Joshua Hochart : « Le Sénat, c’est l’étape suivante pour le RN »
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On va revenir sur ces municipales, sur les sénatoriales avec vous, je suis au charge. Je rappelle, vous êtes sénateur RN du Nord. Mais d'abord, comme tous les jours, on commence par la une de la presse régionale. On en a sélectionné trois. On va les regarder ensemble. D'abord, la une de Ouest-France, du pétrole brut au raffinage, la dépendance de la France, la guerre au Moyen-Orient, vient rappeler la totale dépendance du pays. Même si nos importations du Golfe sont tombées à 12% de notre consommation, la capacité de raffinage a, elle aussi, reculé. Deuxième une, c'est celle de la dépêche.
Réforme des retraites, le débat relancé, suspendu. La réforme des retraites animera le prochain débat de la présidentielle. Les experts de Bercy proposent de repousser l'âge de départ à 65 ans. C'est un sujet explosif. Et puis la dernière une, c'est celle du midi libre. Diffamation, mal-être, témoignages, chocs de profs. Les dénonciations calomnieuses sont devenues la première cause de souffrance des personnels scolaires. Les enseignants évoquent des faits qui se multiplient. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
C'est sur le pétrole. Sur la dépendance de la France au pétrole. Puisque, effectivement, j'en ai parlé tout à l'heure de blocage des prix. C'est manifestement impossible. Certains ont oublié qu'en France, il n'y avait plus de puits de pétrole et que nos capacités de raffinage ont été largement diminuées depuis plusieurs années. Pour autant, pour ne sortir non pas de cette dépendance de la France au pays extérieur, mais pour sortir de l'explosion du prix du carburant à la pompe. On a proposé des mesures assez simples sur la baisse de la fiscalité, par exemple, de 20 à 5,5, éventuellement sur la baisse de la TICPE, qui vont effectivement au-delà des aides ciblées par l'État.
C'est 70 millions d'euros d'aides pour des secteurs déterminés, les pêcheurs, transporteurs routiers.
Ce n'est pas les bonnes mesures, ça ?
Non, je pense que ces secteurs-là sont en crise depuis longtemps. Il faut aller plus loin, aller soutenir les professions qui sont en difficulté. Je pense effectivement aux soignants qui se déplacent régulièrement, aux infirmiers à domicile, aux indemnités kilométriques, qui n'ont pas été relevées depuis des années. Et au particulier, j'ai fait la brocante de Denain hier, les gens ne me parlent que de ça, que du prix à la pompe, quand ils arrivent à trouver du carburant sur les pompes. Donc il y a des mesures ciblées.
On a des stocks stratégiques permettant de tenir fonds au jour, pour lesquels c'est un véritable scandale, qui sont libérés au prix coûtant, au prix actuel, et non pas au prix du marché, qui sert en fait aux actionnaires, aux entrepreneurs pétroliers, à la grande distribution, de s'en mettre absolument plein les poches sur le dos des Français. C'est effectivement scandaleux.
Mais là qu'on comprenne bien, 70 millions, vous vous dites, il faut aller plus loin également pour les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs, ceux qui ont déjà eu des mesures ?
Mais je pense qu'il faut des aides généralisées. Effectivement, 70 millions, ça contribue à une baisse de 20 centimes d'euros pour ces professions qui sont ciblées. L'aide doit aller beaucoup plus loin, mais pas uniquement sur le carburant. Parce qu'en fait, ces professions, je pense notamment aux pêcheurs du Nord qui sont touchés par plein de conventions européennes qui l'aiment en grande difficulté. L'aide doit être beaucoup plus généralisée. Mais en restant sur le carburant, il faut vraiment généraliser cette aide par la baisse de la fiscalité. D'autres pays ont fait ce choix-là.
Donc vous demandez toujours une baisse de la TPA de 20 à 5,5 sur l'énergie.
De 20 à 5,5 et éventuellement la baisse de la TICPE, donc la taxe sur le carburant. D'autres pays ont fait ce choix. C'est le cas de l'Italie qui a baissé son prix à la pompe de 25 centimes d'euros. On attend que le gouvernement français fasse ce choix également.
Alors le gouvernement français justement qui fustige votre mesure de baisse de la TVA sur l'énergie. On va écouter hier Maud Bréjean, la porte-parole du gouvernement. Elle était sur LCI.
La proposition du Rassemblement national qui est d'ailleurs de baisser la TVA sur l'ensemble des produits énergétiques, carburant, gaz, électricité, coût total de l'opération, 12 milliards d'euros. Moi, il faut me dire où est-ce qu'on prend ces 12 milliards d'euros ?
Qu'est-ce que vous lui dites à Maud Bréjean ? Vous les prenez où les deux ?
Je vous dis déjà qu'actuellement, au vu de l'envolée des prix du carburant à la pompe, c'est l'assiette taxable qui a augmenté. Donc actuellement, ça ne coûte rien. C'est une baisse effectivement des recettes. Pour le gouvernement, il n'y a pas de coût. 12 milliards d'euros, Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy, Jordan Bardella, ont proposé un contre-budget d'économie de 100 milliards d'euros. Le problème dans ce pays, c'est que le gouvernement, qui n'a aucun courage, ne veut pas s'attaquer à la hausse de la contribution de la France à l'Union européenne. Par exemple, c'est 6 milliards d'euros pour cette année aux agences gouvernementales.
Il y a eu un rapport très intéressant du Sénat sur les agences gouvernementales avec une prise en compte, soit disant, du gouvernement. Actuellement, rien, aucune agence n'a été supprimée. Donc voilà, on a un contre-budget de 100 milliards d'euros si le gouvernement est en manque d'inspiration, qu'il aille chercher un contre-budget de Marine Le Pen.
Donc vous les demandez toujours. Ce n'est pas un peu démagogique ?
Non, je ne pense pas que ce soit démagogique. En tout cas, quand on parle avec les Français qui n'en peuvent plus, qui doivent choisir entre faire le plein pour manger ou faire le plein de carburant pour aller travailler, ce n'est absolument pas démagogique. Je pense qu'Emmanuel Macron a parlé du quoi qu'il en coûte. Je pense que c'est une nécessité actuellement de pouvoir faire baisser ses prix à la pompe. Et je le rappelle, d'autres pays ont fait ce choix-là et ne s'en portent pas plus mal.
Un mot sur un autre sujet d'actualité. On a appris ce week-end qu'il y a un attentat qui avait été déjoué, attentat contre la Bank of America à Paris. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, fait le lien avec le conflit au Moyen-Orient. Est-ce que pour vous, il y a une importation de ce conflit sur notre sol ?
Je ne sais pas. Je n'ai pas le niveau de renseignement de M. Nunes, s'il y a un import du conflit en Iran sur le sol français. Pourtant, effectivement, c'est une possibilité.
Vous la redoutez, cette importation de conflit ?
Hélas, la redouter. Je pense qu'effectivement, il faut remercier nos forces de l'ordre et nos forces de renseignement qui, sur ce sujet-là, font un travail exceptionnel tous les jours et qu'il faut améliorer la vigilance dans nos communes au niveau de l'État. Je pense que le gouvernement français prend les mesures à ce niveau-là pour pouvoir assurer la sécurité des Français.
Les bonnes mesures, les mesures suffisantes ? Là-dessus, vous dites que c'est bien.
On a plein de sujets de discord, notamment sur le carburant, mais sur ce sujet-là, sur la protection des Français liée au risque attentat, la posture est la bonne, je pense.
Allez, on va parler des élections à venir, présidentielles, sénatorielles. Mais d'abord, on revient sur les enseignements des municipales, notamment dans votre région, avec nos partenaires de la presse régionale. Bonjour Aurélien Vurli. Merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour Aurélien. Depuis Lille, dans le Nord, vous êtes journaliste à RCF Hauts-de-France. Aurélien, avec vous, on va revenir sur ces municipales et sur la poussée du Rassemblement national dans le bassin minier.
Oui, ils étaient deux. Ils sont désormais 14 maires du Rassemblement national dans le bassin minier. Une progression qui nécessite beaucoup de personnes pour occuper les nouveaux sièges de maires. L'URN ne se suffit pas à n'importe qui. Ces nouveaux délits sont presque tous issus des assemblées d'élus dans lesquels sont représentés le Rassemblement national. Trois d'entre eux ont travaillé auprès de l'Université de l'Assemblée. Deux d'entre eux ont travaillé par la communication des Nimbomonts et par le Parlement européen. Deux autres étaient déjà conseillés départementaux depuis plusieurs années.
Et puis, je pense que vous connaissez Joshua Auchard, le maire de Billy, mon ami, Yannis Gaudia, qui travaillait encore. Joshua Auchard, des petites professionnalisations qui viennent parfois de loin. Si on va dire, Charles de Maire, Yannis Gaudia est au premier de Cougne. Et le futur maire de Billy 20 a grandi dans le Gard. Un parcours qui n'est pas spécifique au Rassemblement national, nous expliquait le politologue qui s'est en haute. Des collaborateurs parlementaires qui se retrouvaient lui, c'est un parcours clercie.
Mais au RN, c'est quasiment la voie unique d'accès aux fonctions électives locales et notamment un des objectifs, c'était de convertir les résultats nationaux très importants en résultats locaux. – Aurélien, pardon, je me permets juste… – Alors, je veux faire une question. Est-ce que Tristan Haute a raison ? L'accès aux fonctions électives majeures doit-il passer par la professionnalisation du personnel politique ? – Alors, je n'ai pas totalement la question.
– Aurélien, juste pardon, on a un petit souci de micro avec votre micro. Est-ce que vous pouvez juste nous répéter la question ? On avait un petit peu du mal à vous entendre.
– Est-ce qu'au RN, la voie d'accès aux postes électifs sont-ils le seul fait des collaborateurs parlementaires ? – Non, je pense que c'est réduire la grande victoire du Rassemblement National sur ces élections municipales avec 70 communes qui ont été gagnées par le Rassemblement National. Et je pense notamment à Yann Traiteur, à Nomexi, dans les Vosges, qui est le plus jeune maire de France, qui n'est pas passé par un parcours de collaborateurs. Beaucoup sont passés par un parcours de collaborateurs. Effectivement, je pense que c'est une voie intéressante pour rentrer en politique. C'était mon propre parcours parce que j'étais collaborateur de Sébastien Chenu à la région Hauts-de-France.
Et je pense que l'ensemble de ces nouveaux maires qui sont passés par des cabinets de maires, par des cabinets de sénateurs, effectivement, feront d'excellents maires puisque s'ils ont été élus, c'est en tout des premiers élus, mais il ne faut pas le droit des sénatoriales après, pour changer le quotidien des Français. Je pense que le mandat de maire est le plus beau des mandats, le plus efficace des mandats pour pouvoir changer réellement le quotidien des Français.
– Aurélien, vous avez une autre question ?
– Donc, finalement, le parti, le Rassemblement national, est devenu un parti professionnel. – Non, je viens de vous dire l'inverse. Je viens de vous dire, effectivement, beaucoup de nos nouveaux maires, notamment, j'ai cité le Mexique, je pourrais en citer d'autres, ne sont pas passés par la case des collaborateurs politiques. Maintenant, faire de la politique, effectivement, ça demande du temps, ça demande de l'engagement, ça demande une passion.
Vous avez cité tout à l'heure, il y a Inis Godilla, le nouveau maire de Billy Montigny, qui était jusqu'à il y a quelques jours mon collaborateur, il est passionné de politique depuis ses 15-16 ans, il a maintenant 21 ans, il est maire de sa ville, il est maire de Billy Montigny, je pense que c'est une belle progression, de là à parler de professionnalisation de la vie politique, il a maintenant un mandat d'élu local qu'il remplira pendant 7 ans.
– Merci Aurélien, merci beaucoup Aurélien Vurli, pardon pour les petits problèmes de son, on avait parfois un petit peu du mal à vous entendre, c'est pour ça que je vous ai fait répéter. Merci beaucoup Aurélien d'avoir été avec nous depuis Lille. Quel bilan vous tirez de ces municipales pour le Rassemblement national ?
– Un bilan plutôt positif, bien évidemment dans le bassin minier, secteur dans lequel je suis élu, mais globalement en France, il y a plus de 70 communes qui ont été gagnées par le Rassemblement national, quasiment l'ensemble de nos maires ont été réélus dès le premier tour de cette élection municipale avec des scores à Cléon et non, je pense à Aldovic Pajot à plus de 81% sur Brouillabissière, à Steve Rioua à plus de 70% sur Énabouement, donc un bilan global très positif de ces élections municipales ou en s'implant dans les secteurs où c'était compliqué, je pense notamment dans le Grand Est, dans les départements du Sud où on avait peu d'élus municipaux.
– Mais est-ce que quand même justement vous ne restez pas fort dans vos zones qui étaient déjà vos zones de force, c'est-à-dire le Sud-Est, l'Occitanie, le Bassien-Minier, le Nord-Pas-de-Calais plus largement, mais les gains en territoire finalement ils sont faibles, vous n'arrivez pas à conquérir de nouveaux territoires ?
– Je pense que l'élection municipale c'est une élection particulière et les personnes, ceux qui votent doivent nous avoir vu à l'œuvre et c'est pour ça notamment que le Bassien-Minier remporte 14 communes sur le Bassien-Minier puisqu'ils ont vu à l'œuvre Rénard Beaumont, ils ont vu à l'œuvre Bruy-la-Bissière dans les départements du Sud, du Grand Est, du Nord, ils ont vu à l'œuvre les députés, les parlementaires du Rassemblement National et une fois qu'ils nous ont vu à l'œuvre les gens veulent voter pour nous, ça s'est confirmé dans le Bassien-Minier et dans tant d'autres communes, les élections municipales reviendront et donc nous reviendrons encore plus fort.
Effectivement, on a d'autres échéances.
Il y a quand même eu des échecs, vous reconnaissez des échecs à Toulon, à Nîmes ?
Il y a des villes qu'on pensait gagner, qu'on a peu gagnées. De là, à parler d'échecs, je vais vous parler d'une ville que je connais, par exemple Douai, dans le Nord où le député de Chéry Tesson s'arrête à 154 voix du maire sortant qui fait une alliance entre les deux tours. Je ne pense pas qu'on puisse parler d'échecs. En tout cas, on lance pas loin de chez vous.
Lance aussi, c'était une de vos cibles,
en 2032 ou en 2033 pour pouvoir ravir cette ville. Mais on rentre en masse dans l'ensemble des conseils municipaux dans lesquels on a fait des listes. On a multiplié par quatre, je crois, notre nombre d'élus en France.
Allez, justement, prochain objectif pour le Rassemblement National, ce sont les sénatoriales qui ont lieu en septembre. Et Alex, en septembre prochain, le RN a de fortes chances d'obtenir un groupe politique au Sénat. Ce serait une première dans l'histoire.
Oui, on le rappelle actuellement, le Rassemblement National dispose de trois sénateurs et il en faut au moins dix pour pouvoir avoir un groupe politique au Sénat. Et un groupe politique, ça donne de la visibilité aux parlementaires, ça permet de déposer des propositions de loi ou de lancer une commission d'enquête. Alors pourquoi l'ERN a de fortes chances d'avoir un groupe politique au Sénat après les prochaines sénatoriales ? Eh bien, d'abord, il faut expliquer le mode de scrutin de ces élections sénatoriales qui est un petit peu particulier.
En septembre prochain, sur les 348 sièges de sénateurs de la Haute Assemblée, la moitié sera remise en jeu pour un mandat de six ans, donc dans la moitié des départements et dans chaque département, les sénateurs sont élus par un collège de grands électeurs composés à 95% de conseillers municipaux. C'est pourquoi le Rassemblement national devrait gagner des sièges supplémentaires puisqu'il a fortement augmenté son nombre de conseillers municipaux dans ces élections municipales. Plus de 3 000 conseillers municipaux RN, c'est deux fois plus qu'en 2020 et en 2014.
Et dans quel département le RN pourrait gagner des sièges de sénateurs ?
Eh bien, j'ai échangé avec le maire, justement, de Bruyelles-la-Bussière, Ludovic Pajot, qui est le directeur de campagne du Rassemblement national au sénatorial. Alors déjà, avec certitude, le RN devrait gagner des sièges dans les départements suivants, dans les Alpes-Maritimes, puisque ce parti a remporté des villes importantes comme Nice, Cannes-sur-Mer, Menton, dans le Var, grâce aux gains de la ville de la Seine-sur-Mer et aussi au bon score de l'Or-la-Valette à Toulon, mais aussi dans les Bouches-du-Rhône ou à Marseille, où le RN a fait 40% au second tour et puis également dans le département du Vaucluse. Ça, c'est pour les certitudes.
Ensuite, le parti à la flamme cultive des espoirs au sénatorial dans d'autres départements comme le Gard, grâce à son score municipal à Nîmes, la Gironde, l'Hérault et le Tarn-et-Garonne. Et puis enfin, il attend des surprises dans des territoires plus ruraux où il y a des maires sans étiquette mais qui ont en réalité les idées du Rassemblement national. C'est ce qui avait permis par exemple l'élection du sénateur Emmerick Durox en Seine-et-Marne au sénatorial de 2023 alors que personne ne s'y attendait.
– Et sans oublier les sénateurs à l'air des sénateurs à l'air qui pourraient peut-être Alex rejoindre les rangs du RN et de l'UDR le parti d'Éric Ciotti au Sénat pour former l'Union des droites ?
– Oui, à l'image du sénateur Henri Leroy actuel sénateur LR des Alpes-Maritimes qui a annoncé en fin de semaine dernière rejoindre Éric Ciotti et son parti l'UDR l'Union des droites un parti allié au Rassemblement national. Henri Leroy se présentera sous ses couleurs de l'Union des droites au prochain sénatorial et il assure que d'autres sénateurs LR vont franchir le pas et pourraient donc gonfler les rangs d'un groupe d'Union des droites et du RN à la Haute Assemblée. Cependant, attirer des sénateurs les Républicains ce n'est pas la volonté affichée par le Rassemblement national. Regardez ce que nous dit Ludovic Pajot.
Je le cite, nous ne faisons pas la course au LR, nous voulons d'abord rassembler les Français, nous ne sommes pas dans les combines d'appareils politiques. Joshua Auchard, vous êtes sénateur non inscrit à la Haute Assemblée depuis trois ans. Qu'est-ce que ça changerait politiquement pour vous un groupe RN au Sénat ?
Un groupe RN au Sénat, déjà c'est effectivement au-delà de la visibilité reconnaître l'importance du Rassemblement national en France. On sait que les élections sénatoriales sont toujours des élections différées par rapport à ce qui se passe en France en moyenne il y a entre cinq et dix ans de retard sur ce qui peut se passer dans les élections municipales, dans les élections départementales, dans les élections législatives. Donc bien évidemment un groupe RN s'est confirmé l'implantation du Rassemblement national dans l'ensemble des parlements, au Parlement européen à l'Assemblée nationale au Sénat en vue de la présidentielle.
Ces municipales ont été un signe d'ancrage local du Rassemblement national. Le Sénat c'est l'étape suivante. On est rentré à Troyes en 2023. On espère effectivement avoir un groupe sur cette élection de septembre 2026 pour pouvoir être plus fort, plus puissant et appuyer le programme de Marine Le Pen au Sénat.
Combien de sénateurs RN selon vous pourraient être élus en septembre prochain ?
On n'a pas d'objectif réellement mais le A suffisamment pour faire un groupe. Je ne pense pas que la marche soit très compliquée au vu du nombre d'élus. Rassemblement national qu'on a fait, je pense que l'objectif effectivement c'est de pouvoir avoir ce groupe au Sénat. Mais vous l'avez très justement rappelé, on compte aussi sur le nombre maires sans étiquette. Par exemple dans le Nord, j'ai 40 élus, j'avais 40 élus en septembre 2023. Je fais 433 voix à l'élection sénatoriale.
Bien évidemment, il y a un nombre de maires sans étiquette, un nombre de conseillers municipaux sans étiquette qui composent 95% du corpus électoral qui ont voté pour les idées du Rassemblement national parce qu'ils partagent les idées du Rassemblement national.
Et est-ce que vous appelez certains sénateurs de droite, certains sénateurs républicains à vous rejoindre en septembre prochain ?
Je pense qu'il y a beaucoup de sénateurs républicains, beaucoup de sénateurs centristes qui sont proches de nos idées. Des centristes ? Des sénateurs centristes ? Des sénateurs centristes également bien évidemment. Et je leur dis que si effectivement ils veulent nous rejoindre non pas dans l'intérêt des combines d'appareils politiques mais dans l'intérêt des Français pour porter les valeurs d'Éric Ciotti, de Marine Le Pen et de Jordan Bardella qui n'attendent pas ces temps en 2026 et qui font preuve de courage dès maintenant pour pouvoir nous rejoindre.
Donc par exemple Henri Leroy qui franchit le pas et qui rejoint l'union des droits d'Éric Ciotti, c'est un exemple ?
Bien sûr, Henri Leroy est un exemple de ceux qui partagent les valeurs, le programme d'Éric Ciotti. Il a d'ailleurs dit je ne sais plus sur quel entrain qu'il avait des divergences avec le programme de Marine Le Pen et de Jordan Bardella mais je pense que ce qui nous rassemble est beaucoup plus important que ce qui peut nous diviser entre certains sénateurs républicains qui sont proches de nos idées et qui ont discuté de manière très sympathique dans l'hémicycle et entre le programme d'Éric Ciotti, Jordan Bardella et de Marine Le Pen.
Mais justement sur le fond, qu'est-ce qui vous distingue des sénateurs républicains qui mettent aussi l'accent sur la lutte contre l'insécurité, contre l'immigration clandestine ? Est-ce qu'il y a vraiment des différences ? Ou est-ce qu'il y a une passerelle qui est facile ?
Alors je pense que la passerelle est beaucoup plus étroite entre les sénateurs républicains qu'entre les républicains il ne vous aura pas échappé que les républicains ont maintenant un courant plusieurs courants de pensée des votes totalement différents entre les députés républicains à l'Assemblée nationale entre les sénateurs républicains au Sénat qui d'ailleurs déposent des propositions de loi qu'on aurait très bien pu déposer et qu'on soutient au Sénat mais le problème c'est que derrière les républicains au global emmenés par Laurent Wauquiez notamment ne déposent pas ces propositions de loi très justes très pertinentes que les sénateurs républicains ont pu déposer au Sénat
Bruno Retailleau patron du parti sénateur les républicains il dit que vous êtes économiquement socialiste
je ne suis pas économiquement socialiste je pense qu'il y a beaucoup de sujets qui nous rassemblent bien évidemment sur certains sujets notamment sur les retraites on a un sujet de divergence je pense notamment au fait qu'ils vont très certainement soutenir pendant la campagne présidentielle au second tour Edouard Philippe oui bien sûr on aura un sujet de divergence avec les républicains sur ce sujet là
que sur les retraites ? économiquement vous n'avez pas d'autres sujets de divergence
avec les républicains ? sur les retraites et sur d'autres sujets mais je ne pense pas que les républicains ont brillé dans ces dernières années par leur efficacité
mais vous avez des contacts avec des sénateurs LR ou des sénateurs centristes parce que vous nous parlez de sénateurs centristes pour qu'ils vous rejoignent vous discutez déjà avec certains d'entre eux ?
oui on a des discussions non pas pour nous rejoindre on est en fait assez loin de ces considérations là ils nous rejoindront s'ils ont bien envie de nous rejoindre mais on a des discussions et beaucoup de sénateurs LR ou centristes peuvent nous dire qu'ils sont très proches de nos idées
mais centristes les sénateurs qui siègent au groupe union centristes
vous donnez deux noms sur cette antenne mis en off de ce plateau mais ça vous attendiez à la réponse
c'est tout pour moi bon c'est tout
alors on va passer à la présidentielle sénatoriale après il y a la présidentielle j'imagine que vous avez regardé je chochard avec attention le sondage paru hier dans le journal La Tribune le rassemblement national est en tête mais il y a deux candidats qui ont été testés chez vous Jordan Bardella et Marine Le Pen Jordan Bardella est plus haut que Marine Le Pen il est un meilleur candidat ?
notre candidate actuelle la candidate naturelle du rassemblement national c'est Marine Le Pen je pense que c'est bien sûr toujours Marine Le Pen malgré les sondages qui peuvent donner Jordan Bardella plus haut je pense que d'ailleurs que Marine Le Pen et Jordan Bardella ferment un excellent ticket pour cette élection présidentielle on est le seul parti qui a réussi à faire un ticket gagnant pour l'élection présidentielle aucun des partis du système du parti socialiste des républicains sauf à me tromper n'a réussi à faire un ticket gagnant éventuellement
et c'est quoi le ticket si c'est Jordan Bardella votre candidat ? Marine Le Pen il ne sera pas le premier ministre et éventuellement
dans l'éventualité où la justice ne reconnaîtrait pas l'innocence de Marine Le Pen en juillet effectivement ce serait Jordan Bardella qui irait à l'élection présidentielle et Jordan Bardella est suffisamment entouré pour se faire une équipe il faudra lui poser la question à lui de qui sera son premier ministre mais le rassemblement national ne manque pas de ressources je pense à Edwiz Diaz je pense à Éric Ciotti je pense à Sébastien Sébastien Chenu Jean-Philippe Tanguy il y a plein de députés évidemment je ne dis pas que ce sera ces personnes-là qui seront premiers ministres c'est Jordan Bardella qui va choisir mais le rassemblement national ne manque pas de ressources pour former de nouveau un ticket gagnant je pense que c'est la vision de Marine Le Pen d'avoir pressenti ce ticket d'avoir installé Jordan Bardella à l'élection européenne et de pouvoir gagner ensemble et d'ailleurs
étant donné sa possible inéligibilité
ce n'était pas le cas sur la dernière élection européenne de 2019 il avait déjà préparé ce duo depuis 2019 il forme un excellent binôme donc je pense qu'effectivement c'est la réussite sûrement parce que Marine Le Pen est une femme qu'elle a pu anticiper autant
Au second tour en revanche c'est plus serré sauf face à Jean-Luc Mélenchon qui là est largement battu par Jordan Bardella ou Marine Le Pen mais pour les autres candidats c'est serré le second tour est-ce que l'exemple de l'or la valette à Toulon montre que le front républicain existe encore et que le second tour ça va être compliqué pour vous
Non je ne pense pas que le front républicain existe encore on parlait encore il y a quelques années
C'est pas ce qui s'est passé à Toulon ? Il n'y a pas eu un front républicain ? Je pense qu'il y a quelques années
on parlait encore de plafond de verre je pense que le plafond a largement explosé depuis dans l'ensemble des villes alors bien évidemment il y a encore des villes qu'on perd c'est le cas de l'or la valette bien évidemment mais je ne pense pas qu'il y ait de front républicain
Vous ne redoutez pas la présidentielle le front républicain ?
Je ne redoute pas le front républicain et on ne redoute pas Édouard Philippe s'il est donné plus haut dans ce sondage-là il y a un sondage qui est donné l'inverse d'Opinion Noé Édouard Philippe il est donné gagnant il y a eu une semaine Édouard Philippe un bilan derrière lui Édouard Philippe c'est le macronisme et c'est sûrement d'ailleurs le macronisme en 10 fois pire Édouard Philippe c'est la fermeture de Fessenheim c'est les 80 km heure donc je pense qu'il y aura débat à l'élection présidentielle
Édouard Philippe il a rompu pour vous il n'a pas rompu avec Emmanuel Macron ?
Édouard Philippe a quitté Emmanuel Macron en 2020 mais les effets néfastes de sa politique qu'il a menée à l'époque avec la fermeture de Fessenheim avec les baisses en termes de raffinage et ainsi de suite se voient maintenant en fait les difficultés qu'on ressent que les Français maintenant c'est le bilan d'Édouard Philippe c'est peut-être la difficulté qu'on avait avec Emmanuel Macron en 2017 où il a tout remis sur le dos de François Hollande pour son élection présidentielle non Édouard Philippe c'est Emmanuel Macron et c'est sûrement Emmanuel Macron en 10 fois pire pour l'élection présidentielle d'ailleurs une de ses premières mesures c'est de mettre la retraite à 67 ans je pense que peu de Français en veulent
Bon il ne parle plus de la retraite à 67 ans mais quand même c'est votre adversaire le plus dangereux on a l'impression que vous le redoutez quand même Édouard Philippe
Non on affrontera l'ensemble des adversaires qui veulent bien affronter Marine Le Pen à l'élection présidentielle sans difficulté maintenant effectivement il a cette étiquette du centre droit mais il n'est pas particulièrement redouté je vous dis un autre angle notamment face à Édouard Philippe c'est qu'il ne peut pas se cacher derrière une absence de bilan derrière une nouveauté et une virginité qu'il n'aurait pas parce que le responsable de ce qu'on voit actuellement sur l'ensemble des politiques on a parlé des gilets jaunes du prix de carburant c'est Édouard Philippe qui a mené pendant des années la politique d'Emmanuel Macron
Justement dans l'hypothèse d'une candidature de Jordan Bardella est-ce que le principal défaut de Jordan Bardella notamment face à Édouard Philippe ce serait son manque d'expérience face à Édouard Philippe qui a été Premier ministre qui a vraiment été aux affaires ?
Notre candidat actuellement je lui dis c'est Marine Le Pen c'est Marine Le Pen si ça devait dorénavant être Jordan Bardella je pense que Jordan Bardella a gagné nombre d'élections l'élection européenne de 2019 a gagné l'élection l'élection européenne suivante on a désormais augmenté notre nombre de députés donc je pense que non l'inexpérience la soi-disant inexpérience de Jordan Bardella n'est pas un frein par rapport à Édouard Philippe puisque nous ce qu'on constate c'est l'expérience d'Édouard Philippe dans le déclin de la France dans la faillite de la France
90 élus de la droite et du centre appellent à un candidat unique est-ce que ça ça vous inquiète ?
Non pas il y a déjà eu des tentatives de candidats uniques je doute que la droite et le centre en fait au final arrivent à se mettre d'accord sur un candidat unique et puis on avisera si jamais ça devait être le cas on verra la stratégie qu'on mène à ce moment-là mais quel candidat unique pour la droite et le centre ils sont d'accord sur absolument rien alors on sait et notamment la gauche en est spécialiste je ne pense pas que la droite et le centre aillent jusque-là des alliances contre nature les projets ne se ressemblent pas mais je ne crois pas à un candidat unique de la droite et du centre
Merci Joshua Ochard merci beaucoup d'avoir été notre invité
Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Joshua Hochart