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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 21 octobre 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleInstitutions & électionsEurope & international

"Nous avons affaire à un gouvernement qui est faible, un président absent", estime François Hollande

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteÉludée

    Vous ne vous êtes pas encore exprimé sur les événements de ce samedi 17 octobre.

  • 0:31OuverteRéponse partielle

    Quels sentiments vous ont traversé devant cette journée de chaos ?

  • 2:32RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous avez compris comment on en est arrivé à cette situation ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on a vécu une crise sécuritaire ou un moment insurrectionnel ?

  • 5:35RelanceRéponse directe

    Sur la sécurité, François Hollande, ne faut-il pas un peu d'humilité ?

  • 7:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous auriez refusé la démission de Laurent Nunez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:14InvitéFait
    « Il y a eu des manquements très graves au maintien de l'ordre »
  • 2:52InvitéFait
    « Il y a eu une sous-estimation déjà depuis plusieurs semaines de ce qu'est en ce moment la colère »
  • 3:29InvitéFait
    « Il n'y avait pas eu visiblement de réserve, de réserve policière, de réserve de gendarmerie »
  • 5:07InvitéFait
    « nous sommes dans une fin de mandat »
  • 5:29InvitéFait
    « nous vivons à la fois une crise d'autorité, une crise sociale et potentiellement une crise financière »
  • 9:45InvitéChiffre
    « Ça aurait évité qu'il y ait eu 500 000 manifestants »
  • 11:20InvitéFait
    « Ce qu'on peut reprocher à l'EFI, c'est de ne pas dénoncer clairement la violence »
  • 15:35InvitéFait
    « notre rôle, c'est aussi d'apporter de la stabilité et de la cohésion dans notre pays »
  • 20:15InvitéChiffre
    « il y a un candidat qui a été désigné par la primaire du Parti Socialiste avec 120 000 participants »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Invité 214 %
  • Présentateur10 %
  • ?5 %

≈ 33,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et dans le grand entretien, nous recevons donc ce matin un ancien président de la République, député socialiste de Corrèze. Bonjour François Hollande.

0:07
Locuteur

Bonjour.

0:08
Présentateur

Merci d'être avec nous sur France Inter. Vous ne vous êtes pas encore exprimé sur les événements de ce samedi 17 octobre. On a beaucoup de questions à vous poser sur le maintien de l'ordre, sur la réponse politique aux manifestations, l'impact de tout ça sur l'élection présidentielle. Et les auditeurs peuvent venir avec les leurs, avec leurs questions au 01 45 24 7000. Et sur l'appli Radio France. D'abord François Hollande, devant cette journée de chaos parallèle aux manifestations samedi, devant ces policiers attaqués, devant ces magasins saccagés, pillés, ces mairies attaquées, quels sentiments vous ont traversé

0:44
Locuteur

? Un

0:46
Invité

sentiment de vivre une situation à la fois douloureuse et inédite dans notre pays. Douloureuse parce que c'était à la fois des commerces qui étaient vandalisés, 3000, c'était des bâtiments publics, je pense à la mairie de Limoges, mais à beaucoup d'autres qui ont été attaqués. Et puis ce sentiment qu'il n'y avait pas de contrôle, qu'il n'y avait pas d'intervention, qu'il y avait une forme d'abandon d'une partie de la population contre, hélas, une autre partie de la population. Enfin, je pense que c'était aussi inédit, parce que même si moi-même, j'ai pu affronter comme président de la République, avec des mouvements sociaux, des

1:24
Locuteur

mouvements sociaux qui étaient parfois

1:27
Invité

massifs et qui pouvaient déboucher sur des violences. Il y en avait, il y avait déjà des casseurs, il y avait déjà une forme d'ultra-gauche qui voulait s'inviter dans les manifestations.

1:39
Locuteur

C'était la loi travail, il y a 10 ans.

1:40
Invité

Jamais nous n'avions connu ce type d'excès, d'exaction et finalement de violence contre l'État. Et aussi de vol, parce que d'une certaine façon, il y a deux sortes de mouvements. Il y a le mouvement, bien sûr, des lycéens ou de ceux qui venaient pour défendre le pouvoir d'achat. Et puis à côté, mais je dis bien à côté, parce que c'était même plus dans la manifestation, ce que j'en ai vu en tout cas, c'était les mouvements ultra-violents et les casseurs et les voleurs. Donc là, il y a, je crois, une leçon à tirer. Il y a eu des manquements très graves au maintien de l'ordre. Il y a eu une sous-estimation de ce qui pouvait se produire ce jour-là.

Et il y a eu un défaut d'expérience par rapport à ce que sont des mouvements qui sont maintenant ultra-violents. Justement, on va bien sûr parler de la réponse politique, des revendications qui étaient portées par les manifestants. Mais si on s'arrête sur la question du maintien de l'ordre, vous qui connaissez le fonctionnement de l'État, est-ce que vous avez compris comment on en était arrivé là ? Est-ce que c'est pour vous un problème de renseignement ? Est-ce que c

2:43
Locuteur

'est

2:43
Invité

un problème de doctrine de maintien de l'ordre ? C'est ce qu'on a notamment entendu à gauche et à la France insoumise. Est-ce que vous avez compris comment on en était arrivé là ?

2:51
Locuteur

Il

2:52
Invité

y a eu une sous-estimation déjà depuis plusieurs semaines de ce qu'est en ce moment la colère. Cette sous-estimation a conduit à ne pas mettre autant d'effectifs de police qu'il était nécessaire d'installer par rapport à une manifestation qui, je le rappelle, n'était pas encadrée par les organisations syndicales.

3:11
Locuteur

Même

3:12
Invité

si certaines d'entre elles appelaient à la manifestation.

3:15
Locuteur

Il

3:15
Invité

y a eu aussi une sous-estimation de ce que pouvaient être maintenant les mouvements violents.

3:21
Locuteur

Qui

3:21
Invité

ne sont pas, comme je l'ai évoqué, maintenant dans les manifestations, mais à côté et qui ont commencé dès le matin à attaquer. Il n'y avait pas eu visiblement de réserve, de réserve policière, de réserve de gendarmerie, parce qu'il y avait, si j'ai bien compris, des CRS qui étaient tout à fait disponibles. Donc cette sous-estimation à la fois de ce qu'était la colère et de la sous-estimation du nombre de

3:44
Locuteur

manifestants.

3:45
Invité

Mais est-ce que vous diriez qu'on a vécu et on vit une forme de crise sécuritaire ou est-ce qu'au contraire c'est un moment insurrectionnel ? Vous citiez la mairie de Limoges incendiée, il

3:53
Locuteur

y a

3:53
Invité

un suspect qui a été interpellé lié à la mouvance de l'ultra-gauche fichée S. Est-ce que c'est un moment insurrectionnel

3:58
Locuteur

? Non,

4:00
Invité

il y a des

4:00
Locuteur

gens

4:01
Invité

qui veulent créer l'insurrection,

4:04
Locuteur

qui

4:04
Invité

veulent créer la division, qui veulent créer le trouble.

4:06
Locuteur

Et

4:07
Invité

qui veulent créer des mouvements contre la République. Ça, ça existe. Il y

4:11
Locuteur

a

4:11
Invité

une extrémisation par rapport à ce qu'était le temps de ma présidence, une extrémisation dans le pays à droite comme à gauche. Mais en l'occurrence, là, c'était pour créer des violences qui devaient sidérer. Mais il n'y a pas de volonté insurrectionnelle.

4:28
Locuteur

Les

4:28
Invité

étudiants ou les lycéens n'étaient pas là pour commettre des violences ou n'étaient pas là pour créer, comme on l'a connu dans d'autres époques, alors là, ça remonte à très loin, mai 68 ou d'autres, une volonté de renverser un régime. Non, ce n'était pas de cela dont il s'agissait. Mais là, ce que je crois le plus grave,

4:48
Locuteur

c

4:48
Invité

'est que nous avons affaire à un gouvernement qui est faible,

4:52
Locuteur

un

4:53
Invité

président de la République qui est absent,

4:54
Locuteur

à

4:55
Invité

des ministres qui n'ont pas nécessairement d'expérience. C'est ça la réalité. Et nous sommes dans une fin de mandat. Donc, il y a eu sûrement un manque d'expérience par rapport à ce qu'est une grande manifestation ou ce que peut être une colère sociale. Alors, il ne s'agit pas aujourd'hui d'en rajouter, parce que je pense qu'il faut faire preuve de responsabilité. Mais le gouvernement doit entendre, y compris celles et ceux qui ont cette expérience de ce que sont les mouvements sociaux, et de faire en sorte qu'il y a à la fois sur le maintien de l'ordre, les moyens, je crois que c'est en train de se faire, mais après quel retard, et sur la crise sociale.

Parce que nous vivons à la fois une crise d'autorité, une crise sociale et potentiellement une crise financière.

5:35
Présentateur

Sur ce qui est de la sécurité, François Hollande, est-ce qu'il ne

5:38
Locuteur

faut

5:38
Présentateur

pas aussi un petit peu d'humilité, quand on a été président de la République, et qu'on a connu, comme vous, ces manifestations qui ont dégénéré il y a 10 ans, c'était en 2016, des manifestations contre la loi travail, la loi El Khomri, avec des violences parallèles, avec cette image sidérante de cette voiture de police qui est incendiée, avec des policiers à l'intérieur. Vous aussi, vous avez eu affaire à ces difficultés,

6:00
Locuteur

et vous avez été mis en

6:01
Présentateur

cause à cette époque. On

6:02
Invité

a fait face à des phénomènes de violence qui étaient déjà très préoccupants. Je rappelle aussi qu'on a fait face à du terrorisme.

6:12
Locuteur

Donc

6:12
Invité

nous avions un dispositif de sécurité qui était particulièrement approprié à tout ce qui pouvait être des crises de maintien de l'ordre. Donc nous avions mis en place des moyens, des forces, ça n'a pas empêché un certain nombre de débordements. Donc

6:30
Locuteur

ce n'est pas

6:30
Invité

forcément un sujet de ministres comme vous le dites qui manque d'expérience, c'est une tendance de fond d'avoir des violences dans les mouvements sociaux.

6:36
Locuteur

Il

6:36
Invité

y a toujours eu,

6:38
Locuteur

depuis

6:39
Invité

20 ans ou 30 ans, des phénomènes de violence, y compris contre les policiers, y compris contre des bâtiments publics, et y compris, je rappelle même pendant la période qui était la mienne, il y avait eu une attaque contre l'hôpital Necker, contre un hôpital. Donc ces phénomènes de violence, ils existent, ils sont sans doute encore plus amples.

Mais donc l'expérience du maintien de l'ordre, c'est quand il y a des mouvements, surtout quand ils ne sont pas encadrés par les organisations syndicales, ce qui était le cas samedi, encore davantage dimanche, puisque dimanche c'était des mouvements erratiques et des mouvements extrêmement violents, il faut mettre autant de policiers qu'il est nécessaire.

7:12
Locuteur

François

7:12
Invité

Hollande, vous vous arrêtez sur la façon dont le président de la République, les ministres, ont géré la réponse à cette crise. Est-ce que vous, président, vous auriez, comme Emmanuel Macron, refusé la démission de Laurent Nunez

7:23
Locuteur

?

7:24
Invité

Aucun ministre de l'Intérieur n'a présenté sa démission suite à des événements qui, quelquefois, pouvaient avoir un certain nombre de caractéristiques. Pourquoi ? Parce que Bernard Cazeneuve, comme Manuel Valls, ont été dans ces situations-là... Mais est-ce qu'il aurait dû partir, Laurent Nunez ? Ça, c'est la question. Il était sans doute de sa part légitime de présenter sa démission. Ensuite, c

7:45
Locuteur

'est

7:45
Invité

le président de la République qui l'a maintenu. Il est vrai que changer de milice de l'Intérieur dans un mouvement comme celui-là, qui n'est pas terminé, c'était quand même aussi préoccupant. Mais maintenant, au-delà du constat que l'on peut faire, ce qui compte, c'est ce qui va se passer maintenant. Et donc, il y a à la fois, comme je le disais, une crise d'autorité. Elle doit être maintenant réglée par les moyens qu'il faut mettre en place pour les manifestations de samedi et pour la préparation de l'action du 5 novembre. Et deuxièmement, sans attendre le 5 novembre, il faut qu'il y ait une discussion. Elle est engagée avec les organisations syndicales. Aujourd'hui, il est bien temps.

Mais avec les organisations de jeunes, il faut que ça se fasse le plus vite possible. Car aujourd'hui, ce sont les jeunes, les lycéens qui ont porté des revendications et qui, depuis un mois, ne sont toujours pas entendus sans qu'il y ait même de rencontres qui puissent déboucher sur un relevé de conclusion.

8:38
Locuteur

Pour

8:38
Invité

comprendre ce que vous dites, François Hollande, c'est qu'au fond, le gouvernement et le président payent le fait d'avoir trop attendu avant de répondre aux revendications des manifestants. Là encore, est-ce qu'avoir, s'être exprimé sur Parcoursup, éventuellement donner quelques milliards aux lycéens, est-ce que ça aurait empêché les scènes de chaos qu'on a vues dans les rues de France et dans les villes de France samedi ? Là aussi, je m'étais exprimé il y a à peu près trois semaines.

9:02
Locuteur

Quand

9:03
Invité

j'ai vu les premiers lycées bloqués,

9:05
Locuteur

quand

9:06
Invité

j'ai vu les premiers jeunes dans la rue,

9:08
Locuteur

j

9:09
Invité

'ai prévenu, il n'y a rien de pire pour un président de la République ou pour un gouvernement

9:15
Locuteur

que

9:15
Invité

de laisser des jeunes sans réponse

9:17
Locuteur

faire

9:18
Invité

des mouvements.

9:19
Locuteur

J

9:19
Invité

'avais pris cette métaphore du dentifrice, quand la pâte est partie, c'est très difficile de le remettre dans le tube. Eh bien, il y

9:26
Locuteur

a

9:26
Invité

eu un retard qui a été très préjudiciable. Il

9:29
Locuteur

y

9:29
Invité

a trois semaines qu'il aurait été possible de répondre, pas à tout, pas dans n'importe quelles conditions, avec sans doute un calendrier, notamment sur la réforme de Parcoursup ou sur la nécessité de changer le contrôle continu.

9:43
Locuteur

Mais ça aurait évité les

9:43
Invité

violences, François Hollande, de

9:44
Locuteur

répondre à ces revendications ? Ça aurait

9:45
Invité

évité qu'il y ait eu 500 000 manifestants, car il y en a eu 500 000. Beaucoup plus que ce qui était estimé. C'est le problème. Et ça aurait évité que certains mouvements ultra-violents ne s'y invitent.

9:58
Locuteur

Car

9:58
Invité

les jeunes lycéens n'étaient pas dans cette perspective. Donc oui, il a

10:03
Locuteur

eu

10:03
Invité

fallu régler la question des lycéens avant que les vacances ne soient commencées. Et maintenant, il faut le régler d'autant plus rapidement que les vacances vont bientôt s'arrêter pour le mois de novembre et qu'à partir de là, il peut y avoir une reprise

10:18
Locuteur

et

10:18
Invité

les mouvements de salariés vont encore donner une ampleur à ces contestations.

10:23
Présentateur

Il y

10:24
Locuteur

a

10:24
Présentateur

une dimension éminemment politique dans cette crise, puisqu'on est en campagne électorale. Est-ce que vous faites partie de ceux qui pointent du doigt la responsabilité de la France insoumise dans le climat de violence ? Quand le ministre de l'Intérieur, hier à l'Assemblée, accuse les insoumis d'avoir jeté de l'huile sur le feu, est-ce qu'il a raison ? Est-ce que ceux qui pointent du doigt la France insoumise ont raison ? Ou est-ce que c'est un mauvais procès qu'on fait à l'EFI, selon

10:49
Invité

vous ? D'abord, il faut se rendre compte de ce qui se passe dans le pays,

10:52
Locuteur

de

10:52
Invité

ce qui s'est produit,

10:53
Locuteur

des

10:54
Invité

effets de ces violences et des images qu'elles ont généré. Ce qui s'est produit, ce n

11:02
Locuteur

'est

11:02
Invité

pas un parti politique ou un personnage qui a mis de l'huile sur le feu

11:06
Locuteur

et

11:07
Invité

qui a organisé la manifestation. Ce qui s'est produit, c'est qu'il y a eu des violences, des pillages, du vandalisme et des attaques contre des bâtiments publics.

11:16
Locuteur

Ce

11:16
Invité

qu'on peut reprocher à l'EFI, c'est de ne pas dénoncer

11:20
Locuteur

clairement

11:21
Invité

la violence ou de mettre en équivalence la violence des émeutiers et la violence policière. Ça, c'est intolérant. Mais de faire une fixation sur l'EFI pour ne pas voir ce qui se passe dans le pays, parce que c'est quand même ça dont il s'agit. Il n'y

11:35
Locuteur

a

11:35
Invité

jamais un manipulateur,

11:36
Locuteur

il

11:36
Invité

n

11:37
Locuteur

'y

11:37
Invité

a jamais un organisateur. Il y a hélas des phénomènes qui emportent la violence. Il participe à un climat. Vous citiez, et tout à l'heure Patrick Cohen évoquait certaines des déclarations de Jean-Luc Mélenchon, sur les slogans qu'on peut entendre dans des manifestations, sur le fait que c'était les risques du métier que de voir des policiers et des gendarmes blessés. Est-ce qu'il contribue, est-ce qu'il participe de ce climat

11:58
Locuteur

? Je

11:59
Invité

vais vous dire, aujourd'hui, il y a une gravité. Il y a une situation qui est extrêmement préoccupante pour notre pays,

12:07
Locuteur

puisqu

12:08
Invité

'il peut être dans une crise sociale qui peut durer. Et là, en dehors de toute question de rôle de tel ou tel dans cette manifestation, ou dans ces manifestations. Et puis même, il

12:20
Locuteur

y a

12:20
Invité

une crise financière qui pointe,

12:21
Locuteur

avec

12:22
Invité

des taux d'intérêt qui montent, avec un budget qui paraît difficile à faire adopter. Donc, dans ce moment de gravité,

12:29
Locuteur

ce

12:30
Invité

qui compte, ce n

12:30
Locuteur

'est

12:30
Invité

pas d'aller pointer, même si certains peuvent le faire, moi je ne le ferai pas, la responsabilité de tel ou tel pour la préparation d'élections présidentielles. Ça, c'est une autre affaire. Ce qui compte, c'est de remettre le pays dans l'ordre, dans la stabilité et dans l'apaisement. Pour ça, il faut des mesures d'ordre public, il faut répondre à la crise sociale par le dialogue avec les lycéens et par la préparation de ce qui va se passer après le 5 novembre, quand les organisations syndicales auront fait leur démonstration. Et là, il y aura des négociations salariales qui s'ouvriront dans les entreprises. Et là, il est nécessaire de répondre à la question du pouvoir d'achat.

Et puis, de mettre le pays également dans l'ordre financier. Car on ne peut pas non plus ouvrir une période où notre pays serait déstabilisé par les marchés.

13:15
Présentateur

Alors justement, vous, Président, puisque l'idée ne vous a pas tout à fait quittés, qu'est-ce que vous faites après avoir ouvert le dialogue avec les lycéens, par exemple ? Comment est-ce que vous leur répondez dans la situation financière que vous décrivez

13:28
Locuteur

?

13:28
Invité

Pour l'instant, il y a des réformes que demandent les lycéens qui ne coûtent pas beaucoup d'argent. Revoir le système de Parcoursup, modifier le contrôle continu. Mais ça, le gouvernement sur Parcoursup s

13:38
Locuteur

'y

13:38
Invité

est déjà engagé. Il devrait plutôt le démontrer. Et de la même manière que d'avoir un volant de remplacement plus important de professeurs, de dire aux régions, ce qui est, j'espère, déjà engagé, qu'il y a des réparations à faire en urgence. Peut-être même de le faire sans appel d'offres, de manière à ce que ça puisse aller très vite pour faire les réparations nécessaires. On peut donner des réponses quant au pouvoir d'achat. Il y a aujourd'hui, pas simplement sur la question de l'essence, il y a une demande de revendication salariale. Il faut voir avec le patronat. Parce que quel est l'intérêt du patronat ? Vous aviez tout à l'heure un de ses représentants.

14:13
Locuteur

Et vous

14:13
Invité

entendiez la réponse ? La

14:15
Locuteur

situation financière permettait aux entreprises d'augmenter les

14:17
Invité

salaires.

14:17
Locuteur

Quel

14:18
Invité

est l'intérêt du patronat ? C'est de retrouver de la stabilité. C'est de retrouver de l'ordre. Qu'est-ce qui coûte le plus cher aujourd'hui

14:24
Locuteur

?

14:25
Invité

C'est finalement les dégâts qui sont occasionnés, hélas, à un certain nombre d'appareils commerciaux. Et c'est le risque d'avoir des troubles sociaux. Rien n'est plus économique que de retrouver de la stabilité, de la confiance et du dialogue. François Hollande, vous parliez il y a quelques instants d'un président absent. Si on essaye de tirer quelques leçons politiques de ces derniers jours, on voit un président de la République qui est lâché par ceux qui l'ont soutenu et qui ont été ses ministres ou ses premiers ministres. Edouard Philippe qui explique qu'après l'allocution du président, il aurait préféré des décisions et que le pays a besoin d'être commandé.

Est-ce que vous êtes d'accord avec Edouard Philippe

15:02
Locuteur

? Je

15:03
Invité

trouve qu'aujourd'hui, ceux qui sont dans la majorité, car il y a quand même une majorité, même si elle est relative, devraient faire preuve de responsabilité. C'est-à

15:11
Locuteur

-dire

15:11
Invité

plutôt que de s'en prendre, ou à LFI, ou maintenant au président de la République, devraient se dire qu'est-ce que nous pouvons faire les uns et les autres pour remettre du dialogue, de la stabilité et de l'ordre public.

15:22
Locuteur

Ça

15:23
Invité

vaut aussi pour l'opposition.

15:25
Locuteur

Vous

15:25
Invité

avez rappelé que je suis député socialiste. Je considère aujourd'hui

15:28
Locuteur

que

15:29
Invité

notre rôle, c'est aussi d'apporter de la stabilité et de la cohésion dans notre pays. Ce

15:35
Locuteur

qui

15:35
Invité

veut dire par exemple, dans le cadre des discussions budgétaires, faire en sorte qu'il y ait un budget, ne pas censurer le gouvernement ? Ça veut dire que si des réponses sont apportées aux lycéens, et qui peuvent coûter quelques centaines de millions, peut-être davantage, si des négociations s'engagent pour les salaires, il est assez légitime que le budget en tienne compte. Et donc qu'il puisse y avoir un compromis budgétaire sur ce qui serait accordé aux lycéens, Ce

16:01
Locuteur

n'est pas du tout ce que dit le

16:03
Invité

Parti Socialiste en l'État,

16:04
Locuteur

qui explique

16:05
Invité

qu'à la fin du débat budgétaire, à la fin de ce chemin, il y a la censure.

16:08
Locuteur

Non

16:09
Invité

mais, si des mesures sont prises qui correspondent aux attentes et des Français pour leur pouvoir d'achat, et des lycéens pour trouver

16:17
Locuteur

dans

16:18
Invité

un premier temps une réponse à leur problème, parce que ça sera l'élection présidentielle, j'en ai fait pour moi le sujet principal, la jeunesse, donc ça sera l'élection présidentielle qui devra donner des réponses. Mais s'il y a un compromis qui est trouvé avec les lycéens, un compromis qui est trouvé avec les partenaires sociaux, pourquoi n'y aurait-il pas, non pas un compromis budgétaire où l'opposition voterait le budget, mais ne le censurerait pas, en tout cas c'est ma position. Un mot encore François Hollande avant de passer au standard sur cette expression qu'on entend autour d'Emmanuel Macron d'une fin de règne crépusculaire.

Est-ce que vous avez le sentiment parfois qu'Emmanuel Macron est en train de vivre ce que vous-même avez vécu en décembre 2016, c'est-à-dire un président de la République qui n'est pas en mesure de se représenter, qui est là encore lâché par un certain nombre de ses soutiens ? Est-ce que vous voyez des parallèles entre les deux situations

17:01
Locuteur

? Moi

17:02
Invité

je n'ai pas dirigé le pays dix ans. Ça ne va pas échapper. Ça ne va pas échapper en tout cas. Donc sur

17:09
Locuteur

les

17:10
Invité

fins de mandat, elles sont toujours difficiles. Quel est le rôle d'un président en fin de mandat ? J'ai été dans cette situation. Et dans des moments extrêmement graves pour le pays,

17:20
Locuteur

c

17:20
Invité

'était déjà la suite du terrorisme et puis des conflits qui pouvaient exister.

17:25
Locuteur

C

17:25
Invité

'est d'assurer la cohésion et l'union, quitte à se sacrifier. De laisser une trace,

17:31
Locuteur

qui

17:32
Invité

est de dire je vais terminer mon mandat pour rendre le pays aussi bien que possible en bon ordre. C'est ça son rôle. Ça c'est le rôle, le dernier geste du président qui part, c'est celui de donner un pays en bon ordre. Et le premier geste

17:50
Locuteur

du

17:51
Invité

futur président,

17:52
Locuteur

c

17:52
Invité

'est de contribuer à ce que le pays aujourd'hui, soit en bon ordre au moment où il prendra la responsabilité.

18:01
Présentateur

Alors puisque vous vous projetez sur la présidentielle et sur le ou la prochaine présidente de la République, on a précisément une question d'Emmanuel au standard de France Inter. Bonjour, bienvenue Emmanuel.

18:13
Auditeur

Bonjour, bonjour tout le monde. Bonjour Monsieur Hollande. Bonjour.

18:16
Locuteur

Allez

18:16
Présentateur

-y, on vous écoute.

18:18
Auditeur

Oui, je me dis, face à la menace réelle, doit arriver un parti d'extrême droite à la tête de la France. Multiplier les candidatures me paraît un risque à ne pas prendre.

18:27
Locuteur

Est-ce

18:27
Auditeur

que Monsieur Hollande n'aurait-il pas, par un souci de responsabilité, se rallié au candidat de la primaire, à laquelle il n'a d'ailleurs pas participé

18:33
Locuteur

? Et

18:34
Présentateur

vous, vous avez voté à la primaire Emmanuel ?

18:36
Locuteur

Tout

18:36
Auditeur

à fait, je ne suis pas médecin socialiste, mais j'ai quand même

18:38
Locuteur

voulu participer.

18:39
Présentateur

Et donc vous avez voté pour qui

18:40
Locuteur

? J

18:41
Auditeur

'ai voté pour Monsieur Duxman.

18:42
Présentateur

D

18:42
Locuteur

'accord. Donc

18:43
Invité

François Hollande.

18:45
Locuteur

Et

18:45
Invité

je crois qu'effectivement il y a une primaire, il

18:47
Locuteur

y

18:47
Invité

a un candidat, il y a une campagne.

18:50
Locuteur

Et

18:50
Invité

moi je ne vais pas rajouter aujourd'hui du désordre au désordre.

18:55
Locuteur

Ce

18:55
Invité

n

18:56
Locuteur

'est

18:56
Invité

pas mon propos. Je pense que la campagne présidentielle, elle va commencer après que l'on ait terminé avec cette crise. C'est-à-dire pas avant le mois de janvier, février.

19:05
Locuteur

J

19:05
Invité

'ai toujours pensé qu'une campagne présidentielle, et je parle d'expérience là aussi, ce n

19:09
Locuteur

'est

19:09
Invité

pas six mois, huit mois avant. Non. C'est au moment où l'enjeu est

19:14
Locuteur

précis. Mais François Hollande, la question qui vous est posée par l'éditeur... La question elle est

19:16
Invité

toute simple. J'ai dit qu'il y avait un candidat, que si ce candidat permettait d'accéder au second tour et éviter le rassemblement, pourquoi viendrait-il moi

19:25
Locuteur

-même m'interposé ? Ce matin,

19:26
Présentateur

vous ne dites pas, je me range derrière la candidature

19:28
Invité

de Raphaël Gusson. Je vous dis, la campagne présidentielle, elle n'est pas véritablement commencée. Et dans ces circonstances, celles que nous venons d'évoquer, vous pensez que c'est la question de la présidentielle qui est présente dans l'esprit des Français ? La question qui est, et c'est aussi la mienne, c'est de réglons cette crise -là, et ensuite au mois de janvier, nous commençons. Mais François Hollande, la question qui est posée aussi par certains de ceux qui manifestent dans la rue, c'est une volonté d'alternance. Et dans le cadre de cette volonté d'alternance, est-ce que quand on appartient à un parti qui a désigné, triomphalement,

19:59
Locuteur

il

19:59
Invité

faut le dire, à près de 70% un candidat, est-ce qu

20:03
Locuteur

'il

20:03
Invité

y

20:03
Locuteur

a

20:03
Invité

encore un... Au fond, François Hollande, vous pariez sur le fait que Raphaël Glucksmann s'effondre et que vous puissiez au

20:08
Locuteur

mois de décembre

20:08
Invité

le remplacer ? C'est ça le pari de François Hollande pour être candidat à l'élection présidentielle ? Je ne parie sur rien.

20:14
Locuteur

Il

20:14
Invité

y

20:15
Locuteur

a

20:15
Invité

un candidat qui a été désigné par la primaire du Parti Socialiste avec 120 000 participants, je la respecte,

20:21
Locuteur

mais

20:22
Invité

aujourd'hui, ce n

20:23
Locuteur

'est

20:23
Invité

pas mon problème.

20:24
Locuteur

Le

20:24
Invité

problème du pays, c'est de régler cette crise.

20:27
Locuteur

Et

20:28
Invité

à partir du mois de janvier, je ferai en sorte que tout soit fait pour que le candidat socialiste ou social-démocrate puisse être au second tour. Est-ce que vous souhaitez la victoire de Raphaël Glucksmann à l'élection présidentielle

20:38
Locuteur

?

20:38
Invité

Oui, je souhaite la victoire d'un candidat, en l'occurrence socialiste et social-démocrate, à l'élection présidentielle. Est-ce qu'on en est là ? Parlons franchement, est-ce qu'on en est là

20:48
Locuteur

?

20:48
Invité

La vraie question aujourd'hui, c'est d'écarter l'extraordinaire et de donner un président de la République à la France. Est-ce que la seule puissance, entre guillemets, du Parti Socialiste, il suffira ? Non, il faut s'élargir, il faut s'ouvrir. Et donc vous

21:02
Locuteur

souhaitez sa victoire ? Oui, mais

21:03
Invité

pourquoi ne souhaiterais-je pas la victoire de la famille politique que je représente ? Oui, bien sûr. Et celle de son candidat désigné ? Et celle de son candidat désigné, et faisant tout pour que ce candidat, c'est aujourd'hui Raphaël Glucksmann, soit au second tour de l'élection. Mais je vous l'ai dit, aujourd'hui, la campagne présidentielle, et vous me mettez dans l'obligation d'en parler, je trouve qu'il

21:25
Locuteur

y a

21:25
Invité

même quelque chose, presque de décalé, entre ce qui se passe dans le pays, ce désordre, cette peur qui a saisi nos concitoyens, cette exigence de réponse sociale, et de dire, alors qu'est-ce qui va se passer pour la campagne présidentielle ? Eh bien, nous, au mois de janvier, nous aurons une campagne présidentielle.

21:44
Locuteur

Et si c'est Raphaël

21:45
Invité

Glucksmann, qui bien sûr peut être le candidat,

21:47
Locuteur

Oui, François Hollande, on ne peut pas totalement

21:49
Présentateur

dissocier le climat actuel de la campagne présidentielle,

21:52
Locuteur

puisqu'on est

21:53
Présentateur

en plein cœur, vous dites qu'elle n

21:54
Locuteur

'a

21:54
Présentateur

pas commencé, mais on est franchement dedans, François

21:56
Locuteur

Hollande.

21:56
Invité

Non, on est franchement dedans, parce que les candidats du certainement s'ébrouent dans ce moment-là. Mais vous avez vu des programmes ? Vous avez vu des projets ? Vous avez vu des solutions ? Non. Pourquoi ? Parce que quand on est saisi par ce qui se passe en ce moment, il faut quand même terminer cette année-là, terminer ce mandat, pour que commence une autre

22:18
Locuteur

période.

22:19
Invité

Un dernier mot, François Hollande, sur, pardon là encore, les conséquences politiques de ce qu'on est en train de vivre, à ceux qui disent que le chemin est désormais pavé pour le Rassemblement National. Est-ce que, vous aussi, vous faites l'analyse que les scènes de chaos qu'on a pu voir risquent de favoriser, vont favoriser Marine Le Pen

22:33
Locuteur

? C

22:33
Invité

'est un curieux raisonnement, d 'ailleurs, bien sûr, que je le comprends, de dire, puisqu'il y

22:37
Locuteur

a

22:37
Invité

du désordre, il faut aller chercher la réaction et la force qui viendrait faire de la répression.

22:44
Locuteur

Parce

22:44
Invité

que vous pensez qu'en cas de victoire de Mme Le Pen,

22:48
Locuteur

nous

22:48
Invité

ne vivions pas des situations de chaos, de confrontation ?

22:52
Locuteur

C

22:52
Invité

'est bien ce que cherchent certains. Donc, l'enjeu aujourd'hui, c'est de retrouver, c

22:58
Locuteur

'est

22:58
Invité

pour ça que j'ai évoqué l'union et de la cohésion.

23:00
Locuteur

Il

23:01
Invité

faudra que le prochain président de la République ne divise pas, qu'il rassemble, qu'il réunisse, qu'il crée enfin une espérance, une vision, une capacité d'action, sans doute avec des mesures extrêmement difficiles à prendre, beaucoup plus difficiles que même que celles qu'on imagine aujourd'hui. Parce que c'est le plan de redressement de toute la nation française qu'il faudra engager. Eh bien, pour cela, ce n

23:23
Locuteur

'est

23:23
Invité

pas en prenant un parti qui va fracturer, diviser, qui va utiliser ou en tout cas susciter l'agence, que d'ailleurs la gauche radicale attend aussi, une espèce de confrontation entre les extrêmes. Non, ce n

23:36
Locuteur

'est

23:36
Invité

pas ce que nous voulons pour la France. Et c'est la raison pour laquelle nous devons sortir de cette période pour ouvrir au mois de janvier, j'espère, une campagne électorale qui aura cette dimension.

23:46
Présentateur

Merci François Hollande d'être venu au micro de France Inter ce matin. Alors,

23:50
Locuteur

à

23:50
Présentateur

la revue.