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interviewyoutube.com· 28 avril 2026 39 min

La commission Alloncle, une "tribune donnée à l'extrême droite" : entretien avec A. Saintoul (LFI)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Après 5 mois de travaux et 63 auditions, les députés membres de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont voté ce lundi 27 avril pour publier les conclusions et recommandations de Charles à l'oncle, le rapporteur de cette commission. Ce rapport publié le 4 mai prochain provoque de vives inquiétudes à la fois par la demande de suppression de chaînes et de station, mais aussi par un dénigrement organisé de la parole. Je suis Margaot Bonéri, journaliste à l'humanité et nous recevons aujourd'hui Aurélien Saint-Thoule, député de la France insoumise, membre de cette commission d'enquête.

Bonjour monsieur Saintoule. Bonjour. Alors, nous allons commencer dans le vif du sujet.

Tout d'abord, quelle a été votre réaction face à ce rapport, à son vote et pourquoi est-il néfaste pour l'audioviel public ? Alors, ce rapport en réalité, moi je peine à l'appeler un rapport. C'est bien le problème.

Si ça avait été un simple rapport avec lequel j'étais juste pas d'accord parce que il avait été écrit par une personne de droite voire simplement ou voir d'extrême droite, en l'occurrence c'est de l'extrême droite, euh il y aurait pas eu de problème des rapports avec lesquels on n'est pas d'accord, on en publie ou on en voit publier tous les jours quasiment. Donc en soit, c'est pas ça le sujet, c'est que ce n'est pas un rapport, ce sont les conclusions tronquées, biaisées d'une commission d'enquête qui a été menée d'une façon qui n'avait pas grand-chose à voir avec une enquête non plus euh qui était autre chose, qui était une tribune donnée à l'extrême droite pour dire toute sa détestation du service public de l'audiovisuel. Et donc ça se retrouve dans ce document écrit qu'on nous a fourni et qui est un mélange disparate de critiques, d'observations malveillantes, de citation des tournées tronquées.

Par exemple, les syndicalistes de France Télévision qui ont été auditionnés. Euh évidemment qu'ils ont des grièfes contre la direction de France Télévision et heureusement qu'on peut formuler des critiques contre la direction de France Télévision et France Télévision en général, mais en l'occurrence euh les leurs propos quand ils seront cités dans le rapport, ils sont cités en excluant tout ce qui concerne la commission d'enquête elle-même et les critiques que les syndicalistes formulent à l'égard du rapporteur. Et alors à l'époque, ils avaient dit très clairement que la commission d'enquête elle-même et la façon dont le rapporteur travaillait suscitait un profond mal-être chez les salariés de France Télévision.

Bon, évidemment, cet aspect-l est complètement évacué et c'est vrai de tous les sujets en fait et jusqu'à des mises en cause personnelles, des choses qui relèvent de l'insinuation. Alors euh rien de tout ça n'est étayé en général et donc ça apparaît comme ça. Euh moi j'ai donné la j'ai fait une comparaison avec mon propre travail de rapporteur quand j'ai rapporté la commission d'enquête sur les chaînes de la TNT, l'attribution des nouvelles autorisations.

J'ai dit une commission d'enquête, elle cherche à établir des faits. Donc le plus souvent les questions que j'ai posé aux personnes qui étaient auditionnées, c'était de demander tel jour, telle heure, vous faisiez tel, vous avez il s'est passé telle telle chose ou telle chose, qu'est-ce que vous vous faisiez à ce moment-là ? Qu'est-ce que vous avez fait après ?

Quelle décision vous avez prise ? Et cetera et cetera. vous établissez des faits, des responsabilités autour d'événements que vous connaissez ou vous cherchez à découvrir.

Là, le le rapporteur Charles à l'oncle, il a en permanence employé deux trois phrases qui étaient "Est-ce que vous condamnez ?" Comment en fait on le fait dans la plupart des grands médias d'information euh en permanence en nous obligeant à condamner telle ou telle chose en disant est-ce que vous auriez fait la même chose ou alors vous comprenez les mois que ça suscite dans la population ? Donc, ce sont des questions sur les opinions, les jugements, les convictions, mais certainement pas un moyen d'établir lesffits.

Donc, dans son principe, la commission d'enquête, il faut se le dire, était macartiste. Bon bah, ça s'est retrouvé dans ce rapport. Donc en acceptant de le publier, ben celles et ceux qui ont en particulier voté pour la l'adoption de ce rapport ont créé un précédent très grave.

Alors, nous, on était placé dans une alternative qui était est-ce que on accepte ce précédent là, c'est-à-dire laisser publier n'importe quoi et puis avec le logo de l'Assemblée nationale et puis voilà. Ou alors, est-ce que on établit un frein, une limite, mais on crée aussi un précédent, c'est que à l'avenir, peut-être que d'autres décideront que quand ils sont pas d'accord avec un rapport, c'est possible d'empêcher sa publication. On a pesé le pour et le contre et on s'est dit queil fallait marquer cette limite, que par ailleurs cette possibilité euh existerait toujours.

Il y a toujours la possibilité de voter contre et que les macronistes en réalité, ils avaient déjà posé cette question plusieurs fois dans mon propre rapport d'enquête. Ils avaient cherché à empêcher la publication, non pas parce que c'était pas un rapport mais juste parce qu'ils étaient pas d'accord. Donc on voit en fait le depoid de mesure des Macronis sur ces sujets-là.

Quand il est question de l'extrême droite, ils agitent l'idée que ça créerait un précédent, qu'ils ne veulent pas et cetera. Mais quand il s'agissait de la gauche, alors là, ça leur posait pas de problème. H mais justement jusqu'à la dernière minute, le vote était tendu.

Le vote s'est joué à 12 voies pour, notamment celle de l'extrême droite et de la droite donc contre 10 voies de la part de la gauche et une dizaine d'abstention du côté de la Macronie comme on le disait. Est-ce que justement peut-on dire que les macronistes ont servi de marche-pied à l'extrême droite ? Bah complètement parce que aujourd'hui et hier déjà, on voyait certains qui ont critiqué très vertement le rapport en disant que c'était ni fait ni affaire et cetera, mais qui au dernier moment ont préféré s'abstenir.

Encore une fois, je comprends très bien le choix de l'abstention. Nous-même au sein de la France insoumise, on a balancé pendant plusieurs jours, on s'est posé la question quel était le moindre mal parce que évidemment un rapporteur qui ne peut pas publier son rapport, c'est pas une situation normale. On est arrivé à la conclusion que quand même il fallait marquer un un coup d'arrêt à cette façon de d'importer les méthodes de l'extrême droite, les méthodes de C News dans la vie parlementaire.

On s'est dit qu'il fallait être cohérent. Nous sommes pour la fermeture de ces news qui polluent le débat public et qui pollue l'idée même qu'on se fait du journalisme. Bon et ben, il faut pas laisser ouvrir une antenne au sein de l'Assemblée nationale.

Donc parmi les macronistes, bon certains ont fait un autre choix. Euh on a tendance à croire quand même que ils sont un petit peu planqués quand ils ont choisi l'abstention après avoir dit à peu près les mêmes choses que nous sur le fond, sur ces principes-là. Mais puis il y en a quand même qui ont carrément voté pour.

Et le cas le plus emblématique, c'est le président de la commission d'enquête, Jérémy Patrielus, qui lui au dernier moment, vraiment juste avant le vote, a fini par dire "Bon et bien, je change mon vote parce que j'ai obtenu des changements dans le rapport qui me paraissent suffisants." Et alors, il faut dire lesquels parce que c'est quand même incroyable cette affaire. Tout ça se fait à h clos mais euh il y aura un compte-rendu qui qui fera foi de tout ça.

Euh rendez-vous compte que sur 360 pages les trois il y a eu trois changements qui ont été acceptés par le rapporteur. Un une des propositions qui n'avait pas vraiment de rapport direct avec la télévision a été retirée. C'est une proposition de suppression d'un crédit d'impôt qui s'appelle le C2I et qui en fait un financement du cinéma.

Bon euh ça engageait pas énormément en réalité. Et puis deux autres petites vraiment micro détails du rapport. Dans l'introduction, le rapporteur se victimisait un peu comme il a continué à le faire partout dans les médias et il ciblait Yel Bron Pivet donc la présidente de l'Assemblée nationale et Jérémie Patrielus en personne le président de la commission d'enquête.

Il déplorait que Yel Bron Pivet soit allé sur France Interre au cours de la commission d'enquête pour dire voilà au début de la commission d'enquête pour dire que elle trouvait que les méthodes du rapporteur n'étaient pas les bonnes et il disait que le président de la commission d'enquête ayant été auparavant en tant que député membre du conseil d'administration d'un des groupes de l'audiovisuel public, je crois que c'est France Médiamond et bien il considérait qu'il y avait une sorte de conflit d'intérêt. Donc la formule était en dépit de en dépit de cela ou en dépit du fait qu'il avait été voilà et donc Jérémy Patrieletus a fait retirer la mention de Yel Bron Puivet et il a fait retirer la locution en dépit de du rapport et à partir de ça il a considéré que c'était suffisant pour qu'il lui donne son approbation et qu' passe d'une position d'abstention à une position de vote pour. Bon, vous voyez bien que tout ça est quand même euh particulièrement grotesque.

Vous pouvez pas reprocher dire pique pendre de ce document, dire queil ne respecte pas certains principes élémentaires et cetera et puis à la fin dire "Oh bah, je ne suis plus mise en cause personnellement, donc je vais laisser mettre en cause tout autre tout plein d'autres personnes parce qu'en réalité dans ce rapport il y a beaucoup d'insinuation, beaucoup de prise à partie personnelle. Euh voilà, tout ça est problématique. Donc selon vous euh c'est la raison pour laquelle Jérémie Patrilus a changé.

Ah ben c'est pas selon moi, il l'a explicitement dit. Et alors ce qui est même incroyable dans cette réunion, c'est que juste avant de passer donc d'une d'un vote d'abstention à un vote pour, il nous a quand même tranquillement expliquer que d'ailleurs s'il ne votait pas pour, cela signifierait que probablement il aurait dû démissionner auparavant parce que si il était vrai que l'écrit ressemblait à l'oral et que en fait le rapport lui-même était à l'image des auditions, s'il votait contre, alors ça signe. signifiait que il ne validait pas la tournure qu' avait pris les débats et cetera.

Mais compte tenu du fait que il a quand même passé son temps à peu près à sauter comme un cabri sur sa sur sa chaise et à déplorer la tenue des débats et cetera qu'il a pas été du tout capable d'encadrer, tout ça ressemble quand même beaucoup à l'hypocrisie. Et par ailleurs, une des raisons pour lesquelles il a pas réussi à encadrer, c'est qu'il l'a bien voulu. On lui a fourni plusieurs occasions plus de de choisir de passer à h clos parce qu'évidemment nous on est très favorable à la publicité des débats, la publicité des auditions.

Le caractère public des échanges, c'est au fondement de la vie démocratique. Mais à partir du moment où c'est totalement tronqué par le rapporteur qui a utilisé des des des montages biaisés des audition pour faire dire au aux personnes auditionnées des choses qu'elle ne disaient pas sur Twitter et notamment sur Twitter notamment. Bon bah ça ça posait un problème et donc il fallait se prémunir de ses sorties de route.

Le président a systématiquement refusé ça et de fait il y a eu une complicité réelle entre le rapporteur et le président. Bon, qui a été complètement méconnu par la plupart des observateurs, mais la réalité c'est qu'il se tenait par la barbichette et que à chaque fois qu'il y a eu un sujet où il a fallu euh euh pour eux se s'opposer à la gauche, ils l'ont fait euh sans sans problème. notamment on avait demandé l'audition du président de la de du Sénat Gérard Larch puisque c'est quand même une personne qui a nommé plusieurs membre de l'ARCOM donc qui a une expérience qui peut nous intéresser et puis surtout parce que il était sorti dans la presse que il avait fait pression sur l'ARCOM pour obtenir des sanctions contre France Télévision à cause d'un numéro de complément d'enquête qui portait sur la vie du Sénat et donc alors que l'Arcom ne l'avait d'abord pas sanctionné bizarrement était sorti en deuxième temps une deuxième délibération et une sanction et cetera et bien là quand nous on a demandé bah écoutez si Gérard Larch doit nous dire que ça n'est pas vrai qu'il vienne le dire à l'Assemblée nationale mais sous serment on verra et ben bizarrement les macronistes ont considéré que c'était pas un sujet et Jérémy et monsieur Aloncle qui est donc le rapporteur prétend que il a soutenu toutes les demandes d'audition qui auraient pu être formulées par des membres de la commission d'enquête mais à chaque fois que le rapporteur a demandé une audition formellement il l'a obtenu donc La réalité c'est que s'il l'a soutenu, c'est à peine du bout d'élèvre.

Il a rien fait pour. Hm. Donc nous parlions de de monsieur Jérémy Patrietus.

Euh donc cette commission d'enquête sert à l'agenda politique de rassemblement national comme on le disait. Euh et ce matin, ce mardi 28 avril, Jérémy Patrietus, donc le président de cette commission a tenu des propos assez graves à l'encontre du rapporteur Charles Henri à l'oncle sur France Interre. Je le cite, je me demande si Charla Loncle n'est pas le cheval de 3 du Rassemblement national.

Et comme une image vaut mieux que 1000 mots, on va passer l'extrait vidéo. Alors, il faut qu'on rentre dans le fond des propositions de Charles Longle, fusion de France 2 et de France 5, suppression de France 4, fusion de France info France 24, suppression d'un orchestre à Radio France, baisse du budget de l'audiovisuel public d'un milliard d'euros, c'est-à-dire 25 % de ces ces dotations. Euh, est-ce que vous les cautionnez ces propositions ?

Non, je ne les cautionne pas et euh j'ai un différent profond avec Charles Long, c'est qu'il nous explique, il l'a encore dit hier, qu'il souhaitait sauver l'audiovisuel public et il essaie de se faire passer pour un coiller, pardon, pour cette terminologie anglaise qui viendrait couper euh dans les dépenses de gestion, mais qu'il assume son objectif politique. Quand on baisse d'un milliard d'euros, soit 25 % le budget de l'audiovisuel public, c'est qu'on souhaite affaiblir l'audiovisuel public. Quand on décide de supprimer France 5 qui est le cœur des missions de service public, Franc 5, c'est l'incarnation de ce que doit être le service public.

Les documentaires, les reportages, les magazines d'information, il y a derrière un projet politique. Et ce que je regrette, c'est que Charles Ononcle n'ait pas dit clairement quel était son objectif politique, d'où il parlait. Il est l'allié du Rassemblement national.

Ils souhaitent voir Marine Le Pen ou Jordan Bardella élu président de la République. Ils ont tous les deux dit qu'ils souhaitait la privatisation de l'audiovisé. C'est une sorte d'agenda cachée de Charles Longle en disant voilà donc c'est ce qu'on disait tout à l'heure, j'ai pas passé l'extrait en entier parce que il dure 2 3 minutes si je ne me trompe pas.

Donc je suppose que vous avez vu cet extrait ce matin. Quelle était votre réaction ? Non, je l'avais pas vu mais bon en réalité, j'attends rien de Jérémy Patrielletus dont je vous dis qu'il était euh un leur dans cette commission d'enquête.

Euh il faut se rappeler d'une chose, c'est qui est Jérémy Patrieletus ? Pourquoi il est arrivé à cette position de président de la commission d'enquête ? D'abord, il est devenu président de la commission d'enquête alors qu'il y avait un désaccord dans le monde macroniste.

Un autre était candidat qu'on voit aussi et qui a été membre de la commission, Erwan Balanan. Et en réalité, Erwan Balanan qui a plein d'autres défauts ou avec lequel on peut être en désaccord en plein d'occasion euh a peut-être ceci de pour lui qu'il était en réalité peut-être plus marqué dans son opposition rigoureuse à l'extrême droite. Donc d'une certaine façon déjà Jérémy Patrier LTU a bénéficié du fait que l'extrême droite ne voulait vraiment pas de d'an Balanan.

Premier point, mais surtout sur le fond politique qui est Jérémy Patrietus, c'est l'un des rapporteurs de la proposition de loi de fusion de l'audiovisuel public, donc de la création de la holding qui avait été le projet de Rachid Adati qui a finalement été avorté. Euh et pendant des mois et des mois, il a milité pour cette fusion de l'audiovisuel public. Donc évidemment aujourd'hui, il essaie de se faire euh de se refaire une virginité politique en ayant l'air de défendre l'audiovisuel public.

Et à l'époque déjà, il expliquait que ce projet de fusion de France Télévision et de Radio France n'avait rien à voir avec la volonté de réduire les coûts, de faire des économies ou que sais-je, que c'était euh exclusivement pour renforcer le service public dans un argumentaire qui n'a jamais convaincu personne en réalité parmi ceux qui connaissent ces sujets-là. Et là, bon, il essaie de faire croire qu'il est un adversaire de l'extrême droite. Bon, alors qu'il en a été un passepat, il avait la possibilité de voter contre.

Il avait de fait dans son propre groupe, sa collègue n'a pas eu le même vote que lui. Elle s'est abstene. Elle s elle n'a même pas voté pour.

Donc euh là aujourd'hui euh tomber de l'armoire et dire mais enfin euh un député de l'UDR, le parti d'Éric Sioti allié à Marine Le Pen serait d'extrême droite et en aurait après le euh l'audiovisuel public. On se pense un peu, il faut pas nous prendre pour des perdre de l'année. On sait qui sont les macronistes.

C'est d'ailleurs un des aspects qui ne figure pas du tout dans le rapport. Quand Charl Donconcle évoque euh la situation financière de l'audiovisuel public, il ne met jamais en relation cette situation assez dégradée avec le fait que les budgets ont baissé. Donc évidemment, si votre budget baisse, vous pouvez pas continuer à faire la même chose.

Et si vous continuez à faire la même chose, vous allez avoir vous allez finir dans le rouge. Bon, c'est grosso modo ce qui s'est passé ces dernières années à l'instigation des Macronistes qui comme d'habitude quand ils ont l'intention de privatiser un service public commence par l'affaiblir. Et donc aujourd'hui, on peut pas arriver en disant "Oh là là, monsieur à l'oncle, c'est vraiment l'horreur absolue." Quand on a été soi-même l'artisan d'une politique qui visait à affaiblir le service public.

On a on est capable de voir qui sont les vrais et les faux amis du service public. Notamment avec la suppression de la redevance. Notamment avec la suppression de la redevance télé.

Oui. H euh je sais que les socialistes hier à l'Assemblée nationale, pardon, les socialistes ont exprimé leur leur volonté d'installer un principe de corpportage pour ramener de la collégialité. Pensez-vous que le rapporteur avait trop de poids dans cette commission et que faudrait-il pour pour y remédier ou pas ?

Je vais réfléchir à cette question du coraport parce que c'est effectivement un format qu'on utilise dans l'émission d'information. Euh je je suis pas entièrement convaincu euh de voir par en passer par là. Après tout euh en l'occurrence c'est un droit de tirage.

Donc euh je je je voilà que les les oppositions puissent aller au bout de leur logique quand elles travaillent. Je suis pas je pense que c'est plutôt une bonne chose. Donc je suis un petit peu réservé sur cette idée d'un coraport.

En revanche, ce qui est certain, c'est que dans cette situation, le président de la commission d'enquête a une responsabilité très forte, très forte. En quelques années, en quelques Oui, en quelques années, le le fonctionnement des commissions d'enquête s'était rodé parce que c'était un outil qui était pas forcément utilisé de façon aussi systématique. Désormais, il y a 11 groupes à l'Assemblée nationale, il y a donc 11 droits de tirage, 11 commissions d'enquête par an.

C'est énorme. Euh et donc chacun essaie d'en faire quelque chose. Mais euh depuis euh il s'est passé, il y a des choses qui ont changé.

Euh il y a encore quelques années, un président de commission d'enquête euh n'intervenait quasiment pas dans la commission d'enquête. Il distribuait la parole, c'est tout. Euh et le rapporteur prenait la parole et ensuite les les autres députés.

Euh aujourd'hui, on est dans une situation où en tout cas cette commission d'enquête, la présidence de Jérémie Patrietus a été désastreuse. Il a passé son temps à commenter les interventions des uns des autres. Il a avec le rapporteur, ils se sont donnés un beau rôle en prétendant être très gentil parce que ils se sont assurés que chaque groupe pouvait prendre la parole au moins une fois par audition. 2 minutes par député. 2 minutes par député.

Vous vous rendez compte que c'est grotesque. Moi qui ai fait un certain nombre de commissions d'enquête, j'ai participé à un certain nombre de commissions d'enquête déjà en quelques années. Euh je peux vous dire, j'ai vu des différences.

Il y a des commissions dans l'enquête dans lesquelles vous avez la possibilité parce que vous en êtes membre de prendre la parole, de relancer, voilà, d'avoir un peu de ping-pong avec la personne auditionnée parce que il faut se dire les choses. Si c'est une enquête, c'est que et que vous avez une personne auditionnée à qui vous faites prêter serment, c'est pour la coincer. Bien sûr qu'il y a des personnes qu'on auditionne euh pour avoir de l'information, mais à la rigueur ce genre d'audition n'est pas bon, on pourrait le faire ailleurs, on pourrait juste faire une conférence, un colloque et cetera.

La commission d'enquête, c'est une situation très particulière dans laquelle on place des gens qui ne veulent pas dire certaines choses et qu'on veut forcer à dire ces choses-là. Donc pour ça, il faut pouvoir orienter une discussion, avoir un dialogue un peu serré et pour ça, il faut quelques minutes. Vous pouvez pas juste comme ça lancer une question général ou alors euh vous allez lancer une question, vous savez que la personne va pas assumer, elle va vous mentir et vous avez le moyen après de prouver qu'elle a menti et de la sanctionner.

Mais vous voyez, ça demande du temps. Pour ça, il faut que le président le sache et assume et dise bah voilà, on va convoquer telle ou telle personne, on n' pas de limite de temps, ça va prendre 2h, 3h, 4h, on sait pas, on s'en fiche. Euh de toute façon, si il doit y avoir un échange serré, il y aura un échange serré.

Moi, j'ai interrogé Marine Le Pen sur la question des ingérences étrangères. J'ai commencé par Heureusement, la présidence avait été plutôt souple à ce moment-là. Donc, on m'a donné la parole une première fois.

C'est une présidence d'ailleurs ern euh mais la présidence était plutôt souple. Donc j'ai commencé par une question un peu secondaire et je l'ai ramené vers le sujet et ben du coup elle elle s'est empétrée. On a réussi à la coincer mais pour ça il faut que le président ait conscience de sa tâche et ne s'imagine pas queil il est là juste pour donner la parole à l'un ou à l'autre pour 2 minutes en disant bon c'est bon on a coché la case le groupe a pu prendre la parole.

C'est pas ça une commission d'enquête. Oui, puis une commission d'enquête, c'est du débat, de la discussion et là c'était il y avait beaucoup de de fausses informations, de mensonges et aussi de Oui. d'information pas vraiment vérifié comme si le travail avait été baclé.

Bah alors de de ce point de vue-là, encore une fois, ce qui est très difficile, c'est de venir sanctionner le rapporteur avant même qu'il ait produit un rapport. Mais de fait, à bien des à bien des occasions, il a menti, tronqué les réponses et cetera. un sujet qui avait qui a énormément fait couler de d'ancre et qui a suscité énormément de réactions par exemple sur les réseaux sociaux, c'était une mise en cause de France Télévision qui allait pendant le Covid aurait dépensé pour 126000 € de frais de cocktail par jour.

Alors les gens tombent de leur chaise, vous rendez compte 126000 € des frais de cocktail pendant le Covid, il faisaient il faisait la Java pendant que nous on était confiné et cetera. Donc évidemment, ça part dans les tours, sauf que on pose la question, enfin il pose la question et il se fondent en fait sur ce chiffre qui figure dans le rapport de la de la Cour des comptes sur la gestion de France Télévision. La réponse est très claire, elle est sans équivoque, elle est même assez limpide.

La réponse c'est en fait si vous regardez le tableau, il y a en gros une ligne qui s'appelle frais de cocktail et de bouche ou un truc comme ça. On parle d'une d'une quand même d'une très grande entreprise he c'est c'est un peu moins de 4 milliards de budget. Donc c'est quand même une très grosse boîte dans laquelle il peut y avoir quand même de temps en temps des cocktails ou des choses comme ça.

Et pourquoi sur cette ligne qui sont des frais de bouche, vous arrivez à 126000 € spécifiquement en période Covid ? Parce que ceux qui sont mobilisés pour faire tourner la télé publique pendant la période du Covid et ben il faut bien qu'ils aient des paniers repas. Il y a plus de il y a plus de service ordinaire et donc on se débrouille pour les nourrir et ça coûte 126000 € par jour.

Bon, OK, donc ça a rien à voir avec des gens qui vont faire bon qui font bombance pendant que les autres non, c'est des gens qui sont réquisitionnés pour faire tourner un service public essentiel dans un moment où tout le monde est à la maison ou presque. Donc la réponse va d'elle-même. Sinon, si chez France Télévision c'était la Nooba tous les jours, ce qui serait un problème, évidemment, on imagine bien que en période où les cocktails ne sont pas autorisés, il y aura forcément une baisse des dépenses par rapport à une période où les cocktails pourraient être autorisés.

Donc il y a pas de cohérence à imaginer queon a fait spécifiquement la fête tous les jours à ce moment-là alors que c'était pas possible. et et de dire que bah bizarrement juste après quand c'est redevenu possible bah on n pas fait un apéro quoi. Donc ça ne tient pas debout.

La réponse est donc claire, limpide, solide, étayée. C'est juste une histoire de nomenclature dans un tableau comptable. Et puis si je me trompe et bien derrière le rapporteur n'a tenu aucun compte de ça.

Il a fait sa vidéo en disant voilà la gab il se goinfre et cetera. Bon, à partir du moment où on voit quelle est la méthode, bah on prend les décisions qui s'imposent et on passe le on passe les auditions en en en h clos. Et euh justement, si je ne me trompe pas, France Télévision, enfin du moins sa direction, a publié euh toute une page euh très sourcée sur son site pour montrer toutes les dépenses qui ont été faites, le pourquoi du comment.

Bien sûr. Je sais pas si c'est suite forcément à cette commission d'enquête, mais du moins ils ont euh mis les chiffres. Des éléments qui ont été qui ont été transmis et puis euh encore une fois, il y a il y a quelque chose de l'ordre du complotisme hein dans ce rapport.

Moi, j'ai lu plusieurs fois euh dans le rapport, j'avais très peu de temps pour le consulter hein, c'est les règles de consultation des rapports avant leur leur présentation dans une commission d'enquête. les membres ont quelques jours à peine pour le consulter euh dans une salle fermée sous la surveillance entre guillemets d'un administrateur, vous pouvez pas avoir vous pouvez pas prendre de photos ou de choses comme ça. Bon, donc c'est des c'est une situation un peu originale.

Bref, dans le peu de temps que j'ai eu pour le consulter ce rapport, j'ai vu apparaître plusieurs fois la formule circuit de décision parallèle au sein de la direction de de France Télévision, comme s'il y avait une espèce de de cabinet occulte, de direction occulte du groupe et cetera. Ça n'a jamais été évoqué par personne. La formule n'a jamais été euh évoquée par aucune personne auditionnée.

Ça n'est étayé par rien. Et donc voilà, vous pouvez agiter ce ce truc-là complètement complotiste. Bon bah manifestement pour les macronistes, ça ne justifiait pas de dire que ça n'était pas un rapport et que c'était autre chose.

Donc nous avons ce rapport mais nous avons aussi celui de la SCAM, société civile des auteurs multimédias. Euh donc la SCAM vient de sortir un contre rapport de plus d'une centaine de pages, 129 si je ne me trompe pas. Ils ont listé l'ensemble des angles que la que je cite que la commission a délibérement ignoré ou déformé.

Est-ce que vous avez pu consulter ce contrerraapport ? Alors, j'ai jeté un œil rapide parce que comme je vous l'ai dit, j'avais peu de temps pour consulter celui de Charla Loncle sur lequel j'allais devoir voter. Donc, j'ai donné une priorité à celui-là.

Euh bon, je trouve que d'une manière générale, ce rapport est intéressant parce que voilà, il pose un un diagnostic qui est en réalité beaucoup plus proche des réalités des professionnels du secteur et et à partir duquel on peut mener un raisonnement au moins plus honnête tout simplement. J'ai pas pour l'instant creusé suffisamment pour vous dire j'adhère ou j'adhère pas. Ce qui est certain, c'est que dans la formulation, ça ça m'ennuie toujours, c'est que je vois bien que les professionnels, ils ont et la plupart et le grand public ne connaissant pas si bien l'assemblée que ça a tendance à mettre tout le monde dans le même dans le même panier et cetera.

Donc déjà la formule qui dit "La commission a délibérément occulté tel ou tel sujet." Bon, il faut être clair, c'est pas la commission, c'est le rapporteur dans son rapport, c'est éventuellement le rapporteur dans son ses interaction avec le président parce que le cœur quand même de l'agenda, il est fixé par eux. Le bureau même de la commission et se réunit relativement peu.

Il s'est réuni plus souvent que d'habitude. Voilà. Donc h par rapport à la portée même de ce rapport parce que moi j'ai entendu beaucoup de choses et on voit bien que là sur France interre pareil c'était la même chose.

On disait euh alors il propose ceci, il propose cela, la fermeture d'un orchestre Radio France, la fermeture d'une chaîne, la fusion de deux autres, le et cetera. Bon, c'est euh c'est la course à l'échalotte mais ça n'aura aucune aucun effet à court terme. Rien ne se passera avant l'élection présidentielle à minima.

Donc il faut faut aussi raison garder. On parle d'un groupe politique qui a une présence voilà qui est la sienne, un nombre d'élus limités qui est une espèce de poisson pilote de Boloré, ça c'est clair que on connaisse leur leurs intentions pour la suite. C'est c'est évident.

Euh c'est donc contre ça que nous allons devoir nous battre à l'avenir dans les prochaines semaines, les prochains mois. Euh et c'est ça qu'il va falloir défaire à l'élection présidentielle évidemment. Maintenant, il y a pas de raison euh de se dire euh mettons-nous tous aux abris, ça va barder.

Bah non, il faut les battre, il faut battre l'extrême droite, c'est l'enjeu. Bon bah dans le secteur de l'audiovisuel public, on le sait aussi que maintenant si jamais l'extrême droite devait passer, ce serait pour se faire manger à cette sauce là. Donc la mobilisation va être nécessaire.

Hm. Donc justement ce qui est intéressant avec ce contre rapport de la SCAM dont on vient de parler, c'est que il donne donc 10 axes et rappelle que France Télévision, Radio France et cetera, donc l'audiovisuel public pardon ne coûte que 57 € par an et par personne au français que son déficit n'est pas dû à une mauvaise gestion mais à des baisses structurelles et continues de sa dotation imposée par la tutelle politique. Il rappelle notamment, attendez, je vais montrer ça.

Il rappelle notamment que la suppression des jeux réclamés par Charloncle serait une absurdité économique pour les cités. Par exemple, n'oublions pas les paroles, qui représentent aujourd'hui 30 % des recettes journalières de de France 2. Donc les restreintes seraient je je pense seraiit dévastateur et ça ça asfixerait pardon davantage l'audiovisuel public.

Donc ce contre rapport certes, on en pense on en pense ce qu'on veut, mais euh je pense qu'il est intéressant peut-être pour une future proposition de loi ou autre. Ah, écoutez, d'une manière générale, moi je vais quand même me méfier parce que ce sont des documents, si vous avez du du législatif tout près comme ça euh qui émane de professionnel d'un secteur, c'est pas parce que j'ai de la sympathie pour ces professionnels ou pour ce secteur que je vais prendre tout au pied de la lettre. Tout mériterait d'être examiné.

Bon, ce qui est encore une fois ce que je vous dis, ce qui est en cause, c'est le programme présidentiel qui sera défendu bientôt. Euh donc, quel que soit le candidat ou la candidate de la France insoumise, il y aura un programme pour le service public de l'audiovisuel, pour la culture en général euh parce que on voit bien qu'on est arrivé dans une situation où nous sommes au pied du mur. Un homme en France est en train de dévaster l'esprit public.

Il s'appelle Vincent Boloré. Il profite du fait qu'il est milliardaire pour imposer son agenda. Si on est un démocrate et un républicain conséquent, on doit être attaché au principe un homme égale une voix.

Et tout le monde a compris que euh Boloré, c'est un homme mais que ça vaut beaucoup plus queune seule voix. Donc le point de départ à mes yeux de tout ça, ça doit être la réforme qui permettra de s'affranchir de la tutelle des milliardaires dans le débat public. [raclement de gorge] Donc pour ça et bien on trouvera tous les on actionnera tous les leviers qu'il faut.

On démantellera cet empire boloré. D'autres sans doute auront aussi à respecter des règles dans ce domaine-là, de la lutte contre la concentration et cetera. Il faudra trouver rétablir un mode de financement de l'audiovisuel public qui soit pérenne et progressive parce que évidemment la redevance c'était pas une panassée parce que c'était forfaitaire et que bah évidemment si c'est forfaitaire, plus vous êtes pauvre, plus vous payez cher et plus vous êtes riche, moins vous payez.

Donc on a d'autres moyens, d'autres leviers pour faire pour faire tout ça. En tout cas, ce qui est certain, c'est que l'audiovisuel public, c'est un patrimoine, c'est un une richesse qui appartient à toute la population, que c'est un outil extraordinairement puissant pour bah tout simplement l'éducation populaire, le l'émancipation du grand nombre. Et évidemment, ce n'est pas parce que aujourd'hui il est imparfait, parce qu'il est imparfait et très imparfait s'agissant de de l'information euh que on doit jeter le bébé avec l'eau du bain.

C'est pas du tout et ce sera jamais notre intention. Nous, on pense que il faut au contraire le renforcer, le conforter parce que ce qui est très impressionnant en réalité quand vous commencez à regarder dans le détail ce qui se passe sur le public et que vous le confrontez à ce qui se passe sur le privé, c'est que c'est sans rapport en fait. le privé et le public diffusent des choses totalement différentes.

Encore une fois, il me semble que il y a que dans le domaine de l'information et en particulier de l'information politique et en et de l'info en continu où là il y a des il y a des des convergences qui sont fortes et qui posent problème entre le service public et le privé. Vous avez vu sur France Info recruter des anciens chroniqueurs de ces news. Bon euh rien n'imposait ce genre de chos.

Il y a une une course là qui s'est engagé pour ressembler de plus en plus à ces news qui pose un énorme problème. Il faut on va pas se cacher derrière notre petit doigt. Mais pour le reste, il est bien évident que euh il y a quasiment aucune comparaison possible entre les chaînes les chaînes publiques et les chaînes privées.

Et puis il y a un point qui à mon avis est très important qui émergeait ou qui ressortait quand même de ma propre commission d'enquête sur les chaînes de la TNT et qui a là été totalement occulté mais qui a fleuré dans les questions du rapporteur, c'est que aujourd'hui on est dans un système mixte, c'est-à-dire un système qui fait peser sur le service public des logiques, des contraintes qui sont celles du marché. Et évidemment, on peut pas lui reprocher euh d'être devenu une espèce d'acteur du marché alors que bah qu'on l' voulu ou on l' pas voulu. En tout cas aujourd'hui, c'est ça.

Donc euh le rapporteur par exemple stigmatisait certains salaires en disant mais monsieur machin qui est producteur ou animateur ou madame truc a gagné énormément d'argent. Ça brasse des sommes folles. Moi, j'ai aucun problème à dire que c'est trop d'argent.

Mais dans ces cas-là, il faut être cohérent. euh on va pas euh exiger du service public qu'il soit beaucoup moins doté, beaucoup moins payé que des gens qui sont dans le privé parce que il y a pas de raison que les gens travaillent pour la gloire hein, que s'ils veulent gagner un peu plus eth ben ils iront aussi dans le privé. Donc aujourd'hui si on veut encadrer et ben il faudra encadrer les revenus, enfin les salaires partout.

C'est des propositions qu'on a faites de longue date hein, de toute façon dans tous les domaines euh avec un plafonnement des salaires dans ce pays et cetera, pour s'assurer d'une meilleure répartition des richesses. Ce qui était frappant, c'était de voir des gens euh comme monsieur à l'oncle qui est euh en théorie un pur libéral qui disait "Mais c'est quand même curieux, vous gagnez beaucoup d'argent, c'est de l'argent public et cetera." Ben oui, mais en réalité c'est que les échelles de salaire sont pas du tout les mêmes.

Dans le privé, on gagne encore beaucoup plus même si c'est déjà des sommes importantes dans le public et cetera. Donc, il va falloir réformer l'ensemble du du système parce que ce système mixte-là en fait que on est perdant deux fois. Euh tout ça pour garantir les intérêts du privé.

Hm hm hm. Donc le vote est passé. Hm hm.

Et après, que se passe-t-il ? Alors, euh on a euh jusqu'à jeudi midi pour produire une contribution, chaque groupe politique, voire chaque membre de la commission au titre de son groupe peut produire une contribution. Alors, l'usage veut que ce soit pas un contre rapport de 60 pages, hein.

La celui qui a une possibilité un peu différente, c'est le président de la commission d'enquête de produire un avant-propos assez assez charpenté, donc priori quelques dizaines de pages. Euh ça avait été fait par le passé, par exemple, dans la commission d'enquête sur la vente d'Alstom. Le président de la commission d'enquête était Olivier Marlex. il avait à peu près rendu 40 pages d'avant-propos qui avait euh, on peut le dire, anéanti le rapport lui-même puisque le rapport était écrit par un macroniste et donc c'était très très infilé d'eau tiède, quoi.

Euh donc l'avant-propos, lui avait été assez dévastateur. Euh je ne crois pas que Jérémie Patrieletus ce ce livre a un exercice très convaincant en réalité de de critique du travail de du rapporteur, s'il le fait, tant mieux. Euh mais voilà, les autres, les groupes politiques, eux produient une contribution.

Et puis bon, j'ai entendu par exemple que Erwan Balanan considérait queil fallait un contre rapport. Moi, je crois que c'est parce qu'il a pas de candidat à la présidentielle à soutenir. Sinon, la réalité, c'est qu'il faut un programme pour la présidentielle, que les choses vont se décanter et que je ne vois pas que dans les 6 9 prochains mois quelqu'un mette à l'ordre du jour la suppression de telle ou telle chaîne de l'audiovisuel public ou des choses comme ça.

Donc maintenant, je pense qu'il faut raison garder, se remettre au travail sérieusement, faire le travail de débunkage comme on dit ou en tout cas des intoxication à propos des gros mensonges qui vont figurer dans le rapport. Mais bon, il faut pas se leurer. Il va pas y avoir demain des millions de personnes qui vont se mettre à lire un rapport parlementaire qui est un tissu d'annerie.

En revanche, il est clair que ce sujet va continuer à rebondir parce que c'est l'agenda de l'extrême droite, que ils sont lancés dans une bataille culturel, qui sont en train de mettre d'énormes moyens pour ça. Ils ont soutenu énormément ce rapporteur sur les réseaux sociaux en utilisant les médias du groupe Bolloré, que ce soit européen, le JDD ou Ces News. Bon bah la bataille est entamée et la bataille est lancée, on va on va la continuer. hm notamment un an des présidentielles comme on disait puisque ce rapport euh rela médias privés du groupe Boloré.

Donc il faut peut-être redonner confiance aux Français qui ont suivi cette commission d'enquête et qui ont vu les extraits euh tronqués du rapporteur. Oui, enfin d'une certaine façon, moi je suis pas non plus complètement inquiet là-dessus. Ce qui est certain, c'est que les médias de l'audiovisuel public, en particulier la radio, font de très grosses audiences.

France Interre, malgré certaines critiques que on a raison de lui faire hein, France Interre reste une la première radio de France. Si on leur demande leur avis, en général les les personnes sont plutôt enclin à faire davantage confiance au services publics que à certains groupes privés et cetera. Donc je crois pas qu'il faille s'agiter.

Il y a pas péril en la demeure non plus. Il faut être clair, exigeant. Il faut demander des comptes.

Il faut pas laisser croire que il y aurait des des des gens au-delà de toute critique, des des groupes au-delà de toute critique, au contraire. Euh mais il faut pas non plus laisser s'installer cette atmosphère de de fake news permanente euh qui qui empêche tout simplement de de débattre. Moi, j'avais écrit un petit texte il y a quelques années ou en tout cas j'avais coécrit un petit texte euh qui était anecdotique mais qui je m'interrogeais sur le mensonge permanent, le trumpisme et cetera et je m'étais je m'étais demandé bon pourquoi le le pouvoir ment mais en fait le mensonge a un pouvoir et le le pouvoir qu' a le mensonge c'est de rendre tout suspect et une fois que tout est suspect alors vous ne pouvez plus vous accrocher qu'à une seule chose à la hiérarchie déjà existante dans la société.

Donc soit vous adhérez à cette hiérarchie et donc vous avez des pan entiers de la société qui adhèrent à la hiérarchie déjà établie puisqu'ils se disent que bon dans ce monde-là ma fois on sait où on en est. On n'est pas tout en haut, on n'est pas tout en bas et on va s'en contenter. Et puis vous avez tous ceux qui sont totalement démunis et qui peuvent plus rien faire de juger du du vrai, du faux et cetera et qui vont se désintéresser totalement.

Et donc c'est là-dessus que fonctionne le trumpisme. C'est sur cette incapacité à discriminer le vrai du faux et que à partir du moment où tout se vaut, alors on ne va même plus chercher à s'investir. Et donc les forces du changement social ou les forces sociales qui ont un intérêt au changement, elles vont être divisées entre celles qui éventuellement veulent faire quelque chose mais qui ont plus trop les moyens de de s'agripper à des faits.

Et puis les tous les autres qui vont carrément se laisser aller. Et par contre ceux qui ont un intérêt au statut quo et bien ils donneront leur adhésion même au menteurs puisque de toute façon la seule chose qui compte, la seule chose qui reste c'est la hiérarchie déjà installée. J'ai un bout de mes questions.

Merci beaucoup. Merci [musique] [musique]

La commission Alloncle, une "tribune donnée à l'extrême droite" : entretien avec A. Saintoul (LFI) — Aurélien Saintoul · Pourquijevote