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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 juillet 2026 20 min

Marine Le Pen, fin de vie, canicule...Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Jacobelli, vous qui êtes aussi porte-parole de la campagne de Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle, vous venez de recevoir un soutien qui vient de loin, celui de l'homme le plus riche du monde, Elon Musk, qui écrit ceci dans un message posté hier sur son réseau X, elle est le dernier espoir de la France, évoquant évidemment Marine Le Pen. Comment accueillez-vous, comment recevez-vous ce soutien ?

0:23
Marine Le Pen

D'abord c'est vrai, Marine Le Pen est le dernier espoir de la France, une France sur-endettée, une France emploie à l'insécurité, à l'immigration submersive, une France désindustrialisée, oui bien sûr il faut changer les choses, et oui le seul espoir c'est évidemment Marine Le Pen. Après vous savez, les soutiens qui viennent d'ailleurs, nous ne les sollicitons pas, nous les lisons, nous les comprenons, chacun a le droit de s'exprimer. C'est pas n'importe qui, c'est un peu en commun ? Non mais je vois que beaucoup de beaux esprits sont choqués, ils étaient moins choqués quand un président des Etats-Unis appelait à voter pour Emmanuel Macron, ou un chancelier allemand.

Je pense qu'il faut regarder tout cela avec beaucoup de distance, avec beaucoup de mesures. Ce qui compte, c'est pas la vie de personnes à l'étranger ou aux Etats-Unis, qu'ils soient riches, qu'ils soient puissants ou pas, c'est la vie des Français. Et c'est ça qu'on a hâte de voir dans quelques mois et dans les urnes.

1:11
Invité

Mais Elon Musk, c'est quand même celui qui a apporté son soutien à l'AFD en Allemagne, qui a diffusé des fausses informations et a attaqué le Premier ministre britannique, et Kerr Starmer, quelque part, il vous met dans le même panier que l'extrême droite la plus dure européenne.

1:26
Marine Le Pen

Non, non, mais attendez, nous ne sommes pas responsables, ni même nous ne devons pas répondre de ceux qui nous soutiennent. Il s'est prononcé, d'autres personnes, j'imagine, dans le monde se prononceront. Une fois encore, nous, nous allons mener campagne en France. Nous avons toujours dit que ce n'était pas une personnalité hors des frontières françaises de se prononcer sur cette élection qui appartient aux seuls concitoyens français. Personne ne peut, je crois, changer le cours des choses de l'extérieur, mais ni même de l'intérieur, d'ailleurs. Certains voudraient limiter la liberté d'expression, comme au Sénat, comme on l'a vu récemment, avec l'idée d'ingérence intérieure.

Je pense que tout cela est dangereux et qu'il faut maintenant la liberté d'expression des Français, la liberté de choix des Français. C'est ce à quoi nous sommes attachés. Tout le reste, écoutez, c'est la liberté d'expression.

2:13
Présentateur

Laurent Jacobelli, l'Assemblée a adopté hier définitivement la partie de la loi sur la fin de vie qui ouvre le droit à l'aide à mourir. Vous avez voté contre. Si Marine Le Pen est présidente, elle revient dessus ?

2:26
Marine Le Pen

Vous savez, on ne va pas revenir sur toutes les lois. Il faudra vérifier simplement qu'il n'y a pas d'abus, parce que c'est ça le risque aujourd'hui. Aujourd'hui, avec cette loi dite fin de vie, qui est une loi d'euthanasie, une personne sous tutelle, par exemple, peut décider de vouloir mourir alors qu'elle n'a pas le droit d'émettre un chèque. Là-dessus, il y a beaucoup de garanties. Il y a quelques garanties, mais une personne en souffrance psychologique intense, en forte dépression, peut avoir des envies suicidaires. Elle a 15 jours pour se rétracter, mais parfois, un mois après, les gens vont mentalement mieux parce que leur traitement a changé.

2:57
Invité

La douleur psychologique n'a pas été retenue. Il faut subir une maladie incurable avec un pronostic vital engagé.

3:04
Marine Le Pen

Oui, mais une fois encore, l'état psychologique du patient peut jouer sur sa décision. Cet état psychologique peut changer. Or, par exemple, il n'est pas inscrit dans la loi que la visite d'un psy soit obligatoire pour enteriner, j'allais dire, la libre conscience de la personne qui se prononce. Et puis, nous avons des exemples, malheureusement à l'étranger, en Belgique, où on a commencé comme ça. Et puis, quelques années après, c'était la même liberté du choix à mourir pour les mineurs. Et on a aujourd'hui des gens qui sont en forme de dépression en Belgique. C'est beaucoup moins permissif que ce qui se fait en Belgique, Laurent Gécoméiste, qui a été adopté hier par l'Assemblée.

Le problème, c'est qu'on a mis le doigt dans l'engrenage.

3:40
Présentateur

Mais ça n'ira pas plus loin. Qu'est-ce qui vous fait de l'engrenage ?

3:42
Marine Le Pen

C'est ce qu'on a dit en Belgique, c'est ce qu'on a dit au Canada, c'est ce qu'on a dit aux Pays-Bas. Et puis, vous avez les soi-disant progressistes qui, chaque jour, viennent nous dire « Ah bah oui, mais il faut élargir ce droit de l'aide à mourir. » Vous savez, moi, je suis député pour aider les Françaises et les Français à vivre mieux, pas à mourir. Et donc, j'ai un problème de conscience par rapport à cette loi.

4:01
Invité

Même si je comprends la souffrance de certaines familles,

4:06
Marine Le Pen

la souffrance de certains individus qui savent que la faim est irrémédiable et qu'elle est douloureuse. Mais je vais vous dire, on a aussi un autre problème. Il ne faudrait pas que ce soit la solution de facilité par rapport au manque de soins palliatifs à Libourne.

4:19
Présentateur

Mais ça, ça fait l'objet d'une autre loi.

4:20
Marine Le Pen

Oui, mais ça, c'est une autre loi, mais qui aujourd'hui n'est pas appliquée.

4:23
Présentateur

Qui augmente les soins palliatifs.

4:23
Marine Le Pen

Ben non, vous voyez, je crois qu'il y a quelques jours, les soins palliatifs de Libourne, de l'hôpital, ont fermé. Voilà, faute de médecins. Donc, il y a tout derrière une logistique qui ne suit pas. Mais encore une fois, ce n'est pas incompatible. Que vont devenir ces malades qui ne sont pas soignés en soins palliatifs ? Ils vont souffrir et est-ce qu'ils vont avoir recours à la mort ? Je pense que ça pose des questions fondamentales, des questions essentielles. Je comprends, je vais être honnête avec vous, ceux qui ont voté pour, je comprends aussi... Il y en a quelques-uns à votre camp, d'ailleurs. Il y en a 12 chez nous, mais on avait la liberté de vote.

Je trouve qu'aujourd'hui, c'est mon avis, toutes les garanties ne sont pas prises pour éviter les débordements qu'on a pu connaître ailleurs dans le monde. Vous savez, il faut regarder ce qui se passe dans d'autres pays qui ont quelques années d'avance ou de retard sur nous et se prémunir. Je pense qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas prémunis.

5:09
Présentateur

Laurent Jacobelli, je vous soumets la réaction et cette prise de parole d'un homme, d'un malade qui porte ce combat depuis des années. L'ancien journaliste Charles Bietry, atteint de la maladie de Charcot, qui écrit ceci. Les députés ont changé le cours de ma mort. Je ne mourrai pas en Suisse. Il choisira quand il le voudra, quand les souffrances deviendront insupportables de mourir en France. Que lui répondez-vous ?

5:32
Marine Le Pen

Que je le comprends. Je ne peux pas vous dire autre chose. Est-ce que vous ne l'entendez pas ? Je le comprends et je l'entends. En revanche, aujourd'hui, il y a déjà un cadre qui s'appelait la loi Claes-Leonetti. Il y avait certains soins palliatifs. Je comprends effectivement que certains ne veuillent pas mourir dans la douleur. C'est audible et ça s'entend. Je vous dis que la loi qui a été votée ne me semble pas, et je crois que c'est le cas de beaucoup de députés, nous prémunir d'un certain nombre d'excès que je crois vous avoir cités. Je tiens à préciser qu'il n'y a que 50,4% des députés qui ont voté pour.

Moi, vous savez, je crois que sur des lois sociétales comme celle-là qui implique un changement profond de la société, de la manière dont on regarde l'humain, de la manière dont on regarde les soins, de la manière dont on regarde la vie et la mort, un référendum aurait été la meilleure des choses pour que le peuple français se prononce.

6:20
Invité

Et vous, au pouvoir, vous pourriez lancer un référendum pour changer cette législation ?

6:24
Marine Le Pen

Non, mais je ne pense pas qu'on va passer notre temps à changer les législations. Je pense qu'il y a beaucoup à faire. Donc vous ne reviendrez pas là-dessus ? Par contre, nous serons très vigilants...

6:29
Présentateur

Augmenter les soins palliatifs, par exemple ?

6:31
Marine Le Pen

Nous serons très vigilants à augmenter, merci, les soins palliatifs. Nous serons très vigilants à ce qu'il n'y ait pas d'excès, pas de débordement, à ce que les plus fragiles, ceux qui sont les plus isolés, ceux qui sont les plus faibles, ne soient pas tentés de mourir, tout simplement pour soulager leur famille ou soulager, selon eux, la société. Je rappelle, le devoir des médecins, et je dirais aussi le devoir du législateur, c'est de protéger la vie et non pas de donner la mort.

6:54
Invité

Laurent Jacobelli, autre loi votée hier, la loi Riposte du ministre de l'Intérieur, qui prévoit notamment une légitime, une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, ça pourrait être une loi du RN ?

7:06
Marine Le Pen

Ah oui, mais c'est carrément un article qui est piqué dans notre programme, et tant mieux, je vais vous dire...

7:12
Invité

Dans le programme de Jean-Marie Le Pen, en tout cas, pour cette proposition...

7:15
Marine Le Pen

Pour cette proposition précise, c'est ce que nous demandons depuis longtemps, c'est-à-dire que par rapport à un pouvoir et une gauche aussi, qui font des policiers les coupables et des voyous les victimes, nous, nous voulons qu'un policier, quand il est contraint de faire usage de la force, soit présumé en acte de légitime défense pour ne pas faire des policiers, des coupables, systématiquement, comme on le voit aujourd'hui.

7:36
Présentateur

La gauche, il y a vu un permis de tuer, Laurent Jacobi, vous disiez où il voulait protéger la vie. Non, non, mais attendez, ce n'est pas un permis de tuer,

7:40
Marine Le Pen

ce n'est pas James Bond. La force légitime, c'est la force de la police. Quand les policiers, qui sont des gens qui sont dévoués à la sécurité nationale et à la paix publique, utilisent leurs armes, c'est qu'ils y sont contraints. Moi, je regrette l'image de la gauche devenue complètement folle et complètement irrespectueuse à l'Assemblée nationale, qui sème le chaos contre la police et contre les lois de la République, qui invite un gang, comme le gang Traoré, a semé le chaos au sein de l'hémicycle. C'est irresponsable et c'est, je crois, tout à fait sédicieux.

8:11
Invité

Vous parlez de gang, c'est une association qui défend les victimes de tirs policiers. Oui, mais moi, je parle d'un gang. Je parle d'un gang en parlant de la famille Traoré. Qui était dans le public dans l'hémicycle la semaine dernière et qui s'est exprimé...

8:21
Marine Le Pen

Non, non, qui se sont comportés comme des voyous en agressant notamment un certain nombre de personnels de l'Assemblée nationale. Il y en a un, si vous regardez les images, qui a failli passer au-dessus du balcon. Il faut ramener l'ordre et l'autorité. Mais vous avez raison. C'est une loi que nous proposons depuis longtemps. Vous savez, je crois que souvent, les commentateurs, nos opposants ont dit le Rassemblement national raconte n'importe quoi. Ils ont une drôle de vision de la société.

Aujourd'hui, sur la plupart des questions, sur la sécurité, et on le voit là, sur l'immigration, sur l'économie, sur la mondialisation, sur l'agriculture, eh bien, petit à petit, ils reconnaissent tous que nous avions raison, raison avant les autres.

8:55
Présentateur

Ici, dans l'espèce, puisque vous évoquiez pour la fin de vie les possibilités de dérives, comment éviter, ici, les dérives, justement ? Quelle garantie vous apportez ? Comment on fait pour que ça ne devienne pas,

9:05
Marine Le Pen

justement, un permis de tuer ? Notre police est la plus contrôlée du monde. Le problème, aujourd'hui, en France, ce ne sont pas les policiers, c'est les voyous, c'est l'insécurité. J'ai noté quelques chiffres pour vous depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Les violences physiques ont augmenté de 8% par an. Les violences sexuelles de 11% par an. Les viols et tentatives de viol de 15% par an. Les tentatives d'homicide de 8% par an. Je vais vous dire, cette loi Riposte, elle va régler un certain nombre de problèmes, mais pas tous.

Il ne faut pas une loi fourre-tout qui additionne les petites mesures, il faut une loi structurante pour que notre justice mette les voyous en prison, isole la société de ceux qui veulent lui nuire. Ça veut dire des peines planchées, ça veut dire une nouvelle justice des mineurs, ça veut dire la construction de prison.

9:49
Présentateur

Il faut construire des prisons,

9:52
Marine Le Pen

ça veut dire des peines incompressibles, ça veut dire le retour dans leur pays d'origine des étrangers criminels et délinquants, ça veut dire des mesures très fortes, il faut une nouvelle loi justice, c'est évidemment pas cette loi. Ça va être

10:02
Invité

l'un des axes de votre campagne, celle de Marine Le Pen dont vous êtes le porte-parole ?

10:07
Marine Le Pen

Bien sûr que nous allons parler de sécurité, bien sûr que nous allons parler de justice. régalien, contre l'immigration, sans bouger de vos positions. Je vais vous dire quelque chose, un pays qui laisse des pédophiles en liberté, et on vient de le voir, même le ministère de la justice le reconnaît, il y a à peu près 700 pédophiles reconnus, pédocriminels, en liberté. Il faut que de moyens d'abus protègent plus ses concitoyens et notamment ses enfants et ses personnes âgées, bref, les plus vulnérables, est un pays en souffrance.

Nous ne voulons pas d'une France en souffrance, nous voulons d'une France qui se redresse, une France qui renaisse, et c'est pour ça que la justice sera au cœur, bien sûr, du débat, et ça doit l'être, parce que les Français le réclament.

10:47
Présentateur

La justice et les finances publiques, on va en parler dans quelques secondes ensemble, Laurent Jacobelli, 9h moins le quart, c'est l'heure du Filinfo et c'est avec vous, Antoine Jeffin. Deux hommes de 18 ans mis en examen et placés en détention provisoire pour leur rôle dans les deux incendies qui ont dévoré la forêt de Fontainebleau, feux fixés, mais qui ont parcouru plus de 2000 hectares. Ce pompier volontaire et cet étudiant ont reconnu leur implication. Emmanuel Macron se rend sur place ce matin. Devant les juges d'instruction hier, Jérôme Barrella est resté muet sur les faits qui lui sont reprochés.

L'intérimaire de 41 ans est mise en examen pour le meurtre et le viol de la petite Liana, 11 ans et pour le viol et les agressions sexuelles commises sur Rosa, 10 ans. 31 départements en vigilance orange canicule aujourd'hui, 15 en alerte orange aux orages, des dégâts hier en Ardèche, en Mayenne et dans la Sarthe. 13 000 foyers toujours privés d'électricité ce matin selon Enedis. Combien de supporters français pousseront-ils dimanche derrière l'Espagne en finale du Mondial de football ? Les Espagnols défieront en effet les champions du monde argentin. Tombeur hier soir de l'Angleterre, 2 buts à 1. Petite finale France-Angleterre, ce sera samedi. France Info.

11:59
Marine Le Pen

Et nous sommes toujours avec vous,

12:06
Invité

Laurent Jacobelli, porte-parole de Marine Le Pen, députée RN de la Moselle. La France fait face à une nouvelle canicule et à de nombreux incendies. Vous, le RN au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez pour mieux lutter contre ces incendies ?

12:22
Marine Le Pen

D'abord, vous me permettrez d'avoir une pensée pour tous les pompiers professionnels et volontaires qui se battent sur le terrain. Il y a même eu des victimes chez les pompiers. Cette pensée aussi pour toutes ces familles qui doivent abandonner leur maison. Le gouvernement, on va être très honnête, n'est pas responsable des feux en lui-même. Il ne faut pas non plus l'accabler de tous les maux. Ce sont à 90%, je crois, des incendies liés à l'humain. Une cigarette laissée par terre ou au contraire un incendie volontaire comme je crois, on est en train de le découvrir à Fontainebleau. En revanche, la responsabilité de l'État, c'est le manque d'anticipation et notamment sur les canadaires.

Moi, je pense à M. Gabriel Attal qui a rayé d'un trait de plume le financement de deux canadaires. On en serait dans une autre situation.

13:05
Présentateur

Oui, probablement,

13:06
Marine Le Pen

mais la sécurité civile doit-elle être la variable d'ajustement ? Non. Une fois encore, la sécurité des Français... Justement, Gabriel Attal

13:12
Invité

a répondu hier. Il a dit que que ce soit LFI ou le RN, vous propagiez des contre-vérités parce que s'il n'a pas pu commander les canadaires, c'est parce qu'il n'était pas en production suffisante à l'époque. Non, non. Mais il a quand même lancé deux commandes de canadaires, ce qui était le maximum que pouvait faire la France à l'époque.

13:30
Marine Le Pen

Non, non, c'était... Vous savez, le président de la République lui-même, alors Gabriel Attal aurait dû l'écouter, c'était son président lorsqu'il était Premier ministre, disait qu'il voulait 16 canadaires au lieu de 12, ça fait bien 4. Donc M. Gabriel Attal a signé un décret que tout le monde peut aller voir, qu'il a signé, donc il ment pour réduire les...

13:46
Invité

Mais c'était le premier gouvernement à lancer une commande depuis 30 ans.

13:48
Marine Le Pen

Mais d'accord, si vous voulez. Mais il y avait beaucoup de choses à faire. Par exemple, l'année dernière, lors du projet de loi de finances, Julien Rancoule, qui est un député pompier du Rassemblement national, avait proposé des kits pour équiper les A400M, qui sont des avions que nous avons aujourd'hui, pour leur permettre, évidemment, ce n'est pas des canadaires, mais pour leur permettre quand même de lutter contre le feu. Le gouvernement a dit non. Donc il y a un moment... C'est dans les tuyaux, ça. Mais ça aurait pu l'être il y a un an lorsque nous l'avons proposé. C'est l'une des solutions, par exemple.

Donc à force de prendre du retard, à force de ne pas anticiper, eh bien nous manquons aujourd'hui de moyens. Et la filière française, car il existe aujourd'hui des projets de solutions alternatives aux canadaires canadiens, donc qui seraient des avions français, eh bien là encore, cette filière fait l'objet d'un sous-investissement d'un manque d'intérêt de la part du gouvernement. Donc le manque d'anticipation, nous le payons aujourd'hui. Et puis nous payons aujourd'hui aussi les lubies des verts sur le fait de ne pas faire de sentiers dans les forêts, de ne pas avoir de points d'eau pour le cas où il y a des incendies.

Eh bien aujourd'hui, quand vous accumulez tout ça, plus l'irresponsabilité de délinquants et de criminels qui mettent le feu, plus le réchauffement climatique, eh bien nous arrivons dans la situation actuelle. Je le répète, la sécurité civile notamment, c'est-à-dire nos pompiers, ne peuvent pas être une variable d'ajustement budgétaire. On ne peut pas laisser partir notre patrimoine forestier en flamme. On ne peut pas laisser les Français sans abri. Mais ça, tout le monde le dit aujourd'hui. Oui, mais vous savez, une fois encore, moi, la puissance magique de la parole, je n'y crois pas. Nous, les politiques, nous devons prendre des actes. Des actes, ça veut dire des priorités budgétaires.

Et je le répète, aujourd'hui, s'il manque de Canadair, c'est la faute de M. Attal.

15:24
Présentateur

J'aimerais qu'on évoque votre affiche de campagne, Laurent Jacobelli, parce que le parti Renaissance de Gabriel Attal, qu'on évoquait à l'instant, vous assigne, vous, le RN en justice pour parasitisme, contrefaçon de marque, pour avoir utilisé le terme Renaissance dans votre première affiche de campagne.

15:39
Marine Le Pen

Oh, bébé Macron, pas content. Bébé Macron, faire colère. Gabriel Attal ferait mieux maintenant de nous présenter son programme plutôt que d'essayer d'avoir des argusties juridiques contre le RN tous les matins. Il a l'air très, très nerveux en ce moment, Gabriel Attal. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué. J'ai l'impression qu'il est contrarié. Je ne sais pas si c'est la candidature de Marine Le Pen, celle d'Edouard Philippe, les sondages, le manque de soutien qu'il peut avoir. Je ne sais pas ce qu'il a, mais il est très nerveux. Écoutez...

16:04
Invité

Attendez, vous avez fait quand même le soir de la déclaration de candidature de Marine Le Pen. Oui. Vous diffusez une affiche, Marine Le Pen, les bras écartés, pour la France, la Renaissance. La Renaissance. Voilà votre slogan. Vous reprenez le nom du parti de Gabriel Attal. Non, non, non, je vais vous dire... Vous vous étonnez qui réagissent.

16:20
Marine Le Pen

Non, mais la Renaissance...

16:21
Invité

Tu n'as pas de la provocation ?

16:22
Marine Le Pen

Absolument pas. La Renaissance française... Non, mais je vais essayer de vous expliquer si vous me laissez le temps. La Renaissance française, c'est ce que nous voulons. Je pense que personne, mais vraiment personne au monde, n'associe le terme Renaissance à Gabriel Attal. Ils ont été, au contraire, ceux qui ont fait en sorte que la France meure à petit feu et non pas renaisse. Donc, je pense qu'ils ne peuvent évidemment pas réclamer ce bilan. Je pense que nous, nous voulons vraiment une Renaissance française, que nous faisons référence, vous l'avez compris, à la Renaissance notamment italienne, celle où les sciences, où le progrès, où l'humanisme ont fait un bond en avant.

Et puis, la Renaissance de notre beau pays, qui, comme le Phénix, à chaque fois qu'il a eu à affronter une période difficile, a pu renaître. Vous savez, il y a quelques... Il y a quelques autres exemples. Le Louvre, par exemple, a lancé l'opération Nouvelle Renaissance pour de nouveaux accès aux musées, etc. Gabriel Attal n'a pas fait de procès. Renaissance est un mot dans le dictionnaire. Je crois que M. Gabriel Attal devrait se calmer, réfléchir à son programme, compter ses troupes, essayer de ne pas appréhender cette élection présidentielle comme un objet narcissique et névrotique, mais plutôt comme un combat d'idées, idées qu'il semble ne pas avoir aujourd'hui.

17:33
Présentateur

Marine Le Pen, Laurent Jacobelli, candidate à la présidentielle, condamnée à deux reprises, qui se pourvoient en cassation, données favoris en effet dans les sondages. Vous vous dites que c'est gagné aujourd'hui, Laurent?

17:45
Marine Le Pen

Bien sûr que non. Aucune bataille n'est jamais gagnée. Je vais vous dire, je vais reprendre les termes de Jordan Bardella, nous devons affronter cette campagne comme si nous étions des outsiders. C'est-à-dire qu'il faut convaincre, expliquer notre programme qui fait souvent l'objet de caricatures. Il faut aller sur le terrain, rencontrer les Français, les convaincre un par un pour gagner. Nous allons mener une campagne à la fois programmatique et à la fois sur le terrain avec deux personnalités en front.

Nous aurons Marine Le Pen pour la présidence de la République, Jordan Bardella qui fera la campagne à ses côtés comme futur Premier ministre et nous allons aller à la rencontre des Français avec un programme solide et réaliste pour leur dire

18:24
Présentateur

Il est où ce programme par ailleurs ?

18:26
Marine Le Pen

Attendez, on est en train de travailler. Il est en cours ? Il est en cours ?

18:29
Invité

Gabriel Attal qui n'aurait pas de programme.

18:30
Marine Le Pen

Nous avons déjà émis pas mal de propositions quand même sur des économies à faire, sur la sécurité, sur l'immigration. A chaque fois, nous aigrénons notre programme mais le programme en tant qu'entité chiffrée avec un calendrier d'application, vous l'aurez évidemment à la rentrée comme pour tous les partis politiques. Nous faisons un travail sérieux. Malheureusement, la situation économique de notre pays se dégrade chaque jour donc nous devons toujours rénover nos données ce que nous faisons très sérieusement mais je crois que nos idées ne vous sont pas inconnues en tout cas je l'espère et je suis prêt à vous répondre si vous avez des points qui vous paraissent obscurs.

En revanche, en revanche, nous voulons dire aux Français il n'y a aucune fatalité. Aucune fatalité à la désindustrialisation, aucune fatalité à la perte de pouvoir d'achat, aucune fatalité au salaire faible, aucune fatalité à l'insécurité et à la perte de notre identité par l'immigration. Nous devons simplement nous retrousser les manches, faire la plus grande union, la plus grande alliance possible pour gérer et gouverner ce pays. Nous le ferons avec les Français. C'est ce sur quoi nous travaillons avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.

19:25
Présentateur

Laurent Jacobelli, merci d'avoir été l'invité du but de France Info ce matin. Député Rassemblement National de la Moselle porte-parole de Marine Le Pen 8h53.

Marine Le Pen, fin de vie, canicule...Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli — Marine Le Pen · Pourquijevote