Edwige Diaz : "François Bayrou s'est transformé en commentateur de son échec"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteÉludée
Est-ce que vous saluez l'effort de pédagogie, de transparence, d'explication de François Bayrou ?
- 1:37RelanceRéponse partielle
La situation n'est pas grave ? Vous dites dramatisation. La situation sur le front de la dette n'est pas grave ?
- 2:21RelanceRéponse directe
Ce n'est pas contre les Français. Ce n'est pas une épreuve de force, dit-il. Vous en revanche, vous voulez en faire une épreuve de force ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Vous réclamez une baisse du budget de l'État, une baisse nette des dépenses de l'État.
- 6:28OuverteRéponse directe
Mais sur l'immigration, le coût de l'immigration, vous savez bien qu'il faut mettre cela en regard de ce que les immigrés rapportent aussi à l'économie.
- 8:19RelanceRéponse partielle
Censurer cet automne, est-ce que ce n'est pas prendre un risque énorme pour le pays alors que les marchés nous attendent au tournant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« La France a besoin d'un Premier ministre et pas d'un YouTuber. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Il leur dit que les Français vont encore devoir faire des sacrifices. »
- 2:38Invité politiqueFait
« M. Bayrou s'est transformé en commentateur de son échec. »
- 2:44Invité politiqueFait
« François Bayrou a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007. Il a soutenu François Hollande en 2012 et il a soutenu Emmanuel Macron en 2017. »
- 2:53Invité politiqueFait
« François Bayrou est comptable de cette situation. »
- 4:42Invité politiqueFait
« On a proposé avec mes collègues une centaine d'amendements pour supprimer un certain nombre d'agences d'État. »
- 5:14Invité politiqueChiffre
« C'est quand même le Premier ministre de l'impopularité avec plus de 82% des Français qui ne lui font pas confiance. »
- 6:46Invité politiqueFait
« Oui, alors ça serait en effet un bon début. »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« Il y a 50% des étrangers extra-européens en âge de travailler qui ne travaillent pas. »
- 7:46Invité politiqueChiffre
« Sur les déboutés du droit d'asile, 96% restent en France. »
- 9:11Invité politiqueChiffre
« Il y a une entreprise qui met la clé sous la porte toutes les 8 minutes en France. »
- 11:40Invité politiqueFait
« L'Union européenne est vraiment devenue un impolitique. »
- 16:35Invité politiqueChiffre
« Deux millions de personnes qui ont signé la pétition. »
- 19:53Invité politiqueFait
« Nous avons proposé à plusieurs reprises la taxation des surprofits et des super dividendes. »
- 20:09Invité politiqueFait
« Nous avons souhaité revaloriser les salaires en proposant un deal gagnant-gagnant avec les chefs d'entreprise de manière à ce qu'ils puissent augmenter les salaires de 10% dans la limite de trois fois le SMIC. »
- 22:03Invité politiqueFait
« L'ensemble des cadres du parti souhaitent que Marine Le Pen soit candidate à l'élection présidentielle. »
Temps de parole
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- Présentateur22 %
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Bonjour Edwige Diaz.
Bonjour, merci pour votre invitation.
Vice-présidente du Rassemblement National, députée de la Gironde, invité d'Inter ce matin. J'attends vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 et via l'application Radio France. Il vaut mieux des efforts choisis maintenant que des sacrifices subis plus tard. Ça c'est François Bayrou qui défend ses choix budgétaires hier soir sur sa nouvelle chaîne YouTube. Il va tout au long de ce mois d'août parler directement aux Français de son plan de 44 milliards d'euros d'économie. Est-ce que vous saluez l'effort de pédagogie, de transparence, d'explication ?
Alors déjà je commencerai par vous dire que la France a besoin d'un Premier ministre et pas d'un YouTuber. Moi je me suis infligée le visionnage de sa vidéo hier et j'ai trouvé un François Bayrou qui essaye de se justifier. Qui prend le temps d'expliquer. Très maladroit, très maladroit déjà parce qu'en fait il commence par une culpabilisation des Français. Il leur dit que les Français vont encore devoir faire des sacrifices. Moi je l'invite à venir sur ma circonscription et il se rendra compte en Gironde que les Français font déjà des sacrifices.
Ensuite j'ai trouvé qu'il s'était embourbé dans une infantilisation des Français où il leur fait quand même la leçon sur ce que c'est le surendettement. Et bien peut-être que lui il ne le sait pas mais je pense que les Français savent particulièrement ce que c'est que le surendettement. Et ensuite j'ai trouvé aussi qu'il versait dans la dramatisation où il explique que ça va être pire demain. Et puis même il s'est transformé en Madame Irma puisqu'il dit que demain, quels que soient les gouvernements, ça sera les mêmes problèmes.
La situation n'est pas grave ? Vous dites dramatisation. La situation sur le front de la dette n'est pas grave ?
Ah si, elle est dramatique. Mais ce que je veux dire c'est qu'il existe des alternatives. Nous avec Marine Le Pen et Jordan Bardella nous proposons des alternatives. On va y revenir. Les risques d'économie qu'il n'a pas mentionnées.
On va y revenir juste. On va l'écouter parce qu'il dit ça aussi le Premier ministre.
Ça n'est pas une épreuve de force entre le pouvoir, les pouvoirs et les Français. Nous sommes là parce que c'est la situation à laquelle les Français doivent faire face et nous sommes là pour le faire avec eux. Ma conviction c'est qu'on ne peut réaliser des changements aussi importants, aussi profonds et aussi bienfaisants. On ne peut pas le faire sans les Français. Jamais sans les Français.
Ce n'est pas contre les Français. Ce n'est pas une épreuve de force, dit-il. Vous en revanche, vous voulez en faire une épreuve de force ?
Ah ben non.
De ce budget ?
Non, non. Ce n'est pas du tout notre état d'esprit. Mais là en l'occurrence, M. Bayrou s'est transformé en commentateur de son échec. Il dit que la France a un déséquilibre budgétaire depuis 50 ans. Je voudrais juste lui rappeler en fait que c'est son bilan. François Bayrou a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007. Il a soutenu François Hollande en 2012 et il a soutenu Emmanuel Macron en 2017. Donc en fait, François Bayrou est comptable de cette situation. Là où je trouve que François Bayrou joue à un jeu dangereux, c'est que j'ai quand même l'impression qu'avec cette méthode, il veut en fait diviser les Français, voire même opposer les parlementaires aux Français.
Pourquoi opposer les parlementaires aux Français ? La question du budget de la France, de la contribution nette de la France au budget de l'Union Européenne. Rien contre la fraude, rien contre les énergies intermittentes. Enfin, je veux dire, voilà, c'est...
Vous réclamez une baisse du budget de l'État, une baisse nette des dépenses de l'État. Si on regarde le détail des enveloppes qui a été dévoilée hier soir par nos confrères du Monde, en fait, ça baisse partout, sauf pour les dépenses de défense. Mais sinon, toutes les dépenses ministérielles vont baisser. Il y a des économies partout, aucun ministère n'y échappe, même sur l'aide au développement, puisque j'ai vu que c'était l'un de vos chevaux de bataille, la baisse de l'aide publique au développement. C'est l'une des enveloppes qui perdrait le plus. Donc là, il répond à certaines de vos exigences.
Mais de manière tout à fait insuffisante. Vous savez, il y a quelques semaines, à l'Assemblée nationale, on a voté une loi dite de simplification économique. Bon, au final, elle ne va pas du tout avoir les effets escomptés. Mais à ce moment-là, M. Bayrou aurait pu faire la démonstration de sa réelle volonté de diminuer les dépenses injustes de l'État. Voyons, on a proposé avec mes collègues une centaine d'amendements pour supprimer un certain nombre d'agences d'État. Ces agences d'État qui coûtent très cher et qui servent la plupart du temps à recaser les copains, les ministres remerciés ou les députés battus.
Eh bien, systématiquement, les macronistes se sont alliés à la gauche pour rejeter nos amendements de suppression. Donc, vraiment, je pense que M. Bayrou s'aventure dans un exercice hasardeux et qu'il essaye en fait de peut-être de relever sa cote de popularité. Parce que c'est quand même le Premier ministre de l'impopularité avec plus de 82% des Français qui ne lui font pas confiance et ils ont bien raison de ne pas lui faire confiance.
Sur le fond, vous gardez la porte ouverte à la négociation puisque là, il laisse deux mois à la négociation. François Bayrou, vous vous dites déjà que c'est la censure assurée à l'automne.
Non, non, parce que nous sommes des élus responsables et nous espérons qu'ils nous écoutent. Mais bon, ça fait quand même trois ans qu'ils ne nous écoutent pas. Tous les ans, nous participons aux soi-disant négociations par la voix notamment de notre collègue Jean-Philippe Tanguy. Et jamais ils ne retiennent les mesures que nous proposons, qui sont pourtant des mesures de bon sens et qui sont plébiscitées par les Français. Vous savez, Marine Le Pen a adressé il y a quelques jours une lettre à François Bayrou pour lui dire que les arbitrages qu'il avait fait étaient injustes et inutiles.
Et donc elle a proposé un certain nombre de mesures, notamment en matière de réindustrialisation, de refondation de l'action publique, de manière à revaloriser le travail des Français, à simplifier la vie économique des entreprises pour leur redonner de la compétitivité et surtout de faire la chasse aux mauvaises dépenses, comme je vous l'ai dit, sur l'immigration, sur l'Union Européenne, sur les agences de l'État, etc.
Mais sur l'immigration, le coût de l'immigration, vous savez bien qu'il faut mettre cela en regard de ce que les immigrés rapportent aussi à l'économie. C'est un calcul très compliqué. L'OCDE, en 2021, avait parlé d'un coût quasi nul, en fait, pour l'économie française. Qu'est-ce que vous voulez réduire sur l'immigration ? C'est par exemple l'AME, l'aide médicale d'État, c'est un milliard à peu près.
Oui, alors ça serait en effet un bon début.
Mais ça évite d'importer plein de maladies sur le territoire national. Ça évite tout un nombre de coûts différents, toute une série d'autres coûts sociaux et sanitaires différents.
Ce que nous voulons, nous, en ce qui concerne l'aide médicale d'urgence, c'est-à-dire l'aide médicale d'État, c'est-à-dire la gratuité de tous les soins au bénéfice des clandestins, c'est le transformer en aide médicale d'urgence, justement, parce qu'évidemment, nous n'allons pas laisser les personnes gravement malades voir leur santé se détériorer. Nous souhaitons aussi réserver les aides sociales non contributives aux Français et aux étrangers qui justifient d'un emploi et d'une situation régulière sur le territoire national. Mais voyez quand même qu'il y a 50% des étrangers extra-européens en âge de travailler qui ne travaillent pas. Ça représente un coût.
Le contention administratif, c'est 50% qui est consacré à la question des étrangers. Donc là aussi, ça représente un coût avec notamment l'aide juridictionnelle. Sur les déboutés du droit d'asile, 96% restent en France. L'aide alimentaire, une grande partie, est accordée aussi aux clandestins. Donc quasiment le milliard d'euros qui est attribué chaque année à toutes les associations de soutien aux migrants et même aux clandestins. Donc voyez, tout ça représente un coût qui n'est non négligeable. Et alors qu'on demande aux Français de faire toujours plus d'efforts, eh bien oui, nous nous considérons que les Français doivent en priorité bénéficier de la solidarité nationale.
Censurer cet automne, est-ce que ce n'est pas prendre un risque énorme pour le pays alors que les marchés nous attendent au tournant, qu'on n'est pas à l'abri d'une crise de la dette, d'un scénario à la grecque ? Est-ce que vous prendriez cette responsabilité immense du saut dans l'inconnu ?
Alors la responsabilité, elle repose sur les épaules du gouvernement qui a le choix de faire le choix précisément responsable de nous écouter parce que nous sommes le premier parti de France. Je le rappelle, avec 11 millions d'électeurs, nous sommes le premier groupe parlementaire. Et donc dans une démocratie saine, il est normal que le gouvernement écoute le premier parti de France. Donc l'instabilité, écoutez, moi ce que je vois là, en fait, c'est un immobilisme qui est vecteur d'insécurité. Parce qu'en fait, le monde évolue, la France stagne. Donc en fait, l'instabilité, elle est générée par cette couardise, par cette lâcheté du gouvernement.
Vous savez, il y a une entreprise qui met la clé sous la porte toutes les 8 minutes en France. Et c'est ça, moi, en fait, que j'appelle l'instabilité économique.
Si censure il y a, il faudrait une dissolution ?
Oui, nous la souhaitons. Nous la souhaitons parce que c'est précisément le seul moyen de redonner un cap au pays, de redonner une vision d'espoir aux Français et surtout de mettre un terme à la politique néfaste qui est menée depuis des décennies. Donc cette rupture avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous ambitionnons de l'incarner. Je le dis aux électeurs, nous serons présents à chaque élection. Une dissolution via les élections législatives dès cet automne, comme nous le souhaitons. Et sinon, les Français pourront s'exprimer et redonner davantage de force au Rassemblement National dès le mois de mars prochain avec les élections municipales.
Ça promet une rentrée politique et sociale chaude. Est-ce que vous allez soutenir les mobilisations ? Il y a notamment cet appel qui circule sur les réseaux sociaux à bloquer le pays le 10 septembre. À partir du 10 septembre, est-ce que c'est une initiative que le Rassemblement National soutient ?
Nous, par principe, on ne s'improvise pas, comment dire, instigateurs de manifestations. Par contre, oui, moi je comprends la détresse de ces Français.
Vous savez, moi, dans ma circonscription en Gironde, je reçois chaque semaine des personnes qui viennent me voir parce qu'elles n'arrivent plus à joindre les deux bouts, parce que la fin du mois est difficile, parce qu'elles cherchent un logement social et ce sont des personnes qui travaillent, vous voyez, ce ne sont pas des assistés, ce sont des gens courageux, des agriculteurs, des ouvriers, des artisans, des commerçants et qui me disent, Edwige, on n'en peut plus parce que le coût de l'électricité est trop cher, parce que le gouvernement ne souhaite pas mettre en œuvre les bonnes mesures ainsi que Marine Le Pen les propose, parce que le gouvernement ne fait rien, en fait, pour relancer l'activité économique.
Et donc, forcément, moi, je comprends ces Français qui, exaspérés, ne trouvent pas d'autre solution que de repartir dans la rue pour manifester leur désarroi, comme ça a été le cas au moment des Gilets jaunes. Écoutez, en tout cas, elle serait le fruit de l'incompétence de ce gouvernement et même, je vais vous dire, de sa cécité, de sa surdité et de son aveuglement.
Tout ça dans un contexte économique mondial tendu. Les droits de douane de Trump sur les exportations entrent en vigueur demain. Ce sera donc finalement 15%. Vous avez parlé de réédition européenne, de fiasco politique. Vous auriez préféré, quoi, un bras de fer avec peut-être des taxes à 20, 30, 50% ?
En tout cas, ce que je constate, c'est que l'Union européenne est vraiment devenue un impolitique. Et oui, il s'agit là d'une humiliation de l'Union européenne, de Mme von der Leyen et de son petit télégraphiste qui s'appelle Emmanuel Macron. Je veux dire, là, l'accord qui est imposé par Donald Trump a quand même été qualifié de meilleur compromis possible par le ministre de l'économie. Enfin, je veux dire, c'est vraiment, oui, c'est une soumission absolue aux Etats-Unis. Et en fait, cet accord, c'est vraiment 100% gagnant pour les Etats-Unis. Mais il n'est pas le seul à dire ça.
Ailleurs, en Europe, il y a des dirigeants qui sont proches de votre famille politique, votre alliée italienne, Georgia Meloni, qui, elle, est plutôt satisfaite. Elle dit qu'une escalade aurait eu des conséquences potentiellement dévastatrices. Voilà ce qu'elle déclare la première ministre italienne.
Oui, mais Mme Meloni n'est pas dans le même contexte que nous en France. Moi, ce que je vois, c'est qu'avec cet accord qui a fait clairement plier, ou Donald Trump a fait plier l'Union européenne et la France, eh bien, c'est l'Allemagne qui va sortir gagnante, puisque, en fait, les taxes sur les voitures allemandes vont baisser. Alors qu'en parallèle, l'Union européenne va être obligée d'acheter des produits énergétiques aux Etats-Unis. Les importations agricoles vont aussi augmenter au détriment de l'agriculture française.
Et puis, l'Union européenne va devoir investir massivement aux Etats-Unis, alors qu'au regard de la situation économique compliquée de l'Union européenne, et particulièrement de la France, eh bien, moi, j'aurais préféré que cet argent européen et cet argent français restent en France. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire maintenant ? Il faut reprendre le contrôle. Et ça passe notamment par la censure de Mme von der Leyen. C'est ce que nous avons voté avec mes collègues du groupe au Parlement européen, mené par Jordan Bardella. Je regrette malheureusement que la gauche ne se soit pas joint à nous pour faire tomber Mme von der Leyen.
Mais concernant Donald Trump, vous êtes à l'aise au RN avec ce Trump que vous avez parfois, que vous érigez en modèle, mais qui nous voit comme des ennemis commerciaux, qui menacent notre économie ?
Non, alors, juste pour remettre l'église au milieu du village, nous n'avons jamais cité Donald Trump comme modèle applicable à la France. Nous avons simplement constaté que Donald Trump, en tant que président des Etats-Unis, défend les intérêts des Etats-Unis. C'est ce qu'en effet, il serait souhaitable qu'Emmanuel Macron fasse, c'est-à-dire qu'il défende les intérêts de la France, à la fois face aux Etats-Unis, mais aussi face à Mme von der Leyen.
Si l'on revient en France, c'est à l'actualité très chaude, si je puis dire, le plus gros incendie de l'été, donc en cours dans l'eau, d'11 000 hectares brûlés, un mort, un disparu à ce stade. On a la sécheresse qui sévit dans une bonne partie du pays. Est-ce que c'est bien le moment, vu l'urgence climatique, de revenir sur des engagements environnementaux, d'imposer par exemple, comme vous le souhaitez, un moratoire sur les énergies renouvelables ?
C'est que les énergies renouvelables ne sont pas tellement renouvelables, elles sont surtout intermittentes, pas pilotables, elles n'assurent pas notre indépendance énergétique. Et nous, nous le disons, la seule énergie fiable, pilotable, peu carbonée, et donc finalement renouvelable et verte, c'est le nucléaire. Et c'est pour cette raison que nous nous opposons à Emmanuel Macron, qui, au regard de ses divers revirements, a affaibli la France d'un point de vue énergétique. Sur la question des incendies, je voudrais, si vous me permettez, adresser tout mon soutien aux pompiers, qui réalisent un travail remarquable.
Je voudrais aussi rappeler que la plupart des incendies ont une cause humaine, donc il y a un travail de sensibilisation à faire, mais il y a aussi un travail de répression à organiser, puisque malheureusement les pyromanes ne sont pas suffisamment sanctionnés. Et aussi, je tiens à le dire, parce que la Gironde, mon département, a été frappée par des incendies historiques il y a quelques années, et ce qui avait été mis en avant, c'était l'insuffisance de la flotte française, avec des investissements qui avaient été promis par M. Darmanin à l'époque, qui n'ont malheureusement pas été concrétisés.
C'est ce qui fait aussi que les pompiers ont de plus en plus de mal à lutter contre ces incendies dévastateurs.
Les pyromanes extrêmes, ils se multiplient, ils sont de plus en plus extrêmes, parce qu'il y a un contexte climatique aussi, vous ne le niez pas ?
Absolument, je ne le nie pas. Je dis qu'il y a plusieurs causes à ces incendies, et que bien évidemment la question climatique n'est pas à écarter. Mais c'est aussi pour ça qu'il faut renforcer notre flotte en matière de Canadair, par exemple, ce qui n'est pas le cas.
Et en matière environnementale, cette autre actualité demain, le Conseil constitutionnel qui doit rendre son avis sur la loi Duplomb, qui, je le rappelle, réautorise un insecticide qui avait été interdit. Est-ce que vous craignez la censure de cette loi ?
Oui, je la crains, parce que c'est une loi qui n'est pas parfaite. Évidemment, ce n'est pas avec cette loi qu'on va pouvoir soutenir réellement l'agriculture, mais c'est toutefois une loi qui a été réclamée par une grande partie des agriculteurs qui sont en grande difficulté en raison de toutes les politiques qui ont été menées par les macronistes et par l'Union européenne. Sur la question du néonicotinoïde, l'acétamipride. Moi, je voudrais dire à tous ceux qui ont instigué ces influenceurs... Deux millions de personnes qui ont signé la pétition, vous en faites quoi ? Cette pétition, en fait, qui a été lancée par des influenceurs. Moi, ce que je veux dire... C'est-à-dire des influenceurs ?
Oui, les gens qui ont lancé cette pétition sont des influenceurs, ce sont des gens qui, à mon avis, n'ont pas souvent rencontré des agriculteurs ou peut-être qui pensent, comme Sandrine Rousseau, qu'ils n'en ont rien à péter de la rentabilité des exploitations agricoles. Moi, je ne parle pas de rentabilité des exploitations agricoles, je parle de souveraineté alimentaire et de notre indépendance.
Mais les gens qui l'assignent la pétition, ils l'assignent en toute honnêteté, en toute inquiétude.
Mais ça, je ne le remets absolument pas en cause. C'est pour ça que moi, je demande plusieurs choses. La première chose, c'est que le gouvernement réalise une enquête fiable, française et sûre, sur la toxicité ou non de l'acétamipride. Et aussi, je voudrais juste poser une question et appeler ces personnes à la cohérence.
Il y a un relatif consensus scientifique sur la toxicité de l'acétamipride sur les abeilles ?
Non, ce n'est pas vrai. Ce sont en fait des pistes. Mais c'est pour ça que, clarifions le doute, le gouvernement peut lancer une étude avec des scientifiques français pour qu'on ait vraiment la réponse. Parce qu'en fait, il ne faut pas faire France.
Il y a quelques jours sur France Inter, Philippe Grancola, CNRS, nous a dit qu'il y a un consensus scientifique sur la toxicité de cet acétamipride.
Je suis désolée, il n'y a pas de consensus scientifique sur l'acétamipride. Et c'est pour ça que j'invite le gouvernement à lancer une étude claire. Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, il faut juste faire preuve de cohérence. On ne peut pas dire, on va interdire l'acétamipride en France, alors qu'il est utilisé non seulement partout au sein de l'Union Européenne, mais qu'en plus, les importations de produits cultivés avec ce produit ne sont pas interdites en France. Donc en fait, moi, j'appelle juste à la cohérence des uns et des autres. Et en fait, si ce produit est toxique, si sa toxicité est démontrée, ok. Mais dans ce cas-là, on protège les Français et l'ensemble des Français.
C'est-à-dire qu'on n'autorise pas les importations des produits cultivés avec l'acétamipride. Et on l'interdit, on harmonise la législation européenne. Parce que là, en fait, les agriculteurs français sont une fois de plus les dindons de la farce. Et il ne faut pas s'étonner que malheureusement, il y ait une sur-mortalité en raison des suicides dans cette profession qui souffre et à laquelle j'adresse tout mon soutien.
On va revenir sur l'agenda de cet automne et le budget avec la question de Christophe qui nous attend au Standard. Bonjour.
Bonjour.
C'est à vous.
Vous m'entendez bien ?
On vous entend.
Parfait. Oui, je posais la question par rapport au RN. C'est marrant parce qu'il parle toujours d'essayer de faire des économies sur les plus pauvres et puis sur l'immigration. Mais il ne parle pas d'aller chercher l'argent qui nous a été volé par ces milliardaires déjà depuis quelques décennies. C'est bizarre que là-dessus, vous êtes très, très, très, très silencieux. Les 1 000 milliards de déficits supplémentaires, c'est surtout des cadeaux fiscaux à ces milliardaires. Pourquoi vous n'en parlez jamais ?
Merci Christophe. Edwige Diaz vous répond.
Oui, je réponds à Christophe dont la question est quand même assez orientée. Donc, je vais quand même répondre pour les autres auditeurs. Dire que Christophe ferait bien d'écouter les débats à l'Assemblée nationale. Et ainsi, il se serait rendu compte que nous, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous avons proposé à plusieurs reprises la taxation des surprofits et des super dividendes sur notre solidarité à l'égard des plus pauvres. Elle est évidemment entière. Je le dis, nous souhaitons qu'il y ait que les Français puissent bénéficier en priorité aux logements sociaux.
Nous avons souhaité revaloriser les salaires en proposant un deal gagnant-gagnant avec les chefs d'entreprise de manière à ce qu'ils puissent augmenter les salaires de 10% dans la limite de trois fois le SMIC avec une exonération des charges. Donc, voilà comment on lutte concrètement contre la paupérisation des plus modestes.
Il y a une contribution de solidarité prévue par François Bayrou.
Oui, mais qui va s'appliquer justement sur les entreprises. C'est à vous parler ?
Sur les plus hauts revenus qui est prévue dans son plan budgétaire.
Alors, il faut voir à partir de quel montant il met les plus revenus. Parce que moi, je me souviens d'un François Hollande qui estimait qu'on était riches à partir de 4 000 euros par mois. Je n'ai pas l'impression qu'on soit riches à partir de 4 000 euros par mois.
Jordan Bardella, est-ce qu'il passe son été à se préparer à 2027 pour remplacer Marine Le Pen qui pour l'instant ne peut pas se présenter, Edwige Diaz ?
Alors déjà, je voudrais dire qu'il n'y a aucune concurrence entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Que les deux travaillent avec une grande confiance, une grande complémentarité et même avec un lien d'affection. Ce que je peux vous dire, c'est que Jordan Bardella est un représentant politique hors pair, remarquable. Et que cet été, il consacre une partie de son temps à l'écriture de son deuxième livre qui fait suite à son premier ouvrage qui a été un succès remarquable qui s'est vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Et j'invite vos auditeurs à lire ce livre qui est vraiment emblématique de sa sincérité, de son courage politique.
Et qui fait la démonstration qu'il y a une nouvelle génération en France qui ne se résout pas à la fatalité.
C'est qu'on connaîtra le 8 septembre les dates du procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires. Est-ce que la version que vous tenez officiellement, Marine Le Pen, candidate, quoi qu'il arrive, cette version, elle peut tenir jusqu'à quand ? Elle ira vraiment au bout du tout dernier recours, quitte à prendre un gros risque, plus on s'approchera de l'échéance de 2027 ?
Déjà, ce que je veux dire, c'est que l'écurie Rassemblement National prépare son candidat. Que l'ensemble des cadres du parti souhaitent que Marine Le Pen soit candidate à l'élection présidentielle. Et donc oui, Marine Le Pen, elle l'a dit, très courageusement, elle utilisera tous les recours, parce que nous sommes dans un état de droit, qui lui permettront de faire reconnaître son innocence. Et donc oui, Marine Le Pen candidate à toutes les élections, même s'il y a une dissolution de l'Assemblée Nationale, tout simplement pour qu'elle puisse mettre en œuvre son référé devant la Cour européenne des droits de l'homme, qui lui a été refusé il y a quelques semaines, précisément pour ce motif.
Et donc si elle est empêchée de se présenter, pour l'instant, je vous le rappelle, c'est en raison de sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires. Mais votre parti n'en a pas fini avec la justice, puisqu'il est aussi sous le coup de plusieurs enquêtes à Paris et à Marseille pour financement illégal des campagnes présidentielles et législatives de 2022, des européennes de 2024, des municipales de 2020. Là, la justice soupçonne un recours abusif à des prêts de particuliers pour financer les campagnes. En fait, toutes vos campagnes récentes sont suspectes.
Ce qui est suspect, c'est plutôt l'acharnement judiciaire dont nous sommes victimes. D'ailleurs, je pense que ça ne dupe personne. Évidemment que le système est en train de s'élever contre le premier parti de France. Pourquoi ? Parce que nous sommes plus que jamais aux portes du pouvoir. Moi, je voudrais adresser ma reconnaissance à l'égard de ces millions de Français qui nous font confiance et à l'égard de ces milliers de nouveaux adhérents que nous avons accueillis ces dernières semaines. Donc voilà, tous ces Français qui nous font confiance.
Et je voudrais relayer les propos de Marine Le Pen à l'occasion de son meeting le 1er mai à Narbonne, où elle a indiqué qu'ils ont essayé d'empêcher Jordan Bardella d'arriver à Matignon. Non, ils essayent de nous empêcher de concourir. C'est le juge, le pouvoir judiciaire.
Quand on aspire à gouverner, est-ce que c'est bien raisonnable de s'attaquer justement au pouvoir judiciaire, un pilier de la République ? Juste, je finis mon propos.
L'année dernière, le système a essayé de nous empêcher d'arriver à Matignon. Là, ils sont en train d'essayer de nous empêcher de concourir, voire de remporter la prochaine élection présidentielle. Au mois de mars prochain, il y aura les élections municipales. Et là, personne ne pourra nous empêcher de remporter ces nombreuses municipalités. Donc je voudrais dire aux Français patriotes, engagez-vous, c'est le moment, nous avons besoin de vous. Et sur ce que vous semblez nous reprocher, nous, nous n'attaquons pas l'institution judiciaire. Évidemment, nous sommes très respectueux de l'état de droit. Il y a l'immense majorité des juges, des magistrats qui font un travail en toute impartialité.
Mais oui, il faut le dire, il y a une partie minoritaire de la justice qui fait de la politique. Et ce sont ceux-là que nous combattons. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ils nous combattent. Voilà, si vous voulez, ils nous mettent une gifle, on ne va pas tendre l'autre jour.
Merci Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement National, député de Gironde, invité de France Inter ce matin. Bonne journée.
Edwige Diaz