Je veux proposer une écologie crédible
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- 1:03Locuteur 4Fait
« Le changement climatique et l'effondrement, la perte de la biodiversité, c'est devenu un enjeu de sécurité nationale »
- 1:23Locuteur 4Fait
« Je veux, dans l'élection présidentielle, proposer une nouvelle écologie, crédible »
- 1:46Locuteur 4Fait
« Il y a un rapport entre ces importations d'énergie fossile et deux choses qui sont au centre de notre vie quotidienne »
- 9:03Locuteur 4Fait
« Et donc c'est une vulnérabilité pour le porte-monnaie de toutes les Françaises et tous les Françaises »
- 9:05Locuteur 4Fait
« Et la deuxième, c'est le changement climatique »
- 9:10Locuteur 4Fait
« Si on veut, on a besoin d'organiser notre sécurité climatique, de nous adapter au changement climatique, mais on doit aussi agir sur les causes »
- 9:14Locuteur 4Fait
« Et les causes, ce sont les énergies fossiles »
- 9:22Locuteur 4Fait
« Et plus largement, c'est la boulimie de courir toujours après la croissance économique »
- 9:31Locuteur 4Fait
« La priorité aujourd'hui, ça doit être ce qu'on appelle l'habitabilité, pardon pour le mot un peu compliqué, c'est l'habitabilité de la France »
Temps de parole
- Locuteur 470 %
- Locuteur 320 %
- Delphine Batho6 %
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Notre invitée aujourd'hui, Clément Barguin, Delphine Bateau.
Oui, elle a été ministre de l'écologie. Elle est aujourd'hui députée des Deux-Sèvres, présidente de Génération Écologie. Elle veut désormais conquérir l'Elysée. Delphine Bateau est avec nous ce midi. Bonjour, Madame Bateau.
Bonjour. Merci de prendre le temps de venir répondre à nos questions sur l'antenne de Sud Radio. Vous l'avez probablement entendu dans ce générique, avec beaucoup de sujets mélangés, avec une question forte, celle évidemment du changement de notre situation environnementale, les changements climatiques qui sont nombreuses. Là, vous, présidente de Génération Écologie, vous voulez faire quoi de cette question de l'écologie sur cette élection présidentielle ? Est-ce que ça va devenir un de nos enjeux majeurs ? Vous n'allez pas me dire le contraire, j'imagine bien, mais il va falloir qu'on puisse le poser dans le débat politique. Une bonne fois pour toutes.
Exactement. En fait, le changement climatique et l'effondrement, la perte de la biodiversité, c'est devenu un enjeu de sécurité nationale, qui conditionne notre santé, notre sécurité physique, notre alimentation, notre eau potable. Et donc, moi, je veux, dans l'élection présidentielle, proposer une nouvelle écologie, crédible, une écologie de gouvernement, capable de prendre en charge tous les problèmes du pays, tous les problèmes de la nation, et dans les circonstances historiques qui sont celles de cet été, mais qui sont en réalité celles de ce siècle, parce que le problème, c'est que l'été 2026 risque de devenir la norme.
Effectivement, c'est une question centrale, et c'est très frappant de voir comment les autres formations politiques continuent, font leur rentrée politique, en parlant de toute une série de sujets, mais pas tellement de celui-là.
Sauf Jean-Luc Mélenchon.
Mais Jean-Luc Mélenchon, le cœur de son programme, en fait, c'est ce qu'il appelle la relance de la consommation populaire. Donc, c'est en réalité d'aggraver les causes du problème. Il reste profondément sur une logique de croissance économique et de gaspillage. Donc, il y a quelques slogans sur l'écologie, mais il faut regarder ce qu'il y a derrière. Et ce qu'il y a derrière, c'est l'aggravation des causes du problème.
Delphine Bateau, qu'est-ce qui vous différencie aujourd'hui d'une candidate comme Marine Tondelier ou Yannick Jadot ? Quelle est votre différence à vous ?
Ils ne sont pas vraiment candidats. Il ne vous a pas échappé qu'Europe Écologie Les Verts est en train de décider d'un processus de disparition de l'écologie en France sur un plan politique. Alors, que ce soit les uns pour s'allier avec les socialistes ou que ce soit les autres pour s'allier avec la France insoumise, moi, je refuse cette logique qui est une logique d'abandon. Et je considère qu'au contraire, on est dans des circonstances historiques où il faut construire en France une nouvelle écologie avec un nouveau programme crédible autour de ce que j'appelle la construction d'une république terrestre, c'est-à-dire une France qui protège notre sécurité physique, notre alimentation.
La question de l'agriculture et de l'avenir de l'agriculture est pour moi centrale. La question de l'avenir de la ruralité est centrale, mais c'est aussi une écologie républicaine qui prend en charge les questions de sécurité, les questions de défense.
Mais Delphine Bateau, est-ce que cela veut dire que l'écologie n'est plus seulement une question de gauche ou celle d'un seul parti ? Vous dites à l'instant que vous n'entendez pas beaucoup dans les universités d'été les différentes personnalités sans saisir. Ça veut dire que votre candidature, ça va être celle de faire un réveil collectif ?
Écoutez, on ne serait pas dans cette situation si le paysage politique actuel avait pris au sérieux ce que disent les scientifiques depuis des décennies. La condition, à mes yeux, pour que quelque chose de neuf émerge, c'est l'indépendance. C'est l'indépendance à l'égard de l'ensemble du paysage politique. C'est, à mes yeux, la condition pour qu'une nouvelle écologie de gouvernement émerge en France. C'est qu'elle soit indépendante des formations politiques qui ont échoué sur ce sujet comme sur tant d'autres.
Mais est-ce qu'il n'y a pas un risque de dispersion à gauche ? Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature hier. Un électeur de gauche, aujourd'hui, il peut être perdu. Est-ce qu'une candidature comme la vôtre ne participe pas aussi à la dispersion des voix ?
Moi, je m'adresse à toutes les électrices et tous les électeurs. Et on a besoin d'une élection présidentielle qui soit une élection présidentielle féconde, dans laquelle émergent de nouvelles idées, de nouvelles forces. Franchement, moi, je suis beaucoup sur le terrain, en particulier dans les territoires ruraux. Il y a un profond décalage entre une vie politique à Paris qui reste très matricée, comme si on allait reproduire le même schéma qu'aux deux précédentes élections présidentielles et même celles d'avant. Non, il y a envie d'un nouveau programme et de nouvelles idées. Et moi, c'est ça que je veux défendre dans cette campagne électorale.
Delphine Bateau, la candidature présidentielle, elle impose beaucoup de sujets à traiter et pas seulement celui de l'écologie. Ça va être quoi, vous, votre programme sur la question économique, le pouvoir d'achat, la solidarité, les questions d'immigration ? On en parlait il y a quelques instants sur l'antenne de Sud Radio. C'est quoi votre programme là-dessus ?
Mon programme, c'est la République terrestre. Et donc, d'abord, c'est d'affirmer le caractère central des enjeux écologiques parce qu'ils sont vitaux et qu'ils ont des conséquences dans l'ensemble des domaines. Par exemple, ils ont des conséquences sur le plan économique.
Sur le plan économique, moi, je suis pour qu'on arrête de courir après un indicateur qui est la croissance du PIB et qu'on revienne à une économie de l'utile, une économie locale, en relocalisant un certain nombre de productions, mais en sortant aussi des logiques de gaspillage et en sortant des logiques de dépendance, que ce soit aux importations d'énergie fossile ou d'un certain nombre de matières premières dont nous sommes dépendants, ce qui crée une vulnérabilité pour la France sur le plan géopolitique, parce que le monde qui nous entoure, il a profondément changé. On n'est plus aujourd'hui à l'heure de la mondialisation libérale.
On doit organiser la robustesse de notre économie, de l'avenir de nos entreprises par une logique de relocalisation et de retour à l'économie d'utile.
Vous parlez justement de géopolitique. Ça va être quoi votre proposition en matière de défense ? Parce que c'est très intéressant et je pense que tout le monde peut tomber d'accord avec vous sur la nécessité de faire attention à notre environnement. Mais là, les sujets, c'est comment on fait pour, par exemple, assurer une préférence nationale ? Comment on fait pour créer de l'emploi ? Vous ne répondez pas là-dessus encore ?
Non, pas une préférence nationale. Si, sur les questions de la préférence nationale, c'est le programme de l'extrême droite. On peut parler de relocalisation, ce n'est pas la même chose que la préférence nationale. Pour vous répondre sur les questions de défense, moi je suis membre de la commission de la défense et des forces armées à l'Assemblée nationale. On est dans un contexte géopolitique où il faut prendre très au sérieux les menaces de la Russie. Donc moi, je suis favorable au renforcement de l'effort de défense.
J'ai voté en faveur de la loi de programmation militaire et de la révision de la loi de programmation militaire parce que l'enjeu aujourd'hui, ce n'est pas d'être va-t'en-guerre, c'est de défendre la paix, de défendre la paix en France, de défendre la paix en Europe. Et donc, oui, on doit augmenter nos capacités en matière de défense, que ce soit sur le plan humain ou que ce soit en termes d'armement.
Mais il faut bien comprendre qu'une vraie stratégie de défense, ce que j'appelle une stratégie de défense en profondeur, elle passe aussi par le fait de se défaire de nos dépendances, en particulier en matière d'importation d'énergie fossile, qui sont une vulnérabilité géopolitique qui est exploitée par nos adversaires.
Mais on fait comment ? On a vraiment les moyens de s'en passer aujourd'hui ?
De s'en passer du jour au lendemain, non. Mais il faut bien comprendre qu'il y a un rapport entre ces importations d'énergie fossile et deux choses qui sont au centre de notre vie quotidienne. D'abord l'inflation, l'explosion d'un certain nombre de prix, qui est directement lié à l'augmentation du prix du baril de pétrole. Et donc c'est une vulnérabilité pour le porte-monnaie de toutes les Françaises et tous les Françaises. Ça c'est la première chose. Et la deuxième, c'est le changement climatique. Si on veut, on a besoin d'organiser notre sécurité climatique, de nous adapter au changement climatique, mais on doit aussi agir sur les causes. Et les causes, ce sont les énergies fossiles.
Et plus largement, c'est la boulimie de courir toujours après la croissance économique, qui est un indicateur complètement vicié et qui aujourd'hui est un indicateur en réalité de destruction de nos conditions de vie. La priorité aujourd'hui, ça doit être ce qu'on appelle l'habitabilité, pardon pour le mot un peu compliqué, c'est l'habitabilité de la France. C'est que notre pays reste un bon pays, qui reste habitable, et qu'on puisse y avoir une qualité de vie sereine.
Et à la fois, les règles écologistes qui ont bloqué, notamment durant la crise des incendies, certaines volontés individuelles ou même collectives de, par exemple, créer des murs anti-feu. Là, là-dessus, on aborde comment sereinement...
Non, ça c'est complètement faux.
Écoutez, c'est des témoignages que l'on a.
Non, non, non, non, non. C'est une fake news. Quand il y a un incendie, la décision de faire un pare-feu, c'est-à-dire de créer, par exemple, un couloir où on va éliminer les arbres, ce n'est pas une décision qui est prise, ou pas, par des écologistes. C'est une décision qui est prise par les pompiers et par la préfecture. Peut-être vous parlez d'autre chose, vous parlez de la question du débroussaillement.
Je parle notamment de cela.
Peut-être que c'est de ça dont vous parlez.
Je parle aussi du fait que les citoyennes et citoyens sont parfois atterrées face à des mobilisations écologistes. Je ne suis pas contre l'écologie. Ce ne sont pas mes propos, en l'occurrence, que je vous rapporte. Mais bien celles et ceux qui nous contactent et nous disent que par moments, on a l'impression que l'écologie, c'est encore quelque chose de très dogmatique.
Alors, plusieurs choses. D'abord, si on parle des incendies, moi, je veux saluer le mouvement exceptionnel qu'il y a eu des citoyennes et des citoyens, et en particulier d'agricultrices et d'agriculteurs, qui se sont portés en appui des pompiers et qui ont apporté leur aide. Je vais prendre l'exemple des... Donc, ça a été vrai en Gironde. Je vais prendre l'exemple des Deux-Sèvres. On a eu 300 départs de feu dans les Deux-Sèvres. Il y a eu un travail remarquable qui a été fait entre les pompiers et les agricultrices et les agriculteurs. Maintenant, ce que j'entends dans votre question, c'est autre chose qui ne concerne pas seulement l'écologie, qui concerne tous les sujets en France.
C'est le rabol de la bureaucratie. Et moi, je propose une révolution des normes. C'est ça, ce que j'appelle une république terrestre. C'est une république qui retrouve le sens du réel, qui est terre à terre, qui est concrète, qui fait confiance aux gens et qui édicte des règles qui sont claires mais qui ne se perdent pas dans une bureaucratie qui devient aujourd'hui insupportable dans de très, très nombreux domaines dont on peut prendre plein d'exemples.
Oui, il y avait aussi le cas des méga-bassines, certains mouvements écologistes qui s'y opposaient à l'époque alors même que les agriculteurs n'avaient pas été entendus. Écoutez, justement, vous parlez de concrets, de réels... Non, c'est autre chose.
Excusez-moi, non, les bassines dont vous parlez, elles se trouvent dans ma circonscription. Et en fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si on veut stocker l'eau, si on veut retenir l'eau pour lutter contre les sécheresses, on doit d'abord favoriser le stockage de l'eau dans les nappes phréatiques, dans les zones humides, dans les terres, dans les haies. Et donc, le modèle qui est celui de faire des investissements gigantesques à plusieurs dizaines de millions d'euros pour chaque bassine, d'où l'eau s'évapore, ce n'est pas une solution qui est adaptée aux canicules extrêmes telles que celles qu'on vient de vivre.
On a une auditrice qui a une question à vous poser sur la chasse, Delphine Bateau. Sabine, vous êtes encore là ?
Oui, bonjour, bonjour, madame Bateau.
Allez-y, Sabine.
Alors, bonjour, j'habite un petit village dans l'Hérault, alors c'est vrai que je suis très loin de Paris. Ce qui se passe à Paris ne m'intéresse pas, ce qui se passe chez moi m'intéresse. La terre a brûlé, la terre s'est desséchée. J'ai eu plus de 40 degrés pendant plus d'un mois et demi. À un moment donné, j'entends que les chasseurs partent au combat dans les Landes, en Gironde, tuer les derniers animaux qui ont réussi peut-être à s'échapper des feux de forêt, et que le gibier d'eau, malgré qu'on nous a seriné sur une sécheresse depuis trois mois, la chasse est ouverte, on peut aller les tirer comme de la peine. Expliquez-moi pourquoi on ne s'insurge pas contre ça.
Vous vous insurgez, vous Delphine Bateau, peut-être ? Merci Sabine.
Moi, j'appelle au bon sens. En fait, on vit un été silencieux. C'est très frappant à quel point la nature est en train de mourir. Il y a moins d'oiseaux, moins d'insectes, moins d'animaux. Et je crois que beaucoup de chasseurs aiment la nature. Et donc, ils doivent avoir le bon sens de comprendre qu'on doit laisser aux écosystèmes le temps de souffler, de se reconstituer, de se réparer en fonction du climat qu'on aura au mois de septembre, au mois d'octobre. Et c'est vrai que ce n'est pas une période adaptée pour chasser. Mais on doit y arriver, à mon sens, par le dialogue et par le bon sens.
Je signale aussi, parce qu'il y a beaucoup de fausses informations qui circulent, que tous les territoires qui ont été incendiés, les massifs, sont interdits à la fréquentation. Et des promeneurs, comme des chasseurs actuellement, ces territoires sont fermés à la fréquentation.
Merci beaucoup Delphine Bateau.
Je voudrais dire merci à toutes celles et ceux qui ont apporté de l'eau aux animaux. dans cette période de sécheresse qui est terrible.
Merci beaucoup Delphine Bateau. Merci beaucoup Delphine Bateau. Je rappelle que vous êtes députée des Deux-Sèvres, présidente de Génération Écologie et donc candidate déclarée pour la présidentielle. Merci d'avoir été avec nous ce midi. Merci aussi à Sabine.
Delphine Batho