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Conférence de presseLa France insoumise (sur YouTube)· 21 août 2026 93 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & international

La France insoumise peut gagner | #Amfis2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 78 %Attaque 14 %Défensif 7 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Chiffre
    « La dernière fois, celle d'avant. En gros, pour aller vite, ça se chiffre en centaines de millions de voix. »
  • 4:00Fait
    « Quand vous avancez la question de la constituante et de la 6e République, bah vous allez assez brasser assez largement. »
  • 6:00Fait
    « il y a pas une majorité du pays qui veut la retraite à 67 ans, la retraite par point et cetera. »
  • 8:00Fait
    « il y a eu un surplus de participation qui nous a à l'époque permis de gagner »
  • 9:00Fait
    « on a gagné une majorité des duels face à l'extrême droite »
  • 10:00Chiffre
    « l'électorat socialiste à 70 % s'abstiendrait au second tour entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On va y aller. On va y aller. On va y aller.

On va y aller. On impossible question. Donc soit tu leur Merci beaucoup hein.

C'est ça fait ça fait du bien mais vous avez répondu à la question avant la conférence parce que la conférence c'est la France insoumise peut gagner avec un point d'interrogation. Euh je crois qu'on est en avance mais comme on est déjà très nombreux, je sais pas ce que vous en pensez. Peut-être on attaque.

Voilà. Et puis les retards àataires essaieront de trouver une petite place. Euh ça va pas être facile.

Merci beaucoup d'être venu aussi nombreuses nombreux. Est-ce que vous nous entendez bien ? Ouais.

On va essayer. Non. Là moins, on va essayer de faire au maximum le son.

Merci d'être venu nombreuses et nombreux dans cette dans cette conférence. Je veux évidemment qu'on remercie nos intervenants. Safia Adaani qui est sociologue spécialiste de l'extrême droite et qui tu me corrigeras si je dis des bêtises, a notamment coordonné un ouvrage qui s'appelle sociologie politique du Rassemblement national.

Euh et donc on va échanger avec elle sur l'extrême droite, le rassemblement national avec une vision de sociologie électorale. Et puis Manuel Servza Servera Marzal pardon qui est philosophe et sociologue. Alors toi, tu as écrit plusieurs ouvrages, je vais pas tous les citer.

Peut-être le dernier qui s'appelle Résister, petite histoire de lutte contemporaine que tu as publié en 2022. Et surtout, tu produis des notes d'analyse notamment pour hors série et en mars 2026, tu as publié une note qui s'appelle "Mélenchant au second tour, les chances de la victoire". Voilà.

Alors, pourquoi cette conférence ? Bah parce qu'on entend on entend beaucoup à la télévision ou parfois chez nos opposants politiques des gens qui disent "Oui, bon vous êtes bien placé pour vous qualifier au second tour de l'élection présidentielle mais vous arriverez jamais à gagner au second tour." Alors bon la première chose c'est qu'on est content qu'il disent qu'on est bien placé pour nous qualifier au second tour de l'élection présidentielle parce que sur les élections présidentielles précédentes, il disait pas ça.

Donc il y a déjà quelque chose qui va dans la bonne direction. Mais la question qu'on voulait discuter ensemble, c'est est-ce que au second tour de l'élection présidentielle la France insoumise est condamné à la défaite comme ils disent ne peut pas gagner ou est-ce qu'au contraire la France insoumise et la candidature de Jean-Luc Mélenchon peut gagner et je vais un peu plus loin dans l'introduction. Est-ce que la candidature de Jean-Luc Melochon n'est pas la seule qui peut gagner ?

C'est ça la question qu'on va essayer de se poser ensemble. Alors pour ça, ben on va échanger avec nos intervenants. On va commencer avec Manuel.

L'idée c'est que chacun d'entre nous on fasse une introduction d'une quinzaine de minutes et puis après qu'on puisse essayer de rebondir une première fois les uns sur les autres et puis après si on s'en sort, ça va pas être évident vu le nombre qu'on est et qu'il nous reste un peu de temps, ben on essaiera de de prendre quelques quelques questions avec vous mais vous avez remarqué que vous êtes particulièrement nombreuses et nombreux. Voilà, merci encore d'être présent et Manuel, je te laisse la parole pour pour attaquer. Ça marche.

Et bien merci beaucoup euh Manuel et merci à vous toutes et tous d'être présents et merci à l'ensemble des militantes et des militants qui rendent possible cet événement. Euh alors, vous allez mettre vos ceintures de sécurité parce que je risque de parler très vite. C'est pas coutumier chez moi, mais j'ai vraiment beaucoup de choses à dire et 15 minutes, ça passe vraiment très vite.

Euh alors, je vais bientôt retrouver mes étudiants. Dans 2 semaines, ils seront là à peu près comme vous. Bon, sauf que c'est dans un amphi.

Et l'une des premières choses que je vais leur dire pour leur expliquer ce qu'est la sociologie, ce qu'est la science politique, les disciplines que je leur enseigne, c'est que euh les sciences sociales étudie le passé, étudie éventuellement le présent. On peut à chaud regarder comment ça se passe, une campagne électorale, voilà, essayer de saisir les mécanismes, les logiques, mais en aucun cas, elle n'étudie le futur. Les sciences sociales, elles n'ont pas de capacité prédictive.

Elles sont pas là pour voilà pour dire l'avenir. On n'est pas des devins, on n'est pas non plus des sondeurs. Euh donc voilà, moi je me je ne m'aventure absolument jamais sur ce terrain.

Sauf que sauf que voilà, il y a quelques bah faisait référence il y a quelques il y a quelques mois, j'ai produit un texte sur l'élection qui nous préoccupe tous et qui arrive qui arrive très bientôt dans lequel j'ai essayé justement de contrecarrer le récit, je devrais dire plutôt le matraquage médiatique et sondagier qui nous tombe dessus tous les jours parce que ça me devenait insupportable d'entendre répéter à Noséam que Jean-Luc Mélenchon ne pourrait pas parce qu'à l'époque où j'ai écrit ce texte, c'était il pourrait même pas accéder au second tour. C'était ça le narratif en janvier dernier, en mars c'était encore ça. Il pourrait jamais accéder au second tour, nous disaient celles et ceux qui ne cessent de se tromper dans leur pronostic parce que ces instituts de sondage, ils ont fait 31 sondages pour les législatives de 2024.

Les 31 mettaient en tête le Rassemblement national et voir certains lui donnaient même une majorité absolue. Et voilà, j'attends toujours aujourd'hui le moment où ils vont réviser leur méthode d'analyse, le moment où ils vont s'excuser publiquement. Enfin, je sais pas, moi je fais 31 fois de suite la même erreur.

À un moment, je me remets un petit peu euh en question. Euh ces mêmes sondeurs annoncés avant l'élection présidentielle de 2022, 9 mois plus tôt, puisque là, on est à 9 mois de l'élection. Je reprends cet écart en 2022, 9 mois avant l'élection.

Élection qui s'est terminé par un point d'écart, hein, je vous le rappelle, 22 % pour pour Jean-Luc Mélenchon, 23 % pour Marine Le Pen. Ils annonçaient 15 points d'écart au lieu d'un point d'écart. Voilà.

Euh donc euh je pense que euh c'est pas c'est euh on le sait d'autant plus quand on fait les sciences sociales, ces instituts de sondage et puis les médias mainstream qui euh reprennent goulument leurs analyses, ils prétendent mesurer l'opinion publique mais en réalité c'est pas ça ce qu'ils font. Ce qu'ils font, c'est de fabriquer l'opinion publique. Ils essayent de nous démoraliser.

Ils mènent une guerre psychologique. Il mène une guerre psychologique contre celles et ceux qui aspirent à une autre société, plus juste, plus égalitaire et cetera. Et l'une de leurs armes, ils en ont bien d'autres, mais l'une de leurs armes, c'est de prétendre que le programme, le candidat, les idées pour lesquelles on se bat, bah tout ça en fait.

D'ailleurs, c'est aussi un aveu de faiblesse de leur part. C'est-à-dire vont pas sur les le c'est pas vos idées sont mauvaises, vos idées sont danges, c'est juste aujourd'hui votre candidat ne peut pas gagner. Voilà, ça ça dit aussi ça situe aussi le le niveau de la discussion.

Et donc voilà, moi j'ai fait une entorse, ça fait 20 ans à peu près que je fais des sciences sociales, mais je suis sorti de ma réserve et pour une fois je me suis avancé sur ce terrain très très fragile, très friable. On pourrait tout à fait me le reprocher, voilà, en tant que sociologue ou politiste, mais où je me suis avancé sur les scénarios à venir euh sur la critique des sondage. Juste, j'ai envie de rajouter que c'est pas juste en tant que sociologue qu'on qu'on sait ça.

C'est aussi quand on est militant, militante de gauche, on passe généralement par des lectures comme Noamchovski sur la fabrique du consentement, comme Pierre Bourdieu sur la télévision, comme Patrick Champagne sur Faire l'opinion, comme Hugo Tusé beaucoup plus récemment, je crois que vous avez invité qui doit être quelque part par là sur les instituts de sondage. Ces instituts de sondage sont pas des institutions de recherche scientifique publique qui visent à produire de la vérité. Ces instituts de sondage, c'est des entreprises privées qui visent à produire du profit, qui appartiennent généralement à des entreprises, des conglomérats plus grands que font de la communication, de la publicité, voir qu'appartiennent directement à des fonds d'investissement.

Bref, tout ça devrait nous inciter à nous méfier quand même très fortement de ce qu'il nous raconte. Alors bon, sur le fait que Jean-Luc Mélenchon est le mieux placé, enfin est bien placé pour passer pour la première fois enfin la 4e tentative euh à mon avis à de fortes chances d'être la bonne, sera capable d'être de passer cette cette barre du premier tour, barre dont il se rapproche à chaque fois puisque'en 2012, il était à 6 millions de voix, en 2017 à 600000 voix et la dernière fois à 400000 voix, 400000 voix. C'est vraiment un cheveux euh quand on sait que bah par exemple il y a environ 12 millions d'abstentionnistes que il y a 4300000 personnes qui sont devenu majeur depuis euh la dernière élection présidentielle.

Enfin voilà 400000 voix c'est 400000 voix c'est un cheveux. On aurait été en janvier dernier ou encore en mars, j'aurais développé sur pourquoi Jean-Luc Mélenchon a des chances d'accéder au second tour. Mais j'ai presque envie de dire que cet argumentaire aujourd'hui, il est presque obsolète parce que cette idée, elle fait son chemin enfin chez moi, chez vous et chez beaucoup de personnes.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui ça commence à s'imposer presque comme une évidence. Donc je le redis en quelques mots. Les raisons qui me semblent faire que cette ce seuil est cette fois-ci franchissable.

C'est en fait il y a deux choses quoi. Il y a la France insoumise elle-même, les facteurs endogènes si vous voulez. Voilà, mais Emmanuel Bonpard en parlera sûrement que moi, sûrement mieux que moi.

Mais le mouvement c'est étendu, c'est renforcé, c'est amplifié, à consolider son électorat, à étoffer son vivier militant, a bien plus de permanents, bien plus d'élus. Il a développé le programme, il a une stratégie qui s'est affinée, il a des points d'ancrage municipaux. Euh il y a sur l'ensemble des il a un récit aussi cette fois-ci avec la Nouvelle-Fance.

Il y a toute ce quel que soit le critère qu'on prend, la France insoumise a aujourd'hui je pense une voire plusieurs longueurs d'avance sur l'ensemble de ses rivaux et partenaires euh à gauche. Donc ça c'est la première chose, c'est que le mouvement lui-même part à mes yeux euh plus fort quel que soit le critère qu'on prend que la dernière fois. Et l'autre chose et qui a plus qui est plus lié à des facteurs exogènes ou à au contexte à la situation générale si vous voulez, c'est que les coordonnées objectives euh sont celles d'une grande faiblesse des rivaux de la France insoumise.

L'extrême centre aujourd'hui, quel que soit le candidat qui succédera à Emmanuel Macron, il portera le bilan d'une décennie de casse sociale. Il portera le bilan d'un million et demi de pauvres en plus. Il portera le bilan de deux fois plus de personnes qui vivent à la rue que ce soit Gabriel Atal, Édouard Philippe ou encore un autre.

Il portera en fait ce bilan là. Chaque président en fin d'exercice a une côte de popularité qui est extrêmement basse. Celle d'Emmanuel Macron aujourd'hui elle est à 11 %.

Elle est bien plus basse que ce qu'avait SarkoZi ou Hollande quand ils ont fini leur mandat. Le pays il a été voilà saccagé comme vous le savez. Et ça euh que ce soit euh un euh que ce Macron bis Gluxman Natal, Philippe ou je ne sais pas qui, je pense que ça sera ça sera porté.

Par ailleurs, je pense que au-delà du fait que l'extrême centre est aujourd'hui usé par euh par ces 10 années au pouvoir, elle est aussi elle est usée, mais elle est aussi divisée. On voit la prolifération des candidatures un peu partout. Alors, je sais que certains pensent que sous la pression de Le Pen et de Mélenchon, l'extrême centre va réussir à s'allier, à se réunir derrière Édouard Philippe ou derrière je ne sais qui d'autre.

En fait, j'y crois assez peu pour des raisons qu'on étudie nous en tant que sociologue qui tiennent à des éléments comme notamment le fait que il y a aujourd'hui un un affaiblissement des partis politiques en tant que structure organisationnelle collective capable de canaliser les candidatures, de les contraindre et de ramener un petit peu tout le monde derrière une candidature commune. Ça c'est quelque chose qui qui s'est vraiment fragilisé. Par ailleurs, je pense qu'il y en a beaucoup dans l'espace assez large hein de l'extrême centre qui sont encore aujourd'hui en hardi par l'espèce de oui de de coup de poker victorieux qu' avait réussi Emmanuel Macron en 2017 en sortant comme ça de nulle part un peu une trajectoire éclaire quoi qu'il l'avait quand même mené contre beaucoup de pronostics à l'Élysée.

Donc pensant pouvoir rééditer cette surprise, voilà, beaucoup je pense vont se lancer là-dessus. Donc je pense que le l'extrême centre évidemment il faut pas perdre de de vue le scénario d'un affrontement au second tour face à Édouard Philippe. Ça fait partie du champ des possibles mais pour moi c'est c'est un scénario assez assez peu assez peu plausible.

Donc on écarte l'extrême centre, il reste les associés rivaux de la gauche et là en fait bah j'ai envie de dire les insoumis sont forts des faiblesses de Oui. sont forts des faiblesses du reste de la gauche quoi. Et je pense que là-dessus, j'ai pas besoin de euh de développer euh enfin si ce n'est de rappeler que voilà, il y a pas de il y a pas de de de socle électoral euh chez aucun des autres partis que j'ai en tête et que vous avez en tête au moment présent.

Il y a pas non plus d'appareil militant comme il y en a un ici. Et ça, c'est des choses euh qui manquent quand on n pas les ressources qu'on a à droite et au centre, c'est-à-dire l'argent et les médias. ant à gauche quand on remporte des campagnes, c'est parce qu'on a des militants et des militantes qui sont prêtes à mener campagne.

Vous voyez en ce moment aux États-Unis, chaque chaque jour qui passe nous apporte aux États depuis les États-Unis d'excellentes nouvelles puisque les candidats candidates souvent issus de DSA, Democratic Socialist of America sont en train de bouter lors des primaires pour les mid termes les barons enfin de du parti démocrate et ils le font en général avec un budget 15 fois inférieur à celui de leur rivau au sein du parti démocrate. Mais quand on a les gens, on a peut-être pas l'argent mais on peut faire quelque chose. Le second tour donc oui, alors je en préparant là en affinant mes notes, je je lisais l'eddito, c'est du tout frais, ça date de il y a 2 heures, l'édito de votre quotidien vespéral préféré.

Je leur envoie une petite pique mais c'est de bonne guerre euh qui s'intitule, je vous le lis parce que vous avez peut-être pas eu le temps de de lire le monde aujourd'hui, présidentiel 2027, c'est l'édito du monde de cet après-midi, la nécessité d'une alternative à gauche. Et là, j'ai été super surpris. En voyant ça, je me suis relu deux fois présidentiel 2027 la nécessité d'une alternative à gauche.

Je me suis dit mais attends moi je pensais que même jus même la veille du scrutin, je m'attends pas à ce que le monde appelle à voter Mélenchon et là je qu'est-ce qui se passe 9 mois avant ils appellent à une alternative à gauche. Donc je vais au-delà du titre, je lis en entier, j'en arrive à la conclusion quand même. Et on revient à ce que je vous disais tout à l'heure.

Moi, je me disais, bon évidemment c'est pas la nécessité d'une alternative à gauche, vous l'avez bien compris quand on lit un peu le lesditao, c'est d'une alternative à Jean-Luc Mélenchon à gauche. Alternative qui ne peut venir que du Parti socialiste ou des écolos. C'est pas c'est Allez, allez.

Non, pardon, pardon. Non, non, mais c'est pour vous dire c'est pour vous dire l'importance que ça, c'est-à-dire que l'Edito n'explique pas que les idées de Jean-Luc Mélenchon sont dangereuses pour l'économie, sont mauvaises pour la nation, sont irréalisables. Les ditodi, Jean-Luc Mélenchon, je vous fais du la paraphrase, les sondages le placent aujourd'hui en position favorable pour arriver en second tour avec un risque celui d'être battu au second tour par la candidate de l'extrême droite et afin d'éviter, je l' cite, ce funeste scénario, il faut un candidat socialiste ou écolog.

Donc donc aujourd'hui, c'est bien ce que disait Manuel Bonpard en introduction, leur principal argument, en tout cas c'est ça l'argument bazooka, c'est OK, très bien, il a peut-être des bonnes idées, vous avez raison, finalement il va peut-être arriver au second tour, mais c'est sûr, il va perdre au second tour, c'est sûr, il va se prendre une tolée 70 30 Non, je pense qu'ils y croient pas. C'est pas possible qu'ils y croient. Euh c'est intéressant parce qu'il y a 10 ans en 2017 il y a eu un moment un frémissement quand quand Jean-Luc Mélenchon montait dans la dernière phase et il monte toujours dans la dernière phase très fort d'une dizaine de points euh lors des trois derniers mois pour euh deux raisons qui sont euh qui sont complémentaires.

La première c'est que l'électorat insoumis est le plus jeune et le plus populaire du pays. Et donc c'est un électorat qui se décide dans les dernières semaines voire les derniers jours et même pour un/ers dans lui dans la dernière journée avant l'élection. Donc aujourd'hui quand on fait des sondages, la moitié des gens qui vont voter Jean-Luc Mélenchon en avril ou mai prochain en fait passe complètement sous les radars des sondeurs parce que ils ont pas encore arrêté leur vote.

Mais c'est normal en fait. C'est comme ça quand on est jeune, c'est comme ça quand on est issu des classes populaires. C'est des données structurelles qui font passer ce vote sous les radars.

Donc mécaniquement, il y a une espèce de remontada qui se fait pour l'électorat. Mais c'est pas que Jean-Luc Mélenchon, he c'est pareil pour Corbins, Sanders, Podemos et cetera. C'est c'est une tendance caractéristique des électorats de la gauche radicale.

Et l'autre élément qui explique cette remontée, c'est tout simplement la qualité. Là, je vais vous brosser vraiment dans le sens du poil, mais je pourrais étayer ce jugement de valeur à partir d'éléments factuels et scientifiques, tout ce qu'il y a de plus redoutable. Mais non, non, la qualité des campagnes que vous menez, enfin la qualité alors la qualité bien sûr de bah il y a le tribun que vous avez avec toutes ces avec toutes ces compétences télévisuelles de débatteurs et cetera. les deux grands débats qu'il y a avant chaque premier tour de la présidentielle.

En général, il y en a un en mars et l'autre en avril. Jean-Luc Mélenchon est le candidat qui le lendemain de ce type de grand débat où on a vraiment les 12 alignés là, gagne trois ou quatre points à chaque fois dans les sondages alors que les autres stages nous régressent. Donc c'est voilà, vous avez un débatteur, vous avez un bon débatteur mais vous avez aussi des meetings qui sont capables de réunir à Lyon, à Marseille, à Toulouse, à Paris 60 70 800 personnes.

Et et Ren et Rennes et Renn Renn pardon, excusez-moi toutes les toutes les Renaises et tous les Renés dans la salle. Rennes, bien évidemment. Euh non, et ça compte beaucoup cette force.

Voilà, cette force d'entraînement, cette capacité, ce savoir-faire en fait sur sur les meetings, je pense que c'est quelque chose qui qui compte aussi énormément. Alors en 2017, pardon, je fais des circonvolutions comme ça, en 2017, ils avaient testé les instituts Le Pen Mélenchon et Mélenchon était donné gagnant de 3 à 4 points. Voilà, c'était il y a 10 ans.

Vous me direz, il s'est passé beaucoup de choses depuis mais c'était il y a seulement 10 ans en fait. était à l'époque euh c'est Jean-Luc Mélenchon qui était qui était donné qui était donné qui était donné vainqueur. L'une des grandes difficultés, ce qui va être vraiment je pense pour moi, il il y a il y a il y a deux je vais m'arrêter là-dessus parce qu'il me reste que que 2 minutes.

Il y a deux points qui vont être cruciaux pour le second tour. Euh la question ça va être qu'est-ce que que vont faire ? Alors je pars de l'hypothèse évidemment que c'est Mélenchon Le Pen.

Il pourrait il faut garder en tête d'autres scénarios mais je pars de de de ce scénario là parce que à l'heure d'aujourd'hui c'est celui qui est le plus qui me semble le plus probable. Il y a il y a deux questions. Il y a que vont faire les macronistes orphelins de leurs candidats ?

Euh et que vont faire et donc on parle de 6 ou 7 millions de personnes quand même. Euh et il y a que vont faire les abstentionnistes ? On parle de 12 à 14 millions de personnes.

Que vont faire les orphelins du macronisme ? Euh je sais qu'aujourd'hui certains considèrent à gauche que l'extrême centre est perdu, que les macronistes sont déjà le pénisés jusqu'à la moelle dans leur cerveau. Et c'est vrai, on en connaît tous des gens qui votent un coup Macron, un coup un coup Zemmour.

Enfin, on voit bien les les convergences objectives entre l'extrême droite et l'extrême centre, ça arrive. Mais euh en réalité, il y a une bataille qui va se jouer pour conquérir le vote d'une fraction si possible majoritaire de ces orphelins du macronisme. Et il y a des éléments qui me donnent à penser qu'une bonne campagne, une bonne façon de s'adresser à eux peut effectivement les convaincre de voter pour Mélenchon. pas parce qu'ils seront devenus mélanchonnistes du tout, mais parce que voilà, soit parce qu'on parle à leur portefeuille, soit parce qu'on parle à leurs valeurs ou un peu des deux, on peut réussir quelque chose. et et je pense vraiment qu'il y a du potentiel parce que on a des données sur 2024, c'est du tout frais les législatives après la dissolution surprise de 2024, il y a eu à l'époque 58 duels qui au second tour au législatif de 2024 opposaient directement les insoumis au RN et la majorité d'entre eux avec de deux sièges de plus ont été remportés par les insoumis.

Il y a eu 148 duels entre le NFP et le RN et sur ces 148 duels, il y en a euh 89 qui ont été remportés par la gauche. Donc quand il y a des duels récents à des élections nationales, c'est des législatives, c'est pas une présidentielle entre la gauche et le RN, c'est quand même la gauche qui l'emporte. Et que font, c'est ça le point intéressant, que font les électeurs macronistes dans ce cas-là ?

Et bien, ils sont 42 % à voter pour les insoumis, 19 % à voter pour le RN et les autres 40 % à peu près, ils s'abstiennent. Donc vous voyez, ils sont pas non plus tous perdus pour la cause. Il y a moyen euh de euh leur euh parler et euh voilà, de s'adresser à eux.

Mais il y a pas que eux et à mon avis c'est pas forcément eux la priorité. Enfin, ça je laisserai les stratèges euh que vous êtes faire vos choix et tranchés. Mais je pense qu'il y a, je dis ça un peu en plaisant, mais je pense qu'il y a une tension entre à qui il faudra s'adresser entre le premier et le second tour.

D'un côté, effectivement, voilà, le spectre de l'extrême centre et de l'autre côté les abstentionnistes qui sont quand même toujours très nombreux. Les abstentionnistes, je l'ai dit, il y en a beaucoup. Et ce qui est intéressant, c'est que dans des élections, j'ai regardé un peu là, j'ai regardé à l'international dans des élections dans lesquelles enfin après des années et même des décennies où en fait on nous présentait blanc bonnet et bonnet blanc, centre gauche et centre droite, bref les mêmes les mêmes variantes de enfin des variantes différentes d'un même système dans des élections où il y a vraiment un vrai choix en fait qui se présente aux électeurs et aux électrices comme par exemple quand Loula arrive pour la première fois à la prés présidence au Brésil comme quand c'est le cas de Gabriel Boric au Chili ou même récemment alors c'était pas la gauche bien évidemment mais quand Victor Orban a quitté le pouvoir il y a quelques mois contre Peter Magar quand il y a un vrai choix qui se présente aux électrices et aux électeurs, et bien ça a très souvent un effet de surmobilisation massif qui fait qu'on a entre 10 à 20 points de participation en plus par rapport à l'élection précédente.

Donc en fait ce que je veux vous dire là c'est que si Jean-Luc Mélenchon arrive au second tour et à force s'il arrive au second tour face à la candidate qui lui est la plus éloigné Marine Le Pen, on entre dans une zone totalement inédite pour tout le monde en fait pour vous, pour moi, pour les militants, les militantes, pour les sondeurs, pour les sociologues, pour les politistes. On entre dans une période d'incertitude totale dans lesquels dans laquelle nul ne peut prédire ce qui va se passer. Alors, on peut se raccrocher au dicton de brèche, quoi.

Les seules les seules batailles qu'on perd sont celles qu'on a pas mené, quoi. Mais voilà, c'est la c'est c'est une ouverture maximale des possibles. C'est une conjoncture fluide qui est renforcée par le fait que on a de plus en plus de volatilité électorale aussi de nos jours.

Ça veut dire que les personnes en gros passent de plus en plus facilement d'un vote à un autre. Donc le jeu le jeu est véritablement véritablement ouvert. Et je vais m'arrêter je vais m'arrêter sur peut-être juste là-dessus, c'est que le jeu est véritablement ouvert.

Il y a il y a une dernière idée que je voudrais avancer, je vais l'avancer sous la forme un peu d'une punchline mais c'est comme ça vous la retiendrez. c'est que euh aujourd'hui on la France est dans une situation paradoxale. Je pense qu'on vit dans un pays qui est sociologiquement de gauche mais qui est politiquement de droite.

Voilà, on est dans un pays qui est sociologiquement de gauche mais qui est politiquement de droite. Politiquement de droite, voilà, on le voit à chaque élection où en effet souvent c'est une variante de la droite, droite droite centriste, droite traditionnelle, extrême droite qui l'emporte. Voilà.

Très souvent, c'est la droite qui gouverne ce pays depuis bien longtemps. Parfois même la droite habillée en gauche comme pendant le quinquena Hollande. Mais c'est la droite qui gouverne ce pays.

On est d'accord là-dessus. Mais quand on prend les euh enquêtes d'opinion les plus robustes sur le sujet, là je vous parle pas des travaux de des sondeur fait à la vavite comme je l'expliquais tout à l'heure, mais vraiment d'enquête longitudinal fait sur des panels de 25000 personnes extrêmement représentatifs sur une trentaine d'années. Enfin, je pourrais développer longuement sur la méthodologie, mais quand on prend les enquêtes les plus sérieuses dans ce pays, on voit que et bien le rejet des inégalités, le rejet même du capitalisme sont des choses qui sont majoritaires dans la population. les préoccupations qui sont prioritaires dans la population, elles concernent la santé, elles concernent le climat, elles concernent l'égalité, l'égalité sur les questions de genre, l'égalité sur les questions raciales.

On a, je veux pas forcer non plus trop le trait, mais on a une France qui tendantiellement dans ses comportements et dans ses valeurs penche davantage à gauche qu'à droite. Réellement, en fait, réellement. Et tout le paradoxe, c'est que ça se voit pas dans les iones.

C'est franchement quand on regarde de près l'état moyen de l'opinion euh française sur tout un tas de sujets, on comprend pas pourquoi Jean-Luc Mélenchon est pas déjà depuis 5, 10 ou 15 ans président de la République. Le le l'explication alors là, pardon pour le j'avais dit la punchline, c'est facile à retenir. Là, je vais aller sur le néologisme, enfin sur le le jargon sociologique.

Mais l'explication, c'est l'abstention différencié. en fait, c'est que beaucoup de gens et notamment, j'en reviens au plus jeune et au plus précaire, mais beaucoup de gens ne votent pas et en fait l'abstention, elle est pas répartie euh de manière équilibrée, proportionnelle selon les revenus, selon les diplômes, selon voilà, elle est elle frappe bien plus massivement les plus jeunes et les plus précaires qui sont aussi ceux qui ont le plus d'intérêt objectif à voter pour un programme de gauche et un programme de rupture. Et donc c'est là que se joue vraiment, je pense l'enjeu central, c'est de remobiliser l'ensemble des enfin en tout cas le plus possible de personnes qui appartiennent à ces catégories de la population et qu' on tout intérêt me semble-t-il à un programme comme l'avenir en commun.

Je vous remercie pour votre attention. Merci beaucoup. Alors, tu nous as donné quelques élément sur pourquoi de ton point de vue la France insouise peut gagner.

Pour gagner, il faut être fort évidemment et pour gagner, il faut aussi que nos adversaires soient plus faibles. Et tu as évoqué le scénario, l'hypothèse dans lequel un second tour pourrait opposer la France assoumise au rassemblement national. Et donc pour éclairer la discussion de cette conférence, on a souhaité aussi proposer à Safia de donner aussi des éléments d'explication sur le vote du Rassemblement national, ses dynamiques, ses forces, ses faiblesses pour pouvoir avoir un tableau le plus complet de la question que l'on s'est posée.

Safia, merci d'être là et je te laisse la parole. Merci, merci, merci beaucoup. Alors, je vais essayer de pas être trop déprimante ni trop désenchant.

Voilà, c'est pas trop désenchanté le le truc. Bon, parce que quand on regarde quand même l'histoire de la de la 5e République et l'évolution à la fois électorale et partisane de l'extrême droite, on est quand même dans une situation particulière où le RN fait quand même plus de 10 millions d'électeurs au législatif de 2024. C'est quand même assez inédit.

Et aujourd'hui, on a aussi deux parties d'extrême droite he qui sont représentées en France hein, le RN est reconquête avec une droite aussi radicalisée. Donc on est quand même dans un contexte où on peut pas dire que l'extrême droite est électoralement faible heement d'une force politique de premier plan. Pour autant, il y a quand même beaucoup de choses qui sont dites sur les raisons pour lesquelles on en est arrivé à ce contexte-là qui dans le débat public sont assez fausses quand on regarde du côté des des savoirs universitaires.

Donc j'aimerais essayer pour ensuite sûrement vous donner des moyens d'agir mais qui à mon sens vous mobiliser déjà d'essayer de de comprendre cet énigme d'un rassemblement national qui est som tout d'un petit parti politique qui a très peu changé depuis les années 70 mais qui aujourd'hui est une des forces qui parvient à mobiliser largement dans les urnes à des élections de premier ordre et aussi de de second ordre. Et donc c'est ça que je vais essayer de de voilà de de mettre à la discussion. Le premier point sur lequel je voulais insister, c'est euh le RN n'est vraiment pas euh l'agent de son propre succès.

Quand on regarde l'ensemble des thèses qui ont été produites sur le parti sous Jean-Marie Le Pen, sur le parti sous Marine Le Pen, c'est un un parti politique qui est que bon certains collègues faible ou débile pour reprendre la ils reprennent la la traduction l'origine latine du mot he donc un parti assez faible. C'est un parti qui change très peu dans dans depuis des années 70, un parti où il y a très peu de cadres. C'est très peu professionnalisé.

Les fédérations sont un peu laissées voilà au premier Fed, mais il y a pas vraiment de gestion nationale du de des échelons locaux. Euh c'est un parti dans lequel il y a beaucoup de conflits mais qui se disent pas vraiment au grand jour. C'est un parti qui est très vertical, centralisé et cetera et cetera.

Un parti familial. OK. Euh donc c'est un parti qui en fait quand on regarde que du côté de ce qui s'y passe en interne, des campagnes, du nombre de militants, des mobilisations et cetera, bah on n'est censé pas comprendre ces succès élect.

Ça c'est un peu le point de départ. Le RN n'est vraiment pas le l'agent de son propre succès. Par contre, il y a des conditions un peu externes qui ont contribué.

Euh et tu parlais plutôt du fait que faire des sces sociale, c'est regardé vraiment euh dans le passé hein. Euh depuis 10 15 20 ans, il y a un chiff hein alors qu'on voit pas au début à l'œil nu mais qui s'actualise dans certaines élections là récemment à la fois de droitisation euh du débat public, de droitisation de certains partis, de certains représentants, pas que à droite hein. On a aussi voilà un durcissement du discours sur plein de sujets à gauche, notamment sur les questions et ça historiquement au Parti socialiste, au Parti communiste par exemple.

Et donc tout ça euh contribue à expliquer l'état du de cette droitisation contemporaine qui contribue en fait à augmenter le pouvoir du Rassemblement national, qui n'a pas besoin véritablement de faire trop d'efforts en interne pour de être devenu un parti légitime. Alors, il y a plusieurs exemples qui attestent ça. Si on regarde du côté du débat médiatique, il y a quand même une transformation du langage pour dire l'extrême droite.

Aujourd'hui, quand on dit extrême droite, souvent on va vous répondre même sur le service public hein, que c'est de la droite nationale, la droite radicale, de la droite populiste et cetera. De la même manière, on invite les dirigeants du RN de manière bien plus importante que ce qu'il représentent objectivement en terme politique. Et ça, on le voit très bien quand Marine Le Pen prend les reenes du RN en 2010. en 2010, le 2011 pardon, le FN c'est un petit parti politique qui a des élus européens, qui a quelques élus régionaux, quelques élus locaux mais qui est pas présent à l'Assemblée nationale, voilà, qui est pas qui qui rassemble pas des millions de personnes à des élections de premier ordre.

Pour autant, Marine Le Pen est une des figures qui est les plus invitées en fait à la télévision, qui est déjà anticipée par les sondeurs à chaque élection présidentielle. Donc tout ça, ça a contribué lentement mais sûrement à légitimer ce parti, à banaliser ce que c'est que l'extrême droite, hein. Donc c'est plus l'extrême droite violente, con voilà dont on dont on pourrait plus trouver de de continuation avec ce qui s'est passé au début du 20e siècle. ce serait une nouvelle droit radicale nationale tout à fait respectable qui aurait en fait voilà mis à jour son logiciel idéologique.

Donc vraiment un des principales éléments d'explication et peut-être que là réside une des manières de de lutter aussi contre cette extrême droite là politiquement, c'est le chiffre du débat public qui a accompagné cette normalisation de l'extrême droite qui a pas vraiment eu beaucoup à faire d'effort pour mieux passer à la télévision et cetera. Euh autre élément qui est corrélé, c'est la banalisation du racisme. Donc avec l'idée que ben politiser le racisme à gauche, c'est quand même une question je pense importante.

Un des récits médiatiques dominants de ces 10 dernières années, c'est qu'en fait les électeurs et les électeuristices RN ou d'extrême droite sont pas racistes, politisent pas c'est ce le racisme dans voilà dans la man de de de programmer et de penser leur vote. Bon, toutes les enquêtes depuis des décennies attestent que les électeurs électrices du RN, ce qui les rassemble, c'est des formes différenciées différentes certes de politisation du racisme en fait dans leur dans leur quotidien. C'est-à-dire que alors ça va se dire de manière différente.

C'est voilà, on va prendre un exemple hein, ça peut se dire de maîtrise intellectuelle avec des références à des auteurs nationalistes et cetera, mais ça peut aussi se dire dans le registre de l'ordinaire. Bon ben en fait pourquoi mon voisin immigré aurait plus d'allocation que moi qui galère tous les mois en travaillant et cetera. Donc tout ça c'est diffus euh c'est ancré de longues dates dans les électorats du du RN.

Mais on dit aujourd'hui hein souvent quand il s'agit d'ailleurs des électeurs populaires que ce sont des électeurs qui comprennent pas trop pour qui ils votent, qui voilà qui sont euh déclassés qu'ils ont un sentiment de voilà de de solitude par rapport à l'État. Bon, quand on fait des enquêtes sur le terrain, euh on se rend compte quand même que toutes les personnes qui votent pour le Rassemblement national sont conscientes de pour qui elles votent, des programmes du parti qui sont des programmes qui sont toujours différentialistes et qui naturalisent les égalités sociales de race, de genre et cet de classe et cetera. Donc tous les électeurs qu'il soient populaires ou issus des classes sub parce qu'il y en a aussi beaucoup savent pour qui il votent.

Et donc il y a aussi eu ce qui a accompagné la normalisation du RN, c'est une dépolitisation en fait du racisme qui est une des caractéristiques principal l'extrême droite ancienne comme contemporaine. Donc ça voilà c'était peut-être un un élément important à rappeler. politiser la question de la lutte contre le racisme, c'est aussi une manière importante de lutter contre l'extrême droite puisqu'elle est largement aidée par un écosystème journalistico politique qui banalise le racisme.

Et je voudrais appuyer là-dessus aussi sur le fait qu'en fait c'est avec cette l'argument central donc le RN n'a pas besoin de de beaucoup travailler pour mettre ses idées à l'agenda. On se souvient par exemple de la loi d'immigration euh il y a quelques années où voilà dans le débat public, on parlait quand même de préférence nationale qui est quand même le thème classique hein euh chez FNRN. Donc c'était pas Marine Le Pen qui a mis cette questionlà à l'agenda hein, c'est euh des gouvernement Macron.

Donc voilà, il y a aussi vraiment un un débat public qui contribue largement à construire la domination du ARN dans le champ politique national. sur les électeurs aussi peut-être rappeler quelques éléments. Donc on nous dit souvent ce sont des des classés lecteurs populaires qui n'ont plus confiance en rien euh qui sont dans des formes de protestation, de contestation et cetera.

Là aussi, les enquêtes électorales montrent qu'il y a une tendance à l'augmentation du vote ARN dans toutes les couches de la société comme il y a une tendance à l'augmentation de l'abstention aussi dont dont tu as parlé sur laquelle je vais revenir. Mais ça a toujours été un conglomérat électoral, c'est-à-dire que déjà d'une part, ce sont pas les plus précaires parmi les classes populaires qui votent à l'extrême droite. Ce sont plutôt des ouvriers, des employés dans des qui ont des carrières en fait plutôt stables, hein.

Donc c'est pas les plus précaires, c'est plutôt le secteur privé. Et puis il y a aussi tout un tas de professions indépendantes, hein, qui historiquement ont largement porté leur voie à l'extrême droite, artisans, commerçants, chef d'entreprise, certaines professions libérales et puis aussi normalement de classe supérieure hein qui votent à l'extrême droite. Ça, on en parle souvent très peu hein, mais voilà, c'est aussi une des forces de de ce parti-là de parvenir à rassembler des cadres administratifs, financiers notamment du du secteur privé.

Donc, c'est un parti qui est aussi très ancré dans les élites sociales he de du du de notre pays hein. C'est vraiment pas qu'un un parti de déclassé, de déçu, souvent parler de la France des oubliés. Tout ça c'est difficilement attestable par des enquêtes de terrain un peu un peu sérieuses.

Donc c'était je pense important aussi à le rappeler. Euh un un RN au second tour, c'est pas un RN qui va rassembler que certaines fractions populaires de la population. C'est un RN qui peut vraiment aussi parler à une large partie des anciens électeurs de droite voilà qui sont pas parmi les plus populaires, qui ont du patrimoine, du capital économique et qui avec un quinquena Marine Le Pen ne verrait pas leurs conditions d'existence être chamboulé hein parce que c'est pas un parti qui va aussi qui souhaite aussi remettre en cause la man distribuer les richesses et cetera.

C'est un parti qui accompagne he les le le politiques libérales qu'on connaît depuis longtemps. Donc voilà un peu ce que ce que ce sur quoi je voulais appuyer. H le fait que c'est un parti qui a très peu changé.

Alors il y a quand même le contexte contemporain qui fait que c'est aujourd'hui là-bas qu'on fait plutôt carrière quand on est à droite he quand on veut devenir collaborateur élu à temps plein. On a quand même plus de chance de couper la file d'attente au RN que que chez LR. Mais c'est un parti qui a largement été fait par tout ce qui se passe autour.

Euh et donc ce qui se passe autour, c'est euh une partie de du journalisme et surtout de l'éditorialisme politique. C'est une partie euh des dirigeants politiques notamment de droite et c'est aussi hein euh des manières diffuses et tout à fait ordinaires euh de dépolitiser euh l'extrême droite. En sociologie électorale, on on sait que ce ne sont pas les médias, pas les débats télévisés, pas non plus tant les campagnes électorales, ni les programmes, ni les meetings qui comptent.

Enfin, ça compte hein, mais ce qui compte beaucoup plus, c'est la manière dont toutes ces choses-là sont interprétées, discutées, politisées au quotidien sans qu'on s'en rende vraiment compte en discutant avec ses parents autour d'un dîner de famille le weekend, en discutant avec ses collègues, en discutant en couple avec ses amis. Et donc ce qu'on sait aussi, c'est que les campagnes, elles se gagnent aussi avant les temps de campagne he dans tout ce temps un peu ordinaire. C'est moi qui précède les campagnes électorales dans lesquelles on peut commencer à convaincre des gens qu'on a l'habitude de côtoyer et cetera.

Et donc c'est aussi dans ces espaces là que c'est banalisé l'extrême droite, que se banalise le racisme. Est-ce que quand on on observe des forme de racisme ordinaire au bureau de poste, au travail, est-ce que voilà, on est on a toujours les mêmes dispositions qu' a 20 ans à voilà rappeler à l'ordre, rappeler que c'est du racisme, le le dire tout ça. Je pense que ce sont des choses importantes si on se projette dans plusieurs mois pour l'élection présidentielle.

Gagner une élection, ça se fait vraiment en amont et donc c'est question de de lutter contre l'extrême droite. C'est aussi repolitiser la question du racisme au quotidien. c'est aussi euh euh déconstruire ce qu'est le RN au quotidien en dehors hein de tous ces espaces consacrés que sont les médias, les débats et cetera.

Typiquement les débats présidentiels dans à l'entre de tour des élections, on sait que ça convain très peu de personnes puisque généralement on sait plus ou moins pour qui on va voter. Il y a certes des formes de volatilité électorale mais on préfère parler de petite mobilité. C'est-à-dire que vous avez en fait vous allez avoir très peu de chance de passer d'un vote PC à un vote rassemblement national.

Par contre, d'un vote LR à un vote RN, il y a quand même plus de proximité. C'est moins dissonnant cognitivement. D'un vote Gluxman au premier tour à un vote Jean-Luc Mélenchon au second tour, il y a aussi moins de dissonances cognitives.

Donc, on parle aussi de de vol électorales qui sont des petites mobilités hein euh et électorales. Et donc, j'en viens peut-être au dernier point, la question de d'où sont les réserves des électeurs et électrices de gauche. Alors, tu évoquais l'abstention.

L'abstention, c'est un phénomène dont on parle souvent au singulier, mais c'est un phénomène qui est qui est pluriel. H alors on sait que l'abstention systématique donc premier et second tour des élections de premier ordre euh il y a des logiques sociales derrière on a plus de chance de s'abstenir de manière systématique quand on a peu de diplôme qu'on fait partie des classes populaires, qu'on est jeune et cetera. Par contre, dans les élections récentes, ce qui se développe et ce qui se structure aussi beaucoup, c'est l'abstention euh intermittente, le vote intermittent, c'est-à-dire des gens euh qui ont des diplômes, hein, qui sont politisés, qui sont intéressés par la politique, mais qui vont plus forcément voter au deux tours des élections présidentielles législatives, qui vont se sentir un peu à distance alors habituellement ce sont des des électeurs qui ont l'habitude de de voter.

Donc, une partie de de des voix qui manquent à la gauche, elles sont là. Mais ces populations-là, elles sont euh très difficiles en fait à à ramener euh au vote parce que ce sont des personnes qui sont éloignées du du champ politique d' politique professionnelle, qui sont pas forcément intéressés par toutes ces questions-là, qui s'informment pas au quotidien et cetera. Et donc ça rajoute à mon argument hein, gagner une élection, c'est la gagné euh les 4 5 3 de 2 années avant, hein.

C'est vraiment infusé des prises de position, des idées, l'importance de certains candidats et de certaines luttes au quotidien quoi, pour que ça parle aux gens. Et je conclurai juste sur un un élément. Je sais que on est dans une table ronde où on essaie de de prévoir ce qui ce qui va se passer mais sociologiquement ça n'a pas beaucoup de sens d'essayer de de de donner un diagnostic très précis de ce qui peut se jouer à l'élection présidentielle.

Euh une élection c'est aussi une offre politique qui aujourd'hui est pas encore stabilisée. C'est beaucoup de sondages qui construisent une réalité alternative mais qui se trompent comme tu l'as rappelé systématiquement à chaque élection. Donc c'est vraiment pas des instruments qui permettent de de d'anticiper la réalité, mais en tout cas c'est quand même euh je pense important hein d'arriver à à comprendre les raisons objectives qui font pas forcément plaisir hein euh de de comprendre comment on en est arrivé là aujourd'hui avec une extrême droite qui est somme toute une des forces politiques qui parvient le à le plus mobilisé dans dans les urnes.

Voilà. Merci beaucoup. Merci beaucoup.

Vous voyez le le défi, il est pas évident parce que Safia a donné des éléments sur la force, parfois aussi les faiblesses des adversaires qui vont être devant nous. Et moi évidemment, je voulais revenir à la fois sur le premier tour et à la fois sur le deuxième tour. À la fois sur le premier tour parce que même si de plus en plus de gens se font à l'idée que la qualification au second tour de l'élection présidentielle, elle est plus envisageable que jamais pour la France insoumise et son candidat.

Pour autant, ça ne veut évidemment pas dire que c'est une formalité. Ça ne veut évidemment pas dire qu'on va pas se retrouver confronté euh en face de nous. à des adversaires, à des méthodes qui cherchent précisément à nous empêcher de nous qualifier au second tour de l'élection présidentielle.

Je réponds par la même au Parisiens qui titraient ce matin un article "Les insoumis sont-ils trop confiants ?" Donc, nous ne sommes pas trop confiants, nous sommes confiants parce que nous sommes satisfaits du démarrage de notre campagne présidentielle, mais nous savons aussi l'ampleur du travail qui nous reste à accomplir d'abord pour se qualifier au second tour de l'élection présidentielle. Pourquoi donc on est en mesure de nous qualifier au second tour de l'élection présidentielle avant de parler du deuxème tour ?

C'est quand même à cette première question qu'il faut répondre. Ce qui permet là aussi quand même de dire à celles et ceux qui passent leur temps sur les plateaux de télévision à dire "Certes, vous êtes des très bons candidats de premier tour, mais vous êtes des très mauvais candidats de second tour." c'est que pour être un bon candidat de second tour et pour gagner au second tour, il faut quand même d'abord être en mesure de se qualifier au second tour de l'élection présidentiel et que et c'est pas juste pour faire une formule, c'est juste que précisément il est difficile d'imaginer que un candidat qui est pas en mesure aujourd'hui de rassembler dès le premier tour d'abord une base politique, une base politique suffisamment puissante pour l'amener au second tour de l'élection présidentielle serait en mesure par magie au second tour alors qu'il est annoncé à 5, à 4 ou à 6 % dans les sondages au premier tour de l'élection présidentielle que plein de gens se disent "Ah bon en fait c'est lui qu'on va choisir au second tour ?" Je réponds sérieusement parce que parfois cet argument il est utilisé sérieusement.

Donc c'est une formule peut-être simple de dire pour pouvoir gagner au deuxème tour, faut d'abord être en mesure de se qualifier au 2è tour. Mais c'est pas qu'une formule, c'est une réalité mathématique, sociologique, politique. Comment la France insoumise est-elle en mesure de se qualifier au second tour de l'élection présidentielle ?

C'est ça la première question à laquelle il faut qu'on réponde. Tu l'as dit Emmanuel tout à l'heure quand on regarde les différentes candidature à l'élection présidentielle de la France insoumise évidemment il y a une progression candidature après candidature. Et cette progression elle ne vient pas deun forme de magie.

Elle ne vient même pas des simples qualités que peuvent avoir notre candidat dans l'élection présidentielle. Elle est le résultat d'une analyse de la société, d'un travail en profondeur qui dure depuis des années et des années et d'une stratégie qui est développée et qui a pour objectif de fournir, excusez-moi, du terme, son rendement maximal au moment de l'élection centrale de la 5e République et l'élection présidentielle. Et quelle est cette stratégie ?

C'est la stratégie qui consiste à dire, on fait l'analyse sur la base d'études électorales qui ont pu être fait depuis des années et des années en France et à l'échelle internationale que si on veut être en mesure de gagner l'élection présidentielle et donc d'abord de se qualifier au second tour, il faut être en mesure de mobiliser des millions de citoyennes et de citoyens qui sont éloignés de la politique, qui ne s'y retrouvent plus, qui normalement dans les études électorales seraient plutôt positionnés pour par des sur sur un électorat qu'on pourrait appeler un électorat de gauche, même si cette terminologie peut être contestée, mais qui ne vote plus et on peut en faire l'analyse, vous la connaissez comme moi, déçu par les expériences électorales précédentes, résigné considérant que nos adversaires sont trop forts et ont trop de pouvoir et qu'on y arrivera jamais. euh parfois critique y compris de l'offre politique qui se qui se qui se présente. C'est ça le premier objectif, le premier enjeu et c'est ça c'est à ça qu'on travaille.

Et si on le travaille, c'est pas parce qu'on a pas d'autres idées. C'est parce que et ça rejoindra un argument qu'a donné Manuel tout à l'heure, c'est quand vous regardez l'histoire y compris des élections en France depuis des dizaines des décennies voire même en remontant quasiment jusqu'au siècle dernier. C'est notamment le travail qui a été fait dans le livre de Piquetti et Kaget qui s'appelle une histoire du conflit politique qui fait du travail d'analyse électorale des des de toutes les élections en France depuis la fin du 19e siècle.

Ce que vous pouvez observer, c'est que le différentiel de participation qui existe aujourd'hui entre les catégories les plus pauvres de la population et les catégories les plus riches de la population qui a un différentiel qui existe aujourd'hui, qui est de 15 points, 20 points, 30 points, parfois dans vos villes, ça peut même être 40 points de différentiel de participation entre les bureaux de vote, on va dire, les plus bourgeois et les bureaux de vote les plus pauvres. Ce n'est pas une constante de l'histoire. Il n'y a pas toujours eu dans l'histoire un différentiel de participation de 20 30 points entre les plus pauvres et les plus riches.

Ça n'a pas toujours été comme ça. Je le dis parce que parfois dans le débat public, c'est oui mais les plus pauvres, ils ont toujours moins voté. Non, ce n'est pas vrai.

Quand vous regardez le les études de Pike et Kag et c'est pas des c'est pas des théories, c'est sur la base de fait de d'analyse chiffré. Ce que vous pouvez observer, c'est qu'il y a eu des moments de l'histoire où c'est l'inverse, c'est les plus pauvres qui votaient davantage que les plus riches. Et quand vous regardez quel sont ces moments de l'histoire, c'est ça qui est intéressant et là ça rejoint un argument que tu as donné tout à l'heure, même si tu l'as pris par un autre biais, c'est-à-dire les expériences internationales, et ben c'est précisément les moments où il y a eu des choix qui étaient des choix clairs qui étaient proposés aux citoyennes et aux citoyens.

Je fais pas ici, ça mériterait plein de conférences, le débat sur le le communisme dans les années 50 60 70 en France, mais dans cette période là de l'histoire et ben vous avez des plusieurs décennies dans lequel les plus pauvres votent davantage que les plus riches parce qu'ils se disent il y a une alternative qui existe à la société actuelle qui est responsable de la situation dans laquelle on est. On y croit, on pense que c'est possible, elle est forte, elle est puissante et donc c'est vers elle qu'on a envie de se tourner. Voilà pourquoi on dit que se concentrer d'abord sur les personnes qui sont les plus éloignées de la politique, ça veut pas dire qu'on cherche pas à convaincre les autres.

En campagne, on cherche à convaincre tout le monde. Mais dire on met d'abord notre nos efforts, la priorité, elle est là pour nous. Évidemment, c'est pas facile he tu l'as dit, c'est des gens qui parfois sont c'est pas forcément des gens qui parfois c'est c'est des personnes qui on pas voté depuis 20 ans 30 ans.

C'est vrai, c'est pas facile mais c'est possible de le faire parce que ça a déjà été fait dans l'histoire. Et pour arriver à le faire, et ben si on croit à l'analyse qu'on fait nous-même, pour arriver à le faire, faut proposer une véritable alternative. Et c'est la raison pour laquelle je disais tout à l'heure euh c'est pas seulement on peut se qualifier au second tour, c'est que de mon point de vue, si on veut que la gauche se qualifie au second tour de l'élection présidentielle, elle soit elle doit être une gauche qui incarne une véritable alternative au pouvoir en place et c'est ce que l'on représente avec la France insoumise et et et Jean-Luc Mélenchon.

Donc voilà, c'est possible de le faire, ça a déjà été fait dans l'histoire. Alors, qui sont euh les abstentionnistes ? Pareil, on en a déjà parlé, mais je je donne juste quelques éléments chiffrés parce que je pense que ça ça aide toujours.

Euh, c'est pas juste de la théorie. Quand on dit la jeunesse, la jeunesse, c'est là par exemple très simple de comprendre que la France insoumise, il va avoir des des marges de progression qui sont gigantesques. Quand vous prenez, prenons un instant l'hypothèse que les sondages sur l'élection présidentielles ne disent pas que des choses fausses puisque c'est ce qui est utilisé par tout le monde pour commenter par tout le monde dans la presse pour commenter la vie politique.

Quand vous prenez le dernier sondage publié avant l'été sur l'élection présidentielle qui met Jean-Luc Mélenchon à 16 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle. Dans ce sondage, quand vous regardez la notice de ce sondage, il y a une ventilation par catégorie d'âge et vous prenez la catégorie d'âge 18 24 ans. Et quand Jean-Luc Mélenchon est sondé à 16 % des voix à l'élection présidentielle, il est sondé à 48 % dans la catégorie d'âge 18 24 ans et il est sondé à 33 % dans la catégorie d'âge 25 34 ans.

Et ensuite, quand vous regardez ce qui s'est passé sur les élections précédentes, élection législative de 2024, élection présidentielle et législative de 2022, vous allez voir que à l'élection présidentielle de 2022, la participation moyenne de l'ensemble de la population, elle est de 74 %. la participation moyenne et quand vous prenez la participation spécifique des 18 24 ans dont je vous ai parlé tout à l'heure, la participation spécifique des 18 24 ans à l'élection présidentielle 2022, elle est de 58 %. Donc 74 % de taux de participation moyen, seulement 58 % pour les 18 24 ans.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que je pourrais faire la même démonstration sur lesélections législatives de de de 2024 et dans la catégorie d'âge 25 34 ans, même si l'écart va être moins marqué. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que là vous avez une marge de progression qui est évidente. Si vous avez arrivé à ramener le taux de participation moyen des 18 24 ans au même niveau que le taux de participation moyen de l'ensemble de la population. Alors, parfois, certains vont vous dire "Oui, mais ce n'est pas vrai de dire que tous les abstentionnistes vont voter pour la France assoumise." Personne vous dit que tous les abstentionnistes vont voter pour la France assoumise.

Ce qu'on vous dit, et ça la sociologie électorale, et vous me démentirez si ce que je dis est faux, mais je crois que vous en serez d'accord. La sociologie électorale, elle dit et c'est ce que disent Piquéti et Kaget, elle disent une chose assez simple. Elles disent des gens qui ont les mêmes caractéristiques sociologiques, quand ils se mettent à voter, ils votent globalement comme ceux de ces mêmes caractéristiques sociologiques qui votent déjà.

Donc si il y a des 18 24 ans qui vont voter en plus par rapport à ceux qui sont annoncés comme votant déjà globalement à cette étape de la campagne et encore une fois si le sondage est juste bah quand il y en a deux qui se déplacent, il y en a un qui va voter pour la France assoumise et pour Jean-Luc Mélenchon. Et donc là, vous avez une marge de progression qui est une marge de progression considérable. J'ai pris la jeunesse.

Évidemment, je prends aussi la les précaires, les lectorats populaires au sens large. Je dis bien sûr les quartiers populaires, mais quand je dis les quartiers populaires, certains disent "Oui, mais il y a ne parlez qu'aux grandes métropoles et aux grandes villes." Mais attention, des quartiers populaires, des zones populaires, il y en a sur l'ensemble du territoire national.

Il y en a pas que dans les grandes villes. Il y en a pas que dans les grandes métropoles des grandes villes. Il y a des quartiers populaires dans toutes les communes de France et parfois même dans des communes moyennes, dans des petites communes en France où il y a des quartiers populaires.

Alors évidemment, ils sont parfois avec une densité de population qui est plus faible que dans les grands ensembles. Donc les le militantisme il est plus délicat, plus compliqué. les les relations sociales, elles y sont parfois plus faibles.

Ça c'est vrai. C'est pour ça que pour nous parfois plus difficile. Mais il y a aussi une marge de progression dans ces dans ces quartiers populaires.

Là pareil, j'ai pas besoin de faire la démonstration mais je pourrais la faire de la même manière que chez que chez les jeunes. Si vous regardez le différentiel de participation dans ces élections et que vous regardez les habitudes électorales de ces catégories de la population quand elles vont voter, vous voyez que là il y a évidemment une marge de progression qui est qui est évidente. Ça c'est premier angle pour une campagne de premier tour qui nous permet de nous qualifier au second tour de l'élection présidentielle.

Et c'est la raison pour laquelle c'est décisif, c'est c'est c'est particulièrement important de faire une campagne de mobilisation. Parfois, il y a une erreur dans la bataille politique, c'est et je comprends pourquoi on a toujours envie de convaincre celui qui est pas d'accord avec nous de venir voter pour nous. Et évidemment, encore une fois, je dis pas qu'il faut pas le faire.

Je dis que quand on est dans une campagne électorale, on peut pas tout faire. Donc, on do fixer des priorités. Et la première priorité, ça c'est vieux comme les élections, pour gagner une élection, c'est d'abord de mobiliser son électorat, d'abord de mobiliser des gens qui sont susceptibles de voter pour vous.

Ça veut pas dire que c'est déjà notre électorat acquis. Ça veut dire des gens qui du point de vue, parce que tu le disais toi-même, les les les votes sont pas si mouvants que ça. C'est donc des gens qui participent d'un socle, on va dire, de principes, de valeur qui font que c'est un électorat qui a priori devrait voter pour nous mais qui pour plein de raisons démoralisé, ils y croient plus, ils ont été déçus, reste à la maison et bon c'est c'est ce qu'on appelle la mobilisation différentielle et autant on peut discuter d'une stratégie de second tour mais une première stratégie de premier tour c'est de remporter la bataille de la mobilisation différentielle.

Et pour remporter la bataille de la mobilisation différentielle, il faut mobiliser la jeunesse, faut mobiliser les zones populaires, faut lutter contre l'abstention, faut inscrire sur les liste électorale. Voilà pourquoi on accorde autant d'importance, nous les insoumis aux caravanes populaires, aux campagnes d'inscription sur les listes électorales. Voilà pourquoi les jeunes insoumis ils ont annoncé qu'ils allaient devant toutes les universités pour faire l'inscription sur les listes électorales.

Et ça c'est un travail qui est décisif et en plus comme rien n'est fait du point de vue gouvernemental pour remplir cet objectif, c'est à nous de le de le faire. Rappelle juste un chiffre. Je sais que là peut-être pour certains d'entre vous, je dis des évidences mais c'est la première fois qu'on se retrouve aussi nombreuses et nombreux.

Donc je pense que c'est bien de les rappeler. Tout à l'heure, tu as donné les écarts de voix pour qui nous ont empêché de nous qualifier au premier tour de l'élection présidentielle. La dernière fois, celle d'avant.

En gros, pour aller vite, ça se chiffre en centaines de millions de voix. le nombre de personnes milliers de voix pardon ou là sinon merci vous êtes attentif sinon on va avoir un problème mais ensuite quand vous regardez le nombre de personnes qui sont non inscrites ou mal inscrites sur les listes électorales, là ça se compte cette fois en millions de voix. Donc vous voyez qu'il y a un un une marge de progression qui est évidemment considérable.

Ça c'est premier angle pour se qualifier au second tour de l'élection présidentielle. 2e ongle, une campagne présidentielle, c'est un grand moment de bouillonnement politique où les gens euh s'interroge, se posent des questions avec des confrontations euh euh politiques et il y a une partie des gens qui ont font leur choix très vite et qui s'engagent dans une campagne. Puis après, il y a des gens qui sont mobilisés, tu le disais, dans le quotidien, sur des thématiques, sur des sujets.

Et donc c'est un peu le deuxième angle. Là, je présente des éléments de stratégie de campagne qu'on a sur lequel on va travailler. Qu'est-ce qu'on a appelé mettre en avant des transversales politiques, c'est-à-dire plutôt que de parler de camp politique, je vais parler à la gauche, à la gauche X, à la gauche c à la gauche ça.

C'est prendre des thématiques, des transversales politiques et en être l'incarnation politique dans l'élection présidentielle. Je donne un exemple, mais quand vous dites "On va être la force politique et la candidature à l'élection présidentielle qui va faire de ce qu'on appelle les maladies politiques euh un des grands enjeux de l'élection présidentielle à venir, et ben oui, vous partez et vous parlez évidemment à votre électorat, mais vous parlez aussi à des gens qui sont a priori pas forcément des électrices et des électeurs de la France assoumise et qui se disent "Mais quand même ce sujet c'est quand même un sujet majeur et il y a que qu'en parle donc c'est pour eux qu'on va voter." Quand vous avancez la question de la constituante et de la 6e République, bah vous allez assez brasser assez largement.

Vous allez brasser des gens qui vont se dire que l'organisation des pouvoirs en place telle qu'elle est aujourd'hui, bah elle est pas super et donc il faut la choer. Puis des gens plus en colère, dégagistes qui considèrent qu'on leur demande jamais leur avis. Ils ont souvent raison.

Donc là pareil, ça va être une transversale politique qui qui va pas s'adresser qu'à un éctroat déjà déterminé. Quand vous défendez le droit international et que vous voulez rétablir et réhabiliter la parole de la France sur la scène internationale, bah vous allez même parler à des électrices et des électeurs qui peut-être à un moment on voté à droite mais qui vous acceptent pas de voir le pays humilié comme il l'est aujourd'hui sur la scène internationale, incapable de défendre des principes, des valeurs. Quand vous savez que c'est sous la mandature de Chiraak qui a été voté, ce qu'on appelle l'adhésion au statut de Rome, c'est-à-dire le fait que la France a reconnu la Cour pénale internationale et que vous voyez qu'aujourd'hui on est incapable de faire respecter un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.

Il n'y a pas, et je suis sûr que vous en avez rencontré dans les campagnes électorales précédentes, que des gens qui ont toujours voté à gauche et qui disent "Non, mais là quand même sur ce sujet, heureusement que vous êtes là, heureusement que vous défendez notre honneur et notre dignité". Donc la transversale politique et là je donne que quelques exemples hein, mais je pourrais en donner d'autres mais la transversal politique c'est une manière de se qualifier au second tour. Je veux pas être trop long non plus, mais ça c'est la première partie.

Euh avant de pouvoir gagner au 2è tour, il faut se qualifier euh pour le second tour de l'élection présidentielle. Puis ensuite évidemment la question qui est posée, c'est comment vous gagnez au second tour de l'élection présidentielle ? Alors, j'ai entendu des gens railler dire "Oui, mais vous croyez à la magie du second tour ?" Alors, je me permets de préciser que non, on ne croit pas à une forme de magie du second tour.

On croit une chose simple, c'est que entre les deux tours de l'élection présidentielle, par contre, on fait une campagne de second tour de l'élection présidentielle. Et cette campagne de second tour de l'élection présidentielle et ben elle n'est pas exactement la même, même si elle s'inscrit évidemment dans la continuité de la campagne du premier tour de l'élection présidentielle. parce qu'au premier tour de l'élection présidentielle, vous convainquez d'abord pour essayer de mettre en mouvement votre base, votre électorat au sens large pour convaincre une grande partie de la population d'aller voter.

Au 2ème tour, vous devez aussi vous adresser à des gens qui sont à priori pas 100 % d'accord avec vos idées, mais qui vont plutôt voter pour vous que voter pour votre adversaire. Et donc, on aura évidemment une campagne de second tour, mais pensez qu'on peut gagner un second tour en faisant la campagne de second tour avant le premier tour de l'élection présidentielle. Je vous rappelle que ceux qui ont fait ça, quel que soit ce qu'on peut penser d'eux politiquement, généralement, ils ont même pas passé la barre du premier tour, voire même pire.

Je me rappelle d'une époque où Alain Jupé présentait prétendait faire une campagne de second tour quand il était candidat à la primaire des Républicains. Il a perdu à la primaire des Républicains. Et pour peut-être certains d'entre vous euh plus âgés euh qui ont connu d'autres échéances électorales, je me rappelle de la campagne présidentielle de 2002 où Jospin a fait pendant la campagne ce message oui mais moi je ne suis pas mon programme n'est pas socialiste et cetera et il a été éliminé du second tour de l'élection présidentielle.

Donc la première chose que je veux dire, c'est qu'il faut une campagne de premier tour et il faut une campagne de second tour. Et cette campagne de second tour, elle dépend de votre adversaire de second tour. Vous faites pas la même campagne de second tour si vous êtes opposé à l'extrême droite ou si vous êtes opposé à la Macronie.

Alors, le plus probable, c'est que ça soit plus probable aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion et cetera, c'est que ça soit l'extrême droite face à nous. Mais attention, si vous ne préparez que le scénario du second tour face à l'extrême droite, et ben vous pouvez vous retrouver dans une situation où à la fin vous allez être confronté à un autre candidat et vous n'avez pas travaillé la stratégie de second tour. La thèse, ce que je pense, ce que nous pensons et ce que nous défendons, c'est que non seulement nous pouvons gagner au second tour dans les deux configurations, en gros face à un candidat du bloc central ou face à un candidat de l'extrême droite, mais même que nous sommes les seuls, de mon point de vue, de notre point de vue, qui pouvons y parvenir.

Et je vais vous dire pourquoi rapidement. D'abord parce que si vous êtes opposé à un candidat macroniste, je pense que vous l'avez développé tous les deux. Évidemment, il y a un bilan et dans ce bilan là, il y a quand même 10 ans de de de politique macroniste.

Euh tu as donné des éléments de popularité. Je rentre pas en en en détail, il y a des propositions qui sont sur la table. Moi je conviction par exemple, c'est que il y a pas une majorité, on c'est pas juste une conviction, on l'a vu dans les mouvements sociaux précédents, il y a pas une majorité du pays qui veut la retraite à 67 ans, la retraite par point et cetera.

Et donc là, vous avez évidemment un angle d'attaque au second tour de de de l'élection présidentielle qui vous permet de réunir au second tour une majorité politique et une majorité électorale pour gagner. Et pourquoi on est de mon point de vue les seuls ? Parce que si vous voulez être en mesure de pouvoir remporter et mettre en avant cet affrontement entre la politique macroniste et une opposition et une alternative réelle, et ben vous devez avoir été sans concession, sans compromission pendant les 10 ans de la Macronie au au pouvoir parce que alors vous avez une crédibilité à porter un programme alternatif.

Et c'est pourquoi et c'est pourquoi l'enjeu pour nous pendant toute cette période, ça a été de ne jamais lâcher le drapeau de l'opposition au macronisme en toute circonstan d'être toujours les plus opposants, les plus fermes opposants parce que la politique c'est pas juste faire tout de suite, c'est aussi préparer les étapes futures. Et donc toutes celles et ceux qui d'une manière ou d'une autre se sont compromis dans l'exercice du pouvoir avec les macronises, de mon point de vue sont disqualifiés au second tour de l'élection présidentielle pour pouvoir l'emporter. Puis ensuite, il y a évidemment après on y reviendra plus en détail pour pas être trop long.

On y le il y a évidemment le scénario que tu as évoqué, le scénario d'un affrontement face à à à l'extrême droite au second de l'élection présidentielle. Et donc là, tu as donné un certain nombre d'éléments qui certains recoupent ceux que que que j'avais que j'avais en tête. Là, personnellement, je vois deux marges de progression significative entre le premier tour de l'élection présidentielle et le second tour de l'élection présidentielle pour pouvoir l'emporter.

La première marge de progression et ça rejoint un argument que tu as donné, c'est que même si pour se qualifier au second tour, il faut faire un travail de mobilisation, on sait très bien qu'on va le faire au maximum mais qu'on va pas réussir à mobiliser 100 % la population. Et donc en se qualifiant au second tour de l'élection présidentielle, vous avez encore une marge de progression dans la participation. Et alors vous pouvez me dire "Oui, mais alors pourquoi vous allez arriver à les mobiliser au second tour si vous avez pas réussi à les mobiliser au premier tour pas précisément parce que en étant qualifié au second tour, vous pouvez débloquer vous pouvez débloquer un sentiment de vous y arriverez pas, c'est trop compliqué et ça c'est des choses que vous entendez parfois auprès de gens qui disent "OK, on est d'accord avec vous mais vous savez très bien que vous allez jamais y arriver." Et ça pareil, c'est pas une pensée magique, ça s'appuie sur des faits.

Et tu as cité par exemple et là encore une fois c'est sans préjugé de ce qui s'est passé après parce que personnellement je suis pas très convaincu de ce qui s'est passé après. Mais quand vous regardez la victoire de Boric à l'élection présidentielle au Chili, vous voyez qu'entre les deux tours de l'élection présidentielle chilienne, il y a une progression de la participation de plus de 10 points entre les deux tours de l'élection présidentielle qui vient l'alimenter, qui vient lui donner de la puissance électorale et qui lui permet de l'emporter au second tour de l'élection présidentielle. Bon après, il en a pas fait que des choses bien, mais ça ce serait un autre débat et ça nécessiterait quasiment une autre conférence.

Et d'un certain point de vue, vous pouvez observer et là même prudence sur ce qui s'est passé après pour pas rentrer dans un débat. Euh mais quand vous regardez la première élection municipale à Grenoble où les écologistes et euh le parti de gauche à l'époque s'était euh euh présenté en liste commune et s'était retrouvé au qualifié au second tour face euh au maires sortant socialiste, vous regarderez qu'il y a eu un une progression de la participation électorale de quasiment 10 points, entre 5 et 10 points entre les deux tours de l'élection alors que tous les chiffres de report disaient "Doute façon, vous avez perdu. Bravo !

Vous avez fait un bon score au premier tour mais vous avez perdu au second tour. Il y a eu un surplus de participation qui nous a à l'époque permis de gagner. Donc ce que je veux dire par là, c'est que le la première marge de progression au second tour de l'élection présidentielle, c'est que votre qualification au second tour, tu l'as dit avec tes mots, produit une situation qui est une situation absolument nouvelle et libère un certain nombre de personnes du poids de la résignation, de la désillusion de vous allez jamais y arriver.

Puis évidemment le deuxième paramètre c'est que il y a des phénomènes qui sont des phénomènes contradictoires dans la macronie. Il y a évidemment un glissement de la représentation politique de la Macronie vers l'extrême droite. C'est c'est une évidence.

Je pense que on aurait 10000 exemples pour l'illustrer. Mais vous avez encore dans cet électorat et malgré tous les désaccords qu'on peut avoir avec eux, une partie d'entre eux qui continue à se positionner sur un socle de principe et un socle de valeur et qui au second tour de l'élection présidentielle refuse de donner le pouvoir euh à l'extrême droite dans ce pays. Et là aussi, ce n'est pas qu'une pensée. donné les chiffres de de de de de 2024 ou en 2024, il faut le dire, non seulement on a gagné une majorité des duels face à l'extrême droite, mais vous avez une majorité des électeurs, y compris du bloc 10 central qui au second tour de l'élection présidentielle ont voté pour la France insoumiste.

Quand je vois des sondages aujourd'hui de second tour qui disent que l'électorat socialiste à 70 % s'abstiendrait au second tour entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national et que l'électorat macronis voterait. Je vais vous dire ce que ça s'appelle et ça c'est un phénomène qui est très bien analysé par les sociologues et qui finalement renvoie à une habitude assez facile dans notre vie quotidienne, c'est quand il y a un choix qu'on a pas trop envie de faire, le premier réflexe de tout le monde, bah c'est de le reporter au moment où malheureusement on a plus le choix et on est obligé de choisir. Et c'est pas uniquement là aussi une pensée.

C'est ce qu'on observe dans l'évolution de tous les sondages sur toutes les élections. Quand vous interrogez des gens sur un second tour à distance de l'élection, quand il y a un choix de second tour qui ne leur plaît pas, qui est pas celui qu'ils espère, et ben en fait qu'il les oblige à faire un choix difficile parce que c'est un choix difficile pour eux et ben en fait ils ne répondent pas à ce choix difficile et il préfèrent espérer que ce choix ne se présente jamais à eux. Bah comme nous la vérité, on ferait pareil.

Non, au second tour dire bah non, moi j'ai pas envie de choisir entre lui et lui. Donc on attend, on attend, on attend, on dit bon moi je sais pas, je Et puis après c'est autre chose que quand vous vous retrouvez confronté très concrètement à la problématique. Et donc ce que je vous dis, c'est que au second tour de l'élection présidentielle, ah ben il y a des gens qui dormiront pas bien, qui auront un petit peu de mal à venir dans le bureau de vote, mais bon, je crois qu'on l'a tous fait de temps en temps.

Et ben, c'est chacun son tour. Cette fois, ça sera votre tour à vous. Voilà, tout simplement.

Voilà, parce que je crois que j'ai été un peu plus long que mon temps. Alors, prenez votre temps si vous voulez. On va gagner on va y aller.

On va y aller. On va y aller. On va y aller.

On va on va on va Bon, on n' pas tous tout détaillé ce qu'on voulait dire mais c'est pour ça qu'on s'était laissé un deuxième temps de de discussion pour peu se répondre les uns les autres ou ajouter des éléments. Je sais pas lequel d'entre vous veut commencer. Tu vas Ouais.

Juste par rapport à ce que tu as dit sur les questions de mal et non inscription, c'est vrai que c'est une composante assez importante hein. C'est plusieurs millions d'électeurs qui sont pas inscrit ou mal inscrit et c'est généralement pas forcément que les plus distants du champ politique hein. C'est beaucoup les étudiants et aussi des cadres sup qui sont très mobiles et qui du coup se ça ça se réinscrivent généralement assez mal sur les les listes électorales.

Donc effectivement, sociologiquement, c'est une piste qui je trouve bon correspond et juste sur le sur le RN, je veux pas non plus trop me projeter parce que effectivement les derniers sondages aux dernières élections les ont donné vainqueur alors qu'ils n'ont pas remporté les les les élections notamment législatives hein et en disant que c'est un parti un peu faible, petit, voilà, très recentré sur lui-même. Faut pas non enfin je veux pas non plus dire que c'est un parti qui est pas qui est pas fort. L'idée c'était vraiment de voilà de de mais je pense pas que vous soyez voilà aveugle face à cette réalité là mais que que c'est un fait important de lutter contre l'extrême droite et que c'est bon que c'est c'est c'est un des enjeux à mon sens he principal dans dans la future élection et même dans l'évolution du du paysage politique et encore réinsister sur la question de comment est-ce qu'on convainc des gens c'est vraiment dans l'ordinaire de la vie sociale en dehors des campagnes. les campagnes, elles activent des dispositions à voter, elle elles redonnent de l'importance à la politique, aux partis et cetera.

Mais vraiment le les idées politique dans la majorité de la population qui n'est ni engagée dans un parti, ni dans une association, ni intéressée par la politique au quotidien, c'est vraiment dans l'ordinaire de de la vie sociale he d'où l'importance de faire campagne tout le temps quoi. Enfin voilà, dans dans sa vie au au quotidien. Voilà tout ce que tout ce que je voulais ajouter.

Peut-être un dernier point sur la question tu évoqué voilà les différents électorats possibles sur la question de vo tu paraît des électeurs populaires pas dans les quartiers des grandes villes vo des grandes métropoles et cetera. Moi je voudrais aussi ajouter un élément sur la question des des milieux ruraux. On dit souvent que voilà la la ruralité au singulier généralement et c'est converti à l'extrême droite, au rassemblement national et cetera.

Mais là aussi, c'est pas du tout validé ni euh objectivable par des des recherches en sciences sociales. En fait, la ruralité, ça n'existe pas hein. Il y a des espaces ruraux qui sont socialement économiquement différenciés.

Et ce qu'on observe à à l'échelle plus large, c'est que il y a des conditions spécifiques dans lesquelles l'extrême droite peut augmenter ses voies. C'est notamment des espaces où il y a euh de l'appauvrissement économique, une destruction des collectifs de travail, des formes desindustrialisation qui tout ça vont accompagner des formes de popérisation et aussi des formes d'ancrage du du RN. Donc voilà, je voudrais voilà quand même donner un peu de je sais pas si c'est de l'espoir mais bon il y a des conditions macrosociologiques qui accompagnent le la droitisation et la banalisation de l'extrême droite mais on n'est pas non plus démunis hein pour voilà pour pour y faire face.

Voilà. Merci Manuel. à faire des questions parce que Ouais, merci beaucoup.

Bon, c'est très complémentaire tout ça, donc je rebondis juste sur deux trois points rapidement mais euh peut-être alors oui, c'est un sur la question du des motivations du vote pour l'extrême droite et de la part du racisme là-dedans. Donc, vous en avez déjà pas mal parlé surtout toi Safia. C'est en fait c'est un débat qui est quand même toujours là à gauche enfin aussi bien dans les espaces politiques que dans les espaces scientifiques.

Je veux dire bon on voit bien que derrière ce débat là quoi, enfin qui pour le résumer en fait c'est quelle est la le poids respectif des facteurs sociaux et des et des affectes racistes dans le vote pour l'extrême droite ? C'est vrai qu'il y a quand même deux thèses, je volontairement, je je force un peu, mais il y a deux thèses qui s'affrontent quoi. Enfin, l'une qui dit qu'en fait le vote pour l'extrême droite est fondamentalement, pas exclusivement mais fondamentalement un vote raciste.

Pourquoi ? Bah parce que tout simplement quand on pose la question aux personnes qui votent pour le RN ou pour reconquête, elles nous disent que eux ce qui les préoccupe, c'est l'immigration, c'est les étrangers et cetera. Quand on leur demande même, c'est les travaux de nona meilleur aux sympathisants du RN, si ils se disent racistes, on leur pose ouvertement la question.

Mais ce que vous vous dites raciste ? Il y en a 70 à 80 % qui disent "Oui, moi je me dis raciste." Bon, comment après vous pouvez avoir des gens qui viennent et qui nous exposent l'autre thèse ?

Vous avez compris que je suis assez peu d'accord avec l'autre thèse, mais qui nous dis "Non, non, c'est pas un vote raciste, c'est un vote de souffrance sociale." En fait, les gens qui votent pour le RN sont des perdants de la mondialisation, des gens précarisés et cetera. Et ce qu'ils veulent nous dire, c'est juste que voilà, ils en peuvent plus du capitalisme, mais bon, ils se trompent un peu.

Ils s'en prennent aux immigrés au lieu de s'en prendre aux banquiers. Mais si vous venez et que vous leur expliquez ça comme il faut, euh ils vont vous écouter 3 minutes, ils vont comprendre et ils vont passer d'un vote Le Pen à un vote Mélenchon. Euh bon, moi je crois pas du tout à ce type d'hypothèse.

Vous voyez bien qui défend aujourd'hui ce genre d'idée dans le champ politique, mais y compris en fait dans le champ scientifique hein l'un des grands points de clivage entre le travail de Félicien Fori, des électeurs ordinaires, bon surtout sur le PACA et le travail que tu mentionnais de Julia Kaget et Thomas Piquetti, une histoire du conflit politique, c'est précisément sur cette question là. Kaget et Picketti, ils ont des données sur les résultats électoraux, les statistiques électorales, mais ils ont aucune donnée sur pourquoi les gens votent comme ils votent. Et pourtant, ils vont dans leurs interprétations et leurs analyses nous dire que si les gens votent pour l'extrême droite, c'est pour des raisons sociales et pas racistes.

Et à mon avis, ils se trompent assez euh lourdement sur sur le sujet. Je voilà, je suis content que la France insoumise et prise la direction qu'elle a pris depuis maintenant 6 7 ans sur le sujet, sachant que ça n'a pas toujours été le cas. Euh bah parce que c'est la question des fâchés, pas fâchaux derrière.

Bien sûr bien je referme cette voilà je fais de la polémique puis après je passe à autre chose. Non de la polémique. L'autre point qui m'importe vraiment beaucoup, on en a aussi beaucoup parlé, c'est juste sur les abstentionnistes.

Tu as très bien fait de rappeler Manuel que ça n'a pas toujours été le cas ce différentiel, cette abstention différenciée et le fait que les classes populaires voteraient moins que les bourgeois. C'est c'est en fait ça d'ailleurs c'est piquetagé pour le coup qui le montre bien sur la perspective de long terme. Ça date de il y a 3 qu décennies à peu près.

Mais avant c'était vraiment pas le cas. Et de même que ça n'a pas toujours été le cas. Ça peut changer aussi.

Euh aujourd'hui, on a un exemple récent proche de nous puisqu'il est juste de l'autre côté des Pyrénées. C'est ce qui s'est passé en Espagne quand après euh 4 années de lutte intense diverses et variées lutte sociale hein, les indignés mais tout plein de choses, les maréas, beaucoup de choses, entre 2010 et 2014, vous avez un parti politique qui prend un peu le relais de tout ça et qui capitalise sur ses énergies contestataires, voilà, et militantes qui s'appelle Podemos. et Podemos en 2 ans, il passe de rien, c'est-à-dire 50 militants et 150000 € à euh première force execut du pays avec le Parti socialiste.

Il monte jusqu'à 24 %. Et quand ils atteignent en 2 ans aux élections générales de juin 2016 les 24 %, la moitié de leurs électeurs proviennent de l'abstention. La moitié de leurs électeurs, c'est des gens qui aux élections générales précédentes s'étaient abstenus.

L'autre moitié, c'est des transferts de voie venus d'autres partis, notamment les socialistes, autres. Mais la moitié, c'est des gens qui remobilisent. Et là, j'insiste sur un point, c'est attention dans la façon dont on s'adresse à nos amis, à nos camarades, à notre famille, à nos proches, à nos collègues qui euh sont dans l'abstention.

Bon euh aujourd'hui, il y a très peu d'abstentionnistes endurcis, hein. La plupart des en fait 80 % des gens qui s'abstiennent, c'est des abstonistes abstentionnistes intermittents. Ils s'abstiennent de temps en temps et de temps en temps, ils vont voter.

Il y a que 20 % des abstentionnistes qui sont des gens qui ne vont jamais voter. Donc en au final, en fait, des abstentionnistes endurcis systématiques, il y en a très peu dans ce pays. Mais attention à la façon dont on s'adresse aux abstentionnistes, parce que il faut bien voir quand on est abstentionniste, tous les jours, on se prend des leçons de morale, des leçons de civisme sur le fait qu'on est un mauvais citoyen.

Et il faudrait pas qu'en essayant de les mobiliser, je dis pas que c'est avec des mauvaises intentions, mais il faudrait pas qu'en essayant de les mobiliser, on en rajoute une couche sur bon bah voilà, déjà que vous prenez une série de vindict et de stigmat de la part des éditocrates autorisés, voilà que nous on en rajoute. Il faut enfin et la la frontière elle est mince quoi entre essayer de les remobiliser et leur donner une leçon de morale sur le fait qu'il devraient davantage se mobiliser parce que s'il se mobilisaient plus Mélenchon serait serait élu. Enfin, vous voyez le le Et donc juste et je m'arrête là-dessus sur les abstentionnistes, que Podemos avait fait à la veille des élections générales de de6 en Espagne, c'est que Pablo Iglesias avait diffusé avec tous les canaux de communication très inventifs d'ailleurs qu'ils avaient à l'époque une akarta los abstentionnistas, ça veut dire une lettre aux abstentionnistes dans lesquelles il faisait tout l'inverse de ses leçons de morale.

Il leur disait "Mais moi, vous savez, pendant 15 ans, je me suis abstenu, d'ailleurs en vérité j'ai encore plein de raisons de m'abstenir." Et voilà, vraiment enfin il faut au enfin en fait pardon mais il y a enfin je le dis parce que je m'abstiens aussi moi-même très souvent mais il y a d'excellentes raisons de Non mais il y a d'excellentes raisons de s'abstenir et de préférer agir directement sur les problèmes qui nous concernent plutôt que de les déléguer à un sauveur suprême. Enfin si vous voyez ce que je veux dire.

Et donc ça on doit pouvoir le dire aussi parce que la clé elle est dans ce qu'on fait individuellement mais surtout collectivement au quotidien. pas en déléguant notre pouvoir, c'est-à-dire en nous dépossédant de notre pouvoir vis-à-vis de députés et de militants, militantes aussi vertueux, dévoués et avisés soit-il, mais aussi voilà en agissant, en nous auto-organisant collectivement et c'est pas ça doit pas être je pense l'un ou l'autre l'élection ou l'auto-organisation, ça doit être, me semble-t-il l'un et l'autre. C'est c'est en lien avec l'autre débat qu'il faudra avoir mais je pense que l'ordon doit être en train de parler de ça en ce moment dans l'amphi Louise Michel sur le fait qu'une fois que vous serez dans les ministères et tout, il faudra descendre dans la rue pour je sais pas s'il faudra lutter contre vous mais en tout cas il faudra vous mettre une sacrée pression pour que vous appliquiez le programme qui est le Tu vois, sera pas tout seul.

Je suis content parce que je vois qu'on se comprend. Euh bon voilà, c'est ça. Merci beaucoup.

Euh alors plusieurs éléments. Bon pour prendre dans l'ordre par rapport à ce que tu viens de dire, tu as absolument raison et tu verras que tu vois que tu seras pas tout seul euh à sortir dans la rue. Et non seulement ça sera nécessaire évidemment pour que les programmes défendus soient appliqués et respecté, mais ça sera aussi nécessaire parce que ça sera tout simplement indispensable parce que évidemment que un pouvoir de gauche de rupture dans la 7e puissance économique du monde se retrouve immédiatement confronté à des réactions de toute forme.

Elles peuvent être économiques, elles peuvent être géopolitiques, elles peuvent être financières, elles peuvent être sociales. Euh et que la politique et l'exercice du pouvoir, c'est un rapport de force entre des forces matérielles qui s'expriment et que évidemment vous pouvez, je pense que pas grandci mais on peut légitimement d'abord se dire est-ce que vraiment ils vont respecter leurs promesses ou est-ce qu'ils font comme les autres et ils défendent des choses et ils vont faire l'inverse ? C'est une première question et on a bien sûr le droit de se la poser, mais il y en a une deuxième, c'est est-ce qu'ils peuvent être contraints à ne pas pouvoir appliquer le programme, même s'ils sont honnêtes, même s'ils ont envie de faire ce qu'ils veulent et cetera.

Et donc la nécessité de créer les conditions d'une mobilisation, elle vise à répondre à ces deux problèmes. Contre ceux qui auraient dit des choses et finalement veulent faire l'inverse parce qu'ils sont malhonnêtes, mais surtout contre ceux qui à leur corps défendant se retrouveraient confrontés à une situation de blocage telle dans le pays qui serait obligé de renoncer à un certain nombre de choses. et voir même ça peut répondre à une troisième chose, c'est des gens, ils ont le droit de le penser euh et peut-être parfois d'ailleurs certains d'entre nous peuvent le penser, que sur tel ou tel point notre programme pourrait aller plus loin que ce qui va et que donc la la mobilisation, il y en a aussi qui pensent que ça va déjà trop loin, je me permets de le signaler, euh c'est dans le pays, c'est comme ça. et que donc le rapport de force de la population, il s'exprime évidemment au moment des élections, mais il s'exprime aussi dans les mobilisations et y compris pour pousser un un programme, pour pousser des avancées nouvelles et et donc ça bon ça c'est c'est évidemment décisif et donc non seulement ça me pose aucune difficulté que tu dises ce que tu dis mais même si j'ai la possibilité, je viendrai manifester avec vous parce que je pense que ça sera nécessaire de le faire.

Euh ça c'est la première chose. Mais si je peux me permettre une remarque, je trouve que parfois quand on prend ce débat, on le prend seulement comme "Ouais, bon, on va essayer de gagner et après il faudra le faire." Bah le problème c'est que pour gagner, il faut aussi qu'on crée les conditions d'une mobilisation euh euh populaire au sens large.

Une mobilisation populaire, c'est pas seulement des manifestations, c'est pas seulement des grèves, c'est déterminant, c'est très important évidemment, mais c'est aussi un bouillonnement de la société dans son ensemble. Et ça rejoint un argument qu'on donnait tout à l'heure. Si on veut créer un surplu de mobilisation dont on considère que c'est à cette seule condition qu'on est en capacité de l'importer, de l'emporter, il faut que la société, excusez-moi du terme, mais elle soit chaude, elle soit mobilisée, elle soit activée, elle soit passionnée, elle soit impliquée.

Et ça, ça ne se fait pas que par des supers débats politiques, ça ne se fait pas que par des militants qui vont distribuer des traqus et coller des effiches, même si c'est évidemment déterminant. Ça se fait quand l'ensemble de la société dans tous ces compartiments est mobilisé euh dans l'élection. C'est pourquoi par exemple dans un amphi dans des amphi comme cela, la dimension culturelle, elle est décisive pour nous parce que la dimension culturelle, elle contribue à créer les conditions d'un bouillonnement de la société et de l'idée de l'iminence d'un changement de de de société de société possible.

Donc voilà pourquoi notre responsabilité c'est pas seulement de dire aux gens qui cro y croiraient pas et c'est pour ça que je le prends pas avec distance et je le prends au contraire à mon avis on doit même l'endosser ce discours. C'est qu'en fait si on veut gagner il faut encourager euh les conditions d'une mobilisation post-lectorale mais aussi pré préélectorale. Ça me paraît ça me paraît décisif et et déterminant.

Ça c'est la et et là de ce point de vue-là, on peut quand même le dire sans vouloir être euh euh critique. Euh mais il peut y avoir parfois un phénomène et qu'on peut comprendre euh parce que la lutte c'est dure et moi je suis pas là pour donner des leçons à qui que ce soit. Mais on peut parfois avoir un phénomène en disant "Bon, bon euh comme euh il y a des élections euh on va pas trop se battre cette année parce que c'est l'élection qui va régler euh le problème." Et évidemment que l'élection, elle joue un rôle pour régler le problème, mais ce n'est pas que l'élection qui va régler le problème.

Et l'élection, elle pourra régler le problème si elle s'inscrit dans un contexte et elle s'inscrit dans un moment qui a un moment de rupture avec les politiques qui sont mises en place. C'est cette rupture, elle ne s'exprime pas que dans une campagne électorale. S'exprime au quotidien dans les rapports de force socio-écologiques, démocratiques.

Et donc, on doit l'encourager ce cette mobilisation. Ça c'est la la première remarque que je voulais que je voulais faire. La deuxième parce que là aussi je pense c'est important qu'on qu'on puisse se parler se dire les les choses franchement sur la question du débat fâché et pas fâchaux.

Tu et de la l'analyse qu'on fait. Bah voilà, j'ai plus de fiche, c'est la vie. Excuse-moi, pardon.

Euh euh tu as raison sur le fait que et c'est pas que à la France soumise en fait dans toute la gauche et dans le monde universitaire, il y a toujours eu une sorte de tension entre ce débat. Qu'est-ce qui est l'élément explicatif principal majeur du vote pour l'extrême droite ? D'abord, je me permets de dire que c'est pas contradictoire.

Après, je dirais pourquoi je suis aussi partisan de la thèse que la même thèse que toi ? Mais il faut quand même dire que c'est pas contradictoire. On peut être tout à fait d'une catégorie sociale défavorisée euh dans une zone désindustrialisée euh et voter pour le Rassemblement national parce qu'on a endossé comme grille d'explication de la situation qu'on vit dans la société la question du racisme et précisément d'ailleurs, c'est la stratégie de l'extrême droite et du fascisme de manière générale de donner comme grille de lecture et grille d'explication à la situation individuelle d'une personne dans la société que si elle est dans cette situation, c'est parce qu'il y en a d'autres qui en profitent euh que il y a des gens qui travaillent pas comme toi mais qu'on le droit.

Donc en fait, parfois je trouve que même si le débat a existé sur quel est le facteur principal d'explication, ça c'est vrai, mais parfois on oppose l'affect et la condition sociale alors que l'affecte c'est c'est précisément le résultat d'une stratégie politique qui vise à donner à la condition sociale une grille explicative qui soit une grille explicative du racisme de l'extrême droite et cetera. Et ça c'est la bataille politique qu'on mène avec l'extrême euh et le problème qu'il y a dans la thèse qui consiste à dire euh en gros euh c'est les gens sont pas vraiment racistes et cetera, c'est que petit à petit, et c'est ce que tu disais toi-même, ça revient à rendre ou à faire du racisme une opinion politique acceptable comme une autre. Et ça revient en quelque sorte à le mettre au même point, au même niveau que les divergences sur les les positions économiques et cetera.

C'est ça le problème de cette thèse-là. Et le 2e problème de mon point de vue de cette thèse-là, c'est que elle a maintenant beaucoup été utilisé par la droite, le l'oligarchie de manière euh euh générale pour affaiblir la gauche. Enfin, il y a pas un plateau de télévision où vous êtes pas confronté.

Alors, c'est un peu moins le cas et je vais vous dire pourquoi dans quelques instants à cette question. Oui, mais parce que le le le médias, ils ont plein de méthodes, mais eux-mêmes, ils font quand même des analyses parfois et dans leurs analyses parfois et parfois et il voit bien que la difficulté qu'on a pointé nous-mêmes, la désillusion, la désillusion, la résignation, le fait qu'on y croit pas, il ils ont ils le savent que c'est une difficulté pour nous. Pour ça que le outre les polémiques, les inventions, les calomnies et cetera, leur principal vecteur d'affaiblissement de ceux qui veulent changer la société, c'est de répandre la résignation, de dire "Ah, vous y arriverez pas, ça sera pas possible et cetera." Et une des manières de répandre la résignation, c'est de dire "Oui, mais de toute façon, vous avez perdu la bataille des catégories populaires qui votent aujourd'hui toutes à l'extrême droite, les ouvriers ne votent plus pour vous, pourquoi vous allez y arriver ?

Vous voyez bien que c'est impossible pour vous et cetera." Donc en fait cette théorie là, elle a aussi été endossée par nos adversaires au service de leur objectif qui est de répandre cette résignation. Alors que et je vais vous dire pourquoi c'est un peu moins le cas maintenant queil y a 5 ou 10 ans, mais tout simplement parce que c'est faux.

Parce que quand vous regardez et je crois que c'est toi qui l'a dit tout à l'heure, les analyses électorales de 2024 ou de 2022, vous vous verrez que si vous prenez le les la population par niveau de revenu et pas par statut, je vais dire pourquoi après par niveau de revenu, vous verrez que la force politique et le candidat qui a l'élection présidentielle 2022 fait le plus gros score dans les catégories de la population qui ont le moindre revenu, c'est Jean-Luc Mélenchon et la France à soumise largement sur les premiers première strate, ça s'équilibre après sur les strates suivantes. Mais souvent les médias comme les sondeurs et c'est pour ça que d'ailleurs les sondeurs se trompent souvent dans les et dans leur dans leur sondage. C'est pas juste parce que ils sont au service des riches et des puissants.

Il conservve une grise d'analyse de la société qui est par grand bloc sociologique. Donc on fait ouvrier, on fait employer et on utilise dans le débat public ouvrier comme synonyme de pauvre et ouvrier et employé comme synonyme de pauvres. Alors que évidemment quand on est ouvrier, employé, on fait pas partie des catégories de la population qui sont les plus riches.

Mais aujourd'hui, il y a une développement d'une nouvelle forme de pauvreté qui est le précaria des des salariés sans statut et qui sont pas forcément dans la catégorie ouvriers mais qui aujourd'hui parce qu'il y a eu des luttes syndicales, parce qu'il y a eu des luttes sociales et que eux ils en ont pas en l'occurrence et qui sont souvent très isolés dans leur rapport à l'exploitation et ben font partie des catégories de la population qui sont les plus faibles. Et ces catégories de la population, elles votent davantage pour nous. Et je faisais une petite discrétion sur les sondages parce que une des un des principales, vous savez, moi j'avais saisi des des la commission des sondage pour essayer d'avoir un débat avec eux.

Je suis dit il faut être optimiste dans la vie. Peut-être qu'on pourra certains les faire changer d'avis. J'ai pas réussi hein, je vous le dis.

Euh mais en leur disant "Mais en fait, vous ne comprenez pas que vos grilles d'analyse de de de vos échantillon de sondeur en fait vos grilles d'analyse ne correspondent plus à la société dans laquelle on est aujourd'hui." Ça veut pas dire attention qu'il y a plus de lutte des classes, qu'il y a plus d'ouvriers et d'employés. Ça veut dire que le capitalisme dans sa nouvelle forme, il a individualisé les parcours professionnels, il a fracturé les situations euh sociales, il a cassé les solidarité collective et que donc les catégories qui décrivaient la la politiquement la société il y a encore 30 40 ou 50 ans, elles sont plus pertinentes pour le décrire aujourd'hui.

Et je leur avais on on avait eu cette cette discussion avec eux. Or eux, les sondeurs, ils continuent en fait à prendre un échantillon de la population et comme leur échantillon ils arrivent jamais à capter suffisamment les catégories les plus euh les éloignés de la politique, donc les plus pauvres, ils font du redressement et notamment ils font du redressement sociologique. Et quand ils font du redressement sociologique, ils font du redressement sociologique sur la catégorie employé, ouvrier et cetera.

Mais c'est-à-dire en fait par exemple, c'est quoi du redressement ? me pose la question, c'est par exemple normalement quand tu fais un la définition légale d'un sondage, c'est que euh tu dois avoir un échantillon, tu peux pas interroger toute la population, tu dois avoir un échantillon qui est représentatif de la population et pour déterminer la représentativité de ton échantillon, donc tu vas interroger 1000 personnes mais tu veux que ces 1000 personnes, c'est pas les 1000 qui sont là parce que si c'est les 1000 qui sont là, normalement on va gagner dès le premier tour de l'élection présidentielle. Donc si tu prends les 1000 qui sont là, ça va pas être représentatif.

Donc tu dois être représentatif de la population et donc tu dois avoir des critères de représentativité de la population. Et les critères de représentativité de la population, bah c'est l'âge, c'est il faut qu'il y ait le même pourcentage d'ouvriers, d'employés dans ton échantillon que dans la population de manière générale. Et quand tu as pas si dans ton échantillon, tu as que la moitié du nombre de jeunes que tu devrais avoir, et ben tu vas donner un poids aux réponses des jeunes.

Tu vas les prendre deux fois plus en compte dans ton calcul général. Tu vois, tu vas compenser ton déficit de représentation et c'est ce qu'ils appellent du redressement. Euh et leurs échantillons sont jamais représentatifs.

Vous prenez les sondages if qui sont publiés sur l'élection présidentielle, vous regardez leur échantillon, ils ont un truc qui est le mémoire de du vote de 2022 qui demande aux gens "Vous avez voté quoi à l'élection présidentielle de 2022 ?" et les gens qui donc l'échantillon est censé être représentatif de la population française et vous avez dans les trucs de hop 13 14 % des gens qui vous disent j'ai voté Mélenchon à l'élection présidentielle de 2022 alors qu'il y en a eu 22 % dans la population française. Donc leurs échantillons sont jamais représentatifs.

Donc il faut toujours des redressements sauf que leur catégorie de redressement elles sont pas bonnes. Leur catégorie de retraissement elles sont pas bonnes. Elles décrivent pas la population française comme elle est comme elle est aujourd'hui.

Voilà ce que ce que c'était le deuxième élément. Je suis parti un peu un peu loin. Et enfin, dernier élément pour après je vous laisse peut-être un dernier rebond parce que vu le nombre qu'on est et l'heure qu'il est et les et l'ensemble des conférences, ça sera peut-être le mieux.

Le dernier élément que je voulais euh donner, c'est sur ce que tu as dit, je pense, sur euh la campagne, elle se fait d'abord dans les tu vois, dans les dans le quotidien et cetera et ça c'est absolument déterminant et c'est la raison pour laquelle on a on a beaucoup défendu et on va beaucoup défendre et beaucoup développer dans la campagne parce que à nous notre travail après c'est de mettre en œuvre sur la base des analyses qu'on fait des mécanismes de campagne euh qui permettent de passer de la théorie à la pratique. C'est pour ça qu'on a ce que j'appellerai la campagne moléculaire quoi. Une personne doit convaincre cinq personnes et puis dans chacun de ces cinq personnes, chacun doit aller convaincre cin de personnes.

Ce n'est pas que par le collectif, c'est important le collectif, les rapports de force, les démonstrations de force, mais c'est par comportement individuel qu'on peut convaincre. et notamment et c'est la dernière idée que je voulais développer, il y a un mécanisme qui est très bien décrit décrit par Vincent Tibéri à la Boessie qui est le le mécanisme de socialisation inversée. C'est-à-dire jusque-là, on considérait dans la population française que les plus jeunes générations, elles prenaient les habitudes politiques de leurs aînés.

Et il y a de plus en plus un phénomène de socialisation inversée, c'est-à-dire comment les jeunes générations influencent les générations précédentes dans leurs habitudes politiques. Peut-être certains d'entre nous ont on a déjà pris cet exemple au moment du débat sur l'introduction de l'IVG dans la Constitution où il y a des sénateurs de droite là qui voulaient pas voter et il y a des petites des petits enfants qui sont allés les voir et leur dit "Mais si tu votes pas ça, moi je viens plus jamais te voir." Et ils ont ils ont ils ont changé d'avis.

Donc voilà, il faut compter sur ces mécanismes là aussi pour y arriver. Voilà. Pardon, j'ai été un peu plus long que vous.

Alors, si vous voulez avoir un mot de conclusion, je vous le laisse. Si vous en voulez pas, on s'arrête là et c'est déjà très bien. Ça vous va ?

Merci beaucoup à tout le monde. Merci à tout le monde. Merci de votre enthousiasme.

On espère que ça vous a donné des éléments pour mener la bataille politique. On va enchaîner rapidement parce qu'il y a d'autres conférences. Bonne suite des travaux.

Bon courage à vous. En espérant que ça se passe au mieux pour tout le monde. Merci à vous. mon pantalon.