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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 9 novembre 2016 7 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalÉconomie & entreprises

MÉLENCHON - ÉLECTIONS AMÉRICAINES - VICTOIRE DE TRUMP

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Cette victoire de Donald Trump, vous l'aviez vu venir ?

  • 0:45OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça vous fait peur ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Vous pensez que vous pourriez être un des bénéficiaires de ce rejet du système ?

  • 3:30RelanceÉludée

    Est-ce que vous ne pensez pas finalement qu'à être diabolisé, comme vous dites, vous allez pouvoir en bénéficier ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Il a commencé à dire ça, mais vous avez remarqué que c'est un changement de discours.

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Vous comprenez très bien cette victoire, elle ne vous fait pas peur et vous allez voir…?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:15JLMFait
    « Je fais partie de ceux qui pensaient que ça allait mal tourner l'affaire Clinton. »
  • 2:30JLMFait
    « Trump représente bien la mentalité de la droite populaire, et Mme. Clinton ne représente pas du tout la gauche populaire. »
  • 6:00JLMFait
    « Ce type est censé incarner la droite absolue et la première chose qu'il dit c'est que ce qui est important c'est de faire fonctionner les hôpitaux et de réparer les ponts. »
  • 8:00JLMFait
    « En 2012, ça se terminera entre Mme. Le Pen et moi, eh bien j'ai l'impression qu'on en prend le chemin. »
  • 9:00JLMFait
    « M. Hollande était le premier Clintonien en France dans les années 80. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

MOF : Il est l'invité de cette émission spéciale d'RTL Soir, Jean-Luc Mélenchon, bonsoir. JLM : Bonsoir. MOF : Coup de tonnerre, donc, sur l'Amérique et le monde.

Tout d'abord Jean-Luc Mélenchon, cette victoire de Donald Trump, vous l'aviez vu venir ? JLM : Bon, après coup on peut toujours dire ce qu'on veut, mais je fais partie de ceux qui pensaient que ça allait mal tourner l'affaire Clinton. Mais il faut prendre un peu de la hauteur.

En fait il y a un espèce de "moment populaire" dans le monde. Et dans tous les pays on assiste invariablement au même scénario, c'est-à-dire que la "bonne société" dite "de gauche", hein, privilégie quelqu'un, une personnalité parfumée, et coupe la route aux milieux populaires. On leur dit : "Voilà, c'est ça qu'il y a à manger, et rien d'autre".

Si bien que ce peuple populaire se démobilise et la droite populaire, elle, se mobilise. Et c'est ce qui s'est passé. Vous savez, M.

Trump il a très bien mobilisé la droite populaire. Il y a toujours eu une droite populaire dans tous les pays du monde. Donc Trump représente bien la mentalité de la droite populaire, et Mme.

Clinton ne représente pas du tout la gauche populaire. Et c'est exactement ce qui se passe dans tous les pays. MOF : Mais pour vous, est-ce que ça vous fait peur ?

François Hollande dit que maintenant on entre dans une période d'incertitude, Alain Juppé pointe les risques que la démagogie et l'extrémisme font courir à la démocratie. Il n'y a que Marine Le Pen pour l'instant qui dit que c'est une bonne nouvelle pour la France. Vous, vous dites quoi, Jean-Luc Mélenchon ?

JLM : Bah, je pense que tous ces gens parlent à tort et à travers. Il faut partir de ce qu'attendent les gens. Ils ne demandent pas monts et merveilles, ils demandent juste de pouvoir gérer leur propre existence.

MOF : Oui mais chacun amène sa réponse, Jean-Luc Mélenchon. Alors, il y a le système d'une certaine manière qui amène sa réponse, et puis finalement on présente les "candidats anti-système", d'un côté vraiment à l'opposé, mais Marine Le Pen et vous. Vous pensez que vous pourriez être un des bénéficiaires de ce rejet du système ?

JLM : Elle le serait certainement, parce qu'elle incarne mieux la droite populaire que d'autres, hein. C'est clair. Par exemple si c'est M.

Juppé, le candidat des Républicains, il est clair que Mme. Le Pen va faire un bon en avant. Bon, de notre côté, nous, vous avez bien vu quel sort m'est réservé, enfin M.

Fogiel, vous êtes un observateur. Je suis diabolisé du matin au soir ! Parce que, pour certains c'est pire de me voir moi que n'importe quoi d'autre.

MOF : Mais justement, diabolisé finalement c'est ce qu'a été Donald Trump, il en a bénéficié. Est-ce que vous ne pensez pas finalement qu'à être diabolisé, comme vous dites, vous allez pouvoir en bénéficier ? C'est pas la leçon que vous tirez ce soir, ça Jean-Luc Mélenchon ?

JLM : Non, non, non ! Moi je n'aime pas les situations comme ça où on ne raisonne plus et où on se laisse emporter par les passions. Moi j'ai pas envie d'être diabolisé, j'ai juste envie qu'on comprenne ce que je propose et savoir si c'est bon pour le pays.

Alors après M. Juppé et M. Hollande eux aussi disent "Ah, c'est un danger, bla bla bla bla !" Mais c'est eux le danger !

En quoi M. Trump est-il un danger pour nous ? Vous vous rendez-compte où on en est, M.

Fogiel ? Ce type est censé incarner la droite absolue et la première chose qu'il dit c'est que ce qui est important c'est de faire fonctionner les hôpitaux et de réparer les ponts. Mais d'habitude, c'est nous qui disions ça !

MOF : Il a commencé à dire ça, mais vous avez remarqué que c'est un changement de discours. Jusque-là il avait plutôt un discours xénophobe, misogyne, et c'est ce discours là qui faisait peur, Jean Luc Mélenchon ? JLM : Il racontait des choses sexistes odieuses, mais là-bas la culture du machisme est extrêmement répandue, c'est pas ça que remarquaient les gens.

Ils entendaient ce type leur dire : "Ben nous on va réinstaller les usines aux Etats-Unis, etc etc". Alors quand vous êtes le pauvre diable de tel ou tel endroit, bah vous entendez quelqu'un qui vous dit qu'il va vous rendre du travail, hein, ben vous l'écoutez… MOF : Vous comprenez très bien cette victoire, et j'entends ce que vous me dites, M. Mélenchon, elle ne vous fait pas peur et vous allez voir…?

JLM : Elle ne me fait pas peur parce que moi, je m'occupe de la France. Si je veux qu'à mon tour on dise si c'est moi le Président des Français, eh bien vous devez me respecter, il faut que j'en fasse autant avec les autres. Ce que je dis à tout le monde, c'est qu'il faut tirer des leçons et pas utiliser la situation.

Tirer des leçons, c'est balayer devant sa porte, moi je dis que, en proposant Mme Clinton pour représenter les progressistes, eh bien on a empêché le peuple progressiste, le peuple de gauche d'avoir sa représentativité. MOF : Donc là, c'est un message adressé au PS d'une certaine manière et quand Jean Christophe Cambadélis dit : "La gauche est prévenue, continuons nos enfantillages irresponsables et ce sera Marine Le Pen à l'Elysée", vous lui répondez de balayer devant sa porte, c'est ça ? JLM : Mais je vous réponds que c'est pas une manière de parler aux gens, enfin.

Les enfantillages de qui ? De quoi ? En quoi sont-ce des enfantillages ?

Je suis en opposition sur leur politique économique, je devrais y renoncer et leur dire bravo et merci ? Et je trouve que M. Cambadélis a une manière de nous parler qui est invraisemblable, enfin qu'est-ce qu'on doit faire ?

Arrêter et se mettre en rang derrière lui ? Bah, il peut toujours courir, on ne le fera pas. Et au contraire, on ne le fera pas parce que ça va être le moyen d’empêcher que le pire n'arrive dans notre pays.

MOF : Mais est-ce que vous craignez clairement après cette victoire d'hier que d'une certaine manière les cartes soient rebattues en France et qu'on soit les prochains sur la liste des populistes et que clairement Marine Le Pen arrive au pouvoir ? Est-ce que vous avez l'impression que ça va renforcer Marine Le Pen ? JLM : Ca dépend de ce qu'on entend par "populiste".

Et puis il faut arrêter de mettre Mme. Le Pen à tous les repas, on en a déjà parlé 3 ou 4 fois ! En quoi serait-elle plus importante que d'autres dans cette situation ?

MOF : Bah la colère des déclassés, des sans voix, c'est là-dessus qu'elle fait campagne. JLM : Oui, oui et M. Sarkozy ?

Et M. Juppé ? Vous ne croyez pas que c'est des catastrophes au moins égales ?

Alors eux, ils sont bienveillants pour le peuple ? Mais vous plaisantez ! Et ces gens-là, non, ça ne compterait pas, il suffirait d'avoir peur de Mme Le Pen pour réfléchir.

Je pense que c'est le contraire, plus on a peur de Mme. Le Pen, moins on réfléchit. Mais vous savez, il fallait se réveiller avant, ça n'a pas commencé par Trump.

Eh bien ! Oui, la menace d'extrême droite existe pour tout le monde et pour nous les Français aussi Mais il n'y a rien qui nous tirera d'affaire autre que notre réflexion. Pas la peur ni les troupeaux bêlants derrière les bons pasteurs genre Cambadélis, Hollande, Valls, ou que sais-je encore, qui ont amenés le pays dans l'état dans lequel il est.

Enfin c'est quand même ça le point de départ ! MOF : Est-ce que vous, ce soir, d'une certaine manière, vous reprenez aussi des forces après cette victoire, puisque l'un et l'autre, vous représentez bien la colère des déclassés et des sans voix. C'est la leçon qu'on peut en tirer quand même ce soir ?

Est-ce que je peux dire ça, Jean Luc Mélenchon ? JLM : Vous pouvez le dire parce que je l’espère mais je ne suis pas du tout sûr que cela se fasse. Cependant je vois bien que depuis ce matin, je reçois beaucoup de messages de gens me disant "Surtout ne changez rien, finalement, c'est vous qui aviez raison".

Bon, je ne veux pas dire que c'est un phénomène de masse mais je l'observe. C'est-à-dire que plein de gens sont en train de se rendre compte que ce n'est pas une solution de reconduire toujours les mêmes systèmes, les mêmes idées, parce que c'était ce qu'est Mme. Clinton !

Enfin, rendez vous compte de la tête que fait un travailleur, un salarié américain, une pauvre femme qui a trois emplois par jour, quand on lui propose pour la représenter une milliardaire qui leur explique qu'il n'y a rien au-dessus de la mondialisation, que bravo, il faut que les marchandises continuent. MOF : Sauf qu'ici en France, celui qui représente le gauche, en tout cas aujourd'hui, c'est François Hollande, on ne peut pas le comparer a Hillary Clinton, on ne peut pas les mettre sur le même plan ? JLM : Mais si on peut les mettre exactement sur le même plan parce que, je vous l'apprends peut être, et je ne vous en veux pas de ne pas le savoir, mais M.

Hollande était le premier Clintonien en France dans les années 80, c'est moi qui ai exhumé les textes de cet homme à l'époque ou il était branché sur les débuts de Clinton, c'est-à-dire tous ces gens qui ont droitisé la gauche au point de la rendre de droite ! Mais ça, c'est la famille Clinton qui a commencé ça ! Donc on voit bien que ces gens-là sont les premiers fourriers de la catastrophe qui arrive ensuite, et qu'ils ont le culot de reprocher aux autres.

MOF : Donc la leçon, pour conclure, Jean Luc Mélenchon, à la victoire de Trump, ici en France, il faut apporter une candidature bien plus à gauche et c'est ça qui fera la différence, en fait ? JLM : Mais à gauche, vous savez ici, l'étiquette est devenue frauduleuse, hein ? Mais j'avais dis en 2012, ça se terminera entre Mme.

Le Pen et moi, eh bien j'ai l'impression qu'on en prend le chemin et c'est tant mieux parce que à la fin, vous le savez, ce sera moi ! MOF : Merci à vous, Jean Luc Mélenchon, d'avoir été avec nous ce soir dans cette édition spéciale.