France et l'Algérie que ça se joue.

L'Angleterre n'a aucune relation avec aucune de ses ex-colonies qui a la même connotation. Donc c'est quelque chose de très particulier le fait que nous ayons encore 3 millions de franco-algériens sur notre sol, mais quasiment une dizaine de millions en fait de Français qui ont des liens d'une certaine façon familial et culturel avec l'Algérie. Ça crée quelque chose de particulier.

Donc toute tension diplomatique en fait à l'Algérie, avec l'Algérie c'est potentiellement des tensions culturelles ou des tensions sociales chez nous. Donc sur chaque sujet et en particulier sur la sécurité, il est absolument indispensable en fait d'avancer avec l'Algérie. Mais Je voudrais revenir sur ce que vous avez dit Yves, sur le fait que ça va être donnant-donnant et que l'Algérie risque de demander des ressortissants ou des franco-algériens qui sont sur le sol français et qui selon Alger ont des positions politiques controversées.

On pense à ce qui s'est passé avec Boalem Sansal, on pense à Kamel Daoud. Est-ce que la France va se retrouver dans une position difficile selon les demandes d'Alger Non, pourquoi ? Non, la France, elle a...

Comme vous le savez, il y a Christophe Gleiz, dont on n'a pas parlé, qui a quand même emprisonné pour aucune raison. C'est un reporter d'un journaliste qui fait du reportage sportif. Il s'est retrouvé avec un reportage qu'il a fait à Tiziouzou.

Bon, il y a un problème avec les là-bas, qui est millénaire, j'ai envie de dire. Et il est millénaire, d'ailleurs. Non, on est...

C'est du...

Non, non, non ! C'est-à-dire qu'on a des Les ressortissants qui sont...

Enfin, on a Christophe Glez qui est prisonné là-bas. On a ici en Algérie, en France, il y a des Algériens qui sont retenus à juste titre sans doute. Je pense notamment à un agent consulaire qui a participé ou rapte d'un diplomate algérien.

Enfin bon, tout ça est très compliqué, tout ça est imbriqué et c'est pour ça que je dis que c'est du donnant-donnant. C'est évidemment du non-non-non-non. Mais il faut aussi ne pas oublier que l'Algérie est une autocratie, pour ne pas dire une dictature, dans laquelle M.

Gleize est enfermé mais dans laquelle il y a aussi des centaines d'historiens, de sociologues, de philosophes, d'écrivains algériens qui sont arbitrairement retenus. Il faut le dire, ça, parce qu'on oublie ça. Mais on n'est pas...

L'Algérie est une dictature. Il est emprisonné en Algérie parce que français ? Oui, je pense qu'il y a beaucoup de symboles là-dedans.

Il va devoir revenir, il va pouvoir revenir Gérald Darmanin avec des avancées sur le dossier Christophe Gleize, Mathieu ? Alors, j'ai entendu et Gérald Darmanin et Laurent Nunez hier être extrêmement prudents et considérer que ces sujets diplomatiques extrêmement complexes nécessitaient une très grande discrétion. et aucun des deux n'a en tout cas voulu manifester à ce stade d'optimisme j'ai l'impression qu'ils considèrent que le dossier peut cheminer et potentiellement déboucher favorablement mais personne ne prend de risque, ça prend un temps considérable, rappelons qu'il est donc condamné effectivement pour apologie de terrorisme absolument absurde, grotesque à cette année de prison et que donc évidemment chaque jour qui passe pour la détention d'un de nos concitoyens là-bas est quelque chose de tout à fait dramatique.

Les autorités françaises sont à l'oeuvre. Je me souviens encore une fois qu'au moment où Bruno Retailleau roulait des mécaniques, tous les diplomates disaient que ce n'était pas une bonne méthode pour essayer de faire avancer ce type de dossiers que là pour le coup la fermeté surjouée c'est contre-productif donc espérons que la discrétion sera davantage efficace sur christophe glaise on est à un mois de la coupe du monde est ce que ça peut être une fenêtre pour l'algérie cette coupe du monde l libération de christophe glace ne serait -ce que pour vouloir se donner une bonne image oui enfin il n'y a pas que ça il ya la fin de l'aïd aussi il va y avoir l'aïd plutôt l'aïd la fête de l'aïd qui est une fête qui va bientôt avoir lieu c'est on pense plutôt à ça à la fête de l'aïd qui pourrait permettre à c'est pour ça qu'il n'a pas fait appel parce que il aurait pu faire appel de sa décision de sa condamnation il a refugié de l'affaire pour que le pouvoir de grâce exercée par le président de la république puisse l'être. Donc on va voir, mais...

Et la fête de l'Aïd, c'est une année de four et grasse ? La fête de l'Aïd, effectivement, l'arrivée du mondial pour lequel l'Algérie est qualifiée, ça peut éventuellement jouer. Autre dossier sur la table, la lutte contre le terrorisme, la sécurité de la France, Mathieu, elle se joue aussi en Algérie ?

Alors oui, bien sûr, il y a le sujet des OQTF, dont on a a compris que Gérald Darmanin voulait absolument parler. Depuis qu'il y a gel diplomatique sur cette affaire de l'exécution des OQTF, il n'y en a plus du tout. Il y en avait quelques milliers avant quand même qui se traitaient, ce qui n'est pas énorme, mais au moins c'était mieux que rien.

On se plaint régulièrement des taux d'exécution de nos OQTF, là précisément le gel diplomatique avec l'Algérie aboutit à ce qu'on ne puisse plus rien faire en la matière. Ça a repris, mais très légèrement. Laurent Nunez faisait état de 150... 140 reconduites, oui, depuis le début de l'année. garantit l'efficacité des politiques que nous pouvons mener au niveau national. cette question des OQTF, Yves, sur la lutte contre le terrorisme.

Vous nous disiez tout à l'Algérie avait un peu perdu sa puissance de renseignement au Sahel. Est-ce que la brouille France-Algérie, elle a eu aussi des effets sur la coopération antiterroriste et est-ce que là aussi la France a besoin de l'Algérie, l'Algérie a besoin de la France ? Oui alors ce qui s'est passé c'est que si vous voulez il y a un autre pays qui est capital dans la lutte contre le terrorisme et dans le renseignement c'est le Maroc.

C'est probablement un des meilleurs service de renseignement antiterroriste du monde, et ils sont très bien infiltrés. Le Maroc aujourd'hui est un des pays les plus puissants d'Afrique sur le plan économique, sur le plan du renseignement, sur le plan Donc, le Maroc avec lequel on a été fâchés et ça nous a porté, ça a été un préjudice énorme pour justement, pour le renseignement antiterroriste chez nous. Et donc là, on s'est réconcilié avec le Maroc de ce point de vue et sur ce front.

Avec l'Algérie, il semblerait, et c'est aussi un des objectifs, même si le patron du parquet antiterroriste ne va pas à Alger, il ne fait pas partie des magistrats qui sont prévus dans la délégation. Mais il est certain qu'on a besoin des Algériens pour en savoir davantage sur ce qui se passe au sud de l'Algérie, au début du Sahel et effectivement à l'heure où le Mali est en train de sombrer encore une fois, c'est bien quand même qu'avec l'Algérie on soit dans de meilleurs termes. Parce que je pense que l'Algérie a repris pied justement dans le Sahel.

Oui, pardon, Yves a raison de dire que le Maroc effectivement est en pointe sur les questions de renseignement, a sans doute raison de dire que l'Algérie a pour partie reculé, mais ça reste en matière de renseignement et en matière sécuritaire, en réalité une puissance tout à importante et un partenaire décisif pour un pays comme la France sur la question des oqtf les obligations de quitter le territoire français vous le disiez mathieu les ça a repris les expulsions repris depuis la visite de laurent d'unez c'était en février dernier on va justement la coopération policière la coopération en matière de renseignement pour donc densifier ces relations reprendre des relations de sécurité normales et les relations ont donc repris, Laurent Nunez l'a firmé il y a encore quelques jours. C'est la preuve que la ligne de Laurent Nunez, qui est plus diplomatique, moins sur la ligne de fermeté que Bruno Retailleau, finalement c'est la bonne ou pas Mathieu ? En tout cas, il est objectif de constater que cette ligne-là permet de renouer un dialogue et d'espérer, en tout cas, en termes de chiffres sur les OQTF, avoir des résultats supérieurs à ceux qui, par définition, étaient nuls, étaient à zéro parce qu'il y avait gel diplomatique.

Donc, je constate encore une fois que la fermeté dont Bruno Retailleau a voulu faire preuve, sans aucun doute avec, encore une fois, des considérations politiques nationales, n'a pas donné de grands résultats. Voilà. Donc, on verra si la diplomatie et le profil bas de nos dignitaires aujourd'hui affichés garantis davantage de résultats.

Mais ces dernières années, en tout cas, le bilan était nul. La ligne de fermeté, c'est pas la bonne avec l'Algérie Il faut être ferme, mais il faut être ouvert aussi. Enfin, je veux dire, c'est les deux.

Vous pouvez pas...

Il y a trop, si vous voulez, le poids de l'histoire est tel. J'ai bien aimé tout à l'heure la comparaison. c'est un des seuls pays, la relation franco-algérienne elle est unique, enfin je veux dire dans le monde il n'y a pas avec le nombre de ressortissants algériens ou d'origine algérienne ici, on a une histoire qui est tellement un briquet.

Je vous rappelle que l'Algérie, c'était la France. C'était trois départements français revendiqués. Donc c'est pas rien.

Enfin, je veux dire, ce poids de l'histoire est énorme. Et une guerre terrible à la fin, en Oui, il y a eu une guerre terrible. Et alors ?

Il faut être ferme parce que, comme je vous l'ai dit, les Algériens nous font danser et nous feront toujours danser. Mais il faut quand même être très ferme en ayant des exigences, mais en gardant le dialogue ouvert. Parce que si vous fermez le dialogue...

Mais très ferme, c'est quoi ? Très ferme, c'est la ligne Retailleau ou très ferme, c'est la ligne naise et la bonne ? Non, mais il n'y a pas c'est ni l'une ni l'autre.

C'est une ligne disant aux Algériens qu'on ne peut pas accepter certains de vos caprices, parce que ce sont des caprices qui sont dues et qui sont expliquées pour eux, parce qu'ils agitent toujours le chiffon de la colonisation dès que ça va mal à l'intérieur de leur pays. et, par ailleurs, on a besoin d'eux quand même, par exemple pour la lutte contre le terrorisme, c'est évident. Pour l'immigration, on a besoin d'eux.

Rendez-vous compte que toute immigration subsaharienne elle passe par l'Algérie, elle passe par le Tunisie, elle passe par le Maroc. Et on a besoin d'avoir des accords avec ces pays-là pour qu'ils ne soient pas des passoires, pour qu'ils fassent aussi le travail de retenue de l'immigration illégale. On a besoin d'avoir une relation avec le sud de la Méditerranée.

Je ne comprends pas comment on ne peut pas comprendre que d'ici à 2050, vous vous aurez 2 ,5 milliards d'Africains. La population va quasiment doubler. – Mais qui ne comprend pas ? – Il faut maintenir des lignes et des lignes de dialogue avec ces pays là et même contrairement juste mathieu vous fait réagir mais contrairement à ce que dit le rassemblement national on va écouter il faut peut-être il faut peut-être dénoncer les accords de 68 ça c'est clair il faut revoir tout ça parce que tout ça c'est c'est dépassé mais pour autant il faut dialoguer on va écouter ce que dit laurent jacobet de lit le porte parole du rassemblement national c'était hier sur france info tant mieux si la voie diplomatique est utilisée mais à quelle fin est-ce que nous allons continuer sur le chemin de la repentance, est-ce que nous allons accepter ad vitam aeternam que l'Algérie refuse de reprendre ses concitoyens qui vivent en France et qui ont violonné l'Oise, les fameux OQTF, ceux qui sont obligés de quitter le territoire Arrêtons la diplomatie de la courbette.

Essayons la diplomatie de la fermeté. On est dans la diplomatie de la courbette ? On a essayé la diplomatie de la fermeté, et d'ailleurs la fermeté en diplomatie ça marche pas toujours et pourquoi dans la courbette en l'été on est dans le dégel on essaye de renouer on sera bon sur le volet sécuritaire en particulier si on est bon de façon globale dans l'appréhension d'une relation apaisée avec l'Algérie.

Et ça veut dire, pour le coup, des liens sur à peu près tous les sujets et des liens renforcés sur à peu près tous les sujets. Rappelons que l'Algérie était par définition une zone d'influence et même une zone de domination de la France et qu'en matière de zone d'influence, on a sévèrement reculé. En matière économique, par exemple, c'est tragique.

La Chine, en tout cas, est devenue évidemment le premier partenaire commercial de l d'Algérie. La Russie est un partenaire militaire tout à fait installé. La France recule, l'Italie, la Turquie deviennent des concurrents très durs.

La France a intérêt au contraire à renouer et à renforcer ses liens, y compris dans le contexte d'aujourd'hui, à cause de la question énergétique. Le gaz, le pétrole algérien, ça intéresse la France. Mais au-delà de ça, le marché algérien, ça intéresse la France.

Suez est sortie d'Alger sur le marché de l'eau. La RATP est sortie sur le marché du transport. ADP, pareil, sur l'aéroport.

Donc la zone d'influence que la France pouvait avoir en Algérie hier, ce n'est plus la même affaire. Et ça ne peut revenir...

Réalisme, pratmactisme et pas sentimentalisme. Oui, mais même coopération renforcée. On recule, il faut améliorer, il faut renforcer la coopération.

Et ce n'est pas de la courbette, c'est juste de la proximité, y compris au nom de l'histoire ancienne et aujourd'hui au nom des intérêts des deux pays. Votre interview du Président Théboune, est-ce que la France est un élément de politique intérieure pour lui qui va rendre le dégel compliqué ? Bien sûr.

Le Président Théboune est dans une situation extrêmement fragile. On est en Algérie, puisque, comme vous ne le savez peut-être pas, le régime est tenu par l'armée. C'est l'armée qui aujourd'hui, plus que jamais d'ailleurs, tient le régime algérien, qui est un régime extrêmement compliqué, avec un état profond qui tient ses particuliers et qui est né du FLN, c'est-à-dire du Front de Libération Nationale, qui est toujours la pièce maîtresse du dispositif algérien.

Et M. Tebboune n'est arrivé au pouvoir qu'à la faveur du Irak. Vous savez, c'était ce mouvement populaire qui est né au tournant des années 2020 et qui a été interrompu par le Covid, mais qui était une espèce de printemps arabe soft pour l'Algérie.

Très particulier comme mouvement, qui n'était pas du tout un mouvement agressif, mais qui a coûté quand même le pouvoir à Bouteflika, qui était le prédécesseur de M. Théboune. M.

Théboune a été réélu récemment président avec un taux d'abstention qui est de l'ordre de 70%, même plus que ça. C'est-à-dire que le rapport entre le pouvoir et les Algériens est très particulier. Il y a une défiance vis-à-vis du pouvoir algérien qui est énorme, mais le pouvoir algérien arrive à se maintenir justement en agitant le nationalisme en disant, bon, c'est méchants français qui nous attaillent. – Donc il entretient le ressentiment vers la France ? – Bien sûr, ils l'ont tous entretenu, tous les présidents l'ont entretenu.

Et c'est toujours la faute de la France, Les insuffisances du régime algérien, parce que c'est un pays qui a beaucoup de ressources, contrairement à d'autres, notamment le gaz d'acier Armel. C'est un pays qui qui a une population, une jeunesse qui est assez dynamique, mais qui est au chômage quasiment. C'est un pays qu'il ne s'est absolument pas développé.

Parce qu'il a misé...

Ça c'est de la faute des premiers dirigeants algériens, c'est-à-dire Waribou Medienne, qui était le premier président algérien, enfin le deuxième après Ben Bela, et qui a infligé un régime soviétique à son pays avec une industrialisation qui est une industrialisation massive et du coup il s'est pas du tout développé, en plus avec ce socialisme très peu ouvert, il s'est pas développé au tourisme comme le Maroc, il s'est pas développé à plein de secteurs qui aujourd'hui lui font défaut. Donc ça va être un peu compliqué du côté d'Alger, est-ce qu'Emmanuel Macron lui il a intérêt à terminer ses mandats sur la résolution de la crise avec Alger ? Alors il y aurait une cohérence à le des affaires.

Rappelons qu'il avait au moment de sa campagne de 2017 parlé donc de la colonisation comme un crime contre l'humanité. Il a affiché ensuite de façon relativement constante une volonté de travailler, de contribuer à cette réconciliation entre les deux pays. Il a même commandé à un historien de renom, Benjamin Stora, un rapport qui n'a pas été suivi des faits mais qui avait été à l'époque très mal reçu par les autorités algériennes, par l'Algérie.

Je ne sais pas pourquoi on parle de repentance. Alors courbette, repentance dans le discours d'un dignitaire du Rassemblement National c'est normal mais en fait je ne sais pas pourquoi on parle de repentance. Il y a une histoire complexe qui tient effectivement à un passé douloureux, conflictuel et douloureux.

Et je n'arrive pas à comprendre pourquoi Emmanuel Macron n'est pas allé au bout de ce qu'il avait affiché comme ambition. Je ne sais pas pourquoi il ne fait pas ce que d'une certaine façon Chirac a fait en s'excusant implicitement auprès de la communauté juive nationale avec l'affaire du Veldiv. Je ne sais pas pourquoi on ne va pas un peu plus loin et pourquoi la France ne se trouve pas en capacité de présenter ses excuses effectivement à l'Algérie pour ce passé.

Je ne vois pas en quoi on peut – Emmanuel Macron a refusé de faire. – Oui, je ne sais pas pourquoi on peut. On qualifie cela de repentance et à ce stade, on ne se sent pas en capacité et avec la force de le faire.

Je ne vois pas ce que ça coûte et je vois au contraire ce que ça pourrait rapporter. – Il nous reste 10 secondes. Une visite d'Emmanuel Macron en Algérie, c'est envisageable ?

Ou une visite du président Théboune en France ? Oui, ça me paraît un peu compliqué quand même. Je crois que le président de la République, il aurait bien fait, mieux fait.

Il ferait mieux d'aller à Beyrouth aujourd'hui. Ça serait bien plus utile. Merci beaucoup à tous les deux.

Merci, Fréard. Merci, Mathieu Souquier d'avoir été avec nous pour ce débat. Merci à tous de nous avoir suivis.

On se retrouve demain. Très bonne