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interviewLe Média — Podcasts· 25 avril 2022 105 min

Présidentielle 2022 : Bilan du second tour, direction le troisième tour

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

58% pour Emmanuel Macron, le président de la République sortant, est à nouveau élu pour un second mandat face à la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen, qui fait 42%. Nous sommes dimanche 24 avril et vous regardez la soirée électorale des médias indépendants. Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans cette émission du second tour de l'élection présidentielle. Ensemble avec les médias partenaires, Street Press, Radio Parleur, Le Bondi Blog, Regards et Le Média, nous allons décrypter ce soir les résultats et discuter de ce qui va en suivre et des enjeux politiques qui en découlent. C'est parti. Pour rappel, le taux de participation est de 71,8%.

18,6 millions de personnes ont voté pour Emmanuel Macron, mais jamais l'extrême droite n'a été aussi proche de la victoire. Mais ce n'est pas totalement terminé, car si nous connaissons désormais le nom du président de la République pour les cinq prochaines années, nous ne savons pas encore dans quelle configuration il pourra gouverner. Ce soir, nous allons donc parler des suites de cette élection, des perspectives. Et ça commence avec une nouvelle campagne électorale qui débute le 12 juin prochain. C'est le premier tour des législatives. Le second tour a lieu le 19 juin.

Les Français éliront les 577 députés qui peupleront l'Assemblée nationale et qui accompagneront ou combattront la politique majoritaire. Alors, autour de la table pour en débattre, nous avons invité Landry Ngang.

1:27
Invité

Bonjour.

1:27
Présentateur

Bonjour. Vous allez bien ? Ça va, ça va. Très bien. Alors, vous êtes l'un des représentants de la France Insoumise en région parisienne. Vous êtes de la Seine-Saint-Denis. Vous êtes co-référent du livret Quartier Populaire de la France Insoumise. Merci d'avoir accepté de venir sur le plateau. Avec plaisir. Des médias indépendants. En face de vous, on ne le présente plus. Anas Kasyb, vous êtes un habitué des médias indépendants. Bonjour.

1:48
Anasse Kazib

Merci de m'inviter et de me recevoir ce soir.

1:51
Présentateur

Merci à vous également d'être là. Vous êtes le représentant de Révolution Permanente. Vous avez tenté de candidater à l'élection présidentielle, mais vous n'avez pas obtenu les 500 parrainages. Et vous êtes, par ailleurs, cheminot et syndicaliste.

2:03
Anasse Kazib

C'est une candidature. Moi, je n'ai pas tenté. C'est le système qui nous a empêchés de pouvoir aller jusqu'au bout. Vous n'étiez pas sur la ligne de départ. Je veux dire, par là, on a mené jusqu'au 7 mars. De juin jusqu'à mars, ça fait presque huit mois de campagne. Plus de 7000 maires qui ont été rencontrés. Donc, on a fait ce qu'on avait à faire derrière, malheureusement, le barrage antidémocratique. Exactement.

2:27
Présentateur

Le Conseil constitutionnel a validé les 500 parrainages de ceux qui les avaient et a invalidé ceux qui ne les avaient pas. Vous êtes, par ailleurs, également, cheminot. Vous êtes aiguilleur et vous êtes syndicaliste à Sudaraï.

2:38
Locuteur

Toujours.

2:39
Présentateur

Petite précision, on devait avoir également une représentante du pôle écologiste. Malheureusement, on a appris tardivement qu'elle ne pouvait pas venir. Voilà, on le regrette. On tenait à le dire. À mes côtés, Elena Bercaoui. Elle est journaliste politique au Bondi Blog et elle va co-animer ce débat. Salut, Elena. Salut. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'être là. Alors, je vais vous poser une première question, un peu de circonstance. Face à ces résultats, on le rappelle, Emmanuel Macron fait 58%, le Front National 42. C'est quand même une grosse progression du Front National. En 2017, c'était 34%. Si on remonte vraiment plus loin, 2002, c'est 18%.

Donc là, c'est quoi votre sentiment face à ces résultats, ce soir, Landry ? Ce qu'on constate, c'est qu'Emmanuel Macron a fait progresser l'extrême droite pendant 5 ans. Le résultat de la politique d'Emmanuel Macron, c'est plus 10 points pour l'extrême droite et leurs idées. C'est 3 points pour le Rassemblement National au premier tour et l'émergence d'Éric Zemmour et les 7 points d'Éric Zemmour.

Et ça, c'est le résultat direct des politiques qui ont été mises en place, les politiques extrêmement violentes sur le plan social, les répressions extrêmement violentes de nos libertés et dans la rue, dans les combats qu'on a pu mener, mais également aussi la reprise du vocabulaire de l'extrême droite. Il faut se souvenir que Gérald Darmanin avait utilisé le mot « ensauvagement » à l'été 2018, un vocabulaire qui était uniquement cantonné à l'extrême droite. Ensuite, ça a été certains ministres comme Blanquer ou comme Vidal qui ont parlé d'islamo-gauchistes, de WOC, qui ont même organisé des chasses aux islamo-gauchistes.

Plus qu'une normalisation, c'est une reprise claire et nette du vocabulaire de l'extrême droite et des thématiques de l'extrême droite, avec pour seule volonté, en réalité, de ne pas parler de la question sociale et de permettre à l'extrême droite, qui est totalement invisible, inaudible et qui ne propose rien sur les thématiques sociales, de pouvoir continuer à parader sur les plateaux télé, à diffuser leurs idées nausabondes. Oui. On a un autre élément ce soir aussi, qu'on oublie trop souvent de commenter dans ces moments-là, c'est l'abstention. Donc l'abstention, sauf erreur, pour l'instant, c'est 28%. C'est un record depuis 50 ans, depuis 1969. Vous en pensez quoi, du coup, Anas ?

4:47
Anasse Kazib

L'abstention, il y a l'abstention. Il y a aussi les bulletins nuls et blancs. Apparemment, c'est estimé à 6,6% et il faudra voir demain. C'est énorme. La réalité, c'est qu'on disait qu'en 2017, Emmanuel Macron était mal élu. Là, il est très mal élu. Il perd 2,5 millions, je crois, de voix par rapport à 2017. À l'inverse, Marine Le Pen en récupère. Je pense qu'il y a peut-être un effet un peu grossissant sur ce qui s'est passé, notamment aux Antilles, où on voit le basculement en Martinique et en Guadeloupe entre 2017, où Emmanuel Macron, je crois, fait plus de 60%. Et puis là, aujourd'hui, c'est Marine Le Pen.

Je pense qu'il faut aussi dialoguer avec notre camp social, comme moi je l'appelle, celui qui a viscéralement dans son centre l'antimacronisme, en fait, ce qu'a été ces cinq années. Et qui, malheureusement, certains ont trouvé le choix de Marine Le Pen comme une forme de rejet d'Emmanuel Macron. Et ça, il faudra dialoguer avec ça. On a essayé, moi, personnellement, pendant les deux semaines, entre les deux tours, j'ai passé énormément de temps à discuter avec des personnes parfois racisées, parfois musulmanes, etc., qui par rejet d'Emmanuel Macron, parce qu'ils te disent « Anas, c'est pas possible, je ne peux pas ».

6:13
Présentateur

Aller vers l'abstention, du coup ? Aller plutôt vers un vote limite Marine Le Pen ?

6:16
Anasse Kazib

Oui, aller à un vote Marine Le Pen. Il y a aussi une phrase… Vous vous êtes abstenu, vous ? Moi, je me suis abstenu. Nous, notre ligne à révolution permanente, c'était ce qu'on qualifie d'abstention active, c'est-à-dire que c'est dénoncé à travers les mobilisations, dans les rues, etc. Finalement, un boycott, plutôt. Je ne sais pas si c'est un boycott, parce qu'on n'a pas boycotté les élections. On considère que l'élection, elle veut dire quelque chose. On l'analyse. On ne pense pas que c'est quelque chose de folklorique, où il y a des gens qui s'intéressent au vote. Non, on a fait un choix, celui de dire ni peste, ni choléra, ni Emmanuel Macron, ni Le Pen.

Il y a aussi des mobilisations dans la jeunesse. Vos médias les ont suivis aussi. Il y a eu des occupations de facultés. Il y a une camarade qui est sociologue, Kautar Archi, qui disait chez vos confrères de Mediapart, elle disait une phrase dont je vais la paraphraser, mais elle disait « C'est difficile à demander à un gilet jaune qui a perdu une main de voter Emmanuel Macron avec l'autre. » Et je trouve que cette phrase, elle est terriblement forte, à plein d'égards, en fait. Et je pense qu'on est arrivé dans un deuxième tour où il n'y avait rien de bon, en fait. Et moi, personnellement, le résultat de ce soir, j'attendais rien de bon, en fait, et de satisfaisant pour mon camp.

La seule chose qu'on va devoir faire aujourd'hui, c'est cette troisième voie, qui est pour moi, c'est la troisième voie de la lutte de classe qui doit revenir.

7:39
Présentateur

D'accord, vous comprenez, vous aussi, ce taux d'abstention ? Bien sûr. Nous, on a vu une grande participation en Seine-Saint-Denis de la part d'électeurs qu'on n'attendait pas ou qu'on n'avait pas vu dans les grandes depuis très longtemps. Une grande partie de la jeunesse qui a accru au Nouveau Monde qu'on voulait proposer, le Nouveau Monde avec Jean-Luc Mélenchon et l'Union Populaire. C'est très difficile, qui a été stabilisé. Nous, de ce qu'on constate dans les bureaux de vote, c'est qu'on a l'impression que c'est les 30-45 ans qui ont plutôt boudé les urnes, quand les 18-25 ans se sont surmobilisés. Donc, on verra après à tête opposée quand on aura vraiment les chiffres plus tard.

Mais on a eu une impression qu'il y avait vraiment une grande participation de ceux qui étaient les plus éloignés de la politique. Une participation en direction de Jean-Luc Mélenchon. La preuve, il fait 49% en Seine-Saint-Denis et plus de 66% bien sûr dans ma ville à Seine-Saint-Denis.

Donc, je peux très facilement comprendre que des électeurs qui ont réussi à se remobiliser parce qu'ils croyaient au Nouveau Monde qu'on proposait, aux 1 400 euros pour le SMIC, aux 1 063 euros pour les jeunes, à plus une retraite sur le seuil de pauvreté, je peux les comprendre qu'ils n'aient pas envie d'aller voter ou pour la peste ou pour le choléra au second tour et qui, vu que le vote blanc aujourd'hui n'a aucune utilité, décide de dire « je vais m'abstenir » parce qu'au moins, je suis sûr que ce soir, on va parler de l'abstention et ce sera plus efficace qu'un vote blanc. Malheureusement, je le regrette. Je pense qu'il fallait aller aux urnes, même pour voter blanc.

Il faut rester actif et surtout que la bataille n'est pas terminée. Vous venez de dire que le vote blanc ne sert à rien ? Malheureusement, oui, ça je le dis, le vote blanc aujourd'hui ne sert à rien. Il faut qu'un vote blanc, ensuite, vous concluez comme ça. Pour montrer un choix clair, je suis parti. En gros, le choix du vote blanc aujourd'hui, qu'est-ce qu'il veut dire ? Il veut dire « j'ai fait ma démarche citoyenne, je suis parti voter, mais je n'ai choisi ni Le Pen ni Macron ». L'abstention, en réalité, ne veut pas dire grand-chose. Nous, on peut l'interpréter en disant « entre le premier tour et le deuxième tour, il y a une plus grande abstention ».

Donc, la différence, ce sont des électeurs qui n'ont pas voulu choisir. Mais en réalité, on ne sait pas combien de personnes n'ont pas pu aller voter, on ne sait pas combien de personnes sont parties en vacances, les malinscrits, etc. Donc, il faut engager cette démarche citoyenne d'aller voter blanc pour ceux qui veulent et ne pas rester dans l'abstention. – Oui, ça c'est une longue entreprise, parce qu'on voit bien que l'abstention d'élection en élection n'a fait que se creuser. Par contre, ce qui est intéressant, c'est… – Je vais dire un mot sur l'abstention.

9:45
Anasse Kazib

– L'abstention, elle confirme aussi cette crise politique et démocratique importante. Enfin, déjà, on disait que l'élection d'Emmanuel Macron, elle se faisait sur la chute du bipartisme entre la droite et la gauche. Aujourd'hui, on l'a vu dans cette élection, où au final, il y a eu ces fameux trois blocs qui ont aspiré le vote utile, que ce soit à l'extrême droite, que ce soit à gauche pour Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron. Comment ?

10:11
Présentateur

– Ce n'était pas fait en vote utile. Quand on regarde l'affaissement des autres candidats de gauche, ils perdent trois points en un mois, on en prend onze. Donc, on a réussi à capter un électorat qui comptait plutôt s'abstenir.

10:20
Anasse Kazib

– Non, je pense qu'il y a eu une forme de vote utile pour Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui est des gens qui votent par conviction, parce qu'ils sont d'accord avec le programme. Ça, il n'y a aucun problème. Il y avait déjà plus de 19% en 2017.

Mais la réalité, c'est vrai que cette élection, elle arrive après cinq années de lutte de classe, où, effectivement, il y a une aspiration aussi pour une grande partie de la jeunesse, une grande partie des secteurs, des quartiers populaires, etc., de notre camp social qui a lutté pour le climat, contre la réforme des retraites, du mouvement des Gilets jaunes et autres, qui se sont dit à un moment donné, est-ce que Mélenchon, ce n'est pas le vote utile pour notre camp face à ça ? Et je pense que ce n'est pas une insulte de le dire. Mais néanmoins, il y a une phrase, vous savez, pour le mariage, on dit le mariage c'est après la cérémonie.

Moi, j'ai l'impression que l'élection présidentielle, c'est après. Parce que, véritablement, c'était une élection présidentielle qui était plutôt catastrophique, qui ne s'est... Beaucoup disent, on n'a même pas l'impression qu'il y a eu une élection qui s'est passée entre la crise, entre la guerre en Ukraine, etc., entre Emmanuel Macron, qui arrive très tardivement dans l'élection, qui ne fait quasiment pas de meeting, quoi. Enfin, il fait deux, trois meetings à l'extérieur.

Mais la réalité, c'est qu'on a l'impression, on repart maintenant pour cinq années de macronisme, c'est-à-dire qu'on va cumuler dix ans d'Emmanuel Macron, mais qu'au final, ça se fait avec encore plus de fragilité, encore plus de crise des institutions et qu'au final, ça va être difficile aujourd'hui de gouverner avec un tiers du pays, en réalité, parce que c'est celui-là.

11:57
Présentateur

La question de la gouvernance, de comment ça va se passer après, là, c'est la question aussi qui nous intéresse. Je pense que vous deux, vous ne serez pas forcément d'accord, mais il y a des échéances, pour le coup. Et la prochaine étape, c'est les législatives, qui, comme tu le disais, vont se dérouler le 12 et le 19 juin. Il y a déjà une communication qui commence à s'amorcer, notamment chez la France insoumise, qui a été très active de ce point de vue-là. On a vu Jean-Luc Mélenchon appeler les gens à faire de lui le Premier ministre, finalement. Est-ce que c'est une perspective qui est probable ou même souhaitable pour vous, Anas ?

12:31
Anasse Kazib

Est-ce que c'est une perspective ? Après, ça, c'est la stratégie de la France insoumise. Moi, je ne suis pas pour un troisième tour électoral. Moi, je suis pour un troisième tour qui soit celui de la lutte de classe, en réalité, parce que le troisième tour électoral, il ne vous donne qu'une solution, c'est de gagner. Vous n'allez pas y aller aux législatives révolution permanente ? Pour l'instant, c'est encore en réflexion. On va voir, on va trancher, mais de toute façon...

12:50
Présentateur

Mais vous, vous ne savez pas si vous vous présentez ?

12:52
Anasse Kazib

C'était en réflexion au niveau de l'organisation. De toute façon, notre positionnement dans les élections, quelles qu'elles soient, le but n'est pas de considérer qu'à travers les institutions, on va changer les choses, qu'être le premier ministre d'Emmanuel Macron va changer la phase des choses. On considère que...

Et même si on entend vraiment les gens qui ont cette volonté, en fait, de penser que faire barrage au macronisme, etc., ça va se faire par les urnes, etc., par un processus législatif et autres, non, on dit que ce qui a fait barrage et ce qui a pu faire barrage à Emmanuel Macron durant ces cinq années, c'est le mouvement des gilets jaunes, c'est la réforme des retraites où on a bataillé plus de 60 jours, en fait. Pendant 60 jours, on a tenu les piquets. C'est ça, ce qui a fait reculer Emmanuel Macron. C'est lorsque le comité Adama, le 2 et le 13 juin 2020, mettent en tout plus de 200 000 personnes et mettent sur la table la question des violences policières.

Souvenez-vous que Castaner n'avait jamais parlé de violences policières durant tout le mouvement des gilets jaunes lorsque le comité Adama...

13:54
Présentateur

Spécifiquement sur cette question, on voit bien qu'on a une mobilisation, comme vous le dites, qui est historique et dont on n'a pas beaucoup parlé. Et aujourd'hui, on a un président qui est élu ce soir et qui va doubler le nombre... Enfin, je n'ai pas envie de dire de bêtises, mais il me semble que c'est de gendarmes ou de force de l'ordre. Donc, de ce point de vue-là, ce n'est pas vraiment...

14:12
Anasse Kazib

Je pense qu'il faut voir les contradictions de toute façon du macronisme. Il y a énormément de contradictions dans son élection. Il va falloir voir l'après, quel va être son gouvernement, comment il va faire. Il y a des éditorialistes qui disent que peut-être qu'une partie des LR vont rejoindre Emmanuel Macron avec Sarkozy. Peut-être qu'ils vont faire rentrer des ministres un peu importants de venus des Républicains et autres. On va voir ce que va tenter le gouvernement. La réalité, c'est que son élection, elle est autant fragile qu'elle n'a été en 2017. On l'a vu dès le début en 2017. C'était le nouveau. Encore plus fragile. En 2017, on disait que c'était le nouveau monde et autres.

Il y a eu l'affaire Benalla, l'affaire Hulot, Nyssen, etc. Et puis, un an après, il y a eu le mouvement des Gilets jaunes qui arrivait directement. Donc, au final, son quinquennat, il a eu du mal à le tenir. Et c'est quand même assez particulier de se dire qu'après cinq années, après tout ce qui s'est passé, c'est une nouvelle fois Emmanuel Macron qui gagne. Et je pense que la résultante de tout ça, c'est que les gens ne vont pas rester silencieux cinq ans. Très sincèrement, les gens ne vont pas attendre 2027, en fait, ou ne vont pas attendre les législatives ou les régionales ou les européennes, ne vont pas attendre un débouché institutionnel. Je vous dis juste un mot.

Il y avait un sondage très intéressant dans le journal La Croix. 8 000 jeunes de 18 à 25 ans qui ont été sondés. Sur les 8 000, il y avait plus de 22 % de la jeunesse qui considérait qu'il fallait un processus révolutionnaire pour changer le système. Il y avait quasiment 50 % qui considéraient que toute la politique professionnelle, en fait, était néfaste. Et ça montre, en fait, que lorsqu'on a une jeunesse qui aujourd'hui s'abstenue à plus de 42 %, les 18-25 ans sont abstenus à 42 % dans ces élections. Ça montre qu'il y a une troisième voie. Je ne vais pas dire que tout le monde est marxiste, que tout le monde est révolutionnaire.

Ce serait faux de dire que tout le monde attend la révolution. Non. Mais qu'il y a une troisième voie qui aujourd'hui, il va falloir en tout cas, moi, en tant que militant politique, c'est mon devoir d'essayer de dialoguer avec une partie de ces personnes-là. Mais quand même,

16:02
Invité

en attendant,

16:03
Présentateur

je veux dire, en risque d'avoir un plébiscite pour le président sortant, c'est la logique des différentes élections législatives depuis 2002, de suivre justement,

16:12
Invité

que la législative suive la logique de celle de l'élection présidentielle. On a donc là le risque d'avoir une majorité présidentielle très forte. C'est aussi ce qu'on peut craindre.

16:21
Présentateur

Nous, on souhaite qu'il n'y ait pas de majorité pour le gouvernement d'Emmanuel Macron. Ce qu'on souhaite et ce qu'on a demandé aux Français, c'est d'élire un gouvernement populaire. Parce qu'en réalité, il y a quatre blocs à l'issue de cette élection présidentielle. Le premier bloc, c'est celui de l'extrême droite. Le second bloc, c'est celui des libéraux autour d'Emmanuel Macron. Le troisième bloc est celui du bloc populaire autour du programme de l'Avenir en Commun. Et le quatrième bloc, c'est celui... Dans l'Assemblée ? Mais évidemment. Regardez les personnes qu'on investit. On va investir Julie Garnier qui est dans toutes les luttes.

On va investir Rachel Keke qui a été l'une des fers de lance de la lutte contre les hôtels Ibis. Donc oui, on fait rentrer les luttes sociales au sein de l'Assemblée nationale. Et nos 17 députés ont prouvé que durant ces 5 ans, ils ont été dans toutes les luttes et dans tous les blocages et qu'ils ont fait un réel travail à l'Assemblée nationale, un réel travail d'opposition. On le voit pendant la réforme des retraites. On ne les a pas lâchés. Chaque mot a été débattu. On ne les a pas lâchés. On leur a montré leur contradiction de la retraite. Et on est partis dans la rue accompagner les mobilisations sociales. On a réussi à rester sur les deux tableaux.

Notre objectif pour les prochaines élections législatives, c'est de faire en sorte qu'on ait cette majorité populaire. Parce que si Mélenchon est Premier ministre à la suite de ce processus, dès le lendemain de l'élection, il peut bloquer les prix. Et ça, ça va alléger immédiatement énormément de familles. Si on a une majorité populaire, on pourra mettre en place notre programme, celui qu'on a défendu pendant cette élection présidentielle. Donc le combat n'est pas terminé. On va le mener jusqu'au bout.

Et on va demander aux Français une nouvelle fois de retourner aux Irmands pour battre Emmanuel Macron et surtout pour construire un autre monde ce qu'on leur a proposé À l'instant, la gauche est très majoritaire et très majoritaire. C'est un joli lapsus. Et très minoritaire au Parlement. Au Sénat, c'est très résiduel. L'espace de la gauche à l'Assemblée nationale, on a 17 députés LFI. Bien sûr, mais ça, c'est le fait de la Ve République. On le voit bien. Oui, mais là, on est dans la Ve République. C'est ça aussi la question. C'est la question de la faisabilité d'avoir une majorité de députés de gauche à l'Assemblée nationale ?

Non, on ne veut pas utiliser mon cohabitation parce que ce n'est pas, je dirais, une demande qu'on va faire à Emmanuel Macron. Notre objectif, c'est vraiment de construire une majorité populaire. Est-ce que c'est faisable ? Dans l'effet, oui. Est-ce que c'est faisable ? Oui. Quand on regarde la sortie des élections, on est au second tour dans plus de 400 circonscriptions. On est en tête et très largement en tête dans plus de 100 circonscriptions. Et si nos 7 millions d'électeurs retournent aux urnes aux élections législatives, nous avons plus de 289 députés. Donc est-ce que c'est faisable ? Oui. Il faudra que notre électorat se redéplace, nous refasse confiance.

Il va falloir qu'on a deux mois de campagne pour ça, remobiliser toutes les personnes pour leur faire dire que ce n'est pas terminé, que la bataille n'est pas finie, qu'on n'a pas de genoux à terre et qu'on peut construire cette majorité populaire et avoir Mélenchon en commun. Le truc, c'est qu'il y a aussi eu des... Enfin, ça suppose d'avoir des accords. Des accords programmatiques. Et ça, ça, ça va être... Ça va être un peu compliqué. On a vu que le PS avait récemment voté une résolution qui ouvre la porte à des négociations avec LFI. Au NPA, on commence à se déclarer favorable à des candidatures d'union.

19:33
Invité

Il y a un NPA qui invite à continuer

19:36
Présentateur

les discussions. Il est très, très chaud pour être dans une alliance

19:41
Invité

avec le PS, d'ailleurs.

19:44
Présentateur

On ne sait pas si ça va être complètement gagné. Vous, vous le voyez comment cette espèce d'alliance qui pourrait peut-être essayer de faire ? On n'a pas eu le temps

19:53
Invité

de la faire. Pour l'instant,

19:53
Présentateur

le PS n'est pas autour de la table. Ils ont voté en leur sein une résolution pour dire qu'ils souhaitaient être dans le processus. Nous, on leur a dit c'est bien, on en prend acte, mais on va vous demander plus de garanties. On va vous demander de rompre avec le libéralisme, de rompre avec le quinquennat François Hollande. Pour l'instant, ce n'est pas fait. On va leur demander d'arrêter de nous insulter quotidiennement. Pour l'instant, ce n'est pas fait. Donc, pour l'instant, nous discutons avec trois partenaires. C'est le NPA, Europe Écologie et Verts et le Parti communiste français. Et avec ces trois partenaires, on arrive à construire quelque chose.

On arrive à s'entendre sur un programme et la base du programme, c'est l'avenir en commun. Oui. Donc, il pourrait y avoir des alliances avec le PS ? Avec certaines personnalités ? Avec le PS ? Si, il respecte les garanties. Comme par exemple, s'ils rejoignent notre majorité qu'on souhaite construire, ils seront pour la retraite à 60 ans. Pour l'instant, le PS n'est pas pour la retraite à 60 ans. Si demain, ils sont pour la retraite à 60 ans, c'est un bon point. On va leur demander leur avis sur la loi El Camry. Nous, on souhaite l'abroger. Une charte ? Alors, charte, je ne sais pas, mais il y aura un accord programmatique. Donc, il faudra être d'accord avec le programme.

S'ils ne sont pas d'accord avec le programme, ils n'ont pas à venir dans notre majorité. Ça va être aussi simple que ça. C'est pour vous, Anastasie, qui a été un ancien du NPA, par exemple. C'est le retour

21:09
Anasse Kazib

justement les alliances des révolutionnaires avec la gauche institutionnelle. La preuve en est que le courrier est assez incroyable que le NPA accepte que sa base de programme, ce soit l'avenir en commun. Enfin, moi, je trouve, je ne sais pas si les militants du NPA qui luttent, qui ont... Parce que ce n'est pas un programme anticapitaliste, ce n'est pas un programme révolutionnaire. Enfin, je ne sais pas. C'est un programme de transition. Oui, non, ce n'est pas un programme de transition, c'est un programme de gouvernance républicaine. Enfin, il n'y a pas de problème là-dedans. La France insoumise, est un parti républicain, institutionnel. Enfin, il y a...

Dans l'avenir en commun, il n'y a pas une seule fois le mot islamophobie, par exemple. Il y a la lutte contre le communautarisme dans tout le livré sur la question de la sécurité, renforcer les principes de la laïcité, etc., dans l'espace public et autres. Il y a énormément de choses. C'est-à-dire que ça n'a rien à voir. Enfin, je veux dire que... Ce serait l'idée, en fait, de tout le gouvernement anticapitaliste. Les révolutionnaires vont avoir un programme, je ne sais pas, de régularisation de tous les sans-papiers, d'ouverture des frontières, d'expropriation des richesses, des grandes banques, etc. Enfin, il y a un certain nombre de choses. Maintenant, moi, je ne suis pas au NPA.

C'est à eux de prendre leurs responsabilités. Mais je trouve que c'est un pas sur la droite très, très important, ce qui est fait. Et en même temps, avec le PS, souvent, j'entends, moi, dire plus jamais PS. Enfin, faire une alliance avec ceux qui ont voté la loi séparatisme, ceux qui votent les lois sécurité globales, l'alliance Bourgogne-Franche-Comté, Europe Écologie-Les Verts, Parti Socialiste, qui a voté l'ouverture à la concurrence SNCF dans l'ensemble des lignes. Même Xavier Bertrand n'a même pas fait ça. On a vu déjà ce que sont ces alliances-là avec le Parti Socialiste et Europe Écologie-Les Verts. La finalité, c'est encore une fois le retour de la gauche plurielle.

Mais ma position, c'est que, bon, admettons, moi, c'est leur stratégie de considérer qu'il faut tout mettre sur la question électorale. Moi, ce n'est pas ma stratégie, personnellement. Je considère que, comme je le dis, c'est soit tu gagnes, soit tu gagnes. Et si tu perds, tu es dans la merde parce que derrière, qu'est-ce que tu fais, en fait, pour faire barrage à la retraite à 65 ans ? Qu'est-ce que tu fais pour empêcher la question du RSA, etc. Ça, c'est dans la lutte de classe que ça peut se faire. Ça ne se fait pas à travers les élections.

Et il y a une quatrième voie aussi qui, moi, j'entends beaucoup en tant que militant syndical, c'est celle des directions syndicales qui sont en train d'essayer de renforcer le dialogue et ils veulent renforcer le dialogue social avec Emmanuel Macron. De quel dialogue social on parle ? De quelqu'un qui veut faire travailler les gens au RSA ? De quelqu'un qui veut mettre la retraite à 65 ans ? Qui veut doubler les effectifs de police après toutes les violences qu'on a vues ?

C'est assez dingue, en fait, de se dire qu'on a des Martinez, des Bergers et autres qui, leur seule volonté aujourd'hui, c'est de renforcer, en fait, le dialogue social avec quelqu'un avec lequel il a détruit le syndicalisme de terrain avec les ordonnances de loi travail, la mise en place des CSE. C'est quelqu'un qui n'en a que faire, en fait, du dialogue social. Il n'y a pas de dialogue social, en fait, avec Emmanuel Macron. La seule chose qu'il comprend, c'est le rapport de force. C'est lorsqu'on arrête les usines, c'est lorsqu'on arrête les trains, lorsqu'on arrête les bus, c'est lorsqu'on lutte, en fait. Il y a énormément de gens de valeurs qui ont combattu.

D'ailleurs, je salue, c'est très bien, Rachel Kéké. Je profite qu'on est au Média. Il y a votre collègue et qui est un camarade aussi, Tahabou Afs, que je tiens à saluer et à lui apporter aussi tout notre soutien face à ces tonnes d'insultes qu'il reçoit depuis 24 heures. Comme quoi, lorsqu'on est un Arabe et qu'on a envie de lutter aussi contre la bourgeoisie, contre le système, etc., qu'on rentre et qui est à peine investi par l'Union populaire et déjà, il se fait insulter qu'il sache qu'on est derrière lui et qu'on ne laissera jamais seul face à toutes ces insultes-là. Donc, quoi qu'il arrive... Donc, vous allez soutenir quand même des candidatures de l'Union populaire.

Mais moi, j'ai énormément de respect pour que ce soit pour Rachel Kéké ou Tahabou Afs ou d'autres militants de terrain ou autres. Julie Garnier passe le 28 avril prochain. Elle est convoquée au commissariat en Isra. On va lui apporter tout notre soutien. Je veux dire, les gens nous connaissent et me connaissent. C'est-à-dire que dans la lutte, dans le combat, on ne laisse jamais personne à terre. On ne laisse jamais personne seul. Nous, ce qu'on propose aujourd'hui, c'est de construire non pas une force électoraliste, mais une force de résistance parce qu'on va devoir résister en fait face à Emmanuel Macron. Il y a une unité

25:31
Présentateur

dans les luttes quand même entre vous. Ça, c'est évident. On se croise tout le temps dans les manifestations, on se croise tout le temps dans les luttes. On n'a pas les mêmes projets,

25:36
Anasse Kazib

je veux dire par là. Il y a un désaccord programmatique, ça c'est clair. Pas que programmatique, stratégique aussi.

25:41
Présentateur

On ne nous résume pas à une force électoraliste. La preuve, c'est qu'on est dans les luttes et qu'on a toujours été et qu'on sera toujours dans les luttes. Notre objectif, c'est faire en sorte qu'on n'ait pas besoin de construire je ne sais combien de manifestations pour avoir la retraite à 60 ans, mais qu'on ait juste besoin de gagner une élection qui sont les élections législatives. Parce que si on est majoritaire à l'Assemblée nationale, pas besoin de manifestations pour avoir le blocage des prix, c'est une signature. La retraite à 60 ans, c'est tu pourras te mobiliser pour nous mettre la pression, mais nous on le fera, l'expression populaire.

Si les gens veulent une retraite à 60 ans, si les gens veulent la SMIC à 1 400 euros, s'ils veulent un blocage des prix, si les étudiants veulent un revenu de 1 063 euros, c'est le troisième tour. Et si on perd le troisième tour, mais on le gagnera, puisque tout est possible pour qu'on le gagne, eh bien on appliquera notre programme. Mais si vous ne le gagnez pas, vous faites quoi ? Si on ne gagne pas, on retourne sur 5 ans de résistance, mais ça c'est évident. Mais comment vous allez résister ? À l'Assemblée nationale et sur le terrain, comme on l'a fait.

26:38
Anasse Kazib

Il y a combien d'amendements sur les 2000 amendements ? Voilà, ça a combien ont été acceptés ?

26:43
Présentateur

Parce qu'en fait, effectivement, une des limites... Zéro amendement

26:46
Anasse Kazib

de la France insoumise qui est passée en 5 ans. Sur les 2000 amendements de la réforme des retraites, il y en a combien qui sont passées ?

26:51
Présentateur

Sur la réforme des retraites, non, mais sur le quinquennat en général... Ça ne sert à rien de dire aux gens que la réforme des retraites,

26:56
Anasse Kazib

elle s'est... La réforme des retraites,

26:58
Présentateur

elle s'est battue sur deux tableaux, dans la rue et à l'Assemblée nationale où on les a mis face à leur contradiction.

27:02
Anasse Kazib

Bien sûr que c'est. Landry, que vous mettiez des politiciens dans une assemblée face à leur contradiction, il n'y a pas de problème. La seule chose qui les fait reculer, c'est le rapport de force. C'est ni plus ni moins. La preuve en est l'assurance chômage. Mais le rapport de force, c'est... Est-ce que l'assurance chômage... Regarde, je te donne un exemple, Landry. L'assurance chômage, vous avez aussi mené des contradictions. Bien sûr. Elle est passée ou pas, l'assurance chômage ? Oui, mais l'assurance chômage, nous avons mené des luttes

27:26
Présentateur

dans la rue ou pas ? C'était des journées perlées. Oui, mais d'accord. C'est des journées perlées, malheureusement. C'est la preuve que lutter uniquement dans la rue, ça ne suffit pas. Si on arrive à empêcher Emmanuel Macron d'avoir une majorité, et ça, c'est par les élections législatives qui arrivent, il ne pourra pas mettre en oeuvre son programme, tout simplement. Et nous, on pourra mettre en place le nôtre. Moi, je doute.

27:50
Invité

Quel changement social on a eu récemment uniquement grâce aux acquis parlementaires ?

27:56
Présentateur

Alors, j'étais beaucoup trop jeune pour le dire, mais on a eu, par exemple, le gouvernement Jospin les 35 heures. Voilà. C'est un exemple concret. Les 35 heures, ça a permis d'alléger le temps de travail pour plein de personnes, et ça a permis de créer même de l'emploi. Oui, ça, c'est vrai. Mais ça, c'est le gouvernement Jospin. Ce qu'on voit aussi, et ce qu'est une crise démocratique, c'est qu'avec la Macronie, on va voir comment ça va se passer, parce qu'effectivement, les législatives vont aussi façonner ce que va être le pouvoir d'Emmanuel Macron. Il n'aura peut-être pas la vague de députés qu'il a eue en 2017, mais effectivement, là, c'était... C'est assez correct.

C'est-à-dire qu'en fait, il n'y a pas eu de possibilité pour l'opposition de gauche de mener une vraie résistance au sein du Parlement. La vague partant, ce n'est pas uniquement la victoire. Sinon, ça voudrait dire qu'on a quasiment résisté sur rien pendant le quinquennat d'Emmanuel Macron, vu qu'il a pu réussir à passer énormément de réformes. On a résisté en montrant les incohérences totales des projets de loi qu'ils ont essayé de faire passer. Sur l'assurance chômage, on leur a dit « Mais regardez le nombre de chômeurs, regardez le nombre d'emplois disponibles. » Ça ne matche pas. Il y a un problème structurel.

Donc, ce que vous allez faire, c'est juste fouetter des personnes qui ne peuvent pas travailler puisqu'il n'y a pas assez de travail disponible. Sur la réforme des retraites, pareil, on leur a dit « Vous allez étendre, vous vouliez étendre le travail jusqu'à 64, 65 ans. » Sauf que la majorité des personnes de plus de 60 ans sont au chômage. Comment on fait ? Ça, c'est de la résistance. C'est montrer des arguments qui voudraient nous faire croire que c'est tout à fait normal, que c'est tout à fait logique, qu'on n'a pas le choix de faire ça. Bien sûr que si, on peut faire autrement. C'est de la résistance.

C'est un contre-argumentaire qu'on mène à l'Assemblée nationale et qu'on continuera à mener à l'Assemblée nationale suivie des mobilisations de terrain sur lesquelles nous n'avons jamais manqué.

29:44
Anasse Kazib

Moi, j'adore l'André. C'est fraternel de toute façon. d'être dans la rue. Elle est de coordonner et organiser. C'est ça, ce dont on parle. Quand on parle de lutte de classe, ce n'est pas être présent à la manifestation, mettre un barnum et être avec ses députés et serrer des mains. Ce n'est pas ça. D'être dans la rue, c'est d'organiser en fait la lutte. C'est-à-dire que, par exemple, je donne un exemple sur les réfugiés étudiants. Je pense que vous avez suivi avec Révolution Permanente. On a été aux côtés d'étudiants réfugiés qui sont d'origine africaine, du Maroc, de Côte d'Ivoire et autres. On a réussi aujourd'hui dans certaines facultés à les faire s'inscrire en fait.

Parce qu'on a lutté, on s'est organisé, on s'est coordonné, on a organisé des assemblées générales dans les facultés, etc. Il y a énormément de choses. C'est ça, lorsqu'on parle de résistance. Ce n'est pas juste il y a une manifestation, il y a une marche, je suis présent. Ça, jamais je dirais que des militants insoumis ou autres ne sont pas. Bien sûr que vous êtes dans des manifestations, vous êtes là.

Mais ce dont on parle, c'est est-ce que vous vous êtes pour un débouché électoral, c'est-à-dire de changement et de transformation par les élections, par le Parlement ou d'une transformation de lutte de classe, c'est-à-dire à travers la rue, à travers la grève générale, à travers les mobilisations. Vous n'êtes pas pour cette voie-là. Que vous la souteniez lorsqu'elle se produit, j'ai envie de dire, vous n'avez pas vraiment le choix. Lorsqu'il y a le mouvement des Gilets jaunes, vous êtes obligés aussi de suivre. Lorsqu'il y a les mobilisations des retraites... On a été les premiers

31:14
Présentateur

à l'appeler et à rejoindre les Gilets jaunes au mouvement des Gilets jaunes. Parce que ce n'est pas uniquement suivre. On a vu ce qui se passait. Plein d'organisations à gauche étaient assez tremblantes face à ce qui émergeait. Nous, on a dit immédiatement, on connaît la situation de ces gens-là. Ce ne sont pas des fachos, des antisémites ou tous les autres injonctions que nous disait le gouvernement. Et on a été allé tout de suite. Tout le monde peut aller revoir nos positions. Mais juste pour revenir rapidement sur ce qu'il disait. Oui, nous, on assume. Nous sommes pour prendre les institutions et pour les redonner au peuple.

On est pour changer la Ve République pour faire en sorte qu'il y ait plus de représentativité des positions de tous les Français. On est pour faire en sorte que, oui, il n'y ait besoin que d'une loi, que d'une signature pour passer le SMIC à 1 400 euros. Et ainsi de suite et ainsi de suite. On propose un programme ce qu'on appelle la révolution citoyenne. C'est-à-dire une révolution des citoyens par le processus électoral pour mettre en œuvre toutes les avancées qu'on a dans ce programme l'avenir en commun. Et ça, on l'assume.

32:12
Anasse Kazib

Oui, mais déjà, au moins, il y a plus de clarification parce que sinon, on a l'impression que vous êtes limite à l'UT ouvrière. C'est-à-dire, on se dit, vous êtes juste des gens de l'UT ouvrière mais il y a les élections législatives. Là, on se dit, tiens, en tant qu'avenant. On assume le conflit

32:25
Présentateur

entre eux. On assume le conflit classe. Mélenchon a fait

32:28
Anasse Kazib

une prise de parole. Il a dit, l'action, c'est le 12 et 19 juin. Il n'a pas dit, l'action, c'est demain matin. C'est dès maintenant, il va falloir faire la guerre, il va falloir faire une guerre sociale à Emmanuel Macron dans la rue. Il a dit, non, élisez-moi Premier ministre. Moi, personnellement, après, je pense, très sincèrement, après,

32:46
Présentateur

il y a 296 députés. Bon courage.

32:51
Anasse Kazib

Parce que vous avez fait 19 %, vous avez eu 17 députés pour en avoir 296. Alors, vous avez fait 2 % de tous. Mais ce n'est pas du plus les mêmes configurations. On ne peut pas dire qu'il y a trois blocs ou quatre blocs et d'un côté, considérer qu'on est capable, en étant un quart de ce bloc-là, faire deux tiers au Parlement. Ça, enfin, mathématiquement et arithmétiquement, ce n'est pas possible. C'est-à-dire... Mais non, ça ne fonctionne pas comme ça. Je pense qu'il faut dire la vérité. C'est-à-dire que... La vérité, c'est que c'est joué. Je veux dire la vérité. Quel est le plan si vous échouez ? Il faudrait être... Ça, on partit à un...

33:20
Présentateur

Juste petit point d'info, il faudrait être 289 circonscriptions pour gagner. 289 députés. 289 députés. Vous êtes arrivés au premier tour, vous êtes arrivés en tête, donc 104 circonscriptions. Oui. Et au second tour, dans combien ? Au second tour. Dans plus de 40... En second tour, c'est-à-dire au second tour, nous, contre une autre force politique. Et ça, c'est dans plus de 40% minimum des circonscriptions. Ce qui veut dire que dans minimum 40% des circonscriptions, on peut affronter éventuellement En Marche et faire gagner nos députés par un vote tout simplement de rejet et de personnes qui voudraient ne pas donner un député à Emmanuel Macron. C'est faisable.

Quand on regarde aujourd'hui les chiffres, c'est possible. et plein de gens vont nous dire, mais je ne prends pas en exemple, que c'est injouable, que ce n'est pas possible pour x ou y raisons, comme on nous condamnait à faire 15%. On en a fait 22. Si les gens se déplacent le 12 et le 19 juin, on peut gagner, on peut être majoritaire et on pourra appliquer notre programme dès le lendemain. Mais j'ai une question pour vous quand même, Anaskazi, parce que depuis tout à l'heure, on a bien compris votre position et que vous n'êtes pas du tout dans cette perspective de majorité parlementaire, mais vous vous êtes présenté, enfin vous avez voulu vous présenter à l'élection présidentielle.

Tout à l'heure, vous m'avez dit vous êtes en train de réfléchir à aller ou pas aux législatives, mais alors à quoi bon y aller ? Pourquoi vous continuez à vous présenter à ces élections si finalement, ce n'est pas du tout une perspective à quoi bon se présenter ?

34:38
Anasse Kazib

Parce que déjà, quand on est parti à la présidentielle, ce n'est pas avec le programme de l'avenir en commun et si on va aux législatives, ce n'est pas derrière le programme de l'avenir en commun avec le Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts et le PCF. Enfin, je veux dire par là, il faut voir aussi... Oui, mais vous nous dites

34:53
Présentateur

qu'il n'y a pas de changement social par le Parlement, par l'action parlementaire.

34:58
Anasse Kazib

Non, mais c'est faire rentrer des révolutionnaires au Parlement avec une ligne de classe, d'indépendance de classe qui lutte contre la bourgeoisie frontalement. Enfin, à un moment donné, bien sûr que si, ça peut avoir une utilité.

35:08
Présentateur

Donc, il peut avoir une utilité

35:09
Anasse Kazib

si on est majoritaire. Ce n'est pas la même chose. Bien sûr que vous soyez majoritaire ou que ce soit la droite qui soit majoritaire, bien entendu, il y a des différences politiques importantes. Enfin, il n'y a personne, moi, je n'ai jamais mis Mélenchon, je n'ai jamais mis Mélenchon égale Macron ou je ne sais qui. Enfin, bien entendu qu'il y a des différences. Mais je veux dire par là qu'au fond, tout ça, en réalité, intéresse peu les gens. Aujourd'hui, on voit qu'il y a quand même plus de 30%, on va rendir à 30, entre le vote blanc, vote nul et l'abstention, il y a plus de 30% des gens, majoritairement des classes populaires. Ce n'est pas la bourgeoisie qui s'abstient.

Il faut regarder qui s'abstient. C'est les anciens bastions. C'est la jeunesse et c'est les anciens bastions du mouvement ouvrier, en fait, les secteurs de la métallurgie et au, du nord, dans l'est, les quartiers populaires. C'est-à-dire qu'il va falloir qu'on puisse discuter avec tous ces secteurs-là qui, aujourd'hui, s'ils se sont abstenus, ce n'est pas qu'ils n'en ont que faire de la vie et que tout va bien pour eux. C'est qu'au contraire, ils ont vu que dans l'issue électorale, ils ne peuvent pas changer la donne. Moi, hier, j'ai croisé des jeunes. Je donne juste un exemple. J'ai croisé des jeunes dans le 18e arrondissement où je suis originaire et on a discuté des élections.

Et puis, ils disent, de toute façon, quoi qu'il arrive, on va se faire défoncer. C'est ça, la réaction. C'est-à-dire que quoi qu'il arrive, pour les classes populaires, il n'y a rien de bon, en fait. À chaque fois qu'il y a eu des avancées sociales, c'est dans les grèves de 36, les grèves de 68, de 95 et autres. C'est à chaque fois que notre camp s'est mobilisé massivement. Ce n'est pas une... Je trouve dommage et c'est un peu ce qui est gênant dans cette élection. Moi-même, j'étais comme Rémi dit, j'étais candidat, mais non, on était candidat et on racontait les luttes. On disait à quel point elles étaient centrales. Pas le candidat, pas le programme.

C'est ces luttes-là qu'on a essayé de mettre au centre, en fait. On disait d'essayer de redonner espoir aux gens qui avaient perdu espoir, justement, et ces gens qui ont lutté. Et malheureusement, dans la dernière séquence, on essaye de refermer ces cinq années de lutte de classe comme si elles n'ont pas existé. Bordel, le 8 décembre 2020, il y avait un hélicoptère dans la cour de l'Élysée prêt à exfiltrer Emmanuel Macron. Les renseignements généraux considéraient que les gilets jaunes allaient rentrer par les égouts. Ils ont fait nettoyer le PC Jupiter, le boomer de l'Élysée.

Je veux dire que si ça, ça ne nous enthousiasme pas à la possibilité de résistance et de situation peut-être insurrectionnelle dans les prochaines périodes, mais il va falloir que les militants soient au fait de ce qui s'est passé mais pour tirer aussi les bilans positifs mais aussi les bilans négatifs de ce qui a manqué pour justement coordonner aujourd'hui cette résistance-là et construire ces blocs de résistance réellement dans la rue entre tous les fronts de lutte que ça soit les quartiers populaires, le mouvement climat parce que vous l'avez vu, on sort systématiquement en rend dispersés les quartiers d'un côté, le climat, les mouvements féministes, les mouvements sociaux contre les retraites.

Il va falloir que ça se coagule parce que sinon c'est quoi l'issue finale ? C'est que des gens qui ont lutté en Guadeloupe contre l'autoritarisme du pass sanitaire, qui ont lutté contre le chlordécone, qui luttent contre la misère qu'il y a dans les Antilles, votent à 60% l'extrême droite. C'est ça lorsqu'on dit que...

38:24
Présentateur

Il y a aussi un fort taux de... Un fort taux... Un fort taux... Un fort taux...

38:26
Anasse Kazib

Un fort taux... Un fort taux... Un fort taux... Un fort taux... C'est-à-dire qu'il voit bien quel est le candidat qui est prêt à les défendre. Mais c'est le confusionnisme, c'est au contraire, ça doit nous inquiéter. Enfin, à un moment donné, il ne faut pas tout ramener à chaque fois.

38:37
Présentateur

Juste pour une précision, on n'a pas encore le détail des votes, mais il y a un fort taux d'abstention aussi. Donc je pense que il n'y a pas un vote d'adhésion, il y a un retournement et compagnie. Je pense qu'il faut se garder d'analyser trop vite le vote.

38:49
Anasse Kazib

Ce n'est pas un vote d'adhésion. C'est ce que je disais tout à l'heure en introduction. Je fais juste une petite parenthèse et puis je vous laisse

38:57
Présentateur

reprendre la discussion. Juste, on me communique l'évolution des chiffres. On est actuellement à 58,8% pour Emmanuel Macron et à 41,2% pour Marine Le Pen. Voilà, c'était juste...

39:07
Anasse Kazib

Je referme la parenthèse. C'est le problème qui clôture. Voilà, exactement. Mais je veux dire par là, oui, effectivement, ce n'est pas un vote d'adhésion. Mais ça montre qu'il y a une forme de confusionnisme politique aussi. Enfin, à un moment donné, lorsque l'on sait ce qu'est l'antiracisme, lorsqu'on sait en fait ce qu'est le Front National, ce qu'est la politique de Marine Le Pen et de ce qu'elle incarne, à un moment donné, tout l'antimacronisme possible, il ne doit pas s'incarner dans Marine Le Pen. Encore pire, si comme a dit Landry, on a voté à 60%.

C'est-à-dire que les gens, ils peuvent considérer d'un côté de voter pour quelqu'un qui porte l'avenir en commun et de l'autre côté, voter pour quelqu'un qui est pour l'interdiction du voile. Et nous, on se doit de dialoguer avec ça parce que sinon, c'est dangereux. Et c'est ça, lorsqu'on dit qu'Emmanuel Macron est un tremplin pour l'extrême droite, c'est qu'il y a tellement de rejets qu'au final, les gens, pour le rejeter, vont voter pour l'extrême droite. Au contraire, il faut...

40:03
Présentateur

Vous avez à peu près la même position là-dessus sur comment Macron a nourri ça. Marine Le Pen, ce soir, elle perd, mais elle se réjouit aussi de ses résultats. Comment on fait pour ne pas se retrouver dans un énième duel en marche contre l'extrême droite dans cinq ans ?

40:23
Anasse Kazib

Je trouve déjà que c'est le truc le plus inquiétant en réalité de cette élection présidentielle. C'est le score de Marine Le Pen et celui d'Éric Zemmour avec une tendance toujours de plus en plus à droite et aussi une forme d'hégémonisation aussi du discours politique. Enfin, il faut voir ce qu'a été notamment le discours de Fabien Roussel, de Anne Hidalgo ou d'autres où maintenant, il n'y a plus de gêne limite à parfois rentrer dans des procès, dans des idées, des réformes qui sont réactionnaires. Mais la réalité, c'est que c'est vrai que c'est inquiétant de voir ça. Moi, comme je disais, lorsque j'avais vu les images du Trocadéro avec Éric Zemmour, ces gens-là ne vont pas disparaître.

Peu importe l'issue finale, peu importe qui est devenu président aujourd'hui, peu importe le résultat des législatives, ces gens-là qui sortent, qui viennent devant un monsieur qui est condamné pour haine raciale, haine religieuse, qui parle de grands remplacements, qui parle de deux sociétés qui ne peuvent pas cohabiter, qui est devant des policiers en armes et qui leur dit que les gens ne peuvent plus cohabiter, ça ne va pas se faire, pacifiquement à des policiers en armes. Il appelle à la guerre civile. Ces gens-là qui se sont déplacés par milliers, je m'en fous qu'on dise 50 000, 100 000 ou peu importe.

41:35
Présentateur

Mais ça,

41:37
Anasse Kazib

ces gens-là, il va falloir lutter pied à pied en fait. Il va falloir lutter tous les jours contre ces gens-là parce qu'Éric Zemmour reviendra encore plus fort. En fait, Emmanuel Macron, on connaît son programme, on sait ce qu'il va faire, il va continuer.

41:50
Présentateur

On a l'impression finalement qu'Emmanuel Macron a un peu préparé le terrain, il a préparé Marine Le Pen ou Marion Maréchal peut-être à l'avenir.

41:55
Anasse Kazib

Mais ça ne fait que ça depuis des années, je suis désolé. Enfin, à chaque fois qu'il y a une élection qui est passée, l'extrême droite a été renforcée en fait. Notamment après, déjà ça a commencé avec Mitterrand qui leur a mis le pied à l'étrier et puis on se souvient comment après le passage de François Hollande, l'extrême droite face à Macron, elle progresse. Pourquoi ? Parce que quand vous avez quelqu'un qui vient sur les piquets de Goudir, qui vient sur les piquets de Continental, c'est ça. Moi, j'ai voté Hollande en 2012. J'avais voté au deuxième tour. C'est justement pour ça en fait.

C'est ces trahisons-là du prolétariat, c'est ces trahisons des classes populaires lorsque vous leur promettez des choses qui au final lorsqu'elles ne se réalisent pas et que vous faites même pire que ce que vous avez promis, derrière malheureusement vous avez une partie qui s'abstient mais vous avez aussi une autre partie et il ne faut pas le nier qu'il y a des ouvriers, il y a des gens, des exploités, des opprimés qui votent malheureusement pour l'extrême droite parce qu'ils se disent peut-être que c'est la solution et ça, il va falloir discuter sinon on va s'enfermer et puis demain ça sera trop tard. Effectivement.

42:51
Présentateur

Et vous Landry, j'imagine que c'est un constat que vous partagez. Je suis désolé, ça va être peut-être le mot de la fin, c'est ça ? Vous semblez d'accord

42:56
Invité

avec ce que dit Alain ?

42:57
Présentateur

Oui, je partage bien sûr la trahison de Londres a fait énormément de mal à notre camp social et a ramené beaucoup des gens qui pourtant ont besoin de mettre en place des politiques qui arrêtent vers plus de distribution, vers plus de justice sociale dans les urnes. Donc ça, c'est indéniable. Malheureusement, oui, les trahisons successives ont fait ça. Emmanuel Macron, je l'ai dit au début, a permis l'émergence, enfin la progression des idées de l'extrême droite. Ça, je l'ai démontré en début. Maintenant, qu'est-ce qu'on va faire pendant 5 ans ? Je l'ai dit et je le redis et c'est important. On a l'occasion de faire en sorte qu'Emmanuel Macron ne puisse pas gouverner pendant 5 ans.

Ce n'est pas terminé. On a un vrai 3ème tour qui est possible. Si Emmanuel Macron n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, il ne peut faire passer aucune loi. Aucune loi. Si nous, on a une majorité à l'Assemblée nationale, on peut mettre en place la retraite à 60 ans, on peut mettre en place la transition écologique et énergétique et ainsi de suite et ainsi de suite. Donc notre objectif là va être clair. Ça suffira à faire baisser l'extrême droite ? À faire baisser l'extrême droite, ce sera les politiques de redistribution.

Si on arrive au pouvoir et qu'on arrive à montrer qu'on a réussi à mettre en place la retraite à 60 ans, à augmenter le SMIC, à augmenter le pouvoir d'achat des gens les plus fragiles, pourquoi est-ce que ces gens-là iraient se retourner vers l'extrême droite qui ne propose absolument rien sur ces sujets-là ? Mais cela vous y arriverait que si vous passez des accords finalement

44:08
Invité

avec les autres ?

44:10
Présentateur

Avec les autres, des accords programmatiques. Des accords programmatiques, c'est-à-dire que ces gens-là seraient d'accord pour appliquer tout ce que je viens de vous proposer. S'ils sont d'accord pour appliquer ça... Qui se rallient en fait à l'avenir en commun ? Qui se rallient, oui, à une partie de notre programme, bien sûr. On pourra faire peut-être des arrangements sur quelques sujets, mais ce ne sera absolument pas sur les sujets que je viens de vous citer. C'est pour ça que pour l'instant, le Parti socialiste n'est pas autour de la table. Et je le redis, le Parti socialiste n'est pas autour de la table parce qu'ils ne sont pas d'accord avec notre programme.

Mais bon, tout ça pour dire que le combat n'est pas terminé, qu'on va continuer à mener bataille, que notre prochain objectif c'est le troisième tour aux élections législatives le 12 et le 19 juin et que si on arrive à avoir une majorité populaire, on pourra mettre en place le programme qu'on a défendu pendant ces élections. Et il rentrerait dans le Parlement de l'Union populaire ? Qui ça ? Vos partenaires, ceux qui accepteront un accord. On verra comment évoluera le Parlement de l'Union populaire avec la rentrée de ces différentes formes. Pour l'instant, on a réussi avec ce Parlement de l'Union populaire à faire rentrer beaucoup de gens de lutte.

Voilà, je le disais, on a Rachel Kequet qui nous a rejoints, c'est pas rien. On a des militants historiques des mouvements du quartier populaire qui nous ont rejoints. Le BIM nous ont rejoints. On a, par exemple... Potentiellement, si vous allez au bout des accords, un Philippe Poutou pourrait être investi par l'Union populaire pour être candidat aux législatives. Et ce serait une très bonne chose parce que ce serait envoyer un très beau symbole au sein de l'Assemblée nationale et on pourra être sûr qu'il luttera dans notre camp et qu'il luttera dans l'intérêt des gens, des peuples. Pour le mot de la fin, vous le souhaitez ? Deux. Un Philippe Poutou, par exemple, à l'Assemblée nationale ?

45:32
Anasse Kazib

Un Philippe Poutou, avec le programme de l'Avenir en commun, j'attends de voir ça, mais ça va être drôle. Mais enfin bon, c'est pas la ligne. Moi, j'étais au NPA et on a lutté contre ça, justement, parce qu'on considère que l'ADN des révolutionnaires, c'est la rupture, justement, avec les politiques de conciliation de classe, etc. C'est une lutte frontale contre le système capitaliste. On n'a rien à faire, en fait, dans une assemblée, si c'est pour porter un programme qui, en fait, vise à gérer les institutions telles qu'elles sont. Enfin, en tout cas, moi, c'est pour ça que je me suis engagé en politique, c'est pour lutter contre tout ça.

Mais je voulais juste dire un mot, parce que j'ai l'impression qu'il y a un peu de défaitisme aussi. Moi, personnellement, je ne suis pas fataliste, c'est-à-dire que... Vraiment, ça va, il n'y a pas de publicité, on n'est pas à BFM. Normalement, on peut finir même à minuit.

46:20
Invité

On a un plateau derrière. Ah, d'accord, OK.

46:23
Anasse Kazib

Mais je veux dire par là que ce n'est pas tout ou rien, ce n'est pas s'il n'y a pas les élections derrière ces cinq années. Ces cinq années, quoi qu'il arrive d'Emmanuel Macron, et il va falloir lutter dès aujourd'hui, en fait, il n'y a pas le 12-19 juin, c'est dès aujourd'hui, en fait, qu'il faut lutter dans la rue, qu'il faut s'organiser. Il faut savoir, nous, par exemple, chez Sudrail, il y a une motion qui sortira bientôt, c'est-à-dire que, notamment, si Emmanuel Macron pose sur la table, comme il l'a annoncé, et on appellera à la grève les cheminottes et les cheminots, et même plus largement. Ça, c'est fondamental. C'est ça, ce qui fait reculer.

C'est lorsque il y a des grilles qui sont fermées devant les bouches de métro, devant les gares. C'est lorsque le pays est à l'arrêt, c'est ce que comprennent les bourgeois, les Bernard Arnault, les Jeff Bezos et compagnie. C'est lorsque ils savent qu'il y a des militantes et des militants qui charbonnent sur le terrain quotidiennement pour lutter pour l'augmentation des salaires, pour leurs conditions de travail. C'est comme ça, en fait, qu'on va réussir à le faire reculer et on n'a aucun doute, c'est que ces cinq années avec Emmanuel Macron, ça ne va pas être de tout repos. Il va falloir s'organiser, se coordonner et puis ça va passer dès maintenant. Pendant cinq ans,

47:27
Présentateur

le président Emmanuel Macron, mais on n'est pas obligé d'avoir pendant cinq ans les politiques d'Emmanuel Macron. Non, mais je le dis, on n'est pas obligé de subir pendant cinq ans les politiques d'Emmanuel Macron. S'il n'a pas la majorité, il ne peut pas mettre en place ses politiques. Mais si vous n'avez pas la majorité, vous allez le subir alors du coup. Mais on le subira tout comme vous et on résistera avec vous. Mais non, je n'ai pas le subir. Nous non plus, on ne peut pas subir. C'est pour ça que on propose ce troisième tour. Mais on a toujours résisté. C'est pour ça qu'on propose ce troisième tour.

Mais surtout sur le programme L'Avenir en Coeur, parce que de la manière dont tu en parles, même si je sais que ce n'est pas dans ce sens-là, on dirait que c'est un programme qui ne servira à rien. Mais c'est un beau programme d'harmonie entre les êtres humains et de la nature et qui permettrait d'adoucir la vie de plein de gens. Quand on parle du SMIC à 1 400 euros, toutes les personnes qui sont SMIC et qui sont majoritairement des femmes, ils trouveraient à gagner. Quand on parle, par exemple, de remettre dans le giron national le secteur de l'énergie, le secteur du rail, le secteur du lot, c'est-à-dire permettre aux gens de faire des économies sur toutes ces factures-là.

Donc notre programme permettra aux gens de mieux vivre et de pouvoir profiter un peu de la vie. C'est pour ça qu'on demande et qu'on défend la réduction du temps de travail. Remettre les 35 heures, ouvrir le débat sur les 32, la retraite à 60 ans. C'est pour faire en sorte que les gens, voilà, respirent, profitent de la vie et qu'on redistribue les richesses de ce pays qui est extrêmement riche. Alors, je le rappelle, du coup, Emmanuel Macron était à 58 %, donc 58 %, donc une victoire pour le président sortant. Merci à vous deux d'avoir participé à ce débat. Merci à vous également de nous avoir suivis. On va passer à un autre plateau avec d'autres invités. Alors, ne nous quittez pas.

Mais d'abord, on retrouve tout de suite nos collègues Mathieu Mollard de Street Press et Lincasse de Radio Parleurs avec leurs invités, des acteurs du mouvement social qui vont débattre des luttes à organiser et peut-être aussi du front à mettre en place pour faire reculer la droite et les idées fascistes. Tout de suite, regardez cette petite chronique signée Irine Magil revient sur certains marqueurs de cette campagne présidentielle. Allez, à tout de suite. La campagne présidentielle touche à sa fin. Je vous propose donc de faire un petit bilan de ce moment politique qui aura été assez particulier. Particulier par sa médiocrité d'abord.

On se souvient d'Éric Zemmour, même pas encore candidat officiellement, et pourtant omniprésent dans les médias et notamment sur sa chaîne, CNews, le laissant pérorer son discours raciste sur la remigration ou encore sur le grand remplacement. Les sondages s'amusaient même à le mettre au second tour.

49:39
Invité

La France, le destin de la France, le sort de la France, l'avenir de la France. Le sujet, c'est effectivement ce fameux grand remplacement, c'est-à-dire qu'il y a un peuple qui remplace un autre dans d'innombrables endroits. L'autre moment fort, préoccupant du moins pour la démocratie,

49:56
Présentateur

aura été le refus d'Emmanuel Macron de participer au débat avec les autres candidats et de soumettre son bilan à l'examen critique. Ce qui n'a pas empêché France 2 de lui poser le tapis rouge en diffusant son meeting.

50:09
Invité

Et à la question d'un journaliste de savoir si le président allait débattre avec les 11 autres candidats, écoutez la réponse d'Emmanuel Macron.

50:18
Présentateur

Il ne ferait pas de débat avec les autres candidats avant le premier tour. Un débat fortement marqué par le thème de l'immigration, imposé par Éric Zemmour évidemment, mais il s'est vite recentré sur les thématiques sociales, bien impulsé par le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon mais aussi par le candidat NPA Philippe Poutou.

50:33
Invité

Les ultra-riches, ça concerne 43 milliardaires je crois en France, ont gagné en 18 mois ou 19 mois entre mars 2020 et octobre 2021 237 milliards d'euros. Mais quand on parle de la vie des gens, vous avez déjà 8 millions de gens qui sont à l'aide alimentaire. Bon, 12 millions qui ne se chauffent plus. Alors quand même, il faut qu'on prenne conscience de la gravité de la situation.

50:55
Présentateur

De ce scrutin ressort différents constats. Le premier, c'est que les partis historiques de gouvernement, l'EPS et les Républicains sont plus bas que jamais. Mélenchon n'a jamais été aussi près d'accéder au second tour et Marine Le Pen y est quant à elle parvenue en faisant à peine campagne profitant du buzz Zemmour pour terminer son entreprise de dédiabolisation et elle a également été bien aidée par les médias qui sont allées jusqu'à se demander si elle était bien d'extrême droite pendant l'entre-deux-tours.

51:20
Invité

La question que beaucoup se posent peut-être, Marine Le Pen est-elle d'extrême droite ? Le vrai visage de l'extrême droite revient. Voilà ce que disait encore il y a 48 heures Emmanuel Macron à propos de Marine Le Pen. C'est un des angles d'attaque choisis par le président sortant. Place aux législatives désormais. Un scrutin qui sera peut-être le plus incertain

51:39
Présentateur

depuis que le calendrier électoral a été modifié par Lionel Jospin en 2000. Bonsoir, bienvenue sur ce second plateau de cette soirée électorale organisée par les médias indépendants. On est sur le plateau du Média. On est avec Street Press, Radio Parleurs, Regards. Dans cette seconde partie, on va parler des luttes parce que, vous le savez, Emmanuel Macron vient d'être réélu avec un score de 58,2%. Ça veut dire qu'on est reparti pour cinq ans d'Emmanuel Macron. Ça ne va pas être facile, pas agréable tous les jours. On va essayer de réfléchir tous ensemble sur comment on peut essayer de lutter contre certaines réformes libérales, antisociales qu'il nous promet.

Je suis avec Eline de Radio Parleurs. Bonsoir. Bonsoir. Et nous avons au tour de cette table Chloé Gerbier. Vous êtes juriste, cofondatrice de Terre de lutte, une association qui a pour but d'aider les luttes locales principalement contre les projets de bétonisation des terres à s'organiser et à communiquer. Bonsoir.

52:39
Invité

Bonsoir.

52:40
Présentateur

À côté, nous avons Colin Champion, président et cofondateur du syndicat lycéen La Voix Lycéenne qui a pris la suite du syndicat Union Nationale Lycéenne. Bonsoir.

52:50
Invité

Bonsoir.

52:51
Présentateur

Et en face, nous avons Céline Verzeletti, anciennement secrétaire générale de la CGT pénitentiaire et vous êtes maintenant secrétaire confédérale de la CGT. Bonsoir. Emmanuel Macron a gagné mais Marine Le Pen a fait un score très élevé. L'extrême droite n'a jamais été aussi haute dans les rues, dans les urnes et le débat n'a jamais été aussi droitisé. Aujourd'hui, on s'assume un peu partout d'extrême droite. Notre première question, elle est à l'intention de Colin. Est-ce qu'aujourd'hui, dans les lycées, on assume de dire qu'on soutient, qu'on apprécie Marine Le Pen ou c'est encore un sujet tabou ?

Alors moi, je ne sais pas, on n'avait pas eu beaucoup de temps dans cette campagne présidentielle qui a quand même été beaucoup volée à la jeunesse pour analyser ça.

Par contre, ce qu'on a pu constater, c'est que pendant ces cinq ans, la jeunesse, elle ne s'est pas du tout résignée et que là où elle a été présente, là où elle a répondu aux attaques, aux politiques, aux mesures du gouvernement, c'était dans la rue, c'était à travers les luttes qu'on a menées contre la réforme du bac, du lycée, contre toutes les mesures et les discours sécuritaires, discriminants à l'égard des musulmans, notamment, qui ont été beaucoup visés et puis aussi, en fait, tout ce qui a été mené pendant ce quinquennat.

Et je pense que la jeunesse, à la fois sur les luttes pour le climat, à la fois sur les luttes féministes, contre les discriminations LGBT, elle a été présente et c'est ça qui est important. Alors après, oui, il y a une banalisation des discours d'extrême droite. On voit que dans les lycées, des organisations très minoritaires ont plus beaucoup de honte à se montrer.

L'Uni, la nouvelle organisation filiale de Zemmour Génération Z qui aussi se montre avec des lycéens qui sont embrigadés là-dedans et qui sont clairement, il faut dire les mots, je pense, des petits bourgeois qui ont trouvé un poste et qui sont bien contents d'être adoubés par celui qui a été porté sur les médias, les médias de l'extrême droite, CNews. Et dans les lycées, vous faites quoi pour faire face à ça ? Vous avez, j'imagine que vous y réfléchissez, vous posez des questions pour lutter contre ça. C'est quoi la réponse que vous essayez d'apporter ? Évidemment, il y a le résultat de cette élection présidentielle. il va nous amener à revoir certaines choses.

Mais déjà, ce qu'on constate, c'est qu'on a été là avec la création de la voie lycéenne. On a voulu relancer aussi notre méthode, la changer, la façon dont on était présent pour les lycéens à travers déjà l'activité syndicale au quotidien, c'est-à-dire défendre, informer, s'organiser pour s'entraider entre nous. Ça, c'est quelque chose qu'on est en train de relancer. Dans près de 30 départements, on a des nouvelles fédérations qui se créent. Et puis à côté de ça, c'est des permanences qui s'ouvrent, et notamment en période de parcours sup, on sait que la sélection, ça touche tout le monde, c'est très compliqué. On se cède entre nous et c'est ce qui compte. Et comment sont reçus ?

Vous parliez de l'Uni, notamment, qui gagne un peu de terrain dans le milieu universitaire. Comment est-ce que ces organisations d'extra-noite sont reçues par les lycéens, d'une part, quand elles essayent de se montrer, et par les organisations syndicales lycéennes, d'autre part ? Je pense que là où on est en capacité, on a un rapport de force. Évidemment, il y a des endroits où ils ont pris le dessus, mais ça reste, encore une fois, très minoritaire. Quand on les voit arriver, on les dégage, tout simplement. Je pense qu'il n'y a pas d'autre chose à faire. On ne peut pas les laisser entrer dans nos lycées.

On ne peut pas les laisser véhiculer ce genre de discours qui attaque toutes les minorités, les personnes qui subissent déjà ces politiques. et donc, on va continuer à ne pas accepter que ces personnes-là viennent tracter devant les lycées, viennent casser aussi tous les mouvements qu'on peut mener parce que c'est ça, l'objectif du fascisme. Il faut le rappeler parce qu'on l'oublie. C'est annihiler toute forme d'organisation d'un milieu et des travailleurs, des étudiants, des lycéens entre eux. Et nous, je pense que c'est aussi sur quoi il faut qu'on axe notre lutte.

C'est se regrouper, se rassembler pour être plus forts, renforcer nos organisations et être en mesure de tenir un rapport de force à la fois face au fascisme qui monte et à la fois face à Emmanuel Macron pendant ces cinq ans. Cette question de la percée, de la montée de l'extrême droite, elle est vraie dans presque toutes les couches de la société, dans tous les milieux. J'imagine que vous le constatez en tant que... Céline Verzevetti en tant que représentante syndicale, il y a une étude qui est sortie, je pense que vous l'avez lue, qui évaluait les votes en fonction de la proximité avec les différents syndicats.

Alors, ça ne m'intéresse pas d'essayer de voir quel syndicat est le plus poreux par rapport à un autre. Par contre, ce que j'en retiens, c'est que globalement, à un ou deux pour cent près, quel que soit le syndicat duquel on se revendique ou en tout cas dont on se dit proche, il y a à peu près un petit tiers des sympathisants qui ont pu voter Marine Le Pen il y a quelques années ou quelques décennies. Être syndiqué, c'était quand même quelque chose qui, j'ai l'impression, protégeait de ça. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui a changé ? Et comment on réagit face à ça ?

57:47
Invité

Alors, c'est vrai que nous, on a pu le constater. Il y a en effet les sondages, les estimations, mais dans la réalité, ça fait plusieurs années, nous, justement, nous constatons cette montée des idées d'extrême droite, même auprès des travailleurs et même ceux qui sont proches justement des organisations syndicales ou voire même des syndiqués. Donc, alors après, il y a plusieurs explications. Ce n'est pas simple.

Nous, ce qu'on a fait, en tout cas, au niveau de la CGT, c'est qu'on a essayé de mettre en place d'ailleurs des rencontres, des journées d'études pour justement décrypter ce qui était réellement l'extrême droite, décrypter les différents programmes et pour montrer que finalement, parce qu'en tout cas, nous, ce qui nous revenait, c'était le fait que pour certains, ça pouvait être une perspective socialement, le vote extrême droite et nous, c'était justement de démontrer que non, il s'agissait bien d'une imposture sociale et que la désespérance dans laquelle il pouvait être, parce que ça, cette désespérance et cette situation de plus en plus précaire de la plupart des travailleurs, elle compte forcément dans certains choix et c'est vrai que, comme vous l'avez dit, à un moment donné, on pouvait se dire que l'organisation syndicale pouvait être un rempart vis-à-vis de ces choix.

Par contre, ce que disent aussi les sondages, c'est que ce sont des personnes qui pourraient être, qui seraient proches, ça, on ne sait pas bien non plus et ce qu'on sait aussi, c'est que nous, on a un problème d'implantation, c'est-à-dire qu'il y a de plus en plus d'entreprises où il n'y a plus du tout d'organisation syndicale, il y a de plus en plus de salariés qui ne sont pas syndiqués parce qu'ils sont dans des situations précaires, parce qu'ils sont intérimaires, parce qu'ils sont contractuels, parce qu'ils changent très souvent d'entreprises et que finalement, ils n'ont pas le temps, ils n'ont pas la possibilité justement de s'organiser, d'expérimenter justement ce collectif qui peut permettre justement d'échanger et de voir un petit peu et de dégager des perspectives parce que je pense que c'est aussi le manque de perspectives qui peut amener des personnes finalement à croire que l'extrême droite pourrait être une alternative.

1:00:05
Présentateur

Marine Le Pen a beaucoup joué là-dessus. Elle a fait pendant toute la campagne un certain nombre de clins d'œil ou d'appels du pied plus ou moins forts aux syndicats. Moi, je l'ai entendu sur, je crois que c'est au micro de France Inter en disant qu'il fallait renforcer les syndicats. Pour ceux qui ont un peu de mémoire politique, entendre Marine Le Pen dire qu'il faut renforcer les syndicats, c'est assez étonnant parce que son parti a toujours été un parti qui s'opposait aux syndicats et qui même fournissait des bras des fois pour casser des blocages il y a quelques décennies. La réponse, c'est quoi ? C'est plus de formation ? C'est proposer un autre horizon ?

Comment vous voyez les choses ?

1:00:44
Invité

De la formation, ça c'est sûr, ça c'est très clair. Une transmission aussi qui s'est perdue parce que, comme je le disais, malheureusement, on est de moins en moins implantés. Mais après, je pense qu'il faut qu'on arrive aussi à nous organiser bien plus efficacement que ce qu'on fait jusqu'à présent et je pense que dégager des perspectives et par justement des luttes victorieuses, par des collectifs qui pourraient être de plus en plus importants et je pense que c'est vraiment important et là, on essaye d'y travailler. On y travaille de toute manière, ça c'est clair.

Mais je pense qu'il faut que vraiment on casse cette désespérance et aussi qu'on arrive à gagner du progrès social et quoi qu'il en soit, là il y a des élections, voilà, c'est la démocratie mais de toute manière, les choses, elles se gagneront très clairement là dans la rue, dans les mobilisations et dans les entreprises aussi parce que lorsqu'on parle de répartition des richesses et c'est vrai qu'on n'a pas trop entendu parler et on voit bien que Marine Le Pen ou Emmanuel Macron sont quand même de la même classe même si bien évidemment je ne dis pas que c'est la même chose mais quoi qu'il en soit, nous je pense qu'il faut qu'on s'attache à s'unir avec les différentes organisations, d'ailleurs et pas que syndicales, il y a des organisations associatives aussi sur des questions qu'on a dit qui sont primordiales à savoir bien évidemment tout ce qui est social, les revalorisations salariales, l'emploi, les services publics mais aussi l'environnement, le féminisme, l'antiracisme, contre les discriminations et tous ces sujets-là je pense qu'on doit les porter avec donc toutes les organisations qui souhaitent les porter et de manière très offensive c'est-à-dire comme je le disais Justement,

1:02:32
Présentateur

on voulait aborder les nouvelles formes de luttes, Léline ? Notamment dans les luttes écolos, on voit tout un tas de modalités d'actions différentes. On a des marches d'un côté qui rassemblent pas mal de gens dans les rues, d'un autre côté on a d'autres formes, plus de désobéissance civile, d'occupation diverses et variées, tous ces différents modes d'action cohabitent. Comment est-ce qu'on fait Chloé Gerbier pour un peu gérer toutes ces différentes manières de faire ? Comment ça s'organise ?

Déjà, je pense que ça s'organise en réaction, beaucoup, aux cinq années qu'on vient de passer, on parlait évidemment de comment un peu faire barrage, comment préparer aussi, éviter de préparer une remontée de l'extrême droite. En fait, il y a aussi ça, c'est comment on arrive à parler aux gens. Et ce qu'on a bien vu, c'est que tout le gouvernement a passé cinq ans à détruire toute idée d'écologie. Et évidemment, en fait, ça ne parle pas. On promet une convention citoyenne pour le climat, on promet une loi climat. En fait, ça n'a aucun effet sur la vie des gens et aussi de manière générale sur les lois et sur les textes législatifs.

Et donc, cette stratégie-là, elle a été évidemment remise en cause. C'est des choses aussi que nous, on a pu observer. Moi-même, j'ai passé des centaines d'heures à écrire des amendements pour la loi climat. Au vu du résultat, je ne peux pas continuer à faire comme si de rien n'était. Et donc, en fait, on se rend très vite compte qu'en effet, marcher pour le climat, ça a du sens dans le sens où c'est accessible. Mais en même temps, on n'arrivera pas à parler de qualité de l'air sans s'opposer à des projets très concrets comme typiquement l'échangeur sur lequel le collectif ne s'est aussi mobilisé aux côtés de la CGT. Donc, on a en fait aussi besoin d'aller parler d'écologie sur le terrain.

Et c'était assez rigolo. En réaction au résultat de ce second tour, Barbara Pompili a dit qu'ils allaient traduire les engagements écologiques sur le terrain. En fait, on les attend. On voit très bien qu'ils n'ont pas été traduits. Déjà parce qu'il n'y a pas d'engagement ou peu d'engagement. On a 400 collectifs aujourd'hui en France qui luttent pour tenter d'obtenir des victoires sur le terrain et on les obtient. Et c'est ça qui est intéressant. Vous parliez de victoire. Et je pense qu'en effet, c'est là aussi où on tire en fait cette résistance. C'est en montrant nos victoires, en les fêtant.

Et dans les deux dernières années, on est déjà à une quarantaine de victoires contre des entrepôts, contre des extensions d'aéroports, contre des surf-parcs, etc. Et en fait, ces collectifs-là sur le terrain qui sont composés et ça, c'est hyper intéressant aussi de manière sociologiquement composée. Ils sont très différents de ce qu'on a pu appeler le mouvement climat et c'est une sociologie vraiment hyper diverse avec des personnes de toute classe sociale et aussi de tout âge, ce qui change un petit peu. Et ça permet réellement avec cette coalition d'aller chercher ces victoires-là sur le terrain.

Céline Verzeletti, vous qui êtes à la CGT, qui est quand même un monument de la lutte sociale, ça vous inspire ces nouvelles formes de mobilisation ? Les mobilisations écologistes qui prennent des formes nouvelles, qui vont sur le terrain au niveau très local et qui essayent en tout cas d'inventer une autre grammaire de la lutte. Est-ce que c'est des choses que vous regardez pour essayer peut-être de vous en inspirer ?

1:05:39
Invité

Oui, bien sûr. C'est pour ça qu'on a parlé du collectif Plus Jamais Ça, mais je pense que c'est très intéressant, même si nous, il faut peut-être qu'on évolue un petit peu sur ces sujets-là, mais de démontrer que finalement, avancer sur les questions environnementales, ce n'est pas contre le travail et ce qui pouvait être à un moment donné perçu par certains travailleurs et travailleuses, on peut démontrer justement dans la lutte locale, bien évidemment, tous les liens et qu'on peut préserver un emploi, mais une qualité de l'emploi et se soucier aussi de la finalité de l'emploi et comment justement on exerce les métiers en respectant, bien évidemment, toutes les questions environnementales.

environnementales. Donc ça, c'est des sujets sur lesquels nous, on souhaite évoluer et je pense qu'on y arrive. Alors, ce n'est pas encore complètement ça, mais oui, c'est très important et aujourd'hui, on ne peut pas parler, à mon avis, des urgences sociales sans parler des urgences environnementales et vice-versa d'ailleurs. Donc, je pense que c'est très important que la CGT puisse travailler justement avec des organisations environnementales. Les adhérents,

1:06:46
Présentateur

ils sont ouverts à ces questions-là ?

1:06:49
Invité

Ils sont ouverts. Les adhérents, oui, mais alors pas toujours, mais justement, à un moment donné, il faut qu'on puisse démontrer ces choses-là très concrètement, justement. Donc, c'est au niveau d'une entreprise qu'on peut démontrer qu'on peut aussi faire évoluer le métier, qu'il peut y avoir des formations, qu'on peut produire différemment et ça, c'est des choses qui doivent être vécues et expérimentées localement. Je pense que c'est très important parce que la théorie, c'est une chose, c'est très bien et c'est pour tout pareil.

C'est pour ça que je disais que le collectif, c'est très important et malheureusement, sur les lieux de travail, ce collectif, on ne l'a un petit peu perdu et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien, c'est qu'en face, le patronat, il a mis en place un management très agressif qui a cassé le collectif mais le collectif aussi, c'est un peu l'anti-extrême droite aussi parce que l'extrême droite, c'est quoi ?

C'est la division, c'est la division des salariés en fonction de leur origine, en fonction de plein de choses et nous, ce qu'on peut démontrer justement dans l'entreprise, c'est que c'est l'union, bien sûr, qui fait la force mais très clairement, c'est dans ces luttes locales, quotidiennes, qu'on peut démontrer que non, ce n'est pas en baissant les droits des uns qu'on augmente les droits des autres et que justement, les discriminations, les inégalités, ça ne mène pas du progrès social mais que par contre, en effet, lorsque tout le monde se met ensemble et s'organise sans inégalité, sans discrimination, eh bien, on arrive justement à avancer et que ce soit donc sur les questions sociales ou les questions environnementales.

Mais c'est vrai que je pense que, voilà, on est en pleine évolution. c'est le début très clairement et nous, de toute manière, il va falloir que vraiment, on ait cette ouverture et sur les questions féministes aussi parce que sinon, je pense que ça serait une erreur politique de notre part. Colin Champion,

1:08:47
Présentateur

donnez-nous un peu d'espoir puisque vous êtes le jeune de ce plateau. Je le dis en rigolant, ça ne me rajeunit pas. Est-ce que, vous avez parlé des mobilisations des lycéens pour défendre les droits des lycéens ? Est-ce que vous allez à la rencontre des associations écologistes ? Est-ce que vous allez à la rencontre des syndicats de travailleurs ? Est-ce que, comment ça, est-ce que vous allez dans cette direction-là ? Évidemment. Alors d'abord, on ne fait jamais des mobilisations lycéennes uniquement pour défendre les droits des lycéens. Quand on se mobilise, c'est parce qu'il y a une attaque ou qu'on a réussi à convaincre après une campagne et qu'on s'est mobilisés partout.

Mais je le redis, quand on s'est mobilisés les dernières pour l'annulation des épreuves du bac et leur remplaçant par le contrôle continu, ce n'est pas uniquement pour les droits des lycéens de l'année. C'est aussi pour les droits des lycéens pour les années suivantes et puis tout simplement pour le service public d'éducation parce qu'on est convaincu qu'il faut qu'il soit fort et qu'il arrête d'être attaqué par les politiques successives. Donc nous, évidemment, peut-être pour donner quelques éléments dont on ne parle pas souvent, mais il y a des collectifs qui permettent cette unité des syndicats, des associations.

Il y a une intersyndicale qui est aujourd'hui, qui souvent s'exprime ensemble. On a des communiqués réguliers, on a des initiatives qui sont communes, notamment autour du 1er mai. Et je pense que ça, c'est en train de se renforcer. Ces liens-là, ils sont solides. Ils se sont aussi, évidemment, pérennisés avec la création de la voie lycéenne. Mais voilà, nous, avec les associations écologistes, c'est autre chose. Évidemment qu'on parle ensemble, on rejoint les marches pour le climat, les grèves pour le climat, on y a participé. Mais on est conscients aussi qu'il faut qu'on y participe. On est dans le collectif plus jamais ça.

Et je pense que c'est un cadre intéressant pour allier toutes les luttes et qu'on arrive à gagner des choses ensemble. Justement, sur laquelle lutte rejoindre, il y a une lutte qui avait commencé en 2019 contre la réforme des retraites qui a été interrompue par une pandémie mondiale. Et Macron nous annonce déjà le retour de cette réforme qui avait mis à l'époque un panel très, très large de professions dans la rue. Qu'est-ce qu'on fait face au retour de cette réforme ?

1:11:11
Invité

Je pense qu'il va falloir qu'on se remette dans la bataille par rapport à cette réforme qu'il veut nous imposer, même si ce n'est pas la même que celle qu'il a voulu nous imposer. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il a cette obsession de vouloir faire travailler les personnes plus longtemps puisque pour lui, à partir du moment où on a une espérance de vie plus importante, on doit travailler plus longuement alors que c'est complètement ridicule. D'autant plus que même finalement, contrairement à ce qu'il peut dire, les finances, si on s'arrête sur les finances actuelles ou futures, ce ne serait pas une obligation.

C'est vraiment une posture politique qu'il a de vouloir nous faire travailler plus longtemps et je pense que c'est vrai que c'est un sujet finalement qui est assez rassembleur parce que ça concerne tout le monde, que ce soit du privé ou du public, que ce soit les plus jeunes ou les plus anciens, surtout que là, ils souhaitent immédiatement, quasi quatre mois à chaque fois, donc ça va concerner tout le monde. Donc, bien évidemment, nous, on a déjà commencé d'ailleurs à travailler sur ce sujet-là au plus près des entreprises et on essaiera vraiment, en tout cas, on fera tout pour que cette réforme ne passe absolument pas.

Mais on sait que ça va être difficile parce qu'on a bien vu comment le dernier quinquennat a été difficile aussi parce que, même si on a réussi à mobiliser, on n'a pas mobilisé autant que nous aurions souhaité. Mais bon, je pense que là, à mon avis, il y a de belles perspectives de lutte quand même.

1:12:38
Présentateur

Justement, le fait qu'on reprenne une mobilisation qui a déjà eu lieu il y a deux ans et demi, trois ans, est-ce que pour vous, ça joue plutôt en faveur ou en défaveur

1:12:49
Invité

du rapport de force ? Alors, c'est... Je ne sais pas. Là, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un ras-le-bol qui est très important, encore plus qu'il y a quelques mois. La situation des travailleurs et des travailleuses, elle s'est dégradée, notamment par rapport à l'inflation qui est très importante qui va continuer à augmenter et par rapport au fait que finalement, les rémunérations ne sont pas revalorisées puisque justement, le gouvernement Emmanuel Macron a refusé d'augmenter le SMIC, a refusé d'augmenter les rémunérations des agents de la fonction publique, ce qu'ils pouvaient faire. Donc, voilà, on se retrouve dans une situation où il y a une forte colère.

D'ailleurs, on en parle peu, mais ces derniers temps, il y a eu énormément de grèves sur les lieux de travail par rapport aux rémunérations dans des entreprises où on avait vu qui étaient peu habituées à mener des grèves comme le Roi Merlin dans le commerce, mais pas que, et des grèves qui ont permis justement aux salariés d'obtenir gain de cause sur des revalorisations. Alors ça, c'est des mobilisations qui donnent confiance aussi. Après, là où on a des difficultés, c'est à réussir des mobilisations qui soient interprofessionnelles, nationales, très massives.

Mais aujourd'hui, nous, en tout cas, c'est ce que nous constatons, sur les lieux de travail, il y a beaucoup de mobilisations sectorielles et beaucoup plus importantes qu'il y a quelques années.

1:14:19
Présentateur

– Chez les jeunes, on a l'impression que les sujets qui mobilisent les jeunes, c'est plutôt des sujets, c'est l'environnement, c'est la question des inégalités femmes-hommes et des discriminations sexuelles, des agressions sexuelles sexistes, c'est la question des violences policières, ça a été les grandes manifestations de la jeunesse ces dernières années. C'est une question un peu à tout le monde, à la campentonnade. Comment on fait pour que ça rejoigne les questions sociales ? Est-ce qu'il y a un schisme générationnel sur ces sujets-là ? – Je pense que tu peux mieux répondre.

– Je pense qu'il y a eu, d'une part, oui, on a constaté que les plus fortes mobilisations ces dernières années, c'était autour de revendications qui sont moins matérialistes que celles qu'on avait pu connaître, le féminisme, les luttes LGBT, le climat, mais il ne faut pas oublier aussi qu'on a été très mobilisés, et je parle surtout du côté lycéen au moment des Gilets jaunes, les Gilets jaunes qui réclamaient quand même des mesures sociales d'ampleur. On a été aussi très mobilisés au moment de la réforme du bac et du lycée. Je pense que ça, ça montre que la jeunesse, certes, elle est préoccupée en urgence par ce qui la concerne directement.

Le climat, le réchauffement climatique, c'est un réel danger pour notre avenir.

Pareil, les revendications qu'on peut porter pour l'égalité des droits, peu importe son genre et son orientation sexuelle, c'est des choses qui touchent directement les gens au quotidien, et on a tous les jours des situations de harcèlement, de personnes qui sont touchées dans leur vie au quotidien, donc évidemment que c'est ça qui mobilise le plus, mais je pense qu'il faut, alors on a un rôle là-dedans, mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que sur ces questions-là qu'on s'est mobilisés, et on reste, nous en tout cas, en tant qu'organisation, attachés à ce que on ne se détourne pas du plus concret, c'est-à-dire, voilà, l'éducation et puis notre lieu d'études et nos conditions de vie.

Et peut-être, oui, peut-être, juste simplement pour compléter, je pense aussi qu'encore une fois, c'est à l'échelle nationale qu'on constate ce type, justement, de schisme, etc., et quand on zoom et quand on regarde, justement, plus au niveau local et les luttes sur le terrain, typiquement, ce dont on parlait tout à l'heure, là où ça se rejoint très bien, typiquement Amazon, on va être vraiment en contact aussi avec les syndicats à l'intérieur de l'entreprise, la lutte contre le Terminal 4 à Roissy, elle s'est faite aussi main dans la main avec des syndicats, on parle aussi du projet L'après-M à Marseille, un McDonald's qui a été transformé, etc., c'est parti des syndicats, en fait, finalement, sur le terrain, les jeunes, les syndicats, c'est des personnes qui luttent très rapidement pour leur environnement proche et du coup, vraiment ensemble, donc on n'a pas du tout ce schisme qui serait ah là là, est-ce que vous traitez de la question sociale là ou de l'environnement où on a vraiment un mélange qui se fait ?

Finalement, ce que vous nous dites aussi, c'est qu'il ne faut pas que regarder les grandes luttes nationales et que la solution, elle est peut-être sur plein de petites luttes locales, c'est ça l'idée ou c'est l'un plus l'autre, j'imagine ? Oui, je pense que la solution, elle est avant tout qu'on arrête de parler de plein de petites luttes locales, justement. En fait, on voit que ces collectifs, ils commencent, enfin, ils commencent déjà et ça fait un moment qu'ils s'organisent.

On en a plus de 400 en France, on a des coalitions qui se créent, des coalitions contre les routes, les projets routiers du coup, des coalitions contre les extensions d'aéroports, des coalitions contre certains projets Amazon, etc. Et au sein de ces coalitions, au sein des collectifs déjà, sur le terrain, on a vraiment une forme de mixité sociale, etc. Et on a des liens avec les syndicats, typiquement à Montpellier, contre le projet du lien, on a le collectif, fin du mois, fin du monde, même combat, qui est de fait, en fait, une forme de mini, plus jamais ça, enfin, à l'échelle locale et qui marche vraiment bien ensemble. Ça fait maintenant plus d'un an qu'ils travaillent ensemble.

Et ce mouvement-là, le but, c'est que ça ne soit plus un mouvement social qui s'ignore. Et en fait, ils s'ignorent de moins en moins. Mardi, la mardi 26 avril, on a un appel à mobilisation sur le terrain des luttes locales. On a des dizaines d'actions qui vont avoir lieu partout en France, 120 collectifs qui ont signé l'appel. On n'est plus sur plein de petites luttes locales, justement, j'ai l'impression. Et il y a quand même sur la question des luttes, parce que pendant ce quinquennat, il y a eu un grand mouvement, tu en as parlé brièvement, c'est la question des Gilets jaunes. Quels enseignements m'en tirent ?

Parce que c'est un mouvement qui a été presque spontané où personne ne peut dire c'est moi, à part les figures qui ont émergé du mouvement des Gilets jaunes, mais que ce soit les organisations syndicales, que ce soit les associations de toutes sortes. Personne ne peut dire que c'est moi qui ai initié ça. Même, j'ai l'impression que beaucoup de structurants ont mis très longtemps à se rallier à ce mouvement-là. Ça dit quoi ? Ça dit... Déjà, j'imagine que ça dit que les gens ont envie de se mobiliser, mais quelle conclusion vous en tirez les uns et les autres de ce mouvement social d'ampleur ? Sans vous faire enfance à personne, pas de votre fait.

1:19:29
Invité

Oui, mais je pense que ce n'est peut-être pas ces termes aussi qu'il faut aborder les choses. Parce que, par exemple, ces mobilisations, elles étaient externes à l'entreprise. Nous, quand même, à la base, on est sur les lieux de travail et c'est bien là qu'on mène le combat. Alors, après, pas que là, mais quand même, c'est quand même, nous, l'entreprise, et on essaye, nous, de créer un rapport de force vis-à-vis du patronat, justement, pour, comme je le disais, rééquilibrer la répartition des richesses, mais pas que, pour discuter des conditions de travail, la finalité, comment on produit.

Nous, on veut vraiment être décideurs dans l'entreprise, ce qui n'est pas encore le cas, mais bon, on se bat pour. Là, c'est vrai que ce sont des personnes qui se sont organisées, qui se sont retrouvées souvent sur des ronds-points et qui, après, il y a eu différentes revendications. Ce n'était pas non plus uniforme sur tout le territoire. Donc, nous, je sais que, sur certains endroits, les organisations syndicales ont essayé d'aller à la rencontre, justement, de ces personnes-là pour voir si on pouvait s'allier, pour voir comment on pouvait faire les choses. Sur certains endroits, il y a pu y avoir des luttes communes.

Sur d'autres, non, parce qu'ils ne se sont pas accordés sur les revendications. Mais moi, je pense que ce n'est pas de dire, voilà, c'est nous qui sommes à l'initiative de ça ou ça. Enfin, je veux dire, je pense que l'essentiel, c'est à un moment donné qu'on puisse se retrouver sur des combats communs. Mais après, il faut quand même, je pense, identifier à un moment donné des objectifs sur lesquels on peut se retrouver aussi. Parce que nous, pour certains, en tout cas, certaines organisations et syndicales nous disaient, nous, on ne porte pas la même chose que ceux qui sont sur le rond-point d'à côté. Donc, on ne se mobilisera pas avec eux.

ou certains Gilets jaunes ont fait très clairement savoir qu'ils ne voulaient pas du tout lutter avec les organisations syndicales parce qu'ils étaient réfractaires, parce qu'ils n'avaient pas confiance. Et c'était aussi peut-être à un moment donné deux mondes, ça peut paraître surprenant, qui ne se connaissaient pas aussi. Parce que comme je le disais tout à l'heure, il y a énormément aujourd'hui de salariés qui sont souvent en situation de précarité, qui ne sont pas syndiqués, qui exercent dans des entreprises où il n'y a pas de syndicat. Et finalement, ils ont une très mauvaise image de l'organisation syndicale parce qu'ils ne la connaissent pas.

Les sondages le disent, là où il y a des organisations syndicales dans l'entreprise, c'est là où les salariés ont la meilleure image de l'organisation syndicale. Donc, je pense qu'à un moment donné, lorsqu'on ne se connaît pas, il faut apprendre à se connaître. Et je pense que personne ne doit donner des leçons aux uns ou aux autres. Je pense que là, c'est une erreur. Parce que nous, c'est vrai que parfois, on peut se dire, oui, nous, on connaît, on sait ce que c'est la lutte, on a une expérience, on a une grosse structure, on va vous dire exactement comment il faut faire.

Ce n'est certainement pas comme ça qu'il faut aborder les choses avec des mouvements qui peuvent être des nouveaux mouvements. Mais bon, dans le même temps, c'est vrai que ça faisait bizarre parce que certaines personnes, on avait l'impression, je dis ça très rapidement, qu'ils s'étaient réveillés là aujourd'hui et qu'ils découvraient toutes les injustices. Alors que nous, bon, ça faisait un moment... Voilà. Mais ça, c'est pareil. c'est comme ça parce que le réveil et la prise de conscience, elle ne se fait pas au même moment pour tout le monde et je pense qu'il ne faut pas que ça soit un rempart et que ça nous empêche d'être ensemble les uns et les autres.

Je pense qu'il faut vraiment qu'il y ait un respect des uns et des autres et c'est vrai que ce n'est pas toujours facile mais je pense que c'est important.

1:22:57
Présentateur

J'ai envie sur la question des gilets jaunes. C'est un mouvement, on n'a pas l'impression qu'il ait porté énormément de questions environnementales. Est-ce que vous... comment vous avez réagi quand il y a eu ce mouvement ? Qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Est-ce que vous vous êtes dit il faut qu'on aille voir pour voir si ça peut être un terrain, un point de départ pour des causes ? Ou vous vous êtes dit ouais, c'est pas nous ? Qu'est-ce que vous vous êtes dit ? Je ne sais pas si ça importe dans moi ce que je me suis dit personnellement. Évidemment, je me suis... Non, mais j'ai évité... Bien sûr. Mais évidemment, je me suis dit qu'il fallait aller voir, etc.

Je pense qu'il y a eu trop peu de ponts, des ponts trop tardifs, évidemment, avec le mouvement écolo et le mouvement climat et le mouvement des Gilets jaunes.

Après, sincèrement, quand on lit les doléances et j'ai pu en lire pas mal pour participer au livre-là qui répertorie les doléances, rendez les doléances, et en fait, ça porte profondément ces sujets-là d'inégalité climatique, de qualité de l'air, et ce n'est pas dit dans les mêmes termes que les campagnes de Alternatiba, que les campagnes de Greenpeace, etc., mais les sujets, ils sont là et ils sont vécus d'une certaine façon et je pense que c'est aussi ça parler de lutte locale et je sais que je prêche pour ma paroisse, mais il y a aussi cette notion de... En fait, ça parle à personne des milliers de tonnes de CO2 dans l'air.

Ça parle à personne des kilos et des kilos de détritus jetés, je ne sais pas où. Par contre, quand on commence à parler vraiment de zones sacrifiées, comme ça peut être le cas dans la vallée de l'Arve avec une sorte de condensation industrielle aux côtés, évidemment, des populations les moins aisées, là, on commence à parler de quelque chose et les doléances des Gilets jaunes, elles parlent de ça. Elles parlent des cadastres qui se multiplient, elles parlent des maladies de certains agriculteurs, etc. Et en fait, on parle de ça aussi. Ça pose la question des transports.

Quelle que soit la réponse et le débat, il y a quand même le point de départ de cette mobilisation, c'est les questions des transports. Après, ça évolue notamment vers des enjeux démocratiques, mais ça met au centre du débat la question des transports où les mouvements écologistes ont des choses à proposer. Bien sûr, et de la dépendance évidemment aux énergies fossiles qu'il y a derrière ça. Et en effet, c'est ici aussi, ce point de départ-là permet aussi une réflexion plus globale là-dessus qui a eu, pour moi en tout cas, pour l'instant, assez peu lieu et pas assez poussé. Colère Stampleau, vous me disiez que vous y étiez un peu avec le mouvement des Gilets jaunes.

Comment s'est fait la rencontre ? Oui, moi je pense que là où il y a pu avoir un rejet parce qu'il y a peut-être une méfiance de certains vis-à-vis des organisations un peu traditionnelles, je pense qu'il y a eu aussi d'un autre côté une prise de conscience de à quel point on avait besoin d'organisations qui s'organisent, qui sont structurées pour mener un mouvement parce qu'on s'est merveilleux pour se défendre face à la répression policière, pour s'organiser quand il y a des camarades qui sont réprimés aussi judiciairement. On a besoin des collectifs organisés et qui savent faire la donne.

Je pense qu'il y a eu un peu cette balance-là entre des endroits où il y avait un rejet où on ne pouvait pas fonctionner ensemble et d'autres endroits où justement il y a pu avoir cet accompagnement et les syndicats sans s'accaparer la lutte ont juste accompagné, aidé, fourni leur sonneau, leur matériel et puis était tout ça.

Et je pense que pour faire aussi un lien avec ce qui a été dit juste avant sur les luttes locales et nationales, il faut bien garder en tête que les organisations, qu'elles soient syndicales, environnementales ou des associations, en fait c'est des outils pour les luttes mais ça reste des outils et ce qui se passe localement, ce qui se passe dans les entreprises, ce qui se passe dans les facs, dans les lycées, c'est ce qu'il y a de plus concret, de plus direct, ce qu'on vit au quotidien et c'est là qu'on peut justement agir et sentir que ça marche parce que l'outil, l'organisation au niveau national elle est là pour lancer quelque chose, fournir des outils, du matériel mais derrière voilà, elle écrit des communiqués, elle lance les appels, elle permet à tous les départements de se réunir mais derrière là où ça agit vraiment c'est au niveau local, je pense qu'il faut aussi se reconcentrer là-dessus et se dire que c'est comme ça à la fois qu'on arrivera à se rendre compte des batailles qui ont besoin d'être menées maintenant et puis qu'on arrivera à les gagner.

Très concrètement, ces batailles au niveau local, qu'est-ce que c'est comment ça se passe que quand on suit les mobilisations étudiantes,

1:27:21
Invité

on voit des communiqués beaucoup, on voit des blocus mais on a l'impression que ça reste quand même beaucoup en région parisienne.

1:27:30
Présentateur

Comment est-ce qu'on va chercher, comment est-ce qu'on porte ces batailles au niveau local dans tous les lycées du territoire et qu'est-ce qu'on fait matériellement sur le terrain ?

Bon après, si on se demande qu'est-ce qu'en région parisienne, vous demandez ça aux médias mainstream qui s'entrent sur Paris et qui invisibilisent un peu aussi tout ce qui se passe en dehors, je pense que pour prendre l'exemple de l'écologie, ce qui peut être fait aux lycées très concrètement, c'est des initiatives de potager dans les lycées, la lutte contre le gaspillage, mais sur l'alimentation, qu'on puisse avoir des repas encore moins chers, bio, une alimentation locale, sur les transports, il y a aussi beaucoup à faire, la gratuité des transports en commun, je pense que ça résoudrait beaucoup de problèmes, ça inciterait des lycéens, des jeunes à ne pas se faire accompagner, parce que des fois, ça arrive encore plus au collège, mais se faire accompagner par papa ou maman pour aller étudier, en fait, mais sur tous les sujets, en fait, il y a vraiment beaucoup à faire et il ne faut pas regarder que autour de notre lieu d'étude ou de notre lieu de vie, il faut élargir aussi à tout ce que ça concerne dans la ville, et je pense que, voilà, justement, ce qui est fait au niveau local avec les mairies, c'est des initiatives qui peuvent nous inspirer pour ce qu'on peut faire au niveau national.

Les mobilisations, elles ont été difficiles pendant ce quinquennat parce que certaines ont été réprimées dans la rue, il y a eu des violences policières et justement, ce soir, il y a eu une manifestation sauvage qui est partie après les résultats du second tour pour dire ni Macron ni Le Pen, on a des images de Chloé XV, je crois, qui étaient sur place, on va vous les montrer. Donc, on a plusieurs centaines de personnes qui étaient place de la République qui, on voit que la réponse policière semble relativement brutale au vu des quelques images qu'on a là.

Est-ce que, pour vous, la question des violences policières et de la réponse policière aux mobilisations sociales a été un enjeu de ce quinquennat et quelque chose qui peut faire peur et empêcher les gens de se mobiliser ?

1:30:12
Invité

Ah oui, très certainement. Alors, on a eu l'épisode, c'est vrai que ceux qui ont particulièrement subi la répression policière, c'est d'ailleurs les Gilets jaunes, mais pas que.

Chaque mobilisation, on a vu beaucoup de manifestations, d'ailleurs notamment les premiers mai aussi où ça a très mal fini et moi je connais beaucoup de personnes finalement, même des militants et militantes qui ne veulent plus manifester parce que justement, s'ils ont ou des problèmes de santé ou quoi que ce soit, ou à un moment donné, on avait des militants qui, par exemple, pour le 1er mai, venaient en famille avec les enfants, ce n'est plus le cas et même nous, nous disons à nos camarades, faites attention, venez, mais ne venez pas avec vos enfants parce qu'aujourd'hui, on ne sait plus comment va terminer une manifestation même si on souhaite manifester de façon tout à fait pacifique et ça, je pense que ça, je trouve que c'est terrible parce que c'est vrai que manifester, c'est quand même un droit, ça doit le rester et dans une démocratie digne de ce nom, il faudrait qu'on puisse pouvoir à nouveau justement manifester en toute sécurité et notamment dans les grandes villes, c'est compliqué, alors à Paris, c'est vrai que ces dernières années, vraiment, je trouve que c'est une catastrophe parce que, et puis, il y a eu des blessés de manière irrémédiable parce que quand on perd un œil ou quand on est amputé, je veux dire, c'est des choses très graves, nous, on a demandé, on a même fait des recours pour que les forces de l'ordre ne puissent plus justement utiliser des armes qui sont quasi létales comme les différentes armes et on a toujours perdu pour l'instant mais...

1:31:56
Présentateur

Les fameuses armes à létalité réduite qui est une très jolie expression parce que létalité réduite, ça veut dire ça tue mais un peu moins. Donc, c'est... Voilà.

1:32:05
Invité

Mais moi, c'est quand même déplorable parce que là, voilà, même si on va nous expliquer oui, mais il y a eu un vote, une élection, oui, mais on doit pouvoir manifester notre mécontentement, notre désaccord, notre colère parfois de manière pacifique, bien évidemment. on doit pouvoir le faire et sans être réprimé de cette manière-là à chaque fois assez violente, ça c'est clair.

1:32:29
Présentateur

Colin, les mouvements lycéens, les mouvements étudiants ont aussi eu droit à leur part de réponse policière brutale, vous l'avez vu dans la rue aussi ? Ah oui, beaucoup, surtout devant les lycées quand on a eu des blocages aussi au niveau de la réforme des retraites. Moi, j'ai vu devant mon lycée la police mais surtout jusqu'à un proviseur en fait qui s'en prenait de ses mains à un lycéen qui tractait devant un lycée.

On en vient à ça, à l'administration, des directeurs qui se croient tout permis et une répression qui est sur le terrain, des gens qui vont être blessés, qui vont avoir des conséquences vraiment irrémédiables toute leur vie et puis à côté de ça aussi judiciaire et puis administrative en fait.

Moi, j'ai vu aussi encore une fois dans mon lycée le rectorat mobiliser une équipe, les EMS, des équipes mobiles de sécurité avec des gens qui viennent faire les gardes du corps devant le bureau du proviseur pour empêcher qu'on aille discuter avec lui et ça, c'est extrêmement grave et je pense que c'est aussi le signe que le pouvoir et puis particulièrement les recteurs, les proviseurs pour ce qu'on constate nous, ont très peur de se confronter à nous et on a bien vu que quand on arrive à être des centaines mobilisés dans la cour d'un lycée, devant un lycée, qu'on tient un blocage parce que ça a beaucoup de sens.

Nous, on n'a pas moyen de se faire entendre autrement, c'est pour ça qu'on vient mettre des poubelles devant un lycée et se faire entendre comme ça. Donc, si on nous donne les moyens de nous exprimer autrement, qu'on se fasse entendre réellement, oui, on sera d'accord pour discuter mais jusqu'ici, ce qu'on nous a montré, c'est qu'on nous méprisait, que Blanquer refusait de recevoir l'organisation syndicale lycéenne. Donc, on prend les moyens qu'on a et je pense qu'on a bien fait jusqu'ici. C'est vrai que finalement, s'il y a un truc sur lequel la convergence s'est faite, c'est sur la répression où chacun y a droit.

Je voulais revenir aussi, les mouvements écologistes ont eu droit à presque un traitement de faveur puisqu'il y a eu la cellule d'éméter avec... Vous pouvez peut-être nous expliquer ? Oui, la cellule d'éméter qui était liée aux ennemis de l'agriculture traditionnelle donc ce qui est agriculture plutôt intensif et du coup soutenue par le syndical FNSEA notamment. Bon, dans les marches, je pense qu'on a été un petit peu épargnés mais je pense que c'est aussi vraiment en lien avec la politique qui a été menée et qui continuera à être menée par le gouvernement Macron qui est vraiment l'idée de dire qu'on fait climat. On fait une loi climat, on fait les choses qu'il faut, on a décidé de changer.

Enfin, à chaque fois, c'est des allocutions à répétition qui disent ce qu'on va faire donc d'une certaine façon ces marches-là elles servent un peu aussi, elles sont là, il y a des rebondissements de com' dessus, évidemment on a entendu à chaque fois.

Pourtant, et pour autant, dès qu'on passe dans des actions directes, dans tout ce qui est même simplement de la désobéissance civile, là on a une répression qui n'arrête pas d'augmenter avec des militants qui sont de plus en plus traduits en justice, avec des peines qui commencent à tomber de sursis, des militants notamment au jardin d'Aubervilliers qui ont arrêté une bétonneuse pendant deux heures un matin à Aubervilliers et qui attendent leur procès pour le 2 septembre qui risque un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. On en est sur ces comparatifs-là.

Typiquement aussi, évidemment, les soulèvements de la terre avec tout ce mouvement anti-bassines agricoles, donc des bassines qui puisent dans les nappes phréatiques pour alimenter l'agriculture intensive un très petit nombre d'agriculteurs. Ce mouvement-là est furieusement réprimé. Toutes les personnes qui étaient anti-bassines ont eu le droit évidemment à des auditions, des gardes à vue, des perquisitions, des caméras ont été retrouvées devant chez les opposants à côté de Niort à Mosé-sur-le-Mignon. Là, on a eu il y a quelques semaines la date butoir des trois ans que nous annonce le GIEC. C'est donc pendant ce quinquennat.

Est-ce que le fait d'avoir une date aussi proche, vous pensez que ça va changer quelque chose d'une part dans la répression ? Est-ce que vous pensez que vos mouvements seront pris plus au sérieux ou que on continuera à planter la tête dans le sable comme on fait d'habitude ? Je pense qu'il y a deux choses. La date de trois ans elle rend les choses très réelles mais il ne faut pas se tromper. Ce n'est pas d'ici trois ans et ce n'est pas dans deux ans et onze mois qu'on va se dire tiens on va changer les choses et ça va le faire. Non c'est maintenant pour changer la trajectoire il faut s'y mettre maintenant et d'ici trois ans ça doit avoir switché.

Et d'un autre côté je pense aussi que c'est justement parce qu'on commence à nous prendre au sérieux qu'on nous réprime parce qu'on remet en cause et on le remet de plus en plus massivement à une échelle de plus en plus nationale typiquement les mobilisations de bassines quand personne n'avait entendu parler des bassines agricoles il y a encore un an et demi le sujet était beaucoup moins sur la scène nationale le collectif n'était pas ou peu réprimé.

Aujourd'hui quand on arrive à réunir 7000 personnes à Mauser-sur-le-Mignon contre ces projets de bassines et d'accaparement de l'eau et bien là tout de suite la répression augmente et c'est parce que justement on remet en cause le système qu'il y a derrière ce type de projet-là qu'on est réprimé je pense. On arrive à la fin de cette émission mais avant de se quitter je voudrais faire un dernier tour de table peut-être chacun à votre tour vous avez un rendez-vous à nous fixer c'est quand la prochaine mobilisation c'est lundi c'est le 1er mai c'est à la rentrée la fameuse rentrée sociale je ne sais pas Céline Verzeletti on vous retrouve

1:37:56
Invité

Alors dans plein endroit parce que comme je l'ai dit on est dans beaucoup de boîtes en lutte et elles n'ont pas cessé même pendant donc les échéances électorales notamment pour obtenir des augmentations de rémunération mais après on a donc un rendez-vous où on appelle avec différentes organisations dont les organisations de jeunesse aussi donc le 1er mai justement et on espère vraiment être nombreux et nombreuses donc c'est sûr des questions sociales on l'a dit sur les rémunérations le pouvoir d'achat sur l'augmentation donc aussi des minima sociaux de l'assurance chômage mais aussi sur l'emploi le développement des services publics mais aussi donc on était aussi contre les idées d'extrême droite bien évidemment et puis pour la paix parce que c'est aussi une journée internationale et quand on voit le contexte international très inquiétant aussi c'est important et ça serait vraiment bien qu'on se retrouve toutes et tous vraiment dans un moment justement on espère donc de lutte mais festif donc on espère bien ne pas être ennuyé par les forces de l'ordre et par un service qui soit particulièrement agressif parce que justement ça fait plusieurs 1er mai qui se passent difficilement parce qu'on a besoin de se retrouver et je pense que ça peut être le début d'une forte dynamique aussi et c'est vraiment pour la solidarité la paix et c'est quelque chose qui va à l'encontre justement de l'extrême droite toutes ces idées-là et je pense que c'est vraiment important et ça doit nous donner de l'espoir et surtout des perspectives et je pense qu'on a besoin de ça mais moi je reste vraiment très optimiste sur la suite et l'avenir même si on sait que ça ne va pas être facile mais justement il y a plein de possibles et je trouve que voilà avec les nouvelles générations aussi j'ai l'impression que voilà la jeunesse elle prend à bras le corps des sujets particulièrement importants et même si ça peut paraître sur des mouvements un petit peu différents mais je trouve qu'elle est là et c'est important et de toute manière c'est bien l'avenir et on l'a vu aussi quand même aux élections je trouve la jeunesse est quand même aussi engagée elle ne s'est pas trop trompée non plus malgré tout

1:40:10
Présentateur

on l'aura compris on vous retrouve le 26 pour une journée d'action sur tout le territoire et ensuite qu'elles sont tu imagines qu'il n'y aura pas juste bon bah on va se bouger le 26 et puis non évidemment l'idée c'est vraiment et ça avait été lancé même avant les résultats de ce second tour cette journée de mobilisation c'est à dire que si on veut obtenir des victoires il va falloir aller chercher d'ailleurs si vous voulez rejoindre une lutte il y a une carte notamment des actions qui se dérouleront mardi que vous pouvez trouver sur le site résistancelocale.org et évidemment ces luttes là en fait c'est des collectifs qui montent en puissance non seulement parce que des personnes qui ont bien vu que les promesses ne sont pas tenues par le gouvernement Macron les rejoignent mais aussi parce qu'ils créent des liens avec les syndicats avec les étudiants et parce qu'en fait il y a des liens qui se créent à l'échelle locale et des coalitions qui se créent entre ces collectifs là donc on a vraiment une montée en puissance et les actions vont succéder avec en septembre typiquement la coalition des luttes contre les projets routiers qui va annoncer aussi une journée d'action Colin Champion le sujet pour lequel vous vous battez en ce moment qu'est-ce que c'est ?

Moi je pense que ce sera sur tous les sujets je pense que ce qui s'est passé cette échéance même si on ne l'a pas attendu pour commencer à se mobiliser et continuer tout ce qu'on faisait elle nous montre qu'il y a vraiment une nouvelle page de la lutte qui s'ouvre dès aujourd'hui dès demain parce que les jeunes on a vraiment le sentiment et c'est très fort avec beaucoup de radicalité je pense qu'on s'est fait voler cette élection parce que quand on voit les résultats des 18-24 ans à l'élection présidentielle ça montre concrètement que les jeunes ils se sont dirigés vers des programmes qui traduisaient les revendications écologistes féministes égalitaires anticapitalistes qui étaient portées par certains candidats et donc il y a beaucoup d'espoir je pense on se dit que l'ennemi en tout cas l'exécutif qui va être à l'oeuvre pendant 5 ans on le connait on a pu observer son projet et puis on sait concrètement ce que veut faire Macron pendant ces 5 ans sur les retraites mais aussi nous pour ce qui nous concerne l'augmentation des frais d'inscription à l'université c'est quelque chose qui va être fait il ne faut pas se voiler la face et puis une privatisation de plus en plus une sélection renforcée dans l'éducation c'est des sujets autour desquels il va falloir se mobiliser et puis recréer du collectif partout où on peut c'est en s'associant en se rassemblant autour des problèmes qui nous concernent tous les jours qu'on va réussir je pense à obtenir des victoires et à imposer un rapport de force donc je pense que c'est autour des problèmes individuels et même au-delà de tout ce qu'on rencontre nous dans nos lycées qu'il va falloir se regrouper et se dire que ces problèmes s'ils arrivent c'est pas le fait d'une personne en particulier de son propre profil et c'est valable pour tous les milieux je pense c'est le fait de la société de la construction qu'il y a pu avoir et il faut pas oublier ces choses là donc on va être présent partout le 1er mai surtout parce que c'est historique et je pense que d'autant plus dans ce contexte là il va falloir qu'on montre qu'on est tous unis et qu'on va pas lâcher mais d'ici la fin de l'année il faut s'attendre à ce qu'on reprenne la rue et comme on l'a toujours dit on sera un pied dans la rue un pied dans les instances sur ce bon mot et ces notes d'espoir on va s'arrêter là Emmanuel Macron vous le savez tous est réélu président de la république mais on a pu pendant à peu près une heure esquisser des pistes de lutte pour combattre au niveau national au niveau local qu'on soit jeune qu'on soit lycéen étudiant salarié chômeur voilà tous ensemble bah merci merci d'être venu de nous avoir d'avoir accepté notre invitation c'était la soirée électorale de la presse indépendante organisée sur le plateau du Média avec Radio Parleur merci pour cette co-présentation merci et puis avec le Bondi Blog Regards et Street Press et le mot de la fin bien sûr soutenez la presse indépendante on a besoin de vous pour continuer à faire entendre des voix un petit peu différentes notamment dans des jours comme aujourd'hui merci

1:44:23
Invité

merci merci

Présidentielle 2022 : Bilan du second tour, direction le troisième tour — Anasse Kazib · Pourquijevote