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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 18 mai 2023 26 min

Violence contre des élus, réforme des retraites, salaires et inflation... Ce qu'il faut retenir du "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Elisabeth Borne a reçu hier soir Yannick Moraise, c'est le maire démissionnaire de Saint-Brévin en Loire-Atlantique, dont la maison a été incendiée, les voitures également incendies criminels, ils pointent du doigt l'extrême droite. Le gouvernement a dévoilé son nouvel arsenal pour lutter contre les violences faites aux élus. Alors je vous donne quelques pistes, aligner les peines des atteintes aux élus à celles par exemple des atteintes aux policiers, aux gendarmes ou aux pompiers. Est-ce que c'est la réponse qu'il fallait faire ?

0:31
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, en soi, pourquoi pas, mais ce n'est pas du tout la réponse adaptée à la situation. La situation c'est que les élus, comme tous les français et toutes les françaises, sont de plus en plus victimes de l'ensauvagement de la société et du laxisme des autorités qui font que malheureusement la violence est aujourd'hui perçue comme une méthode d'action et comme il n'y a pas de sanctions de la part de l'institution judiciaire, l'ensauvagement se poursuit. Donc les élus ne font que subir malheureusement ce que les françaises et les français subissent depuis trop longtemps. Le plan du gouvernement c'est d'augmenter les sanctions justement.

Oui, mais encore faut-il pouvoir arrêter les personnes. Visiblement, si j'ai bien suivi l'affaire par exemple, la police explique que pour le moment ils n'ont pas de suite, ils ne savent pas trop ce qui s'est passé. Donc il y a vraiment un problème de moyens, un problème de laxisme général, ce qui fait que la société, sans sauvage, ça fait des années que Marine Le Pen le dénonce et que malheureusement, malgré les grandes paroles, notamment de M. Darmanin, la situation ne fait que s'aggraver et ça touche maintenant les élus ou des personnalités évidemment.

1:25
Invité

L'exécutif semble dire que le problème ce n'est pas tant la réponse une fois que les actes ont lieu, mais de prévenir ces actes en détectant en amont les menaces réelles avec par exemple des référents atteints aux élus qui vont être créés, une sorte de guichet dédié aux politiques, aux élus pour qu'ils puissent être entendus plus rapidement, notamment par les gendarmes. Pour vous, la violence contre les élus, ce n'est que l'expression d'une violence de société. Il n'y a pas de violence spécifiquement adressée à ceux qui représentent l'État, à ceux qui portent l'uniforme, policiers, gendarmes, pompiers, ou à ceux qui portent l'écharpe tricolore ?

1:58
Jean-Philippe Tanguy

Si, bien sûr, il peut y avoir des violences spécifiques, mais sincèrement je ne crois pas que la réponse soit spécialement dans la prévention. Tout le monde sait qu'il ne faut pas s'attaquer aux policiers, aux élus, aux enseignants, aux soignants. Il y a des violences très graves à l'hôpital public, même dans la médecine privée. Ce n'est pas une question de température à faire baisser en amont. Je pense que ce serait tromper ce diagnostic, que ce serait essayer de faire croire qu'on peut diviser la société, y compris quand il s'agit de victimes. Je pense sincèrement qu'aujourd'hui, on ne fait que subir une violence généralisée.

2:28
Invité

Vous dites qu'on ne peut pas l'éviter.

2:30
Jean-Philippe Tanguy

De toute façon, c'est la réponse qui compte. Je pense que ce qui compte, c'est que les gens savent définitivement que la violence n'est jamais une solution, parce que si vous utilisez cette violence, vous serez sanctionné. Après, ça n'empêche pas de faire de la prévention sur d'autres sujets, mais sincèrement, croire qu'on va solutionner la violence qui touche les élus en faisant de la prévention ou en permettant d'aller porter plainte plus vite, sincèrement, les élus de terrain, ils sont souvent en lien avec la gendarmerie, avec la police, et quand il y a un problème, ils sont déjà entendus en priorité.

Ce qui d'ailleurs peut poser des problèmes, vous savez, parce que bien sûr qu'il faut protéger nos élus, mais les Français ont parfois aussi le sentiment qu'on parle beaucoup des violences qui touchent certaines personnes, à juste raison, parce qu'il faut en parler, il ne faut pas évidemment le mettre sous le tapis, mais que les violences qu'eux subissent sont banalisées. Aucune violence ne doit être banalisée, quelle que soit la victime.

3:18
Présentateur

Vous condamnez donc, j'imagine, toutes les violences. Elles viennent, y compris par exemple pour ce syndicaliste CGT de Verbaudet, dans le Nord, qui a été enlevé, agressé par des policiers.

3:28
Jean-Philippe Tanguy

C'est inacceptable. Il y a un film, je ne vais pas faire la publicité, qui parle d'un autre type d'agression, de méthode de barbouze qui semble se diffuser en France. Alors heureusement, c'est marginal, mais il ne devrait y en avoir aucune. Donc moi, il faut protéger évidemment tout le monde. Et il faut surtout mener des enquêtes qui arrivent à leur terme. Je rappelle qu'on a une élue du Rassemblement National, une députée qui est de la Somme, Yael Ménage, qui s'était fait agresser en début de mandat. Bon, malheureusement, il y avait eu de la solidarité, notamment des élus samariens. Enfin, on ne peut pas dire qu'à l'Assemblée Nationale,

3:58
Présentateur

ça m'a rien fait originaire de la Somme, je le dis pour les éditeurs qui ne connaîtraient pas le terme adéquat. Pourquoi vous n'êtes pas levés à l'Assemblée Nationale en hommage, justement, au maire de Saint-Brévin ? C'est le seul groupe, le Rassemblement National, qui n'a pas souhaité se lever en soutien. Écoutez, les explications ont été données.

4:14
Jean-Philippe Tanguy

Moi, visiblement, ce qu'on m'a dit le lendemain, c'est que l'essentiel, c'est qu'en fait, on n'a pas entendu dans le droit de la discussion. Vous étiez seul à ne pas avoir entendu ? Oui, parce qu'on est aussi les seuls à être totalement opposés à la personne qui prenait la parole. Vous voyez tout le monde qui se lève et qui applaudit. Vous ne vous dites pas, il faudra peut-être qu'on se lève aussi. Non, vous savez, quand la NUPES dit quelque chose, on a tendance à se méfier si on a mal entendu. Et en l'occurrence, ça faisait deux heures que la NUPES insultait les forces de l'ordre. Mais là, ce sont des appels qui ont été lancés par l'IOT, notamment. Quelques temps... Non, là, c'était...

Comment il s'appelle, Jérôme ? Trois appels, en l'occurrence, répétés, notamment de l'IOT. Vous parliez des QAG.

4:44
Locuteur non identifié

Je suis allé des QAG mardi. Et vous avez choisi de vous lever. Moi, je me suis levé...

4:47
Jean-Philippe Tanguy

Vous êtes le seul à vous être levé, plusieurs fois. Non, non, aux questions au gouvernement, il y a eu différentes positions. Mais il y a aussi, si vous voulez, depuis quelques temps, une tendance à l'Assemblée nationale, à se lever collectivement, plusieurs fois par séance, comme si le fait de se lever et d'applaudir allait apporter des réponses aux Français. Donc, il y a un moment. Se lever et rendre hommage aux victimes, oui. Se lever et rendre hommage aux héros, par exemple, aux policiers de force de l'ordre, oui. Que ça devienne une espèce de...

Si vous voulez, que les élus, le gouvernement organise en permanence une espèce de standing ovation, comme si on était au festival de Cannes pour faire croire qu'il faut quelque chose alors qu'il ne faut rien. Je rappelle quand même que le vrai problème de Saint-Brévin, au-delà des éléments, évidemment, de violence et de persécution de cet élu, c'est qu'entre le 22 mars et le sketch du gouvernement de la semaine dernière, ils n'ont rien fait. Ils ont abandonné le maire. Les autorités ont abandonné le maire. C'est l'origine essentielle de cette polémique.

Et quand on écoute le gouvernement, on a l'impression que c'est parce que les élus du RN ne se sont pas levés une fois aux questions du gouvernement en séance, que le maire a démissionné. Non, c'est parce qu'ils ont laissé faire des violences groupusculaires d'extrême droite et ensuite, ils ne l'ont pas aidé.

5:56
Invité

Sur ces violences et ce climat de violence, la majorité disait hier, quand on est croisé dans les couloirs de l'Assemblée nationale, nous sommes tous responsables. Est-ce que vous, vous vous sentez responsable aussi du climat actuel, un peu délétère, de l'ambiance dans laquelle se déroule le débat public ?

6:13
Jean-Philippe Tanguy

Non, écoutez, les Français jugeront. Mais moi, je pense que nous n'avons jamais utilisé aucune forme de violence, même verbale, dans le débat démocratique.

6:22
Présentateur

Et nous reconnaissons toutes les élections à Saint-Brévin contre le centre d'accueil.

6:26
Jean-Philippe Tanguy

Oui, nous avons toujours, nous avons, écoute, il y a d'une part, au début, il y a une possibilité de faire une manifestation pacifique contre un projet, quel qu'il soit, que ce soit une éolienne, un centre pour les migrants, n'importe quel projet public peut donner lieu à une manifestation dans le câble. C'est quand même l'essentiel de ce qui se passe en France et on peut encore s'en féliciter. Je vais vous répondre à la question.

Dès qu'il y a eu un soupçon de radicalisation du mouvement, nous avons donné instruction à nos cadres et à nos militants de se retirer de ces manifestations, comme nous le faisons toujours, car nous n'avons aucune ambiguïté avec ces mouvements qui, je le rappelle, parce que je veux quand même le rappeler, détestent le Rassemblement National, critiquent Marine Le Pen depuis dix ans

7:05
Présentateur

et parfois agressent nos élus. Contrairement, par exemple, à Reconquête, qui a continué d'appeler à manifester sur place ? Je ne sais pas si, je n'ai pas connaissance des instructions de Reconquête,

7:16
Jean-Philippe Tanguy

mais ce qui est vrai, c'est que Reconquête a une stratégie depuis la présidentielle et leur échec à la présidentielle d'agitation permanente et je pense que ce n'est pas au niveau d'un parti politique qui aspire aux responsabilités. Bon, après, c'est leur choix.

7:29
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Vous restez avec nous, invité du 8h30. 8h40, c'est le Fil Info avec Sophie Echène. Au moins un mort et deux blessés à Odessa en Ukraine après de nouvelles frappes aériennes cette nuit sur plusieurs régions du pays, notamment sur Kiev, la capitale, en pleine visite d'un émissaire chinois pour tenter de trouver une issue politique au conflit. Une nouvelle enseigne de prêt-à-porter dans la tourmente, Kukai, en redressement judiciaire depuis février, va fermer 20 de ses 120 magasins d'ici la fin du mois. Cela concerne 54 salariés. Le groupe leur promet des solutions de reclassement.

Au moins neuf morts et plusieurs disparus en Italie. Le bilan s'alourdit après les importantes inondations en Émilie-Romagne. Des milliers de personnes ont été évacuées. Le grand prix de Formule 1 prévu à Imola dans la région ce week-end est annulé. Il faudra être patient si vous prenez la route aujourd'hui. En ce début de long week-end de l'Ascension, tout le pays est en rouge dans le sens des départs. Et ce sera noir dimanche dans le sens des retours. Bison Futé prévoit même la journée la plus chargée de l'année.

8:31
Invité

France Info Toujours avec Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale, les 75 principaux industriels de l'agroalimentaire acceptent de se remettre autour de la table pour négocier leurs prix, pour rediscuter de leurs marges. Alors dit comme ça, on a l'impression que c'est peu, mais ces 75 industriels, c'est 80% du marché des marques nationales. Finalement, est-ce que le gouvernement a eu du doigté dans sa méthode de dire on va vous convoquer et puis vous allez vous remettre autour de la table et puis vous allez faire baisser les prix ?

9:10
Jean-Philippe Tanguy

Si vous voulez, si maintenant le fait que la sixième puissance du monde se félicite d'avoir réussi au bout de plusieurs mois d'hyperinflation à ce que les industriels daignent rouvrir des négociations qui sont dans la loi, moi je pense qu'on est vraiment dans un constat d'échec. C'est insuffisant pour vous ?

Bien sûr que c'est insuffisant, déjà ça ne veut rien dire sur la baisse des prix, la baisse des marges, et surtout c'est très tard, je veux dire ça fait des années, des mois pardon, que les prix sont en hyperinflation, nous on la dénonce depuis septembre 2021, certes, mais moi j'aspire à avoir des responsabilités, nous aspirons à ce moment national, à avoir des responsabilités pour la France. Si le reste du pays veut laisser partir l'hyperinflation, ils le font. D'ailleurs, ils ont certains, par exemple l'Espagne, le Portugal, a pris des mesures sur la baisse de la TVA, par exemple. Mais revenons sur les négociations. Avec des résultats motivés en Espagne ?

Non, c'est des bons résultats, mais si vous voulez... On voit que sur l'alimentaire, ça continue d'augmenter, ça baisse sur l'énergie, mais ça augmente sur l'alimentaire. On peut revenir ensuite sur le cas espagnol et portugais, mais sur ces négociations-là, pour le moment, ça ne préjuge de rien, et surtout, c'est une fois plus reconnaître le pouvoir qu'ont les industriels. Je rappelle qu'il y a quelques semaines, le gouvernement a voulu faire passer une loi qui s'appelait la loi de Creusag. Cette loi voulait confier l'arbitrage final des négociations, ce que j'appelais un pouvoir exorbitant, aux industriels.

10:23
Présentateur

C'est-à-dire que s'ils ne se mettaient pas d'accord, mais j'explique juste le dispositif, si industriels et producteurs n'arrivaient pas à s'entendre, on revenait au prix décidé par les industriels. Les industriels et la grande distribution.

10:34
Jean-Philippe Tanguy

Et donc, ça confie un double pouvoir à la grande distribution et aux industriels, vous l'avez dit vous-même, aux deux marchés les plus oligolistiques, et donc avec le plus gros pouvoir de marché contre les consommateurs d'une part, les producteurs d'autre part. Qui s'est opposé à passer ce pouvoir ? C'est le Rassemblement National seul. On a demandé une motion de rejet, ils nous ont tous tombés dessus, tous les partis nous sont tombés dessus, avant finalement de changer cette disposition qui confiait ce pouvoir exorbitant aux industriels. Et maintenant le gouvernement dit les industriels ont trop de pouvoir et ont abusé de leur marge.

Donc une fois de plus nous avons prévenu, nous avons agi, et aujourd'hui les industriels ont trop de pouvoir.

11:07
Invité

Le gouvernement dit aux industriels, vous vous mettez d'accord, ou alors on a l'arme fiscale, on ira taxer sur profit s'il y en a. Il ne dit pas que mettez-vous d'accord et puis ça ne vous engage rien.

11:16
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez raison, sauf que ça fait des mois qu'ils disent en fait qu'ils ne veulent pas de taxe sur les surprofits. Donc commencer une négociation en disant oui on va mettre une taxe qu'on a toujours refusée, les industriels n'y croient pas, les gros industriels n'y croient pas. Par ailleurs, il y a aussi des pratiques d'entente, il y a des pratiques non concurrentielles. Marine Le Pen lors de la présidentielle voulait considérablement renforcer la lutte contre ces fraudes, contre ces ententes qui sont extrêmement problématiques. À ce jour, le gouvernement ne fait rien contre ces positions dominantes.

Quand vous avez des industriels qui arrivent à reconstituer des marges de 40%, 40% il n'y a aucun agriculteur qui nous écoute. Quel industriel ? Les grands industriels, c'était le rapport de Bercy. Parce qu'il y avait plutôt 25% sur des groupes comme Coca par exemple, parce qu'il reste énorme. Sur la constitution des marges, ça monte jusqu'à 40% et même 25%, c'est considérable. On n'avait aucun agriculteur aujourd'hui qui fait 25% de marges. Je reviens. Ça n'existe pas. Surtout qu'en période d'inflation, tout le monde doit faire un effort. Donc aujourd'hui, on fait payer les consommateurs, on fait payer un certain nombre de TPE, PME.

Les grands industriels, eux, doivent toujours pouvoir distribuer

12:12
Présentateur

toujours plus de dividendes au marché financier. Je reviens à votre proposition, la TVA0 sur un certain nombre de produits. Donc là, ce serait en l'occurrence une fonction sur le budget de l'État. Enfin, ça ferait moins de rentrées pour l'État. C'est la mesure qu'a choisie l'Espagne avec peu de succès. Pour l'instant, 16,5% d'inflation en Espagne sur l'alimentaire. C'est quasiment comme chez nous. C'est même plus. Non, en fait, parce que l'étiage

12:33
Jean-Philippe Tanguy

que prend ce gouvernement pour cesser cette mesure n'est pas bonne. Il faut évidemment comparer l'évolution de la TVA avant et après cette mesure. Or, ça... Ça s'est passé de 14 à 16%. Quand vous baissez la TVA, nous, c'est 5 points en France. La TVA sur le prix de première nécessité. En Espagne, 90% de cette baisse a été répercutée. Oui, si la TVA est de 5%, évidemment, ça ne va pas faire passer de 15 à 0, par définition. Et surtout que ça ne veut pas dire automatiquement... Ça va passer de 15 à 11 ou de 15 à 10. C'est exactement l'objectif. Or, ce n'est pas la seule mesure aussi. Évidemment, on le dit, il faut augmenter les salaires.

Quand vous avez un environnement d'hyperinflation économique, évidemment, ce n'est pas une mesure isolée qui va répondre à toutes les problématiques. Mais le croisement, d'une part, de la baisse de la TVA structurelle et durable et la hausse des salaires que nous proposons. Je rappelle que nous proposons 10%

13:21
Présentateur

de hausse des salaires en échange

13:24
Jean-Philippe Tanguy

de l'absence de charges sur cette hausse. Nous pensons que ça pourrait, évidemment, fonctionner et faire rattraper le pouvoir d'achat. Parce qu'il faut se dire aux Français qui nous écoutent. Le gouvernement joue sur l'ambiguïté en disant que l'inflation va baisser. Quand l'inflation baisse, les prix ne baissent pas. Quand l'inflation baisse, les prix cessent d'augmenter. Donc, il faut alerter les Français. Aujourd'hui, le gouvernement est en train de préparer les Français au fait que les prix vont être durablement élevés sur l'énergie, sur l'alimentation. Il n'y a que nous qui, aujourd'hui, proposons des baisses structurelles.

13:52
Invité

Puisque vous parlez des salaires, est-ce que ça doit être la priorité de l'agenda social qu'Elisabeth Borne essaye de composer avec les partenaires sociaux ? Il y a un texte qui va arriver très vite sur le partage de la valeur qui est issu d'un accord entre les partenaires sociaux. Est-ce que le fait que ce soit en haut de la pile des priorités, c'est pour vous une bonne chose ?

14:10
Jean-Philippe Tanguy

Ça fait longtemps que c'est en haut de la pile, mais ça ne fonctionne pas. Si vous voulez, le partage de la valeur, pourquoi pas ? C'est consensuel. Sans doute, on le votera. Mais ça ne règle pas le problème du salaire mensuel. Vous dites que les partenaires sociaux se sont mis d'accord, donc on le votera. Oui, j'attends de voir le texte final, mais on n'a pas de raison de s'opposer au partage de la valeur qui est très consensuel. Vous savez, depuis le gaullisme, l'intéressement, la participation, le fait que les salariés aient une plus juste part des résultats de l'entreprise, c'est parfaitement consensuel en France.

Donc, nous, on ne fait jamais la politique du pire, mais ça ne solutionne pas la question du salaire mensuel. Quand vous êtes une famille, quand vous êtes un foyer, vous avez chaque mois votre loyer, vos charges contraintes, votre alimentation... Il y a des baisses d'impôts aussi pour cette catégorie à laquelle vous souhaitez... Je ne crois pas, une seconde, les 2 milliards de baisses d'impôts de M. Attal et de M. Macron, je ne crois pas, une seconde, je vais vous expliquer pourquoi, mais je veux quand même signifier que ce qu'il faut, c'est augmenter les salaires chaque mois.

Parce que vos dépenses contraintes, elles sont chaque mois, et même si vous êtes content d'avoir de l'intéressement ou de la participation à la fin de l'année, ça ne résout pas vos problèmes de dépenses chaque mois. Et les 2 milliards, alors pourquoi vous n'y croyez pas ? Je n'y crois pas, parce que si vous voulez, déjà, c'est annoncé à la Saint-Glinglin, ce n'est pas précis, et les impôts augmentent considérablement sur la TVA. Il faut savoir que depuis 2 ans, la TVA a augmenté de 18 milliards, plus de 28 milliards. Donc ça veut dire qu'en 2 ans... Les rentrées de la TVA. Oui, les rentrées de la TVA. La TVA n'est pas augmenté en elle-même. Mais qu'est-ce qu'elle...

Non, mais d'accord, mais le poids de la TVA dans vos dépenses, dans nos dépenses, elle a augmenté de 46 milliards sur 2 ans. Donc rendre, et c'est essentiellement les classes moyennes qui paient cette TVA et les classes modestes. Donc quand vous avez fait rentrer 46 milliards d'euros sur 2 ans en plus, et que vous promettez de rendre 2 milliards, vaguement 2 milliards d'euros, c'est une arnaque. Si je vous prends 100 et que vous rende 2, je ne suis pas sûr que vous serez content de la transaction.

15:50
Invité

Emmanuel Macron vous dit j'ai aussi supprimé la taxe d'habitation, j'ai aussi supprimé la redevance.

15:55
Jean-Philippe Tanguy

Il dit que l'argent a été distribué. Mais ce n'est pas vrai, mais ça c'est comme à un moment, il y avait la riposte de la Macronie qui expliquait que si Marine Le Pen avait été au pouvoir, elle n'aurait pas permis 500 euros de baisse d'impôt sur les classes moyennes. Est-ce que vous pensez qu'il y a une seule personne qui nous écoute aujourd'hui sur votre antenne qui s'identifiait à la classe moyenne sur la taxe d'habitation ? Soit elle a été compensée pour les propriétaires sur la taxe foncière, soit surtout elle a été compensée par les hausses par exemple de taxes sur les carburants.

Je rappelle que la hausse sur la taxe de carburants c'est considérable entre 2017 et 2018 et contrairement aussi à ce qu'a dit le gouvernement, ils n'ont jamais baissé les taxes sur le carburant, ils n'ont fait que les augmenter.

16:36
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, vous restez avec nous, on va parler dans un instant de la proposition de Liot pour abroger la réforme des retraites, en l'occurrence pour abroger le recul de l'âge légal de départ à 64 ans et qui sera voté ou pas le 8 juin à l'Assemblée. On va vous demander ce que vous, le groupe RN, vous voterez. 8h50, d'abord le fil d'info avec Sophie Echen. Le gouvernement fait un geste pour les usagers des lignes intercitées avec une indemnisation dès lundi pour ceux qui ont été les plus affectés notamment par des problèmes de ponctualité et de régularité. Cela concerne environ 20 000 personnes selon le ministre chargé des Transports, Clément Beaune.

Le parquet de Lille ouvre une enquête après des accusations de violence de la part de la CGT en marge de l'évacuation d'un piqué de grève devant une enseigne verbodée à Marquette-les-Lilles dans le Nord. Un délégué syndical affirme avoir été interpellé violemment devant chez lui par des policiers en civil avant d'être gazé et frappé. Plus de la moitié des Soudanais ont besoin d'aide humanitaire selon l'ONU alors que les combats entre militaires et paramilitaires durent depuis plus d'un mois. Ils ont fait 840 000 déplacés dans le pays et ont poussé 220 000 personnes à fuir. Et puis Raphaël Nadal sera-t-il forfait Le tournoi commence dans 10 jours.

L'Espagnol qui l'a remporté 14 fois annoncera cet après-midi s'il y participe ou non. Raphaël Nadal toujours blessé à la hanche et hors-circuit depuis 4 mois.

17:59
Invité

France Info

18:00
Présentateur

Le 8.30 France Info Néil à la trousse Lorrain Sénéchal

18:05
Invité

Jean-Philippe Tanguy le 8 juin à l'Assemblée nationale arrive ce texte du groupe Lyot pour abroger la toute dernière réforme des retraites donc en fait pour revenir à 62 ans en âge de départ légal aucun mystère votre groupe votera pour et j'imagine qu'il votera pour de manière unanime.

18:20
Jean-Philippe Tanguy

Ah oui oui nous votons sans doute pour alors on attend évidemment Il n'y a pas de liberté de vote comme chez la République parce que si visiblement c'est une des options sur la table de la majorité c'est de pourrir si je puis dire le texte et de le transformer par des amendements ou de l'obstruction bon ben on verra le texte final s'il est dénaturé par le comportement de la minorité présidentielle il faudra s'adapter mais oui nous soutenons ce texte d'ailleurs au bureau de la commission finance j'ai soutenu le président Coquerel pour lui dire qu'il était parfaitement qui est évidemment un insoumis qui est parfaitement légitime pour laisser cette loi discuter puisque la majorité la minorité présidentielle fait feu de tout bois pour essayer de bloquer la majorité relative simplement

19:00
Présentateur

vous pensez qu'elle fera de l'obstruction pour empêcher le vote ?

19:04
Jean-Philippe Tanguy

il s'agit ils débattent ils n'ont pas l'air de savoir comment s'opposer au débat parlementaire c'est vrai qu'ils ont utilisé tous les moyens qui étaient à leur disposition pour limiter ce débat pour l'empêcher pour empêcher le vote maintenant ça revient par le groupe Liott d'ailleurs je pense que si nous on avait une autre niche qui n'avait pas été passée on l'aurait fait aussi bon voilà

19:20
Présentateur

les niches parlementaires je précise pour les auditeurs qui ne sont pas forcément spécialistes c'est des journées où les groupes d'opposition peuvent choisir l'ordre du jour à l'Assemblée absolument il y en a une par an

19:29
Jean-Philippe Tanguy

nous elle est déjà passée donc Liott peut le faire donc nous les soutiendrons mais j'espère que les macronistes ne vont pas pourrir cette journée ne vont pas empêcher le débat parce que ça rouvrirait un conflit en France ça mettrait du sel sur une cicatrice qui n'est évidemment pas refermée contrairement à ce que croit Madame Borne et donc enfin peut-être on va pouvoir vraiment discuter de cette réforme

19:49
Invité

mais même à supposer qu'il y ait un vote pour que la réforme soit vraiment abrogée il faut que le texte soit adopté à l'Assemblée qu'il soit adopté dans les mêmes termes ensuite au Sénat si les deux chambres ne se mettent pas d'accord il faut une commission mixte avec des députés et des sénateurs qui arrivent à avoir un texte de compromis et ça ça n'arrivera pas la majorité vous dit mais il n'y aura pas de commission mixte par exemple on ne convoquera pas les députés et les sénateurs pour se mettre d'accord donc c'est-à-dire que tout ça en fait c'est un peu de l'agitation ce texte n'a aucune chance d'aboutir

20:16
Jean-Philippe Tanguy

Non c'est un équilibre politique déjà à la fin l'Assemblée Nationale a le dernier mot et si la majorité ne veut pas appliquer le processus parlementaire à son terme et bien ils iront s'expliquer devant les Français et je pense que les Français seront à nouveau très critiques de la pratique du pouvoir de plus en plus antidémocratique ou en tout cas contournant autant que possible l'esprit de la démocratie et les Français seront très critiques de ce comportement d'ailleurs de quoi a peur la majorité ils ont peur en fait qu'on dise la vérité sur la réforme des retraites bon on la dira que ça leur plaise ou non

20:47
Invité

Justement vous avez un texte aussi je crois le Rassemblement National pour ramener la retraite à 62 ans est-ce que vous dites si c'est pas voté là nous quand il y aura cette fameuse niche parlementaire qui reviendra l'année prochaine on le redéposera

20:58
Jean-Philippe Tanguy

oui c'est possible c'est possible on a déposé un texte y compris dans un an mais en fait en musique si je puis dire la réforme proposée par Marine Le Pen à la présidentielle donc il est possible effectivement qu'on revienne dessus si cette loi Lyot

21:10
Présentateur

n'était pas votée c'est inconstitutionnel dit la première ministre parce que ça abroge des dépenses ça abroge des recettes pardon justement oui mais madame

21:20
Jean-Philippe Tanguy

la première ministre on lui dira que sa réforme coûte très cher en fait aux Français parce que vous savez on a l'exemple de la loi Fillon maintenant c'est documenté expertisé d'ailleurs par les services de l'Etat la réforme Fillon sur les retraites a en fait coûté cher à l'Etat parce qu'il y a eu des transferts des comptes sociaux c'est à dire que ce qu'on a gagné sur les retraites ça a coûté à la sécurité sociale par les maladies par les invalidités ce qu'elle dit

21:41
Présentateur

plus simplement c'est on est en train de revenir à la retraite à 62 ans forcément ça va c'est de l'argent à l'Etat c'est pour ça

21:49
Jean-Philippe Tanguy

que le débat politique et parlementaire est important la réforme ne fait pas d'économie non nous pensons que la réforme des retraites pour la société française et pour toutes les dépenses de l'Etat pour notre modèle social il coûte plus cher puisque entre 62 et 64 ans les risques d'accident du travail sont très importants les risques de maladies chroniques sont très importants les risques d'invalidité sont très importants donc beaucoup de gens qui vont être forcés de travailler davantage vont être blessés malheureusement je ne le souhaite pas mais je le crains vont être blessés vont être abîmés par leur travail et tout ça va coûter plus cher à la fin que les 18 milliards d'euros que les économies les fausses économies qui sont prétendument faires c'est en tout cas l'enseignement de la réforme Fillon alors que c'était de 60 à 62 ans et on est en meilleure santé entre 60 et 62 ans qu'entre 62 et 64

22:32
Invité

Jean-Philippe Tanguy vous êtes député de la Somme président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale mais vous présidez aussi dans cette même assemblée une commission d'enquête relative aux ingérences de puissances étrangères en France donc c'est une commission en fait composée de députés de tous bords est-ce que vous nous confirmez que Marine Le Pen sera auditionnée la semaine prochaine mercredi prochain je crois c'est ça ?

22:50
Jean-Philippe Tanguy

Oui les membres de la majorité présidentielle ont voulu rouvrir les auditions pour entendre Marine Le Pen on avait toujours fait savoir Marine Le Pen dès le début de la commission parce que c'était déjà un faux procès qu'on nous faisait avait fait savoir qu'elle se rendrait à cette commission tout simplement parce qu'elle n'a rien à cacher et elle vient s'expliquer sur quoi ? En gros c'est sur les liens

23:09
Invité

avec la Russie

23:09
Jean-Philippe Tanguy

c'est les commissaires qui poseront leurs questions moi je ne peux pas préjuger mais j'imagine oui qu'ils vont l'interroger sur les fantasmes qui entourent le prêt avec une banque russe banque du Kremlin plus précisément non c'est pas une banque du Kremlin ça fait partie des espèces de choses qu'on lit c'est tellement pas une banque du Kremlin qu'elle a fait faillite alors moi je veux bien qu'une banque d'état fasse faillite mais enfin c'est quand même ça pose problème c'est un soutien on va dire modéré moi ce que je retiens de nos travaux pour le moment que j'ai dit plusieurs fois c'est que qu'est-ce qui a rendu la France dépendante des hydrocarbures russes ou de l'économie russe bon bah c'est tout le petit monde qui a dirigé la France depuis 20 ans qui a permis à Renault de devenir le premier constructeur d'automobiles en France c'est Marine Le Pen non c'est les gouvernements qui se sont succédés qu'est-ce qui a permis à Engie d'investir plus d'un milliard dans les deux gazoducs qui relient l'Allemagne à la Russie contournant nos alliés européens c'est Marine Le Pen non c'est le gouvernement de François Hollande ça c'est un propos politique

24:05
Invité

mais ça fait six mois que votre commission enquête est-ce qu'elle révèle des ingérences avérées étrangères dans la vie politique française

24:11
Jean-Philippe Tanguy

les conclusions en tant que président de la commission il y a l'usage qui veut qu'on ne commande pas les conclusions le rapport va faire un rapport la rapporteure pardon madame va faire un rapport moi je m'en tiens à l'usage et au respect du travail de mes collègues mais tous les comptes rendus aujourd'hui sont en ligne et donc vous pouvez déjà constater un certain nombre de choses

24:29
Présentateur

c'est une bonne chose Jean-Philippe Tanguy on parlait des soupçons disons sur le prêt russe qui pèse sur votre parti c'est une bonne chose d'avoir fait passer une loi qui interdit au parti de se financer auprès de banques extra-européennes ah bah bien moi oui moi je pense que c'est

24:42
Jean-Philippe Tanguy

une bonne chose sur le papier mais il doit y avoir un complément qui est de forcer le système bancaire français à prêter à tous les partis d'opposition crédibles voilà or aujourd'hui le fait que d'un côté par exemple l'UMP l'UMP LR qui à l'époque avait plus de 120 millions de dettes avait accès au système bancaire alors que le rassemblement national lui n'a jamais eu accès au système bancaire français c'est scandaleux voilà et les français doivent savoir qu'il y a beaucoup de candidats de tout parti au quotidien qui ont des difficultés ne serait-ce que pour ouvrir un compte bancaire moi-même j'ai été expulsé de ma banque j'ai été expulsé de ma banque parce qu'ils considèrent que je suis une personnalité politique exposée voilà alors que je n'ai évidemment jamais rien fait

25:18
Présentateur

en un mot Nadine Morano peut être présente sur une liste rassemblement national aux européennes une liste d'ouverture

25:25
Jean-Philippe Tanguy

c'est quelque chose qui peut être intéressant voilà après moi j'essaie de jamais mélanger la porte est ouverte c'est à elle d'accepter bah oui enfin après la porte est ouverte c'est aussi une question de deux lignes une question sur notre vision de la construction européenne elle est sur votre ligne

25:37
Présentateur

ou pas d'après vous

25:38
Jean-Philippe Tanguy

non madame Morano historiquement elle est sur la ligne de Nadine Morano après comme d'autres comme monsieur Mariani était sur la ligne une ligne différente du rassemblement national mais le fait de rassembler d'élargir c'est toujours aussi de pouvoir convaincre de nouvelles personnalités politiques que nous avons raison et que la vision que nous portons pour la France c'est d'élargir à d'autres personnalités

25:55
Présentateur

c'est dans un an on a le temps il y a le temps Jean-Philippe Tanguy merci beaucoup président délégué du groupe RN à l'assemblée invité du 830 bonne journée