World Giverny 2026 - Discours de clôture de Sébastien Lecornu, Premier ministre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:37Invité politiqueFait
« je pense que tout le monde a compris qu'il avait fait chaud cet été et que désormais celles et ceux qui sont dans une forme de déni climatique apparaissent comme étant complètement décalé et à rebour. »
- 3:56Invité politiqueFait
« la souveraineté, c'est choisir. La souveraineté au fond, c'est d'ailleurs d'être capable de résister aux pressions extérieures queles qu'elles soit. »
- 10:16Invité politiqueFait
« Si un député porte telle ou telle option, bah pour 15 ou 20000 € vous pouvez prendre les services d'un cyberattaquant à l'autre bout de la planète qui peut injecter dans le débat public des élections législatives de telle ou telle circonscription de quoi faire battre le député en question, pourquoi se priver ? »
- 15:07Invité politiqueFait
« c'est pas normal qu'un aussi petit pays que le nôtre arrive à faire encore d'aussi grandes choses. »
- 17:57Invité politiqueFait
« chaque année, il y a des amendements députés et sénateurs qui le font, hein. Bon, on pourrait se dire que la loi de programmation sur la recherche, faut complètement la sabrer, on fait rien. »
- 26:09Invité politiqueFait
« les intérêts de la dette sont une laisse étrangleuse terrible pour le pays. »
- 26:52Invité politiqueFait
« Faute de majorité, je le regrette de plus en plus de ne pas avoir de majorité mais qui permettent à celles et ceux qui vont nous suivre de prendre d'autres orientations. »
Temps de parole
- Sébastien Lecornu100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bien, bonsoir à toutes et à tous. Heureux de vous retrouver très nombreux dans un format assez original, faut bien le reconnaître. On peut mesurer, chers Romain, le chemin parcouru depuis maintenant h éditions si ma mémoire est bonne. Effectivement, je suis heureux à la fois de vous accueillir comme élu local, conseiller départemental de de ce canton de Vernon Giverni, président du musée des impressionnismes. Il y a pas mal de collègues élus locaux qui sont là. le maire de Givni évidemment, Sébastien, le président du département, Alexandre François le maire de Vernon.
Bref, je les cite parce que c'est aussi une fidélité territoriale et je le dis parce que ça faisait partie un tout petit peu du deal si j'ose dire et du pacte entre les organisateurs romains mais aussi l'ensemble des partenaires qui l'entourent et les élus du territoire, c'est de faire en sorte d'avoir non seulement un événement dont vous pouvez vous inspirer de Giverni, mais il faut aussi que l'événement soit inspirant pour le territoire, permettre aussi d'organiser une visibilité, d'organiser aussi au fond un chaînage d'idées entre des expériences locales et des expériences plus globales.
Alors là, pour succéder à à l'ambassadeur de la République populaire de Chine, on voit bien que les expériences ne sont pas que locales, elles sont aussi internationales avec une dimension qui est complètement nouvelle. Et puis euh comme en témoigne non seulement le chapitau mais aussi le programme, j'ai lu effectivement la les contributions euh dans la voiture en en arrivant et au fond un programme dont on pourrait se dire mais on est quand même loin pour celles et ceux qui sont les habitudes du forum depuis le début de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises.
En tout cas, on en est pas si loin, mais il est clair que de chemin parcouru, y compris dans leonnement des thématiques qui sont choisies, nombreuse. Et d'ailleurs, je me suis permis de dire à Romain, mais au fond, ce qu'il n'y en avait pas trop et est-ce qu'au fond ça ne partait pas un peu dans tous les sens. Puis à la réflexion non, puisque lorsque Romain insistait ce matin, je crois dans son propos introductif, et vient de leur faire un l'instant en disant "Vous avez essayé de concentrer tout ça autour d'une dimension 3s: soutenabilité, sécurité, souveraineté." Bah, c'est sûr qu'on y voit le fil conducteur. À vrai dire, je suis pas certain que ça soit 3 S.
Je pense qu'on est plutôt sur 2 + 1 S parce que et la soutenabilité et la sécurité ou les sécurités en tout cas nous amène pratiquement à la souveraineté et au fond on peut le prendre par tous les bouts. En tout cas les deux concepts et je vais essayer d'aller au-delà des concepts comme vous l'avez fait toute la journée dans vos travaux les travaux initiaux pour donner les propositions mais également les travaux j'imagine que don à des actes tout au long de la journée de travail. Au fond on voit bien que on se dit bah d'accord tout ça est un peu conceptuel.
Enfin, derrière quand on creuse un tout petit peu, il y a quand même non seulement des éléments d'actualité, je vais vous en faire grâce. Je pense que tout le monde a compris qu'il avait fait chaud cet été et que désormais celles et ceux qui sont dans une forme de déni climatique apparaissent comme étant complètement décalé et à rebour. Le ministre Mathieu Le Fre est là, il lutte contre cela parfois au quotidien au rebour de toute forme de bon sens. Donc le sujet n'est pas tant que de faire lanceur d'alerte ou de donner des constats, mais c'est évidemment de donner des solutions. Et au fond, c'est intéressant parce que la sécurité, qu'est-ce que ça veut dire ?
ou les sécurités, ça pose surtout la question de tenir parce que très vite on a pu le voir sur les crises, incendie, canicules désormais sécheresse. D'ailleurs, on va de nouveau avoir un pic de chaleur, j'espère le dernier de la saison ce weekend, mais enfin les effets de la la sécheresse eux vont évidemment se faire ressentir d'où les annonces de la ministre de l'agriculture ce matin.
Au fond, ça pose la question de l'endurance, ça pose la question de est-ce qu'on arrive à tenir et j'y reviendrai monsieur le préfet, ça pose la question aussi au travers les crises et les menaces, est-ce que l'État et de manière plus globale la puissance publique y compris locale, donc les collectivités, les puissances publiques sont capables de tenir ? La deuxième notion de soutenabilité pose la question de l'endurance.
Alors là, j'y reviendrai aussi, c'est pas complètement neutre parce que ça nous aide aussi à nous détacher un tout petit peu de l'actualité, à regarder un peu l'histoire qui a derrière nous, j'en dirai un mot dans un instant, puis aussi accessoirement, sans être égoïste, qu'est-ce qu'on veut laisser à nos successeurs ? Donc c'est la question de la temporalité, l'endurance comme la comme la soutenabilité. Puis la souveraineté, c'est pas intuitif, mais la souveraineté, c'est choisir. La souveraineté au fond, c'est d'ailleurs d'être capable de résister aux pressions extérieures queles qu'elles soit. Il peut y avoir des pressions d'ailleurs qu'on accepte mais on les a décidé.
Mais ça pose la question de choisir dans une société et un monde politique dans lequel il est de plus en plus difficile de choisir. Mais au fond les trois S là bon soutenabilité, souveraineté, sécurité. Si au fond il fallait donner qu'un seul mot, bah ça s'appelle la liberté. à la fin des fins, c'est la liberté de choisir ou au contraire se priver toute forme de liberté et de subir qui pourrait d'ailleurs un autre s ou subir, ça suffit amplement. Mais la liberté à mon avis le point de démarrage de notre réflexion dans la voiture. En lisant tout ça, je me suis souvenu d'un d'une visite quasi impromptue que j'avais faite au aux invalides.
Vous savez qu' un hôpital important aux invalides qui est vraiment réservé pour nos nos grands invalides de guerre et nos grands malades. Et discrètement, j'avais visité l'amiral Philippe de Gaulle. Donc vous connaissez évidemment l'affiliation qui non seulement a un nom de famille mais c'était fait un grand prénom puisque inspecteur général de la marine lui-même avait participé à la libération de Paris comme jeune enseigne de vaisseaux et il savait qu'il allait mourir. Il était dans l'automne de sa vie. J'étais jeune ministre des armées, fin 2022 au début 2023 en tout cas c'était dans l'hiver.
et il a le regard un peu qui se perd et je l'ai déjà raconté une fois publiquement mais les yeux quasi humides d'ailleurs et il dit "Vous savez monsieur le ministre, je vais je vais mourir et au fond il y a une seule question auquelle je n'ai toujours pas la réponse au moment où je vais mourir c'est pourquoi on a perdu en 1940 ?" Et ça m'a bouleversé parce que venant de lui, d'un homme aussi intelligent qui avait été parlementaire, qui était le dépositaire de ce qu'est le gaisme dans toutes ses composantes y compris militaires, au fond que devant ce jeune ministre des armées, il en soit à dire "Mais il y a quelque chose que je n'ai toujours pas compris, c'est pourquoi on a perdu en 40." Et au fond, on voit bien qu'on tourne autour de la même idée, c'est-à-dire de ne pas arriver trop tard et de ne pas gagner la guerre d'hier.
Sous-entendu, comment se fait-il qu'une grande nation et une grande puissance comme la France, pas que militaire, mais en juin 1940, n'a pas été défit sur le champ de bataille, n'a même pas eu le temps de combattre. Et comment avec pourtant un empire colonial à l'époque derrière lui, des alliances, une supériorité, c'est tout l'appel du 18 juin, ce n'est pas la supériorité des Allemands, mais la tactique fait qu'à un moment donné tout s'est effondré.
Et si on ne comprend pas ça et dans un monde désormais politique et culturel dans lequel la place de l'histoire est trop faible, on ne comprend pas pourquoi toutes les années 50 et toutes les années 60 ont été organisées autour de cette seule idée avec en plus la récidive de l'expédition malheureuse de Suèse dans lequel nous n'avons pas été défaits militairement mais nous n'avions tellement plus de capacité souveraine de soutenabilité et de sécurité pour nous-même y compris financière économique et industrielle qu'au moment où l'allié américain a dit Stop ! Les Britanniques et les Français n'ont pas eu d'autre choix que de s'exécuter.
Et alors vous allez dire "Mais pourquoi il parle de ça ?" Bah au fond parce que on tourne autour plus ou moins de la même idée. Et si je redépie un tout petit peu la question des sécurités, je le disais c'est comment tenir. Bon la principale difficulté par rapport aux années 60, si je fais des allers-retours historiques, c'est au fond, on aurait fait le même forum dans les années 60. Déjà, on aurait beaucoup parlé de l'État parce qu'au fond, la place de l'État était centrale.
Et pour cause et pour cause, elle l'est toujours aujourd'hui, mais on va y revenir peut-être un peu différemment mais surtout et c'est peut-être aussi le chemin du forum depuis 8 éditions, c'est de se dire "Mais il y a pas que la puissance publique qui doit faire des choses. Comment nous les entreprises, on prend aussi notre part du chemin ? Comment les ONG prennent leur part du chemin ? Il y a h éditions qui traitent de ça. La difficulté c'est qu'aujourd'hui l'État n'est plus seul. Il est fondamentalement concurrencé. Il y a quelques années, vous aviez l'État, vous aviez déjà les marchés financiers, mais c'était pas complètement les mêmes qu'aujourd'hui.
Vous aviez déjà des grandes multinationales, enfin pardon, elles étaient souvent pétrolières ou lié aux hydrocarbures. Donc l'État déenait toujours plus ou moins la ressource naturelle première. Et puis vous aviez de temps en temps des phénomènes qui concurrençaient l'État. Malheureusement, on nen est pas débarrassé. Le terrorisme, enfin globalement le champ des acteurs qui pouvaient menacer la souveraineté d'un pays était cela. Bon, aujourd'hui, l'affaire est beaucoup plus complexe. Déjà, les États sont revenus à une ambiance davantage 19e 20e siècle.
Les guerres froides se réchauffent sur fond, j'y reviens pas, je l'ai dit déjà dans mes anciennes fonctions ici même, sur fond évidemment de chantage nucléaire, de guerre aux portes de l'Europe. Vous connaissez tout ça, j'en dis pas plus mais enfin les marchés financiers ont plus un comportement complètement différent et pour cause, les marchés obligataires ont complètement évolué depuis les années 60 70. C'est plus du tout le même environnement financier pour ceux qui empreintent comme pour ceux qui se font évidemment prêter. Les États eux-mêmes, même dans le cœur régalien sont concurrencés. Le mercenariat, il y a toujours eu un peu de mercenariat ici ou là dans les pays d'Afrique.
Enfin, j'invite juste quand même à à réfléchir quelques instances sur ce qu'a Wagner ou ce qu'est le nouveau Wagner aujourd'hui. On imagine pendant l'URSS une milice privée marchait sur Moscou. le mercenariat numérique dans lequel jadis depuis qu'il y a de l'informatique il y a des attaques cyber. Pas la peine de faire semblant de le découvrir. Enfin, les attaques cyber d'état à état sont plutôt fait soit pour espionner, on est tapis dans l'ombre, on bouge pas, on aspire les données, on s'en sert. Je fais attention parce qu'il y aur de Chine ici. Et de l'autre côté potentiellement des des missions de cyberattaque mais avec une grammaire d'État état connu, maîtrisé.
Bah aujourd'hui, vous voyez bien que les cyberattaquants sont parfois des loups solitaires, des mercenaires, pas tellement d'ailleurs que des gens qui font ça de manière idéologique, mais qu'ils font aussi pour nuire à des intérêts économiques qui sont précis et privés, y compris d'ailleurs dans les ingérences numériques étrangères dans le débat démocratique. Si un député porte telle ou telle option, bah pour 15 ou 20000 € vous pouvez prendre les services d'un cyberattaquant à l'autre bout de la planète qui peut injecter dans le débat public des élections législatives de telle ou telle circonscription de quoi faire battre le député en question, pourquoi se priver ?
Ça, on va on va être confronté à ce genre de de réalité. Le narcotrafic, il y a toujours eu trafic de stupéfiant. Enfin, la réalité c'est que on n'est plus du tout dans un sujet de narcoétat. Il y en a toujours eu, il y en a encore. Désormais, on a une criminalité organisée mondiale qui concurrence directement les États. Le seul chiffre d'affaires à évaluer, c'est compliqué de l'évaluer, mais du trafic de drogue en France, c'est pratiquement 7 à 8 milliards d'euros avec plus d'un million de français qui consommeraient de la cocaïne.
Et donc une criminalité organisée qui s'épaule et qui vient épauler le cyber et qui vient épauler le terrorisme et qui vient même potentiellement être instrumentalisé par des services étrangers. C'est notre premier problème sur votre forum de la journée, si j'ose dire, qui devient le mien par cette expression publique, c'est que notre cadre de référence dans le recours à l'État est un problème puisque l'État est fondamentalement concurrencé sur tous les plans. Et dans une société française qui en plus attend toujours beaucoup de l'État, y compris quand l'État n'est pas responsable. Où sont les climatisations dans les écoles ? Bah c'est pas l'État qui est responsable, il n'a jamais été.
Ce sont les communes. Donc faut pas se tromper au moment où on vote aux élections municipales. Je note que les Vernanaises et les Vern se sont pas trompé mais il faut le dire. Pareil pour l'organisation des incendies enfin de tout ce qui est services départementaux des incendiers et de secours. À la fois l'État commande mais enfin depuis tout le temps, ce sont ce qu'on appelait les arsenaux communaux qui ont été départementalisés sous forme de Zice. Mais le rapport à l'État, il est très curieux. Et d'ailleurs sur une des années de ce forum, on avait posé la question qu'est-ce qui doit être décentralisé ou pas ? Qu'est-ce qui doit faire partie du cœur régalien ou pas ?
Bah, vous pouvez pas parler de sécurité en disant l'adaptation au changement climatique c'est du régalien et sans se poser la question de la juste répartition entre les collectivités locales. Sébastien Martin qui est ici à présider ou préside son intercommunalité connaît ces sujets. Mais là, il y a un sujet d'organisation du pays parce que au moment où le citoyen vote et le moment où il paye des impôts, il sait plus pourquoi il le fait en fait. Et à chaque fois à la fin, c'est l'État. Ça me dérange pas, j'aime l'État. Enfin, c'est quand même une réalité qu'il faut euh interroger. Ce qui me permet quand même de dire que nous français, l'État tient.
Je l'ai dit la semaine dernière dans un autre cadre euh mais je suis frappé de voir que le fond du problème, contrairement à ce que certaines oppositions veulent bien raconter, d'ailleurs croyant critiquer le gouvernement mais ne s'en rendant pas compte qu'il finissent par critiquer l'État et c et ceux qui le servent, c'est-à-dire les fonctionnaires, c'est un autre débat. Notre État en crise. Le problème de l'État en France, c'est pas les crises. C'est pourquoi un État qui est aussi agile pendant les crises redevient aussi rigide entre deux crises.
Pourquoi un état qui est capable de prendre sur lui un niveau de risque énorme lorsqu'il se passe quelque chose de grave n'arrive pas lorsque la mer est calme à donner le même degré de liberté et surtout le même rapport à la prise de risque ? parce que et j' reviendrai sans doute en conclusion, mais il y a il y a pas de traitement des menaces et des sécurités sans prise de risque. C'est pas vrai. Comme je le disais, le risque zéro n'existe pas. Ça pose la question du rapport aussi de la société française au risque avec une classe politique qui est en train d'expliquer en plus à l'ensemble de la population que le zéro risque existe et que on va être capable de le déployer.
Mensonge, ça va s'en dire. Mais il ne faut pas mentir au peuple français qui est un peuple politique et qui évidemment se rend compte de ce sujet parce que le risque pour notre état c'est non seulement d'être rigide quand ça va bien mais pour reprendre une formule que j'ai employé bien souvent notre vrai risque à nous français pour faire aussi la comparaison avec 1940 c'est d'être défit sans avoir été envahi. On revient au risque cyber on revient à l'hybriité. On revient aux questions environnementales, on revient aux questions énergétiques, on revient à l'ensemble des questions de résilience de la société, y compris l'agriculture et la capacité à produire. Ensuite, souveraineté.
Bon, là aussi, il faut pas mentir aux Françaises et aux Français. Les Golises dans les années 60 et même les gouvernements et Dieu sait qu'il y en a eu sous la 4e République, ils ont toujours fait des choix. On était avec quelques-uns juste au-dessus là à Vernon sur ce qu'on appelle le plateau de l'espace pour mettre la première pierre de My Space. Myaspace, c'est notre module français et un peu européen mais français avant tout qui va nous permettre d'avoir un lanceur réutilisable sur différentes orbites pour faire vite. Mais enfin la réalité c'est que c'est pas normal qu'un aussi petit pays que le nôtre arrive à faire encore d'aussi grandes choses. Il y a une raison à ça.
Alors après on peut faire c'est parce qu'on est français qu'on est on est formidable tout ça. Bon ça très bien. C'est à qui ? Mais c'est surtout parce que on a su dans le passé faire des choix. et on a su faire des renoncements et personne ne parle des renoncements. Mais Pierre Mesmer, le général de Gaulle, Michel Debray, lorsqu'il décide de mettre du poids de corps politique, industriel budgétaire sur notre dissuasion nucléaire entre 1960 et 1965 66 alors qu'il y a la guerre d'Algérie en même temps, il décident de réduire courageusement le format de notre armée de terre.
Ils font des rencements, ils expliquent pas au peuple français, on va garder des corps expéditionnaires comme avant alors qu'on devient puissance doté. Je prends un exemple militaire parce qu'il est illustratif, mais nous ne serons souverains sur l'essentiel que si nous sommes capables de faire des choix, sinon on sera moyen en tout. Et ça, c'est une pente française naturelle qui consisterait pour raconter des histoires de dire on va s'éparpiller comme ça, on aura mis un petit doigt un peu près partout et à la fin on sera bon nulle part. Et c'est l'ensemble de l'enjeu qui est le nôtre désormais qui est de faire des choix. Des choix qu'on a fait sur l'intelligence artificielle.
On a du retard sur le quantique. On n pas de retard sur le newspace. On n pas de retard sur les usages, on en a sur les lanceurs. Mais il faut dire la vérité au français sur la nécessité de faire des choix et donc de ne pas se tromper. Ce qui est d'ailleurs, je fais une petite parenthèse plus politique, bien notre problème à nous en ce moment au gouvernement. Ah, je vais vous dire, bon, j'ai passé ma semaine à faire des réunions budgétaires. En fait, la réalité, c'est que sur tout ce qui prépare l'avenir, je reviendrai à la soutenabilité, à l'endurance dans un instant, on n pas vraiment de pression politique.
Pourrait faire un budget dans lequel on fait au lieu de faire 6 milliards d'euros d'augmentation pour la défense, on fait que trois, une demi-marche. France 2030, on pourrait dire bon bah ça France 2030 c'est t tous les programmes de subvention pour l'ensemble de notre tissu économique qui permet soit de financer de la recherche soit même de financer plus que de la recherche des choses qui sont déjà très appliquées. On pourrait complètement suspendre France 2030. Je fais une parenthèse, je le dis pour les journalistes politiques. Chaque année, il y a des amendements députés et sénateurs qui le font, hein.
Bon, on pourrait se dire que la loi de programmation sur la recherche, faut complètement la sabrer, on fait rien. Pareil sur les questions environnementales ou industrielles, les deux ministres sont ici. Mais d'ailleurs, on le ferait, on aurait trois ou quatre papiers dans la presse pour dire que c'est scandaleux. On aurait aucune pression de censure. C'est quand on a une on propose des choix courageux sur le présent. qu'on a une pression politique de censure parce que le présent c'est évidemment la dimension électoraliste de tout ça. On se dit bah attention là quand même ça fait 10 millions d'électeurs.
Papam toute référence à un débat en cours sur les plateaux de télévision sur mais reconnaissons quand même qu'on est dans un moment complètement surréaliste dans lequel si on décidait de sacrifier l'avenir au présent ah bah le budget de la défense c'est pas compliqué. Vous le remettez au niveau dans lequel il était en 2017. On n plus à à plus de 5 % du PIB. on retombe à 4,4 4,5 ça peut aller très vite. On ne propose évidemment pas ça, cela va s'en dire. Mais il va falloir quand même poser la question quand il y a la présidentielle parce que maintenir l'endurance pour rester bon sur de l'IA, sur du quantique, sur tous ces sujets va nécessiter forcément des choix et des rencements.
Et quelque chose me dit que des renoncements, j'en proposerai comme premier ministre avec les collègues évidemment dans le budget pour l'année prochaine, mais on sait tous que c'est un peu un demi-budget parce que celles et ceux qui vont nous succéder vont le reprendre à leur mains. Donc il faut quand même que l'élection présidentielle tranche un tout petit peu cette question sans quoi c'est pas la peine de parler de souveraineté parce que tout le monde parle de souveraineté, tout le monde est pour.
D'ailleurs, d'ailleurs c'est peut-être le seul sujet, le seul mot, le seul concept sur lequel du Rassemblement national jusqu'à la France insoumise dans l'hémicycle, les gens disent "Faut être souverain." Bon, souvent ils veulent l'être sur des choses qui servent à rien ou des choses du passé. Mais mais je note que quand c'est un héritage, tout le monde est d'accord. Lorsqu'il s'agit de faire un effort, c'est moins net. Et ça c'est une difficulté évidemment pour l'intérêt général parce que dans les années 60 l'égolistes ont su faire des choix. D'ailleurs, je rappelle que la loi de programmation militaire qui crée notre dissuasion nucléaire, Michel Debray doit l'imposer par 493.
Ça dit déjà quelque chose du caractère éclairé du l'Assemblée nationale de l'époque. Et le Sénat lui courageusement décide de voter une motion de rejet préalable. Si bien que le Sénat n'aura jamais regardé à l'époque par antigolisme primaire le contenu de la programmation militaire. Comme quoi, il faut pas non plus trop se désoler du présent. Parfois on peut trouver dans quelques références historiques de quoi se consoler. En tout cas, la question de notre autonomie va aussi poser la question notre question de souveraineté, je crois avoir vu dans le programme que vous l'avez parfois traité, pose la question des alliances.
C'est même l'autonomie stratégique gauliste ou golienne poussée à son paroxisme n'est pas du tout l'ostracisation ou euh l'isolement hein. Je rappelle même d'ailleurs que c'est dans cette période que on paramètre l'entrée dans le marché commun. C'est dans cette période certes qu'on paramètre une nouvelle relation à l'OTAN mais qui n'est pas la sortie de l'OTAN qui est la sortie du commandement intégré parce qu'on a notre dissuasion pour continuer à prendre un exemple militaire. Pardon d'y revenir souvent mais enfin vous avez bien compris que c'est ma marotte.
En tout cas, la réalité c'est que là, il faut aussi que la campagne qui s'ouvre nous aide à trancher pour tous les sujets que vous avez traités aujourd'hui. Là où il faut être souverain, absolument, c'est-à-dire ce que nous devons avoir en propre, notamment la décision ultime en quelque sorte, ce que l'on accepte de partager avec des alliés et auquel cas il faut que ça soit interchangeable ou si ça ne l'est pas, bah on l'accepte. C'est pas subi, c'est un choix. comme les Britanniques ont accepté de dépendre des États-Unis en matière militaire, on a fait le choix inverse. Mais si c'est un choix, c'est un choix.
Et puis il faut pas raconter d'histoire aux Françaises et aux Français sur certains sujets de masse. Alors masse monétaire, masse financière, je parlais du spatial là quelques instants. La masse d'investissement, bah la profondeur stratégique est forcément européenne, ce qui n'abîme pas forcément la souveraineté si c'est un choix et si c'est bien paramétré.
Mais la question de notre profondeur stratégique parce qu'en fait c'est ça la question y compris d'ailleurs sur les marchés financiers d'où les attaques en règle de certains contre la dette la signature française telle que vous avez pu le voir depuis la rentrée politique parce que c'est un des moyens au fond de mettre un coin dans la confiance dans notre système monétaire dans la BCE dans la signature de la France. Tout ça n'est pas zodin. Ce n'est pas que de la démagogie. Ça ça part d'une démagogie mais il y a un projet politique qui est beaucoup plus intelligent et donc beaucoup plus pervers et cynique derrière. Bon bah, ça pose quand même évidemment cette question.
Et enfin, dernier point, il y a pas de souveraineté et de choix sans temps long et sans stabilité. C'est une évidence. La plupart des thématiques que vous avez travaillé aujourd'hui, qui peut croire un seul instant qu'il suffit de faire un décret, un bout de loi, une matinale pour le ministre et ensuite next. Bon là, on a un vrai problème culturel, y compris pardon chez nos journalistes. Je le dis avec beaucoup de respect. Tout le monde sait que je un rapport à au média qui a un rapport très sain. Enfin, je je suis pas dans j'aime pas toutes les dérives du moment d'ailleurs. Mais la réalité c'est quand on a fait le plan électrification, on a essayé de mettre de l'ordre.
On a abord une stratégie stratégie bascarbone. Bon tout le monde s'en est foutu pour être complètement honnête. Ça a fait trois papiers. Très bien. Ensuite, on a dit on va prendre la programmation pluriannuelle pour l'énergie pour faire une vraie stratégie et industrielle et énergétique en disant on tourne la page du fossile avant la guerre en Iran et on y va plein tube sur nucléaire énergie renouvelable. Bon, c'est passé moins inaperçu. On a eu des motions de censure sur le sujet. Bon, on dirait 3è plan au moment où ça part un peu dans le décor dans le Moyen-Orient, on se dit bah c'est quand même bizarre notre modèle.
On produit trop d'électricité, on maîtrise l'affaire, ça coûte moins cher mais on préfère dépendre du carbone et des énergies fossiles. Alors le savoir c'est une chose, ne pas le corriger, c'est une faute, sauf être pervers. Donc plan électrification, pareil, ça a duré 2 jours. Le temps long n'intéresse plus la plupart des élites, qu'elles soient politique, qu'elle soit malheureusement, pardon de vous le dire, parfois économique, médiatique, culturelle, voire parfois religieuse. Et c'est bien notre problème, c'est que nous ne trouverons aucune des réponses dans les thématiques que vous avez pu travailler aujourd'hui, une fois de plus, sans une forme de goût du temps long.
Moi, je vois bien comment il faut 10 ans pour avoir un laboratoire de recherche sur telle ou telle application. Je vois bien comment en un exercice budgétaire ou un mouvement brutal sur la glace, on est capable de le détruire. C'est exactement ce qu'on paye avec la RGPP au ministère des armées, par exemple. 1 an pour fermer des labos, 15 ans et trois fois plus d'argent pour le rétablir. C'est un message que je passe assez clairement aussi sur ce qui peut nous arriver en matière budgétaire dans les mois qui viendront. parce que certains sujets peuvent souffrir d'une loi spéciale pendant quelques semaines. Absolument pas jusqu'à la fin de l'année prochaine.
Et donc là, c'est plus une question politique ou politicienne, c'est bel et bien une question de souveraineté et une question de cohérence aussi avec ce qu'on attend de la l'indépendance nationale. Soutenabilité, pardon, je suis déjà trop long, mais je vous le disais, c'est la question de l'endurance mais aussi de la transmission. sur pas mal de sujets, on est quand même content de récupérer ce que les grands anciens avant nous ont décidé. Bon, on a quand même droit de se poser la question ce qu'on va leur laisser.
C'est pas toujours réjouissant, mais quand même, il y a des raisons aussi d'espérer dans ce temps long français parce que mine de rien, après avoir été un peu critique, je pondaire, il y a quand même une conscience dans beaucoup de milieux que malgré tout faut s'accrocher sur cette question de la soutenabilité. Bon, ça pose quand même la question de la soutenabilité financière et budgétaire, la question de la dette, la question du déficite public. Tout ça n'est pas trivial parce que la réalité c'est qu'en fait ne pas choisir c'est tout simplement abandonner toute perspective de pouvoir encore choisir l'année prochaine ou l'année d'après.
Les intérêts de la dette sont une laisse étrangleuse terrible pour le pays. On a une seule chance dans notre affaire, c'est que si on prend quelques décisions difficiles dans les temps qui viendront, ça évitera celles et ceux qui nous suivront, quel qu'ils soit, quelle qu'ils soit, quelle que soit leur couleur politique, de prendre des décisions qui seront brutales et aveugles. Notre seule chance en ce moment, c'est quelques décisions difficiles qui ne sont pas forcément brutales seront peut-être irréversibles et permettront de passer cette bosse. Mais on peut pas désormais faire comme si les marchés obligataires ne s'étaient pas largement durcis ces dernières semaines.
La poursuite de la guerre en Iran sous une autre forme plus la sécheresse et l'effondrement de notre rendement agricole sur ce trimestre nous mett en risque. Pas du tout un risque de faillite, pas un risque de défaut, pas la peine de créer une panique qui n'existe pas. à la seule condition de choisir, à la seule condition de maîtriser notre déficit et de faire des propositions qui seront courageuses en tout cas je le crois mais qui ne seront pas le plan RUF Piné 1958. Faute de majorité, je le regrette de plus en plus de ne pas avoir de majorité mais qui permettent à celles et ceux qui vont nous suivre de prendre d'autres orientations. Je vais être encore plus direct.
Le gouvernement n'est pas là pour léguer son programme. Il est là pour léguer de la liberté pour que celles et ceux que les Français vont choisir puissent exercer leur programme. Et donc, j'espère que les États-majeurs des candidats à la présidentielle recevront le message 5/ 5 parce que les intérêts, les calculs politiciens s'arrêtent au moment où les marchés financiers font leurs propres calculs et là évidemment nous joue gros et on joue notre crédibilité, la crédibilité de la signature de la France. Et aussi, c'est pour ça que nous sommes en train de bâtir une copie dans lequelle il y a pas d'augmentation d'impôts, en tout cas une stabilité fiscale.
Après, vous avez des niches qui peuvent bouger et cetera, mais ça c'est comme tous les ans depuis toujours. Mais stabilité fiscale parce que avec une croissance faible et fragile comme celle que nous connaissons au moment où on se parle, il n'est pas question de faire un mouvement brutal qui viendrait complètement l'abîmer et créer évidemment des difficultés. Je pourrais être encore long sur la soutenabilité. Ça pose plein de cadres de référence démocratique. Ça ne se fait pas sans les populations. Euh l'organisation des pouvoirs publics, faut se poser une bonne fois pour toute la question de qu'est-ce que l'État garde ?
Qu'est-ce que les collectivités locales doivent assumer davantage ou moins ? Mais en tout cas, on voit bien que la question du 1 feuille administratif désormais, c'est pas qu'un problème budgétaire, c'est un problème aussi dans la gestion de crise, la question de la justice et de l'équité parce que tous ces thèmes sont bien, mais ça ne vaut que si à un moment donné aussi les Françaises et les Français comprennent exactement qui doit faire quoi dans l'ensemble de ces défis. La place de la science aussi, je crois que vous l'avez en grande partie traité. Enfin, on voit bien qu'elle est parfois concurrencée par des gens qui la remettent en cause, parler du climat.
On a tous vécu le Covid la remise aussi en cause de la parole même de ce que peut être la médecine. On le voit actuellement avec le débat sur les sur les médicaments, médicaments qui sont plus utiles que d'autres. Bon bah, c'est pas moi qui le dit, c'est la science, il faut savoir l'écouter. En tout cas, le cadre de référence de tout ça est évidemment clé. Non, j'aimerais juste terminer par un point qui me tient à cœur. On pourra parler de tout, hein, de soutenabilité, de souveraineté, de sécurité. On ne fera rien sans patriotisme.
Et au fond, je le disais tout à l'heure, j'ai terminé par là d'ailleurs en improvisant aussi un peu, mais le général de Gaul disait les les grands peuples le sont pour l'avoir voulu. Et c'est au fond un peu ça quand même qu'il va falloir trancher dans les mois qui vont venir, c'est quel grand peuple encore on veut être demain face non seulement au réchauffement climatique, aux enjeux de menace, à une géopolitique qui est durablement déréglée. Pas la peine de faire semblant, c'est pas une parenthèse, c'est quelque chose qui va se poursuivre.
une économie qui va bouger, un défi démographique énorme, vieillissement de la population, effet sur la branche vieillesse, la branche maladie, donc défi sur la sécurité sociale absolument majeur. 160 ou 1700 élèves en moins en cette rentrée scolaire, c'est c'est pas une petite affaire. Et d'ailleurs, vous voyez bien aussi que ce défi démographique est plutôt au fond un déni démographique dans le débat public parce que tout le monde fait, tout le monde en parle mais tout le monde fait comme si tout ça n'existait pas. les défis technologiques, on peut parler de tout ça, mais à la fin des fins sur ces enjeux, quel peuple français et quelle France on veut dans 10, 15 ou 20 ans ?
Et je crois que c'est au fond le seul nœud gordien qu'il faut trancher non seulement dans les débats de l'automne au Parlement sur le budget, mais ça c'est assez secondaire à certains égards, même s'il faut un budget, mais surtout dans les mois qui vont venir pour l'élection présidentielle, car rien ne remplacera la dimension patriotique dans le redressement du pays et dans les défis à relever. Merci à toutes et à tous.
[applaudissements]
Sébastien Lecornu