LOUIS ALIOT est l'invité de LAURENCE FERRARI sur CNEWS !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Comment mettre fin à ce cycle de violence débridée ?
- 0:55RelanceRéponse directe
On ne peut pas proposer le rétablissement de l'autorité ?
- 1:11OuverteRéponse directe
L'école ne peut pas tout faire, a dit le ministre de l'Éducation nationale. Les parents ont un rôle qu'ils ne tiennent plus.
- 1:48OuverteRéponse directe
Les professeurs ne sont pas épargnés non plus. Ils ont été pour certains roués de coups, aspergés d'essence.
- 2:49OuverteRéponse directe
Et c'est quoi le problème sous-jacent alors dans notre pays ?
- 3:29OuverteRéponse partielle
Quelles sont les revendications des lycéens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« on peut s'interroger sur le fait que le principal du collège, l'ancien principal du collège, n'avait voulu aucune mesure de sécurité. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Aucun portique ? Aucun portique. »
- 0:49Invité politiqueFait
« il faut évidemment à l'entrée des collèges et des lycées, un arsenal de mesures qui permettent de filtrer les objets »
- 1:20Invité politiqueFait
« Ils sont de plus en plus absents parce que je pense qu'aujourd'hui, les jeunes sont un peu laissés avec les réseaux sociaux notamment »
- 2:01Invité politiqueFait
« Les professeurs sont devenus des cibles. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Exactement, et Samuel Paty. »
- 2:24Invité politiqueFait
« les gouvernements successifs ont reporté les problèmes d'une année sur l'autre sans rien régler. »
- 3:33Invité politiquePromesse
« Oui, il faut supprimer le parcours sup. »
- 3:35Invité politiqueFait
« On a trouvé 4000 profs du jour à l'endemain, je me demande bien où est-ce qu'ils étaient. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Il faut s'interroger aussi sur la responsabilité des organisations syndicales dans le dérèglement qui frappe les établissements scolaires. »
- 4:31Invité politiquePromesse
« on a un plan que Marine présentera évidemment dans les semaines qui arrivent »
- 4:40Invité politiquePromesse
« notamment par une augmentation des rémunérations »
- 5:34Invité politiqueFait
« Oui, de toute façon, ça fait longtemps que nous disons que les policiers sont sous pression. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Et de toute façon, aujourd'hui, vous arrêtez 20 fois un dealer dans la rue, 20 fois il est libéré, etc. »
- 7:40Invité politiqueFait
« M. Macron aura laissé le pays en faillite. Faillite totale avec des conséquences graves. »
- 7:55Invité politiquePromesse
« Il faut déjà que chaque peine soit exécutée. »
- 7:59Invité politiquePromesse
« on propose aussi la construction de prisons, ou en tout cas de centres fermés pour les jeunes. »
- 8:10Invité politiqueChiffre
« On est un pays, aujourd'hui, avec, je crois, qui dépasse le taux d'incarcération de plus de 100% »
- 11:24Invité politiqueFait
« C'est une mesure temporaire pour permettre cela. »
- 11:33Invité politiquePromesse
« Il faut baisser les taxes sur le carburant, baisser la TVA »
- 12:02Invité politiquePromesse
« On ne pourra pas qu'elle soit temporaire. Elle serait définitive. »
- 12:18Invité politiqueFait
« nos mesures, mais on ne parle jamais des mesures du gouvernement qui vont encore aggraver les déficits de la nation dans leur prochain budget »
- 13:06Invité politiqueFait
« Je ne crois pas à la science constitutionnelle de M. Ferrand. »
- 13:35Invité politiqueFait
« Oui, l'article 11 est une autre manière de réviser la Constitution. »
- 14:51Invité politiqueFait
« on tourne la page et on va parler maintenant de ce qui intéresse les Français et pas de l'écume des choses. »
- 15:51Invité politiqueFait
« le ministre israélien de la lutte contre l'antisémitisme a apporté son soutien à Jordan Bardella »
Temps de parole
- Louis Aliot71 %
- Présentateur28 %
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Et
notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Louis Alliot. Bonjour à vous. Bonjour. Vice-président du RN et maire de Perpignan.
On
va évoquer les mobilisations lycéennes qui reprennent aujourd'hui. Mais d'abord, cet adolescent de 14 ans qui ouvre le feu sur ses professeurs, qui vise d'autres élèves. On pensait que ça n'arrivait qu'aux Etats-Unis et pourtant c'est à Aubagne que ça s'est produit hier. Plus rien n'en dit que la violence. Comment mettre fin à ce cycle de violence débridée, Louis Alliot ?
Alors sur ce cas, apparemment, il s'agit quand même d'un litige bien particulier qui n'a rien à voir avec les revendications lycéennes. Simplement, on peut s'interroger sur le fait que le principal du collège, l'ancien principal du collège, n'avait voulu aucune mesure de sécurité. Aucun portique ? Aucun portique.
Et
donc il faut rappeler quand même, je pense aujourd'hui, qu'il faut évidemment à l'entrée des collèges et des lycées, un arsenal de mesures qui permettent de filtrer les objets qui
y rendent. C'est
que ça qu'on peut proposer des portiques, qu
'on
ne peut pas proposer le rétablissement de l'autorité ? En
plus du reste. Mais là, pour le coup, comme mesure d'urgence, je pense que c'est une des solutions. Mais c'est vrai que c
'est
la société et la jeunesse qui deviennent de plus en plus violentes. Il faut s'interroger sur les causes et les conséquences de cela.
L'école ne peut pas tout faire, a dit hier Édouard Jeffray, effectivement ministre de l'Éducation nationale. Les parents ont un rôle qu'ils ne tiennent plus.
Ils
ont démissionné, les parents, en France,
Louis Alliot ? Ils sont de plus en plus absents parce que je pense qu'aujourd'hui, les jeunes sont un peu laissés avec les réseaux sociaux notamment, avec tout ce qui leur est amené à connaître en dehors du cercle familial, l'abaissement de la cellule familiale aussi. Et donc effectivement, j'ai l'impression qu'une certaine jeunesse fait sa vie en quelque sorte sur des réseaux parallèles. Et on se retrouve dans des situations très compliquées aujourd'hui et ça touche les villes d'ailleurs comme la campagne.
Les professeurs ne sont pas épargnés non plus. Alors lors des mobilisations lycéennes, on l'a dit, ça n'a rien à voir. Ils ont été pour certains roués de coups, aspergés d'essence. On est encore une fois là sur des professeurs qui sont des cibles comme les policiers.
Ils le sont devenus au fur et à mesure. Les professeurs sont devenus des cibles. Ce n
'est
pas la première fois. On est un
pays où on a
eu les
assassinats de Dominique Bernard et Samuel
Paty.
Exactement, et Samuel Paty. Et pourtant, on voit toujours des résistances sur les inaugurations que l'on peut faire les uns et les autres sur des collèges ou des lycées Samuel Paty. Donc on voit bien que le problème est toujours là, qu'il n'est pas réglé et que les gouvernements successifs ont reporté les problèmes d'une année sur l'autre sans rien régler. D'ailleurs,
c
'est marrant parce qu'on voyait l'autre jour sur votre chaîne un reportable sur Lionel Jospin concernant la crise des lycées. Et c'était exactement les mêmes mots que les ministres aujourd'hui. On va faire un plan d'urgence, on va faire ceci,
on
va faire cela. Bon, on voit bien qu
'on
ne fait rien ou pourquoi pas grand-chose et que la situation est systématiquement la même au fur et à mesure que
nous avançons. Et c'est quoi le
problème sous-jacent alors dans notre pays, Louis Alléot
? C
'est le mal-être d'une jeunesse qui n'a pas d'avenir, qui n'arrive pas à se projeter. Il
y
a encore 40-50 ans, la jeunesse savait qu'il y avait du travail, qu'elle pouvait fonder une famille et qu'il y avait un avenir. Aujourd'hui, les jeunes, avec le développement de l'IA aujourd'hui, avec les emplois qui sont de plus en plus à l'extérieur de la France, se demandent quel va être leur avenir. Et j'ai l'impression qu'ils expriment aussi ce mal-être par des comportements d'ailleurs inadmissibles, mais pas tous. Et encore une fois, ces grèves lycéennes, on a focalisé sur la violence, et il le faut pour montrer qu'il y a certains qui n'ont rien à faire dans les lycées, mais la grande majorité des lycéens, il faut le dire... Donc vous entendez
leur
revendication, lesquelles ? Mais moi
j'entends leur...
Sur le nombre de
profs, sur le parcours sup, vous voulez l'annuler ? Oui, il faut supprimer le parcours sup. On a trouvé 4000 profs du jour à l'endemain, je me demande bien où est-ce qu'ils étaient. On voit bien que le ministère est mal géré.
Il
faut s'interroger aussi sur la responsabilité des organisations syndicales dans le dérèglement qui frappe les établissements scolaires. Moi je pense qu'il faut quand même que tout le monde s'interroge sur ses propres responsabilités dans ce que nous vivons aujourd'hui.
C'est 3000 profs qui ont été sortis du chapeau, qui étaient sans affectation. Voilà. Est-ce qu'il faut encore une fois faire en sorte qu'il y
ait
un professeur devant chaque classe ? Chaque candidat le promet, personne n'arrive à le
tenir, Louis Aglio. En tout cas, il faut essayer et s'interroger de savoir pourquoi il n
'y
en a pas d'abord, pourquoi beaucoup sont en maladie, et j'allais dire, et ces 4000 profs qui tombent du ciel, où étaient-ils, que faisaient-ils, et pourquoi ils n'étaient pas en poste au moment précisément où on en parle.
Que
propose l'ERN sur l'éducation nationale ? Vous avez un plan déjà, un
programme ? Alors
on a un plan que Marine présentera évidemment dans les semaines qui arrivent, mais tout simplement le respect dû à l'autorité et évidemment au corps professoral, et la revalorisation aussi du métier de professeur, notamment par une augmentation des rémunérations, mais il faut bien le dire aussi par une réorientation de l'ensemble des débouchés des filières. Parce qu'on voit bien dans un certain nombre de lycées, des jeunes qui, soit n'ont rien à y faire, soient mal
orientés. Donc réhabilitation
des filières professionnelles, c'est
ce
que vous nous dites ?
Aussi, exactement, parce que dans la filière professionnelle, il y a des débouchés. Et moi je peux vous dire qu'en tant que maire, je vois les demandes des entreprises sur ces filières professionnelles, qui n'arrivent pas à trouver leur public. Et ça, il y a une désadéquation entre l'offre et la demande qui est fatale, j'allais dire, à une certaine partie de la jeunesse.
Nous, à Lyon, on a évoqué les revendications légitimes des lycéens, il
y
a aussi les violences que vous avez signalées dès le début, inadmissibles. Vous comprenez le ras-le-bol des forces de l'ordre, on en est à près de 800 blessés dans le rang. Est-ce qu'il y
a
un risque de rupture d'obéissance de leur part quand on entend le président Macron dire qu'ils ont parfois manqué d'empathie
?
Oui, de toute façon, ça fait longtemps que nous disons que les policiers sont sous pression. Ils ont connu quand même successivement, depuis Hollande, les grèves qu'il y a eu avec les casseurs, il y
a
eu les gilets jaunes, il y a eu les attentats,
il
y
a
eu systématiquement, c'est quand même la police qui paie les pots cassés, je veux dire, du désordre de la société. Ce désordre, ce n
'est
pas la police qui le crée, c'est le gouvernement en place. Et donc évidemment, il faut être derrière la police, qui est, je le rappelle, le socle de notre contrat républicain. S'il n
'y
a plus de police, il n'y a plus de règles. S'il n
'y
a plus de règles, c'est l'anarchie. Et là, on verra encore plus de violence dans les rues. Donc il faut être évidemment derrière la police. Mais il y a un risque. J'ai écouté l'autre jour un syndicaliste policier aussi
sur
votre
antenne qui a dit, s'il y a un mort chez nous, ou plusieurs morts, à ce moment-là, nous arrêterons de faire ce que nous avons à
faire. Vous
envisagez ça, la rupture d'obéissance des policiers qui sont dévoués évidemment à
la République ?
En tout cas, je n'aimerais pas que ça arrive, mais je comprends que, face au manque de soutien, notamment du président de la République et d'un certain nombre de politiques dans le pays, ils puissent s'interroger sur leur mission et sur leur fonction. Et ça, malheureusement, ce serait gravissime parce que, je le dis, il n'y a pas que les manifestations. Il y a la sécurité du quotidien. Et dans la sécurité du quotidien, police nationale et police municipale sont, j'allais dire, au travail tous les jours avec la chaîne pénale, évidemment, et avec la justice. Mais si vous rompez cette harmonie-là, eh bien, vous rompez aussi l'équilibre de la société.
Nous, Aliot, vous évoquez la chaîne pénale, 6800 interpellations à peu près depuis le début de ce mouvement, 85% de mineurs. Aujourd'hui, on en est à une vingtaine de placements en détention. Est-ce que vous voyez le ratio ? Est-ce que, en fait, c'est un permis de cassé qu'on octroie
? Mais
de toute façon, il n
'y a
plus de place dans les prisons. Et de toute façon, aujourd'hui, vous arrêtez 20 fois un dealer dans la rue, 20 fois il est libéré, etc., etc., etc. Là aussi, tous les secteurs
français,
quels qu'ils soient, économiques, sociaux ou civils, sont dans une très grave difficulté. M. Macron aura laissé le pays en faillite. Faillite totale avec des conséquences graves. Et la justice est l'une de ces faillites-là.
Sur les mineurs,
est
-ce que vous proposez d'abaisser la majorité pénale à 16 ans ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Qu'est-ce que vous proposez au RN
?
Il faut déjà que chaque peine soit exécutée.
Et
donc, déjà, on propose aussi la construction de prisons, ou en tout cas de centres fermés pour les jeunes. Mais sur les prisons, il y a eu, encore une fois, beaucoup de promesses qui n'ont pas été tenues. On est un pays, aujourd'hui, avec, je crois, qui dépasse le taux d'incarcération de plus de 100%, ce qui est humainement une honte. Et donc, il faudra, évidemment, tout de suite, mettre en œuvre un grand plan de construction de prison.
Jean-Luc Mélenchon propose à nouveau le droit de vote des 16 ans. Qu'est-ce que vous lui dites ? Bonne idée, mauvaise idée ? Il dit à 16 ans, on peut aller en prison, alors on peut voter, a priori.
Oui, ça l'arrange, puisque les sondages disent qu'une certaine partie de la jeunesse le soutient à partir de cet âge-là. Mais je pense que ce serait trop tôt. Il faut laisser la majorité à 18
ans.
C'est ce
qu'on
disait quand la majorité pour le vote était à 21 ans.
C
'est vrai, ça a coûté l'élection de Giscard, d'ailleurs, de l'avoir abaissé à 18 ans. Mais pour le reste, je pense qu'il faut laisser les jeunes aussi se faire leurs armes idéologiques, politiques, dans leur vie étudiante et lycéenne, et ne pas tomber dans la politisation que souhaiterait M. Mélenchon.
Justement,
on
parle de l'instrumentalisation de la France insoumise dans ces mouvements. Est-ce que vous dites, comme d'autres, que Jean-Luc Mélenchon est responsable, je cite, de la bordélisation de ce mouvement ?
Oui, d'ailleurs, ils l
'ont
mis en place à l'Assemblée nationale et ils essayent de faire pareil dans la société et ainsi tenter de peser sur le premier tour de l'élection présidentielle dans une certaine cacophonie. Tout
ça
est lié, vous
pensez, à l'élection présidentielle ? Je pense que dans
sa stratégie, il y a cette stratégie-là de semer la perturbation pour attirer à lui, évidemment, la lumière et les feux de l'actualité. Et puis, il faut bien le dire, pour vampiriser et finir d'éteindre le Parti socialiste qui est pratiquement à l'agonie aujourd'hui et dont on a pu voir avec cette primaire que ce n'est pas cette année encore qu'il va briller par ses scores.
M. Glucksmann n'est pas le candidat de la gauche idéale dont vous pensez qu'il pourrait l'emporter ?
Alors,
pour moi, la gauche idéale, ça n'existe pas. Mais M. Glucksmann fait partie de la social-démocratie européenne et le fait qu'il ait pris la main sur le Parti socialiste. Alors, il y a un bon côté, c'est qu'il refuse toute alliance avec la France insoumise. On verra,
on verra.
Est-ce que vous êtes sûr de
ça ?
Non, je ne suis pas sûr du tout. Donc, il le dit aujourd'hui, on verra bien demain. La gauche, c'est toujours se rassembler. Oui, oui, surtout sur le dos des autres. Mais le personnage lui-même, très honnêtement, quand vous n'avez que comme programme
de
lutter contre le Rassemblement national, en fait, c'est que vous n'avez pas de programme. Et donc, je ne pense pas que le Parti socialiste arrive à rassembler au-delà de sa petite sphère d'influence.
Donc, vous pensez quand même que ce mouvement lycéen, à part les revendications légitimes, est une espèce de prélude avant ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen accédait à l'Élysée, c'est ça ?
Non,
écoutez, il y a plusieurs choses dans ce mouvement lycéen. Il y a effectivement l'instrumentalisation de la gauche. Et puis, vous avez, qui sort comme ça de l'actualité, la petite Louise, qui est un rayon de soleil...
Mont-en
-Gon, qui est un rayon de soleil...
Le pouvoir d'achat, qui est évidemment au cœur de leur quotidien. Le prix du gasoil devrait baisser dès le mois de novembre de 12 à 18 centimes par litre. C'est une bonne chose que le gouvernement a décidé de libérer les stocks stratégiques pour faire baisser la pression sur les prix à
la
pompe ?
C'est une mesure temporaire pour permettre cela. Donc, tout ce qui ne sera pas pris dans la poche du contribuable et de l'usager est une bonne chose. Mais nous le disons, nous le rappelons, il faut aller plus loin. Il faut baisser les taxes sur le carburant, baisser la TVA, parce qu'aujourd'hui, l'essence n'est pas un produit de luxe. Elle est un produit de première nécessité. Il n'y a bien que les écologistes et la gauche qui pensent que c'est un produit, aujourd'hui, de luxe. Aujourd'hui, tout le monde a besoin d'aller travailler, d'aller chercher ses enfants et d'avoir une voiture avec de l'essence dedans. Et aujourd'hui, ça pénalise les ménages les plus modestes.
Et cette mesure-là va contribuer...
Elle ne serait pas
temporaire pour l'ERN, cette mesure de baisse de la
taxe
? On ne pourra pas qu'elle soit temporaire. Elle
serait
définitive.
C
'est une mesure de pouvoir d'achat. Si on ne fait pas ça, on est en train de ruiner une partie des petites épargnes des Français et de rendre difficile la vie à des millions d'autres.
Avec des questions sur le financement, évidemment, de cette mesure qui coûterait 10 milliards d'euros. Oui, mais on part
de... C'est l'occasion d'interroger Marine
Le Pen jeudi.
... de
nos mesures, mais on ne parle jamais des mesures du gouvernement qui vont encore aggraver les déficits de la nation dans leur prochain budget et qui vont faire des dépenses supplémentaires. Donc ces gens-là donnent des leçons, mais sont incapables de se les appliquer à eux-mêmes.
Louis Alliot, on sait que Marine Le Pen veut utiliser beaucoup le référendum pour notamment une révision constitutionnelle. Ce matin, en fait, il y a quelques jours plus tôt, le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, la met en garde parce qu'il dit que ce ne serait pas au motif de l'article 11 qu'elle pourrait ainsi modifier la Constitution, mais qu'il faudrait en passer, c'est un peu technique, mais c'est important, par l'article 89, qui exige un texte voté en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat, puis voté par les trois cinquièmes du Congrès ou par référendum. Ça modifie un peu les choses, ça change d'alonne. Je ne
crois pas à la science constitutionnelle de M. Ferrand. Pourquoi ? Il en est le président. Il en est le président, mais je pense qu
'il
n'en a pas les compétences. Et il est parti... C'est grave comme accusation. Bien sûr, mais il est parti sur un sujet hasardeux en disant qu
'on
n
'est
pas De Gaulle qui veut. Il n'en demeure pas moins que le général De Gaulle l'avait appliqué, que le président Mitterrand, qui doit être son idole, c'est un ancien socialiste, l'avait accepté comme tel et que s'est rentré, on va dire, aujourd'hui dans l'ordre constitutionnel français. Oui, l'article 11 est une autre manière de réviser la Constitution. Contrairement à
ce
que dit M. Ferrand.
Vous balayez l
'argument
du président
du Conseil constitutionnel
?
On ne balayait pas, mais il devrait quand même garder un minimum de neutralité dans sa fonction et ne pas s'engager sur des voies politiques. Il se politise dans ce sens-là,
selon
vous
? C'est un argument politique et
pas juridique ? Il n
'y
a qu'un seul souverain dans la République, c'est le peuple. M. Ferrand est le président du Conseil constitutionnel. Il devrait s'appliquer une neutralité à sa fonction et à ses paroles. Malheureusement, il ne le fait pas.
Donc Marine Le Pen maintient qu'elle passera par l'article 11 pour organiser ce référendum
? On développera un certain nombre de référendums et l'article 11 sera l'un des outils pour le faire.
Louis Alliot, le président du RN, Jordan Bardel, a été en déplacement hier à Ceuta, l'enclave espagnole, où ont débarqué fin juillet près de 70 000 migrants. Il dénonce le danger le plus important de ces prochaines années, à savoir l'immigration. C'est une façon pour lui de tourner la page des accusations désormais hebdomadaires de Mediapart concernant des propos antisémites qu'il aurait tenus lorsqu'il avait 17 ans ?
C'est l'occasion de refaire de la politique sans tomber dans le piège que nous tend l'extrême-gauche médiatique que représente Mediapart et qui tente par des contre-feux de masquer ses propres responsabilités dans un certain nombre de propos d'ailleurs et d'attitudes. Donc de ce côté-là, je pense que nous, en tout cas, on tourne la page et on va parler maintenant de ce qui intéresse les Français et pas de l'écume des choses.
Est-ce que vous ne pensez pas que les Français peuvent être interpellés par ces accusations ? Est-ce que ça ne se voit pas dans les sondages ? C'est très clair pour l'instant, Marine Le Pen reste en tête dans tous les cas de figure. Mais est-ce que vous ne pensez pas que ça peut être un poison lent s'il
y
a des informations qui sont distillées
toutes les semaines ?
Les Français ont des problèmes de logement,
de
pouvoir d'achat, de transport, de sécurité, etc. Vous croyez qu'ils vont systématiquement répondre aux provocations de Mediapart, dont on connaît d'ailleurs la responsabilité de son chef dans un certain nombre de propos ? Non. Il faut le dire, ils ont autre chose à penser que ces choses-là.
Très bien. Marine Le Pen, en tout cas, a toujours été claire sur l'antisémitisme. Elle a même éjecté son propre père du Front National à l'époque. Elle serait intransigeante s'il s'avérait que ces accusations étaient fondées.
Mais elle a toujours été intransigeante sur cela. Mais quand vous voyez que le ministre israélien de la lutte contre l'antisémitisme a apporté son soutien à Jordan Bardella, je pense que l'épisode est clos. Voilà. Et que, encore une fois, une certaine presse tente de semer le trouble parce que la dynamique électorale est là et qu'elle va conduire, en tout cas, c'est mon souhait et le soutien de toutes mes forces, Marine Le Pen à l'Élysée.
Tout
simplement. Et la dénégation, c'est la meilleure des solutions pour Jordan Bardella ?
Mais
voilà, il a déposé plainte et on verra ce que la justice dira plus tard. Mais il y aura une enquête, il y aura un certain nombre d'éléments. Mais aujourd'hui, nous n'en sommes plus là. Aujourd'hui, il
y
a l'actualité et l'actualité, c
'est
l'élection présidentielle et les difficultés que la France connaît.
Et cette perspective de 2027 dans le contexte de violence que l'on vient d'évoquer, est-ce que vous pensez qu'il y a une digue à gauche contre Jean-Luc Mélenchon comme le proclame Raphaël Glucksmann dont on a évoqué il
y
a quelques instants l'élection ?
Le
problème, c'est qu'on a une
longue pratique
de la gauche qui fait toujours des effets d'annonce et qui ne tient jamais aucune de ses promesses. On l'a vu en 2024 aux législatives. Ces gens-là, y compris M. Attal, quand il s'est agi de se prononcer contre le RN, ont trouvé les chemins pour se rassembler, même lorsqu'ils sont d'accord sur rien. Donc je ne crois plus ce que dit la gauche, quel qu'il soit à gauche. Et je pense que le peuple français saura se rassembler sur la candidature de Marine Le Pen et sur un programme large pour éviter à ce que la gauche ne revienne aux affaires.
Le bloc central, peut-être mal nommé, mais qui va de Bruno Retailleau jusqu'à Gabriel Attal, a du mal à se mettre d'accord, à trouver un seul candidat. Est-ce qu'il faut une primaire ou est-ce que vous vous dites peu importe,
de
toute façon, personne n'est en mesure de rivaliser avec Marine Le Pen aujourd'hui sur le plan électoral ? Ils
ont tous gouverné. Donc vous savez, les Français aujourd'hui, ils ont l'expérience de l'exercice du pouvoir. Ils savent très bien qui porte la responsabilité de l'État de la France aujourd'hui. Et M. Attal et M. Philippe notamment sont les grands responsables du marasme dans lequel nous sommes. Concernant M. Retailleau, c'est encore autre chose. On verra ce que nous dira l'avenir par rapport à lui. C'est
-à-dire ? Vous ouvrez la porte à une éventuelle alliance, une main tendue à Bruno
Retailleau ? M.
Alliot
?
On a toujours tendu la main. Je crois que c'est Éric Ciotti qui l'a fait encore il n
'y
a pas très longtemps en lui disant « Mais s'il se revendique de droite, il doit regarder sur sa droite et pas l'ornier vers le centre dont on sait que lui-même l'ornier vers la gauche. »
Donc,
c'est la responsabilité de M. Retailleau. Moi, je n'aime pas les anathèmes ou les propos critiques contre qui que ce soit, mais je pense qu'il ferait bien de réfléchir à la manière dont, pour l'avenir, il pourrait travailler d'une certaine manière avec nous.
D'accord. Donc, entrer dans un gouvernement éventuellement dur... Ça,
je
ne me demande pas, ce n
'est
pas ma responsabilité. Mais en tout cas, parler, j'allais dire, pour une grande alliance contre les socialistes et Mélenchon. Il
y a aussi
une stratégie d'ouverture du RN que vous esquissez devant nous ce matin, Louis Alliot, parce qu'on sait bien que l'élection présidentielle est
en
fait à quatre tours. Il y
a
aussi les deux tours des législatives qui viennent derrière. Il faudra une majorité et donc il faut des alliés. C'est bien cela qui irait peut-être jusqu'à Éric Zemmour ? Pourquoi pas ? Vous
dites qu
'il n'y
a pas d'anathème. Mais c'est ce que j'ai fait moi à Perpignan, vous savez. J'ai réuni, il y a des gens du DLR qui font partie de ma majorité ou ex-LR, mais c'est comme ça Dan Bardella.
Je
pense qu'il devrait lui aussi rester plus modeste et développer son programme sans attaquer les gens qui, d'une certaine manière, sont dans une orientation similaire.
Il avait fini par appeler à voter pour Marine Le Pen en 2022 ? Oui, bien sûr. Donc vous ne méprisez pas ni ériculièrement
de ses électeurs ? Je ne méprise
personne, mais je dis que le moment est historique et très important et qu'il faudra trouver les chemins du rassemblement pour le deuxième tour et pour gagner cette élection présidentielle.
Louis Alliot était notre invité ce matin. Merci beaucoup d'être venu vice-présidente du RN et maire de Perpignan. Bonne journée à vous sur CNews et sur Europe.
Louis Aliot