Bonjour chez vous ! du 29 janvier 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce jeudi 29 janvier pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Le Sénat rejette la loi sur la fin de vie et la création d'un droit à mourir. Le texte est renvoyé à l'Assemblée, une loi qui a divisé au sein même de chaque an. Dans une demi-heure, on va recevoir une voix dissonante à gauche. C'est la présidente du groupe communiste au Sénat, Cécile Kuckerman. Le budget ne repassera pas par un débat au Sénat.
Le jugeant mauvais, les sénateurs le renvoient directement à l'Assemblée. Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Hisson, nous explique pourquoi dans quelques instants. Quelle est votre manière de vous informer ? Télé et radio sont-elles toujours les sources privilégiées ? Quel est l'impact des réseaux sociaux ? On en parle dans une heure avec Catherine Gentil de Caneco, de membres de l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel et le sondeur Frédéric Dhabi. Et puis à la une de nos régions, comment les candidats aux municipales financent leur campagne ? Ils sont nombreux à le faire sur leur denier personnel, notamment dans les petites communes.
On ira dans le Var, à Montfort-sur-Agent. Bon, merci. Voilà pour le programme. Merci à tous d'être avec nous. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. On commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Guimet à la... Bonjour Aurélien. Merci Guimet à la une de ce jeudi 29 janvier.
Le Sénat qui rejette donc la loi sur la fin de vie. Oui, 181 voix contre 122. Hier, la proposition de loi du député Olivier Fallorni crée un dispositif d'aide à mourir. Un texte vidé de sa substance par le Sénat. Le texte sera examiné en deuxième lecture à l'Assemblée nationale à partir du 16 février. Clément Guilhonneau. 181 voix contre et 122 pour. Le Sénat a rejeté hier après-midi la proposition de loi sur l'aide à mourir. Il ne restait dans le texte qu'un droit opposable au meilleur soulagement possible face à la douleur.
Lors des débats houleux la semaine dernière, la droite sénatoriale, plutôt opposée à toute aide à mourir, était parvenue à supprimer l'article 4 de la loi qui fixait les conditions d'éligibilité au suicide et à l'euthanasie.
Nous considérons comme dangereux l'approche telle qu'adoptée par l'Assemblée nationale. D'autre part, car la création d'un droit opposable au soulagement
qui va de pair avec un texte ambitieux en faveur des soins palliatifs nous semble être la réponse la plus équilibrée au débat qui existe dans notre société
ainsi qu'aux réflexions qui traversent chacun de nous à un moment de notre vie.
Si une partie de la droite a donc voté pour le texte, la gauche, elle, l'a largement rejeté.
Les soins palliatifs et la sédation profonde et continue ne répondent pas à toutes les situations de fin de vie. De nombreux médecins se retrouvent ainsi seuls à devoir répondre à ces situations de souffrance non couvertes par le droit actuel et à prendre cette décision finale. L'objet de ces débats aurait dû être de mettre un terme par la loi à cette hypocrisie.
Même constat du côté des macronistes RDPI. Pour François Patria, le Sénat s'est montré rétrograde. Je pense que le Sénat qui avait repris des couleurs qui dans le débat démocratique actuel, dans la conjoncture politique s'est montré à la fois raisonnable, offensif, constructif sur les débats de société une nouvelle fois risque de se discréditer. Après le rejet du texte sur l'aide à mourir, les sénateurs ont tout de même adopté à une très large majorité la proposition de loi plus consensuelle visant à permettre un égal accès aux soins palliatifs sur tout le territoire. Les sénateurs qui examinent aujourd'hui un texte sur la relance des hydrocarbures en Outre-mer.
De son côté, le gouvernement va émettre un avis négatif sur le projet. Il s'agit d'une proposition de loi du sénateur guillanais Georges Patient mais elle fait débat au sein même du gouvernement. Et puis l'Assemblée nationale a supprimé le devoir conjugal. Oui, Auriane, un vote à l'unanimité. Le texte a été adopté à 106 voix pour et zéro contre. La notion de devoir conjugal avait beau être absente du code civil, et certains magistrats continuaient de l'utiliser. Le texte doit désormais être examiné au Sénat.
À l'international, l'Iran se dit prête à répondre à toute attaque américaine.
Hier soir, Donald Trump a intensifié la pression sur le pays et a sommé Teheran de conclure un accord sur le nucléaire. L'Iran, de son côté, a riposté. Teheran a le doigt sur la gâchette, selon le chef de la diplomatie iranienne, qui se dit prêt aussi à discuter d'un accord, je cite, « juste et équitable sur le nucléaire ». Paris, de son côté, va soutenir l'inscription des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Il s'agit d'une demande du ministre italien des Affaires étrangères.
Merci, Guimet. À tout de suite. On va parler des budgets qui sont les gagnants, qui sont les perdants. Vous nous direz ça dans quelques instants. On va évidemment parler avec vous, Jean-François Hisson. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, sénateur à l'air de la Meurthe-et-Moselle, rapporteur général du budget ici au Sénat. Le Sénat qui ne réexamine donc pas le budget. Vous allez nous expliquer pourquoi dans quelques instants. Mais d'abord, on va regarder comme tous les jours les unes de la presse régionale. D'abord, la une de l'Alsace, centrale de Fessenheim.
Un chantier de 15 à 20 ans, pardon, EDF, qui a précisé hier le calendrier du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim. La durée potentielle de cette entreprise titanesque a été revue à la hausse jusqu'à 20 ans de travaux, peut-être même plus. Le chantier qui doit démarrer au mois de mai. La deuxième une, c'est celle du Courrier de l'Ouest. Cocaïne, le cartel opéré dans un village de Langeou, depuis l'Amérique du Sud, la drogue mélangée à la pulpe de fruits traversait l'Atlantique jusqu'à Noyant Village où un laboratoire la transformait. Et puis dernière une, celle du Dauphiné. Des communes en manque de candidats. Vouloir monter une liste pour les municipales est une chose.
Trouver des volontaires pour y participer en est une autre. Car la crise de l'engagement se fait sentir, et pas seulement dans les petites communes. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Je pense, peut-être pour surprendre, mais le démantèlement de Fessenheim. Je pense que ça démontre à l'époque une forme d'improvisation, de décision prise à mauvais escient, contre-productive, puisque c'était le moment à la fin des années, c'était 2019-2020, c'était dans la suite des propos à l'époque de Ségol-Royal des gouvernements de gauche, la fin du nucléaire. Et puis, à un moment, il y a eu, je pense, un sursaut.
Les uns et les autres ont quand même compris que ce choix énergétique finalement visionnaire, alors il y a toujours le sujet des déchets nucléaires, mais visionnaire parce qu'il permet d'abord une souveraineté énergétique, et puis il permet une production d'énergie électrique décarbonée, ce qui répond quand même à un des sujets de préoccupation majeure de nos sociétés et toutes générations confondues.
Donc cette fermeture a été une erreur ?
C'est évidemment prise dans la précipitation. Je crois qu'en fait, ça symbolise, à mon avis, parfaitement, cet exemple et d'autres, la difficulté aujourd'hui pour finalement le législateur et les gouvernements de ne pas céder aux tentations de l'instant, de l'émotion et de retrouver le temps de la mise en perspective. J'ai l'habitude de dire que depuis la nuit des temps, une heure c'est 60 minutes, une minute 60 secondes, et à vouloir aller, comme le dit l'expression populaire, plus vite que la musique, on finit par se ratatiner complètement.
On va parler du budget dans quelques instants qui revient en séance au Sénat aujourd'hui, mais d'abord la loi sur la fin de vie rejetée hier par les sénateurs avec la création d'une aide à mourir. Est-ce que vous vous attendiez à ce que ce soit un tel texte qui sorte du Sénat ?
– Deux éléments, d'abord je me suis à titre personnel peu impliqué parce qu'il ne vous a pas échappé que le gouvernement nous laisse sur le grill en permanence avec beaucoup d'intermoignements et de changements de pieds. Je pense qu'il y a deux sujets. Il y a d'abord un sujet philosophique, un peu anthropologique sur le sujet fin de vie, aide à mourir. Et je pense que nous ne sommes pas encore arrivés à maturité. Et il faut se prémunir d'une chose, c'est d'avoir des positions très radicales. Je pense qu'il faut continuer encore un peu de travailler ce sujet.
– Mais est-ce que là la majorité sénatoriale, elle n'a pas eu une position très radicale ?
– Mais personne… – A tout détricoter, à tout rejeter. – Vous savez, ce n'est pas tout. Il y a des courants de pensée, il y a des points de vue différents dans toutes les familles politiques, dans les majorités comme dans les minorités. C'est la raison pour laquelle je dis, je pense qu'il y a besoin de travailler encore. Est-ce qu'il faut une étape, entre guillemets, définitive ou une étape intermédiaire ? Il y a une chose qui paraît évidente. On a le sujet des soins palliatifs. Je suis plutôt, moi, sensible à ce point de vue qui est la carence en soins palliatifs ou à écouter la communauté médicale.
Lorsqu'il y a soins palliatifs, il y a beaucoup moins, semble-t-il, de sujets sur pourquoi laisser, dans certains cas extrêmes, évidemment, les personnes souffrir alors qu'on devrait avoir les dispositifs.
– Mais les soins palliatifs, ils doivent être complémentaires pour vous à l'aide à mourir ou ils doivent être un préalable à l'aide à mourir ?
– De mon point de vue, et à ce stade, un préalable.
– Un préalable. Donc ça veut dire que le texte qui va repartir à l'Assemblée, qui va revenir au Sénat, est-ce que les sénateurs seront sur une ligne plus de compromis dans un deuxième temps ou est-ce que vous allez rester sur cette ligne radicale ?
– Je pense que c'est trop tôt pour le dire. Ça invite évidemment chacune et chacun à réfléchir. Et puis vous savez, finalement, le Parlement, il est d'une certaine manière le miroir de la société.
– On va parler du budget, de retour en séance au Sénat. Est-ce que vous allez le renvoyer directement à l'Assemblée sans l'examiner ?
– Oui.
– Pourquoi ?
– Écoutez, je pense que la plaisanterie, c'est un mot qui n'est peut-être pas adapté, mais elle a assez duré. il y avait un triptyque. Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. Écoutez, entre le dépôt du projet de loi de finances par le gouvernement, qui était d'ailleurs plutôt le travail préparatoire effectué sous l'autorité de l'ancien Premier ministre François Béroux et la situation dans laquelle on est aujourd'hui, en quatre mois, que de changement de pied, que de revirement. Je dirais que, comme j'ai dit, tout ça pour ça. On nous a expliqué qu'il y avait besoin de débattre. Alors effectivement, à l'Assemblée, ils ont débattu 38 jours.
Ils ont voté, après avoir longuement débattu, sur la première partie uniquement des recettes, une voix pour, 404 contre. Est-ce que ce n'est pas, d'une certaine manière, une alerte sur le fonctionnement de notre démocratie ? Nous avons, de notre côté, examiné en totalité. Voilà, on a fait des choix. Alors évidemment, comme l'Assemblée nationale et le Sénat n'ont pas la même composition ni d'élus, ni de majorité, mais au moins, c'est la démocratie. On débat. Après, il y avait la possibilité, la faculté d'utiliser l'article 49.3.
Mais je comprends qu'avec cette, finalement, folle décision d'avoir choisi la dissolution de l'Assemblée nationale à l'été 2024, il y a une espèce de majorité introuvable, impossible, qui finalement, ça ne sont pas que des compromis.
Mais vous vous dites quoi ? Le Sénat n'a pas été entendu ? Le Sénat n'a pas été écouté ?
Alors, il a été entendu, pas trop écouté, mais davantage qu'à certaines époques, si vous voulez. Donc, je pense qu'il faut essayer de trouver la voie de l'équilibre, de la raison, mais surtout, penser à l'étape d'après. L'étape d'après, c'est le redressement des comptes publics. Et là, il y a un échec, échec et mat, pour le gouvernement.
On va écouter ce que dit le gouvernement, justement, de ce travail avec le Sénat. C'était hier, au micro d'Alexandre Poussard, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifousse. Le gouvernement a mis en place une méthode, une recherche de compromis, de consensus, avec des parlementaires issus de sensibilités différentes,
de gauche, de droite, du bloc central, l'Eliot à l'Assemblée nationale, mais ici, au Sénat aussi. Les sénateurs ont pris une part importante sur la part collectivité de ce texte. Donc, dire que ce texte est simplement à rejeter d'un revers de main,
en tant que membre du gouvernement, je ne le pense pas du tout. J'assume pleinement ce texte, mais je crois que les sénateurs ont pris toute leur part dans sa construction. Il n'était pas à rejeter d'un revers de main, ce texte ?
Écoutez, c'est assez contradictoire, le point de vue du gouvernement. Parce que le gouvernement dit, il nous faut un budget avant fin janvier. Il a choisi d'entamer une seconde lecture à l'Assemblée nationale, et au bout de quelques jours, il a dit, stop, mission impossible, il n'y a rien à faire. Il faut faire attention de ne pas se retrouver en contradiction permanente. On donne, je le dis, je pense que le Parlement, avec cette nouvelle méthode, ne donne pas une bonne image de la vie politique, de la vie publique. Je comprends, j'entends la lassitude de nos concitoyens, leur exaspération, et il nous appartient d'y répondre.
Il nous appartient d'y répondre en responsabilité, en participant au devoir le plus difficile, qui est de redresser les comptes publics.
– Mais est-ce que le rapporteur général du budget que vous êtes est quand même soulagé qu'il y a un budget fin janvier, début février ?
– Mais bien sûr, on l'était tout autant l'an passé, mais je pense qu'il y a, comment dirais-je, de mauvais choix.
– Comment vous le qualifiez, vous, ce budget ?
– Il est, j'ai failli dire, il est un budget de l'inutile. Il est un budget beaucoup moins utile pour le pays. Il ne fait pas des choix courageux, alors que le Président de la République, lors de ses voeux, j'ai retenu qu'il fallait que ce soit une année utile pour la France. – Mais vous n'allez pas jusqu'à dire qu'il est mauvais ? – Comment ?
– Vous n'allez pas jusqu'à dire qu'il est mauvais ?
– Il est à contre-courant. L'an passé, on redressait la situation de 24 milliards. Cette année, c'est la reprise de la dégradation. Nous allons dégrader de 3 milliards le budget. Écoutez, je pense qu'on est sur la mauvaise pente. Mais quand je dis on est la France, donc c'est un problème de crédibilité, de crédit de la France vis-à-vis de l'Europe et de ses partenaires. C'est également le discrédit de la classe politique. Et moi, j'ai du mal à accepter ce discrédit quand on s'efforce au Sénat de chercher et de trouver certaines pistes et solutions.
– Et justement, on va voir ce que change concrètement ce budget pour les Français qui sont les gagnants, qui sont les perdants. On va commencer par les grands secteurs et on en viendra après à notre porte-monnaie.
D'abord le grand gagnant, Guimet. – Oui, alors tout d'abord le grand gagnant, c'est le budget de nos armées qui va être nettement renforcé. Plus 6,7 milliards d'euros de plus pour l'armée par rapport à 2025 en raison du contexte géopolitique très incertain et des nouvelles menaces extérieures. La loi de programmation militaire prévoit d'augmenter le budget de la défense de 36 milliards d'ici à 2030. Il y a aussi l'éducation qui voit son budget légèrement augmenter, ce qui doit permettre de créer 7 900 postes d'enseignants stagiaires. Mais comme prévu, 4 000 postes d'enseignants titulaires sont supprimés.
En revanche, pour mieux accompagner les enfants en situation de handicap, 2 000 postes vont être créés, qu'il s'agisse d'accompagnants ou d'enseignants spécialistes.
– Et ça, c'est un sujet qui a fait débat, Jean-François Husson, notamment pour les Français qui nous regardent, qui se disent qu'il y a des classes où il manque des enseignants et on supprime 4 000 postes. Vous assumez ?
– Le travail, quel est-il ? Vous avez une baisse des effectifs dans les classes et dans les écoles. Et vous avez un arbitrage à faire qui est à la fois dans les territoires peu denses, où là, on peut comprendre que même quand il y a regroupement, s'il y a une chute des effectifs, il faut traiter 3 sujets. Garder un bon niveau d'instruction générale pour les acquis des fondamentaux, pour donner le meilleur parcours à chacun. Et deuxièmement, le temps de parcours des enfants, les enfants ne doivent, de mon point de vue, ne pas faire plus d'une heure et demie, une heure trois quarts au total dans la journée de transport. Et donc là, il y a un effet discriminant.
Sur le reste, en ville comme dans les campagnes, le fait d'avoir une baisse de la démographie, c'est un peu comme les retraites. On peut être dans le déni, et le déni finira par nous coûter cher. La priorité sur l'éducation, c'est de donner l'égalité des chances au départ et d'essayer de corriger et d'accompagner. C'est là où on doit avoir un travail. Mais je vais vous dire, aujourd'hui, dans les écoles primaires, les enfants font la semaine, parfois, de 45-48 heures. C'est-à-dire, presque, ils quittent le domicile des parents à 7h le matin et ils reviennent à 7h le soir, 4 fois 12, 48, quand un certain nombre de parents font beaucoup moins d'heures, voire pour certains, pas beaucoup.
Donc on voit bien qu'il y a un déséquilibre. Certes, ça n'est pas que le temps scolaire, il y a le périscolaire, mais il faut regarder tout ça. Et je pense que c'est un vrai sujet de société avec un projet éducatif autour, à bien construire, en bonne intelligence, entre l'État éducation nationale, et puis l'État et les collectivités, dans leurs composantes, sur ce temps périscolaire et extrascolaire.
Il y a aussi, dans l'éducation supérieure,
des bonnes nouvelles pour les étudiants. Oui, et ça se passe au Restou, avec le repas à 1 euro à partir du mois de mai, 1 euro pour tous, boursiers et non-boursiers. Par ailleurs, les bourses sur critères sociaux resteront au même niveau qu'en 2025, mais changement important pour les étudiants non-européens qui ne recevront plus d'aide au logement, sauf s'ils sont boursiers. Il y a aussi des changements au niveau de la politique du logement. Oui, grâce au dispositif Jean Brun, l'objectif, c'est de favoriser l'achat d'appartements par des particuliers, des appartements que les nouveaux propriétaires devront s'engager à louer pendant 9 ans à un prix inférieur à celui du marché.
Alors, ça marchera pour le neuf, mais aussi pour les appartements anciens, dont 30% du prix est investi en travaux. Le ministre du Logement, Vincent Jean Brun, espère ainsi la construction d'environ 50 000 logements par an. Et enfin, le dispositif Ma Prime Rénov' est maintenu. Concernant les aides sociales, elle bénéficie de la volonté de compromis de Sébastien Lecornu ? Oui, notamment la prime d'activité qui va être revalorisée d'environ 50 euros par mois pour les travailleurs modestes. Et puis, on oublie l'interdiction de cumuler les allocations décennées aux adultes handicapés et la prime d'activité.
Ce projet qui avait été un temps évoqué aurait fait perdre jusqu'à 170 euros par mois à près de 100 000 personnes. À retenir enfin que globalement, les prestations sociales ne seront pas gelées cette année, mais bien revalorisées sur l'inflation.
Sur ce sujet des aides sociales, il y a eu des compromis un peu de dernière minute aux socialistes. Que vous comprenez ? Que vous vous approuvez ?
Je veux dire, un certain nombre de compromis posent question. Vous avez évoqué le repas à 1 euro. Ça ne répond à aucune logique. C'est de la discrimination aux bénéfices défavorisés. Le ciblage sur les étudiants boursiers est bien. De mon point de vue, il fallait revaloriser, bouger sur l'aide vis-à-vis des jeunes qui ont le moins de moyens parce que souvent, ils sont dans une forme de précarité dans l'habitat et ensuite pour se nourrir. Je ne comprends pas. Ça part dans tous les sens. Il n'y a aucune logique. Alors je comprends. On achète la paix et on achète, en fait on met le casque blanc ou le casque bleu pour éviter la censure.
Le prix de la censure ou de la non-censure plutôt, ce pécher, elle n'obéit pas à des logiques. C'est de la négo, ça ne met pas la France ni les politiques d'accompagnement par exemple là des étudiants sur une voie de la raison que tout un chacun peut comprendre.
On regarde maintenant ce qui va se passer pour les agriculteurs en pleine crise agricole. Qu'est-ce qu'ils peuvent espérer de ce budget ?
Alors parmi ces mesures, on retient le soutien à l'arrachage viticole mais aussi un fonds hydraulique qui accompagnera financièrement les projets de stockage d'eau. Il y a aussi un soutien financier prévu pour les céréaliers et quant au fonds d'urgence pour lutter contre la dermatose nodulaire, il sera doublé pour atteindre 22 millions d'euros. Alors voici pour les dépenses, sachant que le gouvernement reste sur l'objectif d'un déficit à 5% du PIB d'ici fin 2026. 12 milliards d'euros supplémentaires à sortir par rapport à l'an dernier.
Alors 12 milliards d'euros compensés pour moitié par la réduction des dépenses, pour l'autre moitié par la hausse de la fiscalité mais dans le détail, et c'est important dans notre quotidien, aucune augmentation d'impôt n'est prévue pour les ménages dans ce projet de loi de finances. Le barème sur l'impôt sur le revenu est simplement indexé sur l'inflation. Pas de changement non plus dans les crédits d'impôt jusque-là en vigueur, par exemple pour les emplois à domicile et maintien également de l'abattement de 10% pour les retraités et les indemnités journalières pour affections longue durée sont exonérées.
Et Guilmette, vous avez des questions.
Oui, tout à fait. Alors l'agence de notation au Moody's dit douter de cet objectif et prévoit un déficit de 5,2%. Est-ce que vous comprenez ces craintes ?
Oui.
Il est en français, ce budget ?
Écoutez, moi je ne vais pas faire de procès d'intention. Je constate, quand vous trouvez des solutions au mois de janvier que vous n'aviez pas au mois de décembre ou la main sur le cœur, vous expliquiez notamment au Sénat qu'il n'y avait aucune marge de manœuvre, je pense que ça manque de sérieux. Et finalement, ça me rappelle des temps proches. Ça me rappelle l'époque de Bruno Le Maire qui, telle la cigale, nous chantait que la France avait des contes qui étaient au vert, que tout allait bien, que ces sénateurs qui chantaient ou entonnaient une forme de complainte sur une dégradation des contes, on nous a fait passer pour des pleurnichards, voire des menteurs.
Et puis, la vérité s'est avérée conforme aux craintes et aux diagnostics que l'on posait.
Mais là, que le gouvernement pêche par excès d'optimisme ou qu'il cherche à cacher des choses ?
Non, je pense qu'il maquille certaines réalités. Subitement, on trouve des recettes supplémentaires, ce qui permet, sur les impôts, ce qui permet au gouvernement, de mon point de vue indûment, de changer ses bases de réflexion et de redonner de l'optimisme. Tout ça, sauf miracle, ne tiendra pas. Ne tiendra pas. On a une difficulté, je pense. Alors oui, quand on dit la vérité et qu'on retrouve ses manches et donc qu'on demande un effort, on s'expose à des défaites électorales.
Mais si c'est pour placer la France sur le chemin du redressement de ses comptes, pour qu'elle retrouve de la santé, pour qu'on redonne des perspectives, si vous voulez, je ne suis pas masochiste, mais enfin, je préfère dire la vérité, accompagner et démontrer par l'exemple les raisons pour lesquelles on a besoin de produire ses efforts, plutôt que de rester dans le déni en se disant, tenons, tenons, peut-être jusqu'à 2027. Je dis une chose. Si on ne fait pas preuve de davantage de courage, 2027 pourrait être une catastrophe.
– Dans quel sens ?
– Écoutez, on voit bien les courants de pensée. On voit bien la poussée des deux extrêmes. La poussée des deux extrêmes se nourrit de décisions que nous n'avons pas le courage de prendre. Évidemment que c'est difficile. Je me suis dit, nous avons ici défendu des modifications, des réformes sur un certain nombre de niches fiscales, balayées par le gouvernement, et j'ai moi-même échoué en défendant certains efforts sur des niches fiscales. et bonsoir de sort, il faut dire la vérité. À un moment, il va éclater. Là, on se permet de contenter tout le monde. On avait proposé un effort collectif, il n'y a plus aucun effort collectif.
Mais les Français, enfin moi j'en entends un certain nombre, notamment là dans ces périodes de vieux, qui nous disent, de grâce, tenez, restez raisonnable, au moins vous êtes sérieux. Je dis oui, mais je constate qu'on n'est pas très entendus. Parce qu'évidemment, on préfère plaire en promettant, ici un baume apaisant de quelques jours. Voilà, je pense qu'on n'est pas au rendez-vous de notre responsabilité, qui est de replacer la France là où elle devrait être. Regardez aujourd'hui, où est le couple franco-allemand ? Souvenez-vous, 2017-2018, Angela Merkel, Emmanuel Macron, il n'y a plus personne. Regardez notre agriculture.
L'agriculture française aujourd'hui est en grande difficulté, parce qu'également, l'agriculture au niveau européen souffre de difficultés. Or, les agriculteurs, ils doivent toujours être les pionniers. Pourquoi ils doivent être les pionniers et avoir une longueur d'avance ? Parce qu'ils nourrissent la planète et que pour nourrir les gens, il faut toujours être en capacité d'anticiper. Eh bien là, on s'est ratatiné.
Avant la présidentielle, il y a les municipales, et notamment chez vous à Nancy, où on va aller. Bonjour Mickaël Demault, merci beaucoup d'être avec nous. Mickaël, directeur départemental des éditions de Meurthe-et-Moselle de l'Est républicain. Mickaël, on va donc parler des municipales à Nancy, et notamment de ce qui se passe à droite. Oui, bonjour Jean-François Lusson, bonjour Public Sénat. Je voulais savoir ce matin, quelle est la stratégie exacte des LR à Nancy ? Vous êtes parti très tard, les signes de volonté de victoire n'ont pas toujours été au rendez-vous, alors est-ce que vous comptez vraiment gagner Nancy ?
Enfin, dans la vie, et à titre personnel, à titre collectif, je suis toujours dans un esprit de gagner. Et pour gagner, il faut globalement toujours un peu de temps, et quand on essaie de rassembler largement, ce qui est plutôt d'ailleurs la marque de fabrique de la droite et du centre, à l'époque d'André Rossineau puis de Laurent Hénard, on a toujours essayé dans une ville qui est une ville en termes de courant politique où il y a une extrême gauche qui est assez forte, où il y a eu des percées écologiques ou écologistes, comme dans beaucoup de villes, il faut peser pour avoir un score le plus important possible au premier tour. Et pour ça, il faut rassembler largement.
Et donc, dans ce rassemblement large, je crois qu'aujourd'hui, on y est parvenu.
Michael, vous avez une autre question ?
Oui, alors sur le rassemblement,
on a l'impression parfois que ce n'est pas tout à fait le cas parce qu'il y a un candidat Renaissance à Nancy qui n'est pas soutenu par Gabriel Atta, qui soutient Laurent Hénard, que vous soutenez. Il y a un grand nœud à ce niveau-là. Est-ce que vous allez parvenir à faire le rassemblement total de la droite et du centre avec Renaissance ?
C'est l'objectif fixé et poursuivi par Laurent Hénard ? Je pense, et en tout cas, j'espère, et j'appelle chacun à la responsabilité parce que c'est mieux d'avoir, comment dirais-je, une équipe qui rassemble largement pour une raison simple. C'est que je pense que pour produire les efforts nécessaires, et à Nancy, il y a quand même quelques sujets, que ce soit sur la fiscalité, que ce soit sur la sécurité, que ce soit sur la qualité environnementale et notamment les sujets de propreté, il y a du travail à faire et pour ça, il faut avoir une ambition et l'ambition, elle est d'autant mieux exprimée qu'elle est portée largement et de manière collective.
Est-ce que plus largement, Jean-François Hélion, au-delà de Nancy, les LR, ils jouent gros sur ces municipales ?
Oui, bien sûr.
Vous êtes inquiet ?
Si on n'était pas inquiet, ça voudrait dire qu'on ne voit pas ce qui se passe. donc c'est d'ailleurs une inquiétude là aussi générale qui traverse, je pense, toutes les familles politiques.
Est-ce que vous redoutez qu'une partie de votre électorat aille vers les candidats RN ?
Ils vont un peu partout depuis un certain temps et effectivement, un certain nombre, je pense, sont allés plutôt vers l'extrême droite, d'autres ont choisi de passer leur tour et c'est notamment un sujet dans les grandes villes. Ça veut dire que dans les grandes villes, il faut comprendre les évolutions de la société, il faut les porter, il faut les soutenir. Moi, je fais partie de ceux et je ne vais pas changer d'avis qui pensent que la composante environnementale, les préoccupations écologiques et climatiques sont, je dirais, de même importance que les compétences d'équilibre budgétaire.
Et ça, c'est quelque chose que les LR ne comprennent pas ?
Les LR, la droite, n'ont pas, je dirais, d'ambition suffisamment forte et affirmée. Alors, en disant ça, je prends un risque, j'assume complètement. Ça fait longtemps que je me bats sur ces sujets. J'ai parlé d'agriculture. Là, l'agriculture, je le redis, elle reste, je dirais, c'est le secteur primaire, c'est l'économie primaire. Elle s'est affaiblie. La composante écologique et environnementale, bien sûr, qu'aujourd'hui, elle fait partie de nos préoccupations.
Et donc, le fait d'être un peu hémiplégique sur le sujet, en tous les cas, de mon point de vue, trop, nous porte, en tous les cas, préjudice, parce que les gens, je vais le dire d'ailleurs, les électeurs âgés, dont on dit, sont conservateurs, les électeurs âgés, vous savez de quoi ils vous parlent ? De leurs petits-enfants, de l'avenir. Et l'avenir, ils voient bien qu'il se passe des choses parce qu'ils se souviennent qu'il y a 80 ans, on n'avait pas des phénomènes climatiques comme on connaît aujourd'hui. Alors certes, vous avez toujours des complotistes ou des gens qui doutent, mais en majorité, les scientifiques nous le montrent, il y a de vrais sujets.
Eh bien, à ces sujets, il faut aujourd'hui que la droite prenne toute sa place et je pense qu'on a encore des marges de progrès à faire. En tous les cas, c'est un point de vue que je défends. J'ai conscience, je le redis, qu'aujourd'hui, il est insuffisamment porté au léqueur et en avant.
Merci beaucoup. On va remercier Michael Debeau. Merci Michael d'avoir été avec nous la Une de l'Est républicain. C'est du cinéma, les Césars. Nancy, star des Césars 2026. Merci beaucoup Michael d'avoir été avec nous et merci Jean-François Husson. Merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. Guimette, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse. Oui, et on parlera de cette soirée hier soir en Ligue des champions qui a vu Marseille éliminée. Déficile soirée pour les supporters marseillais. Pas pour vous.
C'est pour le foot en général. Moi, je suis sportif, footeux, donc je veux toujours gagner.
Nous, si on aurait aimé. Merci beaucoup Jean-François Husson et on accueille tout de suite notre prochaine invitée. C'est la présidente du groupe communiste ici au Sénat, Cécile Kukerman qui nous rejoint. Bonjour Cécile Kukerman. Bonjour. Merci d'être notre invitée. Vous êtes sénatrice de la Lourde, présidente du groupe communiste ici au Sénat. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien. Bonjour Auriane. Bonjour Madame Kukerman. Bonjour. On va commencer en parlant du budget de retour en séance au Sénat. Aujourd'hui, un retour qui va être très bref.
Le Sénat ne réexaminera pas ce budget, le renvoie directement à l'Assemblée. Vous le comprenez ? Non, je ne le comprends pas et d'ailleurs, nous allons le dénoncer par l'intermédiat de la voix de mon collègue Pascal Savoldelli dès ce matin. Tout d'abord, ce budget a été fortement travaillé ici au Sénat par la droite sénatoriale. Il n'a pas été rejeté par la droite à l'Assemblée nationale. Donc, je crois qu'il faut maintenant assumer ce budget de rigueur. Ce n'est pas le choix qui est fait et nous déposerons une motion tout d'abord d'irrecevabilité parce que nous pensons qu'il ne répond pas aux principes de la République et donc il est anticonstitutionnel.
Il ne garantit pas l'égalité sur les territoires. Il ne garantit pas l'égalité entre les différents milieux sociaux. Il n'incarne pas les principaux droits essentiels et fondamentaux auxquels ont droit les Français. Et une fois que la discussion aura eu lieu, nous ne prendrons pas part à cette motion de rejet qui, pour nous, est finalement une mascarade plus qu'une volonté d'une affirmation politique.
– Madame Kivjerman, est-ce qu'il n'est pas temps de passer à autre chose ? Je vous dis ça parce qu'on se projette
bientôt sur les municipales. On s'est enlisé dans le débat budgétaire depuis des mois. A priori, si on continue dans cet enlisement, on risque de pénaliser encore plus la France. Est-ce qu'il n'est pas temps de passer à autre chose ? – Vous avez totalement raison. D'ailleurs, depuis un an et demi, nous avons dit que cela ne marcherait pas. Je n'ai aucune difficulté à dire qu'il faut passer à autre chose, mais passer à autre chose, ce n'est pas mettre la poussière sous le tapis.
Et tant que nous fonctionnerons ainsi, au mépris des résultats des élections législatives, au mépris de ce qu'attendent les Français, il y avait une dernière enquête d'opinion, bien évidemment, cela vaut ce qu'elle vaut. Seulement 8% des Français disent se reconnaître dans ce budget. Donc, on peut passer à autre chose. On peut continuer de générer de la colère et de la frustration dans l'ensemble de nos territoires. On peut accélérer cette volonté de passer outre ce à quoi attendent les Françaises et les Français. Mais ne venons pas pleurer quand les résultats devant les urnes ne seront pas ceux que l'ensemble de ceux qui ont encore un esprit républicain dans ce pays attendent.
– Mais c'était quoi la solution alternative compte tenu des divisions à l'Assemblée ?
– Des nouvelles législatives ?
– Attendez, d'abord, les divisions à l'Assemblée ne sont pas nouvelles, je le redis, ce que j'ai toujours dit d'ailleurs ici même, quand on appelle celui qui a perdu pour essayer de chercher un compromis et gouverner, ça ne fonctionne pas. Ça n'a pas fonctionné. Donc, soit effectivement… – Ça a marché
pour le PLFSS, pour le projet de loi de finances et la sécurité sociale.
– Qui n'est pas un engagement tel que le projet de loi de finances. Ça marche sur plein de lois. Dans ce cas-là, on peut les énumérer. – Là, le compromis avec les socialistes, il a l'air d'avoir fonctionné. – Mais donc, attendez, ça, très bien. Mais après, chacun assumera les compromis qu'il fait et l'incidence que cela a dans la vie des Français. Donc, ça, j'ai aucune difficulté. – Et donc, l'alternative ? – Moi, vous me demandez mon avis. Donc, je ne vais pas commenter ce que font les autres. Je vais vous expliquer pourquoi nous, nous avons cette position. – Mais juste, pardon, les socialistes, ils n'ont pas donné une inflexion de gauche à ce budget, selon vous ?
– Mais vous demanderez aux socialistes en quoi ce budget est une inflexion de gauche et moi, je vais vous répondre pourquoi pour nous, il n'est pas un budget de gauche. Je ne vais pas commenter… – Donc, il n'est pas de gauche. – Mais ce n'est pas un budget de gauche. Il n'y a pas suffisamment de recettes nouvelles pour satisfaire les dépenses. – Et les inflexions de… – Voilà, l'oreillette et les partis, excusez-moi. Mais les inflexions, en tout cas, engagées par le Parti socialiste, pour vous, n'ont clairement pas été suffisantes. – Non, d'abord, je pense qu'elles sont loin d'être suffisantes.
Deuxièmement, elles ne répondent pas, je le redis, aux besoins de l'ensemble des Français, dans la diversité, d'ailleurs, de ce que sont les services publics, à commencer par ce qui va se passer dans l'éducation nationale et la suppression de milliers de postes. Donc, je veux dire, chacun fera ses choix, ses votes et je n'ai pas à juger, d'ailleurs, les choix des uns et des autres.
En tout cas, à nos yeux, au regard de ce que nous entendons, ce n'est pas à nos yeux à quelques-uns dans une salle, au regard de ce que nous expriment les Françaises et les Français, de ce qu'ils expriment, y compris dans vos colonnes, y compris sur les différentes chaînes télévisées, on ne peut pas dire que la France soit satisfaite. Donc, si la question… – C'est surtout
qu'ils n'y comprennent rien.
– Donc, si la question, c'est d'aller vite et de tourner la page et de ne pas leur permettre de comprendre, continuons ainsi, je ne pense pas et tant mieux si je me trompe, mais je ne pense pas que la démocratie sortira grandie de toute cette période d'un an et demi qui vient de s'écouler et de qu'a voulu Emmanuel Macron. – On va parler de la fin de vie, le Sénat qui a rejeté hier les textes sur la fin de vie après avoir détricoté notamment la principale partie du texte sur l'aide à mourir, la création de l'aide à mourir. Qu'est-ce que vous pensez de la tournure qu'a pris l'examen de ce texte ici au Sénat ?
– D'abord, je crois qu'il n'est pas une surprise, donc là encore, ne rajoutons pas de la complexité auprès de nos concitoyens et n'hystérisons pas des situations qui étaient en fait écrites à l'avance. Il y avait au Sénat une majorité de sénateurs qui ne souhaitaient pas du texte sur la fin de vie. J'ai envie de vous dire. – Mais un compromis avait été trouvé en commission, vous attendiez à ce que ça tourne comme ça ? – On est sur une chaîne parlementaire, on ne va pas, je crois, mentir à celles et ceux qui nous écoutent.
Donc, en commission, il y a un texte dans lequel on essaye effectivement d'avancer pour que quelque chose puisse être présenté en séance et ensuite, c'est la séance qui vote. Et nous avons déjà vu sur ce texte comme sur de nombreux autres, parfois, souvent, régulièrement, y compris des amendements de rapporteurs qui peuvent être rejetés. Donc, je veux dire, ce n'est pas un phénomène nouveau et si exceptionnel que celui-là. – Ce n'est pas nouveau mais c'est un dossier extrêmement important sur lequel, justement, la voix du Sénat pouvait être une plus-value et là, vous perdez la main.
Vous avez manqué complètement une occasion de peser sur ce texte et repart à l'Assemblée sans que vous ayez pu le faire évoluer. – Tout d'abord, je ne pense pas que quand on s'exprime et quand on dit ce que l'on pense, on perde la main. Moi, je ne fais pas de la politique, je ne suis pas parlementaire pour faire des coups. Nous sommes là pour poser et exprimer des idées. Donc, c'est quand même plus sain. – Il n'y a aucune idée. – Non, mais je… – On essaie de comprendre sincèrement ce qui s'est passé hier. Le Sénat, en exprimant son rejet et en vidant de sa substance le texte, a perdu la main. Est-ce que vous ne ressentez pas quand même une difficulté et presque une occasion manquée ?
– D'abord, je le redis, je pense qu'être parlementaire, c'est dire ce que l'on pense. Donc, je pense que la première des occasions sur un texte, quel qu'il soit, quand on n'est pas d'accord, on n'est pas d'accord et donc on vote contre. Parce que les gens qui ne sont pas d'accord et qui votent pour, vous voyez, à un moment donné, ça nous renvoie à la question précédente. Ça devient compliqué pour les Françaises et les Français. Deuxièmement, moi, je ne suis pas le Sénat, je ne suis qu'un parmi d'autres et y compris, vous aurez remarqué que mon groupe ne dirige pas le Sénat. Donc, je ne me sens pas héritière, non, de ce que fait ou pas la majorité scénale.
Troisièmement, vous m'autoriserez quand même à préciser, pour celles et ceux qui nous écoutent, que personnellement, pour ma part, j'ai voté le texte tel que issu des travaux du Sénat justement parce qu'il revenait avec lequel je n'étais pas d'accord qui était l'inscription de la fin de vie. Donc, voilà, ce débat est compliqué, je le redis. Ne l'hystérisons pas sous des questions de procédure et ne découvrons pas ce matin qu'une majorité de sénateurs, le débat a commencé déjà la semaine dernière, n'était pas favorable à ce texte sur l'aide à mourir. – Est-ce que vous êtes satisfaite ?
Est-ce que vous êtes l'une des rares voix de gauche à être dissonante face à une majorité de chez vous en faveur justement d'une évolution du droit ? Vous, vous y êtes opposée. Est-ce que ça ne vous satisfait pas finalement cette décision ? – Non, mais la question n'est pas d'être satisfait ou pas. La question est quand on a une proposition de loi, un projet de loi et de pouvoir exprimer et de débattre. Donc, par exemple, si moi je peux dire, je pense que nous n'avons pas été au bout des débats. Je ne suis pas satisfaite. Je pense que beaucoup se sont cachés.
Je ne suis pas satisfaite de ces débats parce que finalement, très rapidement et ce, dès la semaine dernière, une grande partie de mes collègues, sénateurs de gauche comme de droite, sont rentrés finalement dans des postures sans aller à l'argumentaire. Et nous l'avons retrouvé d'ailleurs hier en séance sur les explications de vote. Donc, de cela, je ne peux pas en être satisfaite. Je crois que cette organisation du débat aurait mérité mieux que ça. Mais pour qu'un débat soit sain, il faut que l'ensemble des participants l'acceptent. Donc, voilà. – Et ce n'était pas le cas ?
– Non, mais voyez, parce que votre première question sur ce sujet, je pense que quand on prend ce débat-là uniquement sur un débat entre une gauche et une droite, je pense que déjà, on biaise ce débat-là et qu'on ne peut pas le rendre sain.
– Je n'ai pas dit ça.
– Je pense que c'est un débat beaucoup plus profond. Donc, la question n'est pas tant de savoir si ma voix fut dissonante ou pas à gauche. Factuellement, elle l'a été. Je pense que dans la population et dans l'électorat de gauche, la diversité des ressentis sur cette proposition de loi est finalement très diverse. – Je crois que toutes les positions doivent être entendues. – Vous avez parlé d'acharnement législatif par rapport à ce dossier. Alors, au-delà de l'expression qui est un peu particulière parce que c'est vrai qu'on parle souvent plutôt d'acharnement thérapeutique. Pourquoi vous dites qu'il y a un acharnement législatif ?
– Parce qu'on sent bien d'abord qu'il y a eu une volonté de scinder le texte. Il y a eu une volonté d'Emmanuel Macron de l'imposer. Il en avait fait d'ailleurs une des priorités de son premier quinquennat. – C'est plutôt une décision de François Bayrou, il me semble, d'avoir scindé le texte. – Le texte a été scindé et de plus, c'était une volonté du président de la République dans son premier quinquennat d'atteindre cet objectif-là.
Donc oui, il y a aujourd'hui une volonté de continuer et je note, je le constate, là encore, que soudainement, il y a beaucoup de temps pour examiner des textes puisque très rapidement, il reviendra à l'Assemblée nationale et très rapidement, il doit revenir au Sénat. Je constate simplement que sur un certain nombre de propositions de loi, puisque je rappelle que le gouvernement n'a pas été jusqu'à faire un projet de loi, ce qui est quand même regrettable sur ces sujets-là d'ailleurs, on s'est allé très vite. – On va parler justement d'une proposition de loi, de plusieurs d'ailleurs, celle que vous examinerez le 25 février.
Vous allez vous emparer de la proposition de loi qui vise à nationaliser ArcelorMittal. C'est une solution qui divise là aussi, y compris d'ailleurs chez les syndicats. Qu'est-ce que vous en dites ? Les syndicats dont une partie dit que ça priverait les usines de leurs commandes. – Non mais moi, j'entends le débat syndical et je n'ai pas vocation à le trancher. Nous allons redire le 25 février ce que nous avions dit fin octobre dans notre niche. Il y a un enjeu de souveraineté industrielle dans notre pays. Quand vous fermez un four, il ne réouvre pas. Donc nous avons besoin de tout faire. Donc il y a besoin aujourd'hui.
Moi, j'ai entendu, je crois comme tous les Français, l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle de 2022 nous parler du besoin de réindustrialiser et de préserver la souveraineté industrielle. Nous avons là une difficulté si demain, c'est site ferme parce que nous ne pousserons plus en capacité, à l'échelle française et y compris européenne, d'avoir une véritable souveraineté. Quand on maîtrise l'acier, on maîtrise tout un certain nombre d'industries qui en découlent. Donc je pense que c'est une... C'est un élément important et fondamental.
Et c'est en ce sens-là que nous voulons qu'il y ait aujourd'hui une reprise en main par l'État de ce secteur, quitte à le relancer, quitte à travailler avec les salariés. Je ne dis pas qu'il faut refaire des nationalisations à l'ancienne qui n'ont pas d'ailleurs toujours fonctionné et qui d'ailleurs n'ont pas apporté des droits nouveaux aux salariés. Je pense que ce sont des choses qu'il faut réinventer. Il faut aussi bouleverser le monde de l'entreprise pour à la fois permettre le maintien des commandes, permettre les emplois, permettre les savoir-faire et permettre à la France de continuer de produire de l'acier. Julien, on parle des réseaux sociaux.
Oui, puisque les dépistés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Le texte doit atterrir au Sénat dans quelques semaines. Est-ce que vous le soutiendrez ? Écoutez, je ne vais pas cacher que je vais rentrer d'abord dans le sujet. Je pense que c'est un texte d'affichage plus qu'un texte de réalité. Je crois qu'on a un vrai problème. Pourquoi ? J'y viens. Je pense qu'on a un vrai problème d'abord sur les réseaux avec effectivement une jeunesse qui aujourd'hui y est fortement en prise. Je crois qu'on a une difficulté tout simplement c'est à l'interdiction.
Donc je ne sais pas s'il faut déclarer une interdiction que nous ne savons pas tenir. On le sait d'ailleurs la prohibition n'est pas toujours la meilleure des manières d'amener chacun. Je crois qu'en revanche nous avons une vraie réflexion à avoir sur l'utilisation des écrans sur l'utilisation des téléphones sur l'accès effectivement au réseau beaucoup plus de pédagogie.
Et vous savez la première des pédagogies alors c'est peut-être très anecdotique mais j'ai trois enfants qui maintenant sont sortis du cadre scolaire je suis assez impressionnée quand même aujourd'hui il n'y a plus d'agenda il n'y a plus de cahier de texte tout est sur internet donc de toutes les manières les enfants sont invités par tout leur environnement de la société à devoir à un moment donné donc je pense que internet là on parle des réseaux sociaux c'est différent on ne va pas interdire Pronote je ne sais pas pourquoi parce que ce n'est pas un réseau social je pense que ça ferait d'ailleurs beaucoup de bien sur les relations entre les enfants les parents et les enseignants mais je ferme la parenthèse ça mériterait un autre débat mais bien plus profond mais à un moment donné pourquoi est-ce qu'aujourd'hui on multiplie pourquoi est-ce que nos jeunes sont de plus en plus sur les réseaux sociaux parce qu'ils sont aussi de plus en plus devant les écrans et donc l'interdiction des réseaux sociaux aujourd'hui comment est-ce qu'on la contrôle comment est-ce qu'on l'applique avec la plupart de ces réseaux qui passent de toute manière par d'autres pays que les nôtres donc oui c'est un problème oui c'est un fléau mais moi je veux le dire et très tranquillement ici mettre un téléphone portable dans les mains d'un enfant de 8 ans et demi pour qu'il nous rassure pour nous faire un message quand il rentre de l'école c'est aussi le début du fléau On parle des municipales Oui et la question principale que je voulais vous poser c'est quels sont les objectifs du parti communiste sur cette élection puisque est-ce que c'est de faire tomber Édouard Philippe au Havre mais c'est aussi j'imagine de pouvoir garder vos grandes villes Montreuil il y a Vitry-sur-Seine également est-ce que vous pouvez nous dire ?
Écoutez je crois que l'objectif est clair tout d'abord je crois alors sans surprise tout d'abord bien évidemment de conserver les villes où nous sommes en gestion et pour l'instant Vous vous sentez menacé dans ces deux villes ?
Pas plus dans celles-ci que dans d'autres Il y a la concurrence des insoumis Vous prenez deux villes je pourrais vous en citer bien d'autres qui peuvent être mises en difficulté à l'heure de nous nous parlons je ne pense pas je pense que d'abord les bilans municipaux sont bons je pense que les listes qui vont être présentées ou qui ont déjà été présentées rassemblent très largement et avec des fois adhésions de la population des communes concernées et après bien évidemment l'objectif sera de partir en conquête sur un certain nombre de villes vous avez cité le Havre mais je pense également à Nîmes Arles et donc nous avons effectivement un certain nombre d'objectifs nous sommes présents nous conduirons des listes dans un peu plus de 15% de villes préfectures de ce pays nous serons présents nous serons à l'offensive dans les plus grandes villes comme dans les plus petites communes de notre pays Est-ce que parmi les villes où vous pourriez être en difficulté il y a Saint-Amand-les-Eaux la ville où se présente Fabien Roussel le patron de votre parti ?
Écoutez je pense que d'abord il a pris largement ses marques aujourd'hui en tant que maire et je crois que c'est très bien il a eu bonne participation à sa cérémonie de vœux il a eu de très bons retours je crois que la campagne maintenant est faite oui il y a une volonté du rassemblement national d'être à l'offensive d'abord de s'attaquer bien évidemment à ce qui fait du commun et donc à ce qui dans une commune permet de combattre leurs idées permet de combattre l'isolement et le dégoût que peuvent ressentir un certain nombre de concitoyens nous sommes donc visés très fortement par le rassemblement national dans un certain nombre des communes je note aussi et donc je ne veux pas je crois que ça bien évidemment ça reste notre ennemi et notre adversaire politique en revanche je note que même à Toulon qu'on nous a annoncé gagner d'avance le sondage d'hier invite à relativiser et à se rendre compte que ce rassemblement national qui soit disant a déjà tout gagné quand parfois on écoute on allume certaines antennes ou on regarde certains réseaux sociaux est loin d'avoir franchi le mur du second tour alors la valette est donnée largement en tête du premier tour mais dans ce sondage perd donc au second tour juste un mot sur Fabien Roussel est-ce qu'il pourrait rester à la tête du parti s'il perd les municipales après avoir déjà perdu les législatives la question d'abord ne se pose pas l'objectif pour l'instant il prépare les municipales et je pense qu'il gagnera les municipales et donc cette question n'a même pas lieu d'être mais s'il ne les gagne pas mais écoutez il peut rester à la tête du parti communiste en ayant perdu deux élections successives et si demain il y a une guerre qui se déclare enfin là les législatives il les a perdues ça s'est déjà acté est-ce que s'il perd les municipales il est encore crédible pour rester à la tête du parti d'abord je crois que la qualité à dire que j'ai un parti n'est pas liée à garder ou non un mandat donc je le redis cette question là se posera le moment venu je pense que l'on ne peut pas simplement rabattre non elle se posera le moment venu si elle doit se poser et deuxièmement je pense que ce qui s'est passé lors de l'élection législative est d'une violence terrible oui et d'ailleurs le rassemblement national a prospéré sur le choix d'Emmanuel Macron et de la dissolution et personnellement moi je ne m'en félicite pas mais je ne juge pas ceux qui sont battus par le rassemblement national comme les responsables de leur défaite est-ce que vous souhaitez que Fabien Roussel soit candidat à la présidentielle ?
là encore je pense qu'on va d'abord laisser passer les élections municipales nous aurons un congrès au mois de juillet et finalement même si parfois je sais ça surprend je le redis nous sommes un parti assez démocratique et donc nous allons d'abord débattre discuter échanger et décider est-ce qu'il n'arrive pas
trop tard ce congrès
si je vous pose la question c'est parce que vous avez vu comme moi qu'on a enfin une date pour la primaire de la gauche avec 4 candidats déjà déclarés et cette primaire elle aura lieu le 11 octobre est-ce que ce n'est pas dommage est-ce que vous n'avez pas l'impression de laisser filer le train pour peut-être prendre une décision au mois de juillet c'est pas trop tardif d'abord je ne sais pas si c'est la primaire de la gauche mais c'est la primaire d'une gauche pas la vôtre pas celle de beaucoup de monde quand même j'ai cru comprendre qu'un certain nombre n'en était pas deuxièmement nous sommes dans un pays où nous avons des élections à deux tours non pas des élections à un seul tour comme dans d'autres pays donc je veux bien qu'on fasse un premier premier tour qui serait effectivement une primaire je n'y suis pas favorable pas plus aujourd'hui qu'hier et je ne pense pas plus que demain la vraie question c'est cette primaire puisque vous l'évoquez à quoi sert-elle et à qui sert-elle est-ce qu'elle sert à toutes celles et tous ceux qui savent à l'heure où nous nous parlons qu'ils n'auront pas les 500 parrainages et qui donc vont exister jusqu'au 11 octobre ou est-ce qu'elle sert effectivement à redonner de l'envie de l'appétence pour que la gauche gagne les élections présidentielles et surtout les élections législatives qui sont celles quand même qui font la politique dans notre pays je pose la question à l'heure actuelle je n'ai pas eu la réponse en tout cas dans ce que j'entends des uns et des autres et rien n'est jamais trop tard quand c'est décidé collectivement donc à l'heure actuelle la question ne se pose pas la question de savoir si Fabien Roussel sera candidat à l'élection présidentielle viendra en son temps et surtout je crois pour rassurer les françaises et les français à l'heure actuelle l'heure n'est pas à préparer l'élection présidentielle elle est plutôt à réussir les élections municipales parce que la vie de leur quotidien se joue aussi et avant tout dans les communes Julien vous avez une dernière question Oui une petite question qui a trait à la situation internationale une question toute simple vous avez évidemment suivi l'actualité américaine et les accusations de brutalité à l'encontre de Donald Trump le député LFI Eric Coquerel a appelé hier au boycott de la coupe du monde 2026 est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée ?
Écoutez vous savez on avait eu la question sur le Qatar on avait eu la question sur tous les événements on a eu la question y compris sur les JO qui arrivent à Turin je ne suis pas certaine que ce soit le boycott d'un événement sportif qui règle la diplomatie internationale malheureusement et j'oserais dire y compris sur votre antenne qui règle la dinguerie d'un président des Etats-Unis je crois qu'au contraire nous avons besoin d'une parole de la France beaucoup plus forte que ce qu'elle n'est d'une diplomatie beaucoup plus offensive mais ce ne sont pas de quelques initiatives personnelles qui régleront malheureusement le danger que représente aujourd'hui Donald Trump pour les Américains eux-mêmes nous l'avons vu ces derniers jours pour l'ensemble de la planète et des peuples qui vivent Merci beaucoup merci Cécile Kermann d'avoir été notre invité ce matin Julien la une de la Voix du Nord c'est l'eau du robinet polluée dans 26 communes on va en parler on va détailler un fongicide on est fait issu de l'agriculture et on va détailler tout ça tout de suite dans notre revue de presse régionale merci à tous les deux avant de parler de l'eau polluée on regarde ce qui fait la une de nos autres quotidiens régionaux et c'est du foot une soirée de Ligue des Champions qui rebânt un peu les cartes
oui avec cette défaite cinglante pour l'OM 3-0 face à Bruges ridicule selon la Provence qui estime que les Marseillais se sont sabordés l'OM donc éliminé de la Ligue des Champions par le scénario incroyable qui se jouait en même temps à Lisbonne à la dernière seconde le gardien de Benfica a marqué contre le Real résultat 4-2 de son côté au Parc des Princes le PSG recevait Newcastle match nul 1-1 Paris complique tout titre le Parisien le PSG devra jouer les barrages pour se qualifier en 8ème de finale ils affronteront Monaco ou Carabag et Monaco qui a tenu tête à la juve et se qualifie pour les barrages grâce à un nul 0-0
et on en parlait à l'instant avec Julien Lécuyer ce scandale sur l'eau du robinet dans le nord et le Pas-de-Calais c'est donc la une
de la voie du nord dans 26 communes l'eau est polluée par un fongicide agricole le fluopiram il fait partie des polluants intégrés au contrôle sanitaire depuis l'an dernier l'ONG Génération Futur estime qu'il est dangereux mais selon l'ARS l'agence régionale de santé et bien son impact sur la santé n'est pas établi de son côté l'ANSES donc l'agence nationale de sécurité sanitaire n'a pas encore rendu son verdict la réponse pourrait arriver dans quelques semaines voire plusieurs mois
et on va ouvrir notre page consacrée à la campagne des municipales dans quelques instants on parlera avec un candidat des difficultés de financement de la campagne mais d'abord on va regarder les dernières infos et cette question la présidentielle passe-t-elle par une victoire au Havre pour Edouard Philippe officiellement candidat à sa réélection à la mairie il a lancé hier soir vous le voyez sa campagne devant environ 700 personnes et l'ancien premier ministre ne veut pas donner à ses municipales un enjeu national on l'écoute
dans cette campagne il y aura des boules puantes il y aura des gens qui passeront leur temps à se poser la question de savoir comment est-ce qu'on peut parler de la politique nationale à propos de cette campagne avraise je leur dis mesdames et messieurs
bon courage je suis là pour parler du Havre je suis là pour parler des avraises et des avrais je suis là pour valider un programme et une équipe pour les 6 ans qui viennent
la politique nationale a ses charmes mais la politique locale a les sien et je suis combré plutôt au second qu'au premier
on va à Rouen dans la Loire Vladimir Wauquiez c'est le frère de Laurent Wauquiez exclut de la liste du centre d'Oura
juste Rouen et dans Le Progrès vous pouvez lire son interview après son éviction de la liste conduite par l'ex-LR Fanny Fénouf Vladimir Wauquiez qui se dit soulagé car je cite il avait l'intention de quitter la liste il estime qu'il n'était pas aligné avec les projets ou encore les façons de faire mais il regrette je cite la violence du processus et puis cette problématique pour de nombreuses communes qui se retrouvent sans candidat c'est à la une du Dauphiné Libéré qui pointe que les petites communes ne sont pas les seules concernées en 2020 106 communes s'étaient retrouvées sans candidat lors du premier tour cette année les têtes de liste ont jusqu'au 26 février 18h pour déposer leur liste
et alors il y a des communes qui se retrouvent sans candidat mais il y a aussi des candidats pour qui c'est compliqué de faire campagne et de rentrer en campagne parce que faire campagne ça a un coût alors comment les candidats financent leur campagne on va aller dans le Var bonjour Marc Léoto merci beaucoup d'être avec nous vous êtes candidat sans étiquette à la mairie de Montfort sur argent juste combien ça coûte pour un candidat comme vous dans une commune de faire campagne c'est une commune d'environ 1500 habitants
on a fait une estimation un petit peu vague mais c'est de l'ordre de 3000 euros à peu près
3000 euros du coup est-ce que ça a été compliqué pour vous à financer est-ce que ça fait l'objet de discussions on imagine peut-être même en famille
non c'est un accord avec mon épouse on a regardé nos possibilités financières et on a dit on y va alors il faut quand même savoir que dans une commune de moins de 9000 habitants ce qui est notre cas il faut différencier la partie campagne purement campagne c'est-à-dire les réunions publiques les tracts de préparation etc et ce qu'on appelle la propagande officielle la propagande officielle ce sont les bulletins les affiches et les professions de foi qu'on reçoit normalement chez soi un peu avant les élections ça par contre c'est pris en charge sous certaines conditions et dont une importante qui est que la liste fasse plus de 5% des voix donc moi j'ai une estimation qui est à peu près 1500 euros pour tout ce qui est campagne et à peu près 1500 euros peut-être un peu moins pour ce qui est la propagande officielle il faut rajouter aussi que mes colistiers m'aident ils ont participé déjà à certaines opérations non ça va aller c'est pas un coût extraordinaire quoi
Juste est-ce que ça peut être un frein vous pensez Marc Liotto pour des candidats ces règles de financement qui ne financent finalement qu'une seule partie de la campagne
Oui probablement moi je n'ai pas d'exemple précis mais oui ça peut être un frein bien évidemment parce que dans les communes de plus de 9000 habitants bon toujours sous certaines conditions tout est pris en charge alors je ne vais pas parler d'injustice mais bon il y a une distorsion entre deux positionnements des communes et les petites communes finalement elles seraient peut-être un peu désavantagées
Merci merci Marc Liotto merci beaucoup d'avoir été avec nous candidat sans étiquette à la mairie de Montfort sur Argence pour nous parler justement de ces règles et effectivement de cette distorsion entre les grandes et les petites communes et justement on va parler des petites communes avec vous Guimet parce que il y a du changement dans le mode de scrutin
dans les petits villages Oui Auriane les règles évoluent pour les communes de moins de 1000 habitants c'est Sud-Ouest vous allez le voir qui se penche dessus les bulletins rayés seront désormais considérés comme nuls les électeurs votent pour une liste et ne peuvent plus panacher les noms autre changement de taille les listes doivent être paritaires autant d'hommes que de femmes en alternance finalement comme dans les communes de plus de 1000 habitants
Et oui et puis il y a aussi des priorités des préoccupations évidemment des Français dans leur vie quotidienne et pour ces élections et notamment la santé Oui
Que veulent les électeurs ? Eh bien c'est la question qu'a posée le journal du centre à ces électeurs et vous le voyez leur priorité c'est la santé Merci Guimet
Merci beaucoup On va poursuivre notre série de Portrait de mer Les tours de la Grande Borne à Grigny dans l'Essonne C'est ici que Philippe Rio en fond de la ville a découvert l'engagement de la ville locale et qu'il a décidé de devenir mère au plus près de ceux avec lesquels il a grandi On regarde son portrait Il est signé Emma Bador Fritsch
Je ne l'ai pas choisi Je suis tombé dedans quand j'étais petit C'est un peu comme la potion magique d'Astérix
Je suis à une trentaine de kilomètres de Paris à Grigny dans l'Essonne la ville la plus pauvre de France Son mère a grandi ici dans les tours de la Grande Borne Après y avoir passé son enfance Philippe Rio a décidé de s'engager
Je m'appelle Philippe Rio Je suis maire de Grigny dans l'Essonne Je suis arrivé à l'âge de 6 mois J'y ai grandi J'y ai vécu mes plus grandes émotions J'y ai appris la vie J'y ai appris ses dangers Nous sommes confrontés au risque d'expulsion locative à la maison Et donc là je rencontre mon premier contact militant Ce n'est pas le même sport que les autres collègues élus C'est sûr les défis sont tellement importants Ils sont durs parfois C'est un territoire d'urgence un territoire de violence multiple À 4 heures du matin lorsque vous êtes sur un incendie et qu'une petite fille de 9 ans est décédée et que les agents de la ville connaissent cette famille parce qu'on travaille pour la reloger parce qu'on savait que l'habitat était compliqué faire croire que tout va bien qu'on est des super-héros ce n'est pas vrai Par contre c'est faire retrouver de la dignité à un territoire à ses habitants c'est assez extraordinaire comme défi Le chemin il est parfois cabossé parfois on rit parfois on pleure une vie de mère c'est ça Donc ce travail-là voilà les caméras sont plus là le fait de la violence de la voiture qui brûle est plus là mais nous on est encore là Allez go Eh ben voilà Alors c'est là où j'ai grandi Ce qui est marrant quand je suis ici c'est que par exemple sur ce bâtiment j'ai l'impression de voir des têtes de personnes je peux dire là c'était un pote qui était là là c'est quelqu'un que je connais donc voilà ça fait une espèce de vortex qui se crée Moi j'étais gamin comme eux j'ai fait la même chose et aujourd'hui on permet de faire dans de meilleures conditions c'est ça aussi qui fait tenir les 5 minutes qu'on passe là prendre mon shoot de dopamine de joie de bonheur et de se dire on fait pas tout ça pour rien il y a de la joie il y a des rires des sourires c'est ça les quartiers pop aussi
Et on va parler des municipales et d'autres choses je vous présente mes invités Bonjour Frédéric Davy Merci beaucoup d'être avec nous directeur général Opinion de l'IFOP et bonjour Catherine Gentil de Cancone Merci d'être avec nous Vous êtes membre du collège de l'ARCOM en charge du pluralisme et de la théontologie vous êtes avec nous notamment ce matin parce qu'il y a un colloque ici au Sénat dont on va parler sur le pluralisme et la liberté d'expression on en parle dans quelques instants mais d'abord la campagne des municipales on le voit qui bat son plein Frédéric est-ce que les français sont entrés dans cette campagne ?
Oui ils y sont entrés tardivement mais ils y sont rentrés j'ai été quand même frappé de voir par rapport aux deux dernières la césure 2013-2014 2019-2020 comme la campagne commençait lentement il y a eu bien sûr le frein des discussions budgétaires qui n'ont pas passionné les français c'est moins qu'on puisse dire mais qui ont créé une sorte de halo qui a empêché l'enclenchement de la campagne et puis bien sûr la dimension internationale ce qui a changé de manière majeure par rapport à les municipales de 2020 c'est l'intérêt pour les français pour ces questions internationales et le fait que ça a beaucoup attiré l'attention maintenant le niveau d'intensité d'entrée en campagne diverge en fonction des villes plus fort dans les petites communes plus compliqué dans les grandes métropoles mais c'est vrai que parler d'intérêt c'est enclencher la question de la participation électorale on a tendance à regarder les municipales seulement de manière caléidoscopique c'est-à-dire regarder ville par ville les endroits où il peut y avoir des surprises des alternances mais on oublie deux choses premièrement le dégagisme est extrêmement rare aux élections municipales la règle c'est de reconduire les sortants même en 2014 quand la gauche avait perdu 171 villes de plus de 10 000 habitants ramener un nombre de villes de plus de 10 000 habitants et quand bien même on ajoute quelques villes où les mères ne s'étaient pas représentées il y avait 75% de reconduction deuxièmement la participation on se souvient du record d'abstention en 2020 dans des élections qui avaient failli être annulées la veille au soir Edouard Philippe annonce un pré-confinement qui a été confirmé le lundi par Christophe Castaner et c'est vrai que la participation a été très faible maintenant on est dans une participation qui baisse à chaque élection municipale depuis 2001 la question qui se pose c'est si cette éclipse du politique au national va avoir un impact sur les municipales ou si les français vont récompenser le travail des idées locaux qui sont à l'écoute qui sont sur le terrain et donc enclencher un survote pour ce scrutin du 15 mars
Catherine Gentile de Cannecôte c'est une période particulière pour vous ces périodes électorales ?
Oui absolument parce que vous savez en fait tout est basé sur le pluralisme qui a un fondement constitutionnel mais qui est surtout synonyme de démocratie et comme disait Churchill n'est-ce pas la démocratie c'est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres et c'est très important parce que évidemment Frédéric Dhabi connaît ça par cœur mais c'est notamment évidemment ça repose sur le temps de parole de manière à ce que chaque parti soit représenté en fonction de ce qu'il représente c'est-à-dire le résultat des élections précédentes les sondages la participation au débat public et politique de manière à ce que les citoyens qui sont les électeurs du 15 et du 22 mars en l'occurrence puissent se faire une idée complète de ce qu'il aurait présenté et proposé d'un point de vue politique et nous de ce point de vue-là à l'ARCOM un mois avant le scrutin à partir du 16 février donc les télévisions généralistes qui participent à l'information et les radios nous enverrons toutes les semaines le relevé des temps de parole qui sera vérifié de manière à ce qu'on s'assure en effet que chacun soit représenté en fonction de ce qu'il est réellement soit au niveau local soit au niveau national donc ça paraît un peu contraignant parfois un peu archaïque mais la démocratie il faut savoir que c'est jamais un bien qui est acquis pour toujours et que c'est très important de garder ces références parce que quand on voit effectivement ce qui se passe dans le monde que ce soit de ce côté-ci de l'Atlantique ou de l'autre côté et dans le reste du monde il faut vraiment qu'on soit solide sur nos bases et qu'on défende ce principe démocratique qui est fondamental et donc l'accès à l'information et donc l'accès au monde politique
On va en parler et ça fait déjà débat notamment du côté des candidats à la mairie de Paris et du côté d'Emmanuel Grégoire Emmanuel Grégoire on va l'écouter c'est le candidat de la gauche hors LFI à la mairie de Paris d'abord on va l'écouter sur le plan politique il attaque sa principale adversaire Rachid Adati
Je suis en homme neuf moi je suis élu pour la première fois depuis 2014 je n'ai pas 30 ans de vie politique 30 ans de mandat
dans à peu près toutes les fonctions de la République comme Madame Dati mais surtout j'ai une grande expérience
de la ville de Paris c'est vrai je crois que c'est utile voire indispensable pour être maire de Paris on a aussi un nouveau projet avec de nouvelles priorités qui correspondent je le crois à ce qu'attendent les parisiens et les parisiens Anne Hidalgo ce n'était pas pareil que Bertrand Levanouet Emmanuel Grégoire ce ne sera pas pareil qu'Anne Hidalgo
La campagne elle est bien lancée à la mairie de Paris Frédéric on parlait des divergences qu'il peut y avoir entre la partie nationale et la partie locale est-ce qu'à Paris typiquement on est dans une élection locale à grands enjeux nationaux ?
J'ai envie de dire on est partout dans une élection locale mais il y a une scansion une stimulation nationale je parlais de 2014 la gauche avait perdu beaucoup de villes il peut y avoir un vote sanction il est marginal quand on regarde l'ensemble des villes de plus de 10 000 habitants en France on a 33 000 villes c'est le pays européen où il y a le plus de communes et il y a 1000 villes de plus de 10 000 habitants encore moins sur les grandes métropoles et on va plutôt regarder ces grandes villes-là c'est vrai que les élections municipales c'est le seul scrutin au soir du premier tour et surtout au soir du second tour il y a une sorte de lutte symbolique et on la verra le 22 mars des partis politiques pour imposer leur vision du scrutin je suis un parti X j'ai gagné très peu de villes mais je peux dire que j'ai eu beaucoup de conseillers municipaux élus j'ai gagné une ville symbolique on se souvient de Perpignan pour le RN en 2020 et c'est vrai que par rapport à Paris Paris oui Paris peut donner le là et d'ailleurs il peut donner le là et fausser la lecture du scrutin vous vous en souvenez tous et toutes en 2001 la gauche socialiste perd énormément de villes énormément de ministres du gouvernement Jospin sont battus et pourtant la lecture du scrutin c'est la gauche a gagné Paris et Lyon et un degré moins de Dijon c'est-à-dire 2, 3 très grandes villes donc sur Paris effectivement ça va être regardé de manière très très importante et j'entends ce que dit Emmanuel Grégoire et cette plainte vis-à-vis de l'ARCOM c'est parce qu'à Paris là aussi la campagne a commencé extrêmement tardivement en 2014 Anne Hidalgo lance sa campagne quasiment un an et demi avant 2014 pour se déscotcher de l'image de l'héritière de Bertrand Delanoé en 2020 on est dans le contexte du macronisme triomphant post-2017 où dès 2017-2018 les macronistes Benjamin Griveaux disent Paris et la ville où Emmanuel Macron a fait un de ses meilleurs scores la ville doit passer sous le giron macronisme donc on n'est pas dans le contexte du tout de la même temporalité par rapport au scrutin précédent
Effectivement Catherine Gentil de Kenco Frédéric Dhabi l'a évoqué Emmanuel Grégoire qui saisit l'ARCOM il met en avant une exposition médiatique particulièrement intense de Rachida Dati sur de nombreux médias que répondez-vous ?
Je lui réponds très simplement que l'ARCOM va remplir sa mission comme elle le fait à chaque élection qu'on n'est pas des petits hommes gris comme on nous présente parfois d'ailleurs vous avez vu j'ai mis de la couleur en plus on est à parité hommes et femmes dans le collège de l'ARCOM et qu'effectivement alors quand on a affaire à une personnalité qui est à la fois ministre et candidat à ce moment-là son temps de parole est décompté en fonction de ce qu'elle exprime en l'occurrence puisque c'est une femme c'est-à-dire que si elle s'exprime comme ministre de la culture espérons, rêvons on retrouve demain les joyaux de la couronne qui ont été volés au Louvre si elle s'exprime là-dessus ce sera son temps sera décompté en tant que ministre si en revanche elle parle de son programme pour Paris elle sera décomptée comme candidate et les autres candidats en respectant le principe de l'équité devront avoir le même temps de parole donc Emmanuel Grégoire peut se rassurer en principe et nous sommes là pour faire respecter les principes à l'ARCOM dans la joie et la bonne humeur mais dans le sérieux surtout donc effectivement il faudra qu'il y ait une équité dans la représentativité sur les antennes des différents candidats
Juste pour que nos téléspectateurs qui sont peut-être moins au courant l'équité ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça prend en compte l'équité ?
L'équité ça veut dire que vous devez être représenté en fonction de ce que vous êtes réellement c'est-à-dire concernant les partis les résultats des élections précédentes le nombre d'élus que vous avez ici au Sénat ou à l'Assemblée nationale les sondages c'est là où nous retrouvons Frédéric Dhabi et puis aussi la participation au débat public et au débat politique et en fonction de ces différents éléments et bien évidemment vous avez un poids qui est plus ou moins important et qui doit être respecté dans le temps de parole
Oui parce que Frédéric vous nous dites souvent où les sondages c'est à l'instant T c'est une photographie à l'instant T mais là on voit que ça compte dans la campagne électorale
Mais Catherine Gentil l'a très bien dit contrairement à ce qui a été dit notamment à la commission d'enquête parlementaire sur les sondages il est faux de dire que seuls les sondages conditionnent ce temps de parole et sans être un spécialiste mais pour l'avoir vécu il y a deux temps il y a le temps de l'équité entre les candidats qui prend en compte le nombre d'élus les sondages la participation de la politique et l'égalité parfaite et je le dis très humblement c'est pour les chaînes parfois un casse-tête dans les deux trois dernières semaines de la campagne vous savez qu'il faut travailler avec LCI et TF1 pour la présidentielle on faisait un rolling une enquête quotidienne et c'était compliqué de rentrer sur le plateau et qu'on me dise bon je parle de 2022 aujourd'hui tu n'évoques ni Marine Le Pen ni Maël Macron ni Jean-Luc Mélenchon parce que les petits candidats sont en difficulté c'est une contrainte pour les médias ils s'en tirent très très bien mais il y a cette notion que nos téléspectateurs doivent être en tête entre équité et dans les 15 dernières jours si je ne me trompe pas l'égalité
Juste pour être complètement transparente avec nos téléspectateurs les chaînes parlementaires public Sénat ne sont pas soumises à l'ARCOM mais s'appliquent les règles de l'ARCOM pendant les campagnes électorales donc ils verront exactement sur notre antenne ce qu'ils voient sur les autres chaînes est-ce que Catherine Gentile de Cannecôte il n'y a pas un peu un paradoxe ?
Je prends par exemple l'exemple de notre émission tous les matins on a l'habitude d'entendre des maires de recevoir des maires sur les grands sujets d'actualité là dans cette campagne municipale où on aurait encore plus envie de les entendre on ne pourra pas le faire en tout cas on pourra moins le faire est-ce qu'il n'y a pas une forme de paradoxe dans le traitement de la campagne et dans le suivi de la vie démocratique ?
C'est-à-dire que si vous pourrez le faire mais en respectant l'équilibre dont on vient de parler et Frédéric Dhabi a raison de souligner que c'est une contrainte évidemment pour les médias également pour les services de l'ARCOM auxquels il faut rendre hommage parce qu'ils sont très dévoués c'est un travail qui est très méticuleux mais chacun est conscient que c'est pour la défense de la démocratie c'est-à-dire que c'est ça qu'il faut bien comprendre c'est-à-dire que l'ARCOM ça apparaît comme parfois quelque chose d'éloigné par rapport aux téléspectateurs et aux citoyens mais dans un monde où on voit notamment aux Etats-Unis ou même ailleurs les gens qui vous disent il faut une liberté totale tout ça est très archaïque cette liberté totale notamment qui est liée au premier amendement de la constitution américaine il faut faire très attention à ce que ça ne donne pas la parole aux plus puissants aux plus riches aux plus forts et c'est là où l'ARCOM a un rôle vraiment démocratique fondamental à jouer même si ça paraît effectivement une contrainte à la fois pour les médias mais aussi pour l'ARCOM c'est-à-dire qu'il faut donner au citoyen qui est un électeur il faut lui donner tout le spectre des possibilités politiques qui s'offrent à lui sinon effectivement on restreint de plus en plus le champ des possibles et on restreint en même temps le champ démocratique donc c'est exigeant mais c'est absolument obligatoire
et on va parler de la liberté d'expression des français et de l'information puisque je le rappelle Catherine Gentil de Cane-Côte il y a un colloque qui se tient au Sénat ce matin sur le pluralisme sur la liberté d'expression vous présidez vous le groupe pluralisme et déontologie de l'information et des programmes à l'ARCOM et vous allez nous parler vous allez nous évoiler une étude de l'ARCOM alors il y a quand même beaucoup de positifs dans cette étude 94% des français déclarent s'intéresser à l'information et 92% s'informent tous les jours il y a tout à être rassuré
donc effectivement c'était la divine surprise si j'ose dire c'est qu'on dit tellement oui les français enfin c'est un mouvement mondial mais les gens ne s'intéressent plus à l'information etc et bien justement c'est la preuve du contraire alors après évidemment ce qui est très intéressant je ne vais pas l'expliquer à un sondeur c'est où ils s'informent et l'autre surprise c'est que quand même il y a 64% des français qui tous les jours continuent à s'informer en regardant la télévision alors qu'on aurait pu croire de manière intuitive que tout ça c'était l'ancien monde n'est-ce pas et 45% sur la radio alors après il y a effectivement une fracture générationnelle et les jeunes vont bien plus sur tout ce qui est support numérique bien évidemment mais ce qui est aussi très rassurant c'est que s'il y a une défiance vis-à-vis des médias et de la classe politique vous devez en entendre parler régulièrement là où vous êtes il y a aussi toujours un respect des valeurs du journalisme et ça aussi dans cette étude qui a été conduite par les services de l'ARCOM avec beaucoup de diligence et beaucoup d'énergie et d'implication c'est quelque chose qui est très rassurant parce qu'en effet les valeurs du journalisme le sérieux la vérification des sources restent quand même dans le cœur des français si j'ose dire est dans leur esprit quelque chose de capital même s'ils ont une défiance vis-à-vis des médias les valeurs journalistiques restent encore très fortes dans leur esprit Ah oui c'est très intéressant le décalage entre le respect des valeurs et une défiance parce qu'il y a le sentiment à tort ou à raison mais un sondage ce n'est pas la réalité c'est une perception du réel que ces valeurs sont bafouées sur tel et tel média tel et tel vecteur je rebondis sur ce qu'a dit Catherine Gentil c'est vrai que la fracture générationnelle elle est absolument immense vous savez l'IFOP avant chaque grande élection depuis une quinzaine d'années travaille avec l'ANASAGE une association qui incite les jeunes à s'inscrire sur le liste électoral et dans des conseils municipaux de jeunes et on voit année après année comme la manière de s'informer alors c'est pour les élections en manière politique on est à J-47 avant le premier tour des municipales la manière de s'informer des jeunes et celle des autres générations n'a plus rien à voir aux élections européennes c'était la télévision qui arrivait en première position mais est-ce que ce n'était pas un item refuge la télévision dans le salon de ses parents mais après il y avait Instagram et TikTok des vecteurs qui n'existaient que marginalement en 2017 ou en 2020 et on voit très bien que il faut pas une profondeur historique avec les grandes enquêtes faites avec Françoise Giroud la nouvelle vague que les discussions en famille les débats à la télévision ont beaucoup beaucoup baissé on a une information beaucoup plus individuelle beaucoup plus affinitaire et qui passe par les réseaux sociaux mais c'est vrai on le dit je le dis à des candidats qui peuvent nous interroger sur comment faire campagne on n'est pas sur fromage ou dessert on est sur une logique plurimédiatique et pour les candidats qui doivent faire campagne ils doivent être sur tous les canaux les canaux traditionnels les réseaux sociaux mais un candidat qui ferait que du réseau social en espérant capter le vote des jeunes ce serait complètement illusoire
et 44% des français s'informent tous les jours sur les réseaux sociaux cette semaine a été voté à l'Assemblée nationale un texte qui interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans est-ce que l'ARCOM aura un rôle à jouer si le texte va au bout évidemment au Parlement s'il entre en application le 1er septembre si c'est le cas dit Gabriel Attal est-ce que l'ARCOM aura un rôle à jouer dans l'application de cette mesure ?
Oui alors déjà l'ARCOM se réjouit évidemment de cette prise de conscience collective de défense des jeunes parce qu'on sait effectivement les ravages que ça peut provoquer quand ils sont enfermés dans leur bulle algorithmique et évidemment les jeunes d'aujourd'hui c'est une évidence que je vais dire mais c'est l'avenir de notre pays et au-delà évidemment de la planète parce que c'est quand même un phénomène qu'on retrouve absolument partout le fait que les jeunes aillent énormément sur les réseaux sociaux l'ARCOM déjà s'est beaucoup battu pour protéger les moins de 18 ans de tout ce qui est site pornographique ça a été un long combat mais on a réussi quand même à obtenir des résultats parce que là aussi toutes les études prouvent à quel point ça peut être absolument ravageur donc bien sûr l'ARCOM en fonction de ce que décideront les élus bien sûr et des lois qui seront votées aura un rôle à jouer mais on ne peut que se réjouir de cette prise de conscience qui ne veut pas dire que parce qu'on interdit on oublie l'autre pendant qui est très important qui est l'éducation aussi c'est-à-dire qu'évidemment et les enfants et les parents et les enseignants et les adultes qui entourent les enfants d'une manière générale doivent être sensibilisés et doivent être aussi éduqués parce qu'on ne va pas faire partir d'un coup de baguette magique les réseaux sociaux c'est notre monde aujourd'hui on doit vivre avec et les enfants les jeunes évidemment ils seront confrontés donc c'est très important qu'il y ait une éducation aussi qu'ils ne se retrouvent pas justement complètement désarmés face aux réseaux sociaux et qu'ils puissent se retrouver dans des bulles algorithmiques on a vu des exemples par exemple Skinny Talk sur TikTok où il y avait des jeunes qui étaient poussés d'une certaine manière à l'anorexie et certains même au suicide il y a eu une enquête à ce propos donc voilà il faut à la fois les protéger et en même temps les informer eux et leurs parents pour que le jour où ils sont effectivement face aux réseaux sociaux qu'ils aient les armes nécessaires pour ne pas se faire prendre dans les algorithmes qui peuvent être très négatifs pour eux Oui je parlais je crois que ce qui a été dit c'est vraiment une question d'éducation les réseaux sociaux c'est comme la langue des hommes c'est le meilleur et la pire des choses et c'est vrai que s'il y a une bonne éducation s'il y a un contrôle j'ai fait passer des enquêtes alors non publiées sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans c'est absolument plébiscité par les français même chez les 18-30 ans il y a quand même une sorte de compréhension et ce qui est très intéressant c'est que le soutien le plus fort à ce contrôle à cette pédagogie c'est la génération des parents il ne faut pas négliger à quel point le pessimisme français est un pessimisme de projection le sentiment de l'inquiétude à l'égard de ses enfants le sentiment du déclin de l'école le déclin français il se cristallise sur deux institutions l'hôpital l'école donc ces mesures sur un sujet où les parents sont souvent désemparés et particulièrement fort même si vous participez à des débats où des jeunes étaient sur une logique d'absence d'exemplarité des parents vous voulez nous interdire et vous on vous voit vous n'arrivez pas à vous déscotcher de votre ou de vos smartphones
il y a la fracture générationnelle il y a aussi deux visions qui s'affrontent notamment deux visions politiques Catherine Gentile de Côte-Côte vous avez longtemps été correspondante aux Etats-Unis on voit la manière dont Donald Trump se sert de ses réseaux sociaux à des fins politiques est-ce que là-bas ils sont vecteurs de populisme là où en Europe et en France
on cherche plutôt à les contrôler oui alors d'ailleurs ça a été une des raisons de la victoire de Donald Trump en 2016 c'est-à-dire qu'il s'est saisi des réseaux sociaux et il était absolument omniprésent et ça lui a permis de créer un lien direct entre lui et les électeurs en justement s'abstenant de passer par certains médias et c'était un peu une première mais ce qui est clair c'est que l'Union Européenne doit résister à ce mouvement très fort où évidemment les Américains on connaît les soutiens qu'a eu Donald Trump Elon Musk toutes les grandes plateformes qui ont décidé par exemple pour utiliser un mot très français de licencier une grande partie de leurs fact-checkers c'est-à-dire les gens qui sont censés vérifier les informations donc nous en Europe heureusement on n'en est pas là et au contraire encore une fois pour respecter ce souci de démocratie pour que ce ne soit pas la loi du plus fort d'une certaine manière la loi de la jungle où c'est celui qui a le plus de moyens qui réussit à le plus s'exprimer et bien justement on doit absolument je pense résister à ça c'est un combat qui est difficile mais qui sera extrêmement glorieux si j'ose dire si on y arrive parce que justement on ne veut pas de société univoque on ne veut pas que les plus faibles n'aient pas accès justement à des moyens d'expression c'est pour ça qu'encore une fois ces schémas qui parfois paraissent un peu archaïques et qu'on respecte on s'en rend compte aujourd'hui que ce sont vraiment les barrières et les défenses de ce qu'on appelle nous la démocratie et qui est vraiment encore une fois il faut bien être conscient que la démocratie elle n'existe pas pour toujours elle n'existe pas en elle-même et qu'il faut la défendre et qu'il faut vraiment prendre les mesures nécessaires pour qu'elle continue à survivre Juste il y a une autre partie
dans votre étude sur la désinformation 47% des français doutent toujours ou souvent de la fiabilité des informations diffusées par les médias 58% des français sont inquiets face aux fausses informations les réseaux sociaux
ils contribuent à ce chiffre ?
Absolument et il y a alors quelque chose de rassurant quand même quand on parle des jeunes qui s'informent entre guillemets parfois s'informer sur les réseaux sociaux et les plateformes c'est qu'en fait ils sont très conscients et ça aussi c'était une étude de l'ARCOM passionnante ils sont très conscients des risques de manipulation d'être pris dans la bulle algorithmique ils demandent de l'aide dans l'étude il est prouvé qu'il voudrait que les adultes soient plus proactifs pour soit les informer justement des dangers soit leur donner les moyens de lutter contre les fausses informations donc ça c'est quand même une nouvelle qui est très positive sur l'avenir parce qu'une grande partie des jeunes sont quand même très méfiants et se posent des questions par rapport à ce qu'il aurait soumis au quotidien je suis un petit pas de côté par rapport à ce qu'a dit Catherine Gentil sur la démocratie oui ce n'est pas un bien acquis mais elle est dans un sens en danger la prise de conscience que ce n'est pas un bien acquis n'est pas partagé par l'ensemble des français et puis l'attachement à la démocratie est un attachement un peu lâche un peu distendu parce que nous vivons la crise du politique nous vivons l'éclipse du politique depuis des années et ça s'est accéléré depuis cette dissolution et la crise parlementaire dont on parle souvent ici Oriane et c'est vrai que la crise du résultat le fait que le politique ne change plus la vie ne soit plus dans une écoute des français la crise du résultat la crise du faire la faillière et la crise de l'écoute la crise de la considération tout ça mine l'attachement à la démocratie j'avais dans un livre parlé du rapport des jeunesses à la démocratie on avait 40% des jeunes qui disaient il faudrait un militaire à la tête du pays pour faire avancer les choses alors ça ne veut pas dire qu'un attachement à l'armée mais l'idée d'une crise de l'efficacité et qui mine et qui sable donc ce que vous dites est extrêmement salvateur ce n'est pas un bien acquis et c'est un bien qui se protège tous les jours
Merci à tous les deux
merci beaucoup
Merci à vous Frédéric je rappelle votre livre Frédéric c'est les chats et les tempêtes à lire en cette période de municipal et Catherine Gentil de Cancone merci beaucoup d'avoir été avec nous et notre colloque et bien voilà j'allais le dire qui organise au Sénat aujourd'hui un colloque sur le pluralisme et la liberté d'expression on va terminer par l'histoire du jour elle nous a été envoyée par un téléspectateur figurez-vous Hervé Pupier qu'on remercie vivement c'est une très belle histoire c'était à la une de l'éveil de la Haute-Loire hier celle de Christiane et Jean 103 ans tous les deux ils se sont rencontrés pendant la seconde guerre mondiale et sont mariés tenez-vous bien depuis 81 ans le couple ne connaît pas l'usure du temps
c'est une noce de quoi ?
Sienne je crois dans leur maison de retraite ils sont toujours dans la même chambre leur deux lits côte à côte quand elle quitte la chambre ils lui demandent t'étais où ?
81 ans après vous vous rendez compte on ne sait pas mariés pour se séparer dit joliment Christiane ils ont eu 5 enfants 12 petits-enfants 22 et bientôt 23 arrière-petits-enfants alors vous avez sûrement envie de connaître le secret de leur amour j'imagine Christiane le résume sobrement il faut céder dit-elle et il y a sa fille qui lui demande si elle recommencerait elle répond un beau oui bravo on les embrasse c'est parce qu'un conte de Noël avec un peu de retard merci beaucoup à tous les deux merci à tous de nous avoir suivis à demain Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
Jean-françois Husson