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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 5 novembre 2025 23 min

Marc-Philippe Daubresse : « Les ordonnances feront des débats sur ce budget une vaste pantalonnade »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:11
Marc-philippe Daubresse

Bonjour Marc-Philippe Dobresse. Bonjour. Merci d'être là. Vous êtes sénateur à l'ère du Nord, vice-président de la Commission des lois du Sénat. On va parler longuement de la crise du logement dans quelques instants. C'était l'objet d'un débat hier au Sénat. Mais d'abord, on va regarder ensemble trois unes de la presse régionale. D'abord, la une du progrès. C'est donc la photo de ces deux otages en Iran. Cécile et Jacques, enfin libre. Cécile Colleur et Jacques Paris, dont la libération a donc été annoncée hier par Emmanuel Macron. La deuxième une, c'est celle de la dépêche. Faut-il dire stop aux Chinois Chine ? Pris dans la polémique des poupées sexuelles, Steve l'a rappelé.

Chine ouvre donc aujourd'hui sa boutique au BHV Paris. Et l'affaire relance le débat sur la régulation de la fast fashion. Et puis la dernière une, c'est celle de la Marseillaise. La bataille de la Sécu, l'article sur la suspension de la réforme des retraites qui sera examiné au mieux le 12 novembre à l'Assemblée. Le pisalet d'un nouveau conclave sur le sujet a été lancé sans la CGT ni le MEDEF qui ont déjà dit qu'ils n'y participeraient pas. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:08
Invité

Une fois n'est pas coutume, je vais dire la dépêche du midi parce que je pense que l'arrivée massive des Chinois sur la scène européenne est un vrai sujet. Et que la une est mauvaise, si j'ose dire. C'est pas faut-il dire stop aux Chinois-Chines, c'est peut-on dire stop aux Chinois-Chines ? Parce qu'on voit bien tous les problèmes que ça pose en termes de dumping social puisqu'ils pratiquent des prix volontairement bas, subventionnés par une dictature chinoise. Et on voit bien que leur arrivée en plus dans un bel espace, le BHV parisien, pose problème. et que juridiquement l'état de droit au sein d'une communauté européenne a beaucoup de mal à s'y opposer.

1:53
Marc-philippe Daubresse

Donc on n'a pas les moyens de lutter ?

1:54
Invité

Si, on a les moyens de lutter mais ça va prendre du temps. Ça veut dire qu'il va y avoir des procédures judiciaires engagées par rapport à cette horrible pédophilie qui est véhiculée par ce méchant chinois qui ne pense qu'à l'argent mais ça va prendre beaucoup de temps. Je regarde aussi protoxyde d'azote, ce drame qui choque. Vous savez que ça s'est passé à Lille chez moi et vous savez qu'avec Valérie Létard, nous avions à l'époque et avec nos collègues de gauche, de manière transpartisane, nous avions fait voter une proposition de loi pour aller beaucoup plus loin pour interdire le protoxyde d'azote et nous sommes encore loin de ce qu'il faudrait faire.

Donc voilà un sentiment d'impuissance face à des choses qui sont très graves et sur lesquelles il faudrait qu'on aille beaucoup plus fort et beaucoup plus vite.

2:45
Marc-philippe Daubresse

Un mot sur le marathon budgétaire qui est en cours au Parlement. Les députés qui ont commencé hier le budget de la Sécurité sociale, ils ont mis en pause le budget de l'État. Vous allez, vous sénateur, vous y attaquer dans une dizaine de jours. Est-ce que ces budgets sont votables en l'État pour vous ?

3:00
Invité

Non. Non mais moi je suis sidéré par le fait, ce qui n'est pas votre cas ni de la chaîne de l'Assemblée nationale, parce que vous connaissez les procédures parlementaires, je suis sidéré de l'information qu'on donne en donnant l'impression que tout ce qui a été voté, les folies fiscales qui ont été votées la semaine dernière, vont rester dans le budget. Bien sûr que non. puisque la procédure parlementaire fait que soit le budget est voté, je n'y crois pas moi, enfin on verra, mais il faudrait qu'il y ait une abstention des socialistes, des communistes et des écologistes. Ça me semble une équation quasi impossible à atteindre.

Supposons que le budget soit voté, il arrive au Sénat, le Sénat est prêt, vous le savez, le président Larcher l'a dit, nous avons travaillé et nous avons un contre-budget qui est à l'opposé de tout ce qui a été voté la semaine dernière. Donc il sortira du Sénat profondément transformé ou il n'ira pas à son terme ce budget. Et s'il ne va pas à son terme, qu'est-ce qui se passe ? On reprend la copie initiale du gouvernement avec éventuellement quelques amendements dedans. Autrement dit, tout ça n'aura été qu'une vaste pantalonnade puisque l'abandon du 49-3 fait qu'au final, le gouvernement revient avec des ordonnances ou une loi spéciale.

Et au final, tout ça ne va pas dans l'intérêt de la France.

4:17
Marc-philippe Daubresse

Le gouvernement dit déjà que dans la copie qu'il va vous transmettre, il y aura ce qui a été voté à l'Assemblée.

4:22
Invité

Attention à la constitution de la France puisque vous savez que normalement, le gouvernement peut reprendre sa copie initiale avec les amendements qu'il a acceptés, lui le gouvernement, mais pas autre chose. Donc attention à la constitutionnalité de tout ça. Je sais bien que tout ça, pour les Français, c'est un juridisme compliqué, mais nous sommes régi par une constitution, on doit y obéir.

4:43
Marc-philippe Daubresse

Mais vous vous dites, nous, droite sénatoriale, on n'est pas parti sur un budget de compromis, on est parti sur notre budget à nous.

4:51
Invité

Nous, nous disons depuis cinq ans la même chose et nous votons des choses. Si on nous avait d'ailleurs écouté, si les macronistes avaient pris la copie du Sénat, il y aurait beaucoup moins de déficit en France aujourd'hui. Nous, nous disons priorité à la baisse drastique de la dépense publique. Et la dépense publique, on la baisse non pas en baissant les services publics, on la baisse en baissant le train de vie de l'État. Et moi, qui ai été président d'une agence il y a quelques années, l'Agence nationale de l'habitat, je peux vous dire que sur l'ANA, sur l'ADEME, sur l'Agence de la cohésion des territoires, j'en passais des meilleurs, il y a au moins 8 milliards d'euros à gagner.

Et sur le train de vie de l'État, hors ministère régalien, intérieur, justice, défense, santé et qu'une éducation nationale, il y a encore beaucoup d'argent à gagner. Et cet effort n'est pas fait. Pourquoi ?

5:37
Marc-philippe Daubresse

– On réduit aussi les dépenses en matière de défense, de santé, d'éducation nationale ?

5:42
Invité

– Non, je viens de vous dire le contraire. Nous mettons de côté la défense, on voit bien les problèmes de la politique internationale, l'intérieur, la justice, l'éducation et la santé qui sont fondamentaux et qui nécessitent des lois de programmation pluriannuelles. Et par contre, on peut trouver, moi j'étais ministre à un moment des Solidarités et de la Jeunesse, on peut trouver 2% d'économie sur chacun des autres ministères. Et un maire, moi j'ai été maire 30 ans, quand il a un problème de budget, il fait comme ça. Et pourquoi on ne sert pas la ceinture de l'État au lieu de faire la poche des Français ?

Parce que c'est la haute bureaucratie française, et Bercy en particulier, qui fait les budgets. Et c'est ça qu'il faut. Mon ami Jean-Louis Borloo le dit à l'envie, il a raison, c'est la gouvernance de la France qui pose problème. Ça fait 20 ans qu'on n'ose pas s'attaquer à la haute technocratie française qui régit les budgets. Et c'est ce courage que le Sénat a et mettra dans le vote qu'il va faire dans quelques temps, si la copie arrive jusqu'à nous.

6:43
Marc-philippe Daubresse

– On va parler d'un sujet de préoccupation majeure des Français, c'est la question du logement. Secteur qui connaît une véritable crise, qualifiée par certains de bombes sociales. Quelle réponse apporter à cette crise du logement ? C'est le thème du débat qui était organisé hier dans l'hémicycle du Sénat. Steve, vous l'avez suivi, parce que la crise du logement, elle continue.

7:01
Invité

– Je vais vous donner quelques chiffres, Rian, pour vous donner une idée. En France, 350 000 personnes sont sans domicile. L'année dernière, plus de 2,7 millions de ménages étaient en attente d'un logement social. C'est un chiffre record. Dans le même temps, la production de logements continue de chuter. des 259 000 mises en chantier seulement l'année dernière. C'est tout simplement le pire résultat. Depuis 20 ans, augmentation de la demande, chute de l'offre. On comprend que la fin de la crise du logement n'est pas pour tout de suite, Rian.

7:29
Marc-philippe Daubresse

– Et les sénateurs sont inquiets.

7:31
Invité

– Et ça transcende largement. Les clivages politiques, droite, gauche, sénateurs, gouvernement. Il y a accord pour dire que la situation est grave, écoutez.

7:40
Présentateur

– Notre pays fait face à la pire crise du logement depuis 1945. En dépit de nos divergences politiques, nous pouvons, je crois, ici, nous attendre sur un constat simple et évident. Le logement est un droit inalienable.

7:54
Invité

– Face à cette crise durable et multifactorielle, aucun segment du logement ne doit être négligé. Aucune solution ne doit être écartée. Mais surtout, il nous faut rompre avec les réponses par à-coups. – Découragement, frustration, colère. Nous sommes face à une crise majeure, à une crise d'ampleur. Et il va falloir ouvrir les yeux à tous ceux qui ne l'auraient pas encore fait sur la réalité de cette crise qui nous attend, cette bombe sociale qu'est la crise du logement. – Monsieur le sénateur, vous parlez-vous de catastrophe ?

8:26
Marc-philippe Daubresse

– Un plan pour le logement et dans les tuyaux.

8:27
Invité

– Ces derniers mois, des mesures ont été adoptées, il faut le dire, Rian. Il y a par exemple eu la régulation de l'allocation de meubles touristiques ou encore la transformation des bureaux en logement. Mais les sénateurs demandent plus. Ils veulent des solutions sur le long terme. Par exemple, une loi de refondation de la politique du logement demande des Républicains qui devraient se traduire par une proposition de loi qui sera déposée très bientôt. en attendant, le gouvernement promet, lui, un plan logement. Écoutez. – Je vous propose que nous co-construisions le plan logement. Un peu comme on construit un immeuble, brique après brique, avec l'expertise et le talent de chacun.

J'ai proposé par le biais d'un amendement gouvernemental de pousser le statut du bailleur privé. Proposition inspirée des travaux de monsieur le sénateur Dobress que je salue une fois de plus. – Vous êtes salué par le ministre, vous avez ses honneurs. – Même les socialistes ont salué mon travail, c'est quand même sympathique. – Effectivement, vous avez présenté un rapport il y a quelques mois, effectivement, au nom du Sénat. Quel ce statut du bailleur privé ? Donc on en parle beaucoup, le ministre va déposer un amendement là-dessus. En quoi ça va consister ? En quoi ça va changer la vie des Français, très concrètement ? – On est dans une crise historique sans précédent.

Moi, j'ai été ministre il y a quelques années. On sortait aussi d'une crise, mais elle n'était pas aussi violente. Là, elle touche tous les segments. Le neuf, l'ancien, le locatif comme l'accession à la propriété. Donc on doit à la fois agir sur la demande, c'est le problème des taux d'intérêt trop chers, par exemple, qui bloquent le marché de l'ancien, et agir sur l'offre. Et donc, pour agir sur l'offre et pour redonner une confiance aux impôts, pour que les gens aient envie d'investir dans la pierre. Parce qu'aujourd'hui, les Français qui ont des petites économies, quand on leur demande ce qu'on va faire, ils vont plutôt vers l'assurance-vie.

Pour investir dans la pierre, donc avoir un statut du bailleur privé locatif, qui a un ou deux appartements à louer, il faut que le statut soit attractif. Concrètement, ça veut dire qu'un propriétaire… Concrètement, ça veut dire un nouvel amortissement, plus puissant que l'amortissement Pinel, plus puissant que l'amortissement Célier, qui redonne envie d'investir dans la pierre. J'y ai travaillé avec un député du Modem, Michael Cosson, et nous avons présenté une mission à l'initiative de Valérie Létard et de la ministre du Budget. Si je comprends bien, c'est un propriétaire qui pourra bénéficier d'une réduction fiscale sur les loyers, qu'il percevra quand il met son bien en location.

Et d'après nos estimations, quand on aura mis en œuvre vraiment cet amortissement, plébiscité par tous les professionnels du logement, nous aurons entre 50 000 et 60 000 constructions neuves qui nous manquent cruellement aujourd'hui, chaque année. Vous aviez dressé il y a quelques temps, je crois que c'était il y a trois ans, le tableau très sombre de la situation du logement devant Emmanuel Macron. Il n'a pas compris ce que vous lui disiez à l'époque ? Rien n'a changé en trois ans ? J'ai eu un entretien en tête à tête, ça a d'ailleurs été filmé par BFM parce que j'étais aux cérémonies de libération de la Provence et j'étais le seul parlementaire présent.

Donc j'ai eu un entretien avec le Président de la République, je me suis heurté à un mur. Et j'ai eu l'impression que culturellement, il n'aime pas les propriétaires, il n'aime pas le logement, il considère que c'était une variable d'ajustement de son budget, ce qui est tout le contraire de ce qu'il faut faire. Et donc ce frein plus au sommet de l'État a handicapé pendant trois ans toute la politique du logement, quelle que soit la qualité des ministres. Monsieur Denormandie était un ministre de qualité. Mais c'est bien, Vincent Jean-Brun est quelqu'un qui est plein de bonne volonté, il vous l'a annoncé. Est-ce qu'il aura les moyens de son action ?

L'ennemi du ministre du logement aujourd'hui, il s'appelle Bercy. Et il faut absolument expliquer à ces technocrates financiers qu'aller reprendre d'une main ce que l'on donne d'une autre sur des avantages fiscaux, le logement c'est de la fiscalité, du financement et du foncier. On manque beaucoup de foncier, il y a des mesures possibles pour ça, reconvertir les bureaux en logement, reconvertir les campus commerciaux en logement. On manque de financement, et là, ce n'est pas notre problème à nous, c'est international avec les taux d'intérêt et le manque de stabilité gouvernementale en France. Et puis, on manque surtout d'outils fiscaux.

Quand je fais le plan Borloo, il y a quelques années, qui a été couronné de succès, excusez-tu, plus de 50% de construction neuve en trois ans, nous faisons un plan pluriannuel. C'est ce que demande Dominique Estrosi ici, et que nous allons porter, une proposition de loi qui soit un plan pluriannuel, qui met tous les outils ensemble pour redonner confiance dans le logement et avoir un vrai choc sur l'offre et sur la demande de logement. Et c'est ce que nous allons porter au Sénat avec cette proposition de loi. Le ministre, bien sûr, il va nous accompagner, il est plein de bonne volonté, J'espère que le gouvernement aura quelques mois devant lui.

Mais le problème, le problème, c'est qu'à Bercy, nous avons des gens qui ne veulent pas comprendre et qui, quelque part, cassent toutes les initiatives gouvernementales. Et tant que nous aurons ça, la crise du logement se poursuivra. Et ça veut dire, à la fin de cette année, 100 000 emplois de moins dans le bâtiment. Et si on continue comme ça, à la fin d'année prochaine, 120 000 emplois encore en moins dans le bâtiment.

13:38
Marc-philippe Daubresse

Alors, comment les élus le progèrent-ils cette crise du logement ? On va aller dans les Bouches-du-Rhône. Bonjour Lionel Decala, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire d'Allo, vous la constatez, vous, en tant que maire, cette crise du logement, comment elle se traduit ?

13:51
Invité

Oui, elle se traduit parce qu'on a interpellé tous les jours par nos administrés qui sont en recherche de logement, que ce soit des jeunes qui se lancent sur la vie active, des parents isolés, il y a de plus en plus de divorces et c'est difficile de loger ces parents isolés, des retraités qui ont des pertes de revenus. Mais après, il faut aussi que les secteurs du bâtiment et tous ceux qui font les lois, alors j'ai énormément de respect pour M. Dobresse qui connaît cette question parfaitement, mais c'est vrai que cet excès de normes, de réglementation n'incite pas.

Effectivement, ça nous met nous en difficulté quand on veut construire parce qu'on a plein d'embûches pour y parvenir quand on veut faire des choses très adaptées à sa commune. Moi, je veux très peu construire mais je veux construire des choses qui correspondent à l'identité résidentielle de ma commune. J'ai une commune de 22 000 habitants sur les hauteurs de Marseille avec un cadre de vie très préservé, les collines de Marcel Pagnol et de Paul Defond. Je ne veux pas construire de grands bâtiments comme essayent de me les imposer le ministère du Logement et la préfecture régionale.

Je veux construire des petits lotissements à taille humaine adaptés à ma population et c'est très compliqué sur le plan réglementaire. Et après, il y a toutes les normes ou toutes les contraintes qui s'imposent aux propriétaires qui voudraient louer leurs biens et qui n'incitent pas et qui bloquent effectivement le marché.

15:02
Marc-philippe Daubresse

Donc, ça veut dire qu'il y a deux choses dans ce que vous nous dites, Lionel Decala. D'abord, peut-être sur la question du logement social, de la loi SRU qui impose aux communes des quotas de logements sociaux. Pour vous, ce n'est pas une bonne loi ?

15:14
Invité

Ah non. Moi, cette loi SRU, il faut absolument qu'elle soit réformée. C'est une contrainte qui pèse sur toutes les communes et au lieu de les inciter à construire, ça bloque un peu plus le système parce qu'on essaye de me faire construire des choses dont je ne veux pas pour la commune, pour son équilibre. Si je devais me conformer à la loi SRU, il faudrait que je construise 1 800 logements du jour au lendemain.

Pour une commune qui en compte 22 000 habitants, vous vous rendez compte de l'hérésie que ça représente et de la perte de la qualité de vie parce que naturellement, si on construisait dans de telles proportions, les services publics ne suivraient pas dans les mêmes dimensions, le nombre d'écoles, nos routes resteraient les mêmes, les équipements publics, sportifs, etc. ne suivraient pas dans les mêmes proportions et donc c'est la qualité de vie des habitants qui diminuerait mécaniquement et ça, beaucoup de maires de France s'y refusent. C'est absolument inenvisageable et à côté de ça, on paye des pénalités financières toujours plus élevées et ça a quelque chose d'insupportable.

Et il faudrait que la loi SRU soit réformée en profondeur et qu'on calcule ce taux de 25% de logements sociaux qui est imposé à chaque commune à l'échelle des intercommunalités. Moi, ça serait à l'échelle de la métropole à l'Aix-Marseille-Provence ce qui aurait eu sens parce que la métropole est aussi responsable des enjeux liés au bassin d'emploi, liés aux transports, etc. Et on ne peut pas construire de la même manière dans des grandes villes comme Marseille, Lyon, Paris ou Lille comme on peut le faire dans des petites communes à taille humaine comme la mienne. Il faut que la réalité de la loi s'adapte à la réalité de ces territoires.

16:39
Marc-philippe Daubresse

Vous êtes d'accord, Philippe Dovresse, la loi SRU telle qu'elle existe aujourd'hui, ce n'est pas une bonne loi ?

16:43
Invité

Il parle d'or, le maire d'Aloche et je souscris, j'ai été maire pendant 30 ans, je pourrais dire tout ce qu'il dit, il a raison, surtout.

16:51
Marc-philippe Daubresse

Y compris sur la loi SRU ?

16:52
Invité

Oui, quand j'étais député, j'ai combattu la loi SRU telle qu'elle était. Le principe qui est du logement social est un bon principe, mais passer tout le monde sous la même toise et dire sur votre stock de logements existants, vous devrez avoir 25% de logements sociaux, ça n'a pas de sens quand vous raisonnez à l'échelle de chaque commune. Et donc, il faut raisonner sur les flux, ce qui arrive et non pas sur le stock parce que le maire, il n'est pas responsable de 50 ans d'urbanisme dans sa commune et d'autre part, il a raison, il faut raisonner sur l'intercommunalité.

J'ai déposé au Sénat ici un amendement pour qu'on raisonne sur l'intercommunalité qui a fait l'objet de beaucoup de tractations de freinages de la part du gouvernement de l'époque et qui a été réduit aux aquais parce que vous avez une haute technocratie française, je le redis, avec une idéologie perverse qui s'oppose à tout ça. Il faut combattre ça. Il faut laisser le maire agir. Les maires sont conscients qu'il faut du logement social mais le laisser agir à l'échelle de sa commune avec un urbanisme maîtrisé, il y a un problème de foncier.

Il n'a pas parlé, le maire d'Aloche, mais je suppose qu'il y est confronté aussi des ânes, des zones d'artificialisation qui sont une ânerie, les ânes, une ânerie parce qu'une fois de plus, on oblige sous prétexte d'écologie les maires à faire des choses qui raréfient leurs fonciers alors que le maire pourrait faire un urbanisme harmonieux à l'échelle de sa commune ou à l'échelle de son intercommunalité. Et vous allez voir que ça va être un des sujets majeurs des prochaines sénatoriales.

Je n'y serai pas confronté, j'ai été réélu il y a deux ans mais l'un des sujets où il parade des problèmes des maires qui arrivent en tête, c'est l'OASRU, l'OASAN et tout ce que vient de dire le maire d'Aloche que je soutiens et qui peut compter sur moi pour défendre ce qu'il vient de dire.

18:35
Marc-philippe Daubresse

Vous nous confirmez, Lionel Decala ?

18:37
Invité

Oui, oui, tout à fait. C'est des enjeux clés et si on parvenait à défaire ce totem de cette loi SRU, ça serait une avancée majeure pour beaucoup de communes de France. Donc j'invite effectivement tous les sénateurs à tenter, si tenté que politiquement ce soit possible sur le plan national, à ce qu'on aboutisse au moins à un allègement, un assouplissement et à une loi qui soit plus adaptée à la réalité des communes comme les nôtres sur tous les territoires de France. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire. Ça veut dire qu'il faut raisonner flux et pas stock et ça veut dire qu'il faut raisonner intercommunalité plutôt que raisonner commune.

19:12
Marc-philippe Daubresse

Merci beaucoup, Lionel Decala. Merci d'avoir été avec nous pour nous parler de cette question du logement. On va terminer par l'actualité dans votre région Val-Île où on retrouve Aurélien Vurli. Bonjour Aurélien. Merci d'être avec nous, journaliste à RCF Haute-France. Aurélien, avec vous, on va reparler de l'avenir d'ArcelorMittal. Hier, la CGT a organisé à Dunkerque un meeting pour soutenir sidérurgie nationalisation qui a été écartée par le Sénat la semaine dernière mais qui reviendra en discussion au Parlement. Ce sera à l'Assemblée à la fin du mois.

19:43
Invité

Oui, nationaliser à Arcelor pour sauver 600 emplois. C'était l'origine de ce meeting. Hier, Aurélien, à l'origine de la CGT de Dunkerque, des parlementaires de gauche ont répondu à l'appel. La France insoumise, des écologistes, des communistes étaient présents. Aurélien trouvait notamment députée LFI, autrice d'une proposition de loi visant à nationaliser le groupe sidérurgique. Le texte sera à l'agenda de la niche parlementaire des Insoumis le 27 novembre prochain. Cette proposition de nationalisation fait son chemin depuis l'annonce du plan de licenciement massif rendu public en avril dernier.

Environ 600 emplois menacés, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, sur les sites de Dunkerque et des Marderic. Le 30 octobre dernier, une proposition de loi a été débattue au Palais du Luxembourg. Vous en parliez, portée par le groupe communiste, une proposition de loi rejetée par la majorité sénatoriale. La décision de nationalisation proposée ne résoudrait aucun problème structurel rencontré actuellement par le secteur de la production d'acier, jugeait le rapporteur Arnaud Bazin. Marc-Philippe Aubresse, la question, comment sauver les emplois sans la nationalisation ? La nationalisation, c'est une mauvaise réponse à une bonne question. Je reviens au débat du début de cette émission.

La Chine, aujourd'hui, est le premier producteur mondial d'acier et la Chine fait du dumping social, ce qui fait que si on n'a pas des armes pour lutter contre l'omniprésence commerciale de la Chine, et donc, parce qu'il y a une surproduction d'acier aujourd'hui dans le monde, et les Chinois sont moins chers que les autres, si on ne met pas en place une politique européenne avec des droits de douane très significatifs, excusez-moi de le dire, à la Trump, je ne suis pas pro-Trump, moi, je n'aurais pas voté Trump si j'étais américain, mais quand même, il y a d'un côté une puissance commerciale.

Aujourd'hui, on n'est plus dans un monde multipolaire, on est dans un monde bipolaire, d'un côté les États-Unis, de l'autre côté la Chine. Et quelque part, la Chine impose un certain nombre de choses, et la dernière en date, c'est le magasin Chine qui arrive sur le BHV, et donc il faut des outils européens. Alors, on a un commissaire, M. Séjourné, qui a été ministre des Affaires étrangères, qui a présenté un plan acier en Europe, mais ça ne va pas assez loin, ça ne va pas assez vite, évidemment, il y a 650.

Je connais bien le sujet, j'ai fait mon stage ouvrier quand j'étais, je faisais mes études d'ingénieur, à un moment, chez ArcelorMittal à Dunkerque, donc je connais, je sais ce que c'est la dureté de ce métier, et les 650 ouvriers et contre-maîtres et maîtrises qui souffrent là-bas, évidemment qu'il faut tout faire pour les sauver, mais pas par la nationalisation, par une politique musclée, commerciale, qui s'attaque de manière frontale à la Chine qui est en train de détruire des emplois, pas que dans la sidérurgie.

Vous allez avoir 80 000 emplois détruits dans l'automobile avec l'entrisme sur le marché électrique, des Chinois qui vont prendre un peu plus de 40% du marché et nous, pendant ce temps-là, Mme van der Leyen, elle condamne notre industrie automobile et donc il faut une alliance des Allemands. Le problème de l'Europe, c'est ça, il faut une alliance. Aujourd'hui, la France et les pays méditerranéens sont d'accord sur ce qu'il faut faire, il faut une alliance avec les Allemands, elle n'est pas gagnée, mais c'est comme ça qu'on peut y arriver, certainement pas par la nationalisation qui s'attaque aux conséquences au lieu de s'attaquer aux causes de ce drame.

22:58
Marc-philippe Daubresse

Merci beaucoup, merci Aurélien Vurli, merci d'avoir été avec nous, journaliste à RCF dans les Hauts-de-France. Merci Aurélien et à très vite, évidemment, dans cette émission. Merci beaucoup, Marc-Philippe De Vresse, d'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

Marc-Philippe Daubresse : « Les ordonnances feront des débats sur ce budget une vaste pantalonnade » — Marc-philippe Daubresse · Pourquijevote