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Discours / meetingLCP (sur YouTube)· 8 septembre 2025 15 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesBudget & impôtsEurope & international

Gabriel Attal répond au discours de François Bayrou - Vote de confiance à l’Assemblée - 8/09/2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:22Invité politiqueFait
    « Faire tomber un gouvernement, c'est un coup politique qui a un coût pour la France. »
  • 6:04Invité politiqueFait
    « Les conséquences, ce sont des entrepreneurs qui hésitent à investir parce qu'ils ne savent pas quel cadre fiscal et réglementaire les attend. »
  • 6:49Invité politiqueChiffre
    « Notre dette publique atteint la côte d'alerte 113 % du PIB. »
  • 7:32Invité politiqueChiffre
    « Sur l'année 2024, les dépenses de l'État ont baissé par rapport à l'année précédente pour la première fois depuis près de 15 ans. »
  • 8:49Invité politiqueFait
    « Tout travail mérite salaire et il n'est pas acceptable de demander aux français de travailler de jours de plus sans rémunération supplémentaire. »

Temps de parole

  • François Bayrou100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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François Bayrou

Décrivant son siècle dans ce qui fut le journal de la résistance combat, Albert Camu avait mise en garde. La France était en ruine. Le monde entier se remettait à peine d'une guerre dont elle peinait encore à saisir toute la portée de l'horreur. Tout était à refaire, à reconstruire. Et face à ce siècle que Camu pensait être celui de la peur, il avertissait. Nous étouffons parmi les gens qui croient avoir absolument raison. Mes chers collègues, face au débats qui nous anime aujourd'hui, mais en réalité face au débats qui nous anime depuis un 1 an et même depuis l'élection présidentielle et l'élection en 2022 d'une assemblée nationale sans majorité absolue, cette phrase doit raisonner en nous.

Oui, la politique est malade des certitudes. La politique est malade des lignes rouges, des ultimatumes, des politique est malade de l'intransigence, du refus obstiné de voir que l'Assemblée nationale que nous ont donné les Français n'a pas de majorité et qu'elle impose le dialogue entre nous. Et pendant que la politique s'enferme dans ses certitudes, la France étouffe. Ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les Français. Ce sont les Français qui ne croient plus dans la politique et qui s'en désintéresse voir la fuit. Ce sont les Français qui sont épuisés par la valse des ministères et l'instabilité permanente.

Ce sont les Français que la démocratie parlementaire finit par fatiguer et désabuser au risque de jouer avec le feu démocratique. La France étouffe par la lâcheté de ceux qui préfèrent attendre et voir l'inaction comme une planche de salut électorale. Elle étouffe des normes, des contraintes, des incertitudes qui empêchent l'action publique et gâche la vie des gens. Elle étouffe du blocage permanent alors même que tout devrait nous pousser à agir. Oui, mes chers collègues, nous n'avons pas une seconde à perdre. Nous vivons un moment exceptionnel de notre histoire où la France et l'Europe sont au cœur de toutes les tensions et de tous les défis.

Un moment où la guerre frappe au cœur de l'Europe, exigeant de nous de peser dans l'ordre mondial et d'assumer un leadership européen. Un moment où la guerre commerciale nous menace de plein fouet. Nous vivons un moment d'accélération intense où le dérèglement climatique s'aggrave de jour en jour, où l'intelligence artificielle bouleverse déjà nos quotidiens, où le monde tel que nous le connaissons est en train de s'éteindre. Et dans ce monde, tous les pays accélèrent, décident, investissent, agissent et nous, nous serions condamnés au blocage. Le monde avance et la France ne peut rester à quai. Chaque mois de blocage, ce sont des années perdues par rapport aux autres nations.

Chaque mois d'incertitude ou d'indécision, c'est une hypothèque plus forte sur l'avenir des Français. Alors bien sûr, malgré cela, certains font le choix de la politique de la terre brûlée. Cette politique de la terre brûlée qui consiste à faire passer leurs intérêts propres avant ceux des Français. Ces derniers jours, une fois de plus, les postures ont supplanté l'intérêt général. Une fois de plus, il n'aura pas fallu une heure pour que certains avancent à l'unisson mu par un programme commun, le désordre. Le désordre à tout prix. car seul le calcul politique compte avec un mépris absolu.

Ils appellent à faire revoter les Français parce que les Français auraient mal voté et qu'il leur expliquerait comment il faut bien voter. La réalité est ailleurs. Ce n'est pas au français de régler les problèmes du Parlement, mais au Parlement de régler ses problèmes et les problèmes des Français. Face à eux, je ne regrette pas une seconde avec mon groupe d'avoir toujours été responsable, d'avoir toujours refusé la course aux postures et la collection de lignes rouges, d'avoir toujours préféré le dialogue et le débat.

d'avoir toujours fait le choix de la stabilité, même quand nous n'étions pas d'accord, même face aux différences, d'avoir accepté par deux fois un gouvernement dirigé par une personnalité ne venant pas de notre parti politique et jamais nous n'avons tenté de déstabiliser le gouvernement car jamais nous n'avons voulu déstabiliser la France. S'il vous plaît, je veux le dire aux Français, je veux le dire avec les députés de mon groupe, nous serons là. Nous serons là et nous resterons présents au côté des Français. Nous serons là et nous n'abandonnerons jamais les Français. Nous agirons et nous ne renoncerons jamais.

Et mes chers collègues, c'est à nous, à nous toutes et tous collectivement au-delà des groupes qu'il revient de prendre le risque du dialogue, qu'il revient d'avoir le courage du compromis. Oui, le compromis est un courage quand la posture est un confort. Aujourd'hui, clairement, je tends à nouveau la main comme je l'ai proposé dès l'été 2024, comme je l'ai proposé il y a 10 jours à la rencontre des entrepreneurs de France, je tends la main et je vous le demande, dialoguons, parlons-nous, trouvons des convergences. Faire tomber un gouvernement, c'est un coup politique qui a un coût pour la France.

C'est souffrir pour quelques heures le parfum trompeur d'une victoire et enfoncer plus encore la France dans le brouillard. Oui, le compte à rebour a commencé chers collègues. Le vrai compte à rebour, pas celui jusqu'au vote de tout à l'heure, celui jusqu'à la seule échéance qui compte vraiment, celle qui compte le plus le 31 décembre. Le 31 décembre, notre pays devra avoir un budget. Et si ce n'est pas le cas, nous connaissons les conséquences. Les conséquences, ce sont des entrepreneurs qui hésitent à investir parce qu'ils ne savent pas quel cadre fiscal et réglementaire les attend.

Les conséquences, ce sont ces salariés, ces familles qui ne savent pas de quelles aides, de quels accompagnements ils pourront bénéficier. Les conséquences, ce sont les programmes militaires retardés alors même que nous avons d'urgence besoin de nous réarmer. Les conséquences, ce sont ces recrutements de policiers, de gendarmes, de magistrats, de soignants, d'enseignants qui seraient retardés. Ce sont des décisions qu'on retarderait encore et encore. C'est surtout et peut-être plus que tout la crédibilité de la France qui est remise en cause. À force d'instabilité, nous prenons des risques inconsidérés. Le risque de l'impuissance, l'impuissance face aux défis qui sont face à nous.

L'impuissance dans le concert des nations. Car qui écoute la voix d'un pays qui perdrait sa souveraineté économique et financière ? Ce risque est existentiel. Nous ne pouvons pas le prendre. Alors, pendant le Covid, nous avons protégé les Français. Après la pandémie, nous avons pris les mesures qui s'imposaient pour protéger leur pouvoir d'achat au moment de la crise de l'inflation. C'était impératif et je mets au défi qui compte de nous dire qu'il aurait fallu abandonner et laisser nos entreprises, laisser nos concitoyens sans défense et sans protection pendant la crise du Covid ou pendant la crise de l'inflation.

Aujourd'hui, l'heure est venue de réduire le poids de notre dette et de réduire nos déficits. C'est bien la question qui nous est posé aujourd'hui et la seule qui compte vraiment, c'est l'assurance vie de notre nation. La France ne peut vivre éternellement à crédit. Notre dette publique atteint la côte d'alerte 113 % du PIB. Réduire la dette, ce n'est pas une obsession comptable, c'est un enjeu vital. Et réduire nos dépenses, réduire nos déficits, c'est possible. Sur l'année 2024, les dépenses de l'État ont baissé par rapport à l'année précédente pour la première fois depuis près de 15 ans parce que nous avons massivement annulé des crédits en cours d'année et pris des décisions difficiles.

Nous pouvons réussir en demandant des efforts justes à tous, en réduisant le train de vie de l'État, en luttant contre toutes les fraudes, en examinant l'efficacité de nos dépenses et notamment nos dépenses sociales. Nous pouvons réussir en lâchant les totems et en construisant des ponts. Faire chuter le gouvernement, c'est nous mettre plus en retard encore dans le compte Harbourg jusqu'au 31 décembre. C'est prendre le risque de nous condamner à échouer, de rajouter un peu plus d'instabilité à la France. Ces derniers jours et encore à cette tribune, le Premier ministre a rappelé, il a eu raison de le dire, que ce n'est pas des personnes ou des postes dont il s'agit.

C'est de la capacité de notre pays à avancer en se parlant, en dialoguant. Et je veux saluer tout l'engagement du gouvernement depuis 9 mois pour y parvenir. Je veux saluer la volonté de transparence et de franchise qui a été celle du premier ministre et de son gouvernement. Nous avons tous des désaccords avec le budget présenté par le gouvernement sur les jours fériers. Nous l'avons dit, tout travail mérite salaire et il n'est pas acceptable de demander aux français de travailler de jours de plus sans rémunération supplémentaire. Et pour autant, faut-il tout envoyer en l'air ? Faut-il tout casser au risque de faire foncer la France dans le mur ? Évidemment que non.

Tout à l'heure, aucun des députés de mon groupe ne votera pour donner un chèque en blanc au gouvernement. Aucun des députés de mon groupe ne votera pour valider le budget. Mais les députés de mon groupe voteront tout simplement pour l'intérêt général, pour la stabilité, pour éviter à tout prix de perdre un temps précieux alors que nous avons besoin d'un budget. Alors, plutôt que de céder au plaisir des gros titres, ayons le courage de l'action. Nous avons un devoir, protéger la France pour qu'elle reste debout et avec mon groupe, nous serons toujours en première ligne pour une France debout. Bien sûr, j'entends les désaccords, ils sont parfois profonds.

Je ne nie pas nos divergences, elles sont parfois massives. Mais je ne demande à personne de renoncer à ces convictions. Je ne me fais aucune illusion. Je ne propose ni pacte de gouvernement ni contrat de coalition. Ce que je propose, c'est un accord, un accord d'intérêt général pour que les 18 mois devant nous soient des mois utiles, pour que les 18 mois devant nous ne soient pas ceux du blocage à répétition et de l'impuissance publique. Oui, nous avons 18 mois, pas pour réécrire l'histoire, pas pour promettre une révolution à crédit, 18 mois pour chercher des convergences d'intérêt général, trancher les urgences, protéger les Français et préparer l'avenir.

Alors, trouvons ensemble un budget et quelques réformes que nous sommes prêts à mener ensemble. Bâtissons cet accord d'intérêt général autour d'une feuille de route précise que chacun parmi les forces républicaines pourra soutenir. Acceptons le compromis chacun et nous y sommes prêts. Mesdames et messieurs les députés, faire chuter le gouvernement ne résoudra rien ni au défis de la France, ni au problèmes des Français, ni à la dette qui continuera à peser sur eux. Cela n'aura qu'un seul effet. nous retarder. Nous retarder dans la course contre la monte pour bâtir un budget avant le 31 décembre nous retarder dans la compétition internationale nous retarder et retarder notre pays tout entier.

Alors pour 18 mois trouvons un accord d'intérêt général et pour la suite ne soyons pas dupe. Nous aurons besoin de tout réinterroger de tout revoir tout refonder. Le moment que nous vivons n'est pas une crise de plus, une crise encore, une crise de trop. Elle dit quelque chose de plus profond. Nous traversons une crise de modèle. Notre modèle de société est né dans l'après-guerre, dans un pays à la natalité en plein essort, dans un monde où la mondialisation n'était même pas un concept, où les technologies étaient rudimentaires au regard des nôtres. Ce modèle, nous lui devons beaucoup. La protection, la reconstruction, l'ascension sociale de millions de familles.

Mais aujourd'hui, tout a changé. L'intelligence artificielle est en train de bouleverser le monde et change jusqu'à nos manières de penser le travail, la santé, l'éducation. Le dérèglement climatique accélère et ces conséquences sont de plus en plus concrètes et destructrices pour nos concitoyens. Notre démographie change, rebattant toutes les équations de la solidarité, la démocratie elle-même, la République telle que nous la connaissons est parfois remise en cause, soumise au doute, à la tentation autoritaire. La réalité, c'est qu'on ne peut pas faire tourner la France de 2025 avec un modèle de 1945.

Et si l'examen du budget est devenu année après année un moment de crispation, un moment d'affrontement, un moment d'instabilité, c'est parce que ce moment du budget met au jour chaque année plus violemment le fossé béant entre le modèle de l'après-gerre et les réalités du monde d'aujourd'hui. Chaque fois, nous tendons un peu plus le fil, nous tordons un peu plus les faits, mais cela ne suffit plus, cela ne suffit pas, cela ne suffira pas. C'est un changement de modèle que nous devons mener. Alors bien sûr, nous aurons tous l'occasion de proposer, de débattre, de nous opposer. Bien sûr, les Français trancheront sur le modèle qu'ils souhaitent voir émerger.

Mais si nous ne réagissons pas, si nous ne nous entendons pas pour les 18 prochains mois autour d'un socle minimal de budget et de mesures très claires, il sera peut-être trop tard. Je crois dans la France, je crois dans les Français, je crois qu'un chemin d'espoir est possible. Évidemment, la situation que nous vivons est exceptionnelle dans l'histoire de notre pays et depuis les débuts de la 5e République, jamais l'Assemblée nationale n'avait été aussi morcelée. Mais si nous regardons nos voisins européens, notre situation n'a rien d'exceptionnel. Partout en Europe, des Parlements aussi divisés sont élus et pourtant des majorités se forment.

Des accords se nou, des gouvernements tiennent et fonctionnent. C'est un changement de culture profond pour notre pays vers la culture du compromis. Mais si nos voisins en sont capables, nous en sommes capables aussi. Nous en sommes capables et je le sais parce que la France en a toujours finalement été capable parce que c'est un conseil national de la résistance où communiste, gauliste, démocrates, chrétiens siégé côte à côte qui a fondé la sécurité sociale parce que c'est une assemblée nationale sans majorité absolue qui a fondé les CHU et l'assurance chômage. C'est possible, la France l'a fait. Nous l'avons fait, nous pouvons le faire encore.

D'autant qu'il ne s'agit ici que d'une chose, bâtir un budget. Bâtir un budget et trouver pour 18 mois des convergences et un accord d'intérêt général. Faire chuter le gouvernement n'apportera rien, seulement un peu plus de défiance envers la politique et un peu plus de retard pour notre pays. Alors, faisons enfin passer les idées d'abord et ayons le courage du dialogue. Je vous remercie. Merci beaucoup, monsieur le président. Atal.