Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 décembre 2025 24 min

Front républicain, conférences données en Chine, service militaire, ... Le "8h30 franceinfo" de Dominique de Villepin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Dominique de Villepin. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe. Dominique de Villepin, on va revenir sur la politique américaine qui ébranle une fois de plus les Européens, sur vos relations avec la Chine aussi, mise en lumière dans une enquête réalisée par Radio France. Mais d'abord, Nicolas Sarkozy et son livre Journal d'un prisonnier. L'ancien président raconte une conversation avec Marine Le Pen. Il lui dit clairement qu'il ne s'associera pas à un front républicain contre le RN. Est-ce une bascule vers l'union des droites ?

0:35
Dominique de Villepin

Alors d'abord, permettez-moi de dire que j'ai été touché par les mots et par le témoignage de Nicolas Sarkozy concernant ce séjour en prison. Touché par ce qu'il dit sur sa famille, sur ses enfants, sur la façon de faire face. La lecture, l'écriture, le sport, la prière.

0:54
Présentateur

Vous avez lu son livre ?

0:55
Dominique de Villepin

J'ai lu son livre. J'ai été gêné par la distribution de notes à la classe politique. Comme s'il fallait classer en fonction de l'attitude qu'ils ont eue vis-à-vis de lui, tel ou tel. Et j'ai été choqué par ce qu'il dit sur le Rassemblement national. Pourquoi ? Nous sommes à un moment où le Rassemblement national, c'est plus de 35% des intentions de vote des Français. Nous sommes à un moment où la stratégie nationale de sécurité américaine dit à quel point il souhaite appuyer les partis patriotes en France, sous-entendu les partis d'extrême droite. Nous sommes devant le risque d'une banalisation de ce qu'est le Rassemblement national.

Et Nicolas Sarkozy, c'est pas nouveau, c'est une lente évolution depuis 2007, bascule, bascule en marquant clairement sa volonté de banaliser le Rassemblement national. Je crois que c'est une erreur politique. Je crois que c'est une erreur morale. Et que cette erreur survient au pire moment. Est-ce que le cordon sanitaire si cher à Jacques Chirac est mort aujourd'hui avec le livre de Nicolas Sarkozy ? Je ne dirais pas qu'il est mort, parce que ça, c'est les Français qui en disposent. Ce n'est pas tel ou tel responsable ou ancien responsable politique. C'est les Français qui décideront. Et les Français qui auront l'occasion de prendre conscience de ce qui se joue pour notre pays d'ici à 2027.

Car il faut être conscient du fait qu'en 2027, va se jouer le destin de l'Europe sur le plan politique et idéologique. Est-ce que nous serons une démocratie libérale, comme le souhaitent les Américains qui font pression ? Et la stratégie de sécurité nationale américaine en témoigne. Est-ce que nous serons la porte ouverte pour tous les partis d'extrême droite, afin de gagner l'ensemble de l'Europe ? Est-ce que l'Europe tombera ? C'est ce qui se joue. Alors ne réduisons pas aujourd'hui l'enjeu à de simples enjeux politiciens. Justement, vous parlez de ce...

2:51
Présentateur

Un instant, pardon, pour rebondir sur ce que vous disiez. Est-ce que le Rassemblement National appartient à l'arc républicain, comme le dit Bruno Retailleau, pour vous ou pas ?

3:00
Dominique de Villepin

Alors, à l'arc républicain, oui. Est-ce que le Rassemblement National participe de l'esprit républicain ?

3:06
Présentateur

Non. Parce que... Vous faites la distinction.

3:08
Dominique de Villepin

Je fais la distinction au-delà des hommes et des femmes. J'ai du respect pour Marine Le Pen, j'ai du respect pour M. Bardella, et bien sûr pour tous les électeurs du Rassemblement National. Et je suis sensible, peut-être le plus sensible, aux enjeux de souveraineté. Et c'est bien parce que je suis sensible aux enjeux de souveraineté et d'indépendance de la France et de l'Europe que je prends la position que je prends aujourd'hui.

3:29
Présentateur

Vous pensez qu'il faut toujours un front républicain ?

3:31
Dominique de Villepin

Mais les idées qu'il porte sont des idées qui conduisent à l'asservissement de la France et de l'Europe. Et une fois de plus, il suffit de regarder la façon dont les États-Unis évoluent. Comment est-ce que Donald Trump est en train de développer son pouvoir aux États-Unis ? En multipliant les gestes en direction d'une guerre civile culturelle. Et c'est ça qu'il fait avec ce document.

3:54
Présentateur

Justement, vous en parliez.

3:55
Dominique de Villepin

Et c'est cela qui est en train de commencer en France et en Europe.

3:58
Présentateur

Un document choc que vous avez évoqué à l'instant, qui a été publié par l'administration Donald Trump vendredi, ça s'appelle la stratégie de sécurité nationale américaine. Et c'est de très mauvaise augure. L'Europe serait menacée d'un effacement civilisationnel à cause de l'immigration, peut-on y lire. Est-ce qu'on peut parler de rupture ou pas ?

4:18
Dominique de Villepin

Alors, il y a beaucoup de continuité. L'isolationnisme, le protectionnisme, la doctrine Monroe vis-à-vis de l'Amérique latine, tout cela est très ancien, en 1823, tout cela est très ancien. Mais il y a une donnée nouvelle, oui. C'est la volonté d'en découdre avec l'Europe. Et avec l'Europe seulement. Regardons ce que cette stratégie dit de la Chine. Des escalades. Que dit-on de la Russie ? Des gels. L'Europe, elle, a toutes les faveurs des États-Unis.

4:47
Présentateur

C'est l'ennemi numéro un des États-Unis, aujourd'hui ?

4:49
Dominique de Villepin

C'est la menace. Et il le place sur un terrain civilisationnel. Il le place sur le terrain de la libre expression. C'est-à-dire qu'il est clair que l'offensive américaine vise à installer en Europe une démocratie illibérale partout dans nos États. Nous ne sommes plus, selon les schémas, de la démocratie libérale qui est l'engagement historique des États-Unis. Nous avons changé. Nous avons complètement changé de philosophie.

5:13
Présentateur

Dominique de Villepin, vous, l'homme du nom à la guerre en Irak, vous pensez qu'on peut encore qualifier les États-Unis d'alliés ? Ou c'est fini, c'est un ancien temps ?

5:22
Dominique de Villepin

Les États-Unis, on dit clairement, et en ce qui concerne l'OTAN, et en ce qui concerne l'Union européenne, et les coûts pleuvent sur la Commission européenne. Certains sont parfois justifiés, d'ailleurs. Mais il est clair que, pour les États-Unis, nous ne sommes pas, aujourd'hui, une région, un espace à défendre. Et toute la politique vis-à-vis de l'Ukraine le montre. Les États-Unis, aujourd'hui encore, Donald Trump fait des leçons, des remontrances à Volodymyr Zelensky, parce qu'il n'aurait pas lu le plan de paix américain. Donc, on voit bien, on est dans un procès d'intention permanent vis-à-vis des dirigeants européens.

On est dans une volonté de lâchage de l'Ukraine, et on est dans une complicité idéologique vis-à-vis de la Russie.

6:07
Présentateur

La Russie qui est épargnée, effectivement, dans ce document, vous le disiez, quelques jours après un plan de paix proposé par les Américains qui est très favorable à Moscou. Emmanuel Macron se rend à Londres, aujourd'hui, pour rencontrer Volodymyr Zelensky. Si vous étiez à la place du président, aujourd'hui, que feriez-vous ?

6:26
Dominique de Villepin

Il est temps de passer de la parole aux actes. Il y a eu trop d'occasions perdues de la part des Européens. Nous avons raté la capacité à peser avec les sanctions, de vraies sanctions, au lendemain de l'agression russe. Nous avons raté l'occasion de peser sur les livraisons d'armes. Nous avons toujours eu un train de retard. Nous avons raté l'occasion de peser avec un vrai plan de paix proposé par les Européens et l'Ukraine. Aujourd'hui, nous sommes marginalisés dans les discussions qui se tiennent à Genève ou qui se tiennent en Floride, et nous essayons, avec Volodymyr Zelensky, de rattraper les choses. Personne ne fera croire.

A quiconque que l'Europe, avec ses 450 millions de personnes, avec ses budgets militaires, ne peut pas tenir tête à un État, la Russie, qui n'a pu, en trois ans, que gagner quelques kilomètres carrés face à l'Ukraine. Nous avons une puissance. Nous avons des capacités. Il ne s'agit pas aujourd'hui de dire, allons plus loin dans la guerre. Il s'agit de marquer un rapport de force, de marquer un engagement. Et pour cela, on veut croire que nous avons besoin des Américains. Si les Américains ne sont pas en rendez-vous, prenons notre destin en main. Il y a aujourd'hui trois clés.

7:41
Présentateur

Est-ce que notre destin en main, c'est un service militaire ? Puisque face à la menace russe, Emmanuel Macron souhaite rétablir un service militaire volontaire. On parle de 50 000 jeunes en 2035. Vous, qui étiez secrétaire général de l'Élysée en 1996, quand Jacques Chirac l'a supprimé, est-ce que vous pensez qu'il faut remobiliser notre jeunesse ? Et si oui, comment ? Il faut faire davantage.

8:00
Dominique de Villepin

Il y a un peu plus de 200 000 militaires français. Il y a 40 000 réservistes. Et nous souhaitons renforcer le nombre des engagés. Le président Macron parle de 3 000 engagés dans un premier temps, jusqu'à 40 000, 50 000.

8:15
Présentateur

50 000 en 2035.

8:16
Dominique de Villepin

Il est clair que nous devons renforcer, à la fois pour avoir une capacité de masse, si nous devons, sur le champ de bataille, apporter notre concours, dans un cadre qui doit être précis. Il ne s'agit pas d'imaginer que le territoire français, demain, va être envahi, ni que l'ensemble des Français vont être menacés. Il s'agit de participer face à une agression russe qui aurait peut-être lieu dans les Pays-Baltes ou dans les Pays-Voisins et donc d'être capable de peser. Mais ceci n'est pas suffisant. Nous voyons bien que 3 000, ça vise à renforcer la réserve. Le service national militaire, volontaire, remplace le service national universel, qui n'a pas marché.

Nous allons voir comment, dans les prochains mois, fonctionne ce service. Moi, ma conviction, c'est qu'il faudra aller plus loin. Comment ? Nous avons besoin, nous avons besoin d'une mobilisation de l'ensemble de la nation. Et sur le plan de la compréhension par chacun de ce qui se joue, il est important de développer un esprit de résistance en France. Il faut une force de résistance civile. Et ça, c'est le rôle de tous les Français.

9:31
Présentateur

Mais concrètement, Dominique Deville, est-ce que ce serait obligatoire ou volontaire ?

9:35
Dominique de Villepin

Parce que nous sommes dans un cadre de guerre hybride. On le voit en matière de désinformation. On voit les drones à lille longue. On les voit aux frontières des pays européens. On connaît la situation obligatoire. Il y a à prendre en compte l'évolution de la guerre. Et donc, nous devons être mobilisés. Ce qui ne doit pas nous conduire à céder à l'hystérie ou à la peur. Il ne s'agit pas aujourd'hui de préparer la perte de nos enfants. Il s'agit de marquer notre volonté de défendre le territoire.

10:03
Présentateur

Est-ce que ce serait un service obligatoire, Dominique Deville ? Parce qu'en 2006, il me semble que vous étiez démarqué de Nicolas Sarkozy sur sa proposition de rendre le service civil obligatoire. Vous disiez à l'époque que vous doutiez que ça corresponde aux aspirations de la jeunesse. Aujourd'hui, vous dites qu'il faut un service obligatoire. C'est ça l'ère du temps ?

10:20
Dominique de Villepin

Je crois qu'il faut être très prudent dans le passage de l'un à l'autre. Tout simplement parce qu'il y a une complexité. Et qu'il faut savoir qui, alors, serait susceptible de l'organiser. On voit bien les réticences de l'armée, y compris aux services militaires volontaires. L'armée, elle n'est pas là pour se détourner du rôle qui est le sien, qui est une armée de professionnels et qui, donc, n'a pas vocation à former des jeunes. Donc, la question d'un service militaire obligatoire, elle passe par le règlement de problèmes pratiques qui, aujourd'hui, apparaissent quasiment insurmontables. Donc, montons en puissance progressivement.

Nous tirerons les leçons du service militaire volontaire décidé par Emmanuel Macron. Nous devons renforcer la réserve et nous devons mobiliser l'esprit de tous les Français dans un esprit de résistance civile, face à des menaces cyber, face à des désinformations. Nous devons comprendre que nous sommes dans un temps où la bataille se joue autrement, pas seulement sur le champ de bataille, pas seulement avec des blessés et des morts, mais aussi avec des systèmes vulnérables, nos hôpitaux, nos secteurs énergétiques, nos infrastructures. Tout ceci, nous devons en avoir conscience.

Et il est important que les jeunes Français mesurent à quel point cet esprit de résistance dont nous avons hérité de l'histoire, eh bien, il doit être au rendez-vous.

11:37
Présentateur

Avec Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, fondateur du parti La France Humaniste. Paul, on parle de cette enquête réalisée par la cellule d'investigation de Radio France. Enquête signée Élodie Guéguin et Géraldine Hallot. Elles ont scanné vos voyages en Chine, une cinquantaine. Établit notamment que vous avez reçu 900 000 yuans, soit 94 000 euros pour deux conférences en 2008. Des conférences pour une organisation financée par les autorités chinoises. N'est-ce pas un problème, M. le Premier ministre, de recevoir de l'argent d'un gouvernement étranger qui plus est d'une dictature communiste ?

12:13
Dominique de Villepin

Alors, merci de me poser la question. J'ai eu l'occasion pendant une heure et quart de répondre à toutes les interrogations des journalistes de France Inter. Je rappelle qu'en 2007, quand j'ai quitté Matignon, j'étais menacé d'être pendu à un gros de boucher. J'ai dû donc inventer une activité. Je suis devenu avocat.

12:33
Présentateur

C'est Nicolas Sarkozy à l'époque qui vous menaçait.

12:35
Dominique de Villepin

J'ai créé ma société d'avocats. J'ai créé une entreprise de conseil par la suite. Ville paire internationale. Parce que je voulais être indépendant. J'ai refusé les propositions de conseil d'administration en France et ailleurs pour n'accepter que des postes consultatifs ou faire à l'occasion des conférences. Tout ceci n'étant qu'une petite partie de mon activité, puisque l'essentiel a été consacré au dialogue culturel et à l'art. Est-ce que la Chine est une dictature ? Permettez-moi de répondre d'abord à votre question qui est particulièrement claire. Il y a une révélation dans ce reportage et elle est importante. C'est ce que m'ont dit les journalistes en commençant l'entretien.

Monsieur de Villepin, nous avons enquêté pendant de longs mois, nous avons cherché sur le Qatar et nous n'avons rien trouvé. Voilà la fake news qui a été répandue pendant des années et des années.

13:30
Présentateur

C'est vrai que vous étiez visé régulièrement sur le Qatar. Donc ça vous dites, il n'y a rien.

13:34
Dominique de Villepin

Mais ce n'est pas moi qui le dis. C'est en l'occurrence l'enquête le monde. Deuxièmement, sur la Chine. C'est pour moi une grande fierté que d'avoir parcouru le monde, en Chine et ailleurs, tout au long de ces années. Pourquoi ? Si on veut pouvoir exercer des fonctions de responsabilité dans notre pays et en Europe, il faut de l'expérience et il faut de la connaissance. Tous les jours, et le voyage d'Emmanuel Macron le montre, on voit la difficulté de dialoguer et de parler avec la Chine, de trouver les moyens de défendre les intérêts de nos économies et de peser sur la scène internationale. Cette expérience-là, je l'ai.

En ce qui concerne mon indépendance, monsieur Laroutourou, vous me permettrez de dire très tranquillement que je l'ai prouvé sur les champs de bataille politique et sur les champs de bataille diplomatique. Et que j'ai toujours veillé. Vous l'homme du nom à la guerre en Irak. Je vous repose ma question. Est-ce que pour vous la Chine est une dictature ? Oui, et que j'ai toujours veillé. Vous poserez la question à Emmanuel Macron la prochaine fois. Et j'ai toujours veillé à respecter ce cadre d'indépendance. La Chine est un régime autoritaire à partie unique. C'est le système politique chinois. Je le détaille dans beaucoup de mes livres, et y compris dans le dernier.

C'est important de comprendre comment fonctionne un pays. Vous voyez, nous sommes, nous, trop souvent dans des logiques d'anathème. Nous voulons faire la leçon. Et qu'est-ce que répondent les Chinois et beaucoup d'autres ? Messieurs les Européens, messieurs les Français, le jour où vous sortirez du deux poids de mesure que vous pratiquez entre l'Ukraine et Gaza, le jour où vous serez capable d'arrêter de donner des leçons au monde, pour être capable de défendre le droit et la justice de la même façon partout. Vous voyez, la voie de la France ne doit pas être divisible. C'est un engagement qui doit être absolu.

Alors, encore un mot, si vous me permettez, encore un mot sur l'enquête dont vous parlez. Toutes les informations, toutes les données qui sont évoquées sont sur l'Internet. Il n'y a pas de découverte et je n'ai jamais rien caché. Ma volonté de transparence est totale. Oui, mais ça, ça fait partie soit de la vie privée, soit du secret des affaires. Et je vais vous dire la vérité, je ne vois pas où est le problème. Mais peut-être, pensez-vous différemment.

15:47
Présentateur

Ce n'est pas illégal, mais vous, le gaulliste, vous, le chantre de l'indépendance, la question que l'on se pose, c'est est-ce que c'est compatible avec les plus hautes ambitions et est-ce que c'est compatible avec votre liberté de ton ? Parce que ce que cette enquête met en avant aussi, c'est parfois votre complaisance avec le président chinois. Par exemple, en 2017, quand vous le félicitez après sa réélection à la tête du Parti communiste. Ou votre silence sur des sujets plus sensibles, comme la persécution des Ouïghours, par exemple. C'est ça la question que l'on se pose. Est-ce que vous êtes libre de dire ce que vous voulez ?

16:17
Dominique de Villepin

Tout ça est faux. Lorsqu'on parle à un État, il faut prendre en compte la nature de cet État et la façon la plus efficace de peser sur cet État. Je l'ai expliqué sur l'Algérie. J'ai des relations très anciennes avec la plupart des États de la communauté internationale. Et nous n'avons pas, nous, à donner des leçons sans réfléchir avant à la façon appropriée de le faire. Une fois de plus, ça fait partie de l'expérience et de la connaissance. Et l'exigence d'indépendance, le refus de toute forme de conflit d'intérêts, c'est quelque chose qui est posé depuis le départ.

Je vous le dis, c'est pour cela que j'ai refusé toute responsabilité dans des conseils d'administration, tout ce qui n'était pas un conseil ou une conférence. Quand vous faites une conférence quelque part, vous exprimez des idées. Pourquoi on ne vous entend pas, monsieur de Villepart ? Pourquoi on ne vous entend pas sur le travail forcé de la minorité musulmane des Ouïghours ?

17:10
Présentateur

Est-ce que les Chinois ont commis un génocide ? Pourquoi on ne vous entend pas sur les Ouïghours ?

17:14
Dominique de Villepin

Mais parce que la situation est très différente. Est-ce que l'ONU qualifie la situation dans le Xinjiang de génocide ? Non. Aucune institution. Il documente des travails forcés. Il documente du travail forcé. Aucun. Mais oui. Et vous n'entend pas là-dessus. Mais je l'ai dit déjà et je l'ai écrit. Violation importante en ce qui concerne les droits de l'homme. Il y a des camps de rééducation qui sont effectués. Mais vous ne pouvez pas franchir une certaine étape sans avoir les éléments. En ce qui concerne l'ONU, l'ONU a clairement indiqué la position qui était la sienne. Il y a le Haut Commissariat aux droits de l'homme qui a parlé effectivement de violations importantes.

J'adopte la position des Nations Unies et j'adopte la position de la France. Et sur le Tibet aussi ? Partout où j'ai été, partout où j'ai été, j'ai défendu les positions de la France. Vous savez, les relations internationales, ce n'est pas un quiz. On n'est pas là pour se faire plaisir. Moi, je ne parle pas aux opinions publiques intérieures françaises quand je me déplace à travers le monde. Je défends les intérêts de la France. Et ma parole est la même là-bas et ici.

18:25
Présentateur

Un autre sujet qui concerne aussi la France et le monde. La semaine dernière, Pékin a déployé une centaine de navires de guerre autour de Taïwan qui dénoncent une menace. On ne vous entend pas non plus beaucoup sur Taïwan.

18:37
Dominique de Villepin

Est-ce que vous ne m'entendez pas parce que vous ne m'écoutez pas ? J'ai écrit, parlé, documenté sur l'ensemble de ces sujets. Et il est inacceptable que Pékin puisse vouloir régler la question taïwonaise par la force. Nous reconnaissons le principe, nous Français, d'une seule Chine. Et c'est donc par le dialogue que les choses doivent évoluer. C'est la position de la France, c'est la position de l'Europe, je vous le rappelle.

19:04
Présentateur

Est-ce que Taïwan est chinoise, comme le dit le député La France Insoumise, Auréen Taché ?

19:09
Dominique de Villepin

Madame Lambret, vous parlez de sujets que vous maîtrisez mal. Je vous pose une question. Vous parlez de sujets que vous maîtrisez mal. Je vous ai dit les choses. Le principe d'une seule Chine, refus de tout règlement de la question taïwonaise par la force. Vous pouvez chercher à poser les choses différemment. C'est comme cela que les questions se posent. C'est comme cela que la France les pose. Et c'est comme cela que l'Union Européenne les pose.

19:34
Présentateur

Une question budget avant de revenir à vos ambitions présidentielles. Et de vous poser la question qui, donc vous demanderons, car nous maîtrisons le sujet, d'être concis. Edouard Philippe annonce qu'en l'état, le groupe Horizon ne votera pas ce budget. Et ses troupes se sont largement abstenues vendredi sur la partie recette. Que pensez-vous de la démarche d'Edouard Philippe ?

19:48
Dominique de Villepin

Je la regrette pour ma part. Comme j'ai regretté qu'Edouard Philippe demande la démission du président de la République. Je comprends le sens de la démarche qui est de s'émanciper du macronisme. Nous sommes dans un temps où la France a besoin d'unité et elle a besoin de stabilité. Nous avons besoin d'un budget. Et ce que je dis vaut pour tous ceux qui, au sein des Républicains, j'écoutais ce qu'il y a de M. Retailleau, prendre position aussi contre le budget. Je le regrette. Sébastien Lecornu s'est donné beaucoup de mal pour essayer de bâtir un budget. Il est loin d'être parfait. Mais il a le mérite d'exister.

Et je pense que le prix de l'instabilité pour la France en matière économique, le prix de la prévisibilité pour les patrons français et pour les entreprises, vaut la peine que la classe politique se mobilise et se donne du mal. Donc oui, nous avons rendez-vous. C'est le rendez-vous de l'action. Nous avons rendez-vous mardi pour faire passer le projet de loi de finances pour la sécurité sociale. J'espère que la classe politique sera au rendez-vous.

20:47
Présentateur

Il y a un autre rendez-vous, pardon, Dominique de Villepin. C'est 2027, éventuellement. Vous ne cachez pas vos ambitions. En 2012, vous n'aviez pas pu vous présenter, faute de recueillir, les parrainages nécessaires. Aujourd'hui, vous sillonnez la France. Est-ce que c'est pour vous constituer un réseau, pour être certain d'être en capacité d'avoir ces 500 signatifs ?

21:04
Dominique de Villepin

C'est la marque de ma détermination, dans un moment difficile pour la France, dans un moment qui décidera du destin de notre pays. Est-ce que nous serons, dans quelques mois, une démocratie libérale, un pays placé sous le joug des États-Unis et d'autres puissances, ou est-ce qu'au contraire, nous resterons indépendants ? Je veux porter cet engagement, et c'est pour cela qu'après les élections municipales de mars, j'organiserai une convention républicaine pour rallier toutes les forces qui souhaitent converger dans le même sens, qui est la défense des intérêts de notre pays. C'est pour cela que j'ai créé. Nous ouvrirons le siège dans quelques semaines.

Nous avons multiplié les correspondants locaux. Nous avons aujourd'hui, parmi la force principale de jeunes dans tous les partis politiques, une des forces principales. Prêt pour être candidat. Et tout cela pour être au rendez-vous de 2027.

22:02
Présentateur

Et c'est le moment de la question qui est un autre rendez-vous quotidien que vous retrouvez sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui démasque Dominique de Villepin. Au pouvoir, à l'époque, vous aviez privatisé les autoroutes, décrété l'état d'urgence et provoqué la colère des jeunes. Et voilà qu'aujourd'hui, chacune de vos propositions est saluée par la gauche. Sur Gaza, sur le climat, sur les retraites. Au point que François Hollande vous présente comme un candidat LFI bis. Êtes-vous un insoumis masqué, Dominique de Villepin ?

22:31
Dominique de Villepin

Écoutez, je suis un homme libre, un homme indépendant. J'ai multiplié les expériences dans ma vie, je vous l'ai dit. Expériences publiques, expériences privées. Et j'ai acquis des convictions fortes et solides que je veux défendre. Et parler à la jeunesse, c'est tout simplement parce que je sens que ma génération a une dette vis-à-vis de la génération qui vient. Nos grands-parents avaient défendu le territoire français face à l'ennemi. Nos parents avaient reconstruit la France. Et nous, nous laissons quoi ? Nous laissons une dette écologique. Nous laissons une dette financière. Nous laissons un doute sur la volonté de la France d'aller de l'avant de façon libre et indépendante.

En 10 secondes, donc ça vous plaît d'être un insoumis ?

23:12
Présentateur

Ce combat-là, pour les générations futures, j'entends le mener. Ça vous plaît d'être un insoumis dans un gant de velours, pour reprendre l'expression d'un de vos anciens ministres anonymes dans le Figaro ce week-end ?

23:21
Dominique de Villepin

Et ça me gratte, ça me chatouille, M. Lahoutourou, de lancer le combat contre toutes les forces de la soumission. Et les forces de la soumission, ce sont les forces aujourd'hui populistes. Ce sont ceux qui courent après les populistes. Et c'est tous ceux qui refusent de voir que l'enjeu pour la France en 2027, c'est bien l'enjeu de nos libertés et de notre souveraineté. Et c'est pour cela que ce combat est si important.

23:54
Présentateur

Merci beaucoup Dominique Devittin d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul, on se retrouve demain. Vous restez avec nous dans un instant Les Informés avec Renaud Delis.

Front républicain, conférences données en Chine, service militaire, ... Le "8h30 franceinfo" de Dominique de Villepin — Dominique de Villepin · Pourquijevote