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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 4 mai 2024 16 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileLogementEurope & internationalInstitutions & élections

Mobilisation propalestinienne à Sciences Po, élections européennes, désunion de la gauche... le "8h30 franceinfo" de Guillaume Lacroix

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Ce sont des images qui vous choquent vous ?

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Vous avez vraiment l'impression qu'ils choisissent leur camp ?

  • 1:18RelanceRéponse directe

    Quand vous parlez de l'extrême gauche, vous parlez de récupération de la part de la France insoumise ?

  • 1:36OuverteRéponse directe

    Qui est à gauche alors pour recevoir cette colère des étudiants ?

  • 2:18RelanceRéponse directe

    Donc c'est la forme, c'est la forme qui vous dérange, cette mobilisation du blocage ?

  • 2:40RelanceRéponse directe

    Mais j'ai l'impression que vous la jugez pas légitime, cette colère malgré tout ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « Elle ne se mobilise pas de la même manière pour expliquer le 8 octobre que ce qui s'est passé la veille est absolument insupportable. »
  • 0:56Invité politiqueFait
    « Elle ne se mobilise finalement que sur injonction de l'extrême gauche aujourd'hui, et c'est une minorité, et je le regrette. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « Parce que quand il s'agit de vie humaine, il n'y a pas à choisir de camp. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Je suis pour la solution, comme tout le monde et comme pour beaucoup des responsables politiques, d'une solution à deux états. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « Le logement social, c'est un logement qui est octroyé avec une aide publique et qui permet à ceux qui rentrent dans les critères de revenus, de patrimoine, de pouvoir en bénéficier. »
  • 4:45Invité politiqueFait
    « On a eu, et c'était des grandes lois de gauche, des lois qui ont permis de donner un seuil, un niveau de logement social obligatoire dans les communes. »
  • 5:01Invité politiquePromesse
    « Nous, ce que nous proposons, par exemple, c'est d'aller sur un statut de résident des habitants des métropoles. »
  • 7:13Invité politiqueFait
    « La dernière fois, c'était il y a 30 ans. C'était un autre personnage, c'était Bernard Tapie. »
  • 7:21Invité politiqueFait
    « Une liste qui rassemble des gens ancrés dans les territoires, les régionalistes, qui rassemble des sociodémocrates venus à la fois pour certains revenus de la Macronie de gauche, pour d'autres qui étaient dans le mouvement de Bernard Cazeneuve avec nous. »
  • 8:18Invité politiqueFait
    « Cette gauche, elle ne parle plus, elle ne va plus dans la France des communes où les panneaux communaux sont retournés. »
  • 8:37Invité politiqueChiffre
    « il arrive un moment où quand, dans ce pays, on nous annonce des chiffres de près de 40% d'une tentation d'un vote de nationalisme et de repli. »
  • 8:45Invité politiqueFait
    « qui n'est rien d'autre qu'un trouillard. Qui est quelqu'un qui passe ses journées à vous expliquer que dès qu'il a peur d'un truc, on ferme les volets à la porte et on se planque sous le lit. »
  • 10:21Invité politiqueFait
    « En parlant de vérité, en parlant du statut du résident de métropole dont je vous parlais, en parlant par exemple du fait qu'on est pro-européens, et donc on est des Européens exigeants, on explique à nos concitoyens qu'il faut absolument être pro-européens, mais on ne leur dit pas pourquoi. »
  • 10:40Invité politiqueFait
    « On explique à nos concitoyens qu'il faut être pro-européens pour la première puissance mondiale, qu'on veut faire même une armée européenne, et j'ai entendu. »
  • 12:20Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire qu'on a su faire des avions et des fusées en permettant de déroger aux règles de la concurrence dans l'Union Européenne. »
  • 13:01Invité politiqueFait
    « Pour nous, l'urgence, c'est qu'avec le risque d'élection de Trump aux Etats-Unis, il y ait un pilier européen au sein de l'OTAN. »

Temps de parole

  • Guillaume Lacroix77 %
  • Intervenant14 %
  • Présentateur10 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Bonjour Guillaume Lacroix, on va revenir avec vous dans un instant sur votre engagement dans les élections européennes, mais revenons d'abord sur l'actualité de cette semaine avec ces mouvements à Sciences Po Paris, notamment des militants pro-palestiniens délogés par les forces de l'ordre, des CRS qui pénètrent dans une université, un lieu d'études. Ce sont des images qui vous choquent vous ?

0:22
Guillaume Lacroix

Je crois qu'aujourd'hui il faut retrouver de l'apaisement dans le pays, vraiment et urgentement. Je crois que la jeunesse s'enflamme pour des causes, c'est un phénomène connu, normal. Je crois qu'elle s'enflamme pour le fait qu'elle demande de la paix, elle demande que des civils ne meurent pas dans des conflits armés, et de ce point de vue, j'allais dire, on est presque dans la quintessence de ce qu'est la jeunesse. Le sujet c'est qu'elle ne se mobilise pas de la même manière pour expliquer le 8 octobre que ce qui s'est passé la veille est absolument insupportable.

Elle ne se mobilise pas de la même manière pour dire que ses camarades qui vivent, par exemple, les pressions antisémites, que c'est insupportable. Elle ne se mobilise finalement que sur injonction de l'extrême gauche aujourd'hui, et c'est une minorité, et je le regrette. Parce que quand il s'agit de vie humaine, il n'y a pas à choisir de camp. Quand il s'agit de vie humaine, il faut être toujours du côté de l'humain, toujours du côté des victimes innocentes et civiles, et ne pas trier ces combats.

1:13
Présentateur

Vous avez vraiment l'impression qu'ils choisissent leur camp ?

1:15
Guillaume Lacroix

Je ne les ai pas entendus aussi fortement se mobiliser le 8 octobre, et je le regrette.

1:18
Intervenant

Quand vous parlez de l'extrême gauche, vous parlez de récupération de la part de la France insoumise, de l'éputé de la France insoumise qu'on a pu voir avec ses étudiants ?

1:26
Guillaume Lacroix

Qui, comme d'habitude, quand elle est à la peine dans les élections, considère que plus elle clive, plus elle veut fracturer la France, plus elle pense qu'elle va pouvoir permettre de solidifier un électorat. C'est une erreur.

1:36
Intervenant

Qui est à gauche alors pour recevoir cette colère des étudiants ?

1:41
Guillaume Lacroix

Mais moi, je crois qu'à gauche, il faut une réponse saine, claire, cohérente, une réponse de gauche républicaine, laïque, universaliste, une réponse de gens qui sont des gens sérieux, et qui disent que la colère face aux morts, aux enfants qui sont morts, que ce soit à Gaza ou qui sont morts dans les kibbutz au lendemain du 7 octobre, c'est insupportable par principe. Mais il faut replacer les choses dans leur contexte, et surtout dire qu'aujourd'hui, la paix ne se fera pas en choisissant un camp. Non, je suis pour la solution, comme tout le monde et comme pour beaucoup des responsables politiques, d'une solution à deux états.

Il faut trouver la solution pour faire deux états entre Israël et Palestine. On ne va pas choisir entre les morts.

2:18
Intervenant

Donc c'est la forme, c'est la forme qui vous dérange, cette mobilisation du blocage ?

2:23
Guillaume Lacroix

C'est comme toujours une minorité qui ne parle que d'un sujet, que d'un angle du sujet, qui par ailleurs fait semblant de se réfugier derrière le droit international parce que c'est bien pratique. C'est la même dialectique qu'a eu l'extrême gauche quand elle refusait d'employer le mot terroriste. Elle disait que c'est au nom du droit international. Moi, je crois qu'au nom des droits humains, on dit les choses, on nomme les choses.

2:40
Présentateur

Mais j'ai l'impression que vous la jugez pas légitime, cette colère malgré tout ?

2:44
Guillaume Lacroix

Non, je considère que toutes les colères, quand elles ont vocation à être dans la défense de l'humain, sont légitimes. Je considère que par contre, on ne trie pas entre les humains.

2:53
Intervenant

Certains pensent justement que ça se fait à la fac, qu'à la fac, qu'on construit la conflictualité, qu'on construit ses opinions aussi. Donc ce mouvement n'est pas légitime.

3:04
Guillaume Lacroix

Je ne vous dis pas qu'il n'est pas légitime, je vous dis qu'il est partial. Et que mon sujet à moi, c'est de considérer que le pays, la France, n'a pas à se fracturer, à choisir entre des femmes et des hommes qui tombent et qui meurent. Qu'il faut dire avec la même force que le terrorisme du Hamas est insupportable, que c'était le plus grand crime antisémite, comme cela a été dit, de ce siècle. Dire que la réponse aujourd'hui est disproportionnée, que oui, il faut trouver la paix, que les civils qui meurent dans les guerres ne sont jamais acceptables. Et pour autant, moi, je ne prends pas le problème que sous un angle.

Je considère que le rôle de la France, et j'allais vous dire, si seulement le rôle de l'Europe, si elle avait une diplomatie, serait de peser pour la paix dans cette région comme dans d'autres.

3:44
Intervenant

Là, il y a le retour au calme, du coup, devant les facs. Mais la colère de ces étudiants est toujours là. C'est quoi la suite, selon vous ? Est-ce qu'il faut mettre tous ces jeunes autour de la table ? Ces jeunes des deux côtés, des deux camps ? Est-ce qu'il faut qu'ils discutent ? Comment vous envisagez la suite ?

3:59
Guillaume Lacroix

Je ne crois pas qu'il faille dire qu'il y a des jeunes des deux camps. Il y a une grande majorité de la jeunesse, aujourd'hui, qui n'est pas partielle. Il y a une grande majorité de la jeunesse dans ces écoles qui ne manifeste pas que pour un angle du sujet. Il y a une grande majorité de cette jeunesse qui a compris que dans ce genre de conflit, on est du côté de l'intérêt général et pas du côté d'un camp.

4:16
Présentateur

Voilà pour le sujet Sciences Po qu'on a évoqué avec vous. On aimerait également vous parler de ce projet de loi qui crispe. Déjà, le gouvernement veut remanier l'accès aux logements sociaux pour permettre à plus de Français de se loger à un prix raisonnable. Bonne ou mauvaise idée pour vous ?

4:31
Guillaume Lacroix

J'allais dire, le logement social, c'est un logement qui est octroyé avec une aide publique et qui permet à ceux qui rentrent dans les critères de revenus, de patrimoine, de pouvoir en bénéficier. Et c'est très bien, on en manque. On en manque à tel point, d'ailleurs, qu'on a eu, et c'était des grandes lois de gauche, des lois qui ont permis de donner un seuil, un niveau de logement social obligatoire dans les communes. On en a besoin, et surtout au moment de la crise du logement que nous traversons, au moment de la tension aujourd'hui sur l'immobilier, c'est effectivement extrêmement important.

Nous, ce que nous proposons, par exemple, c'est d'aller sur un statut de résident des habitants des métropoles. C'est incroyable qu'aujourd'hui, quand vous travaillez dans les métropoles, vous ne puissiez pas y vivre. Mais ça, ce n'est pas lié qu'au fait qu'il manque du logement social. C'est lié au fait qu'il y a une crise du logement. Et que s'il y a aujourd'hui une problématique d'injustice sociale, c'est aussi celle-là. C'est-à-dire qu'il n'est pas normal qu'aujourd'hui, vous travaillez dans une métropole et que vous soyez obligés de faire deux heures de transport pour venir y vivre.

Un statut de résident qui vous donne le droit de priorité pour acheter votre domicile principal, ça, c'est une mesure audacieuse et nouvelle.

5:29
Intervenant

Et sur le fond de ce projet de loi, mettre fin plus facilement au bail des locataires les plus aisés ou leur faire payer un surloyer, vous ne pensez pas que ça peut permettre justement une meilleure répartition de ces logements ?

5:39
Guillaume Lacroix

Tout ce qui concourt à la justice sociale, à l'équité sociale, va dans le bon sens. Simplement, moi, quand j'entends le logement social, ce n'est pas à vie, je suis d'accord, je peux l'entendre, j'allais dire intellectuellement, mais il faudrait pouvoir dire aussi qu'aujourd'hui, malheureusement, pour beaucoup de nos concitoyens, la pauvreté et la précarité, c'est aussi à vie.

5:55
Intervenant

Vous ne pensez pas que aussi assouplir les quotas comme veut le faire le gouvernement, les quotas de logements sociaux dans les villes, la loi SRU, dont on parle beaucoup, peut aider aussi certaines communes à rattraper leur retard ?

6:07
Guillaume Lacroix

Si la loi SRU était respectée partout, les choses iraient peut-être mieux.

6:11
Présentateur

La fondation Abbé Pierre a dénoncé une chasse aux pauvres, vous en pensez quoi ?

6:14
Guillaume Lacroix

Ce que je veux dire, quand on dit le logement social, ce n'est pas pour la vie, il faudrait pouvoir dire, enfin, il y a quand même des gens pour qui la pauvreté, la précarité, c'est pour la vie. Et ça, c'est un vrai sujet. Après que dans le logement social, vous ayez des gens qui ne sont plus éligibles ou qui pourraient vivre autrement, c'est certainement possible. La question étant la proportion. Est-ce qu'aujourd'hui, on ne parle que de ça ? Et pourquoi pas le régler ? Ce n'est pas en soi le problème. Ou est-ce qu'on parle aussi du fait qu'on manque, dans un pays où la pauvreté et la précarité augmentent, qu'on manque d'une offre de logement social adaptée ?

6:41
Présentateur

Guillaume Lacroix, président du Parti Radical de Gauche et tête de liste aux européennes. France Info, Victoria Koussa, Benjamin Fontaine.

6:52
Intervenant

On est de retour sur France Info avec Guillaume Lacroix, président du Parti Radical de Gauche. Vous me dites, si je me trompe, mais c'est la première fois de son histoire que le PRG, votre parti, dépose une liste aux européennes. Vous êtes tête de liste. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi se rajouter à toutes les autres listes de gauche ?

7:11
Guillaume Lacroix

Alors d'abord, ce n'est pas la première fois. La dernière fois, c'était il y a 30 ans. C'était un autre personnage, c'était Bernard Tapie. Mais c'était déjà une liste de rassemblement très large. Pas le même que celui que je perds cette fois, mais un rassemblement très large que nous faisons avec notre liste Europe, territoire, écologie. Une liste qui rassemble des gens ancrés dans les territoires, les régionalistes, qui rassemble des sociodémocrates venus à la fois pour certains revenus de la Macronie de gauche, pour d'autres qui étaient dans le mouvement de Bernard Cazeneuve avec nous.

C'est un rassemblement très large de femmes et d'hommes qui pensent qu'il faut une Europe qui nous protège, c'est-à-dire une Europe qui réponde au quotidien. Nous sommes la liste des gens qui font campagne dans la France qui doute. Mais une liste de plus à gauche, pourquoi ? La gauche qui s'explose, c'est la NUPES. Notre liste et mon parti n'ont jamais été dans la NUPES. Jamais. Alors que celles et ceux qui ont fait la NUPES aujourd'hui se divisent, qui s'affrontent même, qu'on ait chaque jour, j'allais vous dire, un énième épisode des feux de l'amour de la NUPES. C'est leur problème. Moi, mon problème, c'est la France qui doute.

Mon problème, c'est la France qui s'apprête à voter Jordan Bardella et qui s'apprête à voter pour un vote nationaliste. Moi, mon problème, c'est qu'aujourd'hui, cette gauche, elle ne parle plus, elle ne va plus dans la France des communes où les panneaux communaux sont retournés. Et nous, on y est. Nous, on n'y est pas que pour les élections, on y est tous les jours. Mais dans les faits, ça fait une liste de gauche en plus. Non, ça fait une liste de gens sérieux. Ça nous change. Ça fait une liste de gauche en plus. Non, non, ça nous fait une liste de gens sérieux.

Parce que, si vous voulez, il arrive un moment où quand, dans ce pays, on nous annonce des chiffres de près de 40% d'une tentation d'un vote de nationalisme et de repli. D'un vote, finalement, qui est suscité par Jordan Bardella qui n'est rien d'autre qu'un trouillard. Qui est quelqu'un qui passe ses journées à vous expliquer que dès qu'il a peur d'un truc, on ferme les volets à la porte et on se planque sous le lit.

8:52
Intervenant

Mais qui culmine à 30% des intentions de vote dans les sondages.

8:54
Guillaume Lacroix

C'est bien le problème. C'est bien le problème. Et moi, je voudrais qu'on parle de ça. Et je voudrais qu'on ne parle que de ça. Et qu'on ne parle qu'à ces électeurs-là. Je voudrais que la gauche arrête de me faire honte. Je vous le dis très tranquillement. Moi, quand je suis dans cette France qui doute aujourd'hui, je me fais engueuler pour eux. Alors que je n'étais pas avec eux. Alors que moi, je ne fais pas partie de cette gauche qui est allée banaliser, crédibiliser l'extrême-gauche. Je fais partie de cette gauche qui est restée droite dans ses bottes. Républicaine, laïque, universaliste, pro-européenne, attachée au territoire. Oui, mais c'est important. Ils en sont revenus.

9:21
Intervenant

Le PS a quitté, a arrêté d'être en lien avec LFI. C'est aussi le cas pour les écologistes. C'est aussi le cas pour le Parti communiste français.

9:30
Guillaume Lacroix

Non, non, ils n'ont pas arrêté. La preuve, c'est que la liste du PS met en avant et place dans les meilleures positions celles et ceux qui, il y a quelques mois, nous expliquaient que voter LFI, que voter pour Mme Obono, Mme Pannot, pour M. Caron, était la quintessence de l'Union de la Gauche. Je veux dire, nous, l'Union de la Gauche, on l'a faite pendant 30 ans. À tel point, d'ailleurs, qu'on ne nous entendait plus.

9:48
Intervenant

Et vous avez refusé, vous, de participer à la liste du PS aux européennes ? On vous a proposé une place ?

9:53
Guillaume Lacroix

Moi, je pensais qu'il y aurait une liste de Raphaël Glucksmann. C'est le cas ? Non, non, il y a une liste du PS portée par Raphaël Glucksmann. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Et moi, je pensais qu'il y aurait une liste de Raphaël Glucksmann. J'ai étendu la main, parce que je suis un homme de rassemblement. Je vous l'ai dit, pendant 30 ans, ma famille politique, mais celles qui sont avec moi aujourd'hui, ont joué le jeu de l'Union de la Gauche. Sauf qu'il arrive un moment, il faut que ce soit sur une Union de la Gauche cohérente. Une Union de la Gauche qui parle vraiment aux Français qui doutent.

10:18
Intervenant

Mais comment faire l'Union sans LFI, sans les partis majoritaires à gauche ?

10:21
Guillaume Lacroix

En parlant de vérité, en parlant du statut du résident de métropole dont je vous parlais, en parlant par exemple du fait qu'on est pro-européens, et donc on est des Européens exigeants, on explique à nos concitoyens qu'il faut absolument être pro-européens, mais on ne leur dit pas pourquoi. On ne leur dit pas en quoi ça va les protéger. Aujourd'hui, on est quand même dans une situation folle. On explique à nos concitoyens qu'il faut être pro-européens pour la première puissance mondiale, qu'on veut faire même une armée européenne, et j'ai entendu. Et dans le même temps, ils ne trouvent pas de Doliprane dans les pharmacies.

10:51
Présentateur

Alors on va y revenir, mais pour parler de ce sentiment pro-européen, vous avez le sentiment qu'aujourd'hui, au sein de l'FI, on n'est pas pro-européens ?

10:56
Guillaume Lacroix

Vous savez, comme tous les non-européens qui se cachent, on invente l'Europe à la carte. On dit c'est l'Europe quand on veut. Moi, je considère que si on fait l'Europe, on fait l'Europe de manière cohérente, et si possible dans un ensemble. Mais là aussi, nous sommes les seuls à dire que l'Europe, elle doit fonctionner à deux vitesses. Que si on veut un grand continent de sécurité, de démocratie qui s'élargisse encore, il faut accepter qu'il y ait une capacité de certains pays d'aller plus vite, plus loin. Si on attend toujours le dernier arrivé, si on attend toujours Victor Orban, on ne fera jamais la première zone sans glyphosate, par exemple.

11:28
Présentateur

Est-ce que vous avez, malgré tout, une sorte de satisfaction à avoir que Raphaël Glucksmann peut potentiellement passer en deuxième position aujourd'hui ?

11:37
Guillaume Lacroix

Je vais vous répondre très honnêtement.

11:39
Présentateur

Vous l'aviez soutenu la dernière fois.

11:40
Guillaume Lacroix

Oui, mais moi, le derby de la France qui va bien, je n'ai pas l'intention de rentrer dedans. Si vous voulez, tous les jours me demander si Raphaël Glucksmann sera un point en dessous ou un point en dessous de la liste de M. Macron, pardon, mais c'est la question de la garde alternée ou de la garde partagée de la France qui va bien.

11:54
Intervenant

Mais c'est un message positif pour la gauche.

11:56
Guillaume Lacroix

Non, c'est un message qui doit être envoyé à Emmanuel Macron. Mais aujourd'hui, malheureusement, et le seul message qu'on entend aujourd'hui être porté massivement qui est envoyé à Emmanuel Macron, c'est celui de ceux et ceux qui veulent voter pour Jordan Bardella. Et mon sujet, le sujet de la gauche, ça ne devrait être que celui-là.

12:12
Intervenant

Et l'un de vos sujets, justement, sur le fond, une proposition phare dans votre programme, créer l'Airbus du médicament, ça consiste en quoi, au juste ?

12:20
Guillaume Lacroix

C'est-à-dire qu'on a su faire des avions et des fusées en permettant de déroger aux règles de la concurrence dans l'Union Européenne. Ce qui est incroyable, c'est qu'on ne sache pas faire aujourd'hui, des cachets, qu'on ne sache pas trouver le médicament anti-diabète de mon père, qu'on ne sache pas fabriquer des vaccins. On a quand même une Europe qui n'a pas été foutue de trouver des masques et de fabriquer des vaccins pendant la crise du Covid. Et il faudrait arriver en disant, on va faire l'Europe sanitaire, grand mot qui ne veut rien dire. Moi, je pense qu'aujourd'hui, il est extrêmement important d'aller vers ces Français en leur disant des choses concrètes.

Le concret, c'est, on a su faire des avions, on a su faire des fusées. Avec Airbus, on doit pouvoir fabriquer des médicaments.

12:55
Présentateur

Vous évoquez aussi l'Europe de la défense, vous avez commencé à nous en parler. Elle doit ressembler à quoi, cette Europe de la défense, selon vous ?

13:01
Guillaume Lacroix

Pour nous, l'urgence, c'est qu'avec le risque d'élection de Trump aux Etats-Unis, il y ait un pilier européen au sein de l'OTAN. Parce que si les Etats-Unis se retirent de l'OTAN, ce sera la première capacité et phase pour pouvoir construire une défense européenne. Après, quand j'entends qu'il faudrait une armée européenne ou une arme nucléaire européenne, moi, j'allais vous dire, mais qu'on confie à qui ? Qui appuie sur le bouton ? Ça veut dire quoi, aujourd'hui, une armée européenne, quand vous n'avez pas de démocratie suffisante en Europe ? Quand vous n'avez pas une capacité, finalement, à choisir vos dirigeants ? Moi, je n'ai pas élu Mme von der Leyen, vous non plus.

Et donc, c'est tout le problème. Donc, avant d'aller trop vite, une fois de plus, et d'embarquer les gens, j'allais dire, dans une forme de mythe d'une Europe qui n'est pas prête, aujourd'hui, pour cela, embarquons-les dans les réalités. Aujourd'hui, ça veut dire avoir une coopération de nos armées nationales, ça veut dire avoir le même armement, ça veut dire avoir la préférence communautaire sur les armes fournies aux armées européennes. Et puis, ça veut dire quand même qu'au moment où la France assure une partie de la défense européenne, eh bien que tous les Européens nous aident, financent cette défense que nous leur accordons.

14:05
Intervenant

Très rapidement, ce témoignage de Colombes qui vous a marqué, cette femme au RSA désespérée, qui prévoit de voter pour le RN aux Européennes. Vous dites qu'il faut aller chercher ces voix-là. Comment vous comptez faire pour aller chercher les voix de Colombes et de tous les autres ?

14:20
Guillaume Lacroix

D'abord, en faisant campagne dans la France qui doute, et pas dans celle des métropoles qui vont plutôt pas mal, en acceptant d'aller se faire engueuler pour les autres, ce que je fais, en acceptant aussi d'aller parler du concret. Nous, notre projet, il n'y a pas un grand mot creux. Vous pouvez le voir, il n'y a que des propositions concrètes. Parce que je crois qu'on ne pourra plus parler à ces gens avec simplement des principes, dont ils ne voient jamais l'application dans la réalité. Et puis, honnêtement, la France des invisibles, c'est la France. Et c'est celle-là à laquelle, effectivement, il faut aller parler. Et effectivement, il faut aller arracher les votes.

Parce qu'ils ont perdu la confiance.

14:52
Présentateur

Mais ça veut dire quoi, arracher les votes ? Aujourd'hui, vous êtes à 0,5% d'attention de vote. C'est compliqué, visiblement.

14:57
Guillaume Lacroix

Oui, je ne vous le cache pas. Alors, si c'était après deux mois de saturation des médias, je crains, je dirais que mon discours ne passe pas. Comme vous êtes le premier grand média à m'inviter, je vous en remercie, c'est à votre honneur. Alors, j'allais vous dire, laissez-moi la chance d'essayer de convaincre. Et laissez-nous la chance d'essayer de convaincre. Oui, c'est dur. Évidemment que c'est dur. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas le faire. Vous savez, mon parti a été à l'origine de la République laïque dans ce pays, dans ce moment où cette République est malmenée, mise à mal. Je crois que c'est notre devoir d'y aller.

Et puis, à la fin, si j'ai arraché, si nous avons collectivement arraché, parce que notre liste, c'est la France. Parce que notre liste, c'est, je vous le dis, numéro 2, c'est Lydie Massard, députée européenne. Il y a un an, elle était cuisinière de l'U.C. Numéro 5, c'est un agriculteur, Philippe Meignet. C'est Marine qui est infirmière dans l'Allier. C'est Kamel qui est à Ville Tanneuse. Moi, ma liste, ce n'est pas une liste d'apparatiques. Moi, ma liste, ce n'est pas une liste de gens qui sont déconnectés du réel. C'est une liste de gens qui vivent avec les Français tous les jours et qui, pour une fois, se sont dit, il est temps d'agir.

15:49
Présentateur

Et vous avez eu l'occasion de nous proposer quelques projets que vous avez pour cette France et pour l'Europe. Merci beaucoup, Guillaume Lacroix, d'avoir répondu à nos questions. Merci, Victoria Coussa. Merci.