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interviewBFM TV — BFM Politique (sur Podcast)· 2 juillet 2023 44 min

Laurent Nuñez, préfet de police de Paris - 02/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Laurent Nunez, préfet de police, invité de BFM Politique. Alors, monsieur Nunez, on va bien sûr parler du bilan de cette cinquième nuit d'émeute. Mais d'abord, ce qu'il s'est passé à la Île-et-Rose. Le domicile du maire, Vincent Jambrun, a été attaqué à la voiture Bélier. Les deux enfants et la femme du maire étaient présents. Ils ont réussi à s'enfuir, mais sa femme a été blessée assez sérieusement au tibia, a dit le procureur. Elle est à l'hôpital et une enquête pour tentative d'assassinat a été ouverte. C'est un cap qui a été franchi dans la violence. Les émeutiers étaient là pour tuer ?

0:36
Laurent Nuñez

Oui, indiscutablement, il y a un cap qui a été franchi avec cette attaque directe sur le domicile d'un maire. Oui, on peut dire qu'un cap a été franchi. Dans une nuit où on avait quand même une baisse d'intensité des actions, même si ce sont produits des actions très graves, j'y reviendrai. Oui, c'est un cap qui a été franchi. Pour les faits, le procureur a communiqué. C'est un cap. On avait eu, tout au long de ces nuits, des attaques de bâtiments publics. Des pillages de commerce, des atteintes aux forces de l'ordre. Et là, on a un cap, évidemment, qui a été franchi.

Et moi, ce que je veux dire, c'est évidemment, comme l'ont fait la première ministre, le ministre de l'Intérieur, c'est évidemment apporté au nom de la préfecture de police. Évidemment, tout le monde soutient au maire de la Lérose, à sa famille. Et dire que les fonctionnaires de la police judiciaire qui sont placés sous mon autorité, c'est le service de la direction régionale de la police judiciaire qui a été saisie, pour vos téléspectateurs.

1:35
Présentateur

Donc, c'est eux qui mènent l'enquête.

1:36
Laurent Nuñez

C'est le fameux 36 qui est des orfèvres. Donc, ce sont des policiers spécialisés en matière judiciaire.

1:41
Présentateur

C'est la crème de la crème des enquêteurs.

1:42
Laurent Nuñez

Et qui vont donc mener cette enquête. Et je peux vous assurer que sous l'autorité du procureur du Val-de-Marne, ils feront tout, tout pour confondre très rapidement les auteurs.

1:51
Présentateur

Vous l'avez dit, le procureur s'est exprimé tout à l'heure. Est-ce que, malgré tout, vous avez d'autres informations sur ce qui a pu se passer, sur le profil des émeutiers, ceux qui ont lancé ce véhicule à vive allure pour essayer d'incendier la voiture du maire ? Est-ce que vous avez d'autres informations à midi 4, pour ceux qui nous regardent ?

2:10
Laurent Nuñez

Non, je n'ai pas d'autres informations. Et quand bien même j'en aurais, je crois que là, voilà. Il y a une enquête judiciaire en cours. Et donc, il faut laisser maintenant les enquêteurs travailler. L'information que je peux vous donner, c'est qu'ils sont très déterminés, sous l'autorité du procureur, à très rapidement confondre les auteurs. Donc, c'est l'hérité des enquêteurs.

2:26
Intervenant

Est-ce que vous avez pu vous entretenir avec le maire, Vincent Jambrun ? Est-ce que vous savez comment il va ce matin ?

2:32
Laurent Nuñez

Non, je n'ai pas pu m'entretenir personnellement avec le maire.

2:37
Intervenant

Vous comptez l'appeler ?

2:38
Laurent Nuñez

D'autres autorités gouvernementales l'ont fait, évidemment.

2:42
Intervenant

Et donc, est-ce que vous avez de ces nouvelles ? Est-ce que vous savez comment il va ?

2:45
Laurent Nuñez

J'imagine qu'il est très choqué. Sa femme est blessée. Vous avez raison de souligner que c'est quand même une blessure assez grave.

2:53
Présentateur

C'est-à-dire, c'est une fracture du tibia en essayant de s'échapper de la maison.

2:57
Laurent Nuñez

Voilà, les faits se sont déroulés tels que l'a décrit le procureur, avec un véhicule qui a été projeté contre le pavillon, qui a été incendié. Et l'épouse du maire... Avec une volonté très claire de tuer. C'est explicite. Quand vous projetez un véhicule et que vous y mettez le feu contre un pavillon, c'est manifestement pour provoquer une propagation et provoquer l'incendie de ce pavillon, évidemment. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que le procureur a ouvert pour tentative d'assassinat.

3:23
Intervenant

C'est-à-dire qu'on a vu une évolution entre des attaques contre des bâtiments administratifs, puis les pillages, puis là, cette nuit, les élus. Dans le Val-d'Oise, il y a aussi un couple qui a été pris à partie dans sa voiture par des émeutiers avec un bébé. Est-ce que vous constatez aussi un crescendo avec des attaques contre des personnes, y compris des kidams, des passants ?

3:44
Laurent Nuñez

Alors, des attaques contre des kidams, il y en a eu. Ça reste des faits isolés, ce que ciblent essentiellement les émeutiers. Ce sont évidemment tous les symboles de la République, les bâtiments, les mairies, et puis, évidemment, dans certains cas, des élus. On l'a vu, malheureusement, cette nuit. Étant entendu qu'on a assisté, sur ces cinq nuits, à partir de la nuit de jeudi à vendredi, à, par ailleurs, énormément de tentatives ou de pillages de commerce. Et on a vu, évidemment, la motivation délictueuse également de ces émeutiers apparaître.

4:18
Présentateur

On va revenir dans un instant sur la question des pillages, mais juste pour rester sur le cas de Vincent Jambrun et du maire de l'Aîlé Rose. Il avait annoncé, vendredi, avoir barricadé sa mairie avec des barbelés pour, précisément, tenter de résister aux émeutiers. Est-ce que ce qui s'est passé dans la nuit pourrait être une sorte de réponse, de représailles à cette volonté de barricader sa mairie de l'Aîlé Rose ?

4:40
Laurent Nuñez

Écoutez, je ne peux pas interpréter quelle était la motivation des émeutiers. Très honnêtement, je n'en sais rien. Ce que l'on peut dire, c'est que nous étions évidemment attentifs, comme nous le sommes, sur l'ensemble de l'agglomération, à la protection des bâtiments publics, à la protection des élus. Nous sommes déployés, on y reviendra, sur l'ensemble de l'agglomération. Les forces de l'ordre sont présentes, cadrillent le terrain, justement, pour juguler ce phénomène de violence urbaine qui n'a que trop duré.

5:03
Présentateur

En tout cas, Vincent Jambrun était victime de menaces, et voilà ce qu'il disait vendredi soir, c'était sur notre antenne. Écoutez.

5:09
Invité

Nous avons été laissés seuls hier, et seuls les policiers municipaux ont pu protéger l'hôtel de ville, qui a été attaqué, saccagé. Mais heureusement, les émeutiers n'ont pas réussi à rentrer dedans, et n'y ont pas mis le feu grâce à notre police municipale.

5:25
Présentateur

On a été laissés seuls. Il n'a pas été suffisamment protégés, Vincent Jambrun, par les policiers que vous avez sous votre autorité ?

5:34
Laurent Nuñez

Alors, là, il fait référence, évidemment, à une attaque qui a eu lieu concernant la mairie de la commune. Systématiquement, les forces de sécurité intérieure sont intervenues quand il y avait, évidemment, des attaques de bâtiments publics. Il y a des nuits où ça a été très compliqué, parce qu'il y avait de nombreux points d'attaques. Et évidemment que les policiers municipaux ont joué également un rôle...

5:55
Présentateur

Lui dit, on a été laissés seuls. Est-ce que vous n'avez pas sous-estimé la menace qui pouvait frapper certains maires et, en l'espèce, M. Jambrun ?

6:03
Laurent Nuñez

Encore une fois, il parlait de l'attaque de la mairie. Donc, il faut qu'on soit précis. Cette nuit, c'est une attaque à son domicile, qui est encore une fois...

6:09
Présentateur

Et concernant l'attaque de sa mairie ?

6:10
Laurent Nuñez

Et concernant l'attaque de la mairie, systématiquement, quand nous étions requis ou quand nous avions les informations, nous sommes intervenus. Je tiens à dire que, courageusement, les policiers, les gendarmes mobiles qui ont été placés sous mon autorité sont intervenus, ont protégé de nombreux bâtiments publics. Ils ont évité de nombreuses mises à feu, de nombreuses exactions. saluent également le travail de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, qui a été significativement renforcée ces derniers jours. Donc, nous avons pu empêcher des exactions, des dégradations commises sur de nombreux bâtiments publics.

Donc, systématiquement, les forces de l'ordre ont réagi avec beaucoup de courage et de détermination. D'ailleurs, je tiens à dire que la situation de cette commune a été connue, puisque, hier, même dans la journée, j'ai été saisi d'un besoin de réassort en moyens d'armes intermédiaires pour la police municipale de la Lérose. Et nous avons pu, évidemment, avec la préfète du Val-de-Marne, très rapidement redoter...

7:05
Présentateur

Moyen d'armes intermédiaires, c'est-à-dire des munitions...

7:07
Laurent Nuñez

Essentiellement des munitions, pour que les spectateurs comprennent bien, des munitions d'armes intermédiaires, non létales. Et nous avons pu le faire très rapidement. D'ailleurs, je m'en étais même entretenu avec la présidente du conseil régional, Valérie Pécresse. Donc, nous sommes très réactifs, très réactifs sur ce sujet.

7:20
Présentateur

Une toute dernière question sur le cas de Vincent Jean-Brun. Est-ce qu'il va maintenant faire l'objet d'une protection accrue et spécifique pour lui, pour sa famille, devant chez lui, devant sa mairie ? Est-ce que vous allez envoyer des forces supplémentaires pour le protéger ?

7:33
Laurent Nuñez

Évidemment, oui. Évidemment, oui. Compte tenu de la gravité des actes qui se sont passés, évidemment, oui, que nous assurerons une protection renforcée. Évidemment. Pauline ?

7:43
Intervenant

Plus globalement, ces cinq dernières nuits, on l'a vu, partout en France, les maires sont en première ligne. Près de 70 mairies ont été incendiées depuis mardi. Qu'est-ce que vous dites ce dimanche aux élus, à ces élus qui sont au front, qui sont en première ligne ? Est-ce que vous leur dites, on va renforcer votre sécurité ?

8:02
Laurent Nuñez

Ce que je leur dis surtout, c'est que les forces de sécurité intérieure vont continuer le travail qu'elles réalisent, qui est un travail de quadrillage du terrain. Les élus sont en lien sur le terrain avec chaque préfet des départements concernés. Pour ce qui me concerne, évidemment, la Petite Couronne, mais aussi, en tant que préfet de zone, l'ensemble de la région Île-de-France. Ces relations, elles sont quotidiennes, elles sont permanentes. Il y a des échanges, il y a des réunions de travail. Évidemment, on va continuer à être présent, continuer à protéger les bâtiments publics.

8:28
Présentateur

Est-ce que, par exemple, un maire qui se sent menacé peut demander que des forces de l'ordre viennent devant son domicile ? Est-ce que vous êtes en mesure d'apporter cette protection-là ?

8:39
Laurent Nuñez

En tout cas, il peut. Et c'est bien antérieur au phénomène que nous vivons. Bien sûr. Ce qui s'est passé dans le département de la Loire-Atlantique, l'ensemble des préfets ont reçu une circulaire du ministre de l'Intérieur qui leur demande d'être extrêmement attentifs à ces situations. Et donc, les élus savent qu'ils peuvent s'adresser aux préfets et bénéficier de protections, quelle qu'en soit la forme. Vous savez, la protection, ce n'est pas uniquement une protection physique d'un domicile, d'un bâtiment municipal. C'est aussi des rondes et patrouilles. C'est aussi une attention plus soutenue, une prise en compte plus soutenue par les forces de sécurité de l'intérieur.

En tout cas, dans la période que nous vivons, vous imaginez bien que toutes les nuits, la protection des bâtiments publics constitue une de nos priorités.

9:18
Présentateur

Question de Cécile Olivier sur le bilan de cette cinquième nuit des meutes.

9:20
Intervenant

On a observé moins de violence cette nuit globalement sur le territoire. Est-ce que vous constatez ça aussi cette nuit en salle de commandement ? Et est-ce que vous pensez qu'une décrue est en train de s'amorcer ?

9:33
Laurent Nuñez

Alors, on a constaté, c'est un fait objectif. Il y a eu moins de violence la nuit précédente, déjà par rapport à la nuit de jeudi à vendredi, qui était un peu le pic, si on peut utiliser cette expression. Le ministre de l'Intérieur avait parlé d'une moindre intensité, d'une baisse d'intensité la nuit dernière, dans la nuit de vendredi à samedi. Dans cette nuit de samedi à dimanche, on constate à nouveau une baisse d'intensité. Pour autant, on ne peut pas, je pense, parler de décrue. Ça ne serait pas raisonnable. C'est trop tôt pour parler de décrue. Évidemment, il faut être extrêmement prudent. Nous continuons à être très présents.

Nous pensons, nous avons la faiblesse de penser que les mesures mises en œuvre à la demande du ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire le renforcement des effectifs, la présence, on quadrille encore plus le terrain, le renforcement des moyens aussi, avec l'engagement, depuis maintenant 48 heures, de la Béry, du RAID, du GIGN et de leurs moyens spécialisés.

10:25
Présentateur

Ce sont ces unités d'élite notamment qui ont eu un impact sur des violences d'une moindre force ?

10:31
Laurent Nuñez

C'est la mobilisation de l'ensemble des forces de sécurité intérieure, dont évidemment la Béry et le RAID, qui ont été associés à des unités de police traditionnelles, que, par exemple, moi, sur l'agglomération, j'ai souhaité dédier des effectifs aux interpellations, à la demande du ministre de l'Intérieur. Le ministre de l'Intérieur nous a demandé de procéder à énormément d'interpellations des auteurs de dégradations, de manière à jubuler le phénomène. C'est ce que nous avons fait. D'ailleurs, je tiens à dire qu'on a réalisé sur l'agglomération parisienne, au cours des trois dernières nuits, pour les deux premières, plus de 400 interpellations, ce qui est quand même énorme.

11:03
Intervenant

Le RAID et la Béry qui sont équipés d'armes de guerre, d'armes automatiques.

11:07
Laurent Nuñez

Je vais y venir. Et cette nuit, nous avons eu 315 interpellations, encore.

11:13
Présentateur

Donc 315, c'est le chiffre zone préfecture de police pour les interpellations cette nuit ?

11:17
Laurent Nuñez

Paris et les trois départements de Petite-Couronne. Donc, on peut effectivement sans doute parler de décrus. Il y a moins de dégradations, il y a eu moins de feu, il y a eu moins d'atteintes aux bâtiments publics. Mais il y a encore 315 interpellations. Donc, ça veut dire que nous restons très concentrés, très mobilisés. Et je pense qu'effectivement, cette baisse d'intensité, elle est très directement due au dispositif que nous a demandé de déployer le ministre de l'Intérieur, qui a consisté à renforcer significativement notre présence, et surtout dans une posture qui se veut plus offensive, c'est-à-dire d'aller interpeller, évidemment, tous les fauteurs de trouble immédiatement.

11:47
Présentateur

C'est-à-dire que je vous comprends bien, il y a à la fois les forces de l'ordre qui sont déployées, qui quadrillent le territoire, et il y a aussi le fait de mettre hors d'état de nuire certains émeutiers en les interpellant. Absolument. C'est la conjonction de ces facteurs-là.

12:00
Laurent Nuñez

Ce sont les deux étages de notre dispositif. Présence de voix publiques, dissuasion, interpellation. Puis il y en a un troisième qu'on ignore souvent, qu'on ne présente pas suffisamment. Ce sont les investigations judiciaires qu'on mène à postériori. C'est-à-dire qu'il faut que ces fauteurs de trouble sachent que quand on ne les interpelle pas sur le champ, en flagrance, comme on dit dans le jargon policier, il y a des investigations qui sont menées au long cours, et qui nous permettent aussi de réaliser des interpellations, évidemment à postériori, mais personne n'échappe à la justice.

Il y a des moyens techniques comme la police technique et scientifique, on peut utiliser des vidéos, on a toute une panoplie de moyens d'investigation judiciaire qui nous permettent ensuite de confondre les auteurs, et pour les faits les plus graves, c'est la direction régionale de la police judiciaire qui est saisie. Pour l'essentiel des affaires, c'est la direction de la sécurité publique, ce sont ces services judiciaires qui mènent remarquablement ces investigations. Pour les faits les plus graves, c'est la direction régionale de la police judiciaire. Cécile, sur le profil des émeutiers.

12:57
Intervenant

J'avais une question sur la plus-value de ces unités, comme le RAID, le GIGN, la BRI, qui sont équipées d'armes de guerre, d'armes automatiques, face à des émeutiers qui sont très très jeunes. Quelle est leur plus-value ? Est-ce qu'il n'y a pas un risque ?

13:10
Laurent Nuñez

D'abord, on est bien d'accord, ils sont équipés de la BRI, le RAID, le GIGN, donc RAID, BRI, c'est la police. La particulière de la BRI, c'est qu'elle est rattachée à la préfecture de police. Donc c'est ma force d'intervention spécialisée. Ce sont des forces qui, effectivement, sont plutôt des forces spécialisées pour l'intervention de vie de force, pour aller interpeller des individus dangereux, pour aller interpeller des terroristes également. Ce sont des services spécialisés en antiterrorisme, mais pour les interventions dans les cas les plus graves. Évidemment que la posture d'intervention, comme nous l'a demandé le ministre de l'Intérieur, elle est adaptée à la situation.

Vous n'allez pas avoir des individus qui, nos effectifs, n'interviennent pas contre les individus avec des armes automatiques. Il faut sortir de ce fantasme. En revanche, ils sont dotés d'équipements comme des véhicules blindés. Ils ont une expérience également de l'action et de l'interpellation qui en font des atouts extrêmement précieux. C'est un renfort précieux pour nous dans la lutte contre ces violences urbaines. A preuve, vous avez tous, EBFM a largement montré ces images de véhicules blindés de la BRI qui dégagent très rapidement des barricades. On l'a vu par exemple dans les Hauts-de-Seine où ils ont un rôle déterminant.

Et ils ont permis à nos forces classiques de pouvoir progresser dans les quartiers et juguler ces phénomènes de violences urbaines.

14:29
Présentateur

Monsieur Nunes, pour essayer de se projeter et de faire un point, vous dites que c'était des phénomènes cette nuit d'une moindre intensité. Est-ce que vous considérez qu'on est dans une dynamique désormais où ce soir aussi, cette nuit aussi, cette sorte de dynamique à la baisse devrait continuer ? Ou est-ce que vous dites, attention à ne pas crier victoire trop vite ? On a beaucoup parlé du précédent des émeutes de 2005. On sait que c'était très évolutif. Vous pouviez avoir des nuits à plus faible intensité. Ensuite, ça repartait des informations dont vous disposez. Comment est-ce que vous voyez la nuit qui va venir et les jours et nuits qui sont devant nous ?

15:03
Laurent Nuñez

D'abord, pour répondre à votre question, c'est option 2. C'est évidemment, on reste extrêmement concentré. On ne crie personne ne crie victoire. Personne ne crie victoire. J'entends dans les commentaires de journalistes qu'il y a une décrue, une baisse des violences. C'est indéniable. Mais pour autant, ça ne veut pas dire que les choses ne vont pas repartir. Et donc, les dispositifs que nous allons déployer ce soir et dans les jours qui viennent ne vont pas être atténués. Nous allons rester, évidemment, extrêmement concentrés, toujours très présents et quadrillés le terrain.

15:35
Présentateur

C'est-à-dire que cette nuit, il y aura toujours autant de policiers, gendarmes déployés sur le territoire ? C'est-à-dire qu'on restera sur 45 000 sur ce territoire ?

15:43
Laurent Nuñez

Absolument. En tout cas, pour les chiffres nationaux, le ministre les annoncera. En tout cas, pour ce qui concerne la préfecture de police de Paris, nous avons, et j'en parlais hier soir, cette nuit, avec le ministre de l'Intérieur qui, évidemment, a validé cette posture. Nous resterons... On était à 7 000, c'est ça ? Nous resterons exactement dans la même mobilisation. Plusieurs milliers d'effectifs. Et surtout, ce que je veux dire aussi, évidemment, c'est que cette posture, ce n'est pas un quadrillage du terrain pour quadriller du terrain. Le terrain, on réfléchit, évidemment, on anticipe. Il n'a échappé à personne qu'hier soir, nous étions beaucoup plus présents sur les Champs-Elysées.

Plus présents que les autres soirs. Parce que nous avions...

16:20
Présentateur

Parce que nous avions un certain nombre d'informations... qui pouvaient laisser penser qu'il y aurait des rassemblements potentiellement violents sur les Champs-Elysées.

16:28
Laurent Nuñez

Absolument. Et ça, c'est avant d'être sur les trois étages de la fusée dont je parlais avant, il y a un sous-sol. Il y a un sous-sol. Les sous-sols, c'est le travail de renseignement, c'est le travail d'observation des réseaux sociaux, essayer de détecter les endroits qui peuvent être ciblés. Hier soir, manifestement, c'était les Champs-Elysées. Et sur ce soir, vous avez des indications ? Manifestement. Permettez-moi quand même de saluer le travail des fonctionnaires de police et de la préfecture de police. Hier soir, c'est ce qui s'est passé, manifestement. On avait des appels à être présents sur les Champs-Elysées. Nous avions eu un dispositif massif.

Ce n'était pas forcément le cas les nuits précédentes. Et sur ce soir, vous avez des indications ? Qui nous a permis, dans les transports en commun, de détecter des groupes à risque qui voulaient se rendre sur les Champs-Elysées, de pouvoir les interpeller. Il n'a échappé à personne que pour certains d'entre eux, ils étaient équipés quand même d'armes par destination et ou de moyens pour accélérer des combustions. Et donc, nous avons procédé à énormément d'interpellations hier soir à Paris. Le gros des interpellations, c'est à Paris.

17:21
Présentateur

Juste, monsieur Ney, est-ce que vous avez des indications sur ce soir, des lieux de rassemblement qui pourraient potentiellement être facteurs de risque ?

17:27
Laurent Nuñez

Évidemment, et nous allons travailler en ce sens. Évidemment, ce n'est pas sur votre antenne que je vais révéler le positionnement et la stratégie que nous mettrons en œuvre ce soir. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y aura le même dispositif, en volume d'effectifs, en stratégie. Ce sera toujours, et c'est aussi évidemment un message de fermeté que je veux passer, un message de fermeté, c'est qu'évidemment, nous serons très réactifs. Et comme nous l'avons fait au cours des nuits écoulées, nous interpellerons massivement.

17:52
Intervenant

Concernant le profil des émeutiers, on sait déjà qu'ils sont très jeunes, mais les violences policières, c'est un thème qui est mobilisateur pour l'ultra-gauche, pour les gilets jaunes. Est-ce que vous avez constaté, lors des émeutes, la présence de black blocs ou de gilets jaunes ?

18:08
Laurent Nuñez

Écoutez, on a assez peu constaté la présence de militants de l'ultra-gauche parmi les individus interpellés. On n'est plus sur un profil...

18:18
Intervenant

Mais sur le terrain ?

18:19
Laurent Nuñez

Non, on n'a pas constaté. Je serais plus nuancé hier soir sur le rassemblement sur les Champs-Elysées.

18:27
Intervenant

Il y avait des black blocs ?

18:28
Laurent Nuñez

Il n'y a pas de black blocs, mais on a pu avoir des profils qui étaient un peu différents du profil des émeutiers que nous avons, par exemple, en tout cas.

18:36
Intervenant

C'est-à-dire de l'ultra-gauche, des gilets jaunes ?

18:37
Laurent Nuñez

Il y a pu avoir quelques militants appartenant à ces deux mouvances. Voilà, il y a pu.

18:41
Présentateur

Mais il n'y a pas de crainte générale d'une sorte de convergence

18:43
Laurent Nuñez

entre les émeutiers et l'ultra-gauche ? On reste évidemment attentif. Il n'y a pas de crainte de convergence, mais on s'intéresse quand même à ce que peuvent dire les militants des mouvances d'ultra-gauche qui manifestement applaudissent des deux mains aux phénomènes auxquels nous assistons aux violences urbaines. Parce que nos reporters

19:00
Intervenant

ont reconnu aussi sur le terrain, notamment à Nanterre, des gilets jaunes qu'ils avaient croisés dans des manifestations.

19:06
Laurent Nuñez

Je vous confirme qu'on a pu avoir effectivement des membres des gilets jaunes appartenant évidemment aux branches les plus radicalisées de ce mouvement qui ont pu et tenté de s'agréger à ces violences urbaines. De là à dire qu'ils ont un rôle déterminant opérationnellement sur le terrain, évidemment non. Par contre, il suffit de lire les sites de réseaux sociaux de la mouvance ultra-gauche pour voir qu'ils incitent à ce qu'eux appellent. À ce qu'eux appellent non pas des violences urbaines mais une révolution. Pauline, deux questions très concrètes.

19:35
Intervenant

Oui, pour continuer à se projeter sur la soirée à venir ce dimanche soir. Ces derniers jours, plusieurs municipalités en Ile-de-France avaient décrété des couvre-feux. Quelles sont vos recommandations en la matière ? Vous dites quoi au maire ? Vous pouvez le lever ou il vaut mieux le maintenir ? Même question sur les transports. Les bus et tramways ne circulaient pas jusqu'à Nouvelle-Ordre jusqu'à partir de 21h le soir. Est-ce que cette mesure a vocation à être reconduite ?

20:00
Laurent Nuñez

Oui, bien sûr. Quand je dis qu'on ne va pas modifier le dispositif qui consiste à qu'Adriel-Terrain est très présent, ça englobe également les mesures, on va dire, dites de police administratives que nous prenons. Par exemple, on interdit sur l'ensemble de l'Ile-de-France et singulièrement sur l'agglomération parisienne, le transport d'artifices, le transport d'essence en bidon, au détail. Donc, il y a un certain nombre de mesures de police administrative qui sont reconduites. Donc, pour être très précis, pour les bus, pour les bus et les tramways, c'est reconduit ce soir.

Et ce sera renouvelé, évidemment, ce soir, de la même façon que vendredi et samedi, en lien très étroit, et j'insiste là-dessus, en lien très étroit avec le ministère compétent, le ministre des Transports, évidemment, la présidente du conseil régional, dont c'est la compétence et les responsables des organismes de transport, à commencer par le président de la RATP, Jean Castex, nous avions décidé d'avoir des fermetures des lignes de métro vendredi et samedi à une heure plutôt qu'à deux heures, comme c'est l'habitude, justement, pour éviter tout cela.

Donc, évidemment, ces mesures de police administrative, elles vont continuer à être mises en œuvre et évidemment, c'est ce que m'a demandé le ministre de l'Intérieur.

21:13
Intervenant

Et sur le couvre-feu ?

21:15
Laurent Nuñez

Alors, sur le couvre-feu, certaines communes ont pris un certain nombre de mesures de couvre-feu. Vous les incitez plutôt à continuer ? Écoutez, on constate que ces mesures de couvre-feu sont prises. On peut évidemment être sollicité pour savoir si on peut passer à une mesure plus générale, c'est-à-dire une mesure qui serait prise par les préfets et qui serait applicable sur l'ensemble du territoire.

21:34
Intervenant

Certains le demandent, en effet.

21:35
Laurent Nuñez

À ce stade, ça ne nous semble pas indispensable.

21:38
Présentateur

Oui, parce que, juste pour prolonger, juste avant qu'on part en pub, la droite et l'extrême droite continuent à demander la mise en œuvre de l'état d'urgence. Est-ce que ce que vous avez constaté cette nuit vous fait dire que ce n'est franchement pas nécessaire ou est-ce que ça continue à être une option si les choses se dégradaient ?

21:52
Laurent Nuñez

Ce n'est pas en ces termes, je pense, que se pose le problème. Ce n'est pas parce que cette nuit, on a pu considérer qu'il y avait une baisse d'intensité.

22:00
Présentateur

Alors, est-ce que c'est toujours une option ?

22:01
Laurent Nuñez

Non, pour le moment, ce n'est pas une option. L'option qu'a retenue le gouvernement, et je pense que la démonstration est faite que c'est évidemment la bonne option, c'est qu'à droit constant, c'est-à-dire avec les moyens dont nous disposons juridiquement, le renfort des effectifs, les interpellations, le cadre du code pénal qui nous permet de faire des contrôles, les articles 78 et autres du code de procédure pénale sont des armes pour l'instant suffisantes pour juguler ce phénomène.

Et puis, je pourrais évidemment vous détailler ce que recouvrent les mesures de l'état d'urgence, mais pour l'instant, ça ne nous semble pas nécessaire et à droit constant, j'insiste bien, droit constant, avec les forces dont nous disposons qui ont été renforcées, nous parvenons à juguler le phénomène et il faut continuer à le faire, il faut continuer à rester concentré.

22:45
Présentateur

Laurent Nunez, préfet de police, invité de BFM politique, on se retrouve dans un instant juste après la pluie. Laurent Nunez, préfet de police, invité de BFM politique, Monsieur Nunez, malgré l'amélioration de la nuit dernière, ces derniers jours et nuits ont aussi été marqués par des pillages ou tentatives de pillages de magasins à Paris, en banlieue parisienne, au Halle, à Ronny 2, à Créteil, c'est la zone dont vous avez la charge, les commerçants sont à bout, qu'est-ce que vous pouvez leur dire pour les rassurer ?

23:18
Laurent Nuñez

D'abord, leur dire que nous sommes évidemment extrêmement attentifs à ces situations, il y a eu énormément d'interpellations de pilleurs. Ça caractérise aussi ensuite ce qu'est ce mouvement de violence urbaine qui était censé être une réponse évidemment au drame qui a eu lieu mardi dernier. On voit bien que là, on est rentré dans des phases de délinquance, d'appropriation qui n'ont rien à voir avec le côté compassionnel de la chose. Pour ce qui est des commerçants, nous sommes évidemment en contact étroit avec eux, il y a eu beaucoup de pillages dans la nuit de jeudi à vendredi, c'était moins le cas la nuit suivante.

23:51
Présentateur

Ça a changé de nature, ça n'a plus rien à voir avec le drame de la mort du jeune Naël. Ceux qui disent c'est une façon pour certains jeunes dans les quartiers de montrer qu'ils existent, ce sont des arguments que vous balayez tout à fait ? En tout cas,

24:05
Laurent Nuñez

moi je le balaye totalement, on est sur la délinquance d'appropriation, vous interviewez vous-même un certain nombre d'émotiers qui le disent assez clairement, on est sur la délinquance d'appropriation pour les commerçants, les rassurer, leur dire qu'évidemment nous sommes en contact étroit.

Sur les centres que vous avez cités lors des nouvelles tentatives qui ont parfois même eu lieu en journée, les forces de l'ordre étaient en contact avec les centres commerciaux, certains ont fermé leurs portes immédiatement, on a pu chasser un certain nombre de pilleurs qui étaient rentrés de force, ça a été le cas notamment sur Créteil, ça a été le cas sur Rony et on va évidemment continuer à être très présents autour des centres commerciaux.

24:38
Intervenant

Pauline ? On a entendu beaucoup de témoignages de commerçants ces derniers jours, certains disent qu'en cas de pillage, ils vont finir par se défendre eux-mêmes, on voit aussi que les appels à des sociétés de sécurité privées explosent, est-ce que c'est une crainte que vous avez, le risque que se forment en quelque sorte des milices privées ?

24:57
Laurent Nuñez

Ce n'est pas une crainte, les grands centres commerciaux sont déjà outillés, équipés, ils ont déjà d'abord une présence humaine d'agents de sécurité privée.

25:06
Intervenant

Ces commerçants qui disent je vais me défendre moi-même finalement, si c'est ça ?

25:09
Laurent Nuñez

Non, il faut garder raison, évidemment, il peut toujours y avoir cette tentation d'aller sur l'autodéfense, mais les forces de sécurité intérieure sont présentes, elles sont là pour protéger les commerces, mais aussi les conseillers sur des moyens de protection passifs qu'ils peuvent mettre en place pour éviter ces pillages. Non, il faut garder raison et rassurer les gens sur les faits, les commerçants, les grands centres commerciaux sur le fait qu'on restera évidemment très présents. Cécile, sur les policiers pris à partie.

25:40
Intervenant

Cette nuit, dans le 13e arrondissement, deux policiers ont été blessés, visés par des tirs visiblement de carabines à plomb. Une enquête pour tentative d'homicide a été ouverte. Est-ce que vous avez plus d'informations sur ce qui s'est passé ?

25:54
Laurent Nuñez

Non, à ce stade, j'ai exactement les mêmes informations qu'aujourd'hui. on a eu deux fonctionnaires qui ont été blessés dans le cadre des événements de cette nuit par ceux qui pourraient s'apparenter à des tirs de plomb. Toute la lumière sera faite sur cette affaire pour laquelle évidemment les services judiciaires sont saisis. Je n'ai pas plus d'informations là-dessus.

26:15
Intervenant

On a vu qu'à Marseille, il y avait des armureries qui avaient été pillées. À Bagneux, c'est une équipe de police secours qui a dû abandonner sa voiture et des armes ont été volées à l'intérieur. Est-ce que c'est quelque chose que vous constatez, que vous craignez que les émeutiers s'arment contre la police ?

26:31
Laurent Nuñez

On craint toujours évidemment que du cocktail Molotov, ce qui est déjà une arme par destination, qui est extrêmement dangereux, que des pavés qui sont balancés sur nos effectifs qui sont déjà extrêmement dangereux, qui peuvent les tuer. Évidemment, on craint toujours qu'il y ait recours

26:44
Intervenant

d'autres emplois d'armes à feu ou de vols d'armes à feu ?

26:47
Laurent Nuñez

Non, on a eu un certain nombre de... Vous avez cité un cas, nous en avons eu un autre dans l'agglomération parisienne, d'armuriers qui ont pu être pillées, mais au même titre que d'autres commerces, on ne constate pas que les émeutiers, modulo le cas que vous venez de citer et qu'on va regarder avec évidemment beaucoup d'attention, on ne constate pas évidemment un armement autre que des armes par destination, mais encore une fois, qu'il ne faut absolument pas banaliser, c'est extrêmement grave de tirer aux mortiers sur des forces de l'ordre, de balancer des cocktails Molotovs, ou des projectiles.

Mais moi, je ne constate pas des émeutiers qui soient armés d'armes à feu puisque c'est très directement votre question. Pauline ?

27:28
Intervenant

On le disait tout à l'heure, policiers et gendarmes vont encore être mobilisés en nombre ce dimanche soir. Après cinq nuits d'émeutes, dans quel est-ce à l'esprit ils sont-ils ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de leur état ?

27:40
Laurent Nuñez

Si votre question, c'est de me demander s'ils sont fatigués, ma réponse, c'est évidemment oui. Évidemment oui, ils sont très fatigués.

27:45
Intervenant

Est-ce qu'ils sont à bout ?

27:46
Laurent Nuñez

Ils sont fatigués, mais jamais à bout. Ils sont toujours très concentrés, très déterminés. Nous les avons encore vus avec la Première Ministre, avec le ministre de l'Intérieur.

27:56
Présentateur

Combien de temps ?

27:56
Laurent Nuñez

Nous les avons vus hier soir. Souvent, il y a une élongation de leur temps de travail. Pour certains, ils ont pu commencer à 10h le matin et finir dans la nuit. Mais ils restent, je peux vous l'assurer, très déterminés, très concentrés parce qu'ils mesurent le rôle qui est le leur en ce moment pour la défense de nos institutions et pour le bon ordre républicain.

28:16
Présentateur

Combien de temps est-ce que vous pouvez tenir avec un dispositif aussi exceptionnel déployé ? 45 000 forces de l'ordre déployées sur tout le territoire. Est-ce qu'en termes de fatigue, de forces employées, combien de temps ça peut tenir ?

28:29
Laurent Nuñez

On tiendra le temps qu'il faudra. Je ne peux pas vous faire une meilleure réponse. On tiendra le temps qu'il faudra. Il y a eu des périodes dans le passé qui ont montré...

28:35
Présentateur

C'est en 2005, trois semaines, vous dites ? On est prêt à tenir trois semaines. On pourra tenir à aussi haute intensité pendant trois semaines s'il le faut.

28:41
Laurent Nuñez

Il y a eu des périodes dans le passé qui ont démontré. Je vous renvoie à la période en 2005, puis ensuite en 2007. Les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers également qui font un travail remarquable ont démontré qu'ils étaient capables d'entrer dans des phases de mobilisation extrêmement intenses. Évidemment qu'on souhaite tous que le phénomène se termine le plus rapidement possible. Ils sont évidemment fatigués, mais en même temps très déterminés. Et surtout, je voudrais quand même souligner quelque chose qu'on souligne assez peu. On travaille avec un grand sang-froid. On n'a eu aucun incident grave concernant des émeutiers, en tout cas sur l'agglomération parisienne.

Donc ils travaillent avec beaucoup de sang-froid, avec un réel engagement qui se fait avec beaucoup de proportionnalité. Et ça, c'est quelque chose que je veux saluer. Quand vous mettez en regard le nombre d'interpellations et ce que je viens de vous dire, la proportionnalité d'engagement, ça veut dire que la fatigue, certes, mais beaucoup de sang-froid et d'engagement. Cécile ?

29:37
Intervenant

Certains policiers nous ont raconté aussi qu'il y avait eu des moments où ils étaient en sous-effectif et qu'ils avaient dû laisser filer certaines infractions parce qu'ils ne pouvaient pas intervenir en sécurité, qu'ils n'étaient pas assez nombreux et aussi qu'ils avaient manqué de munitions. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Est-ce qu'il y a un problème sur l'effectif et les munitions ? Est-ce qu'ils ont été débordés ?

29:59
Laurent Nuñez

D'abord, débordés jamais. Débordés jamais. Que sur certaines interventions, il y ait pu avoir des équipages en sous-effectif par rapport au volume des assaillants, oui, c'est arrivé. Oui, je ne peux pas le nier, évidemment. Et pour la sécurité même des effectifs, il vaut mieux se replier, réunir des renforts et revenir pour être encore plus fort. Ça, c'est une technique policière qui a toujours existé. Ça a existé sous toutes les majorités. C'est toujours comme ça qu'on a travaillé. D'abord, pour protéger nos forces de sécurité intérieure. Évidemment que c'est arrivé pendant les nuits que nous avons connues. Et donc,

30:28
Présentateur

c'est pour ça que des manques d'anticipation ?

30:30
Laurent Nuñez

Mais non, mais nous sommes revenus. Quand vous avez, sur les questions de sécurité, moi, je suis préfet, je reste à ma place, évidemment, mais on entend beaucoup de critiques ici ou là. Tout le monde bombe toujours le torse sur les questions de sécurité, mais il n'y a pas une majorité dans ce pays qui n'a pas connu sa phase de violence urbaine ou évidemment, mais évidemment... Monsieur Nunez, j'entends ce que vous dites,

30:51
Présentateur

mais simplement pour ceux qui nous regardent, ils n'arrêtent pas d'entendre moyens supplémentaires pour la police, budgets qui n'ont jamais autant augmenté. Et on a des témoignages de policiers qui disent au plus fort au début, on n'avait pas assez de munitions, on s'est senti impuissants face à ce qui se passait.

31:05
Laurent Nuñez

Non, mais les moyens supplémentaires, je peux vous dire que...

31:06
Présentateur

que ça puisse interpeller.

31:07
Laurent Nuñez

Les moyens supplémentaires, ils sont là. Il y a encore 8 ou 10 ans, on n'aurait jamais pu déployer les effectifs qu'on déploie actuellement sur le territoire national si on n'avait pas eu les renforts d'effectifs qui ont été engagés depuis 2017. Il faut que les choses soient claires. Mais votez les spectateurs pour comprendre que quand vous avez une multiplication de points où les assaillants s'emprènent, ici un bâtiment public, là un commerce, là un autre bâtiment public, il y avait une multitude de points d'intervention qui effectivement a pu compliquer notre travail.

Mais ce n'est pas un problème d'effectifs, c'est un problème qu'en face de nous, il y avait effectivement plusieurs points qui étaient attaqués et il y a pu effectivement avoir des endroits mais tout à fait exceptionnels où il y a eu un retrait mais tactique pour revenir encore plus fort une fois qu'on avait réuni des renforts. Et sur les munitions, effectivement, on entend dire que... Mais oui, pour garder à distance les assaillants, mais pour garder à distance les assaillants, on utilise effectivement beaucoup de moyens intermédiaires. On a de lacrymogènes, des différents types de munitions. Tous les jours, on réapprovisionne les commissariats. Et tous les jours, ça se fait à Gé continu.

32:10
Présentateur

Il y aura assez de munitions si ça doit durer

32:13
Laurent Nuñez

trois semaines. Bien sûr. Et le ministre de l'Intérieur est très attentif à cela puisqu'il est en contact avec un certain nombre d'élus qui l'alertent ou de syndicats.

32:19
Présentateur

Rappelons que les munitions, pour ceux qui nous regardent,

32:21
Laurent Nuñez

ce ne sont pas des balles réelles. Ce sont des munitions d'armes intermédiaires, des balles de LBD, des grenades...

32:26
Intervenant

Mais il y a eu énormément de tirs d'ailleurs.

32:27
Laurent Nuñez

Oui, il y a énormément de tirs. Et donc, tous les jours, nous réapprovisionnons notamment les commissariats, d'abord les départements, puis les commissariats. Pour ce faire, moi, je suis compétent sur toute la région Île-de-France et nous le faisons tous les jours au vu des moyens qui ont été utilisés.

32:41
Intervenant

Mais il y a des enfants très jeunes, des gens de 12, 13 ans parmi les émeutiers. Est-ce que vous redoutez que l'un d'eux, à un moment, soit blessé, mutilé ?

32:49
Laurent Nuñez

Mais bien évidemment, nous le redoutons. L'action de la police, elle est toujours proportionnée. Évidemment que c'est notre crainte la plus importante. Et autant nous demandons aux policiers et aux gendarmes d'intervenir, d'interpeller, autant nous demandons de le faire avec beaucoup de discernement. Et vous noterez qu'il n'y a pas eu d'incident grave. Et ça, il faut vraiment le mettre au crédit du sang-froid de nos policiers et de nos gendarmes.

33:11
Intervenant

Toujours sur l'état d'esprit des forces de l'ordre, plusieurs syndicats de police, on peut citer Alliance, Unité SGP Police, ont très vivement réagi aux propos d'Emmanuel Macron après la mort de Naël. Mercredi, le président de la République a parlé d'un acte injustifiable, inexcusable. Et ces syndicats de police, ils ont dénoncé ces mots disant que ça allait à l'encontre de la présomption d'innocence. Est-ce que vous pensez qu'une partie des troupes, d'une partie des policiers, s'est sentie lâchée à ce moment-là ?

33:42
Laurent Nuñez

Non, je ne pense pas. Non, je ne pense pas. Moi, il ne m'appartient pas de commenter ce qu'on peut dire telle ou telle organisation syndicale. Je ne pense pas que la troupe, les effectifs, se sont sentis lâchés.

33:52
Intervenant

La réaction était très vive, très immédiate. Je ne pense pas

33:54
Laurent Nuñez

que la présomption d'innocence ait été mise en cause. La réaction du président, elle répond, elle correspond, pardon, à la perception dans l'ensemble du pays de ce qu'a été ce drame.

34:06
Présentateur

Vous auriez pu utiliser les mêmes termes quand on vous a reçu sur ce plateau, c'était mardi soir, vous aviez dit ces images m'interpellent, elles sont choquantes. Est-ce que vous auriez pu dire que cet acte était injustifiable et inexcusable ?

34:18
Laurent Nuñez

L'enquête le dira. Le président, c'est un propos qu'on a sorti de son intervention, dans le même traitant, il dit quand même qu'il faut respecter la présomption d'innocence. Oui, il dit aussi injustifiable, il est inexcusable que vous auriez pu utiliser ces termes. Il dit quand même qu'il faut laisser l'enquête se dérouler et c'est le cas. Donc moi, je n'ai pas évidemment à commenter les propos. Et donc, vous n'auriez pas utilisé ces termes ? Non, ce n'est pas du tout ce que je suis en train de vous dire.

Je veux dire, je vous rappelle, je rappelle que la personne, que le fonctionnaire de police en question qui fait partie de mes effectifs a quand même été en détention provisoire pour homicide volontaire. Je le rappelle. Donc ensuite, on peut effectivement utiliser les mots qui ont été utilisés. Il n'y a pas de difficultés là-dessus et moi, je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus.

35:01
Présentateur

Encore un mot, Laurent Nunes, sur justement les syndicats de police. Un communiqué de presse signé par deux d'entre eux, Alliance et l'UNSA Police, a beaucoup fait réagir. Il y était écrit la volonté de lutter contre, je cite, des nuisibles. Demain, nous serons en résistance et le gouvernement en prendre conscience. Voilà ce qu'écrivait ce communiqué de presse. La gauche a dénoncé un appel à la sédition. Est-ce qu'il vous a choqué ce communiqué ?

35:21
Laurent Nuñez

Ce communiqué, la seule réponse que je peux y apporter, c'est que le gouvernement et dans les territoires, les préfets, dont le préfet de police, jusqu'à preuve du contraire, sont très concentrés, très déterminés à lutter contre ces délinquants.

35:38
Présentateur

Pardon Laurent Nunes, je comprends que ce soit compliqué pour vous parce que ce sont des syndicats de police qui sont importants dans la police, mais je vous ai demandé si les mots qui étaient utilisés « nuisibles », est-ce que ça vous a choqué quand vous avez lu ce communiqué de presse ?

35:50
Laurent Nuñez

Ce n'est pas les mots que j'aurais utilisé. Ce n'est pas les mots que j'aurais utilisé personnellement par rapport à ce tract, mais je sais que le syndicat Alliance, que le syndicat Unité, que le syndicat UNSA, qui sont les principaux syndicats des gardiens, je sais qu'ils savent, tous les trois, que notre priorité, c'est de lutter contre les délinquants. Mais un syndicat

36:11
Intervenant

qui parle de ses propres concitoyens comme des nuisibles, comme des hordes sauvages qui parlent de guerre, qu'est-ce que ça dit sur le rapport police-population ?

36:19
Laurent Nuñez

Non mais attendez.

36:21
Intervenant

Et est-ce que c'est représentatif de l'état

36:23
Laurent Nuñez

d'esprit de vous ? Soyons clairs, je n'aurais pas utilisé personnellement ces mots, mais quand on voit ce qu'on a assisté au cours des nuits écoulées, quand c'est scène des meutes avec parfois des tout jeunes personnes qui s'en prennent aux policiers, qui s'en prennent aux bâtiments publics, on l'a vu hier, qui s'en prennent à un élu de la République, on est quand même sur des comportements qui sont totalement anormaux. C'est le fait d'une minorité de personnes et évidemment, tout notre travail, c'est d'empêcher ces comportements et d'interpeller ces personnes.

Ce n'est pas parce que je n'aurais pas utilisé ces mots que je considère que l'action que nous devons mener contre cette forme de délinquance minoritaire mais inacceptable, c'est pas parce que je considère cette action, il faut la continuer, il faut la mener et rassurer les syndicats. Nous le faisons et nous allons continuer à le faire.

37:04
Intervenant

Autre question. deux cagnottes ont été lancées en soutien au policier qui a tué Naël. L'une d'elles, elle a été lancée par Jean Messia qui est membre de Reconquête, c'est le parti d'Éric Zemmour et au moment où on se parle, elle a récolté plus de 500 000 euros. Il y en a une autre qui a été relayée par des syndicats de policiers qui a été lancée par l'amicale motocycliste des Hauts-de-Seine. Est-ce que vous approuvez ces initiatives ou est-ce qu'elles vous choquent ?

37:30
Laurent Nuñez

Je n'ai absolument pas de commentaire à faire là-dessus. Moi, je ne suis pas au courant de... Enfin, je ne suis pas au courant. J'ai évidemment ces informations. Je n'ai pas de commentaire à faire sur ces cagnottes. Une cagnotte a été ouverte aussi en faveur de ce jeune qui est décédé. Mais justement, ce qui interprète,

37:49
Présentateur

c'est que les moyens, l'argent, il y a un énorme décalage. Je crois que c'est un peu plus de 70 000 euros

37:54
Intervenant

pour la famille de Naël. On a atteint

37:56
Présentateur

quasiment 600 000 euros sur la cagnotte lancée par Jean Messia. Est-ce que ça vous choque ?

38:01
Laurent Nuñez

Honnêtement, je n'ai pas de commentaire à faire. Je ne nuancerai pas le mot choqué. Je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Franchement, je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus.

38:09
Présentateur

Laurent Nunez, Cécile Olivier utilisait cette expression, la question des rapports entre police et population. On a entendu ces témoignages de jeunes à la marche blanche, également sur les réseaux sociaux qui disaient qu'on n'a pas confiance en notre police. Il y avait aussi ce slogan qu'on pouvait lire

38:24
Locuteur

« Combien de Naël

38:26
Présentateur

n'ont pas été filmés ? » Qu'est-ce que vous pouvez répondre à ce slogan, vous qui êtes le patron de 40 000 fonctionnaires de police dans la zone préfecture de police ?

38:35
Laurent Nuñez

D'abord, sur la dégradation supposée du rapport police-population dans ces territoires, moi, je conteste ça.

38:44
Présentateur

Il n'y a aucun sujet

38:45
Laurent Nuñez

de tension entre la population

38:49
Présentateur

des quartiers et la police ?

38:49
Laurent Nuñez

Je ne vous dis pas qu'il n'y a aucun sujet. Je conteste le fait que les policiers soient décriés dans les quartiers, dans les cités. Au contraire, les habitants de ces quartiers ont besoin des policiers. Ils nous le demandent. ils nous demandent qu'on les débarrasse des trafiquants de stupes et c'est ce que nous faisons. Ils nous demandent que nous soyons plus présents et c'est ce que nous faisons. Et ils nous demandent que nous mettons hors d'état de nuire ces personnes qui commettent les exactions qu'on a connues ces dernières nuits. Et je crois que...

39:14
Présentateur

Mais monsieur Nunes, sur ce slogan, combien de Naël n'ont pas été filmés ?

39:18
Laurent Nuñez

Oui, mais là-dessus, il y a des enquêtes judiciaires. Écoutez, je ne vais pas rentrer dans le détail. J'ai entendu les propos tenus par les avocats qui disaient que s'il n'y avait pas eu la vidéo, on n'aurait jamais su, etc. Je n'ai pas envie de faire des commentaires sur des propos tenus par des avocats. Quand il y a des investigations judiciaires, il y a des enquêtes balistiques qui sont faites. Vous croyez que la balistique, dans le cadre des investigations qui vont être menées, n'aurait pas déterminé que le tir provenait de l'endroit où se trouvait le policier ? Évidemment, oui. Évidemment, oui. Un tir qui est fait...

39:43
Présentateur

Alors, on n'aurait peut-être pas su que le policier était sur le côté et pas sur le point que personne ne s'est filmé.

39:48
Laurent Nuñez

Mais si, évidemment, oui. C'est ce que je suis en train de vous dire. La balistique détermine exactement l'endroit précis où se trouve le tireur. C'est ça, la balistique. Et forcément, forcément, l'endroit où se trouve le tireur serait apparu. Quand vous êtes face à un véhicule et que vous tirez dans le pare-brise, ça se voit. Quand vous êtes sur le côté, ça se voit. Donc, simplement, ce que je veux vous dire, c'est qu'il faut arrêter à partir de ce cas-là de laisser à penser que dans d'autres cas, s'il y avait eu de la vidéo, on aurait démontré que les policiers avaient menti. C'est faux.

C'est faux parce que les enquêtes judiciaires sont menées de manière très précise, très rigoureuse et on sait pertinemment où se trouvent les tireurs. Et dans d'autres affaires où il y a des poursuites de fonctionnaires de police pour homicide volontaire, il n'y avait pas de vidéo. C'est la balistique qui a démontré qu'il pouvait y avoir un caractère volontaire.

40:27
Présentateur

Une question là-dessus, M. Nunes, très précise. Est-ce que les deux fonctionnaires de la DOPC, les deux policiers, avaient une caméra piéton ?

40:33
Laurent Nuñez

Non, ils n'avaient pas de caméra piéton parce que ce sont des motards. Ce sont des motards et pour des raisons de protection de ces effectifs, on préfère qu'ils portent Pourquoi ? C'est-à-dire des mesures de protection ? J'y viens. On préfère qu'ils portent leur blouson airbag en cas de chute que des caméras piétons mais on va progresser là-dessus. Donc c'est vrai pour tous les motards de la police nationale partout en France, progresser là-dessus pour qu'ils puissent être dotés effectivement de caméras piétons.

40:59
Intervenant

Il y a aussi une réaction du porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme qui a dit qui a demandé à la France de se pencher sur les problèmes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l'ordre. Est-ce que selon vous il y a du racisme dans la police ?

41:17
Laurent Nuñez

Non, certainement pas. Il y a pu y avoir des cas qui ont été sanctionnés, poursuivis où il y a eu quelques dérapages.

41:23
Intervenant

Donc il n'y a pas de tension entre les jeunes et la police ? Il n'y a pas de racisme dans la police ?

41:28
Laurent Nuñez

On continuera à faire le travail qui est le nôtre de lutter contre les infractions partout sur le territoire national et notamment dans les quartiers. On continuera à prendre en poursuite des véhicules qui commettent des infractions, des roadies urbains qui peuvent attenter à la vie des autres et on continuera à contrôler ces individus quelle que soit leur origine, d'où qu'ils viennent. Vraiment, les policiers n'intègrent pas ce genre de dimension.

41:51
Intervenant

C'est l'ONU qui le dit.

41:52
Laurent Nuñez

Là, pour le coup, M. Duhamel, elle s'est choquée par l'utilisation de ce terrain. Elle s'est choquée. Il n'y a pas de racisme dans la police. On lutte contre des délinquants qui mettent en danger la vie d'autrui et on continuera à le faire.

42:06
Présentateur

On vous a entendu une toute dernière question politique. Il y a un débat autour de la réaction d'une partie de la France insoumise, notamment Jean-Luc Mélenchon qui a refusé d'appeler au calme et qui a toutefois précisé l'école, il ne faut pas y toucher, la bibliothèque, le gymnase, tout ce qui est à nous, tout ce qui est notre bien commun. Vous comprenez, il y a d'autres choses qui ne sont pas incluses dans cette phrase. Est-ce que ça vous a choqué ? Est-ce que vous leur demandez d'aller plus loin et d'appeler au calme ?

42:28
Laurent Nuñez

Moi, je suis préfet. Je n'ai pas à faire le moindre commentaire sur les paroles.

42:33
Présentateur

Vous avez été au gouvernement ?

42:34
Laurent Nuñez

Vous pouvez avoir un avis ? J'ai un avis. Je n'ai pas à faire de commentaire sur des propos de responsables politiques. Moi, comme préfet, je suis en contact avec l'ensemble des parlementaires, par exemple, de ma zone de compétence, y compris les députés de la Olifi, avec lesquels, d'ailleurs, je parle très régulièrement. Il m'appelle quand il...

42:50
Présentateur

Donc, il n'y a pas d'ambiguïté

42:50
Laurent Nuñez

dans les réactions de la France ? Laissez-moi terminer. Donc, il m'appelle quand il y a une difficulté. Très régulièrement, on échange, que les choses soient claires. Je considère simplement que ce type de propos ne contribue pas, ne participe pas à l'apaisement dont notre pays a besoin. Voilà, point barre. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire que ça. Mais moi, je continue à traiter tous les parlementaires, quels qu'ils soient, pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des députés de la Lention et qui représentent l'ensemble d'entre nous. Simplement, des propos tels que ceux-ci ne contribuent pas à l'apaisement.

43:17
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Nunez. Dans quelques instants, vous suivrez, vous voyez l'image en bas à droite de votre écran, la présence d'Elisabeth Borne, la Première ministre, Gérald Darmanin, qui se rendent à Lé-les-Roses, là où le domicile de Vincent Jeanbrun, le maire, a été victime d'une attaque à la voiture bélier. Vous voyez également Gérald Darmanin, Christophe Béchut et la Première ministre. C'était BFM Politique. A tout de suite, vous retrouverez Philippe Godin.