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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 14 avril 2024 60 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesTravail & emploiSécurité

Déficits : pourquoi Macron, le "Mozart de la finance", est dans la mouise

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 26 %Attaque 57 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:12OuverteRéponse directe

    Comment interpréter ce coup de pression des Républicains avant les Européennes ?

  • 11:36OuverteRéponse directe

    Peut-on imaginer une alliance LR-RN à court terme ?

  • 28:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que je voulais que tu réagisses sur cette majorité sociologique qu'on a vue lors de la bataille des retraites mais qui n'a pas empêché la victoire du camp Macron ?

  • 36:06OuverteRéponse directe

    La Macronie et les droites ont-elles eu raison de parler d'ensauvagement ?

  • 42:46OuverteRéponse directe

    Faisons-nous face à un phénomène de société généralisée ? Si oui, quelle en serait la cause et quelles peuvent être les solutions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:03Locuteur non identifiéChiffre
    « le gouvernement et M. Macron ont dilapidé depuis 2017 à hauteur à peu près de 60 milliards par an »
  • 3:27Locuteur non identifiéChiffre
    « ma commission avait adopté plusieurs amendements, y compris avec des membres de la majorité, notamment du Modem, à hauteur de 15 milliards d'euros »
  • 21:40Invité politiqueChiffre
    « 84% des Français sont favorables à une solution qui passerait par la taxation des super profits »
  • 21:47Invité politiqueChiffre
    « 76% par une augmentation des impôts uniquement pour les plus riches »
  • 21:51Invité politiqueChiffre
    « seulement 11% pour une augmentation des impôts de tous les Français »
  • 29:30Invité politiqueChiffre
    « L'URSSAF dit qu'il y a 73 milliards d'exonérations de cotisations sociales en 2023. »
  • 29:40Invité politiqueChiffre
    « On nous a dit un million d'emplois, les économistes, effectivement, disent qu'il y en a eu au moins, au maximum, peut-être 100 000. »
  • 29:57Invité politiqueChiffre
    « 93 milliards de niches fiscales. »
  • 30:10Invité politiqueFait
    « Vous en avez 11 milliards, par exemple, sur favoriser des investissements dans les énergies fossiles, c'est-à-dire investir dans notre mort collective. »
  • 36:35Invité politiqueFait
    « 1949. »
  • 37:44InvitéChiffre
    « 30,5 pour Bardella qui monte et 16,5 pour Ayet qui descend. »
  • 41:04Locuteur non identifiéFait
    « l'agression de Samara à Montpellier. »
  • 42:14Invité politiqueFait
    « Placée en coma artificiel dans le premier temps, Samara en est désormais sortie. »
  • 42:20Locuteur non identifiéFait
    « Shamseddin, 15 ans, rouée de coups et tuée à Véry-Châtillon. »
  • 50:19Invité politiqueFait
    « vous regardez ce que disaient aussi les sociologues quand ils interrogent des jeunes qui ont participé à des phénomènes de bandes des phénomènes de violences »
  • 50:59Invité politiqueFait
    « la question c'est encore une fois quel est le cadre dans lequel s'insert ces individus »
  • 51:28Invité politiqueFait
    « Gabriel Attal qui nous dit conseil de discipline pour les gens en primaire »
  • 56:35Invité politiqueFait
    « la France a-t-elle un problème avec ses auteurs et autrices ses penseurs et penseuses sinon noirs du moins issus des départements et régions d'outre-mer »

Temps de parole

  • Invité politique47 %
  • Invité45 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Il faut quand même en terminer avec cette espèce d'hystérisation collective sur la dette.

0:06
Invité politique

Une part immense de l'électorat d'Emmanuel Macron en 2022 est basée sur la récupération de celui de l'électorat Fillon.

0:11
Invité

C'est quand même dingue qu'on aille puiser dans cette caisse-là pour aller éponger les dettes des cadeaux en partie fausse d'entreprise.

0:18
Invité politique

Le fait que le Rassemblement National apparaisse aujourd'hui comme moins dangereux comme vote, c'est parce qu'il a systématiquement eu des brevets de respectabilité donnés par le pouvoir.

0:25
Invité

Non, la France n'est pas un coup de gorge. Non, les collèges ne sont pas des coups de gorge.

0:30
Invité politique

Gabriel Attal qui nous dit conseil de discipline pour les gens en primaire, mais ça n'a aucun sens. Oui à toutes et à tous, vous êtes sur Le Média et vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Vous vous préparez à regarder une nouvelle édition de Sans langue de Gois, le débat hebdomadaire qui met Françoise de Gois, journaliste, chroniqueuse pour plusieurs médias, ancienne conseillère politique qui se considère comme rose vif face à un contradicteur. Et comme souvent, elle est face à Paul Elec, analyste politique pour Le Média.

Au sommaire, aujourd'hui, la controverse autour des déficits publics sera-t-elle celle qui va finalement faire tomber, sinon Emmanuel Macron, du moins le pouvoir macroniste ? En tout cas, alors que la gauche accuse le gouvernement de vouloir faire payer la note à la population, la droite LR menace l'exécutif d'une motion de censure, s'il ne satisfait pas un certain nombre de conditions quasi impossibles qu'elle lui impose. Sera-t-elle prête à aller jusqu'au bout alors qu'Emmanuel Macron, Gabriel Attal et la liste de renaissance en vue des européennes sont au plus bas dans les sondages ? Si oui, à qui cela profitera-t-il ? On en parlera.

On évoquera également les débats sur ce qui est décrit comme une explosion des violences en milieu scolaire et plus généralement parmi les jeunes, suite à l'assassinat de Shamseddin à Virichatillon et à l'agression de Samara à Montpellier. La Macronie, la droite et l'extrême droite ont-elles raison quand elles parlent d'en sauvagement ? Les faits divers sont-ils devenus des sujets politiques surinvestis par une partie du spectre politique français ? Françoise nous parlera également, si on a encore du temps, de son coup de cœur, son hommage à la romancière guadeloupéenne Marie Scondé, décédée le 2 avril. Salut Françoise, salut Paul. Salut Théo, salut Paul. Salut.

Présenté comme un Mozart de la finance, Emmanuel Macron tombera-t-il sous les coups d'une droite qui a l'occasion de le présenter comme un mauvais gestionnaire en raison de l'aggravation des déficits publics et menace de lui coller une motion de censure ? Une chose est sûre, c'est que le pouvoir est pris en sandwich entre deux oppositions qui ne sont pas d'accord avec lui et qui ne sont pas d'accord entre elles sur la manière de traverser la crise des déficits. À gauche, on met en garde un pouvoir qui semble vouloir faire payer la note de cette méforme budgétaire à la population et aux plus précaires et on a ses propres solutions.

2:52
Locuteur non identifié

À partir du moment où c'est les recettes qui baissent, il serait peut-être temps de permettre à l'État de récupérer une partie de l'argent que le gouvernement et M. Macron ont dilapidé depuis 2017 à hauteur à peu près de 60 milliards par an. Et je l'ai dit souvent au profit des plus riches de nos concitoyens sans qu'il n'y ait aucun effet de ruissellement puisque c'était la justification du gouvernement. Donc nous nous proposons des choses qui ont été déjà adoptées à l'Assemblée, c'est-à-dire des taxations des super-profits.

Je rappelle que ma commission avait adopté plusieurs amendements, y compris avec des membres de la majorité, notamment du Modem, à hauteur de 15 milliards d'euros lorsque nous avions pu voter lors de la dernière loi de finances. Mais aussi de revoir en gros la question des aides publiques et des niches.

3:41
Invité politique

Chez les Républicains, on menace et on fixe trois lignes rouges au pouvoir. Non à toute augmentation de prélèvement obligatoire, non à la désindexation des retraites et non les dépenses de santé ne doivent pas constituer la variable d'ajustement des errances gouvernementales. Sinon, motion de censure, ORN, on se dit disposé à suivre LR sur ce coup s'il se concrétisait.

4:03
Locuteur non identifié

Nous la voterons, évidemment. Nous sommes dans une situation d'urgence. La situation des comptes publics est très grave. Nous avons fait une réunion avec M. Le Maire, M. Casenav à Bercy, soi-disant pour voir les économies. Ils n'ont présenté aucune économie au parti de l'opposition. Ils n'ont strictement rien proposé. C'était très aimable. On nous a proposé un café et des petits fours. Moi, je n'étais pas venu pour ça. J'étais venu savoir comment on allait protéger l'argent des Français. Donc vous dites qu'il faut que ça tombe avant les européennes pour que les Français le sachent ? Il faut un électrochoc. Il faut mettre ce gouvernement face à ses responsabilités. Il faut le censurer.

Ils sont en train de ruiner la France.

4:34
Invité politique

Alors, Françoise, cap ou pas cap ?

4:36
Invité

Écoutez, depuis le temps que LR nous fait le cinéma, retenez-moi où je fais un malheur, on est un peu dubitatif. Ils avaient une fenêtre de tir exceptionnelle pour la réforme des retraites. Ils ne l'ont pas utilisée. Ils ont eu peur de la dissolution. Là, quand même, je me dis qu'il y a un petit espoir parce que les planètes, d'une certaine manière, paraissent assez alignées. On voit bien qu'Emmanuel Macron, à chaque fois qu'il entend une motion de ceinture de façon pavlovienne, lui répond dissolution. C'est ce qui fait courir. Là, c'est quand même très compliqué pour le chef de l'État de dissoudre avant les élections européennes, avant les Jeux olympiques.

Ça veut dire qu'on a cinq semaines, je crois, ou six semaines constitutionnellement pour organiser des nouvelles élections législatives. Ce serait quelque chose d'assez innommable. La liste Renaissance est complètement dans les choux. Il ne faut pas imaginer une minute que ça ne fait rien, Emmanuel Macron, de terminer deuxième à dix points du RN, voire troisième, si d'aventure, Gluckman, passer devant, même si je ne crois pas du tout à cette option-là parce qu'on peut s'amuser à faire des scénarios. Bon, pour le moment, ça me paraît quand même un peu compliqué. En tout cas, dix points derrière, là, ce qui nous intéresse, c'est Macron.

Et donc, je pense que là, quand on réfléchit un peu au momentum, c'est-à-dire à ce moment où Emmanuel Macron ne pourrait pas mettre, sauf à être suicidaire jusqu'au bout, à exécution sa menace de dissolution, il y a moyen de moyenner, comme on dirait chez moi. Donc, je crois que c'est tout à fait possible. Après, j'entends bien la façon dont le gouvernement va déconstruire ce discours, pour une motion de censure votée par tous les groupes, alors que personne n'est d'accord, etc. Soyons clairs, il faut juste expliquer que cette motion de censure, quel que soit le joli paquet cadeau dans lequel on l'emballe, c'est mettre un coup d'arrêt à ce gouvernement.

C'est bien sûr entraver le rouleau compressant Macron. Et je pense que la gauche aurait tout intérêt, comment dirais-je, à assumer le fait qu'à un moment donné, on met un caillou dans la machine qui fait s'enrayer toute la machine. Je ne sais pas si vous imaginez comment on va terminer dans 3 ans si à un moment donné, on ne met pas des cailloux dans le rouleau compresseur. Et si à un moment donné, on ne l'arrête pas tout simplement, ce rouleau compresseur. Moi, je veux bien qu'Emmanuel Macron soit fragilisé, c'est vrai, qu'il soit isolé, c'est vrai, qu'il ne puisse pas gouverner, c'est vrai. Mais les dégâts continuent.

C'est-à-dire que pendant les travaux et pendant cette majorité relative, il continue, il avance. Il avance parce qu'il a un objectif. Ce n'est pas quelqu'un qui a une croyance. Il croit à l'économie, au darwinisme social, les plus forts s'en sortent. Après tout, il y a 15% de la population sacrifiable. C'est comme ça. Ce n'est pas un problème pour lui. Il avance sur ses croyances. Donc, je pense que les Républicains, évidemment, ne tiendraient pas le discours que je tiens. Mais si on fait de la politique, simplement, cyniquement, froidement, eh bien, il le tiendrait, ce discours, assumé devant les Français.

Oui, nous faisons une motion de censure, absolument, pour arrêter ce rouleau compresseur. Pour des raisons diamétralement opposées, peut-être pour les Républicains et pour la gauche, mais il faut faire un stop. Et à un moment donné, quand on regarde le calendrier, bêtement, pas le calendrier lunaire, le calendrier, je ne vois pas comment Emmanuel Macron, à part être complètement inconséquent, mais je veux imaginer qu'il ne l'est pas à ce point, mettre à exécution sa menace de dissolution, je ne vois pas comment il fait, entre maintenant et le 9 juin, les Européennes et les Jeux Olympiques pour organiser une campagne dont il sait qu'elle sera perdue pour lui.

8:12
Invité politique

Paul, comment interpréter ce coup de pression des Républicains avant les Européennes ? Moi, je pense que c'est un coup de poker. Déjà parce que ça ne coûte rien aux Républicains de dire qu'on va faire une motion de censure si vous ne faites pas ça, ça, ça. C'est-à-dire qu'encore une fois, les Républicains sont en difficulté depuis le deuxième quinquennat, mais c'était déjà une réalité au premier. Ils ont une part de leur électorat qui a été capturée par la Macronie. Ils sont en difficulté d'existence presque identitaire. Au premier quinquennat, ils ont fait de la surenchère à droite, mais ça n'a pas marché. Au deuxième quinquennat, leur électorat a fui massivement vers Macron.

Et donc, ils doivent exister sur une ligne difficile à incarner parce qu'en fait, soit ils essayent de faire de la surenchère dans le néolibéralisme, mais Macron est quand même déjà dans un cran assez élevé. Et donc, du coup, leur discours est inaudible, y compris auprès de leur électorat qui dit que tant qu'à vouloir faire des économies sur l'assurance chômage, sur les dépenses sociales, la Macronie le fait très bien, soit dans une surenchère avec l'extrême droite, sur il faut aller très loin. On l'avait vu sur la loi immigration, etc., en termes de critères, on va dire de préférence nationale et de propositions racistes.

Et à ce moment-là, le Rassemblement National incarne cet espace bien mieux, d'abord parce que c'est le canal historique et d'autre part parce que, dernièrement, on l'a vu, ce n'est plus le Rassemblement National de Jean-Marie Le Pen, il a acquis une certaine audience auprès de catégories de la population, plus diplômées, auprès de milieux économiques, etc. Donc, ils sont toujours dans ce trouble identitaire d'existence et là, c'est un coup de poker au sens de, ça ne leur coûte rien de mettre la pression. Après, c'est une autre chose de savoir est-ce qu'ils vont vraiment le faire.

Et c'est là où je doute que ça soit probable parce qu'en fait, je veux dire, encore une fois, les Républicains, c'est quand même un électorat qui est un parti de l'ordre. C'est les gens qui ne veulent pas, vous savez ce qu'ils disent, la chienlit ou les débordements. Je pense qu'ils sont incapables de passer le pas de vraiment faire tomber un gouvernement, d'autant plus que, s'ils faisaient tomber un gouvernement, d'abord, premièrement, le président de la République peut renommer un gouvernement et, je veux dire, ce n'est pas pour autant que la dissolution est obligatoire parce qu'effectivement, la dissolution, là, elle semble compliquée, Françoise le disait, dans la période.

Et donc, du coup, je veux dire, quel gain les Républicains pourraient espérer en faisant tomber un gouvernement macroniste ? Est-ce qu'ils ont l'espoir qu'ils vont pouvoir récupérer l'électorat que Macron leur a volé ? Et je n'y crois pas. Avant la situation post-Macron, donc post-2022, c'est-à-dire là où la réorganisation de l'espace de droite va de toute façon être une bataille extrêmement sanglante entre différents partisans et différents candidats positionnés. Je crois que cette recomposition est un peu bloquée.

Et encore une fois, je veux dire, les faire tomber le gouvernement, je pense qu'effectivement, la gauche pourrait y penser, d'autant plus que la gauche a déjà dit nous ne votons pas des motions de censure proposées par le RN et nous pourrions voter une motion de censure de droite à condition que, bien entendu, dans sa formulation, il n'y ait pas des choses qui... Voilà, des propos racistes, des choses insoutenables, et j'ai régulièrement, quand vous voulez faire un coup à l'Assemblée sur les motions de censure, vous faites en sorte que la formulation soit assez neutre pour pouvoir obtenir des voix des gens qui ne vous soutiennent pas.

C'est ce qu'a fait l'IO, le groupe l'IO, par exemple, etc. Donc bon, moi j'ai du mal à y croire, en même temps, je trouve que c'est bien joué parce qu'encore une fois, ça n'a aucun coup de dire on menace de faire ça. C'est mettre la pression sans avoir à en assumer une quelconque forme de coup. Et pour l'instant, c'est malin de leur part. Moi, j'attends de voir. François, on peut imaginer aussi qu'en cas de censure et de dissolution, on assiste à une alliance LR-RN. C'est-à-dire ? C'est-à-dire, le RN ne présente pas de candidats à des endroits où LR est éligible, etc.

11:44
Invité

Je ne crois pas du tout. Il n'y a pas d'accord politique pour le moment entre LR et RN parce qu'il y a une chose... Il n'y en a pas, mais est-ce qu'il pourrait y en avoir ? Non, je ne crois pas. Du coup, il n'y a aucun intérêt politique pour LR ? Mais si, l'intérêt politique, c'est l'existence. Je rejoins cet existentiel pour eux. C'est-à-dire que là, je vous assure que si jamais François Bellamy reste aux étiages où il est pour les Européennes, on le calcule à peu près et on le note à 7 %, vous savez, c'est le cercueil et les clous pour les Républicains. Il ne faut pas imaginer que ces Européennes, c'est une partie de campagne pour personne.

À gauche, ça va être, qu'on le veuille ou pas, une recomposition ou une tentative de recomposition à gauche et c'est une question vitale. C'est une question vitale pour Jean-Luc Mélenchon, je le dis vraiment, par rapport à la pression qu'il va y avoir si d'aventure la liste Glucksmann est 7 ou 8 points devant. C'est une pression, alors qu'il n'est pas dans la même situation tout à fait que les Républicains, mais c'est une pression maximale sur les Républicains. Imaginez que Marion Maréchal Le Pen fasse égalité, jeu égal avec les Républicains. Qu'est-ce qui se passe ? Quel est le sens même de l'existence de ce parti ?

Donc, ce parti, il pratique, à un moment donné, retourne aux fondamentaux, on revient au rapport de force. Voilà. C'est-à-dire que pendant des années, les Républicains, et notamment depuis le début de ce quinquennat, les Républicains ont pensé qu'en accompagnant tranquillement la Macronie et le macronisme, ils allaient pouvoir tranquillement rentrer dans les charentaises et se glisser dans le fauteuil de l'héritage de la Macronie en 2027.

Tout le monde leur a dit que ça n'existe pas, les héritages qu'on prend, pas, les héritages qu'on n'arrache pas, c'est comme François Ruffin qui pensent que lui va se glisser dans les chaussons de Mélenchon sans avoir à casser de la vaisselle à un moment donné. Bien sûr qu'il va falloir casser de la vaisselle parce que c'est ça la vie politique et malheur ou trouillard qu'il n'ose pas casser la vaisselle. C'est aussi ça le sujet. Je ne parle pas de... Je ne dis pas que c'est un état de guerre la politique, mais je dis que c'est un état, malheureusement, qui est marqué par cette capacité. On ne vous donne rien politique. et ce que vous avez, vous le prenez.

Il n'y a pas d'héritier en politique et s'il y en a, à un moment donné, ils n'arrivent jamais à passer la dernière marche, c'est-à-dire la marche qui vous amène à l'Élysée, qui vous mène à l'Élysée. Donc, les Républicains, ils ont une formidable opportunité. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Paul parce que je pense que si on regarde le sort de l'ancienne motion de censure et de la précédente, pardon, sur les retraites, c'est passé à très... On a raté le coup à sa chie près que le chapeau tomba, à très peu de voix. Donc, ça veut dire qu'il y a un groupe qui n'a rien à voir avec les dirigeants de ce groupe, pas plus avec Éric Ciotti qu'avec Bruno Retailleau au Sénat.

Il y a un groupe emmené par des gens comme Aurélien Pradié qui, ils essaient de retrouver, parce que le seul moyen d'existence aujourd'hui de la droite, c'est de refaire la droite populaire de Sarkozy. Sarkozy, en 2007, il gagne parce qu'il fait une droite populaire. Je n'ai pas dit populiste, j'ai dit populaire. On va, on fait de la triangulation, on va piquer des trucs à la gauche, etc. Pradié, il a compris que c'était ça le chemin pour se sortir de la tenaille macroniste. Donc, je pense que le groupe est prêt, moi, plus prêt encore que pour les retraites. Le groupe est prêt à voter. Là où je rejoins Paul, c'est de toute façon la gauche ne peut voter qu'une motion de LR.

C'est le seul à la condition sine qua non ou de l'IOT, bien sûr. Et le troisième point, c'est que les Républicains devraient regarder toutes les ventilations. Vraiment, les sondages, c'est toujours passionnant à observer, non pas dans les chiffres qu'ils donnent, mais dans les ventilations. Il y a une chose qui est incroyable qui est en train de se passer. Je vais peut-être compléter ce que dit Paul. Je vais aller dans son sens, mais c'est encore plus grave que ce qu'on peut imaginer. C'est la première fois que les retraités, désormais, votent majoritairement pour Jordan Bardella. Dans le dernier sondage qui est paru ce week-end, je regardais les ventilations, c'est hallucinant.

Les plus de 65 ans désormais ont fait la bascule. Ils sont 20% sur Valéry Ayet, ils sont 26% sur Bardella.

15:45
Invité politique

Les CSP+, Mais ils viennent de chez Macron,

15:47
Invité

ces retraités-là. Ils viennent de chez Macron, mais ils viennent à l'origine des Républicains. Vous comprenez ce que je veux dire ? Donc, comment dirais-je, les CSP+, ça y est, il a fait aussi la bascule. 24%, il est en train de capter de façon dingue ce qui constituait le socle, la roche-mer, j'ai envie de dire, de l'électorat Macron. C'est une captation émotionnelle. On est d'accord. Pour le moment, tout ça est encore très volatil. Mais quand vous voyez ce type d'indicateur, moi, je suis patronne des Républicains, je me dis, mais il y a un espoir parce que cet électorat, il est accroché à la personne d'Emmanuel Macron. La personne d'Emmanuel Macron s'en va.

D'abord, elle est dans les affres de la popularité et de toute façon, c'est fini en 2027. Donc, cet électorat qui est capable de passer parce qu'il est énervé et on voit bien que le centre-gauche va vers Guzman parce qu'il est énervé contre Macron sur la loi immigration, les ambiguïtés, le manque d'engagement écologique. Donc, on voit bien que moi, je serai républicain, républicaine, je construirai un discours et je pense qu'ils doivent s'attacher à faire ça pour arriver à récupérer cet électorat qui a joué à saut de moutons qui est allé chez Macron et qui maintenant va chez Bardella parce qu'il incarne une forme de jeunesse et puis parce qu'ils sont énervés, agacés.

Donc, il y a plus qu'un coup à jouer, il y a une, comment dirais-je, il y a une renaissance sur le dos de renaissance à opérer pour la droite française.

17:11
Invité politique

Énervé, agacé, un peu fascistoïde quand même. Oui, mais déjà, je suis assez d'accord que contrairement à sur les retraites, là, sur une question de bataille budgétaire et de compte d'apothicaires austéritaires, la droite serait beaucoup plus à l'aise d'aller voter cette motion. Donc, effectivement,

17:28
Invité

c'est la droite qui s'est gérée et nous, la gauche, on est des horribles mauvais gestionnaires. Voilà,

17:31
Invité politique

c'est le débat classique qui présente. Et effectivement, sur cette question des CSP+, en tout cas, des personnalités de droite, retraités, assez âgés, en fait, qui sont dans une position aussi dotée parce que si vous regardez, une partie des retraités, ce n'est pas le cas. Il y a des inégalités de revenus et de patrimoine qui sont assez folles dans les retraités mais ce qui est vrai, c'est que, bon, déjà, les retraités ou populaires, ils meurent plus vite. Donc, dès que vous commencez à aller dans des catégories plus grandes de la population, je veux dire, regardez, l'espérance de vie en bonne santé des familles ouvrières et des cohortes générationnelles.

De fait, vous avez un déséquilibre qui s'organise et qui pointe aussi avec des voies d'embourgeoisement, des parcours vers la droite. Et en fait, avant Macron, ces gens-là, surtout, la jeunesse, c'est Fillon. C'est-à-dire que le vote des plus 65 ans dotés en 2017, ces Fillon, effectivement, là, vous avez déjà un façonnement idéologique beaucoup plus réactionnaire. On se rappelle de sa campagne avec les réseaux catholiques réactionnaires très profonds, la pré-manif anti-mariage pour tous. Donc, effectivement, il y avait déjà une base réactionnaire activable.

18:38
Invité

Manif pour tous, voilà, on cherchait les mots. Manif pour tous, oui.

18:41
Invité politique

Et il y avait une base réactionnaire activable qui est d'autant plus faible dans sa capacité à résister à l'attrait du Rassemblement National qu'encore une fois, l'agenda de la Macronie a systématiquement donné le point au Rassemblement National. Le fait que le Rassemblement National apparaisse aujourd'hui comme, entre guillemets, dédiabolisé, en tout cas, plus sain, moins dangereux comme vote, c'est aussi parce qu'il a systématiquement eu des brevets de respectabilité donnés par le pouvoir. Par un pouvoir qui s'est dit soi-disant progressif, soi-disant responsable. Ça me fait penser au propos du philosophe Jacques Rancière.

Il disait, vous savez, pour faire monter le racisme en France, c'est très simple, il faut opposer deux formes de racisme. Il y a un racisme chaud, c'est le racisme un peu trop visible, tellement exprimé de façon sale et crasseuse que c'est facile de se dédouaner en disant, mais non, mais ça, c'est de la bêtise, c'est du racisme détruit. Dégueulasse. Et puis, en face, vous lui opposez un racisme froid, technocratique, typiquement ce qu'on a eu sur la loi immigration. Mais c'est normal, il n'y a pas de ressources, il faut que certains fassent des efforts, c'est normal que les étrangers en fassent plus que d'autres, etc.

Et en fait, ce racisme technocratique, le racisme promu par l'appareil d'État et les gouvernements qui se sont succédés, c'est ça qui a ancré le sentiment xénophobe, y compris dans des catégories CSP+, et qui, effectivement, c'est une grosse bataille. Encore une fois, une part immense de l'électorat d'Emmanuel Macron en 2022 est basée sur la récupération de celui de l'électorat Fillon et donc sur une base, encore une fois, de retraités, assez dotés, assez dotés en capitaux et en patrimoine, etc.

20:14
Invité

Ce qui n'est pas le cas de 2017 où c'est la gauche qui fait l'élection d'Emmanuel Macron. En tout cas, une grande part

20:18
Invité politique

de l'électorat hollandiste.

20:20
Invité

Une grande partie de la gauche

20:21
Invité politique

qui prend 35% de l'électorat holland de 2012 en 2017. Donc c'est effectivement l'axe à jour.

20:26
Invité

C'est la démocratie, bien sûr, bien sûr.

20:27
Invité politique

Donc bon, on verra. On verra. Du coup, juste pour un dernier truc, c'est de dire est-ce que LR, RN, une alliance à court terme ? Pas tout de suite. Mais ce qui est vrai, c'est que la possibilité dans l'expression de la crise politique d'avoir à terme des coalitions de circonstances, des coalitions parlementaires entre LR et le Rassemblement National me semble, à moyen terme, complètement possible. C'est-à-dire que là, on va voir les modalités de la recomposition, ce qui se passe. Mais enfin, vous avez des possibilités de transfert qui sont extrêmement fortes. Regardez, Thierry Mariani, pour moi, il incarne exactement ça. C'était un mec qui a fait sa carrière au LR tout le long.

Puis il est parti au Rassemblement National en disant moi je suis plus cohérent, je disais que les LR devaient aller plus loin sur l'immigration, etc. Et au final, est-ce qu'il a vraiment changé de discours depuis qu'il est au Rassemblement National ? On ne voit pas trop... Et je pense que ce genre de personnalité, il montre que la possibilité d'avoir à terme des coalitions de circonstances est de plus en plus forte comme un potentiel. Encore une fois, les modalités tactiques de comment ça arrivera, je ne sais pas, mais ça, j'y crois. Prenons un peu sur le thème du déficit budgétaire. Les solutions de gauche semblent avoir une majorité sociologique.

Selon un sondage Elab, 84% des Français sont favorables à une solution qui passerait par la taxation des super profits, 76% par une augmentation des impôts uniquement pour les plus riches et seulement 11% pour une augmentation des impôts de tous les Français. Mais on l'a vu avec la bataille des retraites françoises, majorité sociologique ne veut pas dire majorité politique.

22:00
Invité

Bien sûr, c'est pour ça qu'il faut arrêter le rouleau compresseur et moi, je suis l'arène de l'instrumentalisation. Si je peux instrumentaliser les Républicains pour mettre au moins un queue d'arrêt, vous savez, on a, voilà, il y a les agences, on est sous la menace des agences, supposément, Maudis, Maudis, Fitch, à la fin du mois, je crois que c'est 25 et 26 avril, qui vont donner et noter la France. Mais quand même, quand vous écoutez un bon nombre d'experts qui ne sont pas des gauchistes échevelés, je pense notamment au directeur de l'Observatoire des Comptes Publics, il est très clair, il dit, arrêtons de dramatiser sur la dette française.

La dette française, les gens se précipitent pour l'acheter sur les marchés. Il faut bien comprendre que les investisseurs se précipitent pour acheter la dette. Pourquoi ? Parce que la France, en actif, elle a plus que son déficit. Elle a 154 milliards d'actifs contre le chiffre du déficit. En réalité, la France, les gens achètent de la France. Et je l'ai écouté l'autre jour sur France Culture, pardonnez-moi, j'ai écouté, et c'était passionnant ce qu'il expliquait. Il disait, la réalité, c'est que nous, on nous prête sans condition. C'est-à-dire qu'il y a des pays, quand on a prêté à la Grèce, la condition, c'était, vous serrez tout la vis.

L'Italie a connu sa purge, qui a amené d'ailleurs l'extrême droite au pouvoir. Quand en Italie, Mario Draghi, à l'époque, vous vous retrouvez, si vous voulez, avec toutes les retraites coupées de 20% parce que le pays est en faillite, ça n'existe pas, ça, en France. On dit « too big to fight », bien sûr, trop grand pour tomber, mais ça n'est pas que ça, c'est que ce pays est riche. Ce pays a de l'or, ce pays a des participations dans des grandes entreprises mondiales. Donc, c'est intéressant d'avoir ce discours, je le redis, qui n'est pas un discours des économistes atterrés, ou qui n'est pas un discours des économistes de LFI ou du Parti Socialiste.

C'est un discours de gens qui regardent objectivement les comptes de la France et disent « attention, cette dette, bien sûr, ça pèse, 50 milliards par an d'intérêts à rembourser qu'on pourrait mettre ailleurs, OK, ça pèse, mais nous ne sommes pas à l'effondrement et on le redit encore, il n'y a aucune puissance extérieure qui, à travers ces fonds souverains, peut nous dicter, comment dirais-je, notre politique parce que nous nous arrangeons, bien sûr...

24:17
Invité politique

Parce qu'on a un modèle original de retraite...

24:19
Invité

Non seulement, il n'y a pas que ça, mais parce qu'aussi, sur le marché financier, on sait aussi à qui on prête, de qui on accepte de recevoir de l'argent. Oui, j'entendais les fonds souverains, on appartient à la Chine. Non, non, pas du tout, pas du tout, pas du tout. Les gens qui achètent notre dette et qui investissent dans notre dette sont très bien répartis. Donc, il faut quand même en terminer avec cette espèce d'hystérisation collective sur la dette. On est d'accord ? Il ne faut pas prendre à la légère, mais il faut, bien sûr qu'il faut la résoudre, cette dette. Il y a quand même des moyens de résorber la dette. On ne va pas tous les nommer, on les connaît tous.

Taxation sur les produits financiers, je suis désolé. Taxation sur les dividendes, je suis désolé. Vous voyez qu'il y a le commandérage de bouclier fiscal qui est à 15% sur les profits boursiers, ça, ce n'est pas possible. Je veux dire, tout ça, c'est Macron. On oublie de dire tous les experts comptables qui ne sont pas non plus des gauchistes échevelés, moi, j'ai plein de couples qui travaillent chez Deloitte, ils me disent, mais tu sais, on n'a pas besoin d'avoir fait Dauphine et un doctorat d'économie.

Nous, on voit passer tous les jours dans nos bilans d'entreprise, petites, moyennes ou grandes, les cadeaux qui sont faits aux entreprises, les cadeaux fiscaux qui s'empilent depuis 7 ans sous des formes tout à fait, comment dirais-je, invisibles, en fait, en réalité, pour le grand public. Tout cet argent-là dont on fait cadeau aux entreprises qui ne rendent, qui rendent, je ne sais pas comment elles rendent d'ailleurs, mais c'est comme le CICE de Hollande qui a pensé qu'un jour, on lui rendrait un million d'employés. Il avait raison, un million d'emplois, il avait raison de le penser, mais on a vu la limite de ce genre de théorie. Donc, ça veut dire qu'il y a les solutions de gauche.

Les Français, ils sont assez d'accord pour qu'on réforme les aides sociales. Les Français,

26:02
Invité politique

ils sont aussi d'accord pour que l'assurance chômage, la durée soit divisée par deux.

26:07
Invité

Je pense que ce pays, je pense que... Ils sont incohérents aussi, quelque part. Non, ils ne sont pas incohérents. Les Français, ils sont épris d'égalité. Nous sommes un peuple fou d'égalité. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas dire la partie du sondage qui vous arrange, regardez, les Français sont d'accord avec nous, et ne pas dire l'autre partie du sondage. L'autre partie, c'est OK, on fait des soirs. Par ailleurs, je termine, dernier point, pardon, après je ne laisse pas l'épaule. Rappelons que ces sondages, quand on parle du chômage, je veux dire, concernent 7% de la population française. Le chômage, nous ne sommes pas dans un chômage de masse où 40% des moins de 25 ans sont au chômage.

Mais du coup, si ça ne me concerne pas, je ne le dis pas. Comme ça ne me concerne pas, je m'en fous, je ne le vis pas. On voit bien que... C'est dommage. Non, mais écoutez, c'est normal, mais par contre, l'autre partie du sondage, donc ces sondages, ils sont à prendre avec des pincettes, l'autre partie du sondage est intéressante parce que globalement, là, ça concerne tout le monde. Oui, quand même, les efforts, c'est pas... Dernier point, je rappelle, mais les gens le savent, qui nous regardent, mais je le redis parce qu'il faut le redire, les allocations chômage, c'est une cotisation que chaque salarié paye.

27:14
Invité politique

Enfin, pardon. Depuis 2017. Non,

27:16
Invité

mais je veux dire, nous payons pour ce droit-là. C'est quand même, même philosophiquement, politiquement, c'est quand même un peu dingue que cette caisse commune, entre guillemets, dont les comptes de l'Unédic, d'ailleurs, ne sont pas du tout dans l'autre, que cette caisse commune qui est dédiée à quelque chose de précis. C'est-à-dire, je te protège, la République te protège en cas d'aléa de la vie et te protège avec des choses qu'en partie, tu as payées pendant 30 ans où tu as travaillé. OK ? C'est quand même dingue qu'on aille puiser dans cette caisse-là qui n'est pas en déséquilibre, qui est dédiée, qui est fléchée pour nous tous.

Vraiment, c'est notre bien commun pour aller éponger les dettes des cadeaux en partie fait aux entreprises. Ça me paraît dingue.

27:59
Invité politique

Aux grandes entreprises en plus. Alors, Paul,

28:02
Invité

pardon, Paul, j'ai été longue, mais bon, ça m'énerve.

28:04
Invité politique

Est-ce que je voulais que tu réagisses sur cette majorité sociologique qu'on a vue lors de la bataille des retraites mais qui n'a pas empêché la victoire du camp Macron ? Là encore, les Français sont plutôt d'accord en réalité avec des solutions de gauche à ce qu'on appelle la crise des déficits. Mais je pense que, contrairement à ce que croit l'exécutif, les Français ont une mémoire.

Moi, cette espèce de chantage à l'annotation des agences Moody's et compagnie, ça me rappelle mes années lycées et le début de ma jeunesse étudiante pendant la crise post-2008 où on parlait déjà de saigner, de les suppressions de postes avec le non-remplacement des fonctionnaires, avec l'idée que la dette, la dette, elle a explosé alors que, de toute manière, encore une fois, par exemple, ça n'a aucun sens de comparer la dette à la production d'une année en France.

Je le rappelle, les titres de dette en France, c'est de 5 ou 7 ans, je ne sais plus exactement, mais si vous rapportez la production de la France face à ces 7 ans et vous verrez que les ratios qu'on vous propose sont beaucoup moins grands et qui sont beaucoup moins, effrayants, ce qui s'applique, encore une fois, à un ménage. Quand vous achetez une voiture ou une maison, vous ne rapportez pas ce que vous devez à un an de votre salaire, sinon vous ne pourriez jamais emprunter pour acheter une maison, pour acheter une voiture. Donc ça, c'est ridicule et c'est la propagande habituelle pour effectivement empêcher de remettre en cause les aides.

Les aides aux entreprises, là, on en a évoqué, deux chiffres, selon l'URSSAF. Donc, encore une fois, il ne s'agit pas d'un manuel maoïste de guérilla. L'URSSAF dit qu'il y a 73 milliards d'exonérations de cotisations sociales en 2023. 73 milliards. Donc ça, c'est de l'argent qui est donné avec effectivement des politiques comme le CICE qui ne servent à rien. On nous a dit un million d'emplois, les économistes, effectivement, disent qu'il y en a eu au moins, au maximum, peut-être 100 000. Donc c'est-à-dire, on met de l'argent pour créer un emploi à 180 000 euros par emploi, c'est quand même fou. Mais pareil, autre chiffre, 93 milliards de niches fiscales.

Alors, il y a de tout dans les niches fiscales. Il y en a certaines qui sont sans doute utiles. Mais enfin, vous en avez 11 milliards, par exemple, sur favoriser des investissements dans les énergies fossiles, c'est-à-dire investir dans notre mort collective. Et ça, c'est aberrant. Et voilà, on peut aller puiser plutôt que de faire effectivement des économies sur l'assurance chômage. sur l'assurance chômage, il faut le dire. Tu disais, c'est quelque chose qui ne nous concerne pas.

Le sociologue Mathieu Grégoire, qui travaille sur ces questions, vous avez remarqué dernièrement que quand il y a eu le hack des données de France Travail, on parle de 43 millions d'utilisateurs, les données de 43 millions. On est 55 millions d'actifs en France. Donc ça veut dire que 43 millions, ça veut dire que, en gros, c'est une expérience sauf que ça veut dire que c'est une expérience extrêmement commune. Oui, massive. Mais des petits chômages de quelques mois. On se retourne vite quand on est un cadre. Et que du coup, c'est une expérience assez quotidienne de façon qui tourne. Mais je veux dire que beaucoup de gens aujourd'hui dans leur carrière ont connu des périodes d'inactivité.

Ce qui pouvait être moins le cas quand vous aviez des carrières qui pouvaient se faire intégrer dans des entreprises et qui mouraient à l'usine. C'est d'activité non salariée, on va dire. Je n'ai pas de problème avec Bernard Friot sur ce plateau. Non, mais ce que je veux dire par inactivité quand on le définit au sens de l'UNC ou de Pôle emploi, c'est-à-dire que le fait est que maintenant dans les carrières, c'est un phénomène assez récurrent. Et en plus, les dernières réformes parce qu'il y a eu sept étapes de réformes depuis 2017 de l'assurance chômage montrent qu'en gros au maximum d'ici 2027, on va avoir 6 milliards d'économies. Ce qui est absolument risible encore une fois.

11 milliards, 93 milliards de niches fiscales. Donc, c'est juste une production idéologique encore une fois. La question c'est on veut faire payer des gens. Et pourquoi ? Alors, sur les super profits, il y a des majorités sur augmenter les impôts des riches, mais pourquoi sur la science chômage, il n'y en a pas ? C'est ça qui m'intéresse moi comme question. Et je pense que c'est parce que sur la science chômage, là, il y a un clivage droite-gauche extrêmement puissant sur cette question. Pourquoi ?

Parce que si vous êtes de gauche, vous n'adhérez pas en général à la vision de l'assistanat, à cette espèce de théorie en quoi il y aurait des gens qui profitent et qui sont aidés alors qu'il y a des gens qui méritent par leur travail et qui ne sont pas aidés. Alors, vous regardez les études d'opinion et c'est très très clair. Par exemple, il y a des questions de contrôle que posent les sociologues dans les enquêtes et disent est-ce que vous pensez que les chômeurs trouveraient vraiment un travail s'ils le voulaient vraiment ?

Et là, vous avez un split vraiment droite-gauche entre des gens qui disent non, le chômage n'est pas une responsabilité induelle, ils ont une vision holiste de la société et ces gens-là ils votent plutôt à gauche et vous avez des gens à droite, y compris dans les classes populaires qui votent Rassemblement National, très fortement des gens qui disent oui, c'est des gens qui sont individuellement politiques à gauche sur une vision collective de la société et une vision individualiste qui adhère à cette méritocratie par le travail.

La question de la valeur travail et de cette obsession pour le mérite via le travail, ça fait vraiment partie des stratégies de certaines classes populaires, notamment de droit qui, parce qu'elles ne réussissent pas forcément à l'école, n'ont pas des stratégies de valorisation du capital scolaire, vont avoir ce discours sur le travail. Et juste, une dernière chose, encore une fois, pourquoi l'unédic, pourquoi la sécurité sociale, c'est le cœur de la bataille pour le capital ? Parce qu'encore une fois, ça n'est même pas la République. À la base, l'assurance chômage, c'est un droit à la continuité du salaire, comme dirait Bernard Friot, qui était construit en gestion par les travailleurs.

Quand je dis continuité au droit au salaire, c'est que c'était le salaire de référence et qui fait qu'on essaye de maintenir le salaire, comme dans les retraites, on essaye de maintenir le niveau de salaire. Et l'assurance chômage, ils ont essayé de détricoter, un, sa gestion collective par les travailleurs, en faisant en sorte que, par exemple, l'État vienne impulser des directoires, des directions budgétaires. C'est le cas depuis 2019, par exemple, en disant, maintenant, vous avez le droit de négocier entre partenaires sociaux, mais qu'entre tel et tel borne, ce qui veut dire qu'on vous les force à faire des écologies. Si vous ne vous entendez pas, on vous prend la négo, bien sûr.

On vous fait les forcer à les faire des économies. Et deuxièmement, effectivement, on a retiré une partie des cotisations. En 2017, première étape, on supprime une partie des cotisations salariales pour le faire passer via l'impôt, ce qui permet ensuite à l'État d'avoir de nouveau la main parce que l'impôt, c'est lui qui dirige son flèchement. Donc, effectivement, c'est idéologique et c'est de dire aussi qu'il y a une manne financière. L'UNEDIC, c'est qu'on va bien. Par ailleurs, ailleurs, c'est quand on dit dans la SICU sociale, il y a plein de branches et si on regarde le total, c'est immense comme somme et c'est aussi une somme qui est normalement protégée de la marchandisation.

En tout cas, régulée. La marchandisation est régulée. Non, mais allons jusqu'au bout et c'est pour ça que c'est une attaque idéologique.

34:21
Invité

Bien sûr, c'est même une attaque financière. On sait tous à peu près ce qui peut se passer si on n'arrête pas de rouler le compresseur. On sait très bien qu'à un moment donné, le schéma, le scénario est très classique. Il est déjà connu et on n'est pas des complotistes. En l'évoquant, on a juste les yeux ouverts. C'est tellement évident qu'à un moment donné, ce capital collectif, ce trésor de guerre, entre guillemets, collectif amassé par l'effort de millions de travailleurs. Mais d'ailleurs, cadre sup, ouvrier, on s'en fout. Je ne fais pas de catégorisation sociale. Ce trésor de guerre-là, qui est notre trésor, c'est aussi notre modèle social. Bien amoché, mais il existe encore.

On n'est pas obligé d'aller vers le moins-disant social. On peut essayer aussi, nous, de tirer tout le monde vers le haut. On n'a jamais voulu le faire. Ce n'est pas grave. Mais ce trésor-là, il est cogéré. Il est évidemment, comment dirais-je, mis à l'abri des prédateurs frénanciers. Je pense à BlackRock, pour ne citer que lui, parce que c'est le plus puissant. À partir du moment où vous mettez en situation les salariés, les syndicats, les gestionnaires de ces fonds, ce trésor commun collectif, en situation de ne plus pouvoir décider, parce que vous mettez des ultimatums, il faut que le dise, vous ayez terminé, etc. Et que vous reprenez les dégustations petit à petit.

Vous reprenez cette manne sous le giron de l'État. Et après, qu'est-ce que vous faites au bout d'un ou deux ans quand l'eau a passé sous les ponts ? Vous faites une délégation de service public et vous confiez la gestion à des fonds de pension. Et ça, c'est le chemin, comment dirais-je ? Ça n'a pas l'air aussi simple que ça. Mais en réalité, ça l'est beaucoup plus qu'on ne le croit. Et cette privatisation, si vous voulez, imaginer, rêver, on pousse quand même les feux, c'est-à-dire qu'on est quand même avec des gens qui osent tout. Et dans le temps, en plus. Et dans le temps, eh bien, c'est ça qui nous pend en es. Et là, je... Pardon.

36:06
Invité politique

Pour revenir à l'actualité... Une phrase. Non, mais déjà, vous regardez, à Pôle emploi, le travail de flicage des chômeurs est assis de plus en plus par les opérateurs privés et l'intégration d'acteurs privés à l'intérieur.

36:16
Invité

Parce que les fonctionnaires de Pôle emploi font de la résistance. Bien sûr. Ils ont vraiment... Ils ont suffisamment les boules.

36:22
Invité politique

On vient briser l'esprit de solidarité qui crée le régime. Mais juste une anecdote pour vous donner cette question de... Vous savez quand est-ce que historiquement, on a les premières apparitions du débat sur le trou de la sécurité sociale, le « choisissant trou » entre guillemets ?

36:34
Invité

Non.

36:35
Invité politique

1949.

36:36
Invité

Ah bah, ça commence fort, dès le début en fait. Dès le début.

36:38
Invité politique

Alors donc, tout ça se déroule... Parce qu'il faut qu'on avance. Paul et l'air... Tout ça se déroule alors que les sondages sont mauvais, tant pour Macron que pour Attal ainsi que pour la tête de liste Renaissance aux européennes. Donc, on en a largement parlé. Mais disons qu'ils n'ont pas beaucoup d'armes aujourd'hui pour... Non.

37:00
Invité

Mais on va aller vite là-dessus. C'est tout à fait compréhensible. D'abord, mauvais choix, mauvais casting. Valérie Ayet est une députée européenne qui travaille beaucoup. Personne ne peut lui enlever. Elle connaît très bien ses dossiers. Mais ce n'était pas la bonne personne pour le bon moment. C'est complètement évident. Elle paye son manque de notoriété. Elle n'est pas du tout percutante. Et en plus de ça, elle représente une majorité qui est aux fraises. Vous savez, ce n'est pas la première fois que ça arrive à un président en exercice. C'est arrivé à François Hollande en 2014. C'est arrivé à Jacques Chirac. Les naufrages sont assez fréquents.

Mais là, si vous voulez, c'est un peu différent. Parce que que ce soit Chirac ou Hollande, même si Hollande avait des frondeurs, ils avaient une majorité pleine et entière à l'Assemblée nationale. Là, Emmanuel Macron, s'il prend 14 points sur le dernier élab, mais c'est 14 points, 30,5 pour Bardella qui monte et 16,5 pour Ayet qui descend. On est bien que ça, c'est des mouvements de vases communiquants assez terribles. Il y a la capacité déjà qui est réduite d'Emmanuel Macron d'agir. Elle va se réduire comme peau de chagrin.

Et moi, j'ai très peur, toujours avec ce type de tempérament qu'on connaît maintenant d'Emmanuel Macron, plus sa capacité se réduit, plus il va être enclin à faire des choses folles. Et ça, je veux dire, non, non. Et Ayet, elle paye tout. Elle paye Macron sur l'Ukraine, elle paye Atal sur le chômage, elle paye le centre-gauche qui s'en va chez Guixman sur la loi immigration que le centre-gauche n'a toujours pas digérée ou les centristes chrétiens, vous savez, voilà, ce centre mou de 20, 25 % des lecteurs qui ne peuvent pas supporter la loi immigration. Voilà. Et elle paye tout ça. Elle paye tout ça et en plus de ça, elle n'est pas vraiment bankable, ni en meeting, ni en débat.

Elle n'imprime pas vraiment.

38:39
Invité politique

Paul, on conclut sur ce sujet. Moi, je pense que le vote pour le bloc bourgeois, pour la Macronie, est un vote de classe, mais pas un vote de conviction. Il n'est plus un vote de conviction. C'est ça, la grande différence. Effectivement, en 2017, ce qu'il a incarné, le discours, on voyait bien qu'il revendiquait un leadership, une direction morale et intellectuelle de la société en disant on va être moderne et le progressisme et il s'envolait sur ses ailes bien poussé par la bulle médiatique autour de sa personne et le fait qu'il recomposait un paysage qui avait été traumatisé par une alternance entre guillemets droite-gauche qui n'avait en fait mené que les mêmes politiques.

Et là, aujourd'hui, on sait bien qu'il est passé par effraction encore une fois face au Rassemblement national une deuxième fois et qu'il n'y a pas un vote de conviction. La conviction à droite se joue sur, on va dire, l'ultra-réactionnaire, enfin, sur une voie ultra-réactionnaire. C'est la compétition qu'il y a entre Zemmour, le Rassemblement national, les LR, sur toute la question de la préférence nationale et des propositions racistes. Et sur ça, on a bien vu l'opportunisme du gouvernement qui est capable d'y jouer sa carte, d'avancer ses pions, voire de venir, encore une fois, donner de la respectabilité à ses propositions, mais il ne l'incarne pas.

Il ne l'incarne pas comme l'incarne le Rassemblement national ou d'autres. Et c'est pour ça que, c'est un vote de porte-monnaie. Encore une fois, vous savez quels sont vos intérêts, vous votez Macron, mais ils ne sont pas dans une capacité à incarner ce qu'ils ont prétendu être en 2017, par exemple. En tout cas,

40:01
Invité

le grand méchal ou RN, ça ne marche plus, c'est moi ou le chaos, ça ne marche plus. Ceci dit, disons-le quand même, Macron, on connaît bien sa personnalité, Emmanuel Macron. Il n'est jamais aussi fort, je n'aime pas ce mot, mais il n'est jamais aussi redoutable que quand il est le dos au mur, parce qu'il adore ça, ça fait partie de son narcissisme et de sa mégalo. Il considère, ils le sont tous les chefs de l'État, mais lui, il porte tout au paroxysme. Tout procède de moi. Sarkozy était comme ça. Comme ça procède de moi, c'est moi qui l'ai sauvé la campagne. Donc on annonce un grand discours sur l'Europe à la Sorbonne à la fin du mois d'avril.

On annonce probablement qu'on ne va pas se laisser dépecer comme ça.

40:42
Invité politique

Sans rien faire. On passe au sujet d'après. La Macronie et les droites ont-elles eu raison de parler d'ensauvagement ? En tout cas, deux faits divers ultra-médiatisés mettent en lumière un phénomène qui effraie, dont la proportion ne peut être déterminée que par les experts, mais on parle de violence et de harcèlement en milieu scolaire beaucoup en ce moment. On a d'abord entendu parler de l'agression de Samara à Montpellier.

41:05
Locuteur non identifié

Devant le collège, Arthur Rimbaud ce matin, les adolescents sont sous le choc après l'agression la veille d'une de leurs camarades à la sortie de 16h. Il y a eu trois personnes qui l'ont frappée, mais autour, il y avait au moins 20-30 personnes et qui n'ont rien fait, qui regardaient juste la scène comme ça. Et donc après, elle s'est fait frapper par deux garçons qui sont arrivés, qui lui ont mis des coups à la tête et des coups de pieds. Elle s'est fait balayer par derrière. Son crâne, il a tapé le sol contre le béton. Selon ses camarades, Samara, cette collégienne de 14 ans, était victime de harcèlement depuis la rentrée. En fait, les gens, ils ont une haine contre elle.

Tout le temps, ça l'attrape, ça vient en faux compte, ça l'insulte, ça lui dit on va t'attraper, on va taper. Et ce n'est pas la première fois qu'elle s'est tapée, à chaque fois, elle rentre chez elle, elle est mal. Pour la mère de Samara, sa fille n'aurait pas dû pouvoir sortir hier, seule, de l'établissement. C'est le professeur principal de ma fille qui m'appelait à midi et demi pour me prévenir qu'il y avait des personnes extérieures du collège qui attendaient ma fille devant le collège et il m'a demandé de venir la récupérer. Hier, ils ne l'ont pas protégée suffisamment.

42:14
Invité politique

Placée en coma artificiel dans le premier temps, Samara en est désormais sortie. Ce n'est pas le cas de Shamseddin, 15 ans, rouée de coups et tuée à Véry-Châtillon.

42:22
Locuteur non identifié

Shamseddin, 15 ans, a été tabassé en réunion jeudi après-midi. Après avoir été transporté à l'hôpital, l'adolescent a succombé à ses blessures. Cinq personnes dont un adulte ont été mis en garde à vue, camarades de classe et parents d'élèves craignent que la violence ne se poursuive.

42:41
Invité politique

Alors, on va évoquer ce sujet un peu plus rapidement que ce qui était prévu parce que le temps qui nous reste n'est pas élevé. Faisons-nous face à un phénomène de société généralisée. Si oui, quelle en serait la cause et quelles peuvent être les solutions ?

42:52
Invité

Moi, déjà, j'ai des larmes aux yeux parce que j'ai écouté Nicole Bellobé quand elle est arrivée et qu'elle a annoncé la... Elle a dit « Moi, je suis anéantie. J'ai trouvé ça assez fort de la part d'une ministre de dire les choses telles qu'elles sont avec les élèves et les personnels qui sont mis à pleurer quand... Je suis très émue de voir ce petit jeune homme tabasser à mort pour des questions de crime d'honneur. Après, on n'est pas des marchands d'émotions et on n'est pas là pour juger émotionnellement. Je veux dire, sans donner le sentiment de laxisme, de bande ont toujours existé.

Dans notre pays, il y avait les Apaches, dans la région parisienne, on s'est toujours tabassé dans les balles. Ça a fini au couteau aussi souvent. La réalité, c'est que est-ce que nous sommes dans un en-sauvagement de la société ? Je n'ai pas envie de regarder les choses comme ça. Ce n'est pas parce que je fais du délit.

43:38
Invité politique

Ils imposent leur agenda, notamment à travers les médias.

43:40
Invité

Bien sûr. Moi, je ne veux pas le regarder comme ça. Leur en-sauvagement, ce n'est pas la même chose que les sauvageons dénoncés par, comment dirais-je, Jean-Pierre Chevènement. Les sauvageons du virtuel. Oui. À l'époque, là, ce n'est pas le sujet. Alors, c'est extrêmement heurtant. Il ne faut pas confondre ce qui s'est passé avec Samara et ce qui s'est passé avec Shamsédine. Ce n'est pas pareil. Samara, c'est vraiment dans l'enceinte du lycée. Shamsédine, c'est autre chose. C'est véritablement un crime d'honneur. Bon, vous connaissez toutes les circonstances. Sur cette violence entre ados, je ne veux pas repartir dans le procès.

Bien sûr qu'il y a le procès dans l'affaire de Samara sur une forme d'entrisme, de l'islamisme, peut-être, mais il y a aussi une file. Je ne veux pas faire le phénomène plus gros qu'il n'est sans le nier. Vous comprenez ce que je veux dire ? Mais là, la réalité, si vous voulez, c'est qu'on a le sentiment. Quand on écoute maintenant l'ensemble des médias, que la France est un coup de gorge. Non, la France n'est pas un coup de gorge. Non, les collèges ne sont pas des coups de gorge. Maintenant, il y a un focus, évident, d'intérêt politique ou pas, ce n'est pas le sujet.

En tout cas, la surexposition médiatique, l'effet de loupe sur ces affaires plus la folie des réseaux sociaux égale que le sentiment est que nous vivons dans un coup de gorge. Je suis là-dessus complètement en raccord avec Éric Dupond-Moretti. Non, la France n'est pas un coup de gorge. Après, j'entends Gabriel Attal qui recommence à penser qu'il est encore ministre de l'Éducation nationale et qui nous annonce, il va faire encore un grand plan interministériel, et il annonce un truc qui m'a laissé pantois ce matin quand j'écoutais la radio. Franchement, les conseils de discipline à l'école primaire, non mais sérieusement.

45:16
Invité politique

Alors que les bagnes à la crèche seraient beaucoup plus efficaces.

45:18
Invité

Non, mais je pensais qu'on pourrait retourner à l'école en sabot aussi. Je veux dire, il n'y a aucun problème là-dessus. Les coups de fouet, les punitions, voilà. Non, écoutez. Quel délire. Non mais, on se recommence comme avec la baïa. Est-ce que vous pensez vraiment que ça va régler quelque chose sur les mômes des primaires ? Un conseil de discipline de 8 ans, est-ce que vous pensez vraiment à un môme de CM2 ? Vous imaginez vos mômes ?

45:38
Invité politique

Et ça peut devenir très violent. Ça peut devenir très violent

45:41
Invité

sur certains enfants. De quoi a besoin l'éducation nationale ? Bien sûr qu'il y a des dysfonctionnements. Bien sûr qu'il y a des dysfonctionnements même psychologiques et des dysfonctionnements même familiaux pour un certain nombre de mômes. OK. De quoi a besoin l'éducation nationale ? Depuis des années, ils le disent. On a besoin de psychologues de l'éducation nationale. On a besoin de médecins pour accompagner ses élèves. Les emplois aidés, personne n'a fait le compte, le désastre des emplois aidés, de la suppression des emplois aidés par Emmanuel Macron d'un trait de plume en 2017. Ces gens-là, ils étaient dans les quartiers, ils étaient animateurs, ils étaient conciliateurs.

Ils créaient du lien. On ne va pas revenir sur la police de proximité parce que c'est toujours la même entienne mais c'est la réalité aussi. On a supprimé tout ce qui faisait le lien. On laisse les mômes face à face. Quand vous êtes un ado, en plus, souvent, vous êtes fin comme du gros sel, bien sûr. Et en plus de ça, bon, vous avez des réactions. Moi, je ne veux pas y voir l'éternel discours sur c'est encore des musulmans parce qu'en gros, c'est ça, l'histoire. C'est encore des musulmans qui ne s'adaptent pas, qui n'ont pas la même culture de nous. Il s'avère que Samara est également une jeune fille pratiquante aussi et sa famille également. Donc là, ça ne colle plus votre truc.

Il s'avère que Shamseddin, c'est tout à fait autre chose. Donc je ne nie pas l'entrisme de l'islam politique et les ravages qu'il peut faire dans certains endroits. Mais la réalité, c'est que tout ça se soigne par le soin qu'on prend pour les élèves et particulièrement, vous savez, une mère, elle a toujours plus de soins pour son enfant le plus malade. C'est normal. Voilà. Eh bien, nous devons prendre soin des élèves les plus fragiles, les plus dysfonctionnels. Et pour prendre soin, ça ne peut pas être que les profs. Il faut des psychologues, il faut des médecins, il faut des formations de professeurs. Arrêtez de nous saouler avec vos conseils de discipline dont on n'a que faire à 8 ans.

À 8 ans, c'est sérieux. Rapidement,

47:31
Invité politique

effectivement, quand la société est traversée par des éléments extrêmement violents, tout le monde est choqué et on va avoir devant nous un débat qui fracture la société française et qui se rejoue. En gros, la droite réactionnaire dit qu'il faut punition et ils attribuent une responsabilité essentielle à des populations en disant c'est leur culture, c'est leur religion ou ils trouvent toujours une manière d'accuser les personnes en disant c'est lié à leur essence plus ou moins via le prisme colonial il y a des gens qui sont barbares par essence, par culture, par religion, etc. Et la sociologie regarde plutôt ça d'un autre oeil et dit bon, il faut essayer de comprendre comment ça se passe.

D'abord, ce sont des fondamentaux collectifs. À chaque fois, ce sont des collectifs qui harcèlent ou qui viennent devenir violents jusqu'à mener à la mort d'un individu. Le harcèlement scolaire a toujours existé même dans les grandes écoles même dans le inférieur et le harcèlement scolaire existe dans les grandes écoles de commerce fait des ravages il y a même il y a de la barbarie donc c'est pour dire que ce n'est pas des phénomènes des témoignages

48:28
Invité

de tentatives de suicide dans le lycée du Parc Ce n'est pas des phénomènes de pauvres d'origine étrangère Non, mais par contre il faut regarder effectivement

48:35
Invité politique

comment c'est possible que des phénomènes d'ultra-vélance avec des populations donc en collectif en groupe y compris des fois très jeunes viennent ce qui frappe à chaque fois c'est toujours des phénomènes de réputation où quelque chose de futile amène à un niveau de degrés d'ulence immense et ce qu'il faut essayer de comprendre là-dessus est-ce que les sociologues essaient de regarder dans les rixes dans les phénomènes comme ça comme le sociologue Marwan Mohamed il montre que la réputation pour des gens qui sont assis sur des ressources a moins d'importance mais que la réputation c'est le seul capital symbolique c'est-à-dire la ressource qu'on peut mobiliser lorsqu'on n'a pas de capital scolaire économique lorsqu'on ne réussit pas dans d'autres domaines pour trouver un signe de sa reconnaissance et c'est pas étonnant d'ailleurs qu'à chaque fois et régulièrement on retrouve dans cette possibilité d'explosion de la violence chez certains individus y compris très jeunes voilà des phénomènes de désaffiliation sociale des phénomènes qui montrent que la réputation devient le lien d'interconnexion la ressource le capital symbolique qu'ils peuvent mobiliser pour exister pour se sentir reconnus et donc c'est ça que je veux dire c'est que le problème vient au fait que derrière les profits des individus on retrouve forcément des gens qui sont dans des situations d'échec à différents plans et c'est pour ça que la réponse punitive ne marche pas dans ce pays après la guerre il y a une ordonnance la ordonnance sur la justice des mineurs qui a fondé son principe sur un raisonnement il est d'être dire que justement quand on ne parle pas de personnes majeures il faut d'abord discerner quel est le degré de responsabilité compris par la personne à quel point ces personnes comprennent leur acte et sont responsables de ça ça ne veut pas dire qu'il faut les dédouaner de responsabilité ça veut dire qu'il faut agir à ce sujet et de fait vous regardez ce que disaient aussi les sociologues quand ils interrogent des jeunes qui ont participé à des phénomènes de bandes des phénomènes de violences ils disent qu'à un moment dans le groupe ils sont dépassés par leurs actions cela étant dit le fait qu'un harcèlement puisse ensuite venir utiliser un différent sujet là on nous a parlé de la façon dont la personne s'habille soi-disant pour des critères religieux c'est possible encore une fois des gamins de 14 ans qui harcèlent quelqu'un pour de mauvaises raisons ensuite peuvent utiliser toutes sortes de justifications pour justifier la violence qu'ils exercent sur un gamin et je pense qu'effectivement à cet âge là ils sont capables de dire d'immenses bêtises voire de reprendre des discours réactionnaires qu'ils soient d'origine religieuse ou pas la question c'est encore une fois quel est le cadre dans lequel s'insert ces individus et c'est toujours les mêmes ce sont des voies de désaffiliation dans lesquelles les réputations deviennent un élément essentiel de l'expression identitaire de l'individu et donc pour revenir à cette justice des mineurs le problème c'est que systématiquement depuis des années on revient en permanence sur cette espèce d'esprit originel de la justice des mineurs post-guerre en France qui vise à criminaliser de plus en plus les adolescents voire des enfants comme des adultes et ce qui donne Gabriel Attal qui nous dit conseil de discipline pour les gens en primaire

51:30
Invité

mais ça n'a aucun sens en tout cas je suis d'accord avec ce que tu dis tout à fait Paul dans ton témoignage j'ai écouté ce que les experts judiciaires disaient le procureur réalise que sur Chamsédine en fait c'est à dire que les mômes réalisent ce qu'ils font une fois que c'est fait en réalité tu vois il y a une espèce

51:48
Invité politique

et aussi peut-être la question de la maturité tout simplement et puis si vous regardez juste pour être presque des sujets difficiles dans les témoignages que vous avez effectivement le témoignage assez poignant de cette mère la mère de Samara sur la télé mais vous avez aussi des témoignages d'élèves à côté qu'on dit oui mais il y avait une idée une histoire que Tintel avait publié des photos des autres sans son accord ce qui quand je disais futilité tout à l'heure montre le truc c'est à dire que derrière vous avez d'autres témoignages qui disent c'est pas des questions religieuses le parquet d'ailleurs dit pour l'instant c'est pas une question religieuse il dit mais c'était des phénomènes de réputation

52:21
Invité

après entre la réputation et le crime d'honneur tu sais il y a une marge le crime d'honneur bien sûr parce que là ils invoquent moi je parlais de Samara sur Sam Sédine il y a un majeur déjà c'est celui qui a apporté le coup fatal et bien il parle de crime d'honneur encore une fois qu'est-ce que c'est le crime d'honneur c'est aussi

52:38
Invité politique

regardez le profil des gens quand je dis des affiliés un petit délinquant

52:42
Invité

non mais crime d'honneur t'as toute la notion de ce qu'est la femme qui rentre dedans bien sûr mais c'est une vision

52:47
Invité politique

extrêmement réactionnaire qui est portée par les individus qui ont porté les coups mais justement quelle est la raison de ça et c'est ça qu'il faut poser c'est encore une fois parce que la réputation dans le crime d'honneur la réputation de la famille prend une proportion immense parce qu'encore une fois il n'y a pas d'autre moyen de reconnaissance des individus et qu'ils adhèrent à des visions réactionnaires absurdes absurde on en arrive au moment du coup de coeur de Françoise et c'est deux minutes Françoise qui veut rendre hommage à la romancière Guadeloupéenne Marie-Escondé autrice de nombreux ouvrages notamment la saga Ségou Moati Tuba sorcière le coeur a rire et a pleuré ou la vie sans phare une écrivaine qui s'est toujours sentie mal considérée en France

53:24
Locuteur non identifié

il ne faut pas comparer enseigner en France enseigner en Amérique la francophonie pour un français la Guadeloupe la Marti c'est le club med il croit connaître les Antilles mieux que vous il est allé en vacances il a vu comment on dansait il a mangé du boudin donc il connaît quand vous venez avec un regard un discours différent il n'écoute pas il prend pas au sérieux tandis qu'un jeune Américain n'ayant aucune idée préconçue écoute ce qu'on dit

54:05
Présentateur

les plus grands défenseurs de la langue française sont les Antillais les Africains tous ceux qui n'ont quelque part pas eu leur vraie place en France et pourtant c'est eux qui défendent

54:19
Locuteur non identifié

cette langue c'est grâce à nous qu'une image de la France serait banqueur sans nous on n'aurait pas connu ces égles du sang on a fait un travail de pionnier on a défrigé le terrain je crois que la France elle s'en manque alors Françoise pourquoi ce coup

54:42
Invité

je vais vite parce que je trouve qu'on n'a pas assez célébré Marie-Scondé je suis un peu triste parce que quand moi je suis assez émotionnel j'adore cette femme j'adore ce qu'elle est j'adore sa personnalité elle me fait un peu penser à Tony Morrison vous voyez ce que je veux dire alors avec une recherche aussi vraiment elle sort de la petite bourgeoisie guadeloupéenne c'est une femme d'aventure elle part en Afrique elle est résiliente comme Tina Turner j'adore aussi c'est vrai c'est un parallèle que je n'avais pas fait mais vous avez raison elle va en Afrique elle va chercher elle est aussi déçue par ce qu'elle trouve aussi en Afrique elle est déçue elle avance elle y trouve l'amour de sa vie quand même elle trouve l'amour de sa vie bien sûr qui la pousse à écrire elle écrit divinement bien c'est cette écriture de la Caraïbe moi que j'adore qu'on retrouve chez Confiant bien sûr son maître c'est Aimé César et c'est magnifique si vous n'avez jamais lu Marie-Sconde il disait Stégou vous avez raison parce que voilà commençons par ça par le commencement c'est une femme toujours à la recherche de ses racines mais moi je pense que

55:37
Invité politique

les adolescents et les adolescentes pourraient lire le coeur à rire et à pleurer c'est assez accessible et ça donne accès au monde à l'univers de Marie-Sconde

55:46
Invité

et Marie-Sconde voilà c'est aussi les personnages qui se retrouvent confrontés comment dirait-ce au grand chaos de l'histoire avec leur humanité voilà elle était inspirée par notre maître à tous Frantz Fanon et elle était bien sûr inspirée par notre autre maître à tous moi j'ai eu la chance de le rencontrer plusieurs fois c'est Aimé César qui est quelqu'un de surpuissant en réalité voilà je voulais le dire parce que je trouve qu'il y a eu un petit documentaire sur France 4 je crois et je trouve que c'est trop peu

56:15
Invité politique

on peut retrouver un documentaire sur Youtube aussi on va mettre le lien

56:17
Invité

je trouve que c'est trop peu par rapport à l'immense dame qu'elle est de la littérature et le foisonnement de sa littérature c'est pas Barbara Catland qui écrit des romans de supermarché c'est magnifique c'est comme la Caraïbe c'est une direction francophone

56:30
Invité politique

dans toute son ampleur

56:31
Invité

c'est très beau il n'y a rien eu comme hommage et ça m'a rendu un peu malheureuse alors Paul

56:35
Invité politique

la France a-t-elle un problème avec ses auteurs et autrices ses penseurs et penseuses sinon noirs du moins issus des départements et régions d'outre-mer c'est ce que Marie-Skondé croyait il faudrait interroger un spécialiste ou une spécialiste de la littérature moi si on m'a répondu j'avoue que je n'ai pas lu ça m'a donné plus envie de m'y plonger parce que je suis un grand amateur de littérature mais je ne l'ai pas fait donc je ne vais pas me porter là-dessus après sur l'extrait qu'on vient de voir moi ce qu'elle dit ne m'étonne pas dans le sens où j'ai bien vu qu'il y a des institutions en France notamment l'Académie française qui ont une vision figée de la langue extrêmement encore une fois qui est assez représentative je trouve des paniques identitaires de la droite dans ce pays il faut conserver rester garder en place et que les autres Chris et les auteurs dont tu parles ont souvent été des gens qui ont plutôt impulsé et produit une langue française sublime sublime au sens même littéral du terme additionné ils l'ont porté au-delà et je pense que ça dérangera toujours les gens qui considèrent la langue ou la littérature comme quelque chose de statique comme quelque chose qu'il faut conserver en tout cas la langue et la littérature pour moi c'est la capacité d'une liberté incroyable et c'est ça qu'il faut garder et je pense que du coup les gens qui bousculent les habitudes de la langue de la façon d'écrire sont surtout des gens qui ont des choses à nous apprendre pour comprendre et saisir le réel et c'est ça que moi j'apprécie

58:00
Invité

dernier mot quand même sur Aimé Césaire c'est vrai que Aimé Césaire mais d'abord il est iconique Aimé Césaire maintenant mais au début ça a été un grand combattant il a failli être emprisonné c'est un grand combattant politique Aimé Césaire mais c'est vrai c'est faux ce que tu dis Paul parce que Aimé Césaire est devenu un géant de la littérature française véritablement célébré par la droite comme par la gauche véritablement moi j'ai vu les hommages à Césaire se multiplient à droite et à gauche tellement c'est puissant retour cahier de retour mais pas simplement ça sa poésie est magnifique

58:31
Invité politique

Bon Bayrou avait enlevé les discours sur le colonialisme du programme

58:34
Invité

et je termine en disant que quand même l'Académie française peut-être mais elle vient de se doter d'un secrétaire perpétuel Amine Malouf et ça c'est quand même extraordinaire un Libanais donc c'est grandiose ce que l'Académie française est aussi capable d'être dans elle peut aussi être disruptive parce que qui pensait qu'Amine Malouf serait un jour secrétaire perpétuel et il l'est toute institution est un champ de bataille

58:56
Invité politique

l'Académie française au temps de la Startup Nation merci à vous d'avoir suivi C'est un grand écrivain Manouf Non mais je rigole

59:02
Invité

Ouais rigole rigole

59:03
Invité politique

Cette édition de 100 langues de bois restez branchés sur le canal 350 de la Freebox si vous nous suivez sur Youtube n'oubliez pas de vous abonner à notre chaîne d'activer les notifications et de nous offrir un petit pouce levé le média votre média vit entièrement des abonnements et des dons de celles et ceux qui comme vous le regardent et l'aiment si vous pouvez soutenez-nous en visitant le médiatv.fr pour ma part je vous dis à plus Sous-titrage Société Radio-Canada

59:27
Locuteur

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