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InterviewAvec Édouard (Horizons)· 13 octobre 2026 42 minContradictoireFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesNumériqueEnvironnement & énergie

Europe, automobile, IA : Édouard Philippe au sommet de POLITICO

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:34OuverteRéponse directe

    Sur la question européenne, vous vous situez dans la continuité d'Emmanuel Macron, mais qu'est-ce que vous feriez de mieux avec Friedrich Merz ?

  • 2:15RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que vous feriez différemment ou de mieux sur la relation franco-allemande ?

  • 8:10FerméeRéponse directe

    Faut-il redresser les finances publiques pour regagner en rapport de force en Europe ?

  • 10:05OuverteRéponse directe

    L'interdiction des voitures thermiques en 2035 était-elle une erreur ?

  • 12:32OuverteRéponse directe

    Comment protéger l'industrie automobile européenne face à la concurrence chinoise ?

  • 15:04RelanceRéponse directe

    Pensez-vous qu'on peut taxer les véhicules chinois sans risque d'escalade ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:51Édouard PhilippeFait
    « le président Giscard d'Estaing a été très pro-européen, que le président Mitterrand a été incroyablement pro-européen »
  • 4:12Édouard PhilippeFait
    « une certaine perte d'influence de la France dans le système européen »
  • 6:08Édouard PhilippeFait
    « l'Allemagne vit une crise très profonde, pas existentielle mais stratégique »
  • 11:19Édouard PhilippeFait
    « le monde de l'automobile, c'est pas simplement les constructeurs, c'est tout ce qui va avec, les équipes entières, les services qui vont avec »
  • 11:55Édouard PhilippeFait
    « la stratégie européenne en matière d'automobile a été désastreuse »
  • 12:32Édouard PhilippeFait
    « l'âge moyen du parc automobile a augmenté »
  • 13:10Édouard PhilippeFait
    « l'âge moyen du parc qui augmente, c'est pas du tout une bonne nouvelle environnementale »
  • 34:35Édouard PhilippeFait
    « au moment de Fukushima, le Japon a eu la chance de pouvoir accéder à des ressources en matière de pétrole et de gaz qui étaient, pour l'époque, relativement peu chères »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00

Pour notre premier grand entretien, vous pouvez l'applaudir.

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Vous pouvez vous installer.

0:13

Bonjour, Édouard Philippe, et merci d'avoir répondu à notre invitation. Bien, vos fauteuils, mais on est… on est bien. Vous êtes maire du Havre, nul besoin de le rappeler. Vous avez été Premier ministre d'Emmanuel Macron de 2017 à 2020, et vous êtes candidat à l'élection présidentielle pour la première fois, ce que… ce qui n'est pas si commun dans cette élection. Les sondages vous donnent au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon pour vous qualifier pour le second tour de cette élection face à Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, qui, à ce stade, fait figure d'hyperfavorite. Disons, on peut le dire comme ça, que vous êtes première, en revanche, parmi les candidats non dégagistes, je sais pas si cette définition vous conviendrait, et ce qui n'est pas forcément

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la position la plus confortable non plus. Je voudrais commencer avec un sujet qui nous tient particulièrement à cœur chez Politico et sur lequel vous n'êtes, paradoxalement, pas si souvent interrogé. J'ai envie de vous parler d'Europe. Vous n'avez pas eu l'occasion d'en parler, par exemple, l'autre soir, à la première de L'Heure de Vérité sur France 2. On va venir très vite aux annonces que vous avez faites hier soir, ce matin, chez nos confrères de La Voix du Nord. Mais d'abord, pour rentrer par le sujet européen, nous arrivons au terme du décennat d'Emmanuel Macron, si je peux dire, qui a été, depuis sa première campagne, vous en conviendrez sans doute, le président le plus pro-européen que les pro-européens pouvaient espérer, au moins dans les mots et dans l'intention. Et en même temps,

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le moins que l'on puisse dire, c'est que son bilan est mitigé. Vous me direz si ce mot vous convient. La relation franco-allemande, notamment, n'est pas au mieux après l'avion de combat du futur dont le projet a été abandonné. C'est le char de combat qui semble enterré, c'est en tout cas ce qu'a eu l'air de confirmer le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon, la semaine dernière. Le projet d'Eurodrone est lui aussi mal en point, pour des raisons similaires. Il y a eu bien des désaccords ces dernières années, je pense notamment à la question épineuse du… du Mercosur. Ma question, Édouard Philippe, est simple : sur la question européenne, vous vous situez dans la continuité d'Emmanuel Macron, mais qu'est-ce que vous feriez de mieux, vous président, avec Friedrich Merz —

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pardon, j'ai du mal à prononcer son nom — ou son éventuel successeur, si tant est que vous estimez que le redémarrage du couple franco-allemand est une priorité ? D'abord, bonjour à tous, et dans la question que vous venez de poser, il y a au moins cinq ou six questions, donc je vais essayer de les prendre dans l'ordre, parce qu'on a un temps limité. Ah bah oui, mais c'est comme ça, hein. Vous avez tapé large, donc moi, je vais répondre large. Mais… mais les questions sont bonnes. D'abord, vous dites que le président de la République, Emmanuel Macron, est le président le plus pro-européen. Je voudrais simplement qu'on se dise tous, même si c'était il y a longtemps, que le président Giscard d'Estaing a été très pro-européen, que le président Mitterrand a été incroyablement pro-européen,

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alors qu'il venait probablement d'un peu plus loin. En 1983, son choix de la rigueur, c'est un choix de ne pas défaire l'Europe, en… en que le président Chirac a été très pro-européen. En vérité, on s'inscrit dans une politique de la France qui est pro-européenne, et qui est résolument pro-européenne, qui est pas parfaite vis-à-vis de l'Europe, bien sûr, mais qui est pro-européenne. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que vous évoquez le bilan du président, mitigé. Je disais… vous dites « mitigé », c'est un terme que… qu'on qu'on peut entendre, et je dirais qu'il y a du bon et du… et du moins bon. Commençons par le bon : le discours de la Sorbonne, les intuitions qui sont formulées par le président de la République, la volonté

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qui est exprimée par le président de la République, je les… je les partage complètement. Et de fait, je constate que ce discours et l'orientation qu'il fixe a été ensuite beaucoup plus valorisés et repris que ce qu'on imaginait au moment où il l'a formulé. J'observe que il a … réussi — et personne n'imaginait à l'époque qu'on… qu'on y arriverait, parce qu'il y a dix ans, on parlait beaucoup de ça et aujourd'hui, on en parle beaucoup moins — à faire avancer la discussion sur les travailleurs détachés, que il a réussi au moment de la crise Covid à non pas tout seul, bien entendu, on fait rien tout seul en Europe, mais à organiser, dans le plan de relance, des actions qui sont concertées et dont on imaginait pas que l'Europe serait capable

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de les prendre. Donc il y a du bon, et il faut le dire, parce que c'est vrai, en tout cas parce que je le crois. Et puis il y a du moins bon : une certaine perte d'influence de la France dans le système européen, dont on peut évoquer les raisons : une difficulté, dont on peut penser qu'elle est simplement conjoncturelle avec l'Allemagne, mais dont je crains qu'elle ne soit plus structurelle que ce qu'on dit traditionnellement. Et puis une… une forme de… une forme, au fond, de… Oui, c'est la… la perte d'influence peut paraître le… le truc le plus le plus contestable sur la… la relation franco-allemande. Alors, qu'est-ce que vous feriez différemment ou de mieux ? Bon, d'abord, il faut bien comprendre — tout le monde sait ici — que la relation franco-allemande, elle est… elle est…

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absolument déterminante dans l'ensemble européen. Elle l'était, elle le reste. Bien sûr, elle le reste. Il faut pas réduire la politique européenne à la politique franco-allemande. On y viendra, si vous voulez bien, mais elle est évidemment déterminante, et elle ne va pas très bien. Et… je parle parfois de divergence entre la France et l'Allemagne. Le terme est lourd, parce qu'il est… il est presque antinomique avec ce qu'on aime se dire, du coup, de la relation entre la France et l'Allemagne. Bon, la vérité, c'est qu'on est quand même à un moment où s'expriment des divergences. On voit bien que dans un certain nombre de secteurs industriels où nous avons été complémentaires, nous sommes désormais concurrents, et frontalement concurrents. On voit bien que la vision du monde —

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et je le dis en français et pas en allemand — mais la vision du monde qui est la nôtre diverge, à mon avis, de plus en plus. On voit bien que la connaissance intime de la nation de l'autre par les ressortissants français et allemands diminue : la maîtrise de l'allemand, l'enseignement de l'allemand diminue. Et c'est la même chose… Vous-même, vous parlez allemand, il me semble ? Ah moi, j'ai vécu… j'ai vécu en Allemagne pendant deux ans, je passais mon bac en Allemagne. Alors moi, je suis ce qu'il est convenu d'appeler un germanophile. Ça veut pas dire que j'aime tout en Allemagne, hein, mais je suis germanophile. C'est vrai, j'aime l'Allemagne. J'y ai des bons souvenirs d'enfant et d'adolescent, et… et c'est un pays que… que j'aime. J'aime son histoire, j'aime sa géographie, je connais

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sa diversité, qui est infiniment plus grande que ce qu'on imagine parfois en France. Bon. Ce que j'observe, c'est que l'Allemagne vit une crise très profonde, pas existentielle mais stratégique, pour des raisons qu'on connaît bien, hein : les fondements sur lesquels elle s'est organisée dans les 20 ou 30 dernières années, c'est-à-dire la sécurité américaine, le marché chinois et l'énergie russe, pour le dire vite, et probablement un peu facilement, mais enfin, néanmoins, c'étaient les piliers de la vision du monde allemande et de la stratégie allemande pendant au moins 20 ou 30 ans, plus un choix résolu d'une politique concentrée sur le développement de son industrie. Bah, cette vision-là, aujourd'hui, elle est… elle est… fracassée par la réalité. Et alors, littéralement fracassée.

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Les Allemands sont un grand peuple, ils sont pas trop endettés, ils ont des marges de manœuvre, je sais qu'ils sont capables de rebondir, ça, je suis pas inquiet, mais mais le moment est très déstabilisant pour eux. Et de notre côté, en France, je crois pas qu'on soit dans un dans un moment d'interrogation complète sur notre vision du monde. Je pense que ça, pour le coup, on est relativement au clair. En revanche, on est dans une crise financière et budgétaire qui nous interdit de développer et de développer notre influence et de faire valoir notre point de vue au niveau européen. Donc, comme la France et l'Allemagne ne vont pas très bien et s'interrogent sur leur devenir, et sont soumises à un monde qui est dangereux et qui change vite, bah, la relation franco-allemande s'en ressent.

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Alors, il y a des points positifs. Moi, je me réjouis que, si j'ai bien compris, la France et l'Allemagne puissent se rapprocher sur une position commune dans la matière automobile. Si c'est ça, c'est très bien. Et il y a des domaines dans lesquels on continue à travailler en bonne intelligence. Mais fondamentalement, on le voit bien, les réflexes vers lesquels nous nous tournons ne sont pas les mêmes, et donc nous avons une certaine tendance à diverger. Et il est certain que l'Europe ne fonctionne pas avec un moteur franco-allemand cassé. Mais donc, la la clé pour mieux s'entendre et pour pour tirer l'Europe derrière nous, si vous pensez toujours que c'est le rôle du du moteur franco-allemand, comme on dit, c'est, en clair, de votre point de vue de futur président, de

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de que les finances publiques, de redresser les finances publiques de la France pour regagner en rapport de force ? Moi, moi, ce qui me frappe, à chaque fois que je rencontre des responsables allemands, et en vérité à chaque fois que je rencontre des responsables européens, c'est que ils ne sont pas du tout dans le discours « on s'en fout de la France ». La France est un pays fondateur de l'Europe, c'est la deuxième économie européenne, c'est un pays qui compte, c'est un pays d'influence, c'est un pays respecté, même si parfois il peut y avoir des désaccords dans le système européen avec la France. Mais ce que me disent tous les — et je parle pas des des… des… des euro… des, de… j'allais dire des eurocrates — je parle des chefs de gouvernement et…

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et des responsables politiques nationaux en Europe, à chaque fois que je leur parle de sujet européen, spontanément, ils me disent : « Attendez, vous savez quoi ? Réglez vos sujets, que nous, on a su régler, et ensuite on discute. » Et ils contestent pas qu'on a fait des choix, ils contestent pas qu'on a fait des choix extraordinaires, il y a 60 ans, en matière de sécurité, en matière d'autonomie, en matière de souveraineté. Ils les contestent pas souvent, d'ailleurs, ils reconnaissent qu'on a fait les bons choix. Ça devrait être, au fond, ça devrait être notre moment d'influence. Et on a pas ce moment d'influence européenne, alors même qu'on avait raison sur beaucoup de sujets. Je voulais parler du discours de la Sorbonne, je voulais parler de la dissuasion.

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Mais ça n'est pas notre moment d'influence, parce que nous sommes les seuls à ne pas savoir respecter des règles communes qui ont été respectées par tous les autres. Et ça, ça nous plombe. Donc vous me dites : quoi faire pour recommencer à construire un couple franco-allemand ? D'abord, être plus crédible. D'accord. D'abord, remettre en ordre nos finances publiques, d'abord… rendre notre économie plus compétitive. Et ça ne réglera pas tous les problèmes, mais ça sera une bonne partie de la question de recul d'influence de la France dans le système européen. Alors vous avez mentionné cet accord à venir, ce compromis entre Paris et Berlin sur l'objectif d'interdiction des voitures à moteur thermique, de la vente des voitures à moteur thermique d'ici à 2035. En clair, je le résume :

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Paris est prêt à un peu plus de flexibilité en échange de quoi Berlin ferait un pas vers nous sur les règles en matière de préférence européenne, sur les attributions de contrats publics et les subventions, bref, en matière de protectionnisme industriel et européen face à la concurrence chinoise, notamment. C'est un revirement majeur de la part de la France sur la question des moteurs thermiques. Alors, j'avais prévu de vous demander tout simplement si vous vous en félicitiez. Vous venez de le dire d'abord. Mais surtout, on a appris ce matin, via nos confrères de La Voix du Nord, à qui vous avez parlé, à la veille de… à l'avant-veille de votre visite prévue demain au salon, au Mondial de l'automobile, que vous estimez que cette interdiction, donc à l'horizon 2035,

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interdiction de la vente des véhicules à moteur thermique, était une erreur, je cite, car vous dites : « notre filière automobile étant en danger de mort », et cette ambition était, je cite, là encore « déconnectée de nos capacités industrielles réelles ». Pour rejoindre Marine Le Pen sur ce point, entre parenthèses, c'était une erreur. Je… je rejoins ceux qui regardent la réalité du marché aujourd'hui. De fait, l'industrie automobile européenne, son pronostic vital, il est engagé. Ça veut pas dire qu'il y a pas d'actifs sérieux, ça veut pas dire qu'il y a pas une capacité de rebond. Il y a des boîtes industrielles extraordinaires en Europe, et notamment des constructeurs automobiles. Puis, j'ajoute que le monde de l'automobile, c'est pas simplement les constructeurs,

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c'est tout ce qui va avec, les équipes entières, les services qui vont avec, c'est en fait très, très large comme économie. Bon, elle va mal aujourd'hui. Pourquoi est-ce qu'elle va mal ? Parce que la stratégie européenne, il faut bien le reconnaître, a été désastreuse. C'est parce que je dis pas ça de gaieté de cœur, ça ne ça ne change pas le fait que je suis profondément pro-européen, mais ayons la lucidité de reconnaître que la stratégie européenne en matière d'automobile a été désastreuse. Elle a été marquée par une très grande division entre les acteurs, et elle a été marquée par une très grande naïveté à l'égard de la Chine, et elle a été marquée par une très une très grande approche doctrinale, me semble-t-il, sur la question de l'électrification. Je suis évidemment favorable

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à la décarbonation et à l'électrification du véhicule, mais… et avant de fixer une stratégie, on regarde si on a les moyens de la mettre en œuvre. Or, de fait, l'accélération de 2022, 2023 des objectifs tels qu'ils avaient été définis, apparemment on a rajouté une louche en 2022, 2023, et ben on n'était pas capable de délivrer quelque chose à la hauteur des objectifs qu'on s'est fixés. Donc on s'est placé dans une situation extrêmement fragile. Est-ce que pour autant est-ce que pour autant il faut revenir en arrière ? On sait que les… les industriels aiment pas que les politiques changent de programme, changent d'avis. Et est-ce qu'il y a pas un paradoxe, au fond, à ce qu'on se retrouve, si on vous suit, dans la position, en fait, de défendre le… le le… la voiture à moteur thermique, là,

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alors que les Chinois mettent des milliards sur l'électronique ? Je vais vous donner d'abord un… un… un chiffre qui est toujours intéressant. Ceux qui connaissent bien le marché automobile le connaissent : c'est qu'au fur et à mesure qu'on a fixé des objectifs très ambitieux en matière d'électrification et donc de décarbonation du parc, au fur et à mesure du moment où on a dit « bah, on va arrêter avec le moteur thermique », qu'est-ce qui s'est passé en France depuis quelques années ? Bah, un truc extrêmement simple et tout à fait mesurable : c'est que l'âge moyen du parc automobile a augmenté. Autrement dit, au lieu d'aller massivement, parce que les voitures électriques restent trop chères pour beaucoup de Français, au lieu d'aller massivement vers de la voiture décarbonée,

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les Français, ceux qui pouvaient, ont acheté de plus en plus des décarbonées, et ceux qui pouvaient pas, ils ont gardé des voitures qui, en moyenne, sont beaucoup moins décarbonées que les autres. Et l'âge moyen du parc qui augmente, c'est pas du tout une bonne nouvelle environnementale, pas de très, très bonne nouvelle économique, mais c'est pas du tout une bonne nouvelle environnementale. Donc, encore une fois, la question, c'est : c'est bien d'avoir une stratégie ambitieuse. Moi, je… je… je suis à fond pour des stratégies ambitieuses, mais une stratégie ambitieuse qui s'appuie pas sur une analyse précise des moyens et sur une capacité à délivrer, c'est juste une stratégie… qui n'a aucune chance de réussir. Parce qu'une stratégie, ça doit s'appuyer sur une analyse précise

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des moyens qu'on est capable de mettre en œuvre. Et de fait, on n'a pas été on n'a pas été capable de mettre en œuvre ce qui aurait permis de rendre cette stratégie possible, pour autant qu'elle était adaptée. Donc là, on a un énorme sujet, et on a un énorme sujet de naïveté vis-à-vis de la Chine. On n'est pas… on n'est pas les ennemis de la Chine, mais on est des concurrents. Alors j'ai une question sur la solution et on veut beaucoup mieux proposer : protéger notre marché, puisque c'est, au fond, un des un des derniers, en tout cas un des grands actifs de notre continent, c'est qu'on a un marché, un marché assez vaste, un marché assez riche, en moyenne, qu'il faut protéger. Et je ne demande rien d'autre. Alors vraiment, de ce point de vue-là, rien d'autre que

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ce que la Chine a imposé aux constructeurs automobiles européens pendant des années, c'est-à-dire : alors, si vous voulez accéder à notre marché, vous produisez chez nous. Oui, mais justement, et vous… et vous faites des transferts de technologie. Donc on va revenir à la solution que vous proposez face à la Chine pour sauver l'industrie automobile française, européenne. Vous parlez, ce matin, toujours dans La Voix du Nord, de la nécessité d'imposer des droits de douane extrêmement élevés à tous les véhicules non produits en Europe. Bah, j'ai bon ? Ça… donc ça veut dire quoi ? N'importe quel véhicule chinois, parce qu'il est chinois ? Non, ça va ensemble. Comment la Chine Donnez-nous des détails, parce que la Chine et les constructeurs

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chinois, si vous regardez rapidement la situation, c'est un avantage technologique désormais sur les constructeurs européens, l'innovation est plus développée en Chine qu'elle ne l'est chez nous, un avantage de prix, environ 30 % inférieur, et une… une politique de subvention à l'export qui fait que, de toute façon, on n'est pas sur les mêmes gammes de rentabilité exigée. Donc vous voulez les taxer à mort, pour le dire gentiment ? Donc je dis, pour convaincre la Commission européenne : si on veut accéder au marché européen, si on veut accéder aux marchés européens, il faut produire, et produire significativement, en Europe. Si un constructeur chinois construit, et pas simplement assemble, mais construit en Europe, c'est-à-dire avec nos contraintes, avec nos règles,

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je… je suis pas opposé a priori. S'il ne construit pas chez nous, alors, dans la logique de protection du marché, il faut mettre des… des des droits d'entrée, et donc des tarifs qui sont élevés. En l'état actuel de notre rapport de force, au-delà de la seule industrie automobile, avec la Chine, vous pensez vraiment qu'on peut faire ça ? Il y a pas un risque d'escalade et de rétorsion dans d'autres secteurs ? Je… j'aime bien votre question, mais prenez-la à l'envers. Dites-moi, bah, et si vous dites « bah, il y a un risque d'escalade, donc il faut absolument pas le faire » ? Non, mais vous laissez partir l'industrie automobile, puis ensuite vous laissez partir l'industrie aéronautique. Juste… est-ce qu'aujourd'hui on peut faire ça ? Je vais vous poser la question : vous gardez quoi ?

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C'est-à-dire, faut garder quoi ? Ben, si vous dites : « on peut pas faire le rapport de force, parce qu'on va perdre le… » Je vous pose la question : est-ce qu'on est… Où vous parlez… bah, moi, je vous dis, vous-même, aujourd'hui, de la faiblesse structurelle de la France. Ben moi, je vous dis : on doit avoir une politique en France qui prend en compte les intérêts français, et en Europe qui prend en compte les intérêts européens. Et notre intérêt européen, c'est de défendre une industrie qui est extrêmement puissante et encore extrêmement importante en Europe, c'est de protéger notre marché contre une politique qui parfois relève de la politique de prédation. Et donc il faut accepter de mettre en œuvre des instruments qui ne sont pas choquants, si

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j'ose dire, dans notre relation avec la Chine, puisque la Chine nous l'a imposé pendant des années. Au fond, je demande la réciprocité, et je… je crois que les Chinois comprennent très, très bien le concept de réciprocité. Si je vous pose cette question, c'est aussi parce qu'il y a un commissaire européen, Maroš Šefčovič, c'est… c'est ce qui revient, ça, j'en suis sûr, de Chine. Là, il vient de… d'obtenir des petites concessions commerciales de la part de la Chine, prouvant de ce fait, en tout cas, le commentaire qui a été fait qu'il y a une voie par la négociation. Mais moi, je… j'ai pas dit qu'il fallait pas de négociation. Ce que je propose, c'est une négociation sur le fondement de la réciprocité. C'est une négociation ferme peut-être, mais c'est une négociation respectueuse.

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Demander à la Chine d'appliquer les règles qu'elle nous a imposées d'appliquer pendant des années, c'est pas irrespectueux. Enfin, je crois pas. Pardon, j'ai posé la question : ça choque quelqu'un ici ? Je crois pas. Bon, donc… donc voilà. Alors, la question, c'était : ce qu'on peut se permettre. C'était pas une question de respect. Il y a une conviction, il y a une conviction… Bah si, c'est aussi une question de respect. Il y a une conviction que j'ai, c'est que si on fait ça, il faut le faire de façon très unie, européenne, parce que lorsque, de toute façon, on peut pas faire autrement, j'ai envie de vous dire, enfin… Oui, oui, oui, non mais c'est plus que ça. C'est plus que ça, parce que les Chinois, ils… ils nous lisent très bien. Si c'est un pays qui impose aux autres une politique

18:05

et que les autres ne la partagent pas et ne la défendent pas, c'est extrêmement facile pour les Chinois de prendre des mesures ciblées, et nationalement ciblées, qui nous font mal et qui font mal à un pays plus qu'à un autre. Et les Chinois savent faire ça, et je respecte ça. Donc il faut qu'on… qu'on… qu'on agisse de façon très unie, et c'est pour ça que… Alors que pendant très longtemps, sur la stratégie automobile, la France et l'Allemagne avaient des intérêts qui étaient quand même, objectivement, assez différents, le fait qu'ils puissent s'entendre, le fait que nous puissions nous entendre, c'est quand même une bonne nouvelle. C'est quand même plutôt une très bonne nouvelle. Il y a plein de sujets, donc je… je reviens une seconde en arrière à la question du couple

18:43

franco-allemand. Ça va me permettre de basculer sur le sujet de l'IA, sur lequel j'aimerais bien vous entendre aussi. Il y a eu un autre événement symbolique la semaine dernière : le moteur de recherche allemand Ecosia, je suppose que vous en avez entendu parler, a annoncé renoncer à Mistral, notre champion français de l'IA. Il reproche notamment à Mistral sa dépendance à l'énergie nucléaire française. Faut dire que c'est un moteur de recherche écologique. Ecosia a pointé du doigt, il faut dire, les récents… les récents financements de Mistral par des géants non européens. Non européens, ça, c'est vrai : Microsoft, Samsung ou Nvidia, faut les… les nommer, estimant que l'indépendance de la pépite française n'était plus totalement garantie. Alors, j'ai plusieurs questions :

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est-ce que, là, tout simplement, on se cogne pas un peu au réel ? Est-ce que vous comprenez que les Allemands ne soient pas derrière Mistral, tout simplement ? Moi, quand on me pose une question, j'aime bien comprendre l'alternative. Quelqu'un qui me dit : « Mistral n'est pas complètement souverain », je peux entendre, parce qu'en effet on n'est jamais totalement autonome et autarcique. Oui, très bien. C'est quoi, l'alternative ? C'est ça ? Ouais. Bah, ils se sont tournés vers des modèles chinois, en l'occurrence. Ah bah, c'est super. En matière de souveraineté, ça me paraît un progrès considérable. Bon. Non, mais c'est vrai, elle est en progrès. Bon, donc, la vérité, c'est que reprocher à Mistral sa dépendance à une énergie décarbonée et nucléaire… On a le droit de pas aimer,

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c'est objectivement souverain, nucléaire, le nucléaire, et c'est décarboné, pour ensuite aller travailler avec… avec des Chinois qui… qui, alors, comme on sait, sont les champions de la décarbonation en matière de production d'énergie. Ça me paraît intéressant comme point de vue. Voilà, particulier, mais intéressant. Mais vous pourriez comprendre que les Allemands — alors là, c'est pas Ecosia, mais — aient envie de développer leur propre modèle d'IA, ne soient pas… Mais… Mais je comprends très bien, mais… mais la vérité, encore une fois, c'est que nous sommes dans une situation où nous avons la plus grande peine à… dans des marchés ou dans des domaines qui sont des domaines stratégiques, développer des projets conjoints. Alors, il y en a,

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et en général, quand ça se passe bien, ça se sait pas. Ça, c'est vrai, mais il y a beaucoup d'endroits, que ce soit dans l'industrie de défense, où nous sommes maintenant frontalement concurrents, ce qui n'est pas une très bonne nouvelle, dans l'industrie spatiale, où nous sommes maintenant, il faut bien le reconnaître, quasi frontalement concurrents, en tout cas pour les petits lanceurs, dans l'industrie aéronautique, où on voit bien… Alors, on n'est pas concurrents, mais on voit bien qu'il y a une… une question d'influence et une question de prise de contrôle sur ces sujets, et… et en matière d'intelligence artificielle, nous ne faisons pas assez de choses en commun, et je pense que nous avons une vision du monde différente. Et il faut bien comprendre la vision du monde

21:12

allemande. C'est intéressant, d'ailleurs. Pardon, dans le couple franco-allemand, ce qui me frappe, c'est qu'on se connaît moins bien de vraiment… À part les… les… les grands germanophiles, faites le compte de vos amis qui se disent : « Tiens, j'ai une semaine de vacances, je vais aller passer en Allemagne. »

21:32

Non, je vous assure, c'est frappant. C'est… c'est… c'est frappant. Ça… ça veut dire que la compétence à… à… à connaître un pays qui est notre voisin, qui est d'une… qui est d'une richesse pas simplement matérielle mais culturelle, exceptionnelle, qui est d'une beauté extraordinaire… OK, je reconnais qu'en matière de cuisine, on n'a pas de fumée, mais ça justifie pas qu'on aille pas en Allemagne. Non, on se connaît mal, on se comprend mal. Je… je… je dis, pardon, avec un peu de légèreté, parce qu'il vaut mieux être un peu léger, mais de fait, on se connaît mal, et… et… et c'est un sujet. Mais on n'a pas la même vision du monde : le réflexe allemand, face à une difficulté, c'est l'Allemagne, le lien transatlantique, et ensuite l'Europe. C'est… c'est ça,

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le… le… la… la Sainte Trinité allemande, si j'ose dire. On raisonne pas comme ça en France. Je voudrais revenir un instant sur l'IA et sur Mistral, oui, pardon. Il y a plusieurs questions dans cette anecdote, sur… enfin, anecdote, le terme est peut-être mal choisi, cette affaire du… du moteur de recherche Ecosia. Et une autre question que ça pose, c'est celle du capital de Mistral. Est-ce qu'on peut raisonnablement avoir des champions français sans capitaux étrangers ? Est-ce que c'est votre ambition aujourd'hui ? Ce que je vois, c'est que le monde de l'intelligence artificielle, il fait du capital américain avec de l'épargne et des données européennes, et ça m'agace. Et ça m'agace, parce que… parce que c'est une question de souveraineté. On voit bien que dans cette industrie,

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qui va être une industrie absolument majeure, qui est déjà une industrie majeure, qui va être probablement encore plus, on est en retard par rapport aux États-Unis et en retard par rapport à la Chine. Alors, on peut dire : « Bah, écoutez, on est en retard, tant pis, c'est pas grave, on… on… on bénéficiera des bienfaits. » Mais il y a une telle souveraineté qui s'attache à ses données et à leur traitement, y a une telle avance prise par ces continents que il faut quand même qu'on se réveille. Bon, quelle est la stratégie qu'on peut avoir ? Bah, d'abord, consacrer beaucoup de moyens à essayer de limiter le retard que nous avons pris. Bon bah, ça passe… ça passe par s'appuyer sur les points forts qu'on a. On en a pas des tonnes, mais on en a quelques-uns, et là encore, quand je vais

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partout en Europe, les gens, quand ils me parlent de Mistral, ils en parlent. Vous allez en Italie, les gens vous disent : « Vous, vous avez Mistral. » Et franchement, ils sont heureux, parce qu'ils sont nulle part. Bon ben donc, il faut… donc il faut appuyer sur… appuyer sur nos forces, et Mistral est une… de toute évidence, est une de nos forces. Ensuite, est-ce qu'il faut que le capital soit 100 % français ou 100 % européen ? Je… je crois pas que ce soit décisif. Ce qu'il faut, c'est qu'on ait, d'une certaine façon, le contrôle, la… la… la souveraineté, c'est… c'est bon. Moi, que Mistral travaille avec des partenaires étrangers, ça ne me choque pas. Ce qui me… ce qui me choquerait, c'est qu'on soit soumis à des partenaires étrangers.

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Ce qui me choque, c'est qu'on admette l'idée que, au fond, on… on… c'est… c'est l'idée d'accepter avec servilité une domination extérieure. Ça, ça me choque. Vous proposez qu'on mobilise l'épargne des Français ? Mais moi, je propose qu'on utilise l'épargne des Européens. L'épargne des Européens est considérable, et aujourd'hui, parce qu'on a pas fait l'union des marchés de capitaux, parce qu'on n'a pas créé tous les instruments qu'on aurait dû créer, c'est le… le propre du rapport Draghi, et le… propre du rapport Letta, on… on… on finance le développement d'entreprises dont le capital devient américain. Je trouve ça désespérant. Donc évidemment, il faut qu'on utilise l'épargne, pas de façon directive, d'investir dans l'IA. Il faut qu'on crée les conditions. Je… je… l'épargne, c'est…

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c'est de la propriété privée, je suis pas pour aller chercher l'épargne. D'où ma question, et c'est un risque aujourd'hui, l'IA, c'est perçu comme un… un investissement risqué. D'avenir, à la… à la fois d'avenir et risqué. Bah, ce… ce c'est un… un investissement dans une industrie qui se développe. J'suis pas sûr que ce soit plus risqué que d'autres choses, en tout cas. Et si vous… si vous le meilleur moyen pour vous de développer une entreprise… Si vous demandez à un investisseur aujourd'hui : qu'est-ce qui est plus risqué, investir dans l'automobile française ou dans l'intelligence artificielle française ? À mon avis, le risque n'est pas là où vous pensez, hein. J'interviens rien. J'ai une autre question sur l'IA, qui est qui est un petit peu différente,

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mais parce que moi, je crois que ne jamais vous avoir entendu sur ce sujet. Et aujourd'hui, c'est un jour de mobilisation des jeunes. Vous n'avez pas le temps de savoir… qu'est-ce que vous dites aux Français qui ont peur de la déferlante de l'IA sur le marché du travail ? Vous… je… je précise que vous proposez un droit à la reconversion. Qu'est-ce que ça veut dire, et qui ça toucherait, de créer un droit à la reconversion ? D'abord, je les comprends, parce que derrière le… le… le fabuleux outil extraordinaire, presque prométhéen, d'une intelligence artificielle, qui… qui fascine à juste titre, et qui propose des choses, et qui va permettre des choses qui sont incroyables, et pour certaines très positives, je… je comprends assez bien qu'on soit angoissé

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par l'intensité et la rapidité des transformations qu'impose l'arrivée… attendez… qu'impose l'arrivée de l'intelligence artificielle. Les technophiles sont enchantés, mais les autres, ils sont un peu terrorisés, et je les comprends, que ce soit sur ce que c'est que le travail, que ce soit sur comment est-ce qu'on finance la protection sociale, que ce soit sur qu'est-ce que c'est que la liberté, qu'est-ce que c'est, la liberté, dans un… dans un monde où l'intelligence artificielle peut s'immiscer partout. Je… je… je comprends que ça inquiète. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Bah, il faut… il faut, me semble-t-il, faire comme de façon… d'abord, il faut être présent dans la production, donc on ne doit pas être complètement largué dans la création d'acteurs qui maîtrisent

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des éléments de la chaîne de valeur en matière d'intelligence artificielle. On en a parlé. La deuxième chose, c'est que faut qu'on favorise l'usage, qu'on… qu'on développe l'usage dans les entreprises, dans les administrations, qu'il faut qu'on… qu'on… qu'on montre, et qu'on… et qu'on… et qu'on… et qu'on essaie de faire en sorte que chacun puisse tirer parti de cet instrument qui propose des choses intelligentes, qu'on forme, qu'on… qu'on… qu'on accompagne, qu'on forme l'ensemble des Français qui vont avoir besoin d'utiliser cette technologie dans le monde tel qu'il est. Et puis, y a une troisième chose, je le dis souvent, et… et… et… j'ai constaté, ce qui prouve que j'ai moi-même mes propres limites, que quand je le disais, je… je… je suscitais plus d'interrogations que de réassurance.

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À chaque fois que je rencontre des grands patrons de la tech, ça m'est arrivé de les écouter dans des dans des cercles où ils se… ils se lâchent, parce qu'ils parlent hors présence des médias. Il peut arriver que des gens aient des discours différents lorsque les médias sont là. Ah oui, on sait. Ouais, ça peut arriver. Ça peut arriver. Ce qui me frappe, c'est que le vocabulaire qu'ils utilisent est massivement inspiré par des concepts qui ont été utilisés pour décrire la diffusion nucléaire, la frappe en premier, la prolifération. Je vous assure, c'est très, très étonnant. L'intelligence artificielle conçue par l'attaque, c'est un instrument de puissance, et il faut bien comprendre que c'est conçu comme ça : un instrument de puissance conçu

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comme ça par des acteurs, en l'occurrence des acteurs souvent privés. Ça se régule, et c'est pas un réflexe normatif de petits Français qui considèrent qu'il faut tout réguler, tout normer dès que ça bouge. C'est que il y a une telle influence, il y a un tel élément de puissance qui est associé à ça que nous avons besoin de règles collectives, pas simplement de règles françaises et pas simplement de règles européennes, de règles collectives pour voir comment est-ce qu'on gère la recherche, le développement, les instruments et les usages. Et c'est pas du tout… pardon… hein, c'est pas du tout… Alors, c'est très compliqué à faire, parce que ce sont des acteurs privés pour l'essentiel, beaucoup plus que des acteurs publics, même si parfois ils s'entrelacent

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dans une forme de… d'intérêt collectif, qui est qui est très nette. Et puis c'est mondial, donc je dis pas du tout que la régulation va être facile, mais si on n'a pas cet élément de régulation, si c'est chacun pour soi… Mais vous, d'ailleurs… Pardon, hein, mais ce que je dis, c'est pas un réflexe de d'un politique français : ce sont maintenant toute une partie des acteurs qui le demandent eux-mêmes, conscients de l'accélération et des questionnements assez vertigineux que la… la puissance de l'intelligence artificielle pose au monde. Je… je reconnais dans ces vertus d'une… Mais je… je vais vous faire… essayer de vous faire dire des choses très concrètes, parce que j'ai encore plein de questions et que c'est passionnant. Juste, vous m'avez zappée sur le droit à la reconversion,

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ou est-ce que c'est peut-être quelque chose que vous comptez préciser plus tard, si vous comptez proposer un droit à la reconversion aux Français touchés par… Oubliez, oubliez la question du droit. OK, parce qu'en France on adore parler de droit. Mais pensez… pardon, pensez à l'idée de reconversion et de formation, si elle doit être généralisée pour tout le monde, parce que tout le monde en a besoin. Vous proposez aussi un accès préférentiel pour les acteurs européens à notre électricité décarbonée ? Écoutez, on a un grand avantage. D'abord, on a un grand souci en Europe, c'est qu'on… on fait attention au… caractère décarboné de l'électricité. On n'est pas les seuls : les Chinois font gaffe aussi, mais moins, les Américains, pour certains,

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font gaffe, mais… mais vraiment, ils sont nettement moins. Donc nous, on… on considère que il y en a un sujet important. Bon, et il se trouve que on a technologiquement et techniquement réussi, et notamment en France, à produire une électricité qui a plus de 80 % de l'électricité utilisée, largement plus, décarbonée. Autant s'en servir comme un atout, autant s'en servir et autant faire en sorte que ça devienne un avantage comparatif. Ça l'a été pendant de nombreuses années, ça l'a été moins quand on a eu des problèmes de production dans le parc. Il faut développer la… la production d'énergie décarbonée. Le président de la République s'est engagé sur six EPR nouveaux, je pense que derrière, il y en a huit à suivre, et moi, j'y suis extrêmement favorable.

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Donc on a besoin de construire du nucléaire, on a besoin de rechercher dans le nucléaire un nucléaire toujours plus sûr, c'est extraordinairement important, toujours plus sûr, mais toujours plus présent, et on a besoin de compléter la production d'électricité nucléaire avec des renouvelables. Ah ben, on va en parler, justement, parce qu'il reste quelques minutes. Et alors, on… on sait que vous êtes… vous êtes pro- nucléaire, mais… C'est vrai que cette question de l'IA, c'était de cette façon que je voulais faire ma transition. Cette question de l'IA, elle pose aussi la question de la lutte contre le réchauffement climatique, en tout cas de l'impact du développement de l'IA, de l'installation de… de data centers chez nous. On sait ce que vous proposez en matière d'adaptation,

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Édouard Philippe, vous avez présenté votre plan début septembre. Vous avez, parmi vos proches, Christophe Béchu, qui a été le ministre à présenter un plan en la matière. Mais en matière d'atténuation, comme on dit du coup maintenant, c'est moins précis, si j'ose dire. On sait quand même que vous êtes là aussi, pardon de le rappeler, dans la continuité du… en même temps, d'Emmanuel Macron, en tout cas depuis son fameux discours de Belfort, notamment sur le nucléaire, il avait relancé le développement de notre filière nucléaire à cette occasion. Quand je dis que vous êtes dans la continuité, je veux dire que vous marchez vraiment sur deux jambes : le nucléaire à fond, on vient de l'entendre, et les ENR, les énergies renouvelables, de l'autre. En tout cas, c'est ce qui me semblait,

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mais on vous a moins entendu récemment là-dessus. Bruno Retailleau, qui sera avec nous cet après-midi, lui, il veut cesser de les subventionner. Les acteurs du secteur disent, pour beaucoup, que ça revient à décréter un moratoire sur le renouvelable. Est-ce que la défense des énergies renouvelables, c'est un… immuable chez vous ? Est-ce que vous les défendrez dans cette campagne ? Et… et quand est-ce que vous nous présentez votre plan, par ailleurs ? Mesdames et messieurs de la presse, c'est une information : je présente, et je suis… je présente, et je suis le premier, et je crois bien, à ce stade, le seul : on va présenter un plan sur l'adaptation. C'est ce que j'ai dit, vous l'avez dit, et donc par définition, il faut passer à autre chose.

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Pourquoi j'ai commencé par l'adaptation ? Vous pouvez poser une longue question, je vais répondre longuement. Tiens. Pourquoi j'ai commencé par l'adaptation ? Pour une raison, pour une raison assez simple, c'est que nous avons une responsabilité en matière d'atténuation. Nous devons faire de l'atténuation, bien sûr, absolument. Mais l'impact que nous avons sur notre pays dans l'adaptation est infiniment supérieur à l'impact que nous avons, dans notre pays, par l'atténuation. Donc nous devons faire de l'atténuation, mais si nous voulons véritablement préparer notre pays à ce qui est là, à la transformation climatique, alors nous devons mettre le paquet. Vous savez très bien ce qui est sous-jacent à ma question : c'est que l'adaptation, tout le monde reconnaît aujourd'hui

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que c'est nécessaire, on n'a plus le choix, mais ça peut donner le sentiment qu'on a renoncé à lutter, mais… mais contre la cause. Mais est-ce que vous pouvez en juste entendre que l'adaptation me paraît aujourd'hui extrêmement importante, parce que c'est là où il y a un impact, et qu'il faut faire de l'atténuation, fait très important. Donc vous défendrez les ENR ? Et donc je ferai aussi un plan sur l'atténuation, et à l'intérieur de l'atténuation, il y a évidemment la… la conjonction entre la production nucléaire, qu'il faut défendre, qu'il faut favoriser, sur laquelle on doit en continuer à faire de la recherche, et les énergies renouvelables. Pourquoi ? Pas pour des questions de religion, pas parce que il y en aurait une qui serait intrinsèquement infiniment plus favorable que l'autre,

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pour une raison assez simple, qui est que lorsque vous avez un parc de production électrique exclusivement nucléaire, vous placez forcément… Et le driver, je voudrais juste… il se trouve que j'ai travaillé pendant quelques années dans l'industrie nucléaire : le seul driver important, essentiel, la boussole que jamais on ne pourra oublier en matière de nucléaire, c'est la sécurité et la sûreté,

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c'est contenir le risque associé à l'exploitation du nucléaire, qui est réel. Moi, je suis très favorable au nucléaire, mais je sais le risque qui est associé : ce sera toujours la sécurité en premier. Et lorsque vous aurez un sujet de sécurité dans les centrales nucléaires, vous serez toujours tenu de prendre les mesures les plus exigeantes sur l'ensemble du parc, dès lors que le risque existe. Et si, à ce moment-là, vous n'avez pas un autre élément qui permet de produire de l'électricité, vous vous retrouvez dans une situation qui peut être terrible. Je… je… je juste… Et il y a ici des spécialistes infiniment meilleurs que moi en matière d'énergie. Imaginez ce que le Japon aurait vécu juste après Fukushima. Fukushima, c'est d'abord une catastrophe naturelle qui a un impact, évidemment,

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sur la centrale nucléaire et qui crée une catastrophe nucléaire. Imaginez ce qu'aurait vécu le Japon après Fukushima si, à l'époque, les prix du pétrole et les prix du gaz avaient été au niveau de 2022. Je sais que ça fait un exercice, mais quand même, imaginez ça pour le Japon, c'était… mais… mais la ruine absolue. Il se trouve qu'au moment de Fukushima, le Japon a eu la chance de pouvoir accéder à des ressources en matière de pétrole et de gaz qui étaient, pour l'époque, relativement peu chères, et même très peu chères par rapport à aujourd'hui. Ben, heureusement pour eux. Donc moi, je dis : pour des questions de sécurité, nous avons besoin d'une électricité décarbonée, y compris venant des renouvelables, et on peut le faire

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sans défigurer le pays, avec des éoliennes offshore, avec un recours au solaire quand c'est possible, à certains endroits. On doit le faire de façon intelligente. Il s'agit pas de massacrer ni les paysages français ni la force de notre pays. Mais nous avons besoin de continuer à avoir… et… et… et je termine en disant : on a eu la grande intelligence, il y a maintenant plus de 60 ans, de développer… et mais… et parfois plus de 100 ans, de développer des barrages et de faire de l'hydroélectricité. Elle produit environ 10 % de l'électricité française. C'est une grande chance, pas simplement pour la production d'électricité, hein, c'est aussi une grande chance en matière d'irrigation. On doit pas renoncer à cet instrument. Vous serez un candidat de droite qui continuera

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à défendre les énergies renouvelables, c'est notable. On a totalement dépassé notre temps, mais je ne… je… je, vraiment, sans transition aucune, je ne peux pas m'empêcher de vous poser cette question, d'autant que c'était, je pense, un événement majeur : la conférence de presse de Marine Le Pen, avec à ses côtés Jordan Bardella, la semaine dernière, qui présente un grand plan d'économies, 140 milliards d'euros sur cinq ans, d'ici à 2032. Qu'est-ce que vous en avez pensé ? J'ai pas d'autres questions. Est-ce que c'est un tournant ? Est-ce que c'est un… Ça marque la conversion de… de Marine Le Pen à la… la bonne gestion des finances publiques ? Je crois que ça marque la conversion de Marine Le Pen à la présentation chiffrée.

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L'avantage, c'est que dès lors qu'elle présente des chiffres, on peut les regarder et on peut les critiquer. Qu'est-ce que j'ai retenu de sa présentation ? D'abord, des… des… des propositions qui sont dangereuses, je… je… je crois objectivement dangereuses. Donc chacun doit bien comprendre qu'elles sont objectivement dangereuses. La proposition consistant à dire, unilatéralement, « on va revenir sur la part de financement français à l'Union européenne », c'est… c'est pas… c'est pas une question d'économie, c'est une question de… comment dire… qu'on a envie de sortir de l'Europe quand on a renoncé à dire qu'on voulait sortir de l'Europe, parce que les Français n'ont pas envie de sortir de l'Europe, mais qu'on a quand même envie de sortir de l'Europe.

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Donc on propose des mesures qui conduiront mécaniquement à une crise passion… extrêmement forte. J'vais vous dire : nos partenaires, ils ont du mal à considérer qu'on est influent quand on n'arrive pas à respecter un… un retour à l'ordre de nos comptes publics. Mais allez leur imposer qu'on enlève du financement, alors que eux ont fait des efforts avant pour établir leurs finances publiques : vous allez voir ce que ça va susciter. Donc, dans les propositions de Marine Le Pen, il y a objectivement quelque chose qui est de nature à faire péter l'Europe. Pardon : la fissurer, l'Europe. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose : le coup de rabot qu'elle propose sur les collectivités territoriales. C'est bien, elle a sans doute peu d'élus locaux, donc… puis les Français se disent :

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« Bah, si c'est sur les collectivités territoriales, c'est pas sur nous. » 70 % de l'investissement public dans notre pays est financé par les collectivités territoriales. Un coup de rabot sur les collectivités territoriales, c'est un coup de rabot sur les financements de l'investissement public. Je dis pas que on peut pas mieux gérer les collectivités territoriales, mais je suis certain que ce qu'elle propose, c'est un effondrement de l'investissement public local. Ce sera la conséquence mécanique. Bon, dangereux aussi, me semble-t-il. La deuxième chose que je retiens, au-delà de ces propositions qui sont dangereuses, il y en a d'autres, c'est que les chiffres qu'elles proposent sont, et pardon de le dire avec un peu de gros test… Marine Le Pen propose

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plus d'une centaine de milliards d'économies et elle n'est même pas capable de chiffrer… 140… elle n'est même pas capable de chiffrer réellement le coût de la réforme des retraites qu'elle propose. Je vous rappelle qu'elle est la seule à proposer une réforme des retraites qui coûte de l'argent. Elle dit 9 milliards d'euros ; la vérité, c'est que c'est… c'est plutôt estimé à 30 milliards d'euros en année pleine. Sa réforme, 30 milliards d'euros de coût supplémentaire. Elle doit donner des précisions bientôt sur les économies qu'elle compte faire. Très, très envie. On a très, très envie qu'elle nous explique, parce que parce que là, y a… y a… y a quelque chose qui colle pas du tout, mais alors vraiment pas du tout. Et je vous laisse juste… puisqu'il y a ici

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des gens qui s'intéressent à la position de la France, à ses conditions d'emprunt, à la crédibilité qu'elle peut avoir sur les marchés, qui est aujourd'hui … regardée avec attention et parfois contestée. Quand on va dire : « Écoutez, hein, tous les pays d'Europe ont organisé des systèmes de retraite dans lesquels, pour équilibrer, on travaille un petit peu plus longtemps », mais la France propose, avec madame Le Pen, de travailler un petit peu moins longtemps, et vous allez voir, ça va avoir un impact formidable sur les comptes publics. Franchement, s'il y a quelqu'un qui croit ça ici, qu'il se signale. Mais je vous garantis que on va au désastre. Les… les… la documentation de ces économies est fantaisiste. Voilà, donc je… je… moi, je suis très heureux qu'elle déchiffre ses propositions,

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parce que c'est beaucoup plus facile d'avoir un débat public intelligent, d'avoir un débat public crédible, d'avoir un débat public utile pour les Français, avec des propositions chiffrées qui, je le crois, sont en partie grotesques et pour l'autre partie dangereuses. On va être obligé de conclure, sinon personne n'aurait le temps d'aller prendre un café. J'ai quand même une dernière question politique, j'suis désolée, à propos de David Lisnard, autre candidat à l'élection présidentielle, à qui vous avez tendu la main en quelque sorte, puisqu'il fait partie des candidats à qui vous avez adressé une lettre vendredi. Il ferme la porte ce matin à un rapprochement, sur… il était interrogé chez nos confrères de RMC. Est-il fréquentable, David Lisnard,

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lui qui n'est pas le dernier à s'afficher avec Sarah Knafo ? Écoutez, à vos yeux… moi, je le connais depuis longtemps. Il dit que vous faites partie du problème, ce matin, interrogé par nos confrères. Il est en campagne, c'est l'enthousiasme des campagnes. Je le connais depuis longtemps. Il est maire de Cannes, je suis maire du Havre, on est maires depuis longtemps. Bon, pourquoi pas, à un moment donné. Moi, je considère… je considère que la famille libérale a sa place dans le rassemblement de la droite et du centre, et Sarah Knafo fait partie de la famille libérale ? Je vous parle de David Lisnard. Oui, mais je vous demande si Sarah Knafo fait partie de la famille libérale. Elle est libérale. Sarah Knafo, elle soutient la… Sarah Knafo, elle soutient la candidature d'Éric Zemmour.

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Voilà. Et avec Éric Zemmour, j'ai des désaccords qui ne me semblent pas simplement des désaccords de degré, mais des désaccords de nature. Très bien. Et donc je considère que, là, on est dans un espace politique qui n'est pas le mien. Moi, j'interdis à personne, heureusement d'ailleurs, personne ne m'interdit de dire ce que je pense, j'interdis à personne de dire ce que je pense, mais je… j'ai aussi le droit de dire que j'ai des limites, et que la limite avec monsieur Zemmour, elle est tellement ferme que je ne crois pas qu'elle puisse être franchie, en tout cas pas par moi. Très bien, on on va terminer sur ces mots. Merci beaucoup, Édouard Philippe. J'suis désolée, parce qu'on a totalement explosé les compteurs. Vous aurez quand même le temps de prendre un café juste après ça,

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et on… on pourra même discuter à côté, là. Vous avez dû voir la… la salle où vous êtes les bienvenus. Juste après, c'est mon collègue Alexandre Léchenet qui viendra animer la première table ronde consacrée à l'énergie et aux enjeux énergétiques dans cette campagne présidentielle. Merci, merci Édouard Philippe, merci.