JEAN-PHILIPPE TANGUY est l'invité de la matinale de BFMTV !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Jean-Philippe Tanguy, une question un peu plus personnelle : vous étiez dans un taxi, vous avez été reconnu, prise à partie par des individus. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ce matin ?
- 2:14OuverteRéponse partielle
Est-ce que dans ce contexte-là, vous, personnalité publique et politique, six mois de campagne devant nous, est-ce que ça s'annonce possible ?
- 4:36OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous accordez une importance à ce type de publication ?
- 5:11RelanceRéponse directe
Est-ce que vous considérez qu'il faut aller plus loin ? J'entends par là déclarer, décréter l'état d'urgence.
- 7:00OuverteRéponse directe
Faut-il interdire comme le demande Bruno Retailleau ?
- 9:50RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous comprenez que d'un parti qui est le vôtre, qui prône l'ordre, on puisse être surpris que l'état d'urgence ne fasse pas partie en tout cas des priorités que vous demandiez aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Des manifestants m'ont reconnu, commencé à vouloir s'en prendre au véhicule, bravo aux chauffeurs. Je n'ai jamais vu une telle haine, un tel chaos des scènes lunaires. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Moi, vous savez très bien que ces dernières semaines, avec Jordan Bardella, on a été nazifié, on a été mis dans la boue. »
- 4:06Invité politiqueFait
« M. Bagayoko, qui explique, même si sa phrase dit qu'elle nuance la chose, dit que la violence est légitime. »
- 6:14Invité politiqueFait
« Moi, je n'ai pas fait une note des renseignements. Je vous parle en tant que député de la Somme, homme politique, qui subit ces invectifs permanents des Insoumis, qui écoute les discours. »
- 7:11Invité politiqueFait
« La contestation de la République vient des forces d'ultra-gauche. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Il faut déployer les véhicules comme il aurait fallu le faire ce week-end dans les endroits nécessaires. »
- 16:10Invité politiquePromesse
« J'ai demandé 200 fois la dissolution. »
- 18:13Invité politiqueFait
« M. Macron, malheureusement, le connaît bien, ça fait 15 ans qu'on le subit, son cynisme, ses petites manipulations, sa politique du pire. »
- 18:36Invité politiqueFait
« Il a pris cette décision volontairement en voulant utiliser le mouvement social pour ennuyer le débat politique. »
- 20:24Invité politiquePromesse
« Abaisser la minorité pénale et aussi mobiliser les plateformes pour éviter le recel et la revente. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy67 %
- Présentateur29 %
- ?4 %
≈ 14,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il
est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.
Bonjour
Madame Chantret.
Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce matin. Je le disais, vous êtes le président délégué du RN à l'Assemblée nationale, membre de la Commission des Finances et député de la Somme. On va évidemment revenir sur ces fiascos sécuritaires, ces nuits de chaos dans les rues de Paris, mais également dans beaucoup de villes de province. Les mesures annoncées par le gouvernement, la réponse pénale. Mais d'abord, une fois n'est pas coutume, Jean-Philippe Tanguy, une question un peu plus personnelle. Parce que vous en avez parlé sur vos réseaux sociaux, c'était samedi, ce samedi, et vous avez évoqué votre cas personnel.
Vous étiez dans un taxi, vous avez été reconnu, prise à partie par des individus. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ce matin ? Vous avez eu peur, vous écrivez. Des manifestants m'ont reconnu, commencé à vouloir s'en prendre au véhicule, bravo aux chauffeurs. Je n'ai jamais vu une telle haine, un tel chaos des scènes lunaires.
Qu
'en est-il et qu'avez-vous ressenti
?
Écoutez, moi, ce que j'ai ressenti par rapport au malheur qui frappe les commerçants, par rapport aux personnes qui ont été violentées, aux forces de l'ordre qui ont exposé leur vie, ce n'est pas très grave. Mais c'était juste pour témoigner, effectivement, que cette haine politique, ces gens qui sont, comment dire, animés par la détestation, la haine. Moi, je remercie le chauffeur qui était formidable, qui s'est extirpée immédiatement. Mais oui, c'était une scène au milieu, c'était un hôtel de ville, au milieu de la fumée, des débris déjà, de chaos. Oui, vous voyez, on voyait dans Paris ces fumées partir de plusieurs endroits de la capitale. La scène était suffocante.
Le lendemain matin, je me suis baladé aussi dans les rues de Paris, au niveau des galeries Lafayette, d'opéras, des barricades entières, des vitrines brisées. Et derrière ça, évidemment, une vitrine brisée, c'est la vie brisée du propriétaire, c'est la vie brisée des employés, c'est des habitants complètement déconcertés qui viennent vous parler, qui viennent exprimer leur désarroi. D'ailleurs, ce n
'est
pas politique, c'est très humain. Et cette incompréhension, pourquoi cette faiblesse de l'État ? Pourquoi aussi peu d'effectifs ? Mais
ça, on va y revenir, mais juste
sur votre situation, encore une fois, j'entends que vous ne vouliez pas comparer ce qui vous est arrivé avec le drame de milliers de personnes. Mais juste, est-ce que dans ce contexte-là, vous, personnalité publique et politique, six mois de campagne devant nous ?
Est-ce que ça s'annonce possible ? Là, vous avez raison,
Mme Chantré,
c
'est que derrière l'anecdote personnelle, c'est la violence politique qui existe dans ce pays.
C
'est des esprits qui sont à vif et qui viennent uniquement de l'ultra-gauche, de l'extrême-gauche. Là, en l'occurrence, ce n
'était
pas des pillards ou la racaille qui étaient là que pour se remplir les poches et faire leur marché sur le dos des commerçants et du contribuable.
Mais qui voulaient s
'en prendre à
vous ? Oui,
il se trouve que
je
fais beaucoup de médias, donc sans doute que je suis reconnu plus facilement que d'autres, mais complètement haineux.
Mais
enfin, vous savez, ce n
'est
pas la première fois que ça m'arrive. Là, ce qui était impressionnant, c'était qu'il y avait de la foule,
c
'est que c'était dans un contexte où les gens étaient chauffés à blanc, donc c'était un peu impressionnant. Bon,
moi,
j'ai vécu une agression au couteau il
y
a dix ans, donc c'est vrai que c'est des moments qui ne sont pas faciles à titre personnel. Mais moi, j'ai témoigné pour dire qu'il faut que cette violence s'arrête. Il faut que les partis politiques qui prennent cette violence s'arrêtent. Moi, vous savez très bien que ces dernières semaines, avec Jordan Bardella, on a été nazifié, on a été mis dans la boue. Et donc, quand vous mettez des cibles sur le dos des hommes, des femmes politiques, des journalistes, parce que ça arrive aussi à beaucoup de journalistes, sur des personnalités ou d'autres, effectivement, c'est un climat dangereux.
Et en fait, c
'est que M. Mélenchon, les Insoumis et d'autres, qui ont joué à un petit jeu de diabolisation de leurs adversaires, car ils traitent d'ennemis d'ailleurs, de faire croire que les urnes, le débat politique, le débat intellectuel, le débat médiatique, ne règle pas les problèmes en démocratie, qu'il y a un monde à côté épouvantable, qui est un monde de violence, d'insultes, de dégradations, que M. Bagayoko, qui explique, même si sa phrase dit qu'elle nuance la chose, dit que la violence est légitime. Sur
la violence légitime, en effet.
Oui,
après, dans sa phrase,
il
dit... Peut-être
légitime. Mais il ne
la souhaite pas. Mais le problème, c'est que le début de la phrase existe. Peut
-être légitime,
encore une fois. Oui, mais il l'a dit plusieurs fois. Il s'est rendu dans des endroits où
il
y
a
eu des exactions. Il n
'a
pas soutenu les exactions, mais il ne les a pas condamnés directement. Vous ne pouvez pas à la fois vous rendre sur un lit où il y a
eu
des exactions, prétendre être contre les exactions, et après être applaudi par les gens qui ont commis ces exactions.
C'est trop facile. Ils n'ont
que l'ambiguïté systématique. Mais même la violence sur les réseaux, la violence partout. La bordélisation. Au début, les Insoumis ont dit qu
'on
bordélise le débat public, ce qui était déjà scandaleux. Mais ce n'était qu'une première étape. Ce n'est que de la violence, que de la haine, que des insultes, que des invectives. mettent une cible sur le dos de la police.
Mais vous savez
que l'on assiste aussi, Jean-Philippe Tanguy, à une totale bataille des récits. Vous évoquez tout de suite l'ultra-gauche, vous évoquez tout de suite la France Insoumise. Mathilde Panot, d'ailleurs, en parlant des couvre-feux, parle de mesures liberticides. On va y revenir. J'aimerais vous évoquer cet article publié dans la nuit par nos confrères de Mediapart, publication que vous connaissez bien. Un article titrait « Autour du 17 octobre, la fabrique d'un bouc émissaire » et qui rapporte la parole de commissaires, de gens du renseignement, qui disent que on leur a ordonné d'écrire que la France Insoumise était derrière ces violences.
Un responsable syndical écrit, dit plutôt « Je ne vois pas ce qu'il y
a
les filles à faire dans ce fiasco. C'est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l'entière responsabilité. Pourtant, je ne porte pas les filles dans mon cœur compte tenu des attaques incessantes contre les policiers. Manuel Bompard parle ce matin d'affaires d'État. Est-ce que vous accordez une importance à ce type de publication ?
Moi, je ne sais pas. On verra. Je n'accorde pas spécialement d'importance à ce que dit Mediapart. Mais si ces faits sont basés, il faudra s'y intéresser. Moi, je ne suis pas là pour faire porter toute la responsabilité aux Insoumis, aux forces politiques de gauche. Pourtant, pas
toute la
responsabilité. Mais vous y allez tout de suite. Oui,
parce que j'y vais tout de suite parce que c'est vrai. À
l'instar d'ailleurs du
gouvernement
et
du Premier ministre.
Moi, je n'ai pas
fait une note des renseignements. Je vous parle en tant que député de la Somme, homme politique, qui subit ces invectifs permanents des Insoumis, qui écoute les discours. Excusez-moi, M. Mélenchon, chez vos collègues, vos confrères d'Elsei, au moment où on lui demande est-ce que vous condamnez le fait qu'il y
ait
des slogans « Aqab, all cops as bartha », c'est-à-dire que tous les policiers sont
des bâtards.
Il a une espèce de va-condamnation, mais il dit « Oui, mais en France, vous savez, on a toujours été un peu contre la police » quand lui-même dit
qu'il condamne
les violences et ses pillages.
Il condamne, encore heureux, il ne
va
pas se réclamer des pillages, mais c'est toujours nuancé sur les plateaux de télé. On voit d'ailleurs, je ne l'alignite pas aux Insoumis, j'ai dit les forces d'ultra-gauche. On voit des membres de révolutions permanentes, de groupes anarchistes qui eux sont très identifiés.
Faut-il interdire comme
le demande
Bruno
Retailleau
? Après, je n'ai aucune difficulté, ne vous inquiétez pas, à mettre la responsabilité sur ceux qui gouvernent, à savoir les macronistes. Mais intellectuellement, politiquement, la contestation de la République vient des forces d'ultra-gauche. Quand on fait élire des gens qui viennent du NPA, le NPA, le parti de M. Besancenot qui se réclame, M. Poudou, je crois même sur votre antenne, et ce n
'est
pas de la faute de BFM TV, qui légitime les violences et qui en appelle à commettre d'hôtes. Certains qui jouissent de la violence, qui disent « Oui, c'est vrai, les vitrines ont été saccagées, mais il
y a
les assurances. Les assurances, elles ne prennent pas en charge tous les dégâts, comme l'a dit votre journaliste économique, mais en plus, elles
ne
prennent pas en cas les dégâts moraux, elles ne prennent pas en cas les dégâts psychologiques et les dégâts physiques de cette commerçante courageuse qui a essayé de défendre son bar tabac, qui s'est pris une barre de fer dans la tête. Il y
a
une assurance pour le coup de barre de fer dans la tête ?
Des propos donc de votre point de vue insupportable.
Jean
-Philippe
Tanguy, j'aimerais revenir
sur les mesures qui ont été mises en place par le gouvernement dans d'autres villes françaises. Le Premier ministre, ce matin, se félicite avec des guillemets évidemment de cette nuit de retour au calme et dit, annonce que de nouveaux couvre-feux pourraient être décidés pour la nuit prochaine. Est-ce que vous considérez qu'il faut aller plus loin ? J'entends par là déclarer, décréter l'état d'urgence. C
'est
ce que demandent notamment Gabriel Attal ou encore Bruno Retailleau. Est-ce que ces couvre-feux sont suffisants ?
Mais en fait, il faut que les mesures correspondent à des situations et à rétablir le calme. L'état d'urgence, comme le réclame M. Attal Retailleau, c'est un slogan, c'est pour en tant que politicien avoir quelque chose à dire. Ça n'a pas d'intérêt. Nous, au Rassemblement National, on veut les bonnes mesures au bon endroit.
Et l'état d'urgence, pour vous, vous considérez que
ce
n'est pas la bonne mesure ?
C
'est
-à-dire
que localement, les couvre-feux sont plus efficaces. Localement, il faut les forces de police et de
l
'endarmerie nécessaires. Il faut déployer les véhicules comme il aurait fallu le faire ce week-end dans les endroits nécessaires. Il faut assurer les forces de l'ordre d'avoir le matériel, d'avoir les grenades nécessaires, d'avoir les munitions nécessaires, d'avoir les instructions nécessaires. Moi, j'ai beaucoup de contacts dans la police. Moi, j'ai beaucoup d'amis, même, qui ont été mis en place à Paris le samedi, qui n
'avaient
pas d'instructions, qui ont attendu plusieurs heures, qui ont dû aller se cacher.
Et l'état d'urgence, dites-vous,
ne résoudrait pas la situation ?
Personnellement, Madame Chantré, des policiers qui étaient à Paris et qui ont été renvoyés à 20h, alors qu'ils étaient à quelques mètres de la place Vendôme et donc des magasins de luxe qui ont été vandalisés.
Renvoyés, c'est-à-dire ?
Renvoyés chez eux.
En leur disant
que... Il y en a qui ont eu des services, beaucoup n'avaient pas besoin de leurs services. Il y en a qui ont eu des services interminables qui se sont exténués physiquement, qui ont été menacés physiquement avec des instructions étranges. Inversement, il
y
en
a
qui ont été renvoyés chez eux alors qu'on avait besoin d'eux. La doctrine qui a été employée ce week-end, les effectifs mis sur le terrain, les instructions données, ça n'avait ni queue ni tête.
Vous
savez
quoi ? Mais est-ce
que vous comprenez que d'un parti qui est le vôtre, qui prône l'ordre, on puisse être surpris que l'état d'urgence ne fasse pas partie en tout cas des priorités que vous demandiez aujourd'hui ?
Justement, c'est très intéressant.
Qui permettent d'avoir notamment, je me permets de vous interrompre, des perquisitions administratives, des visites domiciliaires, c'est le jargon policier, mais notamment pour aller perquisitionner aujourd'hui des individus qui ont pillé des magasins, ça permettrait justement cette facilité-là et puis aussi d'interdire tout simplement purement des rassemblements, notamment en vue du week-end prochain.
Vous avez raison, mais si on utilise ça dès maintenant, c'est quoi l'étape d'après ? Il n
'y a
plus rien. Donc en fait, en allant... C'est trop tôt. Mais ce n
'est
pas que c'est trop tôt,
c
'est qu'en fait, d'autres méthodes n'ont pas été utilisées. Il y a eu 10 000 policiers, force de l'ordre, déployés samedi. Pendant les Gilets jaunes, le plus fort des Gilets jaunes,
c
'était 90 000. Donc on voit bien que le dispositif a été sous-utilisé. Donc pourquoi M. Rotaillot ou M. Attal ou d'autres demandent l'état d'urgence ? C'est pour cacher leur propre échec. C'est pour cacher le fait qu'ils n'ont pas utilisé les moyens déjà à la disposition de l'État. D'ailleurs, on le voit bien avec les couvre-feux. Il y aurait très bien pu avoir un couvre-feu préventif samedi s'ils avaient écouté les remontées de terrain. Parce que quand j'entends aussi que le gouvernement met ça sur le dos du renseignement, bon, excusez-moi, c'est faux.
Les renseignements, en tout cas informels, parce que nous aussi, en tant qu'hommes politiques, on a des renseignements qui nous remontent évidemment. On savait très bien que ce serait le bazar. Jordan Bardella, au salon de l'automobile, il avait alerté sur les violences qui auraient cours.
Il
suffisait de regarder les réseaux sociaux, la mobilisation des groupes antifa. On n'est plus dans
les années 90. Ce qui est pointé
là, c'est peut-être si, en effet, sur le nombre de participants, 200 000, 550 000 en l'art. Ce ne sont pas les mêmes. Il y a eu les manifestants pacifiques qui ont défilé dans l'ordre. Et puis en effet, ceux qui se sont joints derrière aux violences et aux pillages. Vous voyez d
'ailleurs bien
que par mon propos, je dis aussi que ce ne sont pas les mêmes. Il y
a
eu des manifestants pacifiques, y compris des gens de gauche avec qui je ne partage pas grand-chose. Mais ils étaient pacifiques. Ces défilés ont
pu
avoir
lieu.
Ils ont
eu lieu.
Et
se
sont tenus. Ils se sont bien passés.
D
'ailleurs, heureusement qu'ils se sont bien passés. Parce que si les policiers avaient dû faire face, en plus à des manifestations principales, normales, qui avaient dégénéré, je ne sais pas où on en serait.
Vous
êtes donc favorable à l'ouverture d'une commission d'enquête demandée par la présidente de l'Assemblée nationale ? Elle
doit se tenir
? Elle doit s'ouvrir ? Oui, elle
doit se tenir. Nous, on est toujours favorable aux commissions d'enquête. Il doit, c'était Mme Brune Pivet qui ne voulait plus en faire pendant cette année. Donc, elle revient sur son propre défaussement sur la démocratie. Parce que c'était quand même aussi un problème qu'on n
'ait
pas de commission d'enquête pendant un an. Mais bon, écoutez, il ne
faut
pas se plaindre. Si on peut avoir des informations, c'est bien. Mais ce n
'est
pas fini. La crise n'est pas finie. Si samedi, il y
a
encore des violences, des rassemblements, d'ailleurs, il
y
en a encore eu lieu dans certaines villes hier soir, ce qui s
'est
encore passé dimanche soir à Paris était inadmissible dans les alentours de Châtelet-Léal. Parce que là, ce n'était pas incontrôlable, c'était incontrôlé. Et il faut faire la
différence. Vous
êtes inquiets sur ce qui pourrait se passer samedi parce que vous le dites, en effet, des appels à manifester ont été renouvelés, des appels sur les réseaux sociaux. Et je pointe aussi l'organisation de votre congrès à Orléans. La mairie a pris des dispositions, des appels à contre-manifestation, contre le Rassemblement National sont appelés là aussi. La question a été posée hier à Jordan Bardella. Vous maintenez ce congrès ?
Mais bien sûr qu'on va le maintenir. On ne
va
quand même pas se laisser impressionner par des nervis, des voyous, des criminels.
Et si les autorités
vous disaient que c'était trop dangereux, si les renseignements considéraient que c'était intenable, est-ce que vous renonceriez ? Vous pourriez renoncer
? Il n
'y a
rien d'intenable. Orléans est une ville de taille modeste, totalement, si les forces de l'ordre et si l'État veulent assurer la sécurité, ils assurent la sécurité. Mais excusez-moi, on en revient à
ce
que je vous disais sur les forces de gauche, là y compris les Verts et le Parti Socialiste qui ont eux-mêmes appelé à manifester. La CGT également.
La
CGT, les syndicats, donc ils s'éteignent pour leur responsabilité. Est-ce qu'ils veulent, déjà, d'où ils viennent manifester contre un congrès d'un parti politique républicain qui se présente aux élections et qui est en intention de vote le premier ? Ça veut dire quoi se manifester contre un congrès ? C
'est
-à
-dire
qu'on n
'a
pas le droit d'être au Rassemblement National ? On n'a pas le droit de se présenter aux élections ? Donc déjà, cette manifestation sur son ambition politique pose problème puisque la liberté des partis politiques, c'est constitutionnel. Donc le fait que Mme Binet, M. Fort, Mme Tondelier, M. Mélenchon ne soient pas contents que le Rassemblement National existe. Qu'est-ce que ça veut
dire ? Est-ce que le Rassemblement National
est allé manifester ? Mais
le Rassemblement National
écoutera les recommandations des
renseignements et
des autorités. On
écoute toujours les recommandations de l'État. On travaille en très bonne intelligence avec l'État. Nous ne sommes jamais dans la provocation.
Je vous dis ça.
Mais exister,
ce
n
'est
pas provoquer.
Je vous dis ça parce que le Premier ministre, même si la date n'a pas été encore annoncée, a proposé de réunir les chefs de partis. Jordan Bardella a annoncé ni chaise vide. Ni lui, ni Marine Le Pen ne seront présents à cette réunion. Un vice-président, peut-être vous, sera présent à cette réunion. Et il l'appelle peut-être à revoir
son jugement.
pour Sébastien Chenu, Louis Alliot ou n'importe quoi. Ce n'est pas très gentil.
C
'est l'annonce
de Jordan. Ce n'est pas ni chaise
vide. La chaise sera remplie
par une personnalité de qualité.
Pourquoi pas Jordan Bardella ou Marine Le Pen
? Parce
que c'est une manipulation politique.
Sébastien
Lecornu appelle l'ORN, votre parti, à reconsidérer votre position parce qu'il sera notamment question de la sécurité de la campagne présidentielle. Ce n
'est
pas un demi-sujet. Pourquoi
pratiquer ? Ce n'est pas la première
fois qu
'il
y
a
eu plusieurs réunions.
Ça ne sert
à rien.
Ce n
'est
pas que ça sert à rien.
C
'est qu'il faut arrêter de dire aux gens que déjà, c'est une réunion exceptionnelle.
Il
y
a
eu plusieurs réunions. Excusez-moi, il ne
se
passe pas grand-chose à ces réunions.
Il
n
'y a
pas grand-chose qui se sont annoncés. Nous, ça fait des mois et des années, parce que ce n
'est
pas nouveau malheureusement, qu'on demande qu'on puisse faire campagne sereinement. des députés qui sont là, parfois M. Ruffin, parfois sa collègue insoumise, Mme Hamdan, qui est devant la manifestation. Mme Hamdan, qui se joint à des gens qui ont menacé des personnes âgées, menacé des personnes en situation de handicap, qui m'ont insulté, moi et ma collègue Yael Ménaché, avec des insultes homophobes et antisémites, signalées, des plaintes, des signalements. Ça fait des années. Il ne s
'est
jamais rien passé. Il
y a
une vidéo où on voit qu'ils essaient de rentrer dans le lieu de la réunion. Donc, ce n
'est
pas nouveau. C'est pour ça que vous me dites que
c
'est eux qui ont mis ce climat politique et idéologique dans l'atmosphère, malheureusement, et le gouvernement, les autorités, qui est incapable de permettre la démocratie. Donc, c'est très grave.
Eux
vous répondent que, par exemple, si les groupes d'ultra-droite existent, ils défilaient dans la rue hier
soir
à Lyon. Là, encore une fois, vous dites, ce n'est pas vous.
Et vous
appelez aussi à dissoudre ces groupes.
Vous
le savez très bien, Mme Chantré. J'ai demandé 200 fois la dissolution. Le fameux comité du 9 mai qui défilent le 9 mai. J'étais la personnalité politique, même avant la gauche, à demander qu'ils ne puissent pas se rassembler puisqu'il y avait des tambours néo-nazis en tête de cortège. Voilà, on en est là aussi. Ils avaient été autorisés à défiler, d'ailleurs.
Ce
n
'est
pas la gauche, pour le coup, c'est les macronisques, qui ont autorisé des tambours néo-nazis dans Paris. Voilà, on en était là.
Mais donc, cette réunion, cette réunion autour du Premier ministre ne sert à rien ? C
'est de l'accord ? Ce n'est pas qui sert
à rien, c'est qu'on pouvait très bien avoir des représentants d'un parti politique qui sont aptes à représenter le Rassemblement National, Louis Alliot, Sébastien Chenu ou d'autres personnalités parce que ce n
'est
pas une réunion technique. Avant d'en venir.
C'est ça que je voulais
dire, pardon. C'est une réunion technique.
C
'est-à
-dire,
si on nous demande comment se passent les réunions, les remontées de terrain, ce n
'est
pas politique au sens où Marine Le Pen ou Jordan Bardella ont besoin d'être présents comme personnalités politiques. On est en campagne présidentielle aussi.
Je
veux dire, Marine Le Pen,
elle a d'autres activités. Elle va
voir les Françaises et les Français. Elle est au contact, elle fait des propositions. Jordan Bardella, il est au contact, il était au salon de
l
'automobile. Marine Le Pen, elle a présenté son plan contre les violences familiales pour sauvegarder l'enfance. Nous, on est sur le terrain aussi.
Et ça ne passe pas par une visite à Matignon.
Je
l
'ai
bien compris. Juste, rapide question sur ce que propose la Bruno Retailleau d'un changement de date du second tour de la présidentielle. Parce qu'il ne vous a pas échappé qu'il est le 2 mai, possiblement donc au lendemain de manifestations du 1er mai qui, de manière récurrente aussi, peuvent donner lieu à
des
manifestations violentes. et qui pourraient donc avoir des incidences sur cette élection. Est-ce que vous aussi, vous êtes favorable à cela ? Est-ce que c'est quelque chose, une question que vous portez ?
Depuis le début, depuis que ça a été annoncé, on a critiqué.
C
'est parce que même avant les événements dramatiques et violents de week-end dernier, malheureusement, ça fait des années que les mouvements sociaux, manifestations contre les retraites, manifestations des gilets jaunes, le mouvement lycéen aussi, avec quand même des incendies, des violences très graves contre les policiers ou contre les lycéens eux-mêmes, ou contre le personnel de l'éducation, auquel une fois de plus j'apporte le soutien du Rassemblement national, il y
a
toujours des violences.
Mais est-ce que ça pourrait
perturber le
bon déroulement du scrutin
? M. Macron, malheureusement, le connaît bien, ça fait 15 ans qu'on le subit, son cynisme, ses petites manipulations, sa politique du pire. Donc évidemment, choisir le 2 mai, pour lui, c'était une manipulation. Ce
sont des accusations graves. Vous dites que c'est une décision à dessein d'Emmanuel Macron
pour perturber ce scrutin. Ou alors
il est complètement inconscient. Donc je ne crois pas que le président de la République soit quelqu'un d'inconscient. Malheureusement, c'est quelqu'un de très cynique. Il a pris cette décision volontairement en voulant utiliser le mouvement social pour ennuyer le débat politique. Et parce que lui, de toute façon, il a toujours été dans cette manipulation. Je me souviens des Gilets jaunes. Excusez-moi, je me chanterai un. Je rappelle que quand même la manifestation des Gilets jaunes au début, un mouvement pacifique, lutte contre la fiscalité exagérée. M. Macron et ses amis ont toujours été dans la politique du pire, dans la provocation. Des gens ont perdu des yeux, ont perdu des membres.
Voilà, c'était ça aussi le macronisme.
C'est un
illibéralisme. Moi, je tiens à le dire. Le macronisme a toujours été un illibéralisme. C'est des gens qui acceptent la démocratie et le débat que quand ça les arrange, ils n'en ont rien à faire du fond.
Une question sur les mesures mises en place et cette réunion là autour des acteurs des réseaux sociaux. Faut-il les interdire ? Parce qu'on l'a vu aussi, ces plateformes permettent des appels, des rassemblements. Ils sont appelés à se retrouver aujourd'hui avec les ministres sur la question. C'est un coup de pression, un coup de com' où vous pensez que ça puisse aboutir à quelque chose ? Cette interdiction partielle parce qu'on sait que juridiquement,
c
'est extrêmement complexe. Oui, c'est très complexe.
Ça
a
été
utilisé, je crois, en Nouvelle-Calédonie pour empêcher justement un certain nombre de contacts entre des voyous, des délinquants et des criminels. Écoutez-nous, tout ce qui est utile, ce qui peut permettre la paix civile et protéger des gens, on est pour. Mais après, ça peut être aussi un contre-sens. Pourquoi ? Moi, vous m
'avez
raconté ce qui m'est arrivé, moi c'est aussi comme ça que
j
'ai après choisi l'ITNR pour rentrer. Dans le sens aussi, les réseaux sociaux, en direct, vous permettent aussi de savoir quand vous êtes une honnête personne, un citoyen,
un
commerçant, qu'est-ce qui se passe ? C'est le
bon
et le meilleur.
C'est ça que vous voulez dire.
Donc ça permet au criminel de s'organiser, ça permet au criminel de revendre. Donc nous, Jordan Bardellier hier a fait des propositions très fortes sur le côté pénal pour punir les voyous effectivement, mais aussi pour punir le recel des biens volés. Et
notamment abaisser la
minorité pénale.
Abaisser la minorité pénale et aussi mobiliser les plateformes pour éviter le recel et la revente. Et donc bon, les réseaux sociaux,
il
faut regarder. Mais ça peut vraiment être à double emploi. Il ne
faut
pas non plus empêcher le travail des journalistes aussi. Donc il faut faire attention. Nous,
on
n'a aucune position dogmatique. Il faut faire attention sur les libertés publiques, la capacité des médias de travailler. On est encore en démocratie malgré les tentatives de M. Macron de toujours être tenté par les libéralismes. Donc il faut faire attention et surtout, ça ne peut pas remplacer ce débat. Le fait que les forces de l'ordre soient protégées, bien utilisées, qu'il y
ait
une doctrine claire et qu
'il
y
ait
une responsabilité parce que ce qu'il y
a
en avant aussi, Mme Chantret, c'est l'irresponsabilité de ce gouvernement macroniste. M. Nunez qui n
'est
jamais responsable de rien. M. Lecornu qui n
'est
jamais responsable de rien. Sa
démission
aurait dû être acceptée ?
Bien
sûr. On est dans l'incompétence la plus totale et Jordan Bardella l'a dit avec beaucoup de courage. M. Macron aussi aurait dû partir et présenter ses excuses parce que c'est un règne interminable. Prendre la parole pour ne rien dire comme
il
l'a fait, c'est terrible et c'est à l'image malheureusement du macronisme. C'est coupable de tout, responsable de rien.
Et ça va donner lieu sans doute à des questions au gouvernement très animées cet après-midi dans l'émissive qu'on vous y retrouvera. Merci beaucoup
Jean-Philippe Tanguy. Merci à vous et courage.
Jean-Philippe Tanguy