Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 23 août 2021 20 min

Yannick Jadot invité de Bourdin Direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 1

S'inscrire sur lesécologistes.fr, puisque chacune, chacun, quand on est sidéré par toutes ces images sur le dérèglement climatique, on voit les feux dans la plaine des morts, dans le vin, on a vu la Grèce, la Sibérie, le Canada. Les inondations en Belgique et en Allemagne. Quand on a déjà voté pour les écologistes, pour la mobilité, pour l'alimentation de ses enfants, pour la justice sociale, pour plus de démocratie, j'invite chacune et chacun à s'inscrire sur le site lesécologistes.fr. Tout le monde peut voter, c'est 2 euros.

Et si vous défendez cette écologie que je porte, une écologie de l'innovation, une écologie de la responsabilité face aux grands défis auxquels nous sommes confrontés, inscrivez-vous et votez à partir de la émission.

0:47
Locuteur 2

Je vais revenir sur votre programme, sur vos idées, Yannick Jadot, mais faisons un peu de politique. Donc il y a des candidatures déclarées ou qui vont se déclarer un peu partout à gauche. Arnaud Montebourg qui va se déclarer, on dit le 4 septembre, Anne Hidalgo, candidate probablement. Est-ce que ça change quelque chose pour vous ? Non. Tous ces candidats ou candidates à gauche ? Non, rien du tout.

1:10
Locuteur 1

Ma conviction, c'est que c'est l'écologie politique qui porte aujourd'hui les grandes réponses, qui, encore une fois, se confrontent aux grands enjeux et surtout qui apportent des solutions. Vous savez que mon écologie, c'est une écologie de solutions. C'est à la fois une écologie qui devient une grande promesse sociale. Comment on fait sur l'alimentation, la santé, l'environnement ? Comment on crée ces nouvelles protections sociales ? C'est une promesse économique. On voit bien à la fois des entreprises qui résistent, des entreprises qui ferment. Moi, je pense à la sidérogie ou au ferropemme qui pourraient devenir des acteurs clés de la politique industrielle verte.

Toutes ces entreprises qui investissent massivement aujourd'hui sur la réduction des consommations d'eau, sur la réduction des matières, des pesticides. Et cette écologie-là, elle peut gouverner ce pays. Nous avons, écologistes, l'occasion historique de gagner une élection présidentielle. Ça n'est jamais arrivé. Moi, je veux qu'on se donne tous les moyens d'y parvenir parce que nous avons des solutions.

2:16
Locuteur 2

Alors, il y a plusieurs regards écologiques sur notre société. Le vôtre est un peu particulier parce que vous dites qu'on peut conjuguer le développement économique et la défense de notre environnement. Nous allons voir comment. Mais je voudrais que nous partions un peu en Allemagne, puisque Annalena Baerbeck, la candidate des Verts à la succession d'Angela Merkel, est bien placée. Législative en Allemagne le 26 septembre. Elle représente aujourd'hui 17 à 21 % des intentions de vote. Cette possible, possible coalition gouvernementale, elle pourrait être chancelière, ce qui serait une révolution en Europe, chancelière avec les socialistes ou même peut-être avec les conservateurs.

C'est possible en France, une telle union ? Ce serait possible ou pas ?

3:02
Locuteur 1

C'est leur système électoral. En Allemagne, quand on vote, et on vote à la proportionnelle, une fois que les Allemandes et les Allemands ont voté, les partis politiques doivent s'organiser pour tenir compte de ce vote. On ne retourne pas aux élections. Ce n'est pas un scrutin majoritaire. Donc forcément, se créer systématiquement et en responsabilité des coalitions, mais qui ne s'organisent pas...

3:26
Locuteur 2

Vous souhaitez un même système en France ? Bien sûr qu'il faut aller vers la proportionnelle.

3:30
Locuteur 1

Vous souhaitez un même système en France ? Et puis la force de ces coalitions, c'est que quand elles sont au pouvoir, elles rassemblent plus de 50 % des électrices et des électeurs. En France, vous savez bien, avec le scrutin majoritaire derrière l'élection présidentielle, finalement, Emmanuel Macron, il a une majorité absolue à l'Assemblée nationale, en représentant 22, 23, 24 % des électeurs du premier tour de la présidentielle. Et du coup, on n'arrive pas à réformer. Parce qu'il n'y a pas de soutien majoritaire dans l'opinion. Et moi, je connais bien Annalena, j'ai été au congrès des Verts allemands qui l'a intronisé. Et imaginez, imaginez Jean-Jacques Bourdin.

On a, le 26 septembre 2021, dans un mois, une chancelière écologiste en Allemagne. On a, en avril 2022, un président écologiste en France. Yannick Jadot. Vous avez le cœur de l'Europe, le cœur battant de l'Europe, qui dit d'un seul coup toute notre politique industrielle. On relocalise, on fait du bas carbone, on fait de la sobriété, l'arrêt du gaspillage. Imaginez ce cœur battant de l'Europe, qui justement, comme ça se fait déjà en Allemagne, on met les salariés dans les entreprises pour les co-diriger, pour qu'on ait des vraies stratégies d'investissement. Le cœur battant de l'Europe, qui d'un seul coup dit à la Chine, à la Russie, à d'autres partenaires, la dictature, ça suffit.

Nous, vous n'êtes pas un Eldorado commercial, vous êtes aussi parfois une menace économique et politique. Oui, mais on fait de l'Europe enfin un grand continent pour défendre nos valeurs, avec droits sociaux, démocratie.

5:15
Locuteur 2

Oui, droits sociaux, démocratie et développement économique. Je vais y revenir, parce que c'est un point qui vous différencie quand même, avec par exemple la décroissance de Delphine Bateau. Mais Yannick Jadot, en Allemagne, cette candidate verte, c'est intéressant, demande une augmentation du prix de l'essence de 16 centimes par litre. Alors, est-ce que vous souhaitez, vous, en France, si vous arrivez au pouvoir, une augmentation du prix de l'essence ?

5:39
Locuteur 1

Non, aujourd'hui, le contexte n'est pas le même.

5:42
Locuteur 2

Ah bon ? Mais pourquoi ?

5:43
Locuteur 1

Le contexte n'est pas le même.

5:45
Locuteur 2

On roule beaucoup en Allemagne, comme en France. On roule beaucoup en Allemagne, comme en France.

5:48
Locuteur 1

Et on a besoin de sa voiture. Mais il y a un enjeu, vous savez, le parc automobile allemand est beaucoup plus consommateur que le parc automobile français. En français, on a plutôt des petites berlines. Non, non, mais attends, ça change énormément sur le niveau global d'émissions de consommation et d'émissions de pollution du parc automobile allemand. Ce que nous voulons en France aujourd'hui, l'enjeu majeur, c'est l'investissement. On a aujourd'hui la possibilité auprès de la Banque Centrale Européenne, auprès des institutions européennes sur les marchés, la possibilité d'emprunter à 0%.

Et nous savons combien il faut à la fois investir dans la rénovation thermique du logement, dans une agriculture paysanne de proximité, à la fois réparer notre pays. Pourquoi il y a autant de feux de forêt ? C'est évidemment à cause du dérèglement climatique. Mais c'est aussi parce qu'il n'y a plus de gestion de nos forêts. Il n'y a plus personne qui travaille dans nos forêts pour éviter qu'elle s'embrase. Parce qu'on a de moins en moins en Europe de pompiers. Parce qu'on a de moins en moins de secours. Et donc il nous faut d'abord investir.

Et quand on investit, et si on fait de la fiscalité carbone, moi je suis favorable à la fiscalité carbone, pour les familles en situation de fragilité, de vulnérabilité, c'est euro pour euro. S'il y a à un moment donné un prélèvement d'un euro lié à la fiscalité des pollutions, c'est immédiatement rendu.

7:14
Locuteur 2

Donc vous n'augmentez pas le prix de l'essence, on est bien d'accord. Mieux que ça, Jean-Jacques Bourdin. Vous baissez ? Non, non, non. Ah bon d'accord. Non, non, mais je dis ça comme ça, mieux que ça. Je vous dis, vous n'augmentez pas, je vous dis, vous baissez le prix de l'essence.

7:26
Locuteur 1

Mieux que ça, c'est que quand on réduit les consommations de chauffage et d'électricité à son domicile. Moi je veux aussi baisser la TVA sur ce qui est propre. L'alimentation biologique, tout ce qui est réparable, qui met fin à l'obsolescence programmée. Quand on investit sur le logement social, quand on donne aux familles, y compris des tarifs réduits sur la mobilité collective. Et bien à la fin, ça fait des économies l'équivalent d'un 13ème mois. C'est ce que j'appelle le 13ème mois du pouvoir de vie.

C'est-à-dire que le 13ème mois écolo du pouvoir de vie, tout l'investissement écolo qu'on a fait, permet de telles économies que ça fait l'équivalent d'un 13ème mois que les familles pourront utiliser pour mieux manger, pour peut-être aller avoir davantage de loisirs, partir en vacances, et évidemment, on fait ça dans le pouvoir de vivre. Parce qu'on gagne cet argent-là en protégeant la vie, ce qui est quand même aujourd'hui, y compris dans cette crise sanitaire, un enjeu majeur.

8:25
Locuteur 2

Alors je vais en finir avec l'automobile, mais tout de même, interdiction des moteurs thermiques en 2030, c'est ce que vous demandez. En 2030, 2040, dit le gouvernement, vous dites non, 2030, la filière automobile est évidemment inquiète, inquiète, Yannick Jadot.

8:39
Locuteur 1

Et pourtant, aujourd'hui, ils ont compris dans la filière automobile que l'avenir de l'automobile, ça n'était plus le diesel, ça n'était plus les moteurs thermiques, c'était évidemment l'électricité comme l'avenir des transports. Et l'hydrogène. Ça passe, et l'hydrogène, comme l'avenir des transports, passe par la mobilité collective. Attendez, la Grande-Bretagne, des pays du nord de l'Europe, vous avez aujourd'hui des constructeurs y compris, vous parliez de l'Allemagne. Les constructeurs allemands se donnent 2030 pour faire la bascule. Alors l'enjeu, il n'est pas de savoir si on va passer à des moteurs électriques, il est de savoir qui va les construire, qui va faire les automobiles.

Et bien moi, je ne veux pas que ce soit uniquement l'Allemagne, les États-Unis, la Chine. Je veux que la France reste un grand pays de la construction automobile. Et vous savez où se fait la valeur ajoutée sur la construction automobile maintenant ? C'est les batteries électriques et c'est l'électronique embarquée. Et bien je veux qu'on investisse, qu'on a un grand plan industriel pour transformer l'automobile et qu'on ne perde pas tous les emplois et toutes les usines.

9:42
Locuteur 2

Et qu'on permette à ceux qui ont des électriques de pouvoir rouler, c'est-à-dire de pouvoir recharger. Parce que moi j'ai une idée, vous allez me dire si vous la reprenez, tiens, chaque, dans les communes, chaque fois qu'il y a des travaux sur la voirie, on installe obligatoirement une borne électrique.

9:59
Locuteur 1

Vous avez 100% raison. Non. Vous avez 100% raison. A une époque, quand on faisait systématiquement des travaux dans la rue, on installait la fibre. Même si les gens ne se connectaient pas, il y avait toutes les infrastructures. Pour la fibre, il faut faire la même chose pour les points de recharge. L'État a pris beaucoup de retard. Certains investisseurs privés s'y mettent. Mais l'État a pris beaucoup de recharge. Si on veut qu'il y ait un développement du transport, à la fois, il faut investir sur le transport collectif. Bien sûr. Le train, le train, le train, les tramways, tout ça, il faut le faire.

Mais si on veut que la voiture électrique se développe réellement, il faut que ce soit facile de recharger.

10:41
Locuteur 2

Est-ce qu'il est possible de tenir les objectifs climatiques sans changer de système économique ? Franchement. Non. Non, on n'y arrivera pas. On n'y arrivera pas ? Ça veut dire quoi changer ? Ça veut dire quoi ? Abandonner le capitalisme ?

10:55
Locuteur 1

Mais on sait bien que ce capitalisme, aujourd'hui, il crée le dérèglement climatique, il crée beaucoup d'injustice sociale. Mais il crée des emplois aussi. Est-ce que vous avez vu les derniers chiffres ? Vous savez, moi... Le chômage qui recule.

11:08
Locuteur 2

On est à 8% au niveau de 2019.

11:10
Locuteur 1

On a une telle urgence sur le climat, sur la justice sociale, et on voit à quel point nos démocraties sont en train de s'affaisser. Que moi, je ne vais pas faire un débat théorique. Imaginez si les syndicalistes et les salariés avaient fait un débat théorique, depuis deux siècles, sur le capitalisme. Mais on n'aurait pas de protection sociale. On n'aurait pas conquis une capacité à se protéger dans le travail. Tout est encore à construire, toujours. Il y a toujours des conquêtes à voir. Moi, ce que je veux aujourd'hui, c'est une économie où l'État dit l'orientation. Ne fait pas la place, mais dit l'orientation. Je vous ai dit le plan d'investissement.

Moi, je ne veux plus qu'il y ait un seul euro d'argent public, un seul euro d'argent public, qui soit donné aux entreprises ou à l'économie, qui ne soit pas conditionné à la question du climat, qui ne soit pas conditionné à la question de la justice sociale. Vous savez combien... Des règles d'or, en quelque sorte. Des règles d'or, absolument. Et l'égalité femmes-hommes dans les entreprises. L'État, aujourd'hui, vu la situation de crise, vu la situation de défiance, d'angoisse, l'État doit être un formidable acteur pour réorienter cette économie. Il y a urgence. Moi, je ne veux pas de débat théorique. Je sais tous les dégâts que notre système, aujourd'hui, produit.

Mais moi, je ne veux pas d'un débat théorique. Je veux qu'on agisse, qu'on agisse, qu'on agisse pour les Françaises et les Français.

12:42
Locuteur 2

Yannick Jadot, si vous êtes élu président de la République, est-ce que vous réduisez la force nucléaire française ? Franchement.

12:49
Locuteur 1

Force de dissuasion. Force de dissuasion, bien sûr. On a aujourd'hui une angoisse majeure au niveau international qui est liée à cette instabilité du monde. Donc, moi, je ne souhaite pas que la France seule désarme. En revanche, on reste confronté à un enjeu majeur de prolifération nucléaire. Imaginez que l'Afghanistan avec les talibans, en lien avec les pakistanais, vous savez à quel point il y a une complicité, une complaisance du gouvernement pakistanais vis-à-vis des talibans. Imaginez que les pakistanais commencent à donner des technologies nucléaires à l'Afghanistan. Ce sera dramatique. Et donc, nous devons combattre toutes les formes de prolifération nucléaire.

Et ça, pour qu'on soit légitime à combattre, il faut que l'ensemble des pays qui détiennent l'arme nucléaire... Seul, nous ne baissons pas la garde. On ne baisse pas la garde, mais on travaille à des initiatives avec la Grande-Bretagne, avec les États-Unis de Joe Biden, en remettant la Russie... Avec le Pakistan... En remettant la Russie dans le cadre d'un désarmement. Ce qui a toujours été la logique internationale depuis des années, c'est de réduire la place du nucléaire dans le monde. Mais il faut aujourd'hui le faire, y compris à cause de la prolifération.

14:11
Locuteur 2

Donc, on parle, on parle avec le Pakistan, on parle avec l'Afghanistan aussi ? Sur le plan diplomatique, est-ce qu'aujourd'hui, on doit maintenir notre ambassade à Kaboul ? Est-ce qu'aujourd'hui, on doit engager des discussions avec le pouvoir taliban ? Même si le pouvoir taliban, on ne sait pas qui l'incarne.

14:30
Locuteur 1

Il n'est pas pour moi question... Baradar, peut-être. Il n'est pas question pour moi, aujourd'hui, de reconnaître le régime taliban. Il n'est pas question de reconnaître le régime taliban. Est-ce qu'on discute avec ceux qui, je n'allais pas dire celles et ceux, puisque les femmes sont effacées par le régime taliban ? Donc, est-ce qu'on discute avec ceux qui détiennent aujourd'hui le pouvoir à Kaboul ? Oui, mais on discute pourquoi ? Pour permettre l'évacuation des femmes, des filles, des hommes qui sont menacés. L'évacuation, on doit accueillir en France sans limite, Yannick Jadot. Ce seront des dizaines de milliers de personnes, pas plus.

Mais les femmes et les hommes qui fuient l'Afghanistan aujourd'hui, elles vont d'abord se retrouver au Tadjikistan, en Iran, au Pakistan. C'est là que ces personnes iront. Il nous faut à la fois garantir, aider à l'évacuation de toutes ces femmes particulièrement et de ces hommes qui sont menacés. Et nous devons... Il y a quand même... J'ai entendu Xavier Bertrand, Marine Le Pen et le président de la République. Au moment où vous aviez... On ne sait pas, c'est des femmes et des hommes qui tombent des avions parce qu'ils se sont accrochés au train d'atterrissage.

Au moment où on sait ce que ça veut dire les talibans, notamment pour le droit des femmes, la lapidation, les meurtres d'homosexuels. À ce moment-là, dire que ce ne sont pas des victimes, ce sont des menaces, je trouve que c'est une faute politique majeure. Et nous nous battons aujourd'hui pour que l'Europe, l'Union européenne, active ce qu'on appelle la directive de protection temporaire. C'est dans le droit européen. Un an. Mais ça nous permet d'accueillir des groupes qui sont à ce point... Et d'offrir des titres de séjour. Et qui sont à ce point menacés. Mais il faut aider. Oui. Celles et ceux qui seront en Iran et ailleurs, qui ne se retrouvent pas dans des camps de réfugiés de fortune.

Et puis j'ai entendu des associations qui cherchent à rester en Afghanistan malgré un contexte extrêmement difficile. Il faut aider ces associations pour qu'elles restent au contact et aident toutes celles et tous ceux qui souffrent déjà et qui vont souffrir terriblement.

16:43
Locuteur 2

Alors deux questions encore, Yannick Jadot. La rentrée scolaire approche. Est-ce que vous encouragez les parents à faire vacciner leurs enfants, lycéens et collégiens, de plus de 12 ans ?

16:54
Locuteur 1

Oui, sans hésitation. Mais moi, je suis pour la vaccination à 100%. Il faut qu'on sorte de cette...

16:59
Locuteur 2

Vous avez même dit, je suis pour la vaccination obligatoire. Mais ça, c'est ton dernier recours, évidemment.

17:03
Locuteur 1

Vous l'avez dit. Ici même. Mais je me souviens. Mais c'est sûr. C'est quoi l'enjeu aujourd'hui ? On a, dans les zones rurales, dans les quartiers populaires, on a des personnes qui sont éloignées de la vaccination. Pourtant, ce sont les premières victimes de la pandémie. Victimes en termes de morbidité. C'est dans les quartiers populaires qu'il y a eu le plus de victimes. Victimes en... Socialement, toute cette déstabilisation de l'économie a eu un impact social majeur, un impact psychologique. Et donc, la priorité absolue, c'est d'aller vers ces personnes. J'ai discuté avec le président de la Croix-Rouge. Il me dit, bah oui, il faut être capable de rester 20 minutes.

17:43
Locuteur 2

Mais comment les convaincre ?

17:44
Locuteur 1

Justement, il faut aller vers ces personnes. Justement, le président de la Croix-Rouge me disait, quand on passe une demi-heure, à la fin, on convainc. Et puis, il ne faut surtout pas que ce soit le président de la République qui s'autoproclame le grand communicant de la vaccination.

17:59
Locuteur 2

Le président de la République... Il est dans son rôle ou pas ?

18:01
Locuteur 1

Non. Il est dans son rôle quand il agit. Joe Biden fait la même chose. Poutine fait la même chose. Sauf que Joe Biden ne cristalise pas aujourd'hui dans la société autant de détestation. C'est un fait. La question n'est pas de juger ce fait. C'est que, quand Emmanuel Macron dit dans un même discours « On va réformer l'assurance chômage » mettant en difficulté plus d'un million de personnes déjà très impactées. « On va réformer le système des retraites » mettant en difficulté toutes celles et tous ceux qui, aujourd'hui, finissent très mal leur vie professionnelle parce que c'est des souffrances, parce que c'est du chômage. Et en même temps, il dit « vaccinez-vous, vaccinez-vous ».

Il fait de la vaccination un référendum pour ou contre lui. Alors moi, je dis à Emmanuel Macron... Vous votez contre, alors ? Non, non. Je dis à Emmanuel Macron... Je dis à Emmanuel Macron, il appelle à la responsabilité des Françaises et des Français. Eh bien, moi, j'en appelle à sa responsabilité. Qu'il mette des médecins, des malades, des scientifiques pour communiquer sur la vaccination. Il y a plein de personnes qui doutent, aujourd'hui, de la vaccination. Eh bien, il faut aller les convaincre. Mais ce n'est pas lui qui va les convaincre.

Comment voulez-vous qu'il arrive à convaincre les habitantes et les habitants de la Guadeloupe et de la Martinique sur la vaccination, quand lui-même, il y a deux ans, contestait le caractère cancérogène du chlordécone ? Il n'est pas le mieux placé, aujourd'hui, pour convaincre. L'élection présidentielle ne se joue pas sur la vaccination. Donc, même si vous détestez Emmanuel Macron... Moi, j'appelle les Françaises et les Français. Même si vous détestez Emmanuel Macron, vaccinez-vous, vaccinez-vous. Merci, Yannick Jadot, d'être venu vous voir. Et inscrivez-vous sur lesécologistes.fr pour la primaire écologiste.

19:45
Locuteur 2

Bien, nous regarderons de près les résultats de la primaire dans un mois. Merci, Jean-Jacques Proudin. Le second tour dans un mois. Il est 8h54. Merci, vous êtes sur RMC et sur BFM TV.