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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 25 février 2022 47 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Le conflit OTAN/Russie en Ukraine

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:35Invité politiqueFait
    « On ne peut pas tolérer qu'un État se fasse justice soi-même. C'est condamné par le droit international. »
  • 2:18Invité politiqueFait
    « c'est un coup de force qu'a fait Vladimir Poutine et qui n'est pas conforme au droit international et qui doit donc être condamné. »
  • 14:26Invité politiqueFait
    « les États-Unis en veulent toujours plus, les États-Unis, l'OTAN et les pays occidentaux en veulent toujours plus, toujours plus ! »
  • 15:10Invité politiqueFait
    « L’Ukraine est donc devenue une espèce d’enjeu à la fois géopolitique, géostratégique, mais aussi symbolique, de savoir celui qui possédera l'Ukraine. »
  • 19:33Invité politiqueFait
    « Vladimir Poutine réagit, ne peut pas tolérer qu’un élément absolument essentiel de sa défense, le port de Sébastopol, bascule dans l'OTAN. »
  • 28:55Invité politiqueFait
    « il faut tout simplement que l'Occident arrête de narguer l’ours russe, arrête de penser qu'à force de l'agresser il va finir par céder. »
  • 29:39Invité politiqueChiffre
    « la Russie est quand même la première ou deuxième puissance militaire du monde, après les États-Unis d’Amérique sur un certain nombre de matériels, mais devant les États-Unis d’Amérique avec d'autres matériels. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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François Asselineau

Bonsoir à toutes et à tous. Nous sommes ce soir le 24 février 2022 et l'actualité est évidemment dominée par la décision de Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine avec l'armée russe. Après avoir dit pendant des semaines qu'il en était hors de question, au moment même où les américains suspectaient la Russie de vouloir intervenir. Alors c'est évidemment un évènement d'une très grande importance, qui remet en cause les relations est-ouest, qui remet en cause les rapports de l'OTAN, des pays occidentaux, non seulement avec la Russie, mais aussi avec la Chine, mais aussi avec un grand nombre de pays du monde. Il est donc important de s'intéresser à cet évènement.

Un évènement qui est traité en France, comme la plupart d'ailleurs des évènements, d'une façon superficielle et hâtive et qui, comme un western américain, présente d'un côté le méchant, Vladimir Poutine et, de l'autre côté, les gentils, les Ukrainiens. Et puis peut-être certains, par esprit de contradiction, ont un peu tendance à renverser les rôles et à présenter Vladimir Poutine comme le gentil et les Ukrainiens comme les méchants. En fait, comme dans toute chose, la vérité est un petit peu plus compliquée et je vous invite à essayer avec moi de trier le bon grain de l'ivraie dans cette actualité.

La toute première chose que je voudrais dire quand même, c'est qu’on ne peut pas tolérer qu'un État se fasse justice soi-même. C'est condamné par le droit international. Un État n'a pas le droit, depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et depuis la création de l'Organisation des Nations Unies, d'intervenir militairement dans un autre État, à une seule exception près : si le conseil de sécurité des Nations Unies, en vertu du chapitre 7 de la charte de l'ONU de San Francisco, a donné son accord à un État ou un groupe d'États ou à des casques bleus pour intervenir militairement dans un autre État. Tout ça est très codifié, mais sinon on n'a pas le droit de le faire.

En d'autres termes, et je suis désolé de le dire à tous les admirateurs de la Russie, dont je fais partie, il faut être juste et honnête : c'est un coup de force qu'a fait Vladimir Poutine et qui n'est pas conforme au droit international et qui doit donc être condamné. Cela étant, pourquoi est-ce que Vladimir Poutine a fait ce coup de force ? Et c'est ça qui est important et que les médias ne présentent pas aux français. Alors l'histoire est très compliquée. L'Histoire est très compliquée. Je vais essayer avec vous de tirer quelques grandes lignes de forces qui expliquent la situation dans laquelle on est arrivée.

Et comme, bien souvent, il faut remonter loin dans l'histoire, je vais remonter à peu près au Moyen ge, à une époque où… En fait, l'Ukraine, c'est quoi ? C'est le moment où l'Europe passe de ces continents très diversifiés avec des plaines, des montagnes, des fleuves, etc… D'un seul coup on commence à arriver dans les grandes plaines qui vont faire la Russie.

Et ce passage a été le lieu d'un nombre très important de peuplades qui ont voulu se partager ces morceaux de terre - des terres d'ailleurs très fertiles, puisque l'Ukraine est considérée avec la France comme les deux pays les plus fertiles d'Europe - et au Moyen ge, il y a eu, à cet emplacement, la domination à la fois de la Lituanie et de la Grande-Pologne. C'est très important de le connaître, parce qu’aujourd'hui il y a certains nationalistes polonais qui voudraient étendre la Pologne, retrouver une Pologne du Moyen ge, s'étendant jusqu'aux confins de l'Ukraine et de la mer Noire.

Sans entrer dans trop de détails, il y a un point important qui est la date de 1654, avec un traité, le traité de Pereïaslav qui va scinder ce territoire, qui est baptisé « Ukraine » mais qui fait partie du duché de Lituanie et de Pologne, et la rive gauche du Dniepr va être rattachée à l'empire des Tsars, c’est sous le Tsar Alexis 1er. Et c'est d'ailleurs à partir de ce moment-là que le Tsar va prendre le nom de Tsar de toutes les Russies, avec la Rus' de Kiev. Je le signale parce que c'est très important pour la mentalité des russes. Pour la mentalité des russes, le rattachement d'une partie de ce qu'allait devenir l'Ukraine à l'empire des Tsars est consubstantiel à l'identité russe.

Il s'agit justement de l'empereur de toutes les Russies. Le mot même “d'Ukraine”, que ce soit en ukrainien ou en russe, signifie “frontière”, “État-tampon”, si l'on peut dire. C'est cet État qui va se développer au cours des 17-18-19e siècles, sous l'autorité du Tsar, et qui va être ce “tampon” entre l'Europe et le monde russe et orthodoxe ( 123 00:05:00,300 --> 00:05:04,430 ces grandes plaines de la Russie). 1654.

Lorsqu'il y a la Révolution Russe, dans les années qui suivent il y a, en réalité, un redécoupage qui est fait, un découpage de la république socialiste d'Ukraine, qui est fait par Staline, et dans ce redécoupage, comme d'ailleurs Staline a fait également des découpages dans l'Asie centrale avec des problèmes non moindres qu'avec l'Ukraine, il y a une partie importante de cette République Socialiste d'Ukraine, peuplée d'Ukrainiens qui parlent l'ukrainien, qui ne parlent pas exactement la même langue que le russe et qui regardent vers l'ouest. Ils sont un peu les descendants de ce grand duché de Pologne et de Lituanie.

Ce sont une partie majoritaire des Ukrainiens qui regardent aujourd'hui vers l'Europe. Mais à l'est de cet État, il y a un certain nombre de territoires, que l'on appelle le Donbass, qui sont peuplés de russophones qui eux sont Russes en fait, et regardent traditionnellement vers la Russie et vers l'est. C'est ce complexe multiethnique qui va causer des problèmes. D'abord des problèmes pendant les années 1920-1930, puisque sous Staline il y a une espèce de - pas de génocide - mais en tout cas de famine organisée que les Ukrainiens ukrainophones vont appeler « Holodomor » et qui suspectent Staline d'avoir voulu mater le sentiment nationaliste ukrainien, qui tend à devenir antirusse.

Arrive la Seconde Guerre Mondiale, et une partie importante des Ukrainiens ukrainophones veut se saisir de l'invasion d'Adolf Hitler et des troupes nazies pour obtenir leur indépendance par rapport à la Russie. Se développe alors, en Ukraine, un sentiment ultranationaliste, ultraviolent et néonazi que l'on trouve encore aujourd'hui. Arrive l'année 1954 où Khrouchtchev, le secrétaire général du Parti Communiste de l'Union Soviétique de l'époque, fête le tricentenaire de ce fameux traité de Pereïaslav, à partir duquel est apparu le Tsar de toutes les Russies, et qui témoigne dans l'esprit des Russes de la fusion entre le monde occidental et le monde russe.

Khrouchtchev prend l'initiative de donner la péninsule de Crimée, qui avait été rattachée à l'empire russe par Catherine II, la Grande Catherine, à la fin du 18e siècle et qui auparavant n'avait pas appartenu à l'Ukraine d'ailleurs, mais à des khanats musulmans émanant de l'empire Ottoman, donc de ce qui est aujourd'hui la Turquie. Eh bien, Khrouchtchev prend cette initiative, avec des conséquences très importantes en fait, mais à l'époque passées inaperçues, de transférer, de faire cadeau de la péninsule de Crimée à la République Socialiste d'Ukraine.

À l'époque, on pensait que ça n’aurait aucune conséquence, puisque tout ceci faisait partie de l'ancien empire des Tsars et donc de ce qui était devenu l'URSS. En réalité, il y avait dans cette péninsule de Crimée une base militaire très importante qui avait été créée par Catherine II, la Grande Catherine, à la fin du 18e siècle et c'était la ville de Sébastien, Sébastopol, qui est le grand port en eau chaude et en eau profonde pour l'armée russe.

C'est un joyau stratégique fondamental pour l'armée russe et l'idée même que ça puisse passer sous des mains étrangères était évidemment intolérable lorsque Khrouchtchev transfère la propriété de la Crimée à l'Ukraine, personne n’y voit malice, mais lorsqu'en 1991, l'Union Soviétique s'effondre et que la République Socialiste d'Ukraine prend son indépendance, elle récupère la Crimée qui lui avait été transmise dans les Loi, dans les formes juridiques appropriées en termes de droit international. Qu'est ce qui se passe à partir de 1991 ?

Le pouvoir de moscou est très affaibli, on est à l'époque sous l'autorité de Boris Eltsine, qui est un homme qui va mener en fait l'effondrement de l'URSS et qui est une des personnalités les plus honnies aujourd'hui par les Russes, justement pour avoir dilapidé cet héritage extraordinaire bâti au cours des siècles. C'est d’ailleurs ce que Vladimir Poutine appelle la plus grande catastrophe géopolitique du 20e siècle, c'est l'effondrement, l'éparpillement de l' empire des Tsars devenu URSS. Dans les premières années donc, le gouvernement de Moscou passe un accord avec le gouvernement de Kiev pour maintenir sa flotte en Crimée et à Sébastopol.

Les choses se passent cahin caha mais vont être remises en cause par les Américains, puisque les Américains n'ont de cesse que de profiter de l'effondrement géopolitique de l'Union Soviétique pour essayer de pousser leurs avantages. En 1991, le président George H. Bush, le premier président Bush, passe un accord avec Mikhaïl Gorbatchev pour lui dire que les pays nouvellement indépendants, l'effondrement de l'URSS, l'effondrement du pacte de Varsovie, l'OTAN n'en profitera pas. L’OTAN, c'est l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. Le président américain assure à son homologue russe Gorbatchev que l'OTAN ne s'étendra pas vers les pays de l'est et ne viendra pas tangenter la Russie.

Malheureusement pour la postérité, il n'y a pas eu un traité en bonne et due forme qui le disait, mais ce sont des assurances qui ont été données à plusieurs reprises et qu'ont confirmé récemment Roland Dumas, l’ancien Ministre français des affaires étrangères, mais également un Allemand vice-président de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, mais également le magazine allemand Der Spiegel qui a sorti il y a quelques jours des archives qu'ils ont retrouvé et qui mentionnent noir sur blanc justement cet accord. Or, cet accord n'est pas respecté par les Américains. Les américains, notamment lors de la fameuse tournée du président George W.

Bush, en 1991, lorsqu'il fait sa tournée, notamment à l'Université de Varsovie, il a cette formule, il dit : “Nous faisons un bon accueil à une Europe vraiment unie” et il exige que tous les anciens pays de l'est-européen entrent d'abord dans l'OTAN avant d'entrer dans l'Union Européenne, confirmant ainsi ce que je ne cesse de dire et d'expliquer aux français depuis 15 ans, c'est que l'Union Européenne et l’OTAN sont les deux faces, la face civile et la phase militaire, d'une même médaille qui est celle de l'asservissement du continent européen, ouest-européen, aux intérêts géopolitiques américains.

A cette époque, la Russie, en 2001, est tellement affaiblie qu'elle laisse faire, elle n'a pas d'autres choix que de laisser faire les Américains qui appliquent un proverbe chinois qui s'appelle : “piller les maisons qui brûlent”, c'est à dire qu’il faut profiter de tout, même lorsque l'ennemi est très affaibli, il ne faut surtout pas être chevalier ni gentleman, il faut en profiter pour prendre le maximum.

C'est ce qui se passe en 2001, la Russie constate impuissante que la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la République Tchèque et la Slovaquie - enfin à l'époque c'est encore la Tchécoslovaquie d'ailleurs - que tous ces pays entrent dans l'OTAN, ce qui est une catastrophe géopolitique majeure puisque tout le glacis géopolitique que Staline avait obtenu pour protéger l'Union Soviétique et étendre son influence en Europe avec les conférences de Téhéran en 43, de Yalta et de Potsdam en 45, tout cet héritage s'effondre.

Arrive Vladimir Poutine, un ancien du KGB, qui est arrivé au pouvoir au début en janvier 2000 et qui n'a pas réussi à empêcher cet effondrement, va essayer tout le long de sa carrière d'essayer de rattraper les morceaux cassés. Dans la mesure où la Pologne, la Hongrie, la République tchécoslovaque, que la Bulgarie, la Roumanie, etc, tous ces pays sont entrés dans l'OTAN, ils bénéficient de la protection des États-Unis d'Amérique et de l'OTAN, et notamment de ce fameux article qui fait que lorsqu'un État de l'OTAN est attaqué, tous les autres et bien le protègent. Mais ! Mais il y a deux États qui font encore protection entre l’Europe et le monde russe.

Il s'agit de la Russie blanche, la Biélorussie, et il s'agit de l'Ukraine. La Biélorussie et dirigée par un autocrate qui se révèle être, en fait, un soutien très fidèle de la Russie. Capitale : Minsk. La tête c'est le président Loukachenko qui refuse d'entrer dans l'OTAN et qui va donc rester un des pions fondamentaux de protection de l'espace russe. Quant à l'Ukraine, elle passe donc des accords,notamment de location de la base de Sébastopol à la Russie. Seulement voilà, les États-Unis en veulent toujours plus, les États-Unis, l'OTAN et les pays occidentaux en veulent toujours plus, toujours plus !

Il est là le problème d'origine, c'est-à-dire que, loin de se contenter de cette prise géopolitique déjà majeure qui était ensemble des pays de l'est-européen, les américains veulent appliquer l'idée de quelqu'un comme Zbigniew Brzezinski, qui a été le conseiller diplomatique du président Carter et récemment du président Obama, un homme d'origine polonaise qui a écrit dans son livre “Le grand échiquier”, que si les États-Unis arrivaient à arracher l'Ukraine à l’influence russe, c'en serait fini pour toujours de la puissance russe dans le Monde. On peut apprécier ou ne pas apprécier et critiquer cette théorie de Zbigniew Brzezinski, cette théorie existe.

L’Ukraine est donc devenue une espèce d’enjeu à la fois géopolitique, géostratégique, mais aussi symbolique, de savoir celui qui possédera l'Ukraine. Soit c'est la Russie et elle retrouvera sa grandeur passée, soit c'est le monde occidental et c'en sera fini de la Russie comme d'une grande puissance. Il est là l'enjeu fondamental à comprendre. Cela signifie notamment que les dirigeants russes, aujourd'hui, jamais ne céderons sur l'Ukraine. Céder sur l'Ukraine, ça serait céder sur la grande puissance de la Russie, or les russes - vous n'allez pas les réinventer et moi non plus - sont patriotes majoritairement, de telle sorte que les États-Unis vont créer des problèmes à partir de 2004.

Ils sont derrière la Révolution orange qui, fait déjà changer le pouvoir à kiev, puis ils essayent ensuite, dans les années qui suivent, d'obtenir du pouvoir de Kiev, qui est quand même assez prudent, qui ménage quand même le grand protecteur russe, que ce gouvernement entraîne l’Ukraine vers une adhésion à l'Union Européenne et à l'OTAN, mais de façon discrète et subreptice, comme si les Russes n'allaient pas surveiller ce qui se passait.

Arrive le Maïdan, la Révolution du Maïdan en 2013-2014, où l'on a vu Madame Victoria Nuland, sous-secrétaire d'État américaine, à intervenir par téléphone - ça a été capté d'ailleurs par l'armée russe, qui l'a diffusé ensuite sur internet à la grande confusion des Américains - on a vu Madame Victoria Nuland, sous-secrétaire d'État, dicter à son ambassadeur à Kiev, Geoffrey R.

Pyatt, l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine, comment devait être constitué le nouveau gouvernement ukrainien après la Révolution du Maïdan, avec notamment, à l'intérieur de ce gouvernement, il était question d'y mettre des boxeurs, des personnes proches de la mafia et également des forces néo-nazies, comme le parti Svoboda, qui veut dire “Liberté” ou le mouvement Pravyï Sektor, qui veut dire “Secteur droit”.

C'est l'époque où l'ensemble de l'occident intervient massivement, où l’on voit Laurent Fabius notamment, qui se rend à Kiev, qui rencontre des gens extraordinairement peu recommandables, et c'est le moment où on commence à avoir un soutien des Américains, notamment de l'OTAN ou de certaines armées et notamment l'armée canadienne qui commence à avoir un rôle de conseiller militaire à la garde nationale ukrainienne, à l’armée ukrainienne et mais parmi la garde nationale ukrainienne des entités totalement néo- nazies parce qu'il faut le dire, je l'ai d'ailleurs dit tout à l'heure, il y a de réels mouvements importants néonazis, quand on dit “néonazis” c’est néonazis, qui valorisent notamment tel ou tel collaborateur des années 1940 avec avec les hitlériens, ces collaborateurs étant le représentant aux yeux de la population ukrainienne ukrainophone, une partie d'entre elles en tout cas, des symboles du patriotisme contre la Russie conquérante.

Voilà ce qui se passe. Suite à cet euromaïdan, les populations ukrainiennes russophones commencent à bouger beaucoup. D'une part sur le continent, si l'on peut dire, dans ce qu'on appelle le Donbass, la partie Est de l'Ukraine où les russophones ont le sentiment d’être de plus en plus brimés, d'autre part la péninsule de Crimée qui toujours à l'ukraine, mais où les Russes et notamment Vladimir Poutine se rend compte que s'il laisse faire, les Ukrainiens vont basculer dans l'OTAN et l'otan mettrait la main simplement sur le port de Sébastopol, qui est le plus grand port russe dans le monde et celui qui donne accès à la Mer Noire à la Méditerranée et au Monde.

le port en eaux chaudes de la marine russe. C'est la raison pour laquelle, en homme d'État, en homme pénétré de l'histoire russe, de la grandeur de la Russie, Vladimir Poutine réagit, ne peut pas tolérer qu’un élément absolument essentiel de sa défense, le port de Sébastopol, bascule dans l'OTAN. C’est un petit peu comme si on avait la Bretagne qui basculait dans le camp des États-Unis et que donc notre base de l'Île Longue, où il y a les sous marins nucléaires lanceurs d'engins, basculait à une force étrangère. D'où en 2014 l'intervention russe en Crimée, sachant que la Crimée est peuplée, depuis la fin du 18e siècle, par des Russes, russophones bien entendu, très Russes.

la méthode est un peu expéditive en 2014, elle contrevient au droit international, mais il est un fait que la population en Crimée est à 95% russophone et russophile. Donc le référendum a lieu et Vladimir Poutine rattache la Crimée à la Russie et revient donc sur ce don fait par Khrouchtchev en 1954, ceci au grand scandale de la communauté internationale, comme on dit dans les médias européistes et américains, c'est-à-dire en fait les États-Unis d’Amérique, le Canada et l'Union Européenne, c'est ça que, dans notre jargon, on appelle la communauté internationale. Mais pourquoi se scandalisent-ils de ça ?

Pas vraiment parce que la Crimée est revenu à la Russie sur le plan technique, c'est simplement parce qu’ils voient échouer le plan washingtonien d'arracher ce joyau à la Russie, d'arracher le joyau de la Crimée pour le mettre dans le camp de l'OTAN. A partir de ce moment les actions dégénèrent et les populations qui sont à l'est de l’Ukraine, notamment dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk, décident de proclamer leur indépendance, leur autonomie.

Pour fixer les ordres de grandeur, la République Populaire autoproclamée de Lougansk et celle de Donetsk ont une superficie l'une et l'autre de l'ordre de 80 000 km², c'est à lire à peu près la superficie du département de la Saône-et-Loire ou du département de la Dordogne en France. Voyez que ce ne sont quand même pas des entités gigantesques, mais c'est là où il y a une population d'origine russe russophone et qui est de plus en plus brimée par les ukrainophones. Arrivent donc des conflits qui sont ceux que l'on essaie de régler par les fameux accords de Minsk.

Les accords de Minsk sont signés donc à Minsk, la capitale de la Biélorussie, en septembre 2014, donc c'est à cette époque là que vraiment les choses évoluent rapidement et, dans ces accords de Minsk, la Russie n'en fait pas partie, elle n'est qu'un pays “observateur”, comme on dit, mais elle n'est pas partie au traité ou partie commune, ça n'est pas une des parties du traité. Dans les accords de Minsk, il y a le gouvernement de Kiev, gouvernement légitime de l'Ukraine, et il y a les représentants de ces deux Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

L'idée des accords de Minsk, c'est que le gouvernement ukrainien central prend l'engagement de donner une autonomie très importante à ces provinces orientales, y compris en matière d'utilisation de la langue russe. Or, la Russie n'est pas et ne fait pas partie du traité, mais est observatrice, et elle observe quoi ? Elle observe qu'en fait le gouvernement de Kiev ne respecte pas les accords de Minsk. En réalité, il veut essayer de mater la rébellion qu'il y a dans les provinces russophones, veut essayer de force de les intégrer dans un État qui, par ailleurs, regarde toujours vers l'ouest, vers l'OTAN et vers l'Union Européenne.

c'est à dire que les forces qui sont derrière, les États-Unis, l’OTAN, l’Union Européenne et malheureusement la France, qui fait partie de tout cela, continuent à jeter et jeter et jeter de l'huile sur le feu, avec ce fol espoir de pouvoir toujours arracher à la Russie cette Ukraine. Alors je vois ici bien entendu certains qui vont dire : “Mais enfin, l'Ukraine est un pays indépendant, elle devrait faire ce qu'elle veut !”. Je suis d'accord, mais le problème c'est qu’à l'intérieur même de l'Ukraine, vous l'avez compris maintenant, il y a vraiment un même peuple, mais qui est tiraillé. En fait l'un est Russe et l'autre ne l'est pas. L'un regarde vers l'ouest et l'autre regarde vers l'est.

En réalité, il n'est pas possible de régler cette affaire sans que Moscou ne s'en mêle puisque Moscou, comme je l'expliquais précédemment, c'est non seulement son histoire mais c'est aussi sa protection. Moscou croit, pense, et a raison de penser, que s'il laisse filer l'Ukraine à l'OTAN, il y aura bientôt, comme c'est le cas d'ailleurs dans les pays baltes, des bases militaires qui seront le long de la frontière russe. Alors évidemment, certains pourront dire : “Si l'Ukraine a envie d'adhérer à l'OTAN, mais qu'elle adhère à l'OTAN ! Si elle a envie d'adhérer à l'Union Européenne, qu'elle adhère à l'Union Européenne !

Vladimir Poutine est un dictateur, parce que l'Ukraine est un pays souverain !”. Je comprends ce raisonnement, mais c'est un raisonnement qui passe à côté d'un élément absolument fondamental qui s'appelle : la réalité ! La réalité des rapports de force. Rappelez-vous un événement considérable, la plupart d'entre vous d'ailleurs ne l'ont pas connu, seuls les personnes de plus de 70 ans se le rappellent, pour l'avoir vécu, c'est l’affaire des missiles de Cuba en 1962. C'est exactement la même chose, mais en miroir.

En 1962, Khrouchtchev, qui est toujours au pouvoir à Moscou, décide d'envoyer pour installer sur l'île de Cuba des missiles ayant pour cible les États-Unis d’Amérique, et notamment - vous savez que l'île de Cuba n'est qu'à quelques centaines de kilomètres de là - des côtes de Floride. Donc, en installant ses missiles, - on est en 1962, il n’y a pas encore les missiles intercontinentaux etc…, qu'on inventera dans les décennies suivantes - en 1962, c'est une démarche extraordinairement menaçante et agressive pour les États-Unis d'Amérique que d'avoir l'installation de missiles sur l'île de Cuba.

Le président des États-Unis de l'époque, Kennedy, exige que les Russes démantèlent les missiles qui sont en cours d'installation, et menace sinon une Troisième Guerre Mondiale, c'est-à-dire l'engagement des forces nucléaires.

A l'époque, Charles De Gaulle, qui a pourtant essayé de prendre toujours ses distances avec les États-Unis d'Amérique, apporte son soutien aux États-Unis d’Amérique, parce qu'il estime et, en fait, la quasi totalité du monde, que c'est une véritable provocation, c'est comme si on allait installer des missiles ou des chars ou des bases russes au Mexique, le long du Rio Grande et juste en face de la frontière américaine ; les Américains ne le toléreraient pas et ils auraient raison de ne pas le tolérer. Cela signifie que, malheureusement, - je crois qu'il ya un proverbe cubain qui dit :”Hélas ! Hélas !

Nous sommes si loin de Dieu et si près des États-Unis !” - lorsque l'on est près de l'hyperpuissance, il y a des éléments de souveraineté qui sont affaiblis. Même le gouvernement du président mexicain actuel, qui est un président de gauche, ne prendra jamais l'initiative de faire installer des bases militaires russes juste à 100 km de la frontière américaine, parce que l'on ne vient pas titiller une hyperpuissance qui possède un armement nucléaire considérable. Eh bien, ce que les américains ne toléreraient pas - et auraient raison de ne pas tolérer -, c'est exactement la même chose que les Russes ne tolèrent pas avec l'Ukraine.

Vladimir Poutine, mais pas seulement lui, l'ensemble des dirigeants de la sphère dirigeante russe, ne tolérera jamais que les Américains viennent s'installer en Ukraine à quelques kilomètres de la frontière russe. Alors ça peut déplaire, mais c'est ainsi. Alors qu'est-ce qu'on fait face à une telle situation ? Eh bien, ce qu’on devrait faire, la France en tout cas, c'est ce que moi je dis - d'ailleurs depuis 15 ans ! J'ai déjà dit, j'ai déjà prévu que tout ceci allait nous mener vers un risque de guerre avec la Russie. Il ya des quantités de vidéos qui circulent où je le prévois, je le prédis. Ce n'est pas que je suis Madame Soleil, c'est simplement que c'est une analyse géopolitique !

-, il faut tout simplement que l'Occident arrête de narguer l’ours russe, arrête de penser qu'à force de l'agresser il va finir par céder. Maintenant c'est non ! Maintenant on est arrivé à un point de non retour et vous avez vu, d'ailleurs, que le président Poutine a même laissé planer la menace nucléaire. Je rappelle quand même que la Russie est quand même la première ou deuxième puissance militaire du monde, après les États-Unis d'Amérique sur un certain nombre de matériels, mais devant les États-Unis d’Amérique avec d'autres matériels.

Je pense notamment aux missiles antimissiles S-300, les S-400, etc, qui ont 10 ans, 15 ans d'avance - et sans parler des missiles hypersoniques - sur les États-Unis d’Amérique. Quand on est face à une aussi grande puissance militaire que la Russie, et quoi que l'on en pense, il faut partir des réalités. Ce que devrait faire la France - ça fait 15 ans que je le dis -, c'est sortir de l'OTAN et de l'Union Européenne, parce que si la France n'était pas dans l'OTAN aujourd'hui, elle aurait l'influencence, le magistère moral, étant un pays occidental, respecté par tout le monde, d'intervenir pour jouer les bons offices entre Moscou et Washington.

C'est d'ailleurs ce qu'a essayé de faire Macron récemment, il s’est poussé du col, il a voulu jouer les Monsieur Bons Offices, il a un peu, semble-t-il, voulu endosser le costume de Charles De Gaulle, c'est-à-dire d'une France qui pourrait être la puissance réconciliatrice, ou la puissance dans laquelle se traitent les traités de paix, ce fut notamment le cas à partir de 1968, où Paris fut l'endroit, la capitale du Monde, où se réunirent les forces du Sud-Vietnam, les Américains, les forces du Nord-Vietnam, le Vietcong communiste - les Sud-vietnamiens communistes -, qui se réunirent à Paris pour trouver un traité de paix.

Si tout le monde était tombé d'accord sur Paris, c'est parce que la France gaullienne apparaissait justement comme un pays qui était libre de toute attache et qui n'avait pas de double-engagement, qui n'avait pas de conflit d'intérêts. Malheureusement, vous avez vu comment Macron a été traité par Vladimir Poutine : il a été maltraité. Il a été traité d'une façon extraordinairement humiliante en terme diplomatique. Mo,i j'ai travaillé, dans ma vie, au cabinet du Ministre des affaires étrangères, je n'ai jamais vu ça. Jamais vu ça !

Vladimir Poutine a montré le degré d'exaspération qu’il éprouvait, non seulement vis-à-vis de l'Occident, mais vis-à-vis de Monsieur Macron qui, en fait, voulais jouer les bons offices tout en étant juge et partie. On ne peut pas jouer les bons offices entre l'OTAN et la Russie si l'on est le chef d'un État qui fait partie de l'OTAN ! C'est quand même assez simple à comprendre. Vladimir poutine est d'autant plus exaspéré - et les dirigeants russes avec lui - que, pendant toutes ces années, ça fait au moins 7 ans ou 8 ans, que les forces de Kiev n'ont pas arrêté de bombarder, d'envoyer des tirs de mortiers sur les Républiques irrédentes de Lougansk et de Donetsk.

Vladimir Poutine a poussé le bouchon un peu loin en parlant de génocide, on ne peut pas parler de génocide au sens terrible du terme, parce que plus on parle de génocide et plus en fait on affaiblit la réalité de ce qu'ont été les véritables génocides, à commencer par la Shoah. Il faut donc garder à ce terme sa violence inouïe, historique, que représente un vrai génocide, donc il n'y a pas de génocide, il ne faut pas exagérer dans les provinces de l'est de l'Ukraine. En revanche, il y a une véritable politique, systématique, agressive de Kiev contre les populations russophones.

On a vu que, selon le relevé des Nations Unies, il y a eu au cours des années écoulées 310 morts, victimes de bombardements venus de l’Ukraine ukrainophone dans les Républiques de Lougansk et de Donetsk, contre environ 60 ou 70 morts, en Ukraine ukrainophone, de tirs venus des Républiques, ce qui signifie qu’en effet, il y a quand même eu une politique très meurtrière principalement menée par l'Ukraine. Pourquoi est-ce que Vladimir Poutine a décidé d'intervenir là ?

Peut-être parce que la coupe est pleine, peut-être parce qu'il prend de l'âge, peut-être parce qu'il envisage un jour ou l'autre, dans quelques années, de passer la main et peut-être, très certainement, parce qu'il veut rester dans l'histoire de la Russie comme une espèce de nouveau Tsar, qui aura restauré une partie de l'influence, du prestige et de la puissance de la Russie éternelle. On peut brocarder, s'indigner, se scandaliser d'un tel objectif, d'une telle ambition et d'un tel dessein, mais on aura beau s'indigner et se scandaliser, cela est comme ça.

Comme disent les Chinois : “C'est dormir toute sa vie que de croire à ses rêves”, et c'est même pire que ça, c'est risquer d'entraîner la planète entière vers une Guerre Mondiale si les Occidentaux croient vraiment qu'ils vont arracher l'Ukraine de l'influence russe. Je voudrais conclure cette présentation par une remarque très importante et que derrière toutes ces affaires, en fait, il n'y a pas de démocratie. Ca n'intéresse pas les États-Unis, c'est faux ! Ce sont des mensonges ! Est-ce que les États-Unis s'intéressent à la démocratie en Arabie Saoudite, au Qatar ou au Bahreïn ?

Ce sont des pays totalement dictatoriaux ou à peu près, et dont il n'est jamais question dans la presse occidentale parce que ce sont des alliés des États-Unis. Le Bahreïn, qui est une véritable dictature contre son peuple, qui est le siège de la 5ème flotte américaine, il n'en est jamais question. Alors que cherchent les États-Unis dans cette affaire ? Eh bien, comme c'est souvent le cas dans beaucoup d'endroits, ça sent les hydrocarbures, ça sent le pétrole et le gaz. Pourquoi ?

Parce que les Américains sont furieux, et ont été furieux depuis plusieurs années, par la négociation qui a eu entre l'Allemagne et la Russie sur l'approvisionnement par du gaz russe de l'Allemagne avec le fameux gazoduc North Stream 2. Les États-Unis d’Amérique semblent s'être donnés pour but réel et ultime de couper l'Europe et l'Union Européenne de la Russie, non seulement pour cet approvisionnement énergétique, mais plus généralement pour ses liens économiques, pour ses liens culturels, pour ses liens scientifiques.

Il faut comprendre que pour les géopoliticiens américains, le continent européen est une prise de guerre, qui date de l'après-Seconde Guerre Mondiale, avec le marché commun avec l'Union Européenne que tous ces pays dont, hélas, nous faisons partie, sont en fait des pays colonisés ! Les États-Unis, comme toute puissance coloniale, essaye d'imposer son mode de vie aux pays colonisés, mais aussi essayent de lui imposer un commerce extérieur, à son avantage. Les États-Unis d’Amérique veulent essayer de fourguer leur gaz naturel liquéfié à l'Europe et notamment à l'Allemagne. l'Allemagne reçoit actuellement 55 à 60% de son gaz de la Russie.

En transformant la Russie en “grand méchant loup”, les Américains forcent le gouvernement de Berlin à renoncer au gazoduc North Stream 2. On sait qu'il n'y a pas, pour l'instant, de moyen de substitution facile, puisque l'émirat du Qatar a déjà signé des contrats tous azimuts et n'a pas de capacité de surproduction pour envoyer son gaz en Europe occidentale. Il vaut d'ailleurs mieux que ça ne soit pas le cas, puisque je rappelle par ailleurs que le Qatar, comme l'Arabie Saoudite, finance des mosquées salafistes en Europe occidentale et finance en fait le terrorisme islamiste, sans que cela d'ailleurs ne gêne grand monde, semble-t-il, en Occident.

Donc les États-Unis essayent de vendre leur surproduction de gaz, ils font du gaz par fragmentation dans le pétrole ou le gaz de schiste pour vendre ceci à l'Allemagne notamment, et à l'Europe centrale. Je terminerai par là, j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans d'autres conférences, mais je voudrais le dire ici. Là je crois qu'on ne peut pas avoir une plus grande hauteur de vue sur la géopolitique et sur ce que doit être la politique étrangère de la France, dirigée par un chef d'État digne de ce nom, qui regarde loin, qui voit les intérêts du pays à horizon de 20 ans, 30 ans.

On ne peut pas agir de cette sorte si l'on ne prend pas en compte une carte mondiale des réserves énergétiques en hydrocarbures. J'ai déjà eu l'occasion de le dire et je le redis ici. La France et l'Union Européenne font alliance avec les États-Unis d’Amérique et le Canada. L'ensemble de ces pays, il se trouve que c'est ainsi, sont à peu près totalement dépourvus de ressources énergétiques - à part le charbon, mais que l'on ne veut plus utiliser pour cause de réchauffement climatique. Le Canada et les États-Unis disposent encore de réserves mais qui sont soit extraordinairement polluantes, soit sont des réserves dites “stratégiques” que les États-Unis ne veulent pas céder.

Il est donc inscrit dans la géographie, et c'est quelque chose de terrifiant, auquel personne jamais n'a répondu, personne, aucun candidat à l'élection présidentielle, cette fois ci comme il y a cinq ans, je ne connais aucun politicien qui ait trouvé une réponse à cette question fondamentale que je pose.

Dans la mesure où la France se recroqueville dans une alliance avec des pays qui n'ont pas de réserves énergétiques, nous serons contraints, dans les années, les décennies qui viennent, soit à nous appauvrir et à nous refroidir, avoir une énergie qui coûtera de plus en plus cher, soit à faire des guerres néocoloniales, des guerres de rapines, pour aller voler les ressources des autres pays du Monde qui en ont. La guerre est inscrite dans la construction européenne et dans l'OTAN comme l'orage est porté par les nuées, parce que nous aurons besoin de ces réserves énergétiques.

La France, si elle veut échapper à cette fatalité, doit donc avoir une politique radicalement différente, qui est celle que je propose aux français depuis 15 ans. Premièrement, nous devons sortir de l'OTAN. Deuxièmement, nous devons sortir de l'Union Européenne. Troisièmement, nous devons avoir d'excellentes relations avec tous les pays du monde, quel que soit leur régime politique. C'est inscrit dans la charte des Nations Unies ! Imaginez par exemple que nous ne soyons pas dans l'OTAN.

Nous pourrions avoir actuellement non seulement un rôle de bons offices entre Moscou et Washington, mais nous pourrions surtout conclure des contrats d’approvisionnements en gaz russe à des taux tout à fait sympathiques, alors que là, nous allons voir dans les semaines, les mois qui viennent, une envolée du prix de l'énergie. Que vont en penser les millions de foyers français qui se chauffent au gaz ou qui utilisent l'électricité ?

Mais l'électricité elle-même est bien produite par quelque chose, et notamment - enfin, je ne veux pas entrer ici dans le détail du démantèlement d'EDF voulu par la Commission Européenne -, nous allons constater que la facture de chauffage en France des ménages même les plus modestes va s'envoler. Moi, je propose au contraire de maintenir nos excellentes relations avec la Russie, ( enfin ce qui devraient être nos excellentes relations…), mais aussi d'excellentes relations avec la Chine.

J'ai déjà dit, et je le rappelle, que les Chinois sont maintenant parmi les puissances les plus en avance sur la recherche de ce “Paradis”, de ce “Graal” que recherchent les scientifiques depuis des décennies, qui est la fusion nucléaire ! Les Chinois ont réussi, il y a environ un mois, à recréer une espèce de Soleil dans un tore, dans une centrale nucléaire, un Soleil qui a atteint, je crois, 170 millions de degrés pendant 15 minutes. C'est la fusion nucléaire. C'est cette source d'énergie, peut-être inépuisable, qui ne produit pas de produits nocifs, qui ne produit pas de produits radioactifs, et qui pourrait être en fait la solution des problèmes de l'Humanité en matière énergétique.

Il y a une longue tradition de coopération nucléaire franco-chinoise. Moi-même, quand j'étais aux affaires au cabinet du Ministre de l'Industrie et du Commerce Extérieur, j'avais participé aux négociations de Daya Bay 2 en Chine pour, à l'époque, Framatome qui vendait une centrale nucléaire aux Chinois. Nous avons une grande tradition de coopération franco-chinoise en la matière. Vous comprenez à quel point les questions géopolitiques entravent la France.

Si nous nous fâchons avec la Chine, nous allons perdre cette relation privilégiée avec cette puissance qui est en train d'inventer, peut-être, la fusion nucléaire, et avec laquelle nous sommes d'ailleurs liés dans le cadre de ITER, vous savez ce fameux centre de recherche à Cadarache, qui essaye de faire lui-même la production d'un Soleil, d'une fusion nucléaire. Si nous nous fâchons avec la Russie, nous risquons de ne pas avoir d'approvisionnement de gaz sûr et à bon marché, et de dépendre de pays comme le Qatar, par exemple, qui sont des pays qui ont vraiment de quoi faire peur vis-à-vis du financement du terrorisme islamique. Voilà ce que j'avais à dire.

Alors bien sûr, on condamne aujourd'hui la démarche de Poutine, mais Poutine agit pour le bien de la Russie. Il prend ses aises avec le droit international, mais ça n'est jamais que la réponse au fait que l'Occident piétine le droit international depuis des années sur de nombreux sujets, que ce soit la guerre en Irak, en Libye, en Syrie, que ce soit la création du Kosovo. Le Kosovo est une créature qui a été inventée par l'OTAN et par les pays occidentaux au détriment de la Serbie et qui est bien plus grave, d'une certaine façon, que ce qui vient de se passer avec les Républiques irrédentes de l'Ukraine orientale.

Voilà ce que je voulais vous dire aujourd'hui, et la certitude que nous avons : c'est que si nous restons dans l'OTAN et dans l'Union Européenne, nous allons continuer à nous enfoncer vers un risque de guerre, de plus en plus grave, au cours des années qui viennent. Il est grand temps de rompre avec cette politique suicidaire. Il est grand temps que la France défendent les intérêts du peuple français. Il est grand temps que la France redevienne la France. Vive la République française et vive la France. [Musique] Bon, vous avez compris, Asselineau 2022, c'est parti ! C'est le moment de se mobiliser plus que jamais pour les parrainages!

On a beaucoup de promesses, il faut en avoir encore plus, et aussi pour le nerf de la guerre, c'est des refinancements de la campagne. Vous savez, nous avons 0 € d'endettement, nous comptons rester avec 0 € d'endettement, donc il vous appartient de participer. On a besoin d'argent. Je le dis carrément, comme tout le monde, on a besoin d'argent pour financer l'élection présidentielle et pour financer les élections législatives. On a mis un compteur, maintenant c'est à vous de jouer. Vous savez que vos sommes sont déductibles à deux tiers de l'impôt sur le revenu que vous acquittez, si vous en payez un. Merci d’y songer, il s'agit de la France ! A bientôt !