Laurent Jacobelli : « La priorité nationale est la pierre angulaire de notre programme »
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Au fondamental, on va en parler avec Laurent Jacobelli. Bonjour.
- 0:43OuverteRéponse partielle
On va revenir sur ce discours de rentrée de Marine Le Pen et ses propositions.
- 0:57RelanceÉludée
Comment l'est-il y a ?
- 1:42FerméeÉludée
Mais il n'y a pas de risque de scission ?
- 2:01OuverteRéponse directe
On a vu que Jordan Bardella, l'anniversaire de Jordan Bardella a été souhaité en direct au début du meeting, c'est très bien. Mais on se pose la question de savoir pourquoi il n'a pas eu le droit à la parole finalement.
- 3:27OuverteRéponse directe
On va rentrer dans le détail de son discours. La première mesure sociale sera de garantir à tous les Français d'être prioritaires chez eux.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:14InvitéChiffre
« il y a 2,8 millions de Français qui attendent un logement social. »
- 3:56InvitéChiffre
« Aujourd'hui, il y a 70% des Français qui seraient éligibles à un logement social. »
- 4:15InvitéFait
« La priorité nationale, la plupart des pays au monde le font. »
- 5:35InvitéFait
« Aujourd'hui, la France, elle est surendettée. Aujourd'hui, la France, elle est en décroissance. »
- 10:54InvitéChiffre
« Il y a 96 millions de mètres carrés aujourd'hui qui appartiennent à l'État et qui sont inexploités. »
- 13:19InvitéChiffre
« le litre serait à 1,84 litre d'essence et non pas à 2,20 euros. »
- 13:30PrésentateurChiffre
« 15 milliards pour les caisses de l'État. »
- 22:11InvitéChiffre
« Un demi-million de migrants légaux par an, pratiquement un million de migrants illégaux en France, 20 milliards sont dépensés dans l'aide sociale aux migrants par an. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur16 %
- Laurent Jacobelli9 %
- ?5 %
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Vous
écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Discours de rentrée de Marine Le Pen-Irène,
un
beau monde la candidate du RN qui a fait le serment de tout donner pour conduire à la victoire. Un discours centré sur le logement et une première mesure, la priorité nationale à Saint-Retour. Au fondamental, on va en parler avec Laurent Jacobelli. Bonjour.
Bonjour. Merci beaucoup
d'être avec nous, députée de Moselle. Porte-parole du Rassemblement National, une interview en partenariat avec la presse régionale qui est représentée ce matin par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Auréane, Laurent Jacobelli, bonjour. Bonjour.
On
va revenir sur ce discours de rentrée de Marine Le Pen et évidemment sur ses propositions. Mais d'abord un mot, puisque cette rentrée, elle a été marquée par les divergences entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. On va y revenir, je sais que vous n'aimez pas ce mot. Marine Le Pen qui n'a quasiment pas cité Jordan Bardella dans son discours. Jordan Bardella qui n'avait pas l'air aux anges à la fin de celui-ci. Comment l'est-il y a
?
Non, mais alors je vais vous épargner quelque chose parce que sinon vous allez passer neuf mois épouvantables avec une loupe en essayant de voir si quelqu'un se gratte l'oreille, quelqu'un hausse les sourcils à un moment. En espérant trouver un moment, vous pourrez dire Marine Le Pen et Jordan Bardella ne s'entendent pas, c'est faux. Voilà, Marine Le Pen a commencé son discours, ayez l'honnêteté de le dire, en souhaitant un joyeux anniversaire à Jordan Bardella, ce qui est plutôt sympathique comme démarche et non pas du tout
hostile.
Repris par l'ensemble de la salle. Donc honnêtement, moi je veux bien rentrer dans ce jeu-là. On peut refaire Dallas, on peut écrire Closer, mais je pense que le débat politique et les besoins de Français méritent autre chose. Marine Le Pen, Jordan Bardella font campagne ensemble. Marine Le Pen sera présidente de la République et Jordan Bardella conduira son gouvernement. C'est clair, depuis le début, ils font campagne ensemble. Il
n'y a pas de
risque de scission ?
Mais évidemment non. C'est un ennemi politique, par
exemple, qui dit que le RN veut évincer la ligne Bardella.
Mais qui dit ça ?
Sarah Knafow.
Mais d'accord, c'est une ennemi politique. C
'est une ennemi politique. Mais si
vous écoutez Sarah Knafow et que vous lisez Libération, évidemment vous aurez une vision déformée de la réalité. Écoutez-nous plutôt, on le vit au quotidien, tout va bien. Ça en doit être peut-être certain, mais tout va bien.
On a vu que Jordan Bardella, l'anniversaire de Jordan Bardella a été souhaité en direct au début du meeting, c'est très bien. Mais on se pose la question de savoir pourquoi il n
'a
pas eu le droit à la parole finalement. C'était ça son cadeau d'anniversaire, une remise en place en bonne et due forme.
Donc on va passer l'interview là-dessus.
Non, non, c'est
juste pour
savoir. Pourquoi est
-ce
qu'il n
'a
pas pris la parole en fait ? C'est le fief de Marine Le Pen, Hénin-Beaumont,
d'accord.
D'habitude, les deux s'expriment. Je vais vous répondre. Regardez depuis que Marine Le Pen est députée, elle fait sa rentrée à Hénin-Beaumont. Et depuis le début, elle est seule à parler pour sa rentrée. Ça n'a jamais été différemment. Quand elle a Hénin-Beaumont, c'est ça
?
Donc il n'y
a
pas de changement en fait. C'est-à-dire que même quand les choses sont habituelles et classiques, vous vous dites, tiens, tiens, tiens, il y a quelque chose. Mais je vous le dis encore, vous êtes des journalistes, vous faites très bien votre travail, regardez nos mesures, regardez ce dont les Français ont
besoin.
Cette espèce de feuilleton qui n'existe pas vous amuse peut-être. Moi, elle ne me dérange pas parce qu'on répond et on sait bien que ce n
'est
pas la vérité. Je ne
suis
pas sûr que c'est ce qu'attendent les Français.
De votre point de vue, Marine Le Pen a réussi à rentrer en campagne. Oui,
clairement,
c'est un beau discours, un discours présidentiel avec un vrai programme, avec des vraies solutions à des problèmes que vivent les Français. Elle a parlé du logement. Au moment où on se parle,
il
y a 2,8 millions de Français qui attendent un logement social. La construction de logement a diminué de 39
% depuis l'arrivée d
'Emmanuel Macron. Donc ça, c'est concret et ça touche les Français.
On
va rentrer dans le détail de son discours. La première mesure sociale sera de garantir à tous les Français d'être prioritaires chez eux. Ce qu'a dit hier Marine Le Pen, c'est le retour aux fondamentaux de ce qu'était le Front National à l'époque. Ce n
'est
pas le discours qu'elle tenait en 2022.
Ah si, on a toujours fait de la priorité nationale une des pierres angulaires de notre politique sociale.
Mais on
ne parlait quasiment plus. En 2022, c'était pouvoir d'achat, pouvoir d'achat.
Mais
on parle aussi pouvoir d'achat, mais les deux sont liés. Quand des Français travaillent, payent des impôts, cotisent et qu'ils ont besoin d'un logement social, je rappelle qu'ils ont 2,8 millions en attente et qu'on leur dit non, vous n'êtes pas prioritaire chez vous, alors ce n'est plus possible. Aujourd'hui, il y a 70% des Français qui seraient éligibles à un logement social.
Il
n'y
en
a que 11% qui habitent à un logement social. Ce chiffre augmente à 33% chez les étrangers et même à 50% chez les étrangers venant d'Afrique. Donc vous voyez bien qu'il y
a
une disproportion totale. La priorité nationale, la plupart des pays au monde le font.
Mais comment vous la mettez en
place concrètement ?
C'est très simple. Il y a un logement vacant. Il y a plusieurs candidats. À dossier équivalent, il y a un candidat présenté par une famille française et un dossier présenté par une famille étrangère. La famille française passe avant.
Mais comment ? C'est
-à
-dire que
ce
n
'est
pas une rupture de l'égalité devant la loi ?
Non, c'est l
'égalité des citoyens. La déclaration des droits de l'homme est très claire. On parle de citoyens et donc les citoyens français, chez eux, passent avant ceux qui ne sont pas citoyens français. Dans ce studio, vous tournez des émissions de public Sénat. Si quelqu'un vient de LCI, de BFM ou de CNews et veut emprunter votre plateau, si vous avez une émission, vous prendrez
la priorité. Ce n'est pas exactement comparable.
Mais on sait que le Conseil constitutionnel a déjà censuré, limité des mesures qui visaient à restreindre l'accès aux prestations sociales aux étrangers, même en situation régulière. Comment vous faites, du coup, avec le Conseil constitutionnel pour mettre en place cette mesure de priorité nationale pour le logement ? Ce
n'est
pas anticonstitutionnel.
Nous mettrons simplement une condition supplémentaire sur la nationalité. L'idée n'est pas d'interdire le logement social à d'autres que les citoyens français. L'idée est qu'ils aient la priorité. Mais excusez-moi, je ne comprends même pas ce qui choque, en fait. Quand on a cotisé soi-même,
ses parents, ses grands-parents... Vous
savez, moi, le discours, rien n'est possible,
on
ne peut rien changer. Je ne peux plus l'entendre. Voilà. Aujourd'hui, la France, elle est surendettée. Aujourd'hui, la France, elle est en décroissance. Aujourd'hui, les Français voient leur pouvoir d'achat baisser. Aujourd'hui, les
Français voient leur système social décliné. Les politiques qui
font des promesses qui ne tiennent pas.
Est-ce que là,
vous
ne risquez pas de faire
la même chose ? Marine Le Pen a commencé son discours très clairement. Je suis candidate, je serai votre présidente et j'appliquerai mon programme. Je le dis à tous les Français qui nous regardent, vous aurez la priorité chez
vous. C'est très bien,
sauf que la manière dont vous présentez les choses, les chiffres que vous affichez,
en
fait, 70% de Français éligibles, 11% simplement… Vérifiable. Non, mais c'est vérifiable, sauf que la façon dont vous présentez les choses donne l'impression qu'en réalité, les citoyens français ne peuvent pas avoir accès aux logements sociaux. Or, le problème du logement social, c'est qu'il n'y
en
a pas assez. C'est d'abord un problème de construction et de disponibilité des logements.
Vous avez tout à fait raison. Il y a deux problèmes. L'accès aux logements sociaux existants et la construction de logements sociaux. Et c'est pour ça que là aussi, nous prenons des mesures, notamment pour desserrer les taux normatifs qui pèsent sur les promoteurs. Depuis les lois votées par M. Édouard Philippe, les conditions pour construire un logement d'habitation sont telles que le surcoût est énorme. Vous
parlez du
RE-2020 que Marine
Le Pen a dit. Je voulais éviter les termes trop techniques, mais oui,
le RE-2020
qui rend la construction quasiment impossible. Il faut desserrer les taux,
il
faut garder quelques normes, évidemment, celles qui sont utiles. Tout ce qui est accessoire, il faut arrêter.
Juste, pardon, pour finir concrètement sur cette histoire de priorité nationale
pour le logement.
Non, pas du tout, mais j'aimerais comprendre. Par exemple, une aide soignante qui est étrangère, mais en situation régulière en France. Est-ce qu'avec votre mesure, elle devra quitter son logement social ?
Non, non, nous ne demanderons pas à ceux qui ont aujourd'hui un logement social de partir. Mais elle
ne pourra plus y accéder.
Bien sûr, elle pourra rester chez elle et tranquillement. Nous parlons de l'accès au logement social. On ne
va
pas changer les règles en cours de route. Ça ne se fait pas et ce ne
serait
d'ailleurs pas applicable et profondément pas humain. Ce n
'est
pas du tout l
'idée. Donc vous
n'expulsez personne ?
Mais évidemment non.
Mais ça veut dire que cette même aide soignante, donc étrangère en situation régulière, elle ne pourra plus accéder à un logement social une fois que vous se repouvoir.
Je vais vous le dire autrement. Vous avez deux aides-soignantes qui gagnent le même salaire, qui sont dans la même situation, dans la même zone géographique. L'une est française, l'autre est étrangère. La française aura accès au logement social en priorité.
Sur
la loi SRU, c'est la loi qui instaure un quota pour les maires, un quota de logements sociaux. Vous voulez la supprimer ?
Ça ne marche pas.
Même pas la réviser, la supprimer. Ce n
'est
pas une manière de s'attaquer au logement social ?
Non, au contraire. Discuter avec les maires, et je voyais qu'il y en avait un tout à l'heure sur votre plateau, M. De Cala, le maire de Hallot, c'est aujourd'hui, on a
mis les maires… C'est qui dit,
il faut la revoir, mais il ne
faut
pas la supprimer. Oui,
mais on a mis les maires aujourd'hui dans une situation inextricable. Il y a une double exigence qui fait que ce n
'est
pas possible. On leur dit en même temps, la loi zéro artificialisation nette, ces noms de codes inventés par les technocrates sont imprononçables. Cette ZAN, cette loi ZAN qui dit, attention, pour protéger l'environnement, etc., vous ne pouvez plus construire. Et en même temps, on leur dit, il faut construire du logement social. Bon, écoutez, c'est compliqué pour eux. Non, il faut arrêter avec cette loi SRU qui met beaucoup de communes dans la difficulté. Par contre, il faut inciter au logement social. J'ai appelé tout à l'heure une mesure qui était celle du desserrement des états d'énormes. Il faut aussi dire qu'il y
aura
un accès à la propriété pour les habitants en logement social au bout d'un certain nombre d'années.
Ils
pourront acheter leur appartement et le loyer qu'ils auront versé sera considéré comme un apport, ce qui veut dire qu'il y aura des besoins nouveaux et les promoteurs pourront construire à nouveau. Ce sera dans l'intérêt général, l'intérêt des communes, l'intérêt du secteur du BTP qui va mal. Et comme vous le savez, quand le bâtiment va, tout va et donc ça créera de
l
'emploi. Et le secteur social puisque ça permettra l'hébergement. Vous voulez
créer une
espèce de location-vente pour le… On peut l'appeler comme
ça si ça peut
permettre
de faire
reprendre. Oui, bien sûr.
Marine Le Pen qui a aussi défendu une loi anti-squat. Alors on a l'impression, quand on l
'a
entendu hier, qu'elle en parlait comme d'une révolution. Vous savez qu'il y a déjà une loi anti-squat.
Oui, mais je sais aussi que beaucoup de propriétaires, et j'en reçois beaucoup dans ma permanence, ont leur appartement squatté et ne peuvent pas le reprendre. Une loi, quand elle ne marche pas, il faut la changer. Là aussi, je vais revenir à un principe de base.
J
'ai l'impression aujourd'hui de dire des évidences, mais comme notre monde est devenu fou, il faut parfois remettre, permettez-moi l'expression, l'églige au milieu du village. Quand on possède un bien immobilier, que ce bien est exploité ou habité par quelqu'un d'autre qui n'a pas le droit d'y être, il faut rendre le bien à son propriétaire. La force de la loi est là, je le dis clairement, pour expulser les voyous qui prennent la propriété d'un autre. Le
droit à la propriété est
essentiel.
Il y a déjà une loi qui existe.
Qu
'est-ce que votre loi ferait de plus que ce qu
'il n'y a
pas ? Action immédiate, obligation pour les préfets d'envoyer les forces de l'ordre. Il faut agir. Aujourd'hui, vous avez tout un tas de recours, tout un tas d'astuces,
que
les squatteurs connaissent très bien d'ailleurs, pour qu
'ils
ne quittent pas leur logement. On connaît les astuces, on connaît les moyens qu'ils ont de
frouder.
Il y
a
une loi de 2023 qui, elle, est appliquée. Le Sénat a voté une loi en janvier pour renforcer cette... Mais pourquoi vous ne
vous
en êtes pas emparé à l
'Assemblée nationale si c'était si important pour vous ? Ce sont des lois de
communication. Et aujourd'hui, alors peut-être que ça vous a échappé, mais on est ici sur Public Sénat, mais à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas la majorité. Non, mais vous avez des niches. Oui, d'accord, mais personne ne vote nos lois par principe. Donc on le fera quand Marine Le Pen sera présidente de la République. Et puis, il y a plein d'autres choses à faire. Il y a 96 millions de mètres carrés aujourd'hui qui appartiennent à l'État et qui sont inexploités. Des bâtiments publics qui ne sont pas utilisés. On parlait tout à l'heure de besoins en logement. Voilà une piste pour aller trouver des surfaces. Il y a des bureaux aujourd'hui qui ne sont pas exploités.
Eh bien, par un jeu fiscal, il sera moins intéressant aujourd'hui d'avoir des bureaux vides que des bureaux occupés et ça pourra amener des espaces pour le logement. C'est un plan complet, en fait, loin des erreurs du passé. La loi SRU est une erreur, la loi ZAN est une erreur. Eh bien, corrigeons nos erreurs.
Vous avez les promoteurs qui vous diront que parfois, c'est plus coûteux de réhabiliter des logements, de vieux bureaux en logement.
Ça peut servir
aussi à du logement de qualité, à du logement social. Vous savez, les promoteurs, moi, quand je les vois, ce n
'est
pas ce qu
'ils
me disent. Ils me
disent aujourd
'hui, on est empêché de construire, alors qu'il y
a
du besoin. Et vous les avez consultés pour les mesures que vous annoncez
?
Bien sûr, nous parlons à tout le monde. Nous parlons au maire, nous parlons évidemment aux promoteurs. Nous parlons à ces Français aussi, qui cherchent un logement, qui ont le droit à un logement, mais qui n'en trouvent pas, et qui voient passer devant la file d'attente d'autres qui sont en France depuis moins
longtemps
et qui n'ont pas cotisé. Marine Le Pen a aussi proposé hier le principe de la portabilité des emprunts. Le fait que si vous avez un logement, vous avez contracté un emprunt à un certain taux, des années plus tard, vous le revendez pour en acheter un autre, les taux d'intérêt ayant augmenté, vous auriez gardé le même taux d'intérêt qu'au départ. Ça, c'est possible ? Bien
sûr que c'est possible. Qu'est-ce que
ça implique financièrement ?
Ça implique tout simplement de la constance de la part des banques. Si vous avez un prêt sur 20 ans à 3,5%, ça ne changera rien pour la banque. Si au bout de 15 ans, vous vendez votre billet et que vous en achetez un autre, les 5 ans seront reportés sur le deuxième achat. La banque continue à faire ses bénéfices. Il faudra peut-être allonger d'ailleurs la durée maximale des prêts, mais pour celui qui vend et qui achète, ça permet de faire tourner le marché. Lui-même va acheter quelque chose d'autre et son ancien logement va être vendu. L'idée, c'est de rendre le marché plus fluide, plus créateur d'emplois et plus accessible aux Français.
Les Français préoccupés par le logement, préoccupés également par la hausse des prix à la pompe, est-ce que vous, Laurent Jacobéli, vous souhaitez que le mouvement des Gilets jaunes reparte
?
Je ne le souhaite pas. Si les gens veulent manifester et qu'ils le font dans le calme et selon les règles…
Mais vous les appelez à manifester
? Non, pas du tout. Vous
irez
vous-même sur les comptes
?
A priori, ce n
'est
pas prévu. Vous savez, moi j'irai sur les routes. Marine Le Pen qui proposera de faire baisser la TVA sur les énergies de 20% à 5,5%. Aujourd'hui, avec notre mesure, le litre serait à 1,84 litre d'essence et non pas à 2,20
euros.
On est à peu près le seul pays à ne pas prendre des mesures. Quand vous faites le
plein d'essence… Et Maud Bréjon,
vous avez répondu hier, 15 milliards pour les caisses de l'État. Vous trouvez-vous les 15 milliards ?
Si Maud Bréjon savait compter, elle ne serait pas dans la majorité. Voilà. Clairement, ces gens qui donnent des leçons, qui appauvrissent les Français et qui endettent la France…
Ça n
'a pas de coût pour le financement de
l
'État.
Donc, leçon
à donner à personne. Si Maud Bréjon voyait un peu plus loin que le bout de son nez, elle verrait qu'une essence chère, c'est moins de consommation de la part des Français, moins de consommation, c'est moins de TVA qui rentre dans les caisses de l'État. Donc, elle devrait y penser, vu l'état des caisses de la France. Et puis, en même temps, ça veut dire des producteurs français qui vendent moins, et donc des pertes d'emplois et donc des pertes de cotisations. Donc, s'ils avaient un tout petit peu de profondeur de vue, ils verraient qu'il est urgent de sauver le pouvoir d'achat des Français pour sauver l'emploi des Français et pour sauver l'économie de la France.
Mais s'ils avaient cette intelligence, on s'en serait aperçu.
Pourquoi,
compte tenu de l'État de nos finances publiques, vous ne défendez pas plutôt des mesures ciblées pour les Français les plus modestes, pour les gros rouleurs, pour ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler, plutôt qu'une baisse des taxes qui, finalement, va profiter à tous ?
Parce
que les usines à gaz, ça suffit, les usines à gaz, ça ne marche pas. Là encore, en Moselle, j'ai vu des entrepreneurs qui m
'ont
dit oui, je pourrais avoir accès à l'aide ciblée. Il y a tellement de paperasse pour tellement peu d'argent à la fin que ça ne m'intéresse pas. Et je vois les mêmes entrepreneurs qui refusent des chantiers parce qu'ils sont trop loin et que ça coûte trop cher en essence. Des Français qui restent chez eux parce que le coût de l'essence ferait qu'ils iraient payer pour aller au boulot. La situation n'est pas tenable. Je rappelle, quand vous payez 2,20
euros
le litre, il y a plus de 50% qui vont dans les caisses de l'État. Le premier profiteur de guerre s'appelle l'État.
Marine Le Pen, qui a dit samedi, préférait un budget imparfait mais opérationnel plutôt qu'une loi spéciale. Est-ce que ça veut dire que le RN ne censura pas le budget
? Non, ça veut dire que, simplement, nous nous plaçons, nous, dans l'idée de gagner. Voilà. Marine Le Pen veut être présidente de la République et nous la soutenons pour ça.
Mais
le budget, c'est avant la présidentielle ?
Bien
sûr. Et donc, quand elle arrivera à la présidence de la République, quand Jordan Bardella arrivera à Matignon, ils corrigeront le budget. Et donc,
il
est plus simple de corriger un budget existant que de partir d'une loi spéciale.
Il
faudrait
6 mois de boulot.
Est-ce qu'en décembre, vous allez censurer ou pas le budget ?
C'est très simple. On fera comme on l'a toujours fait. Si le budget est inacceptable, c'est-à-dire qu'il y
a
une hausse d'impôts, s'il
y a
une perte de pouvoir d'achat
programmée...
Le gouvernement ne
dit
pas de hausse d
'impôts.
Oui, mais confiance modérée dans la parole du gouvernement. Alors, nous censurerons. Si, en revanche, il nous écoute, il écoute nos propositions, et nous allons sortir un contre-budget le 7 octobre, eh bien, alors, nous aurons une démarche tout à fait objective. Nous ne nous interdisons à rien. Moi, je vois la gauche radicale qui dit « Quoi qu'il arrive, nous censurons » parce qu
'elle
n'a aucun espoir de gagner. Une espèce de centre mou qui dit « Quoi qu'il arrive, nous laisserons passer » parce qu'ils n'ont aucun espoir de gagner. Nous, on a l'espoir
de gagner. Mais
donc, vous allez discuter avec Sébastien Lecourne ?
Nous allons faire des propositions. C'est M. Lecourne lui-même qui, je crois, a envoyé une lettre aux parlementaires en leur demandant de discuter. Ce sera quoi, les lignes rouges dans votre budget ? L'impôt. On l'aurait vu, nous sommes le pays le plus taxé d'Europe et on est celui qui va le moins bien. Donc, pas de hausse d'impôt. Voilà, par exemple,
une lignes rouges très claire. Donc, s'il n'y a pas de hausse d
'impôt, il n
'y a
pas de censure du Rennes ?
Nous verrons le budget. Il ne
faut
pas que le pouvoir d'achat non plus par une autre mesure des Français soit affecté. Donc, nous regarderons ce qu
'ils
nous proposent. S'il y a une dégradation de l'État de la France prévisible, c'est non. S'il y a un engagement de la France au-delà de l'élection présidentielle sur des mesures qui ne marchent pas, ce sera non. Si c'est quelque chose de plus neutre et qui nous permettra, nous, en mai, de faire un nouveau budget, un correctif
du budget... C'est quoi neutre ? Est-ce que, par exemple,
taxer les retraités, c'est neutre ? Non,
c'est une taxe, non
?
Donc, rien, il
ne faut
pas
toucher aux
retraités ?
Pas
d'impôt supplémentaire. Ce principe du budget réversible,
c
'est Sébastien Lecornu qui l'a annoncé lui-même en disant qu'il ferait un budget qui pourrait être changé par le futur
ou la future
présidente de la République. Encore faut-il que ce futur chef de l'État ait la majorité à l'Assemblée pour pouvoir refaire le budget ? Est-ce que ce sera votre cas ? Est-ce que vous avez la certitude, aujourd'hui, en cas de victoire, le Rassemblement National aura la majorité à l'Assemblée Nationale ?
Nous nous battons
pour
sauver notre pays. Nous nous battons pour gagner. On ne se bat pas pour faire des hypothèses. Et si les poissons avaient des ailes ?
Et
si... Voilà. On se bat pour que Marine Le Pen soit présidente de la République. Jordan Bardella, chef de gouvernement, avec une Assemblée majoritaire.
On
fait sur le terrain une campagne quotidienne. Mes collègues députés RN font un boulot formidable, ainsi que nos alliés d'Éric Ciotti. Donc, oui, nous aurons la majorité et on se bat pour
ça. Avec vos alliés d'Éric
Ciotti, c'est
ça ?
Évidemment. Et tous ceux qui voudront nous rejoindre, parce que, je le rappelle, nous tendons la main à tous les patriotes sincères. Moi, je ne peux pas croire que les élus de terrain LR, les électeurs LR, aient envie de continuer à travailler à la sape de la France. Ils veulent sauver ce pays. La plupart sont des
vrais patriotes. Bruno Retailleau, c
'est la sape de la France
?
Bruno Retailleau est un macroniste. Voyez le bilan de Macron.
Ce
n
'est
pas ce qu
'il
dit.
Ah
oui, non, mais les gens qui mentent en politique,
je vous tendais la main au LR
?
Évidemment qu'ils travaillent avec nous. Il y a plein de députés LR qui font un boulot formidable, des élus locaux LR qui font un boulot formidable et qui se trouvent contraints par la politique de leur chef, toujours en quête d'alliances improbables et de postes bien rémunérés. Eux,
ils
ne sont pas dans cette logique. S'ils veulent travailler avec nous, travaillons ensemble. Ce pays a
besoin d'être sauvé.
Il
y en a déjà qui vous ont dit oui. Pardon ?
Il y en a déjà qui vous ont dit oui. Est-ce que vous avez des élus LR, des parlementaires LR qui disent « je travaillerai avec vous
» ?
En tout cas, il
y
en a qui envisagent l'idée mais je ne vous donnerai évidemment aucun nom aujourd'hui. Stéphane ? D'ailleurs, je dis LR parce que c'est le plus évident, mais si quelqu'un d'un autre parti a envie de sauver ce pays et est
d'accord
avec la plupart de nos mesures, qu'il vienne.
Ça
va jusqu'où ? Des gens qui respectent la démocratie, qui respectent le scrutin populaire.
Je
pense qu'elle est
sûre. Parce que tout à l'heure, Sarah Knafo, c'est votre
ennemi ?
Politique, pas l'ennemi
humain.
Oui,
ça j'ai bien compris. Mais donc elle, vous ne l'appelez pas pour rejoindre
? Si elle en a envie,
je crois qu'elle n
'est
pas dans cette logique,
elle
a envie d'un grand remplacement politique, elle veut remplacer le RN. C'est ça son ambition, nous on veut sauver la France. Mais si demain, elle change d'état d'esprit, vous savez, on ne va pas mettre un videur à l'entrée. Tous ceux qui sont sincères, tous ceux qui veulent sauver le pays pourront travailler avec nous. La dernière fois qu'on a fait campagne aux législatives, le slogan était pour un gouvernement d'union nationale, on ne
peut
pas mieux dire.
Quels
sont les prochains thèmes mis en avant par Marine Le Pen après le logement ? Comment est-ce que vous allez faire campagne ? C'est quoi votre stratégie ? Aller voir les Français,
proposer des mesures.
Donc
des
déplacements de terrain ?
Bien sûr,
des déplacements de
terrain. D'autres grands
meetings ou
pas ?
Des mesures où
il
y aura des grands meetings.
Le prochain grand rendez-vous,
c'est Orléans ? C'est le 25 octobre à Orléans. Ça, c'est le
congrès du parti ? Oui, mais il
y
aura après le congrès un grand meeting, ouvert à tous, avec Jordan Bardala et Marine Le Pen. On a la chance d'avoir deux leaders populaires, les deux personnalités politiques préférées des Français. Donc ils vont sillonner la France, parfois séparément. Et alors je compte sur vous pour à chaque fois ne pas dire qu'ils ne sont pas ensemble, ça ne va pas. Parfois ensemble, pour peut-être vous rassurer et vous tranquilliser.
Non mais un mot, parce que pardon, Jordan Bardala,
il ne sillonne pas que la France. Il va aussi, outrement, un déplacement qui a beaucoup fait parler il y a quelques jours. Il n'était pas validé par Marine Le Pen, ce déplacement ?
Ce déplacement était prévu. Là encore, ils discutent ensemble.
Vous
savez, chacun n'est pas dans son bureau à 30 kilomètres de l'autre. Donc on se parle, on discute. Et
j'ai envie de dire que
Marine Le Pen savait qu'il allait signer cet accord avec Nigel Farage et savait ce que contenait cet accord ?
Mais cet accord, il a été mal interprété, alors sciemment ou pas, par un certain nombre d'adversaires politiques. D'ailleurs, je préfère le terme adversaire à ennemis, qui n
'est
pas le bon. Un certain nombre d'adversaires politiques ou un certain nombre de journalistes. Mais cet accord, c'est quoi ? C'est que les migrants doivent savoir
qu
'en France et en Angleterre, ils seront renvoyés chez eux, pour ne pas qu'ils viennent, en fait.
Ils sont d'abord renvoyés vers la France. Surtout
renvoyés en France. S'ils sont repris en mer dans le trajet de la France vers l'Angleterre. Oui, mais
y compris dans
les eaux internationales
britanniques. Imaginez l'inverse.
Là encore, un peu de hauteur de vue. Le migrant qui sait que s'il est pris en pleine mer, il va aller en Angleterre. Mais son but est atteint, puisqu'il veut aller en Angleterre. Et que beaucoup de ceux qui sont à Calais ne viennent pas pour rester en France, mais viennent pour aller en Angleterre. Nous, on leur dit, on leur envoie un signal. La France et l'Angleterre. Si vous débarquez en France dans l'espoir d'aller en Angleterre, ne débarquez pas en France parce que vous n'irez pas. Et donc, c'est l'intérêt des deux pays. C'est ça qu'il faut comprendre. Vous
croyez vraiment que ça va suffire
?
Ah,
mais il n'y a pas que ça.
Non, mais comment vos électeurs apprécient ce genre de choses, en fait ? Parce que finalement, ce que fait Jordan Bardella, c'est de s'engager au nom de la France en disant, moi, Premier ministre, la France reprendra les migrants qui traversent la Manche, y compris ceux qui sont pris
dans
les eaux internationales britanniques.
Si un migrant
arrive en Angleterre, c'est l'Angleterre qui le renverra chez lui. Voilà. Si un migrant est en France, pas
en Angleterre, et n'arrive pas en Angleterre, c'est parce qu'il est pris sur les eaux
internationales ou les eaux françaises ou britanniques, il sera expulsé de France. Mais c'est évidemment logique. C'est pour tarir le flux. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que la situation actuelle ne nous convient pas. Un demi-million de migrants légaux par an, pratiquement un million de migrants illégaux en France, 20 milliards sont dépensés dans l'aide sociale aux migrants par an. Cet argent, nous allons le rendre aux Français et nos frontières, nous allons les contrôler.
Juste dernier mot. C
'est la détermination d'un Premier ministre futur, je l'espère, qui est Jordan Bardella, pour appliquer une politique avec laquelle nous aurons un contrat avec les Français. Et nous remplirons notre contrat.
Nigel Farage, c'est un Brexiteur. Est-ce que ça veut dire que vous voulez en revenir au Frexit ?
Bien sûr que non. Nous pouvons dialoguer avec celui qui sera probablement le futur Premier ministre du Royaume-Uni, sans pour autant adopter son programme. Parler avec les autres pays de l'Union Européenne, parler avec nos autres partenaires, y compris hors Union Européenne comme le Royaume-Uni, c'est normal quand on s'apprête à gouverner. Notre président de la République a voulu donner des leçons à la Terre entière. Il était isolé de la Terre entière. On veut travailler avec les dirigeants et pas les regarder de haut.
Merci Laurent Jacobéli.
Merci beaucoup d
'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.
Laurent Jacobelli