Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur le moment politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 17 %Attaque 63 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:53PrésentateurFait
« Le chômage, la misère qui s'est amplifiée, l'enfermement qui s'est aggravé pour toute une partie de la population qui ne peut plus bouger tout simplement parce que le combustible pour la voiture coûte trop cher. »
- 3:33PrésentateurFait
« C'est le froid qui arrive et on ne va pas déclencher tout de suite le chauffage parce qu'on va attendre le plus tard possible le moment de le faire quand on se chauffe soi-même »
- 8:48PrésentateurFait
« l'Europe se réchauffe plus vite que le reste de la planète et la mer Méditerranée se réchauffe plus vite que l'océan mondial. »
- 10:38PrésentateurFait
« le système de l'éducation transformé en marché, où chacun fait sa petite liste et ensuite est sélectionné de manière à être obligé à faire appel au privé pour voir ses voeux satisfaits »
- 21:35PrésentateurFait
« je parle de sauvagerie policière, parce que, à ce moment-là, on a déjà les informations à ce sujet. »
- 21:46PrésentateurFait
« Il y a déjà quelqu'un qui s'est fait arracher la moitié de la figure par un policier qui, de sang-froid, lui a tiré à un mètre, peut-être, de distance, en pleine figure. »
- 26:49PrésentateurFait
« Camarades, des exemples comme ça, là, je vous en ai raconté un parce que comme j'ai déjà raconté, personne ne risque de se faire prendre, mais je pourrais vous en raconter quatre ou cinq où la même chose me remonte. »
- 44:03PrésentateurFait
« Ils ont carrément tiré dans le premier rang des syndicalistes. »
- 45:47PrésentateurFait
« Entre les casseurs et les policiers, il faut choisir son camp. »
- 47:02PrésentateurFait
« Non, il y a des enquêtes de l'IGPN, on verra. »
- 52:40PrésentateurFait
« Un mort dans des circonstances non élucidées. »
- 53:45PrésentateurChiffre
« 2500 garde à vue plus que le jour le plus répressif des Gilets jaunes qui était le 8 décembre 2018. »
- 54:04PrésentateurChiffre
« 10 mois fermes avec mandat de dépôt pour des jeunes sans aucun antécédent judiciaire. »
- 54:10PrésentateurChiffre
« 7 mois fermes avec mandat de dépôt pour être allés en manif avec un masque de piscine. »
- 1:00:17PrésentateurFait
« Rima a passé cet après-midi en procès pour apologie du terrorisme. »
- 1:01:00PrésentateurChiffre
« Elle a eu 16 procédures judiciaires contre elle. »
- 1:10:06PrésentateurFait
« Il aurait signé un accord de défense avec l'Arabie Saoudite pour protéger le pipe. »
- 1:10:06PrésentateurFait
« 'il aurait signé un accord de défense avec l'Arabie Saoudite pour protéger le pipe qui traverse le bout de désert »
- 1:10:23PrésentateurFait
« il aurait signé quelque chose immédiatement les parlementaires insoumis ont demandé quoi qu'est-ce que vous avez signé c'est quoi l'accord de défense »
- 1:12:05PrésentateurChiffre
« on a perdu 54 militaires au Mali et je ne vous dis pas le nombre de maliens qui étaient quand même chez eux et qui sont morts dans toute cette histoire »
- 1:12:19PrésentateurChiffre
« notre président part là-bas et il nous annonce aujourd'hui qu'il nous a garantis quelque chose qui représente 8% de notre approvisionnement »
- 1:18:54PrésentateurFait
« nous les insoumis nous sommes liés à eux dans le temps parce que c'est notre mission de porter cette histoire »
- 1:19:43PrésentateurPromesse
« nous avons fait voter une loi à l'initiative de Bastien Lachaud qui dit que les insoumis ne sont pas des traîtres et qu'on était réhabilités pour commettre leur nom avec les autres morts »
- 1:33:55PrésentateurChiffre
« 65 milliards vous nous devez monsieur Macron alors sur les 65 vous pouvez bien en rendre 10 pour donner satisfaction à la jeunesse de ce pays »
- 1:34:14PrésentateurChiffre
« il y a au moins maintenant plus de 450 milliards qui sont une dette que nous avons à l'égard de nous-mêmes et qui est dans le coffre de la BCE »
- 1:39:45PrésentateurFait
« c'est monsieur Netanyahou qui pèse sur les élections à Marseille à Toulouse à Roubaix et à Paris »
- 1:40:56PrésentateurFait
« c'est la première fois qu'on voit un premier ministre accuser le principal parti d'opposition gauche et vouloir le dissoudre »
- 1:41:09PrésentateurFait
« des gens qui prétendent que l'élection présidentielle est mise en danger ce dont aucun d'entre nous n'avait entendu parler »
Temps de parole
- Présentateur91 %
- ?9 %
≈ 88,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir. Excusez-moi, j'ai dû faire un petit détour.
En
ce moment, c'est chaud pour moi. Donc il faut que je change mes habitudes
de
parcours et autres. Bonsoir à tout le monde, merci d'être là. Bon, s'il y avait le moindre doute sur l'utilité de cette réunion,
il
aura suffi qu'on l'ait annoncé en une heure. Oui, c'était plein. Vous êtes tous inscrits, donc on a compris, c'est normal. Mais
on
en discutait entre nous pour savoir
comment
on s'organise, parce qu'une des composantes de la situation, c'est notre propre homogénéité politique,
la
qualité de nos liens, comment nous comprenons les choses de la même façon, est-ce que nous avons tous accès
au
même niveau d'information, et c'est nécessaire souvent qu
'on
vienne le conforter. Il se trouve que cette réunion, le moment politique, on en fera autant qu'il
y a
besoin, en général, c'est une fois par mois, sert aussi à ça. C'est un moment d'homogénéisation. Mais pas seulement de ceux qui sont présents, en ce moment, il y a plusieurs milliers de nos amis qui nous suivent sur Youtube. Bon, ah, je ne vous avais pas vu, bonjour, mesdames, messieurs les députés, merci d'être là. Oui, vous avez bien bossé tout à l'heure, j'étais bien content.
Bon,
alors, pas que tout à l'heure.
Alors,
il est extrêmement important pour ceux qui commencent à être des militants, qui viennent de choper le virus, il n'y a pas longtemps, ou ceux qui l'ont déjà depuis un petit temps, et puis pour ceux qui l'ont depuis très longtemps, de savoir qu'en ce moment, ils sont en train de s'écrire des grandes pages de l'histoire du mouvement social en France,
et
que la mémoire de ces événements devient une expérience,
qui
sert ensuite, tout au long de sa vie, chaque fois que de nouveaux événements surviennent, alors on peut comparer, et donc apprécier différemment ce qui se passe, prévoir plus précisément, ou imaginer, et à partir de là, déduire des tactiques et des stratégies qu'on affine, et qu'on affine d'autant mieux que cette expérience est présente en nous.
Voilà
pourquoi ça paraissait important de se voir. Bien sûr, nous sommes dans un moment grave.
Alors, un
moment qu'il faut prendre dans sa gravité et être capable d'analyser politiquement. Pour ça, il faut poser les événements qui le constituent les uns à côté des autres pour les apprécier sérieusement. La gravité résulte des conditions initiales.
Je
veux dire, elle ne résulte pas de la journée du 17 octobre. Bien sûr, le 17 octobre est un seuil.
C
'est un passage qui est franchi, mais à l'intérieur d'une situation. Donc, il faut bien voir l'ensemble des ramifications. Il y
a
les conditions générales. Vous les avez présentes à l'esprit. Le chômage, la misère qui s'est amplifiée, l'enfermement qui s'est aggravé pour toute une partie de la population qui ne peut plus bouger tout simplement parce que le combustible pour la voiture coûte trop cher. Je parle pour toutes les zones rurales du pays,
mais
aussi pour les zones non rurales, urbaines, mais où il faut aller jusqu'à la grande surface ou aller amener les enfants jusqu'à l'école, etc. Donc, tout ça a un résultat très concret qui n
'est
pas seulement tiens, je ne peux pas bouger, ce qui est déjà grave parce qu'il faut vivre sans pouvoir bouger. Mais c'est aussi des repas qu'on va sauter parce que ça coûte plus cher de mettre l'essence dans la voiture. C'est le froid qui arrive et on ne va pas déclencher tout de suite le chauffage parce qu'on va attendre le plus tard possible le moment de le faire quand on se chauffe soi-même
et
ainsi de suite. Et d'ailleurs, quand on a un chauffage d'appoint, on ne va pas le mettre en route tout de suite parce que la facture d'électricité aujourd'hui,
elle
est au point où vous le savez. Alors, tout ça, c'est l'environnement qui conduit à préparer l'état d'exaspération car les gens rentrent la tête dans les épaules, font ce qu'ils peuvent pour arriver à vivre décemment, pour en protéger la plus jeune génération, les petits, les enfants, à qui on ne
va
pas les raconter tous les jours tous les problèmes de la vie. On essaye de leur épargner tout ça, mais ça fait beaucoup apporter pour tout le reste de la population. Et puis, à l'intérieur de cette situation en général, la situation, comment dire, la chaîne s'est brisée à l'endroit où la charge était à la fois la plus forte relativement au vécu des gens, je parle des jeunes, et où on a le moins de routine à assumer soi-même, on est surtout responsable de soi, et pas d'enfant, pas de couple, et ainsi de suite. C'est-à-dire dans la jeunesse scolarisée.
Et
il faut bien que vous sachiez déjà une première chose.
Le
mouvement n'a pas commencé à Créteil.
Il
a commencé dans l'hexagone à Créteil, mais le premier mouvement lycéen, il commence à Mayotte.
Et
de Mayotte, si j'ose dire, il est passé aux Antilles.
Et
des Antilles en région parisienne. Certains peuvent peut-être se demander, j'espère pas trop, par quel miracle tout ça s'opère. Les réseaux sociaux, oui, mais pas seulement.
La
région Île-de-France est le premier dom-tom.
C
'est ici qu'il y a la plus grande partie de la population exilée hors de ces îles. Martiniquais, Guadeloupéens, évidemment Mahorais, qui sont très nombreux, aussi bien à Paris qu'à Marseille. Par conséquent, n'allez pas croire que ces deux réalités soient, en tout point et en toutes circonstances, séparées par l'océan. Non.
Les
populations de notre époque vivent étroitement liées les unes aux autres. Et c'est donc
ce
qui est un des facteurs explicatifs que, pour la première fois, le mouvement lycéen ne démarre pas, comme dans le passé, dans les quartiers plus aisés. On va pas dire les quartiers bourgeois, mais enfin les quartiers du centre. C'est le cas souvent à Paris.
Mais
a démarré
en
banlieue, en grande banlieue, à Créteil.
Et
évidemment, en grande banlieue, qu'est-ce que vous trouvez ? Des insoumis. Beaucoup. Beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Et
dans ces conditions,
c
'est comme ça que la soudure s'est faite quasi instantanément entre le mouvement insoumis et ce qui démarrait dans les lycées et qui ensuite s'est réparti. Pourquoi ? Parce que c'est dans la circonscription de Clémence Guettet, parce que Boyard est dans la circonscription pas loin, et que Mathilde non plus, qui est la présidente du groupe. Si bien qu'il n'y
a
pas eu besoin de consignes, de je ne sais quels échanges, pour que, comme on l'a toujours fait, chaque fois qu'il se passe quelque chose, et notamment dans la jeunesse, dont on a toujours dit, on s'en est jamais caché, que nous espérions gagner la masse de la jeunesse à la cause que nous portons ensemble, avec le programme L'Avenir en Comment, ça fait partie de nos objectifs, et on a toujours dit, si cette jeunesse vote dans la même proportion que le reste de la population, on a gagné les élections. Donc nous sommes un mouvement révolutionnaire, démocratique, institutionnel.
On
vote.
Nous
croyons à la stratégie électorale. On a le droit de ne pas être d'accord avec ça, mais nous, c'est la nôtre. C'est celle-là qu'on a choisie. Donc, quand on a une stratégie électorale et démocratique, on passe son temps à essayer de convaincre des gens de tomber d'accord avec vous. Et on regarde quelles sont les populations qui peuvent y avoir le plus grand intérêt, forcément, à les déshérités,
les
opprimés, les exploités, et puis les jeunes. Pourquoi les jeunes ? Parce que c'est le monde qu
'ils
vont avoir sur les bras.
Et
par conséquent, c'est certainement de notre programme dont ils sont le plus souvent les plus proches, comme le montrent les enquêtes qui sont faites dans ce domaine.
Pourquoi
? Précisément parce qu'on parle de faire face à la crise climatique et à la crise écologique globale qui va être le sort de la suivante génération. Il n
'y
a que les maboules qui croient que tout ça n'aura pas lieu, que ça va finir par s'arranger. Bon, ce matin, on a rencontré l'ambassadrice d'Australie. En ce moment, il y
a
pas mal d'ambassadeurs qui veulent voir de près le diable.
Alors,
ils viennent. Et eux, ils viennent voir, bon, qu'ils parlez. Mais c'est bien, je suis très content. Et alors, bon, on parle de... C'est elle qui me parle de la crise climatique là-bas. Et qui me dit, maintenant, nous avons des conditions que nous n'avons jamais connues avant. C'est-à-dire des incendies à répétition et des pluies diluviennes à répétition. Donc, et les gens me disant, c'est fini, on ne sait plus quand ça va arriver, quand il va y avoir une canicule, quand il n
'y
en a pas, etc. Donc, si vous voulez, ils sont à l'autre bout du monde avec les mêmes problèmes que ceux dont nous sommes en train d'écoper et qui vont avoir lieu plus souvent que jamais dorénavant, puisque, comme vous le savez, l'Europe se réchauffe plus vite que le reste de la planète et la mer Méditerranée se réchauffe plus vite que l'océan mondial. Par conséquent, la conjonction des deux, ça vous donne les épisodes qu'on appelle ici Méditerranéens, là-bas, Cévenol, que sais-je encore.
Donc, cette génération, nous avons toujours dit que le programme L'Avenir en Commun correspond à l'installation des conditions de la maîtrise, non pas du climat, qui serait assez fou pour penser qu'il va y arriver, mais des conditions qui résulteront du changement climatique et de l'expansion de la biodiversité. Car ce qui est en cause à ce moment-là, c'est la solidité de la société. Comment est-elle capable de générer une mentalité, des principes et mettre en place des outils, la planification écologique, et ainsi de suite, qui lui permet d'affronter l'incertitude climatique, l'incertitude écologique ? C'est de ça dont on parle. Voilà pourquoi je vous dis tout ça pour qu
'on
s'entende bien après de la place qu'on veut occuper ou qu'on ne veut pas occuper. Donc, nous ne nous excusons pas d'essayer de convaincre les jeunes et la masse des jeunes qui sont engagés dans le mouvement a soumis chacun à sa manière dans le doux des ordres qui est le nôtre,
mais
ceux-là non plus ne vont pas venir s'excuser d'être en mouvement. Parce qu'on ne s'en excusera pas, ni eux de le faire, ni nous de le soutenir. Parce que, fondamentalement, le mouvement a soumis et d'accord avec les revendications que présentent aujourd'hui les jeunes lycéens. Et s'il en faut une preuve pour dire qu'on n'a pas attendu que ça ait lieu pour le dire, c'est que ça se trouve dans le programme L'Avenir en Commun, édition 2016-2017, où vous avez la liste de tout ce qu'on voit aujourd'hui être mis à l'ordre du jour.
C'était peu de temps avant Parcoursup, qu'il faut donc rajouter depuis comme étant le sommet de l'ignominie, et du passage à le système de l'éducation transformé en marché, où chacun fait sa petite liste et ensuite est sélectionné de manière à être obligé à faire appel au privé pour voir ses voeux satisfaits si le public ne l'a pas fait instantanément. Tout ça, vous le savez. Je le mets en point de départ. Parce que,
vous
allez m'entendre ensuite, prendre des distances avec toutes sortes de choses, mais prendre des distances avec
des
comportements ou des méthodes de combat, ça ne veut pas dire prendre ses distances avec le combat. J'espère que chacun sera sensible à cette nuance. Alors,
pour
bien comprendre, il faut prendre la journée du 17 octobre, pourquoi pas, il faut bien partir de quelque chose, mais avant, je voudrais quand même,
pour
que vous l'ayez à l'esprit,
car,
voyez-vous,
le
calendrier, retenez ça, marquez dans votre truc de militant, votre carnet spécial,
le
calendrier,
c
'est la géographie du militant politique.
Avant,
il fallait monter les montagnes, descendre les montagnes, traverser les fleuves, etc., pour mener différentes batailles. Nous, c
'est
le calendrier.
Le
calendrier prévoit une date, marque des pauses, permet des accélérations, et donc, il faut l'avoir à l'esprit pour aussi observer ce qu'il contient. Car le temps social,
ce
n
'est
pas le temps du réveil, c'est un temps qui, des fois, se gonfle, d'autres fois, se compacte, des fois, il
y
a des trous dedans.
C
'est un temps social. Il est le résultat de la vie en société, et des cycles qu'elle inclut et qu'elle provoque. Alors, voici, si je fais la liste,
je
vais aussi rapide que possible. Le point de départ de tout ce que nous vivons, c'est 31 août Mayotte. Blocage du lycée d'Aqua, il a duré 5 semaines.
Et
il est occupé par les lycéens, les parents d'élèves et les professeurs. 7 septembre, la Guyane. Blocage du lycée, Félix-et-Boué, à Cayenne.
Les
élèves établissent une liste de 17 revendications.
Et
c'est
seulement
une fois... Mais bon sang de bois, où est passé les Antilles là-dedans ? Ah, elles arrivent après.
9
septembre,
vous
vous rappelez de ça
?
Mayotte, Guyane.
Et
de là, on passe à la première alerte qui nous arrive. Nous, on a passé nos amphis d'été. Pendant les amphis, on a examiné le calendrier de la rentrée. Parce qu'assez traditionnellement, le mouvement insoumis, dès que la rentrée se fait, il pose un acte politique.
De
manière à commencer un premier rassemblement avant d'attaquer tous les événements qui, traditionnellement, se déroulent à la rentrée. Nous, la première alerte de la date du 17 octobre, je me suis trompé l'autre soir, ça n'est pas le 3 septembre, c'est le 9 septembre. Et c'est Antoine Leaumant qui nous envoie dans la boucle interne des animateurs du mouvement. Attention, on vient de voir si, qu'il passe sur plusieurs réseaux. Et il nous indique la date du 17 octobre. La première discussion publique où il est question de la date du 17 octobre, c'est sur LCI le
12
septembre.
Et
c'est seulement le 17 septembre qu'il y a le mouvement qui démarre à Créteil. Donc, tous ceux qui vont venir vous dire, ah mais comme c'est imprévu, mais on ne savait pas, comment on ne savait pas
?
Nous, on savait ou on ne savait pas ? Vous, c'est votre métier de payer pour le faire,
de
savoir ce qui se passe. Nous, on le fait parce qu'on veut bien et que ça nous intéresse.
Mais
donc, quand le mouvement,
quand
le mouvement commence
à
Créteil et qu'on y prend pied,
à
ce moment-là, c'est le 17 septembre, le mouvement au lycée Saint-Exupéry de Créteil. Nous savons déjà que la date du 17 octobre est dans l'air. Et dans les premières remontées que nous avons des camarades, il y a, on parle beaucoup du 17.
Donc,
pour nous, c'était un problème. Qui avait lancé cette date du 17 ? Parce que ce n
'est
pas nous.
Un
peu comme le coup d'avant. Vous vous rappelez, bloquons tout. C'est pareil.
Les
dates étaient apparues en plein milieu de l'été. Ce n
'est
pas nous qui l'avons fixée. Nous, en plein milieu de l'été, ce qu'on a fait, c'est dire ça, c'est important et il faut y être. Pourquoi ? Mais parce que nous sommes dans le monde
des
gilets jaunes et de Macron. Il
n
'y
a
pas besoin d'être un spécialiste et un stratège de l'action sociale pour comprendre que dans une société comme la société française, qui est travaillée par une mémoire historique de la lutte, on est un des rares peuples d'Europe pour qui faire la révolution, bon, d'accord, mais enfin,
ce
n
'est
pas...
Ça,
bon, on en a fait cinq, six. Donc, la culture française inclut ça, plus les événements extraordinaires, même comme ce n
'est
pas des révolutions.
Bon,
nous avons vécu des événements sociaux extraordinaires. Donc, chacun d'entre nous est toujours très attentif. Quand il sait
que
les conditions se réunissent d'une exaspération populaire, on regarde d'où ça peut partir. Là, je ne
suis
en train de faire aucune révélation. Il y a des gens qui ont vécu ça, je ne sais combien de fois dans leur vie, qui le savent. Tous les étés, on vous dit, oui, la rentrée va être chaude. Alors, j'en ai vécu des étés où la rentrée devait être chaude et chaude, rien du tout. Il ne s'est rien passé. Des fois, nous-mêmes, on a dit, ben tiens, on va poser un axe, ça va carburer du feu de Dieu, bon. Ça ne
va
pas toujours carburer du feu de Dieu. Mais donc, ça, c'est la France. Alors, quand tu vis en France, un pays qui a cette culture, qui a ses pratiques, et que tu es un responsable politique d'un mouvement où il y
a
écrit dessus, qui va faire la révolution citoyenne,
et
que son programme, c'est l'avenir en commun, clairement, tu t'intéresses à ça. Parce que si tu ne
t
'intéresses pas à ça, il faut aller faire autre chose. Bon, voilà. Donc, à ce moment-là, nous savons que ça discute beaucoup. Dès que ça commence au lycée de Créteil, d'abord, on s'aperçoit que, un, c'est au lycée de Créteil, ce n
'est
pas les quartiers des centres-villes. Deux, quasi immédiatement, la jonction se fait avec les universités. Ça aussi, c'est l'ordre inverse d'habitude. Pendant des années, c'était d'abord les facs, et après les lycéens. Là, c'est l'inverse.
Et
ça commence par les facs populaires, notamment celles de Créteil.
Voilà
comment, tout d'un coup, des caractères singuliers apparaissent à ce mouvement.
Des
caractères singuliers, socialement marqueurs.
Alors,
on ne
va
pas passer autour de ça. C'est en banlieue, dans les milieux populaires, les nôtres,
et
ça va ensuite sur le reste. Et puis, ce qui se produit, et qui est immédiatement une alerte qui nous atteint, c'est que dans les endroits où il n
'y
a pas de problème,
où
les bâtiments sont propres, où il y a des portes aux chiottes, où il y a le nombre de profs qu'il faut, parce que dedans, il y a les parents importants, qui sont là, et qui sont capables d'aller se plaindre et d'être entendus. Là-dedans aussi, les gens débraillent. Les jeunes lycéens se mettent en mouvement. Et ils le disent, ce n
'est
pas moi qui l'invente. Chez nous, ça va, mais on est solidaires.
Et
là, vous apercevez quelque chose, ça ne va pas se produire une fois. Ça va se produire deux fois, trois fois, quatre fois. Après, ça passe dans les facs.
Vous
avez la cato à Paris
qui
sort. Alors moi, je dis la cato parce que
pour
moi,
pour
moi, c'est le sommet.
Et
Vanier, qui est un connaisseur, il me dit, non, mais tu te rends... Ah, un super bahu de Paris.
Toi, tu
n
'es
pas de Paris, tais-toi. Qui est-ce qui est de Paris ? Non plus, personne, moi non plus.
Pas
Henri IV. Bon, tant pis. J'ai oublié le nom. Alors, Vanier,
il
me dit, mais tu te rends compte ? Je dis, non, je ne me rends
compte
de rien. Je ne
sais
pas ce que c'est,
je
ne viens pas de là, moi. J'arrive de Beaux-ençons à Plouc, quoi. Donc, je ne sais pas, je ne connais pas vos beaux établissements parisiens.
Mais
je suis en train de vous dire qu'apparaît aussitôt un élément que nous, nous connaissons. Parce que nous l'avons vu se pratiquer
dans
les grandes écoles de notre pays. Lorsque les jeunes gens qui sont à Agro disent, ben nous, on est très contents d'avoir notre diplôme, mais l'agriculture que vous nous demandez de faire, on ne la fera pas. Ou bien que ce sont les ingénieurs, les autres ingénieurs de l'aéronautique qui disent, on est fin, content, mais vos avions, non. Ça ne nous dit rien qu'ils vaillent. Et pourtant, ils viennent juste d'être... Alors,
vous
savez comment j'y vais dans les grandes écoles, donc j'ai l'occasion de voir comment ça se passe dedans. Regardez comment ça se passe, comment on est contaminés, contaminants. Je m'en vais à là-bas, à la chaussée. Personne ne m'applaudit, sauf à la fin. Et dix jours après, c'est eux qui arrêtent. Ils disent,
on
est solidaires avec les jeunes des banlieues. Ça m'a fait très plaisir, hein.
Et
on n'arrête pas de me dire, dans quelle grande école, ici, là, qu'est-ce qui se passe ?
La
conscience, elle est socialement déterminée, bien sûr. Je veux dire que quand on est dans une situation sociale qui vous oblige à réfléchir à votre futur, mais après, en toute hypothèse, tout le monde réfléchit, quelle que soit son école, et surtout, dans la jeune génération, parce qu'on est moins marqué, on a moins le sentiment d'appartenance à une classe sociale. Et quand on l'a, ça ne veut pas dire que pour autant, on n'a rien à fiche des autres.
On
est assez jeunes et assez libres pour dire, ah ben non, moi, je suis d'accord avec eux. Ça arrive aussi à l'autre bout de la chaîne, par exemple, la mienne. Moi, je n
'ai
pas de raison sociale, aujourd'hui, particulière, de m'émouvoir, sinon du sort des autres. Et j'aimerais bien que ceux qui m'entendent, si par hasard, ils ont des bonnes fins de moi, ils fassent comme moi, entrer dans la lutte. Pas à regarder en attendant que ça se tasse, et que ça vise bien se calmer pour aller prendre ses vacances. Bon.
Donc
voilà.
Et la
séquence,
la
séquence que je viens de vous décrire, j'ai compacté certains éléments, et puis il
y
a une date, c'est le 29 septembre. Le 29 septembre, le mouvement lycéen est en train de décoller, et les organisations syndicales appellent à une journée d'action. Les journées d'action, ça n'a pas toujours, comment dire, une presse très favorable, parce qu'on perd une journée de travail, on se demande à quoi ça sert. Il y a souvent beaucoup d'hésitation à participer à quelque chose dont on ne voit pas l'efficacité immédiate. Il
faut
le savoir aussi, ça. Pourtant, le 29, c'est un succès. Il y a beaucoup de monde. Et on installe une petite estrade là-bas, je ne
sais
pas quoi, à côté du Cirque d'Hiver, je crois,
et
on voit, nous,
on
voit défiler,
on
voit passer les cortèges de lycéens, les fonctionnaires, les ceci, les cela, beaucoup de monde, on voit que c'est ample. Et à cette occasion,
je
parle de sauvagerie policière,
parce
que,
à
ce moment-là, on a déjà les informations à ce sujet.
Il
y a déjà quelqu'un qui s'est fait arracher la moitié de la figure par un policier qui, de sang-froid, lui a tiré à un mètre, peut-être, de distance, en pleine figure.
Quand
on voit ça,
et
qu'il ne se passe rien derrière, vous n'entendez pas, la hiérarchie dira un truc pareil, pas question, jamais un truc pareil ne doit se reproduire, on m
'a
compris, bon, bref. Un commandement, c'est un commandement, ce n
'est
pas une bande de potes. Un commandement, il donne des ordres, et quand les ordres sont mal exécutés, ben,
il
gueule, et il dit, on va les exécuter mieux à la fois d'après. Quand il n'y
a
rien qui se passe,
à
la première surviolence,
vous
comprenez que la suite ne va pas être fameuse, puisque ça a été permis une fois.
Et
donc, j'ai parlé de sauvagerie policière. Mon intention était que le commandement entende,
tiens,
il s'en est rendu compte, et
qu
'il y
ait
une action pour tempérer. Mais à ce moment-là, déjà,
on
est dans beaucoup, beaucoup d'événements qui se sont succédés. On a déjà un qui s'est fait arracher la figure, un autre qui a perdu un oeil, un troisième, ça va arriver dans les jours qui suivent, qui va y laisser une main et la moitié d'un bras. Donc, on sait qu'on est dans des épisodes d'hyperviolence, et que la première n'a refroidi personne. Alors après, ça c'est le 29 septembre, le 1er octobre,
toutes
les Antilles, lycée Bellevue à Fort-de-France, en Martinique, lycée Gerville-Réache à Bastère, en Guadeloupe.
Et
après,
on
est le 2 octobre, le 2 octobre, dans l'hexagone, 1000 lycées bloqués.
Le
2 octobre
! On
est donc 15 jours avant la date-là. Et à ce moment-là, déjà, ce qui remonte de partout, c'est qu'il est beaucoup question
du
17 octobre. À ce moment-là, il n'y a pas de date de la jeunesse.
Et
alors, oui, nous avons une influence, on discute. Comment vous croyez que ça se passe, ces choses-là ?
Les
plus jeunes camarades, ceux qui militent dans les syndicats de lycéens ou d'étudiants, ils viennent aux nouvelles,
ils
communiquent, qu'est-ce qui se passe ? On est amis, on se connaît tous. Bon, les uns, les autres, et la discussion commence. Qu'est-ce qu'il faut faire, camarades, quand on est dans cette situation
? Qu
'est-ce qu'il faut faire ? Il faut donner un cadre. Parce que si vous n'avez pas de cadre, vous n'êtes pas capable de mesurer l'action, le succès de la consigne, ni de passer des consignes.
On
avance, on recule, bon, vous pouvez pas... Il faut un cadre. Et c'est le moment où les syndicats de jeunes décident de la date du 6 octobre.
Elle
est très importante, cette date. Parce que quand elle va être, je vous ai dit, c'est la géographie, le calendrier, tout d'un coup, vous prenez le contrôle de la géographie, du calendrier.
Ils
prennent le contrôle, ils mettent la date du 6, et ils font quelque chose qui est immédiatement intéressant, important, habile, intelligent. Ils se rapprochent des syndicats de salariés.
Parce
que les salariés, c'est leurs parents, tout simplement. C'est pas parce que c'est exotique.
C
'est leurs parents. Et les plus actifs, vous le savez comme moi, lequel c'est qui la ramène le plus ? Bah, c'est le fils ou la fille du gars qui est à la CGT, de la maman qui est... C'est comme ça que ça se passe. Dans toutes les familles de France. Je vous dis pas qu'il
y
a que ceux-là. Il y en a d'autres, c'est naturel chez eux. C'est des fortes têtes. Bon, personne n'en vient à bout. Alors, donc, voilà. Mais, c'est comme ça que ça se passe. Donc, ils trouvent normal de se tourner vers les syndicats. Et à ce moment-là, les syndicats font quelque chose qui est sans précédent. À ce moment-là d'un mouvement, à ce moment-là,
c
'est que les syndicats, immédiatement,
donnent
la main, viennent aider, décident qu'ils appellent le 6.
Parce
que nous, ça fait déjà 15 jours qu'on se tape les tâches de protection tout seul. Parce que nous, depuis le début, on a vu que ça tournait mal. Donc, les malheureux députés insoumis, alors, il n'y
a
plus de pause pour eux,
hein.
Ni le matin, parce qu'il faut courir la porte des établissements l'une après l'autre, passer la moitié de son temps dans les gaz lacrymogènes.
Et
puis, on observe.
Et
moi, j
'arrête
pas.
Je
téléphone. Qu'est-ce qui se passe ? Je ne
peux
pas sortir, moi. Donc, on me raconte. Non, mes camarades, diriger, c'est savoir faire ça.
Il
faut se faire raconter les choses dans le détail pour comprendre ce qui se passe. Alors, vous avez Vanier,
il
va, il y a un lycée qui est bloqué,
et
ça commence à mal tourner, ça se rapproche de trop.
Que
fait Vanier ? Il va voir le commissaire qui est là, il lui dit, écoutez, bon, il faut que tout le monde recule, sinon ça va mal tourner. Le commissaire lui dit, ok. Alors, Vanier, il va vers les jeunes, il leur dit, écoutez, il faut qu'on recule, parce
que
ça va mal tourner, et puis les jeunes qui sont là, ils ne
sont
pas fous, quoi.
Ils
n'ont pas envie de s'en prendre une en pleine figure. Donc, ils acceptent, ils commencent à reculer. Et pendant que Vanier est en train de leur expliquer, encore un peu, encore un peu, à ce moment-là, il y a un truc lacrymo qui passe par-dessus la tête et qui explose là au milieu. Donc après, il va voir le commissaire, il lui dit, mais qu'est-ce que vous faites ? On se met d'accord pour dire qu'on s'écarte ou nous tirer dessus ?
Et
le commissaire, qu'est-ce qu
'il
lui dit ?
Il
dit, ah, moi, je fais ce qu'on m'a donné avec... De toute façon, ils n
'en
font qu'à leur tête. C'est le chef qui parle de la troupe. Camarades, des exemples comme ça, là, je vous en ai raconté un parce que comme j'ai déjà raconté, personne ne risque de se faire prendre, mais je pourrais vous en raconter quatre ou cinq où la même chose me remonte. C'est-à-dire, la troupe n'obéit pas, mais qui sait qu'elle a ? Ce n
'est
pas des professionnels de ce qu'ils osent appeler le maintien de l'ordre, alors que c'est eux qui créent le désordre.
Ce
n
'est
pas des professionnels, ce
n
'est pas des CRS. Alors, on ramasse tout ce qu'il y a. Les polices secours, la brave, il n'y
a
pas pire.
Des
cow-boys. Alors, ceux-là, ils arrivent. Rien à foutre.
S
'il vous plaît, écoutez-moi. Laissez tomber, on sait tous ce qu'on en pense. Mais je vous donne des indications
pour
que vous sachiez, que vous compreniez comment on fait et comment on doit évaluer. Quand la troupe n'obéit plus ou obéit mal, vous devez vous méfier. Vous devez vous en organiser, pas en rajouter.
Vous
devez vous en organiser pour éviter les coups. Parce qu
'ils
n'auront pas de limite. Vous, vous en avez une, vous n'avez pas envie de vous faire démolir, puis vous ne venez pas avec un casque, des genouillères, des machins au bras et des trucs pour asphyxier tout le monde.
D
'accord ? Donc, la consigne, c'est de ne pas braver. Alors, il y
a
peut-être des gens qui ne sont pas d'accord avec moi, qui vont dire « Si, si, si, comme c
'est
la châtaigne, il faut y aller. » Non, faites pas ça !
Je
vous l'ai dit cent fois. Ça ne sert à rien. Vous allez vous faire amocher pour rien
par
des types à qui ça semble faire plaisir de le faire et surtout après, on va nous jeter ça à la figure à chaque fois. Parce que moi, je vais à la télé m'expliquer.
Mais
les grands intelligents qui provoquent ce genre de chaos, eux, ils n'y vont pas. Ils ne disent pas «
C
'est moi. » Non, c'est Méenchon qui doit se le taper le truc. Alors, vous comprenez que ça, ça ne peut pas aller. Chacun assume sa stratégie. Ensuite, nous nous assumons la nôtre.
Pas
parce qu'on serait plus gentil que d'autres, n'allez pas croire ça,
mais
parce que nous pensons que les stratégies de non-violence sont plus efficaces. Pourquoi faire plus efficace
?
Pourquoi faire ? Réfléchissez
! Pour
rassembler plus largement.
Si
vous organisez vous-même un chaos ou quand on y participe, c'est pour se faire démolir la tronche, perdre ses dents, crever les yeux et les bras, vous croyez que vous allez ramoter avec vous des milliers de gens ? Non, bien sûr que non. Et puis, ce n
'est
pas responsable de votre part d'organiser ça. Ce n
'est
pas ça qu'on veut. Donc, les méthodes non-violentes sont celles qui permettent de se rassembler.
Si
on n'applique pas des méthodes de cette nature, on ne rassemble pas, on fait peur.
Et
puis, vous faites peur à certains, vous le voyez, et puis à ceux que vous ne voyez pas,
qui
ont peur et qui parce qu'ils ont peur à leur tour, vont faire n'importe quoi quand ils vont être témoins ou participants involontaires à une scène de violence.
Je
vous en parle fermement pour que vous compreniez bien de quoi il s'agit.
Et
je le répète pour ceux qui n'auraient pas compris et qui m'écoutent,
ce
que je viens de dire n'est pas une mise à distance de notre solidarité avec le mouvement, dont nous sommes solidaires à 10 000 %, mais nous appliquons une stratégie et nous ne voulons pas nous voir coller sur le dos la stratégie d'autres qui ne passent pas ensuite derrière pour assumer les conséquences de ce qu'ils ont eux-mêmes déclenché. Voilà, camarades. Le 2 octobre, 1 000 lycées sont bloqués.
Le
5 octobre, 90 % des universités sont bloquées.
Et
le 6 octobre, vous avez fait sans précédent
la
première manif des jeunes se fait avec le soutien de la CGT, FO, FSU et Solidaires. Ça, ça n'existe pas dans le passé.
C
'est toujours au bout d'un certain temps qu'une jonction se fait. Là, ça s'est fait dès le début. Et à partir de là, évidemment, toutes les dates ont été de cette nature. Ça, c'est le 6. Il y a discussion, semble-t-il, dans les états-majors. Il n
'y a
pas d'autres dates de données.
Il
y a la date du 8
qui
tombe le jeudi. Et les gens commencent à se rassembler. Alors, les uns vers la place de l'hôtel de ville avec l'orchestre, un truc super.
Et
puis les autres, place d'Italie. Alors, place d'Italie, il y
a
plus d'espace,
si
vous voulez. Donc, on peut penser que le choc va être... Il y a moins de possibilités et qu
'il
y
ait
des chocs. Peu importe. En tout cas, ça se passe bien. On a eu chaud, hein
?
Parce que quand je vous ai vu, moi, serrer comme des sardines place de la Bastille, parce que je me suis dit suffit qu'un d'imbécile fasse quelque chose. Et là, les gens sont serrés les uns contre les autres. Moi, de la place de la Bastille, j'en ai un souvenir assez spécial. C'est en 2012, quand nous, on a appelé à un rassemblement en pleine élection présidentielle, qu
'il
y avait tellement de monde, tellement de gens serrés, qu'on est venu me dire « Va falloir que tu sois bref. » Comment, comment, bref
?
Trois heures ou quatre, pas plus. Et on me dit « Non, non, non, c'est pas possible. » Et comme ils avaient une couleur et étaient complètement livige, mais qu'est-ce qui se passe ? Et on me dit
« Le
téléphone ne passe plus, les talkies, non plus, il n'y a plus d'issues de secours, il n'y
a
plus de passage si jamais il
y
a un problème. » Donc, inutile de vous dire qu'en effet, je me suis dépêché. Je n'ai mis que 23 minutes à parler
et
plaisir de lire le lendemain dans les journaux qui m'aiment, hein
?
Il n'y en a pas, donc parlons dans
les
journaux qui ne m'aiment pas. Ça vous laisse, moi, le doute. Mélenchon était impressionné, c'est pourquoi il a parlé peu. Il dit « Ça va, ils n'ont rien vu comme d'habitude » parce qu
'il
était au bistrot à Cotin en train d'écrire les articles tous en même temps
et
en se racontant ce qui s'est passé.
Donc,
le 13 octobre, deuxième manif, c'est-à
-dire
avec l'ensemble des syndicats. Et c'est dans ce contexte qu'arrive le 17 octobre. Je tiens à
ce
que j'ai voulu vous rappeler tout ça
pour
que, déjà, on commence pour apprendre à ne pas croire ce qu'ils ont raconté. Personne ne pouvait ne pas savoir.
Ou
alors quelqu'un qui de sa vie n'a fait une manif ni participait une seule fois de sa vie à un mouvement d'ensemble.
tous
ceux dont c'est le métier
et
tous ceux qui le savent par militantisme savaient que le 17 serait énorme parce que le 29 avait été énorme, parce que ça avait démarré très fort
et
donc savaient que ça serait énorme. Parce que la date y était depuis des semaines.
Donc,
tout le monde le savait.
Et
c'est dans ce contexte que les décisions politiques sont prises ensuite à propos du 17 octobre.
La
CGT joue un rôle
dans
cette affaire essentielle
pour
aider, accompagner, protéger. Nous, à ce moment-là, ça fait déjà 15 jours qu
'on
fait ça. Je ne parle pas de la... On ne remplace certainement pas la CGT. Mais je veux dire qu'on allait d'un endroit à l'autre en essayant de faire en sorte qu'il n
'y
ait pas de blessés. Alors, c'est les élus, les députés, tous les élus du mouvement, plus les militants reconnus localement qui pouvaient parler aux jeunes qui se trouvaient là. D'accord ? Quand la CGT arrive, évidemment, la protection est 10 fois supérieure, 100 fois supérieure, parce qu'elle a l'autorité de la grande organisation qui est présente dans toutes les entreprises du pays. Alors, les dingos, peut-être qu
'ils
peuvent s'affronter avec LFI, mais ce n
'est
pas dans leurs moyens de s'affronter avec la CGT
et
ses positions dans les entreprises. Je cite là la CGT parce qu
'on
était ensemble, tous là, pour demander un parcours. Tout à l'heure, je vous ai dit, il faut fixer la date, puis après, il faut fixer le cadre. On discute avec le préfet de police de Paris,
qui
est un ex-collaborateur direct de M. Macron,
qui
ne connaît rien au problème, ni des manifs, il n
'a
pas dû en faire une de sa vie, ni lui, ni ses gosses. Donc, il ne sait pas ce que c'est que de se dire, ah là là, il ne
faut
pas que ça tourne mal.
Il
n'y connaît rien.
Et
ce monsieur, par contre, il a un comportement qui est immédiatement suspect. Pourquoi
? Parce
qu'il nous faut trois jours pour arriver à nous tomber d'accord sur un parcours. Ça n'existe pas, ça, dans Paris. Les parcours dans Paris, c'est toujours les mêmes depuis 100 ans.
Donc,
c'est ou l'un ou l'autre. Tu discutes pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure, point final. Et après,
tu
signes les papiers. Trois jours.
Et
on ne finit par avoir le point de départ et le point d'arrivée que la veille. Si vous avez le point de départ
et
le point d'arrivée la veille, vous ne pouvez pas enlever les voitures qui s
'y
trouvent ni dire aux gens de les enlever.
Et
vous ne pouvez pas prendre des précautions ni vous organisez vous-même pour savoir comment vous allez déployer les services d'ordre, les camarades qui viennent d'aider. Ce n
'est
pas possible.
On
est obligé d'attendre que ça commence. Et c'est ce qui s'est passé. Donc, le 17, on nous donne comme point de départ République.
Bon. L
'idée était d'arriver à Nation. Pourquoi Nation ? Parce qu'il y a beaucoup de places. M'a-t-on dit. Moi, ce n
'est
pas ma spécialité. Je ne m'en mêle pas. Mais c'est ça qu'on m'a expliqué. Et le préfet ne veut rien savoir.
Ce
qu'il veut, c'est qu'on arrive place Clichy. Nous, on dit il va y avoir beaucoup de monde. Vous voulez arriver place Clichy ? Mais il tient quoi là-dedans ? 20 000 personnes maximum.
On
va être très nombreux. Rappelez-vous qu'on a été 550 000 d'après la police et 800 000 d'après les syndicats CGT inclus qui n
'est
pas poussé à la hausse.
Donc,
ces gens qui pensent qu'il ne
va
y avoir personne au point que la place de Clichy suffit. Quand vous y êtes place de Clichy, où vous allez après ? Direct, l'Élysée.
Mais
vous croyez qu'on n'a pas compris ?
Donc, les
camarades,
on
a commencé à en déployer pour que les gens ne partent pas de ce côté-là. Et les autres, ils sont tellement bien organisés et regardés comment ça se fait que des gens sont arrivés à l'Élysée sans être arrêtés par personne.
Et
une fois qu'ils étaient là, ils ne savaient plus quoi faire. Donc, alors, une fois qu'ils étaient là, ils commençaient à acheter des trucs sur les policiers qui étaient là, ça n
'a
pas vraiment duré. Mais du point de vue du maintien de l'ordre,
c
'est la cata absolue où on voit un truc pareil que tu peux aller tranquillement comme si tu faisais du tourisme jusqu'à l'Élysée alors que tu es en pointe d'une manif qui représente à Paris des dizaines et des dizaines de milliers de personnes. Imaginez qu'à ce moment-là, quelqu'un, je ne sais pas pourquoi, est poussé au lieu de l'arrêter. Alors, qu'est-ce qui s'est passé
?
Imaginez, vous imaginez ce que ça donne. Une fois que vous arrivez place de Clichy, vous tombez sur un ou deux rangs de services d'ordre,
de
camarades qui disent « Attendez, ne faites pas ça, que font les gens ? » Ils s'éparpillent. Donc, vous en avez éparpillé de tous les côtés.
Au
lieu d'avoir une trajectoire, vous avez des dizaines qu'ils appellent ça cortège-chauvage. Tu peux me dire ce qu'on peut faire d'autre ? Tu es arrivé là,
on
te dit « Il ne
faut
pas aller tout droit » tu vas dans la première rue. La première rue est bouchée. Alors, tu vas dans la deuxième. Elle est bouchée aussi. Alors, la troisième. Ah, ça s'améliore par là. Donc, tu vas. Et voilà comment on commençait à avoir des cortèges de tous les côtés. Et là, il n'y a plus personne qui ne s'occupe de rien. Il n'y a personne qui donne des consignes. Alors, il y en a qui
ont
de l'expérience de l'épisode précédent. La retraite à 64 ans. À la fin, en effet, il y
avait
du monde partout dans toutes les rues. Mais pas dans des quantités pareilles. Ça, c'est pour le point d'arrivée. Et maintenant, je viens au point de départ. Parce que c'est là aussi que ça a chauffé. Le point de départ, c'est place de la République. Le point de départ de la manif, c
'est
14 heures. Alors, expliquez-moi pourquoi
à
45,
de
13 heures, ou
à
30, déjà, il y
a
des problèmes.
Quel
était le problème ? Une vingtaine, une trentaine, une cinquantaine, si vous voulez. Allez, je vous fais un paquet 50.
Un
peu chaud, un peu excité. Mais il n
'y a
pas que eux, hein. Parce que celui qui, ensuite, depuis le toit, achetait des grenades dans le tas, on l'a vu. On l
'a
même filmé.
Pas
de bol, hein ? Bon. Donc, ça va, hein
? Ça
va, les leçons de morale. Donc, là, les policiers qui sont là, qu'est-ce qu
'ils
font ? Rien. Donc, vous êtes le policier, vous êtes là avec votre bouclier, votre machin sur la tête et tout, ça commence à être chaud, et vous restez là à attendre.
Au
bout d'un... C'est des êtres humains, les policiers. Au bout d'un moment, t'en peux plus. Évidemment, pouf
!
Ça explose. Et là, on dit, oui, il faut dégager. Très bien. Boum, boum, boum, boum. La place inondée de Grenade Lacrimo, l'orchestre, il essaye de tenir en disant, bon, ils vont quand même pas nous charger. Si, si, ils vont vous charger. C'est ce qui s'est passé. Donc, au point de départ,
les
gens ne pouvaient pas entrer sur la place de la République pour démarrer vers le Magenta, d'accord ? Et s'éparpillent. Eux aussi. Clémence, elle fait le tour et elle essaye d'arriver par le bon endroit. Alors là, d'abord, il lui parle grossièrement, il l'envoie balader.
Elle
va à l'autre endroit,
on
lui dit d'aller. Là aussi, c'est bloqué, on l'envoie balader. Et elle a pu constater elle-même, et elle nous prévient, que tous les abords sur cette partie-là de la place sont bloqués. Et donc, partout, se forment des cortèges spontanés. Alors, je vous prie de m'excuser parce que j'ai pris un peu de temps pour vous raconter ça, parce que, sinon, c'est trop facile.
On
commence comme ça à faire des grandes déclamations au l'ordre, vous condamnez, vous ceci, vous cela. Non, non, c'est un métier, la tranquillité publique. Si ça ne vous plaît pas comme métier, faites autre chose.
Ce
n
'est
pas vétérinaire, ce que vous voulez, agent de la RATP. Mais ne dites pas je suis un professionnel de la tranquillité publique. Parce que là, vous êtes juste une bande de mariole du sommet à la base. Chacun n'en fait qu'à sa tête, armé jusqu'au d'encre. Je vois un de
mes
anciens qui m'a formé, j'ai toujours été un adversaire de la pagaille. Surtout dans l'action organisée. Donc, quand on est organisé, on est organisé. Là, ce n
'est
pas le cas. Donc, des paquets de gens, c'est incroyable. Par contre, sur le magenta, tranquille,
tout
le monde avec les pancartes,
le
truc, bon, et moi, j'y suis allé. Et je ne cours plus très vite, donc, je n
'y
suis pas allé avec mes baskets en me disant bon, il va falloir prendre le pas de course dans cinq minutes, pas du tout. J'ai été accueilli super bien, donc j'étais très content. Alors, les gens, qu'est-ce qu'ils disaient
? Alors,
qu'est-ce que j'ai entendu ? Les pancartes, je ne
vous
les raconte pas parce que vraiment, il y en avait, c'était désopilant, quoi. Mais vraiment, je me suis bien marré. Et ça, c'est un signe aussi, parce que tout à l'heure, je dis que
je
fais votre culture. Pendant 20 ans, on s'est tapé « Machin, ta réforme, si tu savais où on se la met.
»
J'en pouvais plus. C'était devenu... En ça, il y avait d'autres mots d'ordre, d'autres pancartes, des tas de trucs. « Pour les uns, un paradis. Pour les autres, pas un radis. À bas, les traits aux riches.
»
C'est fort, non ? Bon. Et comme ça, plein.
Et
les gens, qu'est-ce qu
'ils
me disent à moi, qui ne me prend pas pour la crise de Jupiter ?
Les
gens, ils me disent « merci ».
Et
moi, je me dis « merci de quoi
?
» Je fais comme tout le monde. Non, merci, c'est parce que les gens savent que les Insoumis étaient là, devant le lycée, sont là pour soutenir l'action, etc. Et les gens nous disent « merci de ça ».
Et
ça, c'est un signal pour nous. Ça veut dire qu'on est compris. Ça fonctionne. Nous, on appelle ça l'osmose. C'est quand il n
'y
a plus de différence entre quelqu'un qui est dans le mouvement et quelqu'un qui est au mouvement Insoumis. Et c'est ça qu'on a vécu. Parce qu'on a les mêmes mots d'ordre, la même analyse, les mêmes slogans
et
la même démarche et on a un outil politique qui s'appelle le mouvement Insoumis. mais c'est l'outil politique.
Ce
n
'est
pas la direction du mouvement. Je le redis, pas pour apaiser les angoisses de M. Lecornu qui n'en a aucune.
Parce
que ça nécessite pour ça de faire fonctionner la chose grise qu'il
y a
sous les cheveux.
Et
ça a
l
'air de dépasser ses moyens vu
comment
il parle.
Et
spécialement aux femmes.
Si
vous voulez suivre les questions au gouvernement, regardez comment il répond à un homme et regardez comment il répond à une femme.
Et
regardez comment il répond à Mathilde Panot. On dirait qu'il va cracher,
je
ne
sais pas,
ça va être dans le dentier,
il
va sauter par terre tellement c'est violent.
C
'est incroyable une chose pareille.
C
'est incroyable
de
se comporter comme ça. Donc, on est dans ce contexte. Suite des événements,
les
gens rentrent à la maison au terme d'une pagaille indescriptible. Mais on est 800 000. Mettons qu'on coupe en deux, mettons qu
'on
soit 600 000. Vous avez 600 000 personnes dans le pays
qui
ont été à la manif, qui ont été contents d'y être avec leurs jeunes,
qui
ont vu des slogans qui les ont bien fait marrer
et
qui, fondamentalement, en ont déjà tellement le ras-la-casquette de ce qu'ils vivent qu'ils sont contents voire que leurs mômes se défendent contre. Et d'ailleurs, le 17, on est là contre la bichère. Donc, tout le monde y a sa place. Pour plein de gens, c'est un bon souvenir, la manif. Ils n'ont pas vu la place de la République. Bon, mais nous, on a vu la place de la République. Et en même temps, les copains téléphonent. Et on nous dit, à Bordeaux, c'est pareil. On n'a même pas pu se rassembler, on s'est fait tirer dessus.
On
reçoit les nouvelles de Toulouse. Là, c'est le pompon. Ils ont carrément tiré dans le premier rang des syndicalistes.
Et
vous avez 3-4 personnes qui sont prises ça en pleine tête. Les grenades lacrymaux, etc. Arrivent les nouvelles de Strasbourg,
où
d'abord, ils nous disent, tout va très bien, c'est calme, il n
'y a
pas de problème. Et puis, tout d'un coup, boum, le truc décolle. Pourquoi ? Parce que c'est parti d'un endroit. Quelqu'un a surréagi. Mettons même qu'il y
ait
quelqu'un qui ait fait l'idiot ou qui se croit malin de vouloir se battre avec les flics. Mais les autres, c'est des professionnels. Parce qu'on me dit, alors, vous n'avez pas un mot pour les policiers ? Ben, non. Mais attendez. Non,
non,
non, non, attendez, écoutez. Écoutez-moi bien.
Ce
n
'est
pas l'ennemi, là, dont je vous parle.
Moi,
je considère l'être humain qui est là.
Ce
n
'est
pas ça que je vous dis. Mais les gens ne sont pas sur le même plan. Si vous manifestez, vous exercez votre droit à manifester et une liberté fondamentale prévue par la Constitution. L'autre, il est là, pas parce qu'il avait envie, mais parce que c'est son métier et qu'il en assume les risques. De la même manière qu'un militaire, quand il va au front, il en assume les risques. C'est certainement le contrat de travail le plus incroyable qui est, où vous jouez votre propre pot. Je parle pour l'armée. Donc, on ne parle pas de choses équivalentes.
Le
droit et le devoir du gouvernement, c'est de faire en sorte que la liberté de manifester soit protégée. Ça ne vous fait pas plaisir. Ça vous énerve. Les mots d'ordre ne vous plaisent pas ? Ben, tant pis. Ils ont quand même le droit de manifester que ce soit
pour
le mariage pour tous ou pour la manif pour tous. Sinon, il n'y a pas de liberté si c'est seulement à la tête du client ou du slogan. Voilà. C'est pourquoi cette situation-là, il faut l'analyser avec précision. Et vous avez vu la suite.
Ce
qui ne va pas, c'est la phrase
tout
de suite du Premier ministre qui dit « Entre les casseurs et les policiers,
il
faut choisir son camp ». Mais celle-là, on l'avait déjà entendue.
C
'était le préfet l'allemand. Il n'y a pas de camp dans cette histoire.
Il
y a un droit qui est respecté ou pas.
Et
s'il doit y avoir absolument des camps, ce n
'est
pas les fonctionnaires de police contre leurs propres gamins ou leurs gamins et les fonctionnaires de police plus tous les autres gamins.
Ce
n
'est
pas ça le sujet. Gamin, excusez-moi, les jeunes. Bon. Ce n
'est
pas ça le sujet.
Le
sujet, c'est d'un côté un peuple avec ses revendications qui vient dans la rue pour les défendre et de l'autre côté un gouvernement qui ne
veut
rien savoir et qui n'écoute personne et qui a trois lignes d'action tout de suite. Un, le pourrissement.
Ils
ne font rien pendant 15 jours. On ergote sur les jours sur rien. Pendant 15 jours, que dalle. Pas une rencontre, pas un message, rien.
C
'est très grave parce qu'à ce moment-là, il y a déjà des gens qui se font, qui prennent compris des mauvais coups.
Et
quand on interroge
sur
une radio, tout d'un coup, ils étaient pleins de courage, ils osent même poser une question embarrassante aux ministres de l'intérieur.
Ça
prouve qu'ils n'ont pas d'amende en retard. Donc, ils lui disent « Oui, mais vous avez un mot pour les blessés ? » Réponse du gars, Nunez. Il dit « Non, il y a des enquêtes de l'IGPN, on verra.
»
Pardon. Il y
a
une enquête de l'IGPN, déjà, ne vous faites pas rire. L'IGPN, ce n
'est
pas un organe de contrôle. C'est des policiers qui disent qu'il faut penser des autres policiers. Donc, permettez-nous de penser que ça ou rien, c'est pareil.
Et
que d'ailleurs, le moment venu,
tout
ça, dehors, on va mettre autre chose. On fera, comme dans tous les autres pays civilisés, on y mettra, bien sûr, des policiers, parce qu'ils connaissent la tâche de la tranquillité publique. On y mettra des sociologues, on y mettra des psychologues, c'est-à-dire des gens qui connaissent les êtres humains. Ça fait partie aussi de la problématique. Alors,
qu
'est-ce qui répond ? L'IGPN
? Mais,
monsieur, c'est vous la quête bizarre.
C
'est pas moi quand je dis ils assument les risques du métier. Là, vous parlez de vos concitoyens qui exercent un droit fondamental. Vous pourriez au moins dire, on verra, si la responsabilité de la police est engagée à ce moment-là, mais au moins, tu as une parole.
Quel
est l'adulte qui n
'a
pas une parole pour un môme qui se fait râcher la moitié de son bras
? Ça
n'existe pas, ça ?
Ça
ne compte pas
? Et
quand vous les voyez réagir comme ça, quand vous les voyez réagir comme ça, méfiez-vous, c'est pourquoi je vous dis que la question de la tactique et de la stratégie, elle est si importante. Il faut évaluer ce que vous affrontez. Vous affrontez un type à qui c'est égal qu'on ait tiré à bout portant et édanté un jeune de 17 ans. Voilà. Et c'est pourquoi il est dangereux.
Et
c'est pourquoi quand il a proposé sa démission, je serai dit, moi je serai parti en courant et en me cachant. Parce que, pourquoi il reste ? Le président a dit pour qu'il y ait une continuité dans le commandement. Ah ben bravo
!
Ouais, il
y
aura quelqu'un au téléphone pour répondre.
Moi,
j'essaye de faire sortir de moi
le
dégoût que ça m'inspire tout ça. Pour moi, ce n
'est
pas ça ma vision de la France, ce n
'est
pas ça ma vision de la tranquillité publique, ce n
'est
pas ça ma vision de la police et ainsi de suite. Et pourtant, c'est ça que nous vivons. Et moi, je dois faire envers comme vous. Et nous tracer, essayer de tracer un chemin raisonnable au milieu de tout ça pour pas que les choses s'aggravent. Qu'est-ce que c'est les choses qui s'aggraveraient ? C'est plus de blessés.
Et
pour autant, on ne lâchera pas l'action. Donc on ne va pas arrêter. D'abord, que ça nous plaise ou pas, ça continuera tout seul. Donc ça ne sert absolument à rien. Mais j'y viens maintenant. Premièrement, le pourrissement
en
espérant que l'accumulation des incidents fasse peur à tout le monde.
C
'est écrit dans le canard enchaîné.
Ils
ont les conversations et ils les racontent
où
ils se sont dit on va tellement leur foutre la trouille que plus jamais ils reviennent en manif de leur vie.
Et
ça a donné ce que vous avez vu. Ça, c'est le canard enchaîné.
Est
-ce qu'il va dire, comme il dit d'habitude,
vous
jetez de l'huile sur le feu
?
Pardon ? Quel feu ?
Quelle
huile ? De quoi vous parlez
? Je
jette de l'huile sur le feu ? Non, les Insoumis ont passé plus de 15 jours à faire en sorte qu
'il
n
'y ait
pas d'incidents et qu
'il
y
en
ait le moins possible. Ça, c'est le canard enchaîné qui le dit. Si vous pensez que ça, c
'est
jeter de
l
'huile sur le feu, pourquoi vous n'allez pas vous expliquer avec cette rédaction ?
Vous
pourriez. Deuxième aspect de la stratégie.
Il
n'y
a
pas de problème. Ou plus exactement, il n
'y
en a qu'un. Elle est fille.
Et
plus spécialement, Mélenchon. Si quelqu'un, en plus, pouvait lui faire un mauvais sort, voilà qui arrangerait parfaitement leurs affaires. Parce que
c
'est continuel, maintenant. Mettez-vous une minute à ma place, je ne vous le souhaite pas, mais imaginez-vous que chaque fois que vous allumez la télé ou la radio, il est question de vous et qu'on va vous présenter comme le diable en personne.
D
'ailleurs, si par hasard, vous allez voir sur certains réseaux sociaux, on m'y voit, avec eux, on voit jusqu'au fond de ma gorge.
Tout
y est. Voilà. Voilà où on en est. Point numéro 2, la diabolisation de LFI. Mais diaboliser LFI, c'est ne pas parler du problème. Qu'est-ce que vous comptez faire avec les lycéens, avec les étudiants et avec la vie chère ? Qu'est-ce que vous comptez faire ? Précisément, rien. C'est-à-dire, retour à la case numéro 1, le pourrissement. Comme je ne fais rien et que j'accuse. Chaque fois que j'accuse à LFI, je joue le pourrissement.
C
'est une tactique,
c
'est une stratégie, c'est fait exprès.
Et
puis enfin, il y a
la
réplique disproportionnée. La violence disproportionnée. Alors après, on dit que c'est nous. Tant pis, vous allez souffrir.
Il
y
a
des camarades qui me reprochent de l'avoir trop dit. Ce que je vous ai dit tout à l'heure à propos des stratégies non violentes.
quand
il dit vous jetez de l'huile sur le feu, par vos mots, je pousse à l'action. Bon, encore heureux. Bien sûr, je pousse à l'action. Mais je ne pousse pas à n'importe quelle action. J'ai dit 10 fois en l'espace de quoi ? Du 30 septembre au 17. Bon, ça va quoi ? Ça fait 17 jours. 10 fois. Quasiment une fois par jour. Les stratégies non violentes.
Les
stratégies non violentes. Pour la raison que je vous
ai
dit tout à l'heure.
pas
parce que je m'excuse de ce qu'on a fait. Je ne m'excuse pas.
Je
dis si vous autres, mes camarades, vous n'en prenez pas compte, vous allez aggraver la difficulté au lieu d'étendre
les
participants à la lutte si vous choisissez une autre méthode de combat.
Bon,
allez, je vous fais grâce des dix citations
parce
que moi-même, ça me saoule à force.
Mais
le bilan, à ce moment-là, avant le 17, avant le 17, on est à un lycéen éborgné,
un
lycéen qui a eu la main arrachée, un lycéen qui a perdu toutes ses dents.
Et
le 17, le bilan, vous devez l'entendre, un mort
dans
des circonstances non élucidées. Cinq mutilés au minimum de ce qu
'on
sait aujourd'hui.
Une
main arrachée par une grenade à Saint-Étienne.
Une
manifestante de 17 ans éborgnée à Mulhouse. Un manifestant éborgné à Strasbourg. Éborgné, ça veut dire que le gars, il a visé la figure.
D
'accord ? C'est pas que le truc qui est arrivé là comme ça. Je recommence. Un manifestant éborgné à Strasbourg. C'est chez toi. Un manifestant gravement blessé au crâne à Paris. Un journaliste hospitalisé après avoir reçu une grenade de désencerclement dans le ventre. Vous vous rappelez
que
comme Macron paraît-il aurait dit que c'était trop violent, Lignes avait dit bon ben puisque c'est comme ça on enlève les grenades de désencerclement. Le mec, il a tenu 24 heures.
Après
non non mais on va rétablir les grenades alors moi je suis pas un spécialiste un coup c'est le désencerclement l'autre coup c'est assourdissant. Voilà. En une journée autant qu'en 5 mois de mouvement
contre
la retraite à 64 ans où déjà ça avait beaucoup saigné. 2500 garde à vue
plus
que le jour le plus répressif des Gilets jaunes qui était le 8 décembre 2018.
Les
premières condamnations
qui
ne correspondent à rien de ce qui avait été annoncé.
Tous
les racistes s'étaient fait un devoir d'annoncer quelle était la population qui était là. C'est 10 mois fermes avec mandat de dépôt pour des jeunes sans aucun antécédent judiciaire. 10 mois fermes
c
'est fait pour terroriser. 7 mois fermes avec mandat de dépôt pour être allés en manif avec un masque de piscine.
Et
dans ces conditions
les
3 éléments
vous
les avez. Pourrissement répression
et
les filles coupables. C'est leur stratégie. Quand vous les écoutez pensez à ça.
Pourquoi
? Parce qu'ils veulent que vous ayez à la sortie à répondre. Entre les violences
et
la police qu'est-ce que vous choisissez ? C'est pas notre sujet.
C
'est pas notre sujet. On ne veut pas de la violence policière et on ne veut pas non plus des pillages.
Nous
notre sujet c'est les revendications et le gouvernement.
Je
vous demande camarades
de
sans cesse répéter ça. Ne vous laissez pas happer dans autre chose. Vous avez vu tout à l'heure peut-être que vous n'avez pas vu.
Mathilde
parle, explique Mathilde Panot. Et le corneux lui dit eh bien oui il vous reste 2 secondes vous pouvez me répondre. Êtes-vous contre l'incendie
de
la mairie à Limoges
? Mais
c'est pas le sujet. C'est pas la question qu'on lui pose. C'est là pour répondre pas pour poser d'autres questions aux parlementaires. C'est les parlementaires qui posent des questions aux ministres. C'est pas toi qui poses des questions bonhomme. Ici c'est encore une démocratie parlementaire. Donc c'est pas ton jeu. Et Mathilde répond et vous vous n'avez pas eu un mot pour la main arrachée.
D
'accord ? Elle a bien fait de lui dire ça.
Mais
pourquoi je vous dis il y a quelque chose qui ne va pas dans cette histoire camarade.
Ce
que je vous ai raconté il y a un instant pour le point de départ à Paris.
Puis
je vous ai dit ce qu'on a entendu. Vous avez entendu le maire de Marseille. Vous connaissez l'étendue de nos désaccords avec lui. Mais là
sa
question elle est terrible.
Il
dit comment ça se fait ? Il y avait des CRS qui sont partis. Pourquoi vous avez laissé l'entrée de la mairie libre
?
Pourquoi personne n'est venu à la rescousse ? Et il dit j'ai des images je vais le prouver. Eh bien figurez-vous qu'il va pouvoir le faire. Pourquoi ? Parce que nous nous soutenons la proposition de la présidente de l'Assemblée nationale qui veut faire une commission d'enquête parlementaire. Et je vais vous dire elle n
'a
pas inventé l'eau chaude dans cette histoire-là.
Parce
que moi j'ai participé en 1986 à la commission d'enquête parlementaire sénatoriale pour savoir comment ça s'était fait que tout d'un coup les manifestants avaient absolument encerché l'Assemblée nationale. Donc c'est pas la première fois. Et quand vous faites une commission d'enquête parlementaire ceux que vous convoquez du gradé
au
lambda tout le monde doit venir.
Et
si vous mentez
vous
êtes passibles de punition.
Donc
il va falloir qu
'ils
viennent. Je sais bien qu'ils ont pris les mauvaises habitudes. Certains disent non mais moi je viens pas mais c'est ce qu'on va voir. Qui c'est qui va pas venir
? C
'est ce qu'on va voir. Mais on saura la vérité. Et la même question se pose pour l'immobilier pour quelle raison ? Qu'est-ce qui se passe à Limoges qui ferait que nous autres les insoumis on éprouverait du plaisir à voir la mairie brûler mais jamais de la vie aucun d'entre nous. D'abord la plupart d'entre nous sont des gens cultivés
qui
ont l'amour des choses et des belles choses. Cette mairie d'abord c
'est
la maison du peuple. On n'est pas d'accord nous pour qu
'on
saccage la maison du peuple que ce soit à Marseille que ce soit à Paris où vous voulez. Et on n'est pas d'accord pour qu'on y mette le feu. Et même quand il y
en
est anticléricaux on n'est pas d'accord pour que Notre-Dame brûle. D'accord ? Et bien là c'est pareil. Donc il n
'y
a aucune raison.
Qu
'est-ce que ça veut dire
? Moi
aussi je peux faire ça.
Je
pourrais dire au ministre « Hé vous là !
Vous
regrettez qu'on lui ait crevé l'œil ou pas ? Non ? Vous êtes content ? » Non comme lui il dirait « Mais enfin comment vous me parlez ? Qu'il
y a
une être humain qui peut être content de ça.
»
Vous comprenez les amis ? C'est une technique d'intimidation pour retourner le problème. Il n
'y
a plus de problème de liberté de manifester. Il n
'y
a plus de cahier de revendication. Il y a une mairie qui brûle. Ce n'est pas nous qui avons mis le feu. Et justement il paraît que la DST escortée de je ne sais quel autre service a repéré un membre de l'ultra-gauche qui avec une équipe de conspirateurs
peut
-être
mais
d'abord ça ne nous concerne pas
et
deuxièmement ne nous prenez pas pour des imbéciles.
Alors
comme
apparemment
votre ultra-gauche
il
ne fait pas trop la maille voilà pourquoi
un
petit génie a inventé cette nuit
ou
ce matin tôt
que
comme les premiers condamnés n'avaient pas l'air d'être des violents
et
qui disaient « ben ben j'ai fait une bêtise
» vous
les avez vus
comme
ils ne venaient pas des quartiers populaires de la région parisienne
leur
affaire ne marche pas trop fort
alors ils
ont décidé d'en prendre un si possible un peu exemplaire Raphaël
donc et
voici les pieds nickelés qui arrivent
au
train pour choper Raphaël Raphaël
pas
de bol les pieds nickelés et pas le bon numéro du wagon
donc
ils vont il n
'y a
personne « ah ben zut qu'est-ce qui se passe ?
»
et non l'autre il était à côté il a eu chaud il n'a rien eu de tout ça et il arrive à Paris et bon entre temps quand même il y
a
des communications qui fonctionnent et il est sorti tranquillement c'est-à-dire tout de suite dans le métro
et
le voilà arrivé à l'Assemblée nationale donc il
va
falloir que vous alliez le chercher là-bas
parce
qu'il y est
voilà
ils ont voulu arrêter Raphaël Arnaud comme ils avaient voulu arrêter Rima Hassan ils voulaient la choper à l'avion vous comprenez ? On attrape à l'avion elle voulait s'enfuir mais heureusement les pieds nickelés étaient là et ils l'ont ramené directement à la garde à vue qu'est-ce qu'elle a dans son sac ? Du rouge à lèvres mon oeil c'est un déguisement elle le fume
et
qui fait ça ?
le
ministre de l'intérieur celui qui prévient les journalistes parce que les journalistes l'ont raconté ils organisent des choses comme ça ils en ramassent
et
je suis au regret de vous dire que c'est à peine croyable Rima a passé cet après-midi en procès pour apologie du terrorisme qu'est-ce que c'est cette histoire ?
un
jour elle a retweeté
un
tweet d'un gars qui lui-même avait un passé un peu chargé
dès
qu'on le lui a dit je ne
sais
pas qui lui a dit à cette époque-là elle l'a retiré apologie du terrorisme
on
a demandé contre elle
de
la prison et deux ans d'inéligibilité cet après-midi celui qui a demandé ça c
'est
le procureur le procureur il agit comme avocat de la société au nom du gouvernement qui est censé la représenter autrement dit le même jour
où
ils ont essayé de serrer Raphaël
ils
ont essayé elle de la couvrir d'eau propre cette femme imaginez-vous la vie qu'elle a maintenant elle a eu 16 procédures judiciaires contre elle
et
là c'est continuellement qu
'il
faut qu'elle s'occupe de ses dossiers d'aller aux audiences parce qu'elle elle y va
elle
y va elle va chaque fois qu'elle est convoquée elle va et elle répond
voilà
ce qui est devenu sa vie et c'est contre elle
voilà alors
une fois que ça a été mis pour ceux qui ne comprennent pas d'un seul coup voici nos chères chaînes en continu
est
-ce que vous avez regardé la télé dimanche soir France 2
France
2 on s'est tapé 8 minutes
sans
un commentaire
des
boucliers des gens qui crient des feux allumés
des
pierres qui tapent contre des boucliers des cris des cris encore des cris et du feu
c
'est-à-dire qu'ils ont tout joué à mort l'affolement
au
lieu d'essayer de calmer d'aggraver les choses parce qu'à ce moment-là il y
a
encore des gens qui sont dans la rue
ils
l'ont fait sciemment et s'ils ne l'ont pas fait sciemment c'est qu
'ils
sont encore plus bêtes que tout ce qu'on peut croire à leur sujet parce que pour eux c'est juste un spectacle
ça
fait du buzz il se passe quelque chose c'est irresponsable de faire ça
c
'est totalement irresponsable
toute
la journée on a dû batailler nous à diffuser les images des cortèges tranquilles
parce
que c'est à ça qu'on aspire
c
'est ça le combiné de la vie démocratique de masse des gens qui partent milliers et milliers expriment une opinion tranquille
et
notre démocratie c'est ça l'idée qu'on se fait nous pas montrer mettre en scène la bagarre pour exciter tous ceux qui peuvent être excités France 2
pour
sa honte c'est le service public voilà à quoi jouait le service public et tous les autres pareil j'accepte une émission de télé
j
'étais content de pouvoir y aller donc je vais pas me plaindre
ils
sont venus à moi c'est plus sage
et
on a fait
je
sais
pas
si ça vous a plu ou pas c'était une émission qui me permettait de m'exprimer
mais
tout le début pendant que je parle ce qu'on voit sur le côté c'est des choses qui brûlent ils auraient pu passer des photos de moi dans la manif l'après-midi ou en train de marcher tranquille avec des gens qui bon d'accord ils criaient des trucs qui étaient un peu énervants pour une chaîne en continu et pour un milliardaire Mélenchon président et autres mauvaises nouvelles pour eux bon des choses comme ça quoi mais pourquoi ne l'ont-ils pas fait pourquoi ne l'ont-ils pas fait parce qu'ils veulent jeter de l'huile sur le feu et vous vous ne devez pas vous laisser embarquer là-dedans vous ne devez pas jouer à la guerre avec eux
c
'est pas un jeu ce qui est en cause en ce moment c'est notre démocratie comment on va faire pour maintenir tous nos droits nous irons manifester si nous voulons manifester parce que ça fait partie de nos droits
vous
ne devez pas céder
ni
avoir peur mais vous ne devez pas jouer à leur match voilà camarades ce que je voulais pourquoi ce soir j'avais besoin de vous voir et de vous le dire
c
'est pas il n
'y
a pas un gentil et des méchants c'est une partie politique qui se joue et pourquoi c'est grave comme ça là je viens de vous dire pour les médias j'en rajoute pas plus
mais
quand même
aujourd
'hui ils ont mis à pied une journaliste éditorialiste Isabelle Saporta c'est pas spécialement une insoumise celle-là
mais
ils l
'ont
mise à pied parce qu'elle a mal parlé alors quand c'est nous ils nous traînent dans la boue pendant toute une émission ils se tapent sur le ventre mais quand c'est une de ces seigneuries alors là évidemment il faut que le journaliste agite son chapeau à plumes sur le sol pour montrer sa différence pour ceux qui gouvernent c'est une honte
mais
voilà où nous sommes donc c'est grave
c
'est ça mon deuxième message ce qui est en train de mûrir c'est grave
quand
un premier ministre vous dit qu'il y
a
deux camps et qu'il faut choisir entre les voyous et les policiers
c
'est grave
quand
un journaliste est enlevé de l'endroit où il se trouve parce que ce qu'il a dit a paru impertinent alors qu'il passe le reste de l'année à dire qu'il
n'y a
que l'impertinence qui vous rapproche de la vérité
c
'est grave
quand
le président de la république décide le matin
de
s'exprimer le soir après mort
et
que entre les deux il ne se rappelle plus pourquoi il voulait parler
et
donc
il
vient
et
il parle
de
quoi personne ne s'en rappelle
et
sur le moment même on se dit mais c'est quand qu
'il
va nous dire alors maintenant stop à la rigolade la 5ème république c'est un système pyramidal
donc
tout tient par le haut
le
haut c
'est
le président
quand
il dit qu'il va parler c'est qu'il a quelque chose à dire
et
quand c'est en plein milieu d'événements
c
'est qu'il a des choses graves à dire alors
il
y a des exemples dans le passé récent
c
'est par exemple François Mitterrand 1984
il
décide que la loi sur la laïcité qui a provoqué des manips de masse des cléricaux
et
bien
il
l'abroge
voilà
comment il le fait
je
pense que c'est une bonne loi
je
pense qu'elle est jugée de façon très injuste
mais
cette opinion que j'ai il est visible qu'elle n'est pas partagée par un très grand nombre de français
alors
je m'inquiète aussi de ce que pensent ceux qui ne pensent pas comme moi et j'en tiens compte
ça
c'est François Mitterrand
et
il décide que la loi est retirée
j
'ai encore les boules Jacques Chirac 9 décembre 1986 c'est la loi de Vaquet
il
en reste dans la salle qui ont vécu ça voici ce que dit Chirac
aucune
adaptation
si
nécessaire soit-elle ne peut être menée à bien sans une large adhésion de toutes les parties intéressées notamment étudiants et enseignants
il
apparaît clairement que tel n'est pas le cas aujourd'hui c'est pourquoi
j
'ai décidé de retirer l'actuel projet de loi
le
même Jacques Chirac cette fois-ci il est président de la république
31
mars 2006 il s'agit du CPE
c
'est pourquoi j'ai décidé de promulguer cette loi le CPE
mais j
'ai entendu également les inquiétudes qui s'expriment chez de nombreux jeunes et chez leurs parents
je
demande au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires
pour
qu'en pratique
aucun
contrat ne puisse être signé autrement dit la loi terminée
il
la retire
donc
vous avez là deux présidents de la république
qui
commencent par vous dire que ça leur coûte parce qu'ils croient à ce qui a été fait mais qui disent
on
est dans une démocratie on est en république
je
vois bien que ça ne le fait pas alors j'arrête
alors
moi je pensais que c'était ça qu'il allait faire
non
mais attendez vous rigolez je ne
sais
pas pourquoi
mais
honnêtement devant une situation pareille un spectacle pareil c'est ça qu'il faut faire
si
vous êtes un responsable pas un cow-boy ou un pied-niquet
vous
devez prendre la décision qui vous coûte
mais
qui arrête on remet la case à zéro et on va rediscuter on peut dire on va rediscuter ou on va voir la fois d'après mais ça c'est être gouverné une démocratie
pas
un endroit où la foule c'est du bétail
et
où les citoyens non seulement quand ils vous ont rien demandé vous dissolvez leur assemblée mais quand ils en élisent une autre vous faites comme s'ils ne
l
'avaient pas fait parce que c'est ça qui fait Macron et là il a l'occasion de se rattraper
il
ne le fait pas alors supposez qu'il y ait parmi vous des gens qui sont fatigués de cette lutte
qui
disent bon on va voir ce qu'il dit
et
puis ben à fois s'il y
a
moyen de moyenner
il
nous en lâche un peu on va discuter ou il nous en lâche beaucoup il y a des gens comme ça
dans
les syndicats c'est normal vous discutez vous négociez vous êtes là pour ça
vous
pouvez à chaque fois vous ne pouvez pas vous dire je vais avoir 100% de ce que j'ai demandé je parle d'un mouvement revendicatif je ne parle pas d'un mouvement politique quand vous votez vous votez vous avez droit à ce que vous avez voté bon
c
'est ça que qu'est-ce qu'il offre qu'est-ce qu'il pose sur la table qui permet à quelqu'un de dire bon allez on discute rien autrement dit on sort d'une soirée on est dans une deuxième qui va être très violente le président de la république intervient pour ne rien dire
pour
ne rien proposer
et
il vous annonce qu'il s'en va chercher du pétrole en Arabie Saoudite écoutez-moi les gens camarades ça n'arrange pas son cas
parce
que
nous
avons appris
qu
'il aurait signé un accord de défense avec l'Arabie Saoudite pour protéger le pipe qui traverse le bout de désert
qui
permet d'éviter de passer par l'autre par l'autre côté d'accord vous voyez la carte vous voyez la carte à peu près comment elle est
donc
camarades
il
aurait signé quelque chose immédiatement les parlementaires insoumis ont demandé quoi qu'est-ce que vous avez signé c'est quoi l'accord de défense parce que si on installe du matériel militaire le long du pipe
et
que ce pipe est attaqué par l'Iran qui a été agressé illégitimement quoi que vous pensiez de ce gouvernement
mais
enfin c'est pas parce qu'un gouvernement vous plaît pas que ça vous donne le droit d'aller l'assiéger de bombarder tout ce qu'il y
a
autour et de démolir les écoles les routes et les
ponts c
'est ce qu'ont fait les américains bref si nous installons des batteries françaises parce qu'on sait le faire ça marche même mieux que les trucs patriotes c'est une chose qu'on fait avec les anglais pour ce qui est du missile et avec les italiens pour ce qui est de la machine à tirer supposé qu'on se mette là pour quoi c'est faire pour abattre les avions et les projectiles qui arrivent donc nous devenons belligérants
tout
ça s'est passé dans notre dos
on
en a parlé à aucun moment on n'a discuté à aucun moment de tout ça normalement il y
a
un article de la constitution qui dit que quand on intervient militairement article 35-1 je m'en rappelle parce que c
'est
celui de la guerre du golfe
et
bien
le
parlement doit voter
le
président de la république n'a pas à sa disposition le droit de déclarer des guerres
il
se peut qu'il soit des fois par nécessité de rapidité obligé d'intervenir mais aussitôt le parlement doit voter
on
a voté une fois sur le Mali
je
n
'ai
pas arrêté après de dire il faut qu'on dise maintenant à quelles conditions on s'en va parce que ok on est venu et quand est-ce qu'on repart et dans quelles conditions c'est ça gouverner non vous ne pouvez pas exposer comme ça la vie des vôtres de votre pays de vos militaires
comme
ça un type tout seul décide
il
demande l'avis de personne on a perdu 54 militaires au Mali et je ne
vous
dis pas le nombre de maliens qui étaient quand même chez eux
et
qui sont morts dans toute cette histoire et bien là c'est pareil on ne sait rien juste que notre président part là-bas et il nous annonce aujourd'hui qu'il nous a garantis quelque chose qui représente 8% de notre approvisionnement c'est pour ça qu'il a fait le voyage
il
n
'y a
pas moyen de se téléphoner
pour
dire il vous en reste un peu à nous vendre
ce
n'est pas sérieux
ce
n'est pas vrai il n'a pas été là-bas uniquement pour discuter des contrats sur le fioul il a été là-bas pour discuter de matériel militaire il a été là-bas pour discuter des installations qu'on va y mettre autrement dit pendant que nous on est ici à se débrouiller avec un problème dont on essaye de sortir par le haut il est en train de nous enfoncer la tête dans des problèmes supplémentaires là-bas voilà ce qui se passe et voilà pourquoi on a le droit d'être en colère
quand
le bal est commencé ils se lâchent tous
et
les filles mon vieux il n
'y
en a pas
pour
ne
pas
en rajouter sur ce qu'a dit le précédent
le
plus brillant quand même au cours des 48 heures qui viennent c'est les autres on est tellement habitués qu
'on
ne
va
plus attention
c
'est monsieur Linard
il
est maire de Cannes Cannes c'est sympa comme quoi
peut
-être que ça dépend pour qui écoutez ça
le
gars il peut tranquillement dire ça à la télé je vous rappelle que moi j'existe vous aussi
nous
sommes des personnes nous ne sommes pas des inventions nous ne sommes pas des choses
nous
sommes des personnes des militants nous sommes des élus nous l'avons été
et
voilà ce qu'il dit
il
y a des camps d'entraînement terroriste sur le plateau de mille vaches
par
exemple en limousin
on
a appris aujourd'hui d'exadistes de Notre-Dame des Landes qu'ils fréquentent apparemment couramment
de
black bloc y compris qui parfois viennent de l'étranger
qui
se retrouvent dans certains villages sur le plateau des mille vaches
ça
ne
veut
pas dire qu'il
y
a mille vaches c'est mille fontaines dans le vocabulaire je vous le dis comme ça vous le savez vous avez l'air moins bête la prochaine fois plateau des mille vaches où Jean-Luc Mélenchon va en pèlerinage chaque 11 novembre
je
ne sais pas à combien ils se sont mis pour trouver une idée pareille écoutez Mélenchon va en pèlerinage chaque 11 novembre
c
'est une question intéressante d'ailleurs
pourquoi
il va là et pas ailleurs
et
bien je ne
vais
pas faire le tour de tous les camps de terroristes
black
bloc zadistes quand même
vous
allez voir
des
individus se regroupent
s
'entraînent à la guérilla urbaine acquièrent du matériel lourd
d
'attaque contre les policiers se préparent à la garde à vue se préparent à de la lutte urbaine
alors
j'ai hésité avant de vous lire ça parce qu'ils ne
vont
pas me croire
mais
je l'ai entendu donc je sais qu'il l'a vraiment dit
mais
je crois que personne ne lui a répondu personne ne lui a dit vous c'est quoi le truc blanc là devant vous qu
'est
-ce que vous avez bu avant de venir monsieur le président président de l'union des maires de France
les
maires de France vous êtes contents d'avoir un président comme ça le gars il n
'y
a pas une activité du plateau des mille vaches qui lui échappe
je
préfère le prendre à la blague
mais
voyez-vous
ma
vie est faite de cinglés de cette nature alors imaginez-vous quelqu'un qui écoute ça puis qui se dit ah ben c'est grave ce Mélenchon d'ailleurs je l
'ai
vu en photo elle a la bouche grande ouverte et les cheveux comme ça je suis une personne monsieur Linard
moi
je ne parle pas de vous comme ça
je
ne dis pas que vous êtes un bourgeois planqué confit de fric
je
ne le dis pas alors qu'est-ce que ça veut dire pourquoi vous parlez de moi comme ça
et
alors vous avez posé une question intéressante d'ailleurs pourquoi il va là et pas ailleurs voyons voir cherchons un indice René
le
11 novembre
qu
'est-ce que tu fais le 11 novembre tu mets le manteau comme moi
tu
mets ton écharpe parce que toi tu es député moi je ne le suis plus mais j'ai fait le 11 novembre j'en ai pas raté un pendant des décennies
et
bien le 11 novembre c'est l'anniversaire
de
la fin de la première guerre mondiale
et
la première guerre mondiale elle joue pour nous les gens de gauche
un
rôle fondateur
parce
que c'est à l'issue de la première guerre mondiale qu'a été fondée la première république dont on espérait qu'elle soit une république communiste au sens où on l'entendait
et
parce que se sont posées les questions cruciales de la paix de la guerre de la manière de prendre le pouvoir de la manière de l'exercer
et
à l'époque
il
y a eu un puissant mouvement dans lequel notre leader français
a
fini par y laisser sa peau contre la guerre
c
'est Jean Jaurès qu'on a assassiné
donc
pour nous le 11 novembre c'est tout ça à la fois plus la victoire
mais
c'est 3 millions de morts
c
'est 2 millions de blessés c'est la catastrophe mondiale une boucherie terrible
donc
tous les 11 novembre où que je sois je vais quelque part où on lit la liste et pour moi c'est une leçon
on
lit la liste et t'entends les noms tu les connais pas t'es pas du coin
Jean
-Pierre Jacquemot François Jacquemot Paul Jacquemot André Jacquemot après un autre nom un autre nom encore un autre encore un autre et vous entendez les listes
ça
veut dire que tous les hommes de la famille sont morts
dans
des tout petits villages
quand
c'était en Corse
on
embarquait les gens jusqu'à 9
gosses quand
c'était un breton jusqu'à 6
gosses
quand c'était un d'ailleurs
au
bout de 3 on arrêtait d'envoyer les hommes
à
la mort
c
'est ça la première guerre mondiale elle est dans notre histoire elle est dans notre manière de penser l'histoire moi le 11 novembre j'y vais
vous
faites ce que vous voulez mais moi j'y vais
et
le 11 novembre maintenant que me voilà votre porte-parole à tous
je
ne me contente pas d'aller au monument aux morts de la ville où je suis
je
vais là où ça porte le sens
et
à quoi nous sommes restés fidèles parce que c'est nous les insoumis
qui
avons fait voter une loi sur ce sujet
c
'est mon camarade Bastien Lachaud mesdames et messieurs pendant la guerre
ceux
qui étaient plus courageux que tous les autres c'est ceux qui ne voulaient pas la faire parce que ceux-là ils étaient sûrs d'être fusillés
ils
étaient sûrs d'être fusillés
c
'était pas des lâches
c
'était pas des traîtres
c
'était pas des peureux
et
alors nous les insoumis nous sommes liés à eux dans le temps
parce
que c'est notre mission de porter cette histoire puisque maintenant il n
'y
a plus que nous qui sommes en ombre et en force et organisés c'est nous qui portons vous savez comment on les appelait
les
insoumis
dans
les comptes rendus de l'armée c'est les insoumis
ils
fusillaient les insoumis
et
nous avons fait voter une loi à l'initiative de Bastien Lachaud
qui
dit que les insoumis ne sont pas des traîtres et qu'on était réhabilités pour commettre leur nom avec les autres morts
voilà
ce que je vais faire au plateau des mille vaches monsieur Linnard
et
d'abord
c
'est pas le plateau des mille vaches
le
plateau c'est le plateau c'est gentil ça s'appelle et vous savez pourquoi je vais là
? parce
que là il y
a
écrit sur le monument aux morts
en
gros abat la guerre et voilà ce que je crois que je porte comme parole mesdames messieurs mes camarades
la
vie est faite d'un seul tissu un seul tissu qui navague dans le temps et qui porte sur lui
les
corps les esprits les cœurs un seul tissu
qui
voyage dans l'espace parce qu'à l'heure à laquelle je vous parle
des
révoltes lycéennes et étudiantes il y en a partout en Europe il y en a en Asie il y en a dans les Amériques
la
vie est un seul tissu pourquoi
?
pourquoi c'est comme ça ? parce qu'il y a un système qui s'appelle le capitalisme et qui s'était choisi une stratégie le néolibéralisme c'est-à-dire détruire partout les services publics et les conquêtes des travailleurs et du manque du salariat
qui
les ont détruits partout jusqu'à amener tout le monde au point d'exaspération ou ce qui compte le plus dans ta vie toi si tu es un jeune parce que tu es honnête que tu es droit
tu
penses que si ta vie va être meilleure ça sera par tes propres efforts
ah
que tu auras fait plus ou moins le Dieu à
la
main
je
veux dire
plus
ou moins en t'y attachant mais comme un jeune comme c'est normal on a tous été comme ça
parce
que tu veux réussir par ton mérite pas parce que tu auras eu la faveur de naître avec une cuillère d'argent dans la bouche mais que
tu
auras été chercher ton mérite
et
qu'un de tes parents que la vie demain sera meilleure pour tes enfants et que tu es prêt à tout pour ça que tu es prêt à tout sacrifier à moins manger pour qu'ils mangent
à
moins te déplacer pour qu'ils puissent manger et ainsi de suite voilà la vraie vie du grand nombre et quant au grand nombre sur la terre entière on a enlevé toute espérance d'y arriver par soi-même alors c'est la révolte et c'est ce qui se passe en ce moment c'est pourquoi je vous ai dit nous vivons un grand moment de l'histoire
nous
ne sommes pas n'importe quel peuple nous sommes le peuple français ou le peuple de France c'est-à-dire le peuple héritier des plus grandes révolutions qui a marqué le monde non seulement celle de 1789 mais aussi celle de la commune de Paris qui est la première à décréter
que
l'éducation est gratuite et qu'elle est laïque
la
vie
est
tout ça à la fois
et
nous en sommes directement protagonistes et chacun d'entre nous est impliqué par le destin qu'il choisit de se donner par ses actes
ne
rien faire et regarder passer ou bien s'impliquer à fond
s
'impliquer à fond dans l'existence c'est-à-dire dans le sort des autres
ce
qui compte c'est les autres
la
manière avec laquelle ils vont participer à leur propre existence le service qu'on peut leur rendre la solidarité nous sommes les tenants de la société d'entraide c'est ça que nous allons construire une fois que nous allons gagner
il
faut que j'aille
à
ma conclusion
quelle
est la suite
? d
'abord
j
'ai un message personnel à Gérard Larcher président du Sénat lui et moi vous allez voir comme on est vieux il n
'y
a pas que moi de vieux il y a aussi lui
on
est arrivés au Sénat en même temps
d
'accord donc il y avait le bureau d'âge à un bout il y
a
un type invraisemblable avec une chemise à gros pied de poule c'est moi
et
de l'autre côté il y
a
lui
on
est arrivés en même temps donc on se connaît
j
'ai même supporté parce que vous savez que moi je suis clivant mais eux sont tout en rondeur enfin en apparence mais aussi dans les
faits mais
j'ai le droit moi j'ai le droit
mais
oui c'est lui qui a dit à la radio on lui dit qu'est-ce que vous dites à Mélenchon il a répondu ferme ta gueule
et
l'autre il veut me pisser dessus
mais
c'est moi je suis clivant eux ils sont ils ont le sens des nuances allons allons allons la bourgeoisie m'aura pris pour son domestique
il
y
a
erreur sur la personne
donc
je dis à Gérard Larcher
que
quand on est le président du Sénat
et
qu'on est dans une période de crise sociale qui par transcendance de la crise sociale est devenue une crise politique
et
qui par transcendance de la crise politique parce que le président parle pour ne rien dire et s'en va pendant 4 jours pourrait devenir une crise de régime
alors
il doit se rappeler
que
si par extraordinaire
le
président de la république considérant les événements comme ils sont venait à conclure que les 6 mois qui arrivent sont de trop et qu'il s'en va avant c'est lui qui sera président de la république par intérim Gérard Larcher écoutez non ne faites pas où c'est la loi c'est la constitution
c
'est lui
donc
je lui demande de ne pas se comporter comme le petit télégraphiste et perroquet de monsieur Rotaillot le chef de son parti pourquoi je lui dis ça
parce
que comme on lui a demandé son avis
il
a répondu
que
oui la question de notre dissolution se pose voilà pourquoi je vous ai dit camarades c'est des jours importants qui se déroulent là
c
'est le numéro 2 de l'état qui dit que la question de la dissolution du mouvement insoumis qui siège avec 71 députés à l'assemblée nationale avec 2 sénateurs au sénat avec 9 députés avec une dizaine ou une cinquantaine de maires peut-être dissous pourquoi
sans
qu'on vous dise une seule fois pourquoi ils ont jeté du feu de l'huile sur le feu de quoi vous parlez dites des noms dites des paroles dites des phrases montrez-nous puisque vous êtes si malins
et
vous monsieur le cornu
et
vous monsieur le cornu qui dites que
on
a un mouvement de l'ultra gauche qui a envie d'organiser un désordre profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle
tous
ceux qui disent que nous comptons tirer parti du désordre pour l'élection présidentielle mais
comment
peuvent-ils nous croire aussi stupides
est
-ce qu'ils croient réellement qu'en attaquant des boutiques nous pensons prendre le pouvoir
parce
que s'il fallait attaquer quelque chose c'est pas des boutiques qu'on irait chercher ça suffit maintenant retour au sérieux
ça
suffit de jouer les apprentis dictateurs qui manient les oppositions politiques qui ont des élus des parlementaires au fouet
et
si vous dites qu'on a un mouvement de l'ultra gauche qui a envie d'organiser alors comment tu le sais et si tu le sais dis qui sait où, quand, comment
et
quand il ajoute
la
planification vous m'entendez la planification en certains endroits d'un schéma insurrectionnel mené par des groupuscules d'extrême gauche et de l'ultra gauche c'est le premier ministre qui parle quel groupuscule où, quand, qui sait
et
quand vous dites sans arrêt
comme
l'a dit madame Le Pen que nous, nous sommes la branche légale et que nous aurions une branche armée où, qui, quoi, comment c'est plus une plaisanterie on parle de la France on parle d'une démocratie on parle d'une république peut-être que je peux exaspérer c'est sans doute le cas à un certain nombre de gens qui eux-mêmes m'exaspèrent aussi
mais
il faut bien que nous vivions ensemble et si nous avons fait le choix de la démocratie ça veut dire que nous avons autant de droits que les autres d'être là et que les autres ont autant de droits que nous et qu'il nous faut une règle c'est précisément ça qu'on appelle une constitution et comme celle-là est mauvaise c'est pour ça qu'on veut la remplacer voilà pourquoi nous sommes cohérents nous quand on veut faire partir le président de la république
c
'est parce qu'il a commis quelque chose d'insupportable organiser des élections et refuser de reconnaître le résultat mais alors nous ne nous cachons pas
nous
n'allons pas à la faveur d'une manifestation mal organisée envahir l'Elysée non nous déposons une motion pour le virer
à
l'Assemblée nationale et on obtient qu'elle puisse être discutée parce que le bureau l'a votée
et
au moment où ça doit passer
on
revient à la charge parce que la fois précédente comme celle-là ils sont sauvés par une voix celle de Mme Le Pen alors après vous comprendrez qu'on trouve bien étonnant
que
son bras droit
et
son cerveau extérieur M. Bardella
on
lui dit qu'est-ce que vous dites au chef de l'Etat qu'il s'en aille et qu'il demande pardon mais mon grand si tu veux qu'il s'en aille t'as qu'à voter avec nous quand l'occasion s'en présente et on aurait voté à l'Assemblée dans des formes légales institutionnelles parlementaires pourquoi tu l'as pas fait pour faire le malin maintenant et venir nous faire la leçon et on est obligés de supporter Madame qui dit que nous sommes comme dit sa nièce qui dit elle que c'est des manifestations ethniques
vous
avez compris pas de bol les 5 premiers qui servent ils n'ont rien à voir avec ça voilà où on en est c'est pourquoi je vous dis la situation est grave parce que plus aucune de ces personnes ne se retient alors d'accord moi je parle fort
mais
j'agis sûrement
et
j'agis dans un cadre et je vous propose d'agir dans un cadre parce que c'est à ce prix que nous pourrons changer sérieusement la vie de ce pays parce que nous avons l'expérience de toutes les autres expériences qu'on puisse dérouler dans la violence et on sait que c'est pas la bonne porte d'entrée pour faire le travail politique que nous avons à faire
et
c'est pas la bonne porte d'entrée par rapport aux répliques qu
'il
va falloir que nous apportions parce que si nous gouvernons le pays nous allons avoir contre nous un certain nombre de gens qui ont décidé de faire monter les taux d'intérêt jusqu'à 6 peut-être 7
et camarades nous
ne nous laisserons pas faire
et
je préfère
que
vous le sachiez maintenant
en
vous disant que vous avez affaire à des dirigeants des responsables des animateurs qui sont responsables de leurs actes qui réfléchissent qui calculent qui organisent
et
qui organisent suffisamment à l'avance
les
événements si
nous
laissons les choses aller alors ce sera le grand n'importe quoi
nous
avons la chance qu'une fois de plus
les
syndicats des jeunes appellent à une manifestation samedi prochain nous ne leur avons pas demandé ils ont décidé ils représentent les lycéens en mouvement il faut bien qu'on reconnaisse une représentation c'est eux qui l'ont décidé alors notre devoir est tout tracé nous devons les aider les protéger et les soustraire à la barbarie de ceux qui voudraient les agresser insoumises et insoumis
vous
êtes tous réquisitionnés
tous
vous vous mettrez un brassard blanc et vous aiderez ce samedi les jeunes à défiler tranquillement dans le calme et dans l'ordre et manifester la puissance énorme que vous êtes capable d'avoir
j
'ai lu avec une gratitude que je ne veux pas vous cacher
le
camarade Vacheron qui est un des dirigeants de la CGT annoncer que partout ils appelaient
à
ce que ces manifestations soient appuyées
par
les militants de la CGT la CGT va prendre sa décision je crois jeudi elle a un CCN qui est son organe central qui est convoqué et sans doute donnera-t-elle là des consignes très claires
je
lui dis notre gratitude nos remerciements car il faut que nous soyons aux côtés de nos jeunes c'est notre devoir à tous adultes
et
aux jeunes aussi c'est notre devoir
si
nous n'accordons pas leur mobilisation ils seront à la merci des violents d'un côté et des aventuriers de l'autre
voilà
pourquoi nous voulons être ceux qui tracent et ouvrent le chemin
de
la mobilisation politique
nous
verrons s'il nous faudra attendre six mois pour aller voter
nous
espérons que pas un jour ne soit perdu dans la compréhension politique de ce qu'il
y a
lieu de faire
que
chacun réfléchisse bien
à
ce qu'il va faire et comment il va convaincre
parce
que nous pouvons y arriver
et
si nous y arrivons alors on changera tout parce que c'est possible de tout changer et d'abord
en
commençant par le commencement ce samedi ce qui est à l'ordre du jour
ce
n'est pas le mouvement pour le mouvement
ce
sont des revendications
la
vie chère blocage des prix
la
situation dans les lycées suppression de parcours sup
est
décidée au parlement puisque justement ils discutent du budget en ce moment les 10 milliards dont il y a besoin la dernière fois ils les ont donnés pour les gilets jaunes pourquoi ils ne
les
donneraient pas pour les jeunes alors on nous dit mais il y
a
déjà 3 500
milliards
d'euros de dettes ben très bien ça en fera
10
de plus
et
vous savez pourquoi
parce
qu'on se demande où sont passés
les
3 500 autres milliards
parce
qu'ils ne sont pas passés dans les lycées ni dans les facultés alors on devrait nous dire où ils sont passés
et
puis on pourrait nous dire aussi puisqu'on en est à parler d'argent et qu'on peut être un peu vulgaire où sont passés les sous de la journée de travail que vous avez donné gratuitement pour offrir
de
la réfrigération
aux
personnes âgées 65 milliards vous nous devez monsieur Macron alors sur les 65 vous pouvez bien en rendre 10 pour donner satisfaction à la jeunesse de ce pays ne vous laissez pas dire que c'est pas possible ne vous laissez pas intimider par les chiffres tout ça n'existe que si ces gens ont décidé que ça existe parce qu'il
y a
au moins maintenant plus de 450 milliards qui sont une dette que nous avons à l'égard de nous-mêmes et qui est dans le coffre de la BCE c'est pas à
cette
heure-là que je vais recommencer à zéro pour vous expliquer pourquoi mais tout le monde comprend
ils
ne doivent pas vous impressionner vous ne devez pas vous laisser impressionner
voilà
où on en est
nous
serons donc
tous
là
nous
serons là
avec
la CGT avec les syndicats qui nous aideront
nous
serons là
pour
manifester
et
nous serons là aussi pour faire en sorte que les choses se passent aussi bien que possible
pour
la tranquillité et l'efficacité de ce que nous allons entreprendre maintenant
le
mot de la fin à chaque jour suffit sa peine
je
suis incapable de vous dire ce qui va se passer quand l'autre va rentrer
il
rentre jeudi
qu
'est-ce qu'il va décider
est
-ce qu'il va nous dire bon ok je m'en vais c'est à Bardella quand c'est Bardella qui le demande en général il le fait la dernière fois Bardella a dit il faut dissoudre une demi-heure après on était dissous
nous
on prend les problèmes comme ils viennent moi je m'exprime devant vous non pas comme quelqu'un
qui
veut tirer parti de la situation pour accélérer le rythme
mais
comme quelqu'un qui a décidé de vouer avec son organisation politique son soutien à un mouvement dont le mot d'ordre est
stop
à la vie chère et on veut étudier dans des conditions décentes c'est ça que nous soutenons et c'est cette situation que nous avons à diriger peut-être que samedi
soir
la situation sera différente
peut
-être que lundi prochain elle sera encore différente
vous
avez vu qu'eux-mêmes repoussent les dates sans arrêt il a dit que lundi prochain il aurait des propositions à faire pourquoi pas maintenant pourquoi faut qu'on attende une semaine
nous
sommes invités à venir à une réunion très étrange très étrange
on
nous dit venez on va discuter regardez la lettre comme elle est belle
c
'est Manu Bompard qui m'a passé ça
alors ça
va aller vite
les
violences commises en marge des manifestations blabla
les
violences les violences les violences
les
manifestants
et
contre les manifestants
rien ça
c
'est notre
échange doit d'abord permettre de revenir en transparence sur le déroulement des événements du 17 octobre pourquoi
on
n
'est
pas des policiers c'est pas nous qui connaissons la technique
alors
il veut qu'on en parle en transparence cet échange doit également également déjà point 2 on va discuter en transparence point 2
on
va également examiner la doctrine du maintien de l'ordre
et
ce qu'est le rétablissement de l'ordre en contexte de violences urbaines qui sont deux notions totalement différentes
les
chefs de la police et de la gendarmerie en exposeront les principes les moyens et les contraintes opérationnelles on va avoir en cours
alors
il y a tous les chefs de la police qui vont être là qui vont expliquer alors le truc tu le prends comme ça comme ça pas comme ça
comme
ça t'enlèves les dents comme ça tu formes le crâne c'est pas pareil
même
là que j'ai rendu à la page 2 enfin je souhaite que notre réunion ouvre également un échange sur la sécurisation de la campagne présidentielle
pourquoi ? il
y
a
un problème
? non
mais vous comprenez ? moi je vous présente les choses toujours de manière à vous faire sourire j'ai horreur
de
la dramatisation permanente mais où dans ce pays y a-t-il un problème avec les prochaines élections présidentielles
? ben
je vous l'ai lu tout à l'heure ils disent qu'il y a des groupuscules d'extrême gauche qui veulent peser jusqu'à la présidentielle
donc
ils le croient puisqu'ils proposent qu'on en discute
et
qu'on la sécurise attendez c'est un progrès au moment des élections européennes
à
chaque fois qu'on faisait un meeting il y avait le groupuscule nous vivrons qui venait qui poussait des cris qui se roulait par terre qui me jetait différents trucs ou qui tapait sur toutes les réunions pas une fois
ça
leur a tiré un souffle de dire ah ben il y
a
peut-être de l'abus
donc
vous m'avez vu des fois je me marrais d'autres fois bon ça rallongeait déjà que c'est long mes discours mais alors en plus il y
a
des gens qui viennent faire un sketch c'est fini quoi nous impose d'anticiper les risques de violence d'intimidation ou d'entrave à la campagne où, quand
où,
où c'est tout ça il y a donc des risques ah ben je ne le savais pas alors nos discussions toutefois n'auront de sens que si nous partageons sans ambiguïté une exigence la condamnation de la violence laquelle la république tient par cette conviction commune qu'aucun désaccord aucune colère aucune ambition politique ne peut justifier le recours à la violence cette conviction engage chacun d'entre nous dans ses paroles comme dans ses actes tu vas nous faire signer un certificat c'est ça que tu veux tu crois vraiment qu'on va le faire d'assure que non
on
va y aller on va te pourrir la réunion parce que nous on ne vient pas pour discuter avec lui
de
comment on se sert des matraques ni des risques de l'élection présidentielle parce que les risques de l'élection présidentielle on peut les lui raconter à l'avance ce n
'est
pas les groupuscules de l'ultra gauche c'est monsieur Netanyahou qui pèse sur les élections à Marseille à Toulouse à Roubaix et à Paris voilà
celui
-là oui
et
puis pareil qu'il y
a
les
russes alors
c'est open bar ce pays tout le monde peut y aller voilà nous on peut en parler mais ce qu'on va leur dire nous on vient ici pour discuter avec vous des revendications quand est-ce que vous donnez une réponse aux revendications qu'ont présenté les lycéens les étudiants et les travailleurs et le reste allez discuter avec qui vous voulez avec les directeurs de la police de ce que vous voulez parce que c'est vous qui êtes responsable du maintien de l'ordre c'est-à-dire de la défense de liberté constitutionnelle c'est pas nous parce que nous nous les faisons vivre les libertés constitutionnelles la liberté constitutionnelle c'est le droit que j'ai de me moquer de vous en plus
je
vous ai tout dit
j
'espère que vous allez rentrer en réfléchissant à tout ça j'ai présenté les choses
sans
en rajouter dans le pathos et la gravité
mais
c'est un moment très spécial vous ne devez pas le prendre à la légère c'est la première fois qu'on voit un premier ministre accuser
le
principal parti d'opposition gauche et vouloir le dissoudre le président du sénat dire que la question se pose
des
gens tirés sur des manifestants et n'avoir pas un mot de regret à ce sujet
des
gens qui prétendent que l'élection présidentielle est mise en danger ce dont aucun d'entre nous n'avait entendu parler
c
'est une situation grave
la
crise sociale est devenue une crise politique d'un pouvoir qui ne sait plus quoi faire et ce pouvoir qui ne sait plus quoi faire est en train de nous amener à une crise de régime c'est-à-dire un moment politique que plus personne ne contrôle
ce
n'est l'intérêt d'aucun d'entre nous que les choses aillent à ce point
et
nous avons dans les moments de grande paranoïa la faiblesse de penser que c'est peut-être parce que nous nous rapprochons
du
pouvoir politique démocratiquement conquis qui s'énerve autant et que tout d'un coup comme ils n'ont pas accepté le résultat de l'élection législative il se pourrait bien qu'ils n'acceptent pas le résultat de l'élection présidentielle et que pour ça ils n'ont pas envie de l'avoir
de l'élection