Face à Face : Roland Lescure - 24/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:09OuverteRéponse directe
Vous allez d'ailleurs ce matin sans doute nous dire où et avec quelles économies.
- 0:13FerméeÉludée
Pourquoi vous brûlez pas la dette ?
- 0:41OuverteRéponse directe
Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon, il dit qu'il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu.
- 1:16ComplaisanteRéponse directe
On est à 4 aujourd'hui, c'est quasiment du jamais vu.
- 2:03FerméeRéponse directe
Est-ce que le mur de la dette n'existe pas ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Est-ce que vous n'êtes pas en train de demander aux Français des efforts ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« Fausse bonne idée, évidemment, une fois de plus. »
- 0:29Invité politiqueFait
« Bon, d'abord, je sais qu'il s'en moque, mais c'est illégal. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Donc on forme autreité européenne, c'est-à-dire que demander à la Banque de France indépendante au fond de racheter une partie de la dette, 20% de la dette de l'État français. »
- 0:45Invité politiqueFait
« Mais bien sûr, et vous faites un gigantesque bras d'honneur aux autres membres de la zone euro. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Deux, c'est dangereux, parce que ça veut dire in fine qu'on va avoir des taux d'intérêt qui vont augmenter. »
- 1:09Invité politiqueFait
« Ils vont dire quoi ? Moi, je ne vous prête plus à 4, je vous prête à 4,5, je vous prête à 5. »
- 1:27Invité politiqueFait
« Mathieu Pigasse, il a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillies. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Il a renégocié la dette de la Grèce. »
- 1:35Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, il a renégocié la dette du Vénézuelin. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Les retraités grecs, ils ont vu, on parlait tout à l'heure peut-être, d'une moindre hausse des retraites l'année prochaine que prévu. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« Les retraités grecs, ils ont perdu plus de 10% de pouvoir d'achat. »
- 2:26Invité politiqueFait
« Les infirmières grecques, elles ont vu leur salaire baisser. »
- 2:37Invité politiqueFait
« Mais même si c'est la Banque Centrale, accessoirement indépendante, dont la mission principale, c'est de lutter contre l'inflation, c'est se moquer du monde. »
- 2:46Invité politiqueFait
« C'est mettre en danger la signature de la France, en donnant l'impression, moi j'ai eu l'impression d'écouter Raymond Devauss, parce que je l'ai écouté hier, de raconter absolument n'importe quoi. »
- 3:53Invité politiqueFait
« On se retrouve dans une situation financière difficile et on va y revenir à un budget difficile. »
- 4:18Invité politiqueFait
« C'est la situation politique. »
- 4:25Invité politiqueFait
« la présidentielle, elle est importante, elle a lieu dans huit mois, en attendant, soyons responsables, votons ensemble un budget qui ne sera pas parfait et celui ou celle qui sera élu pourra le modifier. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Et qu'on lui répond, Jean-Luc Mélenchon, le Premier, en disant, non, on va vous censurer quoi qu'il arrive, j'espère que les autres seront plus responsables, ça crée de l'incertitude. »
- 4:42Invité politiqueFait
« Si les marchés, aujourd'hui, se disent, on a un État qui est très endetté et en plus, s'il n'y a pas de risque, je vous le confirme, on va payer plus cher notre dette. »
- 5:48Invité politiqueFait
« On a, cette semaine, des chiffres importants de l'INSEE sur la croissance. »
- 5:56Invité politiqueChiffre
« On a révisé la baisse à 0,7% juste avant l'été. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Alors, en tout cas, c'est des milliards d'euros d'économies à faire, ça dépend de la cible. »
- 7:23Invité politiqueFait
« Ce qu'on souhaite faire, le Premier ministre l'a dit, c'est mettre en place des réformes structurelles. »
- 7:27Invité politiqueFait
« Quand on dit on va augmenter un peu les franchises médicales pour ceux qui consomment beaucoup de médicaments de manière à les inciter à consommer un peu moins, c'est une réforme structurelle, ce n'est pas un coup de rabot. »
- 7:45Invité politiqueFait
« On ne va pas forcément les augmenter autant que l'inflation qui est aujourd'hui est assez faible. »
- 8:04Invité politiqueChiffre
« Un retraité qui gagne aujourd'hui 2000 euros par mois, l'inflation elle est à 2%, c'est 40 euros en plus. »
- 8:51Invité politiqueFait
« Les petites retraites, les minima sociaux, évidemment. On souhaite que ceux qui sont en première ligne puissent être protégés. »
- 11:09Invité politiqueFait
« J'ai bien vu que la France Insoumise avait décidé de nous censurer quoi qu'il arrive. »
- 12:36Invité politiqueChiffre
« Ils nous disent si on ne fait rien l'année prochaine, on sera à 5,7% de déficit, près de 6. »
- 12:41Invité politiqueChiffre
« Et si on ne fait rien d'ici 2030, on sera à 7% de déficit. »
- 16:32Invité politiqueFait
« La réalité, c'est qu'on a aujourd'hui de plus en plus de retraités et de moins en moins d'actifs. Ça, c'est la démographie. Ça ne ment pas. »
- 16:50Invité politiqueFait
« L'équilibre du régime des retraites et le fait qu'on vieillit, on meurt de plus en plus tard, tant mieux. »
- 17:27Invité politiqueFait
« Franchement, il y a des investissements à faire, pas seulement dans l'État. »
- 17:32Invité politiqueFait
« On est face à des attaques de dimension, d'échelle nouvelle. »
- 18:10Invité politiqueFait
« La facturation électronique, d'abord c'est pour simplifier la vie des entreprises, pas pour leur compliquer. »
- 19:25Invité politiqueFait
« On y travaille. Vous l'avez dit, on a encore une semaine pour atterrir. »
- 19:42Invité politiqueChiffre
« Je rappelle que le guichet aux rouleurs est toujours ouvert. On a 1,369,000 ménages qu'ils l'ont demandé jusqu'au 31 août. »
- 20:23Invité politiqueFait
« Oui, il y a des niches qu'il faut qu'on regarde, il faut qu'on optimise. »
Temps de parole
- Roland Lescure67 %
- Présentateur33 %
≈ 8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, face à face. 28 milliards d'euros au minimum à trouver. Vous allez d'ailleurs ce matin sans doute nous dire où et avec quelles économies. Mais j'ai une question toute simple, pourquoi vous brûlez pas la dette ?
Fausse bonne idée, évidemment, une fois de plus.
Ça paraît simple quand on suit Jean-Luc Mélenchon.
Oui, exactement, vous faites référence au discours de Jean-Luc Mélenchon hier, ça fait des années qu'il le dit et qu'il le répète. Alors il le fait avec brio, mais il raconte n'importe quoi. Absolument n'importe quoi. Bon, d'abord, je sais qu'il s'en moque, mais c'est illégal. Donc on forme autreité européenne, c'est-à-dire que demander à la Banque de France indépendante au fond de racheter une partie de la dette, 20% de la dette de l'État français.
Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon, il dit qu'il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu.
Mais bien sûr, et vous faites un gigantesque bras d'honneur aux autres membres de la zone euro. De fait, vous sortez de l'euro, puisque vous dites je ne respecte plus les règles de la maison commune. Deux, c'est dangereux, parce que ça veut dire in fine qu'on va avoir des taux d'intérêt qui vont augmenter. Pour tout le monde ? Pour la France ? Pour les partenaires ? Non, mais les créanciers qui nous prêtent, qui disent, l'État français vient de dire, merde, à 20% de sa dette. Ils vont dire quoi ? Moi, je ne vous prête plus à 4, je vous prête à 4,5, je vous prête à 5.
On est à 4 aujourd'hui, c'est quasiment du jamais vu.
C'est quasiment du jamais vu, mais ça fait longtemps qu'on n'avait pas vu ça. 4% à 10 ans, honnêtement, c'est un mauvais banquier. Ça fait plus de 20 ans qu'on n'avait pas vu. Et donc, je vois qu'il est conseillé par Mathieu Pigasse. Mathieu Pigasse, il a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillies. Il a renégocié la dette de la Grèce. Aujourd'hui, il a renégocié la dette du Vénézuelin. Ce n'est pas ce que je veux pour la France et les Français, moi.
Mathieu Pigasse, effectivement, banquier et qui était aux universités d'été de la France Insoumise ce week-end, et qui a eu cette expression, la dette publique peut être annulée, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon, sans aucun impact économique ni financier.
Merci Hugo Chavez. Non mais, vous vous rendez compte de ce qu'il dit ? C'est quelqu'un, je le répète, qui depuis 20 ans a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillies.
Il dit que le mur de la dette n'existe pas ?
Mais bien sûr, il n'existait pas en Libye, il n'existait pas en Syrie.
Est-ce que vous êtes en train de faire des efforts, mais pour rien ? Est-ce que vous n'êtes pas en train de demander aux Français des efforts ? Est-ce que les infirmières grecques... D'un clin d'œil, d'un coup d'allumette, on pourrait la faire brûler cette dette ?
Les retraités grecs, ils ont vu, on parlait tout à l'heure peut-être, d'une moindre hausse des retraites l'année prochaine que prévu. Les retraités grecs, ils ont perdu plus de 10% de pouvoir d'achat. Les infirmières grecques, elles ont vu leur salaire baisser. C'est ça renégocier la dette ? C'est ça dire merde, je le répète, à des créanciers. Mais même si c'est la Banque Centrale, accessoirement indépendante, dont la mission principale, c'est de lutter contre l'inflation, c'est se moquer du monde. C'est prendre les Français pour des lanternes.
C'est mettre en danger la signature de la France, en donnant l'impression, moi j'ai eu l'impression d'écouter Raymond Devauss, parce que je l'ai écouté hier, de raconter absolument n'importe quoi, de le faire, je le répète, avec un certain brio, et de donner l'impression qu'il y a une formule magique face à un défi majeur, vous l'avez dit, croissance difficile, taux d'intérêt en hausse, dette à faire réduire, qu'on pouvait le faire par un baguette magique. C'est le serpent qu'un qui nous raconte n'importe quoi, mais il ne faut pas...
Et qui nous illusionne avec ses yeux comme dans le livre de la jungle.
Mais endormir les Français aujourd'hui sur ce sujet, c'est les préparer à un cauchemar. Mais bien sûr que c'est confortable. Vous inquiétez pas, je m'occupe de tout. J'annule 20% et tout va bien se passer. La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon, s'il fait ce qu'il dit avec M. Pigasse à ma place, c'est la crise financière assurée.
C'est ça qui se joue, vous le sentez ? Mais évidemment, évidemment, évidemment. Roland Lescure, concrètement, indépendamment de ce qu'en disent Jean-Luc Mélenchon ou Mathieu Pigasse, on emprunte quand même, nous, la France, aujourd'hui, plus cher que l'Espagne ou l'Italie. Qu'est-ce qui a pu se passer pour qu'on en soit là ?
On se retrouve dans une situation financière difficile et on va y revenir à un budget difficile.
J'ai bien noté que vous aviez glissé entre deux phrases. On va parler des hausses de retraite qui vont monter moins que prévu.
Ça fait partie des sujets qu'il faut qu'on discute. Mais avant ça, avant ça, la raison essentielle pour laquelle, aujourd'hui, on est au-dessus de l'Italie, l'Espagne, ça va mieux. L'Italie, ils ont des défis budgétaires, elle est similaire aux nôtres. C'est la situation politique. Quand le Premier ministre écrit au groupe parlementaire en leur disant, franchement, la présidentielle, elle est importante, elle a lieu dans huit mois, en attendant, soyons responsables, votons ensemble un budget qui ne sera pas parfait et celui ou celle qui sera élu pourra le modifier.
Et qu'on lui répond, Jean-Luc Mélenchon, le Premier, en disant, non, on va vous censurer quoi qu'il arrive, j'espère que les autres seront plus responsables, ça crée de l'incertitude. Si les marchés, aujourd'hui, se disent, on a un État qui est très endetté et en plus, s'il n'y a pas de risque, je vous le confirme, on va payer plus cher notre dette.
Alors, posons le décor. Vous avez encore un peu plus d'un mois pour rendre la copie du budget. Vous êtes en train de décider les recettes, les économies et dans un moment où vous gardez l'objectif de passer sous les 5% de déficit ?
Alors, je ne veux surtout pas l'impression que je...
Ça, ça donne l'horizon.
Non, mais exactement. Je ne veux pas donner l'impression que je botte en touche. Mais le mois qui vient, il est important. Un, parce qu'on va avoir des informations sur l'année 2026 pour savoir où on atterrit en 2026 de manière à pouvoir mieux projeter l'argent.
Alors là, j'explique à tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent de quoi on parle. En 2025, on était à 5,1% de déficit. Vous espérez qu'en 2026, on soit à 5% ? Et c'est difficile. Ce n'est pas gagné.
Ce n'est pas gagné. Je ne veux pas raconter de...
On sera vraisemblablement au même niveau que 2025, voire pire ?
On verra. On va tout faire pour être... C'est ce que j'ai dit. Et je le répète, on va faire tout ce qu'on peut pour être le plus près possible de 5%. Mais on a, cette semaine, des chiffres importants de l'INSEE sur la croissance. On a des rentrées fiscales.
Ça ne sent pas très bon du côté de la croissance ?
On a révisé la baisse à 0,7% juste avant l'été.
Vous étiez à 0,9% au départ ? Voilà.
J'espère qu'on y restera.
Et vous espérez que ce ne sera pas en dessous de 0,7% ?
Mais oui, parce qu'on a eu un été difficile, les canicules, les incendies, c'est un impact sur la production agricole, l'économie, c'est la réalité.
Ce matin, sur RMC et BFM TV, vous nous préparez ?
Non. Non, non, parce que, vraiment, on a besoin de l'information qu'on va avoir dans les jours, les semaines qui viennent, pour affiner notre copie. Fin septembre, début octobre, je vous le promets, je vous dirai tout, à la fois, nous, là où on compte atterrir en 2026, puis ce qu'on va faire, pour s'assurer qu'en 2027, on rassure tout le monde et en premier lieu les Français sur le fait qu'on tient la barraque.
Alors, il y a un point que vous avez commencé à évoquer et vous l'avez d'ailleurs glissé de vous-même, ce sont ces 20, d'abord, on est d'accord sur le chiffre, c'est 28 milliards d'euros d'économies à faire ?
Alors, en tout cas, c'est des milliards d'euros d'économies à faire, ça dépend de la cible.
C'est des dizaines de milliards ?
Mais oui, on est dans les ordres de grandeur que vous donnez. Après, ça dépendra de la cible qu'on se donne collectivement pour 2027, et donc, je ne peux pas, là encore, désolé, vous donner le chiffre exact. Mais les efforts doivent être importants.
Les efforts doivent être importants. Où allez-vous les trouver ? L'une des pistes évoquées, c'est la désindexation des retraites. C'est une piste sérieuse.
Oui, ça fait partie des pistes. Avant ça, un, je pense que tout le monde va devoir faire des efforts. Les entreprises, les ménages, l'État qui va, comme on le dit, se serrer la ceinture, les dépenses de santé, plutôt que de trouver un coupable idéal... En fait, vous allez raboter sur tout. Non, ce n'est pas forcément raboter. Ce qu'on souhaite faire, le Premier ministre l'a dit, c'est mettre en place des réformes structurelles. Quand on dit on va augmenter un peu les franchises médicales pour ceux qui consomment beaucoup de médicaments de manière à les inciter à consommer un peu moins, c'est une réforme structurelle, ce n'est pas un coup de rabot.
Quand on dit on ne va pas baisser les retraites, j'ai vu depuis que je suis intervenu sur ce sujet...
On ne va juste pas les faire augmenter.
On ne va pas forcément les augmenter autant que l'inflation qui est aujourd'hui est assez faible. Donc, on ne compte pas baisser les retraites des Françaises et des Français donc vous ne baissez pas les retraites mais vous ne les augmentez pas au niveau de l'inflation
ce qui veut dire que techniquement le pouvoir d'achat des retraités baisse.
Non mais aujourd'hui l'inflation...
S'il y a un décalage entre l'inflation et l'indexation, c'est une petite baisse.
Un retraité qui gagne aujourd'hui 2000 euros par mois, l'inflation elle est à 2%, c'est 40 euros en plus. La question c'est est-ce qu'on met en place tous ces 40 euros ou moins ? Il n'y a pas un salarié en France à part ceux qui sont au SMIC qui sont automatiquement... Il y a deux questions là-dessus. C'est important, Pauline de Maner.
C'est important, il faut qu'on comprenne.
Les gens qui travaillent aujourd'hui, ils ne sont pas indexés automatiquement. Ça dépend de la situation de l'entreprise. Aujourd'hui, j'allais dire l'entreprise des retraités, c'est nous tous et nous toutes. Regardons la situation et voyons ensemble si on peut demander aux retraités un effort, un effort réel, mais qui consiste à ne peut-être pas augmenter autant que l'inflation de 2017.
Moi, je veux comprendre très précisément. Il y a deux options, en gros, trois, allons-y. Une qui serait de désindexer tout le monde. Ça, j'ai l'impression qu'on l'évacue.
Les petites retraites, les minima sociaux, évidemment. On souhaite que ceux qui sont en première ligne puissent être protégés.
Donc, ça veut dire que ce sera plutôt la deuxième option, c'est-à-dire l'idée que les plus petites retraites seront épargnées et les plus grosses seront participeront à Stéphane. Alors, moi, j'ai une question très claire, c'est qui un retraité aisé ?
Exactement. Et je vois bien ce débat à poindre. Un, la décision n'est pas prise. Il y a d'autres options. Aujourd'hui, ça fait partie du catalogue. Et j'ai souhaité le mettre, c'est le cas de le dire, dans l'atmosphère, de manière à ce qu'on ait ce débat. Et on l'a aujourd'hui tous les deux. Et ça va faire partie des questions. À partir de quel niveau ? Si on va sur cette piste, il y en a d'autres.
Non, mais vous-même, Roland Lescure, la semaine dernière, vous avez dit seront concernés les ménages aisés. Je vous repose la question. Qui sont les ménages aisés ? Qui sont les retraités aisés ?
Et je suis désolé, là encore... Non, mais vous ne pouvez pas
dire cette expression et ne pas dire c'est quoi ? C'est 2 000 euros, c'est 3 000 euros,
c'est 10 000 euros ? Ça fait partie des débats politiques qu'on doit avoir. Et c'est pour ça que... Vous, vous estimez
qu'un retraité est aisé à partir de combien par mois ?
Non, mais quand le Premier ministre dit aux parlementaires « Nous souhaitons débattre », ça fait partie des sujets dont on doit débattre. Donc soit on dit non...
Débattons ce matin. Vous dites quoi ? Vous dites... de 2 000 et vous allez atterrir à 4 000 ? Ou alors est-ce que vous savez déjà précisément qu'à partir de 2 800 euros...
Non, non, ce n'est pas 2 812. La réalité, c'est qu'on va rentrer en négociation, vous l'avez dit. Et excusez-moi, pas avec Apolline de Malère, mais avec l'ensemble des groupes parlementaires qui, in fine, devront choisir.
Mais j'imagine que les parlementaires, ils ont tous une vision différente. Je me souviens de François Hollande à qui on demandait qui est un riche. Il me semble qu'autour de 4 000 euros par foyer, ils considéraient qu'on était riche. Vous, vous considérez qu'on est riche à partir de combien ? Non.
Moi, je suis désolé, je n'entre pas dans ce débat-là parce que je souhaite pouvoir débattre avec les parlementaires de tous ces paramètres.
Vous allez en parler avec tout le monde ? RN et LFI compris ?
Le débat parlementaire, il a lieu avec toutes celles et ceux qui sont élus. Effectivement, ils vont tous déposer des amendements. Ce débat, il doit avoir lieu avec l'Assemblée nationale qui représente la France telle qu'elle est. Ce n'est pas la France dont je rêve forcément. Le premier groupe parlementaire de l'Assemblée aujourd'hui, c'est la Rassemblée nationale. Je me suis engagé en politique pour lutter contre eux. La réalité, c'est qu'ils sont élus et qu'évidemment, je négocierai avec eux, on discutera avec eux leurs amendements. Je donnerai mon avis sur leurs amendements. J'ai bien vu que la France Insoumise avait décidé de nous censurer quoi qu'il arrive.
On verra ce que font les autres. Moi, ce que j'espère, c'est qu'on va réussir au fond, à dégager un peu la piste de décollage pour celles et ceux qui, quoi qu'il arrive, ils se voient tous élus et riteront de ce budget. Est-ce qu'au moment
où on se parle, Roland Lescure, vous vous dites que ce budget, en toute sincérité, a des chances d'être adopté ?
On va tout faire pour. Je ne veux pas, là encore, on va tout faire pour, mais il faut être deux pour danser le tango et en l'occurrence, il faut être onze. Il y a onze groupes parlementaires pour atterrir.
Elle est qui parle d'un chantage.
Mais non.
Il dit que vous les prenez dans une forme de chantage autour de ce budget.
C'est comme ça que la France Insoumise, qui se voit gouverner la France, qualifie le débat parlementaire, qu'un gouvernement dise je vais présenter un projet de loi de finances. Je souhaite qu'il soit discuté et j'espère qu'il va être voté. Ça, c'est du chantage. Là encore, on se moque du monde. La réalité, c'est que c'est comme ça que ça marche. La démocratie ne le rende et plaise.
Est-ce que la solution pourrait être cette fameuse année blanche ?
Non mais...
C'est-à-dire désindexer de l'inflation, toutes les prestations sociales, les retraites,
tout. Ça a été essayé et malheureusement, ça n'a pas été couronné de succès. Pourquoi ? Vous le regrettez, vous vous dites
que ça aurait peut-être une bonne solution.
Vous savez qu'il y a des économistes qui nous ont dit, on les avait émissionnés, ils sont indépendants, un ancien patron de l'INSEE, deux économistes d'obédience, trois économistes d'obédience un peu différentes. Ils nous disent si on ne fait rien l'année prochaine, on sera à 5,7% de déficit, près de 6. Et si on ne fait rien d'ici 2030, on sera à 7% de déficit. Il faut faire quelque chose. Ça fait partie des pistes. Évidemment, le sujet, c'est ceux qui sont...
Mais est-ce que l'idée d'une année blanche est toujours sur la table ?
Non, pas pour cette année. Question aussi,
petite recette, la surtaxe sur les grandes entreprises, pérennisée ?
On verra, moi j'espère pouvoir la baisser, mais ce n'est pas acquis, ce n'est pas gagné.
Au départ, elle était censée être exceptionnelle, vous vous souvenez ?
Et la situation, elle n'était pas autant que ça. On est dans une situation qui malheureusement a tendance à durer. La crise en Iran, le détroit d'Harmouz, la canicule, la hausse des taux d'intérêt. Donc voilà, on va intégrer.
Donc vous ne vous priverez pas de ces 7 milliards de la surtaxe des grandes entreprises ? On verra. Si on peut la baisser,
on le fera, mais aujourd'hui, ce n'est pas facile.
Ce sera prêt pour le 6 octobre ?
On est prêt pour fin septembre, début octobre, c'est le calendrier habituel, évidemment, de ce point de vue-là.
Vous avez sans doute vu que votre prédécesseur Bruno Le Maire dit, je cite, que la France est au pied du mur. Il dit qu'il y a urgence, qu'une crise globale des dettes souveraines est donc possible. Est-ce que vous vous dites que la France, en effet, pourrait à un moment se retrouver sous le coup d'une autorité de la BCE ou du FMI ? Est-ce que ce risque plane ?
Non, le sujet n'est pas là aujourd'hui. Il y a d'autres États qui ont fait face à ça. On parlait de la Grèce tout à l'heure. Donc l'objet, c'est évidemment d'éviter que dans quelques années, on en arrive là. Le vrai risque aujourd'hui, c'est le ministre de l'Économie et des Finances qui vous parle, qui sera au G20 des ministres des Finances en Caroline du Nord lundi prochain. Je vais en profiter pour tenir une réunion du G7 des ministres des Finances. C'est l'environnement international. Parce que vous parliez des taux d'intérêt français aujourd'hui. Les taux d'intérêt américains sont en hausse.
On est dans une logique où le marché obligataire, parce que l'endettement est élevé partout, il a tendance à être tendu. Donc évidemment, il faut renforcer notre capacité collective à redresser nos finances publiques. À court terme, c'est mon job, et à moyen terme, ce sera ceux qui aujourd'hui veulent nous faire rêver et vont devoir intérir
qui doivent le faire. Il dit qu'il faut des mesures d'urgence, la désindexation des pensions de retraite, mais alors de toutes. Il dit des pensions de retraite, des aides sociales et du barème de l'impôt sur le revenu. Ça revient à cette fameuse année blanche ?
Oui, avec une question réelle.
Vous êtes d'accord ? Pas d'accord ?
Non, mais il faut faire attention quand même aux petites retraites, aux minimas sociaux. Donc, je dirais, la taille unique ne fonctionne sans doute pas. L'esprit vous paraît le bon. Épiste, en tout cas. Je crois que Bruno Le Maire s'invite dans le débat pour les années qui viennent. Ça fait partie des pistes.
Vous l'avez pris comment, d'ailleurs, ça ?
Non, mais bien, au sens où j'ai beaucoup travaillé avec lui et je sais qu'il ne manque pas d'idées et que sa volonté de participer au débat reste pleine et entière. Bon, moi, je suis au boulot, je suis ministre des Finances, je m'occupe du budget de l'année, que d'autres se projettent. Évidemment, c'est de bonne guerre. Ça montre que, malgré le recul qu'il a pris, il aime toujours autant ça la politique.
L'âge de départ a 65 ans. Lui, il dit, il faut vraiment 65 ans et une bonne dose de capitalisation.
Alors, la capitalisation, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, c'est indispensable pour compléter le système actuel. Ça nous permettra aussi de financer l'intelligence artificielle. Au fond, de financer une France qui se projette vers l'avant et qui n'est pas seulement dans le retrait.
Mais cette question, justement, de se projeter vers l'avant, j'ai une phrase à vous soumettre. Elle est signée The Economist, le magazine anglais, qui parle de nos retraites comme d'une véritable pyramide de Ponzi. Il dit qu'on est vraiment les champions du monde d'une pyramide de Ponzi. La pyramide de Ponzi, en fait, c'est cette espèce de subterfuge. C'est Madoff. C'est ce subterfuge économique où, en fait, on fait semblant que l'argent grossit et, en réalité, on ne fait que prendre l'argent d'avant pour le donner aux autres. C'est une vaste fumisterie économique. The Economist dit si l'État-providence européen ressemble à une pyramide de Ponzi, ces pharaons sont les baby-boomers.
Les baby-boomers en France nous expliquons comment cette génération a réalisé un vol intergénérationnel.
Bon, c'est The Economist. Donc, évidemment, exagéré.
Ils sont libéraux, ils sont en protection. Non, mais c'est surtout
que la réalité, c'est qu'on a aujourd'hui de plus en plus de retraités et de moins en moins d'actifs. Ça, c'est la démographie. Ça ne ment pas. Donc, effectivement, il faut rééquilibrer tout ça.
Mais ils disent aujourd'hui, l'inégalité n'est plus horizontale, elle est verticale, c'est-à-dire les vieux sont riches, les jeunes sont pauvres.
Il y a deux défis majeurs. L'équilibre du régime des retraites et le fait qu'on vieillit, on meurt de plus en plus tard, tant mieux. Les dépenses de santé augmentent de plus en plus. Il faut à la fois qu'on traite le déséquilibre des régimes de retraite du fait de la démographie et les enjeux de dépenses de santé qui ont tendance à augmenter beaucoup trop.
La cyberattaque, c'est derrière nous ?
Franchement, là-dessus, d'abord, je réitère les excuses que David Amiel a prononcées au nom du gouvernement parce que ce qui s'est passé est grave. Et ceux qui sont concernés à qui on a tous écrit sont en colère, et je le comprends, de dire qu'on n'est pas encore au niveau là-dessus. Franchement, il y a des investissements à faire, pas seulement dans l'État. On a vu que les entreprises étaient aussi concernées. On est face à des attaques de dimension, d'échelle nouvelle. On a eu l'Ukraine, on a eu l'Iran, on a eu la Covid. Cette épidémie, parce qu'on peut en parler, je pense, qui s'accumule depuis des semaines, c'est un nouveau chac majeur auquel on doit faire face ensemble.
Est-ce que vous n'allez pas exposer les entreprises avec la facturation électronique qui entre en vigueur, qui s'impose désormais à toutes les entreprises ? Vous êtes sûr ? Absolument sûr ? Parce qu'on se dit franchement, si Bercy se fait pirater, est-ce que vous n'êtes pas en train de mettre le loup dans la bergerie ?
Non mais j'entends bien. La facturation électronique, d'abord c'est pour simplifier la vie des entreprises, pas pour leur compliquer. Deux, ça coûte très peu d'argent. J'ai entendu les débats sur que ça va coûter une fortune. Il y a même des logiciels gratuits pour les micro-entrepreneurs qui permettent de le faire gratuitement. Trois, ce sont des outils nouveaux. Le problème auquel on fait face avec nos cyberattaques, c'est qu'on a des outils assez anciens dans l'administration qui ont été construits à travers le temps et qui ne sont pas forcément adaptés à ce monde d'aujourd'hui. Donc je pense... Mais mettre ces données
sur Internet, est-ce que ça n'est pas risqué aujourd'hui ?
Vous savez qu'aujourd'hui ces données, elles le sont déjà. Vous n'imaginez pas qu'à Bercy, on a des coffres avec toutes les factures papier qui s'accumulent. On les met dans nos bases de données. Elles existent déjà. La seule différence, c'est que ça va être plus simple, plus efficace, moins coûteux pour tout le monde. Et en passant, qu'on va lutter contre les fraudes. Alors j'ai bien entendu M. Lissnard, Mme Tafo, M. Mélenchon, dans une alliance improbable qui trouve ce nouveau dada pour nous attaquer, ils étaient contre le prélèvement à la source, ces gens-là. Ils sont contre la modernité. La modernité aujourd'hui a fait face à des défis énormes. Il faut qu'on les traite.
On n'est pas au niveau. Il faut qu'on investisse. Mais on a besoin
de s'y mettre. Une question de carburant, Roland Lescure. Dans une semaine, tout pile, c'est officiellement la fin de l'aide carburant aux gros rouleurs. Entre-temps, malheureusement, le prix de l'essence est resté extrêmement élevé. Il n'a pas baissé. Allez-vous prolonger ces aides ?
Ce que je peux vous dire, c'est qu'on y travaille. Vous l'avez dit, on a encore une semaine pour atterrir. Mais évidemment, on a noté que le prix du pétrole n'a pas baissé, que le prix du gaz n'a pas baissé, que le prix de l'essence à la pompe, malgré le plafonnement d'un certain nombre de stations que tous les Français ont vues sur les autoroutes, n'a pas baissé. Et donc, on regarde de très près s'il faut prolonger ces aides et comment on va le faire. Je rappelle que le guichet aux rouleurs est toujours ouvert. On a 1,369,000 ménages qu'ils l'ont demandé jusqu'au 31 août. Mais au moment où on se parle,
vous vous dites, il serait logique puisque ça n'a pas baissé de le prolonger ?
On le regarde. On regarde, vraiment. On vous dira ce qu'on fait d'ici la fin de mois. Donc, certains qui nous écoutent
et qui s'angoisissent et qui se disent on ne va pas y arriver, l'essence n'a pas baissé. Déjà, si vous n'avez pas
demandé votre aide, demandez-la. Vous avez jusqu'au 31 août pour la période actuelle. Ensuite, on va voir comment on prolonge ça, s'il faut le faire. Mais on est évidemment conscient de ce qu'on fait
le Premier ministre a dit qu'il n'y aurait pas d'augmentation d'impôts. Vous le dites fermement, pleinement. Pas de nouveaux impôts. Enfin, pas d'impôts directs.
Oui, il y a des niches qu'il faut qu'on regarde, il faut qu'on optimise. Mais c'est la solution magique en France depuis 40 ans. On a un problème, on augmente les impôts. J'espère que les futurs candidats, potentiellement présidents, n'accumuleront pas les impôts nouveaux.
C'est ce que vous leur lancez comme appel ce matin ?
C'est la formule qui ne fonctionne plus. Je pense qu'il faut penser à autre chose. Ça ne veut pas dire que ça fait partie de la politique publique. Mais dire qu'on va augmenter les impôts et tout va bien se passer, ça ne marche plus.
Roland Lescure, ministre de l'Économie, merci d'avoir répondu à mes questions.
Roland Lescure