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interviewC à vous· 24 juin 2025 52 min

Conclave des retraites : 4 mois de négociations pour rien - C à Vous l’intégrale - 24/06/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: "C à vous" jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce mardi 24 juin.

Bonsoir à tous les 5. Emilie? - E.Tran Nguyen: Après les accusations mutuelles de violation de cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, ce qui a valu des mots très crus de D.Trump très en colère, le cessez-le-feu semble bien être entré en vigueur. - A.-E.Lemoine: Avec quelles conséquences et quelles suites à envisager?

On en parlera avec le général D.Trinquand. Il sera sur notre plateau.

Mohamed? - M.Bouhafsi: Psychose, tension et détresse sont des symptômes qui sévissent à Saint-Quentin, après que la bactérie Escherichia coli ait été détectée chez des enfants. - P.Cohen: F.Bayrou a parlé de sa tentative de la dernière chance en rencontrant aujourd'hui les partenaires sociaux pour trouver un compromis sur la réforme des retraites.

F.Bayrou visé par une motion de censure qui sera déposée par le PS. - A.-E.Lemoine: Avec notre invité, ancien Premier ministre, président fondateur du parti Horizons et candidat déclaré à la présidentielle 2027, nous parlerons de ce sujet.

Nous allons parler d'un livre, "Le Prix de nos mensonges", qui est en librairies depuis 3 semaines. Vous voulez que les Français arrêtent de se raconter des histoires. C'est ce que vous dites dans cet ouvrage.

Il faut parfois dire la vérité, quitte à être impopulaire. - L.Sénéchal: Disneyland Paris privatisé pour ce qui semblait être un mariage.

La pseudo-mariée était une petite fille de 9 ans. - P.Lescure: Un guide sur les grandes villes du monde qui ont changé la face de la chanson populaire.

En France, à Rennes, avec E.Daho. Je réserve un documentaire exceptionnel lié à B.Springsteen pour l'un de nos invités. - A.-E.Lemoine: R.Zem est à l'affiche de "13 jours, 13 nuits".

C'est l'adaptation au cinéma du commandant Mohamed Bida, l'homme derrière l'une des évacuations les plus spectaculaires du XXIe siècle depuis l'ambassade de France à Kaboul. Cerné par les talibans...

Ils seront nos invités aux côtés de C.Beaugrand, qui anime l'émission "Secret Story". B.Sinclar sort un nouvel EP, le 1er depuis 2013.

On commence avec l'Edito de Patrick. Pour les retraites, F.Bayrou ne se résout pas à l'échec des concertations. - P.Cohen: C'est moins un désaveu qu'un pari perdu.

Un échec prévu malgré 4 mois de discussions. Un texte de compromis qui se voulait à équidistance des uns et des autres. Un texte que les syndicats se disent prêts à signer mais que le patronat n'a pas voulu avaliser.

F.Bayrou à 7h. - F.Bayrou: Je ne peux pas accepter sans réagir qu'on se satisfasse d'échouer si près du but.

Encore moins, il suffit d'observer l'actualité, lorsque notre pays et le monde traversent des moments si dangereux. - P.Cohen: Pour ne pas échouer si près du but, pour dépasser la situation de blocage, le Premier ministre a passé une partie de sa journée à recevoir les partenaires sociaux un par un.

Démarche soutenue depuis Oslo par E.Macron. - E.Macron: La stabilité ne doit pas nous coûter l'immobilisme.

Nous devons avancer et continuer de mener la réforme pour le pays. - P.Cohen: Il le dit aux côtés de S.Lecornu, celui qui pourrait remplacer F.Bayrou...

On verra bien. - A.-E.Lemoine: "Si près du but", dit F.Bayrou. - P.Cohen: Les concessions les plus importantes étant l'acceptation par 3 syndicats réformistes du maintien de l'âge légal à 64 ans, ce qui est inédit...

Consensus pour des mesures en faveur des femmes ayant eu des enfants et des carrières hachées. Il y a eu des divergences impossibles à surmonter, dont le point qui oppose la CFDT et le patronat sur la question de l'usure professionnelle et les départs anticipés, qui pourraient résulter de la prise en compte de 3 critères de pénibilité: porter des charges lourdes, subir des vibrations mécaniques, ou d'être contraint à des postures pénibles. - Aujourd'hui, il y a des carreleurs, des caissières, des aides-soignantes qui ont des métiers pénibles et qui sont difficilement en capacité de travailler jusqu'à 62 ans.

Ce n'est pas vrai que ces salariés peuvent majoritairement bosser jusqu'à 64 ans si on ne change rien. C'est la question fondamentale posée dans la dernière ligne droite. - P.Cohen: Il privilégie la prévention ou la reconversion plutôt que des départs anticipés.

Vieille histoire. Ces 3 critères, c'est vous, E.Philippe, qui les avez retirés en juillet 2017 du compte-pénibilité créé sous le quinquennat Hollande et que vous avez rebaptisé compte professionnel de prévention. - A.-E.Lemoine: L'action d'E.Philippe évoquée par un autre acteur politique. - P.Cohen: D.de Villepin.

Il dit que vous en avez été le bourreau. - D.de Villepin: La réforme à points était une bonne idée.

Elle était sur la table. E.Philippe a saboté cette réforme.

Le rêve de porter l'âge de la retraite à 67 ans a mis à mal ce projet, qui était un bon projet pour la France. - P.Cohen: Réforme mise en pause par la crise covid en 2020 et abandonnée après des mois de grève.

Vous pourrez y revenir tout à l'heure. - A.-E.Lemoine: F.Bayrou fragilisé et visé par une motion de censure. - P.Cohen: De la part de la gauche qui réclame un retour à la retraite à 62 ans.

Un texte qui permettrait de débattre à nouveau de l'âge de départ. - B.Vallaud: Le Parlement aura-t-il le dernier mot y compris sur la mesure d'âge et sur l'équilibre du système des retraites?

Vous n'avez pas répondu cette semaine. Monsieur le Premier ministre, le respect de la parole donnée est à la base même de notre régime démocratique. Vous avez pris des engagements pas tenus sur ce sujet.

Cela nous contraint à déposer une motion de censure contre votre gouvernement. - P.Cohen: Le RN a annoncé qu'il ne voterait pas cette censure.

Le PS prend la tête du combat parce que les insoumis, qui en avaient parlé, ne peuvent plus le faire. Ils ont atteint leur quota de censures. Un député ne peut pas signer plus de 3 motions de censure par session.

LFI ne pouvait plus s'y coller. - A.-E.Lemoine: On va revenir sur ces sujets.

Le fait que F.Bayrou décide de tenter une mission de la dernière chance pour arracher un accord de dernière minute, c'est une bonne chose? Il a raison d'aller au bout de l'exercice? - E.Philippe: Bien sûr.

Personne ne va lui reprocher d'aller au bout de cet exercice. Ce qui est intéressant, c'est que ce conclave ou cette réunion a permis, et votre reportage le dit bien, quelques avancées. J'entends, avec beaucoup d'intérêt, ce que disent les organisations syndicales sur le thème des 64 ans.

La phrase de D.de Villepin était certainement destinée à m'en balancer une, comme on dit. Le panache gaulliste est difficile à garder vierge. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas fondé, ce qu'il vous reproche? - E.Philippe: J'y ai été favorable en essayant de mettre en place un système de retraite universelle par répartition et à points.

Je ne voulais pas le mettre à 67 ans. Je voulais mettre un système avec un mécanisme financé avec un âge à 64 ans. Il y a une réforme.

Elle a été discutée. On y va quand ils veulent. - P.Cohen: L'âge pivot, vous l'avez retiré au milieu des grèves... - E.Philippe: A la demande des syndicats.

Si 64 ans, ce n'est plus un sujet... - A.-E.Lemoine: Introduire une mesure d'âge... - E.Philippe: On peut toujours s'écharper sur 64 ou 65 ans, ou plus.

Notre système par répartition est dépendant de notre démographie. Qu'on n'aime pas le voir en face...

Mais il est quand même dépendant de notre démographie. Son système est simple. Ceux qui travaillent aujourd'hui cotisent tous les mois.

Le produit de ces cotisations est versé à ceux qui sont retraités. Ils ne sont pas en train d'économiser. Ils ne sont pas en train d'épargner.

Ils sont en train de verser dans une caisse qui est utilisée pour verser les pensions. Quand vous avez peu de gens qui touchent les pensions et beaucoup de gens qui travaillent, c'est facile de servir des bonnes pensions. Quand vous avez de moins en moins de gens qui travaillent, forcément, la pression sur ceux qui travaillent est plus lourde. - A.-E.Lemoine: Trop longtemps, on a privilégié les retraités aux actifs? - E.Philippe: Mon objectif est de rassembler les Français.

Je ne suis pas en train de dire que les retraités sont privilégiés et que les actifs...

Je suis en train de dire que le système a été pensé et était un bon système à l'époque à laquelle il a été pensé. Aujourd'hui, la réalité démographique des choses, l'évolution de l'espérance de vie, la façon dont nous vivons, condamne ce système par répartition. Je le dis avec la même lucidité qu'ont eue tous les autres gouvernements dans tous les autres pays d'Europe qui ont fait le même constat.

Si on veut le sauver, ce système de retraite solidaire, il faut faire 2 choses: travailler plus nombreux et plus longtemps, comme ça se fait ailleurs, en essayant de faire attention aux cas particuliers. Il faut aussi introduire une dose de capitalisation. Ca ne peut se faire que de façon progressive.

Ca ne va pas remplacer le système. Avec 10 à 15 % progressifs, on amène un élément qui permet la liberté à ceux qui veulent partir en retraite plus tôt. Je n'estime pas...

Je ne dis pas avoir la vérité. Il y a une réalité démographique. Elle existe.

Des exemples à l'étranger existent. Quand on ne veut regarder ni l'un ni l'autre, on se raconte des histoires. - E.Tran Nguyen: Elle permet la liberté à ceux qui peuvent se le permettre, la capitalisation. - E.Philippe: Elle existe pour plein de gens.

On peut organiser un système dans lequel elle vient s'additionner aux cotisations. Enormément de gens sont en train de travailler sur ce que ça peut vouloir dire, un système à 10 ou 15 % de capitalisation. Est-ce qu'il faut mettre, de façon fléchée, l'intéressement et la participation dans ce fonds de capitalisation?

G.Darmanin travaille là-dessus. - A.-E.Lemoine: Il dit qu'il ne faut pas entretenir l'idée de travailler jusqu'à 67 ans parce que ça désespère une partie de la France. - E.Philippe: On va devoir travailler plus.

Ce qui me désespère, c'est quand on ne regarde pas la réalité en face. Les Français ne sont pas dans une situation démographique très différente des Allemands, des Italiens, des Espagnols...

Ils ont les mêmes appétences en matière de solidarité. En Italie et en Allemagne, on travaille plus longtemps. Ca ne veut pas dire que tout le monde va travailler plus longtemps de la même façon.

On peut le faire de façon intelligente, de façon graduée, aussi. - P.Cohen: Suivant les métiers.

C'est l'esprit du conclave des syndicats qui sont restés autour de la table. C'est pour ça que la question de la pénibilité est importante. - E.Philippe: On a retiré les critères parce qu'on ne savait pas très bien les prendre en compte.

On ne savait pas très bien les prendre en compte. Il y avait des discussions assez infinies et compliquées sur comment on prenait en compte ces critères. On a considéré qu'il fallait concentrer le dispositif sur quelques indicateurs réels et pas aussi larges.

La décision, on l'a prise. Elle était dans une réforme qui visait à faire plus de richesses dans le contexte économique. Les partenaires sociaux sont précieux quand ils discutent ensemble.

Quand ils assument des décisions difficiles à assumer, c'est assez formidable, ça. On ne va pas se raconter de cracks, la solution au problème que vit la France n'est pas de travailler moins. Ca n'est pas vrai.

La préservation de notre modèle social ne passe pas par travailler moins. Ce n'est pas vrai. - A.-E.Lemoine: C'est la question de l'avenir de F.Bayrou à Matignon qui se pose.

Il est fragilisé. F.Valletoux a dit dans le quotidien "L'Opinion", "F.Bayrou et son inaction nous tirent vers le bas".

Est-ce que vous partagez son analyse? - E.Philippe: Je partage la phrase qu'a évoquée le président de la République.

J'ai dit qu'il fallait garantir la stabilité d'un gouvernement et qu'il ne fallait pas s'appuyer sur la majorité. Il était urgent de faire une coalition avec ceux qui voulaient soutenir un socle minimal. Dès 2022, j'étais favorable à une coalition avec les LR.

Le président n'en voulait pas, à l'époque. J'étais favorable à ça. Je l'ai redit en 2024.

Ca ne s'est pas fait. Dans le monde dans lequel on vit, la stabilité a un prix. La stabilité est précieuse.

Il ne se passe rien. - P.Cohen: Il n'y a pas de majorité. - E.Philippe: Il n'y a pas de direction.

Il y a parfois quelques textes, des mauvais textes, des bons textes. Chacun peut avoir un avis. Il n'y a pas de direction générale ni de réforme ambitieuse. - A.-E.Lemoine: Il ne se passera rien jusqu'en 2027, si on vous écoute? - E.Philippe: La situation est extrêmement regrettable. - P.Cohen: Elle n'a pas de solution? - E.Philippe: Je n'en vois pas pour l'instant.

On aurait pu essayer de faire une coalition. Les partis n'en veulent pas. Moi, j'étais favorable à en faire une.

Je ne sais pas ce qu'il va se passer. - P.Cohen: Elle est déjà faite, la coalition. - E.Philippe: Quand elle n'est même pas capable de s'entendre sur un contrat...

Elle se délite à chaque vote compliqué. Sur chaque vote compliqué, il n'y a pas de socle commun. - P.Cohen: Ce n'est pas à cause de la perspective de la présidentielle? - E.Philippe: Les 2 extrêmes donnent la causalité.

Peut-être que la présidentielle joue. Si c'est le cas, je suis pour la coalition. - A.-E.Lemoine: On en revient à votre colère exprimée dès les 1res pages de votre livre. "Parce que nous nous mentons à nous-mêmes en nous racontant des histoires qui nous empêchent d'avancer".

Est-ce qu'on s'est beaucoup mentis à nous-mêmes pendant ces 3 années? Est-ce que vous avez une part de responsabilité? - E.Philippe: Je ne la conteste pas.

Comme je l'ai dit, je ne suis pas là pour chercher des responsables. J'accepte ma part de responsabilité. Je veux bien considérer qu'elle est assez partagée.

Dans notre débat public, on ne part pas toujours des faits. On part souvent de posture. Quand on parle d'âge de la retraite, on ne part pas de la démocratie.

Quand on parle de la position de la France dans le monde, on ne part pas d'un examen lucide de ce que nous avons à notre disposition pour dire les choses, pour préserver nos intérêts, pour formuler nos intérêts...

Lorsqu'on parle de plein de sujets, au fond, on se plaît à croire qu'on a une école formidable alors que c'est l'école qui reproduit le plus les inégalités de tous les pays de l'OCDE. On se dit assez volontiers, parce qu'on est comme ça, qu'on a la meilleure agriculture du monde. On l'aime, sauf que la meilleure agriculture du monde a été dépassée par l'Allemagne, que l'Italie a réussi en 30 ans à imposer comme un élément d'influence et de puissance sa cuisine.

La cuisine française peine à maintenir sa primauté. On parle de plein de choses en se disant "c'est comme ça", même si on sait que ce n'est pas vraiment comme ça. - A.-E.Lemoine: Sans être pessimiste? - E.Philippe: Je veux qu'on soit lucide.

Je suis convaincu qu'il y a 1000 façons de faire repartir notre pays. Mon objectif n'est pas simplement de dire qu'on se ment à nous-mêmes, mais de dire comment, en regardant le pays, on rétablit sa puissance. Il faut réaffirmer les fondements de la puissance française.

On vit dans un monde dangereux. Quand on est faible dans un monde dangereux, on est plus une proie qu'autre chose. Comme je suis obnubilé par ça, j'essaie de regarder quels sont les grands domaines dans lesquels on peut réaffirmer les fondements de la puissance française.

Qu'est-ce qui nous permet de redevenir puissants, libres et prospères? Il y a l'école, la justice sociale, la transformation écologique...

Si on n'arrive pas, sur chacun de ces points, à reprendre de l'allant, on va continuer à s'affaiblir. Dans le monde dans lequel on est, s'affaiblir, c'est extrêmement dangereux. - E.Tran Nguyen: On se ment aussi sur la question de la justice et des violences.

L'exemple récent, c'est la surveillante qui a été poignardée par un élève de 14 ans dans son collège à Nogent. Elle a été décorée de la Légion d'honneur à titre posthume. B.Retailleau a demandé une refonte de la politique pénale pour les mineurs. - B.Retailleau: Quand on a une succession de ces faits divers, ce ne sont plus des faits divers.

Ce n'est pas la fatalité. Accepter que ce soit des faits divers, c'est accepter la fatalité. "C'est imprévisible et on n'y peut rien." Non, on y peut quelque chose.

La réponse doit être pénale. Il faut abroger le plus vite possible la loi Belloubet qui interdit les courtes peines. Il faut redonner du sens à la sanction. - E.Tran Nguyen: Vous rejoignez B.Retailleau? - E.Philippe: Face à la violence, il est absurde de n'imaginer qu'une seule solution.

Ceux qui expliquent qu'il n'y a que la prévention sont des évangélistes. Ceux qui disent qu'il n'y a que la sanction pénale se trompent. Il faut les deux.

Le maillon faible du système de sécurité en France est la justice pénale. Ca ne veut pas dire que tout va bien dans la police. Je suis d'accord.

Le maillon faible, aujourd'hui, est la justice pénale. La loi Belloubet part sur un constat de court terme qui est que l'engorgement des prisons rend très compliquée l'utilisation de l'outil carcéral pour les peines les plus courtes. On essaie de trouver toutes les situations possibles pour éviter de se retrouver face à cette impossibilité d'utiliser l'outil carcéral pour les peines plus courtes.

C'est une réforme de court terme. La seule façon de sortir de cette logique est d'avoir un outil carcéral incroyablement plus développé en nombre de places et en diversité. Je propose que les peines et les sanctions pénales interviennent beaucoup plus vite, qu'elles interviennent dès les 1ers faits et avec des peines ultra courtes.

Au fond, à la 1re infraction, un gamin qui a 17 ans qui fait quelque chose de vraiment répréhensible, comme un délit...

Aujourd'hui, rappel à la loi, travaux d'intérêt général, sanction avec sursis...

Bref, rien qui ne marque ce que j'appelle un choc qui doit intervenir. Il faut que ce choc intervienne. Ca peut être une peine de privation de liberté très courte, d'une semaine.

Ca n'a rien à voir avec les peines qui existent aujourd'hui dans les prisons, mais qui sont des réponses courtes et rapides à des infractions. - P.Cohen: Ce qu'a permis la réforme Belloubet, c'est de réduire la durée. - E.Philippe: Comme les prisons françaises sont sur-occupées, les infractions ne justifient pas qu'on les mette dans des cellules bondées.

Quand on fait ça, on fait pire. Il faut pouvoir sortir de cette impossibilité pour avoir à nouveau une réponse pénale forte, y compris dès les 1res infractions. - A.-E.Lemoine: Le ministre de l'Intérieur, c'est un allié potentiel dans la campagne présidentielle ou ça va devenir un rival? - E.Philippe: C'est le ministre de l'Intérieur.

Je soutiens ce qu'il fait quand il est ministre de l'Intérieur. - A.-E.Lemoine: C'est le patron des LR. - E.Philippe: Peut-être qu'il sera candidat.

Si c'est le cas, ça fera un débat public de qualité. Il a son projet, son ambition pour la France. Je n'ai pas d'autres commentaires à faire.

J'ai de l'estime pour lui. Je ne suis pas d'accord avec lui sur tout. C'est réciproque, je crois. - P.Lescure: Une question sur une phrase qui fait beaucoup réagir.

Lors d'un colloque sur la francophonie, J.-L.Mélenchon a proposé qu'un autre nom soit choisi pour qualifier la langue française.

Voici son argumentaire. - J.-L.Mélenchon: Si quelqu'un pouvait trouver un autre mot que "langue française" pour qualifier notre langue, je ne vous cache pas qu'il serait le bienvenu.

Les Français ne savent pas qu'ils sont francophones. Il parle leur langue maternelle. Ils oublient de regarder autour d'eux.

La langue française n'appartient plus à la France et aux Français depuis fort longtemps. 29 nations l'ont comme langue officielle. Si nous voulons que le français soit une langue commune, il faut qu'elle soit une langue créole.

Je préférerais qu'on dise qu'on parle tous le créole. Cela serait sans doute plus vrai. - P.Lescure: Vous avez noté l'enthousiasme d'A.Taché...

Vous avez un point de vue sur cette question? - E.Philippe: Consacrer du temps de débat public à ça, c'est se raconter des histoires. - A.-E.Lemoine: C'est ridicule.

Vous êtes maire du Havre. Une lanceuse d'alerte vous accuse de détournement de fonds publics. Elle vous soupçonne ainsi que votre adjoint chargé au numérique d'avoir détourné des règles du marché public.

Après une 1re plainte, le Parquet national financier a ouvert une nouvelle enquête. Que lui répondez-vous? - E.Philippe: Je ne connais pas sa plainte, donc rien.

Cette ancienne haute-fonctionnaire évoquait des faits en septembre 2023. J'ai répondu à tout ce que je pouvais répondre comme questions. Je l'ai fait sereinement.

Je ne crois pas une seconde avoir commis des inégalités ou des irrégularités. Elle a trouvé que ça n'allait pas assez vite. Le PNF ne travaille pas assez vite à ses yeux.

Elle a déposé une plainte qui reprend, me dit-on, parce que je n'y ai pas accès, quasiment les mêmes faits, en en rajoutant quelques-uns. Je n'ai pas de commentaires à faire. Je conteste très fermement avoir commis une quelconque irrégularité en la matière.

Je conteste l'idée qu'elle serait une lanceuse d'alerte. Les faits qu'elle évoque n'ont pas justifié qu'elle ait quitté la collectivité. Elle les a évoqués après être partie de la collectivité.

Elle n'a pas été renouvelée dans son contrat parce qu'elle a évoqué ces faits. Elle ne satisfaisait pas, semble-t-il, les qualités qui doivent être celles d'un haut-fonctionnaire. Il y a une vendetta, je crois.

Elle est d'autant plus facile qu'avec le statut de lanceur d'alerte, on ne peut pas dire qui c'est. Si je donnais des moyens de l'identifier, je serais passible de poursuites. Elle peut s'exprimer à la radio, mais moi, je ne peux pas répondre.

Je peux répondre de façon un peu générale, comme ça. C'est agaçant. Je ne crois pas que ce soit grave.

Il y a plein de choses beaucoup plus graves. Ce que je vois, c'est que c'est très facile, lorsque vous êtes une personnalité politique, de déposer plainte et de saisir le PNF pour ensuite porter plainte. Ca donne une projection médiatique considérable.

Ca porte un tort médiatique que je mesure parfaitement. - P.Cohen: Ce que vous avez subi aussi pour la crise covid. - E.Philippe: Dans un contexte différent.

Je suis tout à fait serein sur l'issue de cette affaire. Je vais continuer à avancer. Je considère que les sujets auxquels le pays a à faire face sont infiniment plus sérieux que les vendettas de hauts-fonctionnaires un peu déçus ou aigris. - A.-E.Lemoine: On en vient à ce cessez-le-feu annoncé cette nuit par D.Trump pour mettre fin à 12 jours de guerre entre Israël et l'Iran.

Il n'est entré en vigueur qu'en début d'après-midi. Le président américain a laissé libre cours à sa frustration avec des mots très crus. ... - A.-E.Lemoine: Bonsoir, général D.Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

Avez-vous déjà entendu un chef d'Etat, américain ou pas, résumer de façon aussi grossière une situation géopolitique aussi inflammable? - Gal D.Trinquand: Non, mais c'est monsieur Trump.

Il est américain. Aux Etats-Unis, la franchise se pratique beaucoup. - A.-E.Lemoine: Mais c'est une franchise rassurante, efficace ou inquiétante et inefficace? - Gal D.Trinquand: Je crois que c'est efficace.

On n'a pas entendu la conversation en direct qu'il a eue avec B.Nétanyahou. Je pense que c'était au moins aussi franc que ça. - A.-E.Lemoine: La colère de Trump visait B.Nétanyahou. - Gal D.Trinquand: Bien sûr.

Trump veut reprendre la main. L'opération en Iran a été probablement pilotée par B.Nétanyahou.

Il s'y est joint à la fin de façon massive extrêmement efficace. Maintenant, il veut revenir à son image de faiseur de paix. Il arrive ce soir à La Haye au milieu de tous les membres de l'Otan.

Il veut arriver avec un bagage positif. - A.-E.Lemoine: Il est en colère car Israël a atteint ses objectifs? - Gal D.Trinquand: Non. - A.-E.Lemoine: Sur le plan nucléaire... - Gal D.Trinquand: Sur ce plan-là, oui.

Il a 2 objectifs: la neutralisation de l'armement nucléaire et le changement de régime. C'est ce qu'a annoncé B.Nétanyahou.

Le président Trump s'est rallié au 1er objectif. Est-ce qu'il est complètement détruit ou pas? On verra.

Le Battle Assessment, ça se fait en 8 jours, surtout quand c'est très profond. Il faut attendre que la poussière retombe pour voir. - P.Cohen: Et trouver la trace des 400 kg d'uranium enrichi qui sont dans la nature. - A.-E.Lemoine: Trump affirme sans nuances que l'Iran ne reconstruira jamais ses installations nucléaires.

C'est de la pensée magique? - Gal D.Trinquand: C'est sa volonté.

Compte tenu des destructions faites et de ce qui va se passer après, est-ce qu'il y aura une nouvelle négociation, comment ça va se passer...

Je pense que ça a retardé considérablement le programme nucléaire. Le détruire complètement et l'arrêter complètement, ça dépend de la volonté des mollahs, qui vont vouloir continuer ou pas. - A.-E.Lemoine: Un régime qui n'a pas été décapité, mais sérieusement affaibli.

Il reste en place. Il a pris soin de calibrer sa riposte. Ils ont préféré la survie à l'affrontement. - Gal D.Trinquand: Oui.

Les mollahs ont voulu jouer leur survie. C'est pour ça qu'il y a eu ce théâtre qui a été monté sur Doha, sur la frappe sur Doha, sur une base quasiment vide, interceptée avec un truc digne de la poésie persane. On vous dit qu'on a envoyé autant de missiles que d'obus tombés sur les sites.

C'est assez étonnant d'en venir là. Le régime a voulu sauver sa peau. Il est maintenant affaibli.

D'abord, le coeur de son sujet, c'est avoir l'arme nucléaire. Ca, il le perd, pour un temps au moins. Ensuite, il n'a pas été capable d'assurer la protection de la population.

Le 3e point, c'est qu'il est sérieusement infiltré par du Mossad, d'autres éléments, ce qui fait que c'est un régime affaibli. Autant le président Trump a dit qu'il ne voulait plus la fin du régime...

Je n'en suis pas convaincu pour B.Nétanyahou. L'activisme du Mossad va continuer en Iran. - A.-E.Lemoine: Même si le président iranien confirme la fin de la guerre des 12 jours imposée par Israël.

E.Philippe, votre regard sur la situation au Moyen-Orient? Sur l'absence de l'Europe et de la France? - E.Philippe: Je résumerais ça en 3 mots.

D'abord, humilité. J'ai un niveau d'information qui repose sur ce que dit la presse, qui fait le mieux possible son travail. Je ne connais pas le niveau d'atteinte qu'on a mis au programme iranien.

Donc humilité. C'est facile de raconter n'importe quoi. On va éviter. 2e mot: lucidité.

On se porte tous mieux avec un Iran sans nucléaire qu'avec un Iran avec nucléaire. Le droit international a été foulé aux pieds. C'est certain.

Mais on a probablement imposé un retard, voire un stop complet, mais un retard considérable à l'Iran dans la maîtrise d'un outil nucléaire qui était une menace. L'Iran sans nucléaire, c'était déjà une menace pour nous. L'Iran avec le nucléaire, c'était une menace très grave.

On ne va pas tricoter! C'est plutôt bien. La 3e chose frappante, c'est qu'on est nulle part.

L'Europe, Royaume-Uni, France et Allemagne, a engagé des discussions diplomatiques. Le Royaume-Uni et la France sont dotés d'armes nucléaires. On peut avoir un petit rôle dans la diplomatie.

La vérité vraie, c'est qu'on est perçus comme faibles. La vérité, c'est qu'on est faibles. On vit dans un monde extrêmement dangereux.

Il vaut mieux être fort. Ca veut dire être prospère. Tant qu'on n'est pas prospères, c'est plus difficile d'être plus forts.

Ca veut dire avoir un outil et une doctrine de défense, des gens préparés à définir et à protéger leurs intérêts. Je ne pense pas que nous soyons complètement au niveau. - E.Tran Nguyen: Un sentiment d'impuissance et beaucoup d'inquiétude de la France.

Hier, avant le cessez-le-feu, il y a eu d'intenses bombardements venus d'Israël sur l'Iran, sur Téhéran, sur la prison d'Evin, où sont détenus C.Kohler et J.Paris.

Ils n'auraient pas été touchés, selon J.-N.Barrot.

C'est leur transfert qu'un cessez-le-feu va permettre? - Gal D.Trinquand: C'est un des arguments de discussion avec les Iraniens.

La frappe de la prison, de la porte de la prison, c'était une volonté pour les Israéliens de frapper le régime iranien et de montrer qu'ils appuyaient les opposants à l'intérieur. C'est un signal. Il n'y avait pas de capacités de faire sortir les prisonniers de la prison.

Je pense que la France va beaucoup insister encore...

A ma connaissance, les négociations étaient proches d'aboutir avant les frappes. Il faut y revenir maintenant. - A.-E.Lemoine: Général, sur la nécessité d'augmenter les dépenses de défense au niveau de l'Europe?

Vous trouvez anormal que l'Europe demande encore aux Etats-Unis de la protéger? - Gal D.Trinquand: Totalement.

La demande du président Trump... - A.-E.Lemoine: Il a demandé aux Européens d'augmenter... - Gal D.Trinquand: Le fait que les Européens, 3e puissance économique au monde, 450 millions d'habitants, se reposent encore sur la défense américaine...

On n'est plus en 1949. On sortait de la guerre. On était affaiblis.

Il y avait l'Union soviétique. On a complètement changé d'époque. Il serait temps que les Européens se prennent en charge. - A.-E.Lemoine: Je rappelle votre ouvrage, toujours disponible.

J'ai inversé! "Le Prix de nos mensonges", c'est signé E.Philippe.

On continue à commenter l'actualité avec la Story. - C'est assez effrayant. Ca touche les enfants.

J'ai 3 enfants. On ne sait pas encore d'où ça provient. - Un peu peur.

On évite les viandes. - Plus on est vigilants, mieux c'est. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une panique qui s'est créée à Saint-Quentin. 19 enfants ont été victimes d'intoxication alimentaire à la bactérie E.coli.

Ces symptômes sont survenus après la consommation de viande provenant de 4 boucheries et 2 supérettes de la ville. Un enfant a perdu la vie. - C'est un drame.

Imaginez les parents qui ont perdu leur gosse. Ca ne devrait plus arriver. - Qu'on sache d'où ça vient.

Les bouchers comme ça, c'est pas un qui a fait une bêtise. C'est l'abattoir ou le fournisseur. - On privilégie le poisson et les oeufs. - On freine la viande.

On attend. On s'interroge aussi. Ca impacte les gens dans les écoles.

Il y a aussi moins de gamins dans les écoles. Ils ont peur de se le transmettre. - On reste sur le qui-vive. - M.Bouhafsi: Les boucheries ont été fermées en quelques jours.

Un nouveau cas a été détecté, entraînant des appels en cascade à la cellule de crise. L'ARS tente d'informer et de rassurer. - Cellule d'information au public, préfecture de l'Aisne? - Vous n'avez pas consommé cette viande? - On conseille de jeter la viande, congelée ou pas, et de bien s'assurer de l'hygiène autour de la viande, le plan de travail de la cuisine, le frigo...

Il faut aussi se laver les mains. - M.Bouhafsi: La psychose traverse la ville depuis une semaine.

La seule boucherie encore ouverte a vu ses ventes baisser de 30 %. La ville traverse un autre problème. Alors que les rayons de 2 supermarchés ont été fermés, de nombreux messages affluent sur les réseaux.

Certains propagent l'idée d'un lien entre les contaminations et les certifications halal de certaines boucheries. D'autres appellent à s'en prendre physiquement et verbalement aux patrons de ces boucheries. - Sur Saint-Quentin, c'est un état de choc.

On est en gestion de crise depuis une semaine. Il y a des questions qui se posent sur des établissements. Par principe de précaution, des prélèvements ont été faits.

Par mesure conservatoire, les établissements ont été fermés. Ils étaient fréquentés par un certain nombre de familles dont les enfants ont été victimes. On part des consommations, de là où on a acheté et ensuite, on fait les prélèvements.

Hier s'est ouvert le volet judiciaire avec l'ouverture de l'enquête par madame le procureur. - M.Bouhafsi: C'était la maire de Saint-Quentin.

La stigmatisation dans la ville ressentie contre ces patrons de boucheries... - Les boucheries halal sont visées.

C'est la faute des musulmans. J'entends parler de vengeance envers les musulmans...

C'est triste. - M.Bouhafsi: La tension s'est renforcée dans le département.

Des tournois sportifs et des fêtes avaient lieu le week-end dernier. Une quarantaine de clubs amateurs ont été appelés à la vigilance après la vente de grillades issues d'une des boucheries fermées. La plupart des enfants sont concernés. - Samedi à 18h30 tombe une information sur les réseaux sociaux.

Une boucherie a une obligation de fermeture. On avait acheté notre viande halal dans cette boucherie. On jette toute la viande qui avait été grillée, halal ou pas.

On jette tout le samedi soir. Malgré tout, on ne se sent pas responsables...

On se dit qu'on a été très responsables en arrêtant la vente. On n'a pas de directives ou d'interdictions de mettre en place un barbecue, alors que la mairie de Saint-Quentin sait qu'on fait le tournoi. Personne ne nous dit de ne pas faire le barbecue. - M.Bouhafsi: Le ministre de la Santé s'est rendu sur place pour rassurer les habitants.

Il faut jeter toute la viande achetée dans ces boucheries achetée depuis le 1er juin. Contactez le 15 en cas de symptômes. Dans la plupart des cas, cette bactérie E.coli est éliminée dans le corps. - Parmi les patients, il y a 11 patients qui sont suivis.

Ils n'ont pas de signes de gravité. 3 patients sont hospitalisés. On les surveille au niveau biologique.

Pour l'instant, ils sont stables. Ils ne nécessitent pas de dialyse. Les gens réagissent sur les réseaux sociaux.

Il y a une confusion totale. En tant que professionnels, on a essayé de donner une communication pour expliquer la maladie. L'établissement a mis en place une structure psychologique. - M.Bouhafsi: Une enquête a été ouverte par le procureur de Saint-Quentin. - A.-E.Lemoine: C'est le 5/5 de L.Sénéchal.

Un Britannique de 39 ans écroué après avoir organisé un faux mariage avec une fille de 9 ans à Disneyland. - L.Sénéchal: Le parc est d'abord contacté pour une privatisation.

Ca arrive parfois. C'était l'organisation d'un mariage avant l'ouverture au public du parc, moyennant 100 000 euros. De l'autre côté, l'organisateur investit 30 000 euros supplémentaires pour recruter des figurants, acheminés samedi matin en car jusqu'au parc.

Le vrai-faux mariage se prépare. Quand la fiancée arrive, stupeur: c'est une petite fille de 9 ans. - L.Sénéchal: C'est celui qui avait été embauché pour jouer le père de la mariée qui s'est aperçu en premier qu'il s'agissait d'une petite fille.

Il a prévenu le parc, qui a réagi. La police est arrivée. Les figurants ont été évacués.

Le faux marié est un Britannique de 39 ans qui a été arrêté. Il est inscrit dans son pays sur le fichier des délinquants sexuels sur mineur. Il a privatisé le parc sous une fausse identité.

Il avait même été maquillé de manière professionnelle pour présenter un autre visage. Il est mis en examen, écroué pour escroquerie. L'enfant est une petite Ukrainienne arrivée en France 2 jours avant l'événement.

Elle n'a heureusement subi aucune violence ni physique ni sexuelle. - A.-E.Lemoine: C'est la dernière ligne droite pour les candidats au bac. - L.Sénéchal: Avec les oraux de français pour les premières, le grand oral pour les terminales.

C'est une épreuve récente, le grand oral. Les bacheliers choisissent leur sujet. Ils doivent présenter à l'oral le produit de leurs recherches.

Il faut un lien obligatoire avec une spécialité, comme les maths ou la physique. Ca donne des sujets originaux. - Mon sujet portait sur l'environnement et la mutation des séquoias aux Etats-Unis.

C'est pour montrer que l'environnement change en 2025 face au changement climatique. - Dans quelle mesure l'exemple de l'industrie musicale informe sur les inégalités entre les artistes par la dématérialisation de la musique. - On m'a souvent dit que je ressemblais à untel ou untel... - L.Sénéchal: C'est l'occasion d'un bilan pour ce bac 2025.

Certains étaient choqués de constater qu'il y avait des tricheurs. - J'ai utilisé ChatGPT à 200 %. Il fait ça très bien.

Il m'a fourni toutes les sources précisément. - Il y avait des fiches aux toilettes. - Des antisèches aux toilettes. - Un mec a caché un livre aux toilettes pendant l'épreuve.

C'était une bonne idée. - L.Sénéchal: La fraude au bac, c'est un délit.

Vous risquez jusqu'à 9000 euros d'amende et 3 ans d'emprisonnement. - P.Cohen: 5 ans de suspension aux examens, surtout.

Après, c'est fini, votre carrière universitaire. - A.-E.Lemoine: J'espère que ce jeune homme ne sera pas reconnu par ses parents. - P.Cohen: Il a utilisé ChatGPT comment? - L.Sénéchal: Pour le grand oral, le sujet est déjà écrit et on présente ça. - A.-E.Lemoine: C'est pas comme une triche à un examen. - L.Sénéchal: Un peu comme le TPE à une certaine période... - E.Tran Nguyen: Les travaux pratiques... - A.-E.Lemoine: Le gouvernement immobilise 800 000 véhicules supplémentaires dans le scandale des airbags Takata. - L.Sénéchal: 1,7 million de véhicules concernés en France par le stop drive, l'interdiction de prendre le volant tant que l'airbag n'a pas été changé. 30 modèles concernés.

Le ministre des Transports avait déjà immobilisé toutes les C3 après la mort d'une mère de famille près de Reims. Le gouvernement prend le taureau par les cornes. La France a longtemps été à la remorque.

C'est ce que déplorait l'avocat qui représente 11 familles de victimes. - En France, on fonctionne aux morts. Il faut un mort, une mesure.

Un autre mort, une autre mesure plus coercitive. Le compte n'y est toujours pas. On ne sait pas combien de véhicules sont toujours en circulation équipés de cet airbag, combien de remplacements ont eu lieu, quels modèles sont concernés.

On dépend des chiffres des constructeurs. C'est insensé. - L.Sénéchal: Ces airbags tueurs ont fait 18 morts et 25 blessés en France.

Ils se détériorent sous l'influence du climat chaud et humide. La plupart des accidents mortels ont lieu en outre-mer. 16 des 18 victimes en France sont dans les outre-mer. - A.-E.Lemoine: Tesla déploie son robot-taxi au Texas. - L.Sénéchal: Tesla est en grande difficulté.

Son action a chuté de près de 25 % au cours des 6 derniers mois. En France, la Répression des fraudes accuse Tesla de pratiques commerciales trompeuses. Ca concerne notamment la conduite entièrement autonome, présentée comme existant en France, alors que ce n'est pas le cas.

C'est interdit en Europe. Aux Etats-Unis, les voitures sans conducteur débarquent au Texas. Voici le 1er robot-taxi de Tesla, qui lance une offre défiant toute concurrence.

E.Musk a de grandes ambitions. Il a lancé il y a 8 mois ce robot-taxi avec l'objectif d'en faire rouler, à terme, des millions.

Pour l'instant, il commence doucement: une petite dizaine seulement. - L.Sénéchal: Musk compte énormément sur ses robots-taxis qui sont aussi particulièrement scrutés.

Ici, cette voiture fait un écart pas très contrôlé. C'est un peu inquiétant. C'est en pleine ville.

Des opposants à Musk ont voulu montrer le danger potentiel des voitures sans conducteur. Ils ont organisé un test sauvage en jetant des mannequins sous les roues de la voiture Tesla. - E.Tran Nguyen: C'est trop tard. - L.Sénéchal: Elle roule sur le mannequin. - A.-E.Lemoine: Si on jette un mannequin sous tes roues... - L.Sénéchal: Il y a d'autres tests plus originaux. - L.Sénéchal: C'est imparable, le mur en trompe-l'oeil.

Tesla a un train de retard sur la concurrence. La municipalité d'Austin au Texas revendique 6 opérateurs de véhicules autonomes qui roulent dans ses rues. Il a notamment Volkswagen ou Amazon.

Ca provoque des embouteillages garantis sans conducteur humain. Les voitures avec capteurs sont sans humain. Elles s'arrêtent au milieu des carrefours et provoquent des bouchons.

NBC a fait tester une voiture il y a quelques mois avec une monitrice d'auto-école. ... - L.Sénéchal: Musk imagine que les propriétaires de Tesla pourraient prendre l'option conduite entièrement autonome pour transformer leur Tesla en robot-taxi quand ils sont au travail.

L'option coûte 8000 dollars à l'achat avec un abonnement mensuel. - A.-E.Lemoine: Merci pour ce point complet sur les véhicules autonomes mis en circulation aux Etats-Unis.

Merci, général D.Trinquand. "D'un Monde à l'autre", c'est votre ouvrage.

Demain, D.Trump va rencontrer V.Zelensky.

Le conflit de la guerre en Ukraine a été relégué au 2d plan? - Gal D.Trinquand: Oui.

Les médias ne traitent les crises que l'une après l'autre. - A.-E.Lemoine: Les médias ou les responsables politiques? - Gal D.Trinquand: Tout le monde.

Ceux qui s'intéressent au sujet les suivent en permanence. La guerre en Ukraine continue. Les frappes sur Kiev continuent.

Des soldats meurent toujours sur le front. V.Poutine dit: "L'Ukraine est à nous." On pouvait penser que c'était marginal, mais non.

Là où un soldat russe pose le pied, le sol est russe. - A.-E.Lemoine: Merci.