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ChroniqueFrançois-Xavier Bellamy· 18 mai 2021 3 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

Le ministre de l'Intérieur devient le ministre des coups de menton et des condoléances

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00François-Xavier BellamyFait
    « Il s'agit d'une manifestation organisée par des policiers qui disent leur colère, leur désespoir même, devant la violence qui les frappent tous les jours, toutes les nuits, hier soir encore à Argenteuil, une violence qui se déploie en toute impunité. »
  • 2:00François-Xavier BellamyChiffre
    « Le problème, c'est qu'il fait partie de ce gouvernement qui se vante d'avoir sorti 13 500 détenus de prisons à l'occasion de la crise du coronavirus. »
  • 4:00François-Xavier BellamyFait
    « On a une justice qui est sous dotée depuis très longtemps, qui n'a pas les moyens de ses missions, il suffit de comparer les chiffres. »
  • 6:00François-Xavier BellamyFait
    « Les gouvernements de droite ne se sont jamais faits gloire d'avoir fait sortir de prison 13 500 détenus d'un coup. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- Le premier flic de France, Gérald Darmanin, dans la rue demain lors du rassemblement des policiers. C'est sa place ? C'est très étonnant.

C'est la première fois je crois, qu'on voit un ministre de l'Intérieur manifester contre sa propre inaction. Parce que c'est de cela qu'il s'agit. Il s'agit d'une manifestation organisée par des policiers qui disent leur colère, leur désespoir même, devant la violence qui les frappent tous les jours, toutes les nuits, hier soir encore à Argenteuil, une violence qui se déploie en toute impunité.

Et le ministre de l'Intérieur vient...

Alors je sais pas, moi je crois que quand on est ministre de l'Intérieur, on a mieux à faire que manifester, on a les leviers pour agir, et c'est ça qui est attendu aujourd'hui de Gérald Darmanin. Le problème, c'est qu'il fait partie de ce gouvernement qui se vante d'avoir sorti 13 500 détenus de prisons à l'occasion de la crise du coronavirus. - On parle de conditions particulières, vous le savez ?

Vous savez aussi que pour rentrer en prison aujourd'hui en France, il faut vraiment l'avoir voulu - des gens qui sont condamnés, pas qui sont en détention préventive. Il me semble qu'il y a quelque chose d'indécent aujourd'hui dans le fait de vouloir assumer, dans une espèce de "en même temps" absurde, à la fois cette politique complètement laxiste du point de vue judiciaire, et en même temps de venir manifester aux côtés des policiers. Si le gouvernement continue comme ça, le ministre de l'Intérieur deviendra le ministre des coups de menton et des condoléances, et je ne crois pas malheureusement que ce soit de très bonne augure pour la sécurité, et pour la paix civile en France. - Il y a les condoléances, et il y a l'émotion : que le ministre de l'Intérieur viennent soutenir les policiers après les chocs de Rambouillet et d'Avignon.

En quoi ce serait malvenu qu'il apporte son soutien en cette période ? C'est évidemment très bienvenu qu'il apporte son soutien, mais le soutien que, je crois, les policiers et les gendarmes attendent, c'est celui de l'action du ministre chargé de le représenter. C'est celui de la reconstruction d'une chaîne pénale qui soit efficace. - Annonces de peines durcies, annonces de mesures en partie attendues par les policiers, des syndicats de police, ça ne vous paraît pas suffisant ?

Il ne s'agit même pas seulement d'ailleurs de durcir les peines sur le papier. Il s'agit de faire en sorte qu'elles soient appliquées, et de se donner les moyens qu'elles le soient. Aujourd'hui le grand problème dans notre pays, et notamment pour pouvoir justement répondre à ce défi de la sécurité, c'est la restauration, la reconstruction, de notre chaîne pénale.

On a une justice qui est sous dotée depuis très longtemps, qui n'a pas les moyens de ses missions, il suffit de comparer les chiffres. - A qui le dites-vous ? Que ce soit la droite ou la gauche, quand vous étiez, non pas vous, au pouvoir, malheureusement...

Mais bien sûr, je ne dis absolument pas le contraire. La droite est comptable de ce bilan, comme la gauche, parce que malheureusement depuis longtemps nous avons laissé se dégrader les outils régaliens de l'État. Cela étant dit, on ne peut pas comparer ce qui n'est pas comparable, et les gouvernements de droite ne se sont jamais faits gloire d'avoir fait sortir de prison 13 500 détenus d'un coup...